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Spiruline : un projet de production biologique en permaculture

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L'équipe RGNR
19 vues • Publiée le 15/12/2015

Thierry reçoit Gilles, qui travaille sur la spiruline depuis près de 28 ans et a contribué à établir les premières normes de culture biologique labellisées Ecocert en France. La conversation commence par les bases : ce qu’est la spiruline, pourquoi elle est considérée comme un aliment à part, et ce qui la distingue des végétaux cultivés que nous consommons habituellement.

Gilles explique que la spiruline est l’un des êtres vivants les plus anciens de la planète, n’ayant jamais été transformée par la sélection humaine. Contrairement aux légumes et céréales domestiqués, elle conserve une composition originelle, riche en protéines, en fer hautement biodisponible, en chlorophylle et en acides aminés, ce qui lui confère des propriétés que les aliments cultivés ont progressivement perdues.

Le cœur de la vidéo porte sur les limites des modèles de culture actuels, y compris biologiques. Gilles observe que dans la nature, la spiruline se nourrit du sol et non de l’eau, et qu’elle évolue dans un écosystème complexe incluant un complexe argileux qui recycle la matière organique sans polluer le milieu. Les cultures sur bâches plastiques, même certifiées bio, ignorent cette réalité et génèrent des contraintes techniques et environnementales importantes.

Son nouveau projet consiste à reproduire cet écosystème dans des bassins profonds intégrant un substrat argileux, pour que la spiruline puisse se nourrir du sol, recycler sa propre mortalité et maintenir une eau transparente sans apports extérieurs constants. C’est une approche de permaculture de transition, pensée pour des producteurs qui ont besoin de volumes viables, avec l’objectif de tendre vers un système autonome et cohérent de bout en bout.

La vidéo se termine dans le laboratoire de Gilles, où il développe et isole des souches de spiruline, dont une prélevée en Camargue dans son milieu naturel. Il présente également ses travaux sur la culture biologique à base d’extraits azotés issus de biodigesteurs, une piste déjà validée par Ecocert et qu’il souhaite intégrer au projet de permaculture.


📑 Au programme de la vidéo


Transcription de la vidéo

Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.

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Bonjour Gilles, je suis ravi que tu nous accueilles chez toi. On se connaît depuis pas mal d'années, on s'est vus il y a une dizaine d'années pratiquement. Et à l'époque, j'avais croisé le pionnier de la spiruline en France.

C'est un peu comme ça quand on te présente. Est-ce que tu peux m'expliquer un petit peu quel a été ton parcours ? Ça fait plus de 25 ans que tu travailles sur la spiruline. J'arrive maintenant à 28 ans.

j'ai découvert l'aspirinine à travers Ripley Fox qui habite dans la région, un américain qui s'est installé pour cultiver de l'aspirinine à des fins humanitaires, et après j'ai dédié toute ma vie à l'aspirinine, dans un premier temps aux aspects humanitaires, j'ai écrit un livre, et puis maintenant je me dédie beaucoup à la recherche et développement sur la culture biologique, et effectivement je commence à donner des formations et être un peu connu dans le milieu.

— Oui, ce livre que je présenterai dans la vidéo a été à la base de la culture familiale de spiruline. C'était vraiment dans une approche familiale, petites unités de production de spiruline autonome. — Oui, tout à fait.

C'est ça le but. Il a été fait il y a maintenant une quinzaine d'années, ce livre. Il reste un livre de référence dans le domaine de la culture familiale, avec différentes alternatives pour pouvoir cultiver de façon plus ou moins écologique ou en totale autonomie si on le désire. Et donc là, je suis chez toi aussi parce que tu t'es lancé dans un nouveau projet.

Je sais que tu es un chercheur, tu n'es pas dans l'optique production absolue. Toi, tu es plutôt un chercheur, c'est ça, si j'ai bien compris ? Oui, toutes ces années, j'ai plus été dans le service avec la spiruline, c'est-à-dire l'aide au développement, et là, dernièrement, maintenant que je m'installe sur un terrain et que je vis en famille, donc je ne suis plus posé, on va dire, je ne travaille plus sur la recherche le développement, en particulier sur la culture biologique

de spiruline. Thierry Coulon-Rechercheur Donc là, si je viens te voir aussi, c'est pour que tu nous parles de ce projet. On va parler de la spiruline plus abondamment tout à l'heure. Mais pour que tu nous parles de ce projet, parce que je le trouve très intéressant.

C'est un projet de recherche sur la production biologique dans des conditions proches des conditions naturelles. Oui, c'est vrai que je voulais mettre en valeur mon expérience de terrain qui est je pense l'expérience la plus importante dans le domaine de l'étude des lacs naturels.

J'ai étudié pendant plus de 15 ans de par le monde en Amérique du Sud, en Afrique, et aussi dernièrement en Camargue, la spiruline dans son milieu naturel, Et de ces observations-là, effectivement, j'ai l'intention de mettre en valeur ce qu'est la spiruline réellement dans la nature, quel est son écosystème et essayer de le reproduire au mieux pour faire une culture biologique naturelle, inspirée de la vraie nature de la spiruline et de ses réels besoins et non pas uniquement de projection de ce qu'on pensait être bien

pour la spiruline et pour sa culture. Alors, on va commencer par le départ. Qu'est-ce que c'est que la spiruline ? Il y a beaucoup de gens qui connaissent ce nom, mais qu'est-ce que c'est exactement que la spiruline ? C'est une micro-algue qui est considérée comme un aliment santé qui a des vertus assez incroyables de part sa composition.

Déjà, c'est l'aliment le plus riche en protéines, l'un des plus riches en fer, très riche en vitamine B12. C'est un aliment idéal pour les végétariens, mais aussi pour toute personne qui s'occupe de sa santé globalement.

— Qu'est-ce que ça apporte la spiruline ? Le gars qui fait son jardin, qu'est-ce qu'elle apporte en plus la spiruline ? — Par rapport à quelqu'un qui a une consommation... — Qui consomme pas mal de fruits, de légumes, qui a une alimentation globalement...

Qu'est-ce que ça apporte ? Qu'est-ce que ça a comme intérêt ? — Alors moi, je me plais à aller aux origines. La spiruline, c'est un des êtres vivants les plus anciens de la planète.

C'est un organisme unicellulaire, pluricellulaire mais de type bactérien, donc les premiers êtres vivants de la planète qui ont créé la vie sur Terre. Donc en fait on est descendant de ce type d'organisme, si on croit à la théorie de l'évolution.

La spiruline entre autres c'est elle avec les cyanobactéries qui ont créé la couche d'ozone, l'atmosphère, elles sont vraiment à l'origine de la vie. Ces êtres-là n'ont pas été cultivés jusqu'à à peine il y a une cinquantaine d'années, Ils ont gardé pendant plus de 3 milliards d'années une vie et une transformation génétique qui est propre et qui a traversé tous les changements climatiques depuis 3 milliards d'années.

Sachant qu'elles sont restées 1 milliard d'années toutes seules, ces cyanobactéries ont transformé les gaz toxiques en oxygène et en atmosphère respirable pour aujourd'hui. Et en tous les cas, ces cyanobactéries ont gardé des qualités qui sont vraiment différentes de ce qu'on mange là aujourd'hui.

Moi, je compare tout le temps, et je dis aux gens, si on mangeait uniquement des plantes sauvages qui n'ont jamais été transformées par l'homme, on n'aurait pas besoin de spiruline.

Oui, là on a accès à un produit qui est originel d'une certaine manière. Voilà, nous, nos défenses immunitaires ont baissé, on voit les maladies que ça engendre aujourd'hui, pourquoi ? Parce qu'on mange des aliments qui sont eux-mêmes dégénérés. Et même, pour moi, si on mange bio, de son jardin, on va toujours apprendre une semence qui a été transformée, qui a été sélectionnée, que ce soit le maïs, le blé, les pommes de terre, tout a été transformé par l'homme,

à la différence d'une plante sauvage. Et c'est-à-dire que petit à petit, on le voit aujourd'hui, une tomate, si elle n'est pas traitée, elle a besoin de l'homme. Alors qu'une plante sauvage a dans son essence toute la vitalité qui lui permet de vivre, de résister aux maladies.

On a mangé de plus en plus d'aliments transformés par l'Homme, comme la pomme de terre par exemple... Le multiple poids sélectionné. Des aliments qui ont perdu leur défense immunitaire. Qui ont perdu une partie de leur capacité à nous nourrir réellement.

Et donc quand on consomme la spiruline ou des algues en général qui sont des êtres primitifs, qui n'ont jamais été vraiment cultivés, donc transformés par l'homme, c'est comme si on va retrouver à nous, dans notre histoire, puisqu'on est lié à ce type d'organisme, des gènes qui sont chez nous endormis parce qu'on n'en a plus besoin, on ne dort plus dehors, nos défenses immunitaires sont aujourd'hui réduites parce qu'on vit dans le confort et qu'on a une alimentation très cadrée. On ne mange pas de tout

dans la nature suivant la saison. Du coup, ça permet de réactiver des gènes qui sont endormis parce qu'on les reconnaît chez ces organismes qui sont primitifs. Au-delà de la composition nutritionnelle de la spiruline qui est toujours présentée, mais ça m'intéresse beaucoup ton approche comme ça.

D'ailleurs, ça explique pourquoi la spiruline... Moi j'ai déjà entendu parler beaucoup de spiruline par exemple pour les personnes qui sont en immunodépression, les personnes qui ont le VIH, le séropositif on va dire, immunodépression, dans des cas de cancer aussi, tu m'en parlais, tu m'as touché quelques mots, tu me disais que tu avais des échos, c'est des produits qui jouent un rôle dans la relance du système immunitaire souvent.

— Tout à fait, il y a de plus en plus de personnes qui l'utilisent en prévention déjà parce qu'il y a beaucoup de bêta-carotène, quand on a un terrain qui pourrait être propice à un cancer, à un moment donné aussi avec la chimiothérapie comme ils le font en Chine pour réduire les effets secondaires de la chimiothérapie.

Mais moi j'ai une anecdote à partager, une anecdote si on peut dire par rapport à ça. J'ai eu la chance de rencontrer à l'époque où j'étais proche de Ripley-Fox aussi, un docteur qui travaillait pour la recherche sur le cancer et qui était spécialisé dans le cancer de la gorge.

Il y a un jour, il y a une personne qui vient me voir, qui me dit, j'ai entendu dire que la spiruline c'était bon pour le cancer, est-ce que vous pouvez m'en vendre ?

Je lui dis, je ne veux pas m'engager, surtout par rapport à de tels propos, je ne suis pas docteur, juste je connais un chercheur, c'est l'occasion, je vais l'appeler.

Donc, j'ai appelé ce chercheur, M. Goubert, je lui dis, voilà, j'ai cette personne qui a un cancer à la gorge, je sais que vous travaillez sur le sujet avec la spiruline depuis des années, est-ce que vous pouvez m'envoyer des documentations ? Qu'est-ce que je peux lui dire à ce sujet ?

Alors, il a commencé à me répondre au téléphone. Je peux vous dire clairement qu'on a eu des effets vraiment bénéfiques avec la spiruline sur le cancer de la gorge et que vraiment j'invite sa personne à le prendre. Je lui ai dit mais donnez-moi des documents pour étayer tout ça, pour transmettre à d'autres personnes.

Il m'a dit je ne peux absolument rien sortir des armoires et je vais vous expliquer pourquoi. il m'a dit voilà pendant des années on a travaillé sur la sur la spiruline sur le cancer de la gorge et il s'est avéré que c'était efficace du coup on est allé voir quels étaient les molécules actives quelques années de plus de recherches sur les avec les souris puis les êtres humains c'est les études on a fait les extraits des molécules actives dans le but de l'épreuve breveté retrouver nos sous des recherches évidemment Et il s'est avéré qu'ils ont

refait des essais sur les souris et les êtres humains et que les molécules actives étaient beaucoup moins efficaces et que ça leur monnait trop cher. — Que la synergie dans la plante... — Que la spiruline elle-même.

— C'est rassurant. — Et comme la spiruline n'est pas brevetable, ils ont mis de côté le projet. — D'accord. Non mais c'est vrai qu'on en avait beaucoup parlé. Donc la spiruline, à la fois composition nutritionnelle qui est connue, très chargée en protéines, très chargée en chlorophylle, il y a de la chlorophylle dans la plante, je ne me trompe pas, énormément, la couleur verte, le pigment vert qui colore les doigts, d'ailleurs on s'en met partout,

très chargé en acide aminé, en minéraux, en fer, hautement biodisponible, hautement assimilable, cette nature de plante originelle aussi, donc il y a une vertu très forte. Alors, dis-moi, la spiruline, on en trouve, on en trouve relativement facilement dans les biocopes et choses comme ça.

Quel est le problème avec la spiruline actuelle ? Tu me parlais de traitement des os, tu me parlais de modes de culture qui ne sont pour toi pas adéquats et ton projet c'est d'aller développer un modèle permaculturel de production de la spiruline.

Oui, tout à fait. Déjà, j'ai participé avec le bureau d'études EIES à une grande étape dans l'histoire de la spiruline, c'est le fait de produire une spiruline selon un cahier des charges d'agriculture biologique qui a été labellisé par Ecosert.

Donc on est arrivé à produire avec de la matière organique. Mais pour moi, ce n'était pas une fait en soi parce que la spiruline dans la nature a un fonctionnement qui est très particulier. — Explique-nous ça.

— Dans la nature, la spiruline n'a pas de contact avec la matière organique directement. Comme je vous l'ai dit, c'est un être primordial et ces êtres primordiaux n'étaient pas en contact avec les matières organiques.

— C'était avec du minéral. — Oui. Ce sont des lacs minéraux, on en trouve au Kenya, en Tanzanie encore aujourd'hui. c'est des lacs où l'eau est toujours claire et très minéralisée.

Du coup, la spiruline, suivant le cahier des charges bio, on doit l'y mettre à la matière organique et ça ne marche pas. On a essayé pendant des années, ça ne marche pas, mise à part avec l'urine humaine, mais souvent dans des conditions de culture pour l'autonomie.

Oui, tu me disais hors caméra que l'urine, tu savais que ça marchait, maintenant il s'agissait de développer un modèle qui soit plus adéquat pour la production en plus grande quantité. Voilà, et surtout pour que les producteurs lambda, aujourd'hui en France, puissent s'inspirer de nos travaux, de mes travaux, pour ensuite appliquer ces informations à leur propre culture et qu'ils puissent eux aussi proposer de la spiruline biologique, mais selon le mode de la permaculture.

Alors, quelle est la différence entre une culture biologique et avec le mode permaculturel ? C'est que pour le biologique déjà, il fallait résoudre le problème de cultivé avec un azote de résine organique sans y en apporter de trop.

C'est ce qu'on est arrivé à faire avec IES, avec des systèmes d'extraction d'azote. Bon, ça, ça marche et c'est ce qu'on veut expérimenter ici. Mais là, c'était encore une étape plus loin, c'est-à-dire faire du bio mais avec une cohérence qui est celle de reproduire un écosystème.

Oui, reproduire les conditions normales de pouces et d'aspiruline. Parce que ça ne m'intéressait pas de faire du bio hors sol. Parce que pourquoi ça ne m'intéressait pas de faire du bio hors sol ?

Parce que cultiver juste sur une bâche sans prendre en compte que dans le milieu naturel, de mes observations, la nourriture vient du sol et pas de l'eau, c'était incohérent. Tu veux dire que dans le contexte actuel, c'est vrai que moi j'ai toujours vu des bassins de spiruline qui sont très peu profonds, et on nourrit l'eau, et la spiruline se nourrit dans l'eau.

Alors que dans le contexte naturel, si je comprends bien, Il y a une plus grande profondeur déjà ? Oui, ce n'est jamais très profond, mais il peut y avoir un mètre, jusqu'à 2-3 mètres, bon, il y a des lacs très profonds aussi, mais voilà, autour d'un mètre, on va dire.

Et la spiruline se nourrit du sol ? Oui, c'est ce que j'ai observé dans pratiquement tous les lacs. Alors, dis-moi, quand on nourrit l'eau, quand on reste dans un modèle classique, quand on nourrit l'eau, j'ai toujours entendu parler de problèmes de traitement de l'eau, c'est-à-dire que l'eau, au bout d'un moment, la spiruline meurt, et cette eau-là, il faut la traiter, et souvent, elle est mal traitée,

et ça crée une pollution en aval qui est assez importante si je comprends bien. Déjà pour éviter ces surcharges du milieu, ça fait quelques années que je donne des formations auprès des producteurs, la Fédération des Spionniers de France, de temps en temps aussi, m'appelle pour intervenir pour que les producteurs actuellement utilisent beaucoup moins d'Eintrand et du coup, qu'ils économisent un Eintrand mais en même temps qu'ils économisent la charge de leur eau sachant en réduisant sa composition à minéraux et du coup en

évitant le besoin d'épurer trop souvent son bassin. Parce qu'il fallait faire des purges régulièrement. Dans la culture raisonnée déjà il était une première étape, je continue à faire des formations dans le domaine, mais là ce que je veux mettre au point là, c'est un bassin reproduisant l'écosystème naturel dans lequel l'auto-épuration se fait...

Oui, parce que les lacs, on ne les vidange pas de temps en temps. Les lacs restent tels quels, et la spiruline est dans un cycle. Le problème c'est qu'on déplace quelque chose dans un contexte naturel et là on se retrouve confronté à des problèmes, des problèmes liés à l'artificialisation.

Exactement. Et là, toi tu as envie de reproduire le contexte naturel pour s'embêter beaucoup moins. Voilà, parce qu'en fait, la nature est complexe, et de fait, si on reproduit cette complexité, on peut arriver à des choses qui sont simples parce qu'équilibrées.

Oui, d'accord. Donc c'est tout le but du projet ? C'est tout le but du projet, reproduire cet écosystème et cette complexité en faisant des bassins profonds, avec l'intention de faire un système, c'est pour ça que ce n'est pas de la permaculture totalement intègre dans un premier temps, puisque c'est une transition.

Pour moi, la culture intégrale serait faire directement dans un bassin, creuser de la terre... Oui, avoir une marche chez soi, qui soit auto-équilibrée... Là, on n'y est pas encore.

J'espère qu'on va y venir. mais là, cette époque de transition, on part d'une réalité des producteurs aujourd'hui qui cultivent sur des bâches plastiques, et pouvoir ces bassins profonds les coupler à des gécultures conventionnelles.

C'est ça un peu l'idée. C'est pour ça que mon projet est en permaculture mais de transition. D'accord, dans le but de permettre à des producteurs qui ont une nécessité de produire un certain volume pour arriver à se dégager un salaire, puisse adopter des techniques de culture qui soient beaucoup plus pérennes en matière de recyclage de l'eau, de travail, travail avec les engrais organiques.

Comment tu fais ? Tu prends des engrais organiques, donc de l'azote organique d'origine biologique, et ensuite comment c'est utilisé ? — Déjà pour expliquer, pour le sustrat, ça va être reproduire ce qui a été observé.

Là, on est allé faire plusieurs prélèvements, donc j'ai découvert de la spiruline en Camargue. — La spiruline naturelle en Camargue ? Oui, j'étais le premier à découvrir la spiruline en Europe. D'accord. Donc, grâce à ça j'ai un lac pas très loin, je vais très souvent faire des prélèvements, donc j'étudie le substrat là-bas, on a découvert ça fait pas longtemps un lac en Andalousie, donc j'ai été il y a quelques temps faire des prélèvements et j'ai découvert un lac avec l'association

Univers de la Vie à Laayoune, au Sahara occidental où aussi j'ai fait des prélèvements. Et tous, je vois que c'est un complexe argilo-humique en fait, il y a de l'argile, il y a du sable, de la matière organique, Donc je veux reproduire ça au fond du bassin.

Et qu'est-ce qui va se passer dans le bassin ? Dès qu'il y aura de la mortalité de la spiruline, comme dans la nature, quand les feuilles tombent, c'est facile à comparer.

Vous regardez en ville, les feuilles qui tombent sur le sol, ça fait sale. — Ça pourrit. — Ça pourrit, ça fait sale.

Voilà, on va dire que c'est une question de salissure. Le même arbre, il tombe ses feuilles sur la terre... — C'est recyclé. — Ah, excellent ! Le parallèle est très bon.

Ça vous parle beaucoup. — Pour la spiruline, ça va être pareil. La spiruline va mourir. Si elle meurt sur une bâche, ça crée une saleté de l'eau, ça crée des micro-organismes qui vont arriver.

Il faut parfois purger, il faut parfois épurer de façon radicale. Ça prend beaucoup d'énergie. Là, la spiruline meurt, comme dans la nature. Elle va au fond.

Le complexe d'argile ohémique transforme la matière sans salir l'eau qui reste transparente, alors qu'elle a l'habitude de se salisser. Et en même temps, ça crée une réserve de nourriture, comme l'arbre, de ses feuilles, vient sa nourriture.

— D'accord, donc c'est un système qui va, d'une certaine manière, s'auto-alimenter. — Voilà, c'est ça l'essence même du projet, d'où l'idée de permaculture de spiruline. — Alors, si je me suis permis aussi de faire cette vidéo maintenant, c'est parce que pour ce projet, tu as besoin de soutien.

— Oui, tout à fait. — Donc tu as lancé ce qu'on appelle un crowdfunding, on mettra le lien en bas de la vidéo ou dans la description de la vidéo. Donc l'idée c'est que des gens donnent de l'argent pour financer ce projet de recherche de manière à amener ses développements futurs pour la spiruline.

A. C'est ça, c'est un financement participatif, en parlant français, qui est sur Ulule actuellement. On tape Spirulina Solutions, on peut le trouver sur Ulule.

C'était important pour moi, qui travaille au service de l'aspirine depuis des années, de ne pas passer par un crédit, parce qu'on ne peut pas faire de la recherche si on fait un crédit.

Donc c'était passer par la solidarité. Thierry François. Mais tu sais, hier soir, j'ai donné une conférence à Lyon, et c'est exactement mon propos, c'est-à-dire qu'il y a un moment où il va falloir arrêter d'être spectateur.

Il va falloir que chacun rentre dans la connaissance, rentre dans l'investissement humain. notre argent c'est notre capacité à voter aussi, qu'est-ce qu'on fait de notre argent, dans quel sens on le dirige, qu'est-ce qu'on veut financer, qu'est-ce qu'on veut promouvoir ?

Et il y a un moment où il faut s'engager, se lever les manches et s'engager. Thierry Lecce Parce qu'aussi bien les producteurs de spiruline qui veulent que leur pratique évolue vers ce genre de culture, là ils ont l'opportunité de participer.

Donc là au départ c'est tourné vers les producteurs. Mais les producteurs sont aussi beaucoup poussés par les consommateurs de spiruline qui depuis des années demandent de la spiruline biologique. Et du coup, à travers ce crowdfunding, les consommateurs de spiruline peuvent participer à ce qu'il y ait non seulement de la spiruline biologique mais en plus qu'il y ait une cohérence, parce que ce n'est pas juste avoir une étiquette sur un paquet.

Thierry Lecce Oui, parce que faire de la spiruline biologique puis rejeter des eaux extrêmement polluées derrière, ça ne va jamais être contrôlé, elle sera biologique, mais en même temps pour l'écosystème, c'est extrêmement polluant.

Il s'agit d'avoir une cohérence globale du projet. Et ça, c'est souvent malheureusement ce qui manque parfois à l'approche biologique. C'est-à-dire qu'on s'intéresse, moi j'ai été boulanger pendant une longue période, on s'intéresse à la qualité des ingrédients pour la personne qui va consommer, par contre, on ne s'intéresse pas du tout à ce qui se passe à la périphérie.

Là, c'est le moment d'avoir un projet global qui respecte l'écosystème. Tout à fait, qui respecte l'écosystème à la base. C'est-à-dire, pour moi, l'important n'était pas de projeter la spiruline biologique comme nous on le pense, mais penser à travers la spiruline, de quel sont ses réels besoins.

Le bio, c'est le vivant. Des fois on oublie parce qu'on a tendance à se rassurer en achetant du bio. Mais derrière, s'il n'y a pas un écosystème vivant qui se reproduit, c'est pour ça que le terme permaculture revient aujourd'hui au-dessus du bio parce que ça tourne derrière une cohérence.

Ici, c'est un projet en permaculture qui va englober. Plus tard, ça va être produire les fiennes de poule qui vont me produire l'azote qui va me permettre de produire ma spiruline, voilà, ça va être intégré tout ça.

Donc pour l'instant je ne demande pas un financement pour l'ensemble du projet évidemment, c'est uniquement pour déjà arriver à cette première étape qui est de faire des bassins profonds qui reproduisent un écosystème tout en ayant productivité et qualité égale voire meilleure que ce qui est fait actuellement, c'est ça, aussi que ça soit comparatif.

Donc je vais faire un bassin conventionnel et à côté un bassin qui sera lié au bassin profond. Et je verrai bien quand il y a de la mortalité spiruline comment ça se passe, la pérennité de la nourriture, tous les aspects d'une culture.

Donc c'est de la recherche et développement. Donc on va pouvoir la suivre cette recherche et développement, on va pouvoir venir te revoir, surtout que tu n'es pas très loin, et suivre un petit peu l'expérience en cours.

Tu vas le faire dans une serre que tu as installée chez toi, que je vais montrer en vidéo, et donc le projet on va pouvoir le suivre. On va pouvoir voir un petit peu ce qui se passe, l'expérimentation, et donc d'après ce que tu m'as dit, tu as l'air assez sûr de toi, et je sais que ça paraît cohérent, permettre finalement un processus de production de la spiruline intégrée qui ne génère pas une pollution en aval, qui soit quasi ingérable et en tout cas qui sera vraiment dans un projet global.

— Ça c'est un aspect important, c'est le fait de recyclage, on va dire, mais ce n'est pas l'unique, c'est-à-dire que c'est la réserve de nourriture, c'est-à-dire que dans nos cultures, s'il y a trop de nourriture, c'est un problème, s'il n'y en a pas assez, c'est un problème.

C'est comme la culture hydroponique. — Oui, tu es toujours obligé d'alimenter. Là, elle peut se nourrir elle-même. Là, il y aura un complexe argilomique comme dans un jardin. Ça ne nous vient pas l'idée de faire de la culture hydroponique des arbres.

Parce qu'il y a un équilibre et la nourriture vient au fur et à mesure des besoins. C'est déjà cet équilibre et cet apport de la nourriture au fur et à mesure des besoins. Donc c'est recréer le complexe argilomique, ça c'est très important.

Autre chose très importante, c'est qu'à travers ces bassins profonds, toute la culture, la nuit, va se retrouver dans ces bassins où elle va se régénérer. Et de ce fait, ça va garder beaucoup mieux la température la nuit, donc permettre de cultiver dans les zones de montagne ou dans les endroits où la température baisse beaucoup plus.

Ça va permettre une inertie très importante de ces bassins profonds. Oui, lié à la quantité d'eau qui est réunie. Oui, parce que je vais avoir un bassin de 1,5 mètre de profondeur. C'est vrai que sur une épaisseur de 10 cm, ton eau refroidit tout de suite.

Parce que moi, j'ai toujours entendu parler de la culture du spénoline comme quelque chose de relativement contraignant. Ça demande du temps, ça demande du suivi, mais on me disait si tu veux faire de la spiruline, il faut être toujours là pour la surveiller en permanence, pour la nourrir en permanence, pour assurer la température.

— Moi, je comparerais à une butte de permaculture et à une culture hydroponique où on doit être toujours en train de régler les paramètres. Aujourd'hui, je pense qu'on est un peu entre les deux, on va dire, mais là, grâce à ce projet, il va y avoir une pérennité, On va être dans des conditions où on va produire mais sans être dans l'intensivité de la production.

Donc ça sera beaucoup plus facile à gérer, beaucoup moins besoin de suivi parce qu'il y aura un équilibre. Là on est toujours en flux tendu parce que l'équilibre n'a pas été reproduit. C'est évident pour moi qu'avec un bon nombrage et la récréation de cet écosystème, ça va être beaucoup plus facile.

parce que dans la nature, tout est déjà équilibré. Dans la nature, tous les jours, il meurt des centaines de kilos de spiruline et l'eau est toujours transparente et il n'y a jamais de mauvaise odeur. Vous voyez, parce que dès qu'il y a la mortalité, c'est absorbé dans le sol.

Thierry Lecce C'est recyclé et ça vient nourrir la prochaine spiruline. Olivier Roland Et au fur et à mesure, quand il y a des besoins, le pH monte, l'azote est transmis, l'intelligence de la nature est tellement grande que bon, Moi je me suis dit qu'il faut partir de là, voilà, en fait c'est ça.

Partons de là, et à la limite l'étiquette du bio devient secondaire puisqu'on est vraiment dans la lignée de la cohérence de la permaculture. C'est un formidable projet Gilles, je suis content qu'on se soit retrouvés, je suis content de porter ça et d'encourager tout le monde à soutenir ce projet.

Et on va le suivre, on va venir régulièrement pour le suivre ce projet, pour voir un petit peu comment il se passe, et en espérant de tout cœur que... bon, te connaissant, je ne pense pas qu'il va y avoir de surprise, mais que ça puisse donner un modèle pérenne de production de la spiruline beaucoup plus cohérent, beaucoup plus inspiré des modèles naturels, beaucoup plus efficace, et qui nous permette d'avoir une spiruline de très haute qualité en englobant toute

la dimension du système. C'est un super projet. — Tout à fait. — Je te remercie Gilles. — Merci. — Ok Gilles, donc là, on est dans ton laboratoire un petit peu. Tu peux nous expliquer ce que tu y fais ?

J'y développe des souches de spiruline que je propose ensuite aux producteurs ou aux petits cultivateurs familiaux qui veulent avoir une souche dont ils connaissent la traçabilité, qui est propre, qui est passée par un labo isolé.

Et du coup j'ai des spirulines de Paracas, de Lonard, de Camargue aussi que j'ai découvert il y a quelques années. — D'accord, tiens, viens, on va aller voir. — Venez voir.

Voilà des souches. Ça, c'est celle de Camargue, là. Ça, c'est celle de Lonard. C'est une espèce d'Espagne aussi, là, à Andalousie, qu'on est en train d'étudier, qui est en train d'être isolée au laboratoire.

et ça c'est des souches qui est une souche de lonard et certaines qui sont prêtes à être repiquées. Donc là tu garantis des souches qui sont d'origine naturelle, qui ont été purifiées, donc tu connais exactement la traçabilité ? Voilà c'est ça, je les prélève directement dans la nature, j'envoie un laboratoire qui la sélectionne pour pas qu'on ait trop d'espèces d'algues avec et puis après je repars de quelques filaments et que je multiplie.

Donc voilà, c'est ce qui est ensuite proposé au producteur, des spirulines qui sont propres. Autre activité que je fais ici, et j'utilise beaucoup cet armoire pour ça, j'ai déjà fait des études de cultiver de la spiruline biologique à base de farine de plume.

Je fais des essais comme ça, parce que ça m'avait été commandé par la profession des spirulines de France. Donc j'avais fait cette étude dans cet armoire et là j'ai fait une autre étude, c'est de cultiver la spiruline avec des extraits d'azote provenant de biodigesteurs.

Donc je fais ça avec le bureau d'études de IES. Alors biodigesteurs c'est quoi exactement, tu peux me le préciser ? Biodigesteurs c'est ce qu'on appelle le méthaniseur. Donc ça utilise les composts végétaux ? Voilà, ça le met dans des récipients anaérobies Et ensuite, il y a une fermentation qui transforme la matière organique, qui la minéralise.

Et ensuite, nous, on extrait l'azote minéralisé et ensuite, voilà, on la cultive. Donc, c'est avec ce système que Yes est arrivé à produire sa spiruline en écocerte il y a déjà deux ans.

Donc, moi, j'ai participé à ce que ça se passe. Et là, il y avait le microscope aussi. On va y aller pour voir un petit peu ce qu'elle dit. Alors attends, je vais changer de...

je vais bouger un peu parce qu'elle a bougé entre temps. Ça, c'est l'aspiruline de Camargue. Voilà, cette fameuse forme d'aspiruline assez extraordinaire et qui reconnaît ça l'un d'entre toutes.

Donc ça, c'est de la Camarguaise. Oui. Que j'ai prélevé en 2015 là et qui est actuellement au laboratoire pour être isolée. et je vais reproposer au producteur cette spiruline isolée. Il y a des différences entre les natures de spiruline ?

Je veux dire, tu parles de Camarguèze, tu parles de... Il manque d'études à ce sujet. Vraiment, je dirais qu'il y a des différences de comportement, ça c'est sûr.

Il y en a qui sont plus ou moins adaptées à des conditions de froid, de chaud, de pH. Mais après, sur la composition, on n'a pas assez de recul. Je ne peux pas dire qu'il y en a une qui soit mieux qu'une autre.

Les personnes qui vont cultiver la spiruline de Camargue, c'est surtout parce qu'ils ont envie d'une souche locale et c'est compréhensible.

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