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Rencontres de la Régénération 2019 : Le vivant EST son environnement avec Pierre Etchart (partie 2)

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L'équipe RGNR
48 vues • Publiée le 02/08/2019

Cette deuxième partie prolonge directement la matinée des Rencontres de la Régénération 2019, où Pierre Etchart avait posé les bases terminologiques. Fort de ce travail préalable, il s’attaque ici à une question centrale : qu’est-ce que la santé, si on cesse de la définir par l’absence de symptômes ou de maladie ? Il commence par montrer en quoi cette définition courante nous condamne à vivre sous l’emprise de la peur, et pourquoi la peur est précisément l’argument utilisé pour orienter nos décisions de santé.

Le cœur de l’exposé repose sur la thermodynamique du non-équilibre, notamment les travaux d’Ilya Prigogine sur les structures dissipatives. Pierre Etchart explique que la matière vivante ne fonctionne pas à l’équilibre, mais loin de lui, et que c’est précisément dans cet éloignement que se créent les mécanismes de régulation et de développement. L’image de l’attracteur de Lorenz sert ici de modèle pour comprendre comment un système vivant oscille autour d’un point de référence sans jamais s’y figer.

Il convoque ensuite la physique quantique, avec les travaux de Niels Bohr, l’expérience d’Aspect sur l’intrication des photons et la notion de non-localité, pour montrer que la vision classique d’un corps autosuffisant et isolé de son environnement ne tient pas. Cette partie s’articule avec les travaux de Bruce Lipton en biologie cellulaire, qui a démontré qu’une cellule peut survivre sans son noyau mais pas sans son interface avec l’environnement, ouvrant la voie à la révolution de l’épigénétique.

La conclusion de Pierre Etchart est que le vivant ne peut pas être pensé comme un système fermé : il est constitutif de son environnement et réciproquement. Il évoque l’hypothèse Gaïa tout en la dépassant, considérant que l’interaction ne s’arrête pas à la planète Terre mais inclut des influences extérieures comme le rayonnement solaire. Ce cadre conduit à repenser l’équilibre non comme un état à atteindre, mais comme un référentiel autour duquel le vivant oscille en permanence.


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Bon, j'espère que vous avez apprécié à sa juste valeur la première matinée, le samedi matin, parce que je vous le remets dans le contexte des rencontres de la régénération, le samedi matin, déjà on a pris une bonne décharge avec Pierre, et puis il s'est trouvé que quand on a discuté à la sortie, dès qu'il a arrêté son intervention, il m'a dit qu'il n'a traité qu'une toute petite partie de ce que je voulais traiter.

Je lui ai dit que ça tombe bien parce que cet après-midi on a un créneau. On a un peu réfléchi et puis on a dit que ça tombe bien, cet après-midi on a un créneau, est-ce que tu veux le prendre ?

parce que c'est évident qu'il faut qu'on continue. Alors, bien sûr qu'il a continué, et autant dans la première partie il s'intéressait vraiment aux mots que nous utilisons, et à la définition des mots, que dit-on quand on utilise les mots que nous disons, parce que souvent tu manies des mots, mais si ça renvoie à des concepts crues, que toi-même tu es dans un plein flou, ça ne sert à rien.

Et si l'on veut se rendre autonome, il faut que l'on s'accorde sur les mots que nous utilisons et que nous sachions qu'est-ce qu'il y a derrière. Dans la seconde partie, fort de ce qui a été fait dans la première partie, ils nous proposent une définition radicale et nouvelle de la santé.

Parce que la santé, si tu veux voir, c'est différent de professionnel, souvent ça peut être défini comme l'absence de maladie. L'OMS nous dit que c'est un état de plénitude globale. OK, mais bon, avec ça, qu'est-ce que tu en fais ?

Tu ne peux pas en faire grand-chose, c'est quand même... on nage en plein flou. Eh bien, ils nous proposent un nouveau paradigme de la santé basé, et c'est là où toute cette conférence est extrêmement intéressante, basé sur les dernières recherches dans le domaine scientifique, des recherches qui sont maintenant vraiment connues et étayées et que l'on ne peut pas ignorer si l'on parle de santé.

Donc qu'est-ce que c'est que la santé ? Qu'est-ce que c'est que ce nouveau paradigme de santé ? Je vous en ai beaucoup parlé puisque Pierre, comme je vous l'ai dit, nos échanges ont eu une très grande influence sur mon travail, sur mon cheminement ces dernières années, mais là vous allez vraiment avoir les fondements scientifiques qui vont vous permettre d'avancer. et surtout, arriver à retrouver cette dimension dynamique du vivant.

Vous savez, il y a un terme que j'utilise très souvent que j'appelle homéostasie, et cette homéostasie, si elle était définie au départ comme quelque chose de très dynamique, petit à petit s'est encroutée pour devenir une espèce de recherche de l'état d'équilibre. Mais en fait l'état d'équilibre c'est la mort, il n'y a pas d'équilibre.

Pierre me faisait remarquer lors d'un échange il y a quelques jours au téléphone, il me disait qu'on dit toujours aux gens d'être équilibré, mais en fait équilibré c'est la mort, il ne faut pas être équilibré du tout, au contraire, la dynamique, la vie se crée dans le déséquilibre.

Et c'est pour ça que dans cette conférence, il nous propose au-delà du terme homéostasie, le terme homéorésilien, terme qui inclut autant l'homéostasie que la loi de l'hormèse, et qui inclut cette dimension dynamique propre au vivant.

Alors pour sortir d'une espèce d'illusion, d'un état de béatitude dans lequel nous arriverions, dans lequel tout serait parfait, rien ne bougerait, oui, mais ça c'est la mort, Pierre nous propose un chemin radical vers la santé que je vous propose de suivre immédiatement.

Prenez votre temps, posez-vous tranquillement, un petit jus, une petite coco et savourez, parce que là maintenant c'est deux heures d'une aventure au cœur du vivant comme vous ne l'avez jamais vécu.

*** Applaudissements *** Bon, rebonjour à tout le monde. Finalement, ce n'est pas plus mal qu'on ait pu faire une pause, je pense. J'ai des petites choses à vous dire. Du coup, comme là maintenant je suis large.

Avant de commencer cette seconde partie, parce que j'ai été un petit peu vite tout à l'heure, il y a une personne qui est venue me voir et qui m'a fait une remarque très juste et sur laquelle j'aimerais revenir pour ne pas qu'il y ait de malentendus.

Cette personne m'a expliqué qu'elle est revenue sur la sémantique par rapport à vulgaire et elle me disait, à juste titre, qu'effectivement le terme vulgaire n'a pas de lien avec le mot vulgaire.

En sémantique, quand même quand vous regardez le dictionnaire, et en aucun cas dans le dictionnaire il est marqué que c'est ramené à son plus bas niveau. D'un point de vue sémantique, comme elle le dit justement, on n'a pas le droit de rapprocher les deux.

Mais ce n'est pas ce que je dis. Ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, dans la transmission des savoirs et des informations qu'on nous donne, les personnes qui nous transmettent ces informations-là, on les étiquette comme des vulgarisateurs, et comme lorsqu'ils font ce travail de vulgarisateur qui est censé amener cette information au plus grand nombre, c'est finalement plus une vulgate, c'est-à-dire dire l'inverse de ce qu'elle dit au départ, on revient à l'aspect péjoratif de la vulgarité.

Donc effectivement, cette personne avait bien raison de me signaler que d'un point de vue sémantique, vulgariser ne peut pas être rapproché avec la vulgarité. Je dis juste que dans la façon dont nous l'utilisons et dans la façon dont nous interagissons avec ce mot-là, il peut y avoir des malentendus par rapport à ça.

Mais par contre, je persiste sur le fait que lorsqu'on vulgarise au travers des vulgates, donc c'est vraiment la dimension péjorative de la vulgarisation, on ramène ce qu'on veut transmettre à son plus bas niveau, c'est-à-dire qu'on le simplifie tellement qu'il en devient simpliste.

Et du coup il qu'il ne dit plus ce qu'il disait au départ. Ok, donc maintenant que ça c'est dit, il y a plusieurs petites choses dans la catégorie maladie et santé. Je voulais revenir sur le fait que lorsque, je vous ai montré qu'on avait deux possibilités quand on était face à un symptôme, et lorsqu'on l'ignore, le premier phénomène c'est effectivement de générer de la peur.

Et il faut bien comprendre que la peur, Dans notre société actuellement, on va la définir comme capitaliste, la peur est véritablement devenue le nerf de la guerre. C'est devenu un outil pour permettre à un système relativement pervers de contenir toute une population dans un système qui ne lui convient pas forcément.

La peur, c'est ce qui est utilisé pour amener des gens à faire des choses qu'ils ne feraient jamais s'ils avaient conscience de certaines choses. Donc c'est très important de comprendre que la peur aujourd'hui c'est devenu un outil politique, c'est devenu un outil économique qui fait qu'on peut vous amener à faire des choses que vous ne feriez jamais si vous aviez vraiment les tenants et les aboutissants des des conséquences de ce que vous faites.

Donc moi qui suis quand même extrêmement avare de conseils en général, parce que j'ai de conseils à donner à personne, au contraire, je prends beaucoup de conseils des gens, si j'en avais quand même un à donner, notamment par rapport à la santé en général, mais c'est beaucoup plus vaste, c'est que quelle que soit la situation, à chaque fois que vous prenez une décision, Posez-vous la question de savoir quel est le moteur de la décision.

Quelle est l'émotion qui a suscité votre prise de décision ? Et systématiquement, si c'est la peur, il y a de fortes chances pour que vous ne soyez pas juste. Je n'ai pas dit que ce n'était pas bien, j'ai dit juste.

C'est-à-dire qu'il y a des chances que ce ne soit pas le plus approprié. Aujourd'hui, on est dans un système qui nous oblige à consommer d'une certaine façon, à penser d'une certaine façon au travers des règles. Dès qu'il n'y a pas d'argumentaire suffisamment fort face à des gens qui pensent différemment, on va utiliser la peur.

La peur, c'est vraiment l'argument du faible. C'est-à-dire que dès qu'on n'a plus de raison de raisonner de façon constructive, on va utiliser la peur. Et on le voit à toutes les échelles. On le voit par rapport au terrorisme, on ne va pas en faire un débat, on le voit au niveau médical par rapport à tous les traitements.

La plupart des traitements aujourd'hui sont acceptés par les patients parce qu'ils ont peur. Non mais c'est vraiment effrayant. C'est-à-dire que les gens ne sont pas convaincus ou ils ne ressentent pas qu'effectivement c'est ça qui va leur faire du bien.

Ils sont au départ, alors ça, ça vient après, c'est-à-dire qu'ils se conditionnent pour voir ça, mais dans un premier temps, quand on leur dit, ils n'ont pas forcément l'intuition de se dire que oui, c'est de ça dont on a besoin.

Et donc la peur va nous accepter à prendre tel traitement, de faire, de prendre telle chose. Et ça, je pense que ça pose un vrai problème. La peur est aussi utilisée dans une dimension qui me chagrine beaucoup, c'est dans ce qu'on appelle l'éducation.

Aujourd'hui, si on veut faire faire des choses à des enfants et qu'ils ne le souhaitent pas, tout simplement parce qu'ils n'y voient pas de sens ou parce que pour eux ça ne leur parle pas, et immédiatement on va leur faire peur pour les obliger à le faire.

Donc soit c'est des menaces, soit on va hausser la voix pour obtenir ce qu'on veut qu'ils fassent. Et alors je dirais la caricature la plus forte c'est véritablement l'école. Quand je parle de tout ça je ne porte pas des jugements critiques, je fais juste des L'école vous explique très concrètement que si vous ne récitez pas la leçon telle qu'on vous l'a apprise, même si vous n'êtes pas d'accord parce que ça suscite des réflexions, on ne vous demande pas forcément de réfléchir, on vous demande d'apprendre ce qu'on vous

a dit d'apprendre. Si vous ne le faites pas, on ne vous aurait pas la moyenne et ça on va le faire comprendre à toute la classe parce qu'on va dire à tout le monde que vous n'avez pas la moyenne, et en plus on va vous faire redoubler.

Donc ça ce sont des menaces dans le cadre de la domination des hommes par les hommes à d'autres hommes et qui se fait uniquement au travers de la peur. Et ça, je pense que c'est très important dans un environnement de détecter les réactions ou les comportements dans lesquels vous générez de la peur ou vous recevez de la peur.

Parce que très généralement dans ce genre de circonstances, ça veut dire qu'il y a des principes qui n'ont pas été compris. Parce que quand les principes sont compris, vous n'avez pas besoin de faire peur.

Ça se fait tout seul. Donc ça c'est un point important sur lequel je voulais venir. Je vous ai montré tout à l'heure la phrase de William Gardner Sutherland qui parlait justement de l'interventionnisme.

Vous vous souvenez ? Il y a un exemple pour moi qui est assez marquant, assez concret par rapport à tout ce qu'on retrouve actuellement, et je vais juste vous parler de ça. C'est la détox du foie, parce que c'est un sujet qui est très à la mode et dont tout le monde s'empresse d'y mettre un petit peu son grain de sel, et pourtant il faut quand même avoir un certain regard sur l'anatomie et la physiologie pour comprendre ce que l'on fait quand on génère une détox du foie.

Alors ça revient un petit peu à redéfinir aussi ce qu'est un émonctoire, d'accord ? Alors la question qu'on pose en général c'est est-ce que le foie est un émonctoire oui ou non ? Bon, il y a du oui, il y a du non.

Il y a beaucoup de non quand même. Il y en a qui sont bon. Un émonctoire, normalement, il est censé évacuer ses déchets directement à l'extérieur. Le foie, même s'il renvoie ses déchets dans le milieu extérieur, il passe par une zone de réabsorption.

Pour ceux qui ne connaissent pas trop l'anatomie, je vous rappelle que le foie est relié à la vésicule biliaire. Le foie produit la La vésicule est le contenant de la bile et lorsque l'organisme lui-même se détoxifie, il va envoyer certains déchets au travers du canal hépatique qui sort et qui va rejoindre la vésicule biliaire.

Une fois qu'il rejoint la vésicule biliaire, il va s'engouffrer dans la première portion de l'intestin grêle, qui est le duodenum, et plus précisément la deuxième portion du duodenum. Alors, pour le coup, lorsque l'organisme envoie des déchets dans l'intestin, vous savez que l'une des fonctions principales de l'intestin, c'est la réabsorption.

D'accord ? Donc c'est très étonnant d'envoyer des déchets dans une zone où l'organisme réabsorbe les éléments. Et pourtant, c'est quelque chose de fondamental. il ne pourrait pas être à un autre endroit. Mais qu'est-ce que cela implique ?

La mode de la détox du foie est issue d'une compréhension du vivant où lorsque nous ne faisons rien, il ne se passe rien. C'est-à-dire que si je ne fais rien, si je ne m'occupe pas de mon foie, si je ne vais pas le détoxifier, tout ce que j'ai cumulé va stagner et il va attendre que j'agisse pour pouvoir le nettoyer.

Or c'est tout le contraire. Notre corps n'a pas attendu que l'on comprenne d'un point de vue cortical les mécanismes de détoxification pour commencer à se nettoyer. Il se nettoie H24.

Mais il y a un autre élément qui est arrivé il y a maintenant plusieurs années, c'est toute la dimension autour du système nerveux entérique. Et ce système nerveux entérique, il a une propriété, c'est qu'il relie le système digestif au cerveau pour lui indiquer l'état du terrain en temps réel.

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quand nous intervenons de l'extérieur, il y a toujours une cinématique, c'est-à-dire qu'entre le moment, par exemple, on va dire qu'on fait une analyse de sang par exemple, et je remarque par exemple que les gammas GT sont très élevés donc du coup on va voir le médecin, il nous dit voilà c'est dangereux donc il faut les traiter.

Le problème c'est qu'on est dans un système dynamique et l'organisme dans un processus d'homéostasie comme on va voir après, il est en permanence en train de réguler la totalité des constantes de l'organisme. Ce qui veut dire qu'entre le moment où vous faites l'analyse et le moment où vous l'interprétez, les valeurs ne sont plus les mêmes.

Et vous qui allez donc utiliser ces valeurs-là pour traiter de l'extérieur, peut-être qu'au moment où vous allez les amener, ils ne seront plus valables. Parce que vous avez cru que le corps était figé sur les données des examens cliniques que vous avez eues et que c'était ces valeurs-là qui sont absolues alors que ces valeurs sont tout le temps en train d'osciller.

Et le rôle du système nerveux enterrique c'est justement de venir indiquer à toutes les fonctions du corps quel est l'état du terrain au niveau viscéral. et d'abord le cerveau. On a appris aussi que les informations se faisaient surtout depuis le système labyrinthérique vers le cerveau et non pas l'inverse, ce qui fait qu'il y a une plus grande quantité d'informations connues de la part du cerveau que l'inverse.

ça veut dire quoi concrètement que lorsque le foie va estimer que c'est le bon moment pour larguer les toxines d'accord on va parler à les toxines il va le faire parce que le système nerveux entérique qui a étudié le terrain à l'instant t va réagir immédiatement le dire au cerveau le Le cerveau va envoyer une information au niveau du système nerve antérique qui va informer le foie et qui va lâcher.

Sauf que ça, ça se fait dans un instant très, très court. Et pour vous dire, peut-être que 5 secondes après, on ferme les canaux. Et 5 secondes après, on ouvre, on ferme, on ouvre, on ferme.

Parce que si vous ouvrez les canaux dans un moment où le terrain n'est pas adapté, vous risquez de porter préjudice en générant une assimilation au niveau de l'intestin des toxines que vous avez relarguées et que le corps, par rapport à l'état général, ne sera pas en capacité de supporter.

C'est clair ? Ok. Bon. Oui. Ok. Je te donne ça. Alors, une autre petite chose, j'en profite. oui j'ai encore entendu tout à l'heure un léger abus de langage mais qui est quand même très significatif j'entendais une personne dire que la médecine allopathique encore une fois je ne critique pas je suis amené à travailler très souvent avec eux je ne fais que des constats mais c'est pas parce que on fait des constats on peut aussi émettre des avis et dire des choses sans

forcément critiquer ou remettre tout en question. La personne me disait que la médecine allopathique, comment est-ce qu'elle m'a formulé ça ? Elle m'a dit que, et je l'ai noté en plus, elle m'a dit que la médecine allopathique traitait les symptômes.

Et alors comme ça, vite fait, ça peut passer facilement. Mais si on s'y attarde un petit peu, un symptôme ça ne se traite pas. Un symptôme, ça se comprend. On revient à ce qu'on disait tout à l'heure, c'est-à-dire que si traiter, c'est l'ignorer, à ce moment-là, non, ça ne marche pas.

Par contre, la seule façon de véritablement prendre soin d'un symptôme, c'est de rentrer en contact et en dialogue avec lui et de le comprendre. C'est vraiment la seule et unique possibilité. Alors pour terminer avec ça, il y a aussi une dimension très importante mais là du coup qui m'est très personnelle. Je me suis vraiment longtemps questionné pourquoi est-ce que la symptomatologie était aussi efficace ?

Pourquoi est-ce que nous sommes tous et pourquoi nous tombons tous dans ce piège, dans cette diversion finalement de la symptomatologie et et de la maladie. Et du coup, j'ai élaboré une petite théorie personnelle par rapport à ça.

Et je pense, finalement, que cette attitude-là, c'est l'arbre qui cache la forêt. Et je pense qu'on cherche à absolument éliminer les symptômes et la maladie pour une raison très simple, c'est qu'en France, en tout cas, nous avons peur de la mort.

et la mort c'est un sujet qui est très très tabou en france il suffit de voir comment on traite par exemple les personnes âgées qu'on met dans des ehpad ou dès qu'on s'approche des éléments qui sont en rapport avec la mort on va avoir tendance à les mettre sous le tapis ou dans le placard à les on ne veut pas voir la mort la mort c'est quelque chose qui nous qui nous inquiète et qui nous fait peur et je me rappelle du coup le la fois où j'ai J'ai eu cette réflexion, c'est lorsque je suis parti au Mexique pour la première fois.

C'était vraiment la première fois que j'y allais. J'étais accueilli chez des amis. Et le matin, je suis réveillé par un boucan, des feux d'artifice. J'ai cru que c'était la guerre dans le jardin.

Des feux d'artifice de partout, de la musique. Je regarde par la fenêtre, je voyais des gens déguisés, je voyais des feux d'artifice, je sors de là, je dis mais qu'est-ce qu'il se passe, c'est carnaval quoi, c'est carnaval. Et puis il me dit non non, c'est pas carnaval, on fête les morts.

Je dis mais les morts, comment ça les morts ? Ceux qui sont décédés vous voulez dire ? Oui, oui, on fête nos morts, on célèbre les personnes que nous avons perdues. Je suis resté squatché un petit moment parce que je leur ai dit « mais attendez, parce que vous quand vous célébrez vos morts, vous n'avez pas les corbeaux, la pluie et tout ça comme chez nous ?

» « Comment ça se passe ? » « Comment ça les corbeaux ? » ils ne comprenaient pas du tout ce que j'étais en train de lui dire. Du coup, j'y suis allé, je me suis déguisé aussi, et puis j'ai fait la fête toute la journée.

Ils m'ont amené, ils avaient fait des stèles magnifiques, colorées, pour rendre hommage aux personnes disparues. Alors là, je peux vous dire que j'ai pris une claque, parce que moi j'étais persuadé effectivement que la mort...

On connaît les enterrements quand même en France. il faut baisser la tête, il faut être habillé en noir, enfin, si vous avez un fourrir, alors là, c'est... Rires Là, vous êtes banni, vous êtes banni, là. Et j'étais persuadé, en fait, que c'était le seul modèle qui existait dans notre rapport à la mort.

Et en fait, là, je me suis rendu compte que pas du tout. Du coup, quand je suis revenu, je me suis beaucoup interrogé par rapport à ça, Et je me suis rendu compte que la conscience de la mort, ou plutôt l'inverse, c'est-à-dire que le fait d'avoir aussi peur de la mort comme nous le faisons, nous fait adopter des d'attitudes inconscientes et nous agissons inconsciemment, comme si nous étions immortels.

Inconsciemment, hein ? Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'au quotidien, on fait des choses, mais sans forcément d'intensité, sans forcément de passion, sans forcément être prêt à tout donner dans un dernier acte, parce que dans notre tête, comme on est habitué à cacher la mort, On s'est auto-convaincu que ça n'existait pas, et du coup que l'on va vivre éternellement.

Et forcément, si on vit éternellement, on a le temps de procrastiner et de remettre tout au lendemain. Sauf que le lendemain du lendemain, c'est le lendemain. Et finalement, on en vient déjà à remettre à plus tard les choses les plus essentielles de nos vies, et pire encore, on accepte de faire des choses que nous ne ferions jamais si nous prenions conscience effectivement que nous étions mortels.

C'est-à-dire que vous prenez n'importe qui là, vous allez dans n'importe quel industriel, des personnes qui travaillent à la chaîne, vous allez les voir, vous leur dites, écoute, si je te disais que tu allais mourir ce soir, est-ce que le programme de ta journée serait le même ?

Vous pouvez être sûr que non. La personne ne va pas dire, si c'est ma dernière journée, oui, je vais rester avec mes boulons, mes vis là. alors le gars il a dix mille trucs à faire c'est voilà et là tout d'un coup ça devient ça devient le stress et pourtant c'est la réalité c'est à dire qu'il n'y a pas besoin de vivre au tiers monde ou de prendre des risques dans la vie pour mourir du jour au lendemain d'accord nous pouvons tous nous sommes tous susceptibles de mourir très

prochainement Et alors c'est aller encore plus loin parce que du coup il y a une phrase qui m'a été vraiment, qui a été essentiel pour moi, c'est-à-dire que j'ai gravé là, clac ! Et cette phrase, qui peut paraître choquante, elle dit que la mort est ma raison de vivre.

Alors quand j'ai dit ça au début, je me souviens de mes parents, je me suis dit oula, il est devenu gothique, il est suicidaire, qu'est-ce qui se passe, il va falloir qu'on fasse quelque chose.

Mais en fait pas du tout, c'est tout l'inverse. C'est-à-dire que la mort, c'est la chance que nous ayons. Le fait d'être mortel, c'est ce qui nous donne l'opportunité de pouvoir vivre. C'est-à-dire que si nous n'étions pas mortels, nous ne pourrions pas vivre.

Ça paraît simple, mais c'est vraiment énorme. C'est-à-dire que la mort, c'est presque une grâce pour nous. Je pense qu'il y a beaucoup de minéraux qui aimeraient être mortels et pouvoir un petit peu de temps vivre.

Mais c'est génial d'être mortel. Et du coup, quand vous en avez conscience, il y a un film que j'aime beaucoup, qui est très violent, mais que j'adore et qui retranscrit parfaitement ça, c'est Fight Club.

C'est vraiment un monument. Et tant que vous n'avez pas conscience, mais vraiment en vous, que le temps est vraiment compté, tous vos actes n'auront pas leur plein potentiel. Si vous n'êtes pas disposé à mettre tout ce que vous avez sans réfléchir, dire oui je ferai ça demain ou non plus tard.

Et c'est rigolo parce que plus on tient à quelque chose, plus on a tendance à le remettre à plus tard. Oui je ferai ça plus tard. Pour l'instant je fais ce qui est le plus chiant. Alors que vous n'avez pas forcément le temps.

Personne ne sait quand est-ce qu'il va décéder. La seule chose que vous savez, c'est que ça va arriver. Donc, la mort est vraiment, je pense, nous conditionne aussi à vivre un petit peu de la façon dont on le fait, c'est-à-dire de façon un peu passive.

On attend que les choses arrivent, on attend que les gens fassent les choses pour nous, qu'elles apprennent et qu'ensuite elles nous transmettent, au lieu que nous-mêmes d'aller chercher les choses, d'aller expérimenter.

Vous voyez, Mike Horn, lui, il n'attend pas. Lui, il n'a rien à faire. Donc je pense qu'il y a un lien, mais c'est personnel, entre la vision que nous avons de la mort dans notre culture et la façon dont nous nous comportons. Alors du coup, par rapport à la santé, parce que tout à l'heure je vous demandais du coup c'est quoi finalement la santé, Et je vous disais que pour moi la santé n'était absolument pas indexée sur les symptômes et sur la maladie.

Parce que lorsque c'est indexé sur le symptôme et sur la maladie, en fonction par exemple du quantité de symptômes, on va pouvoir dire qu'on est en bonne ou en mauvaise santé. Et ça pour moi, il n'y a pas de bonne ou de mauvaise santé, comme il n'y a pas de bonne ou de mauvaise situation, c'est comme pour les scribes, c'est pareil. Et ça c'est vraiment important de savoir parce que du coup si on s'évalue par rapport à la quantité de symptômes, on va être condamné à toujours vivre dans la peur justement du symptôme.

C'est un petit peu comme pour la théorie du chaos tout à l'heure, on va vivre avec la peur des papillons, et on va se cacher en essayant d'éviter les tornades, d'accord ? Donc on va le voir dans cette deuxième partie du coup, comment est-ce que moi j'explique, comment est-ce que je comprends la santé, parce que du coup là ce que je vais vous expliquer dans cette deuxième partie ça va être ma vision, ma démarche, d'accord ?

Je cherche à convaincre personne, c'est juste une démarche intellectuelle et je vais vous pour vous montrer sur quoi elle s'appuie, d'accord ? Allez, c'est parti, on va attaquer.

Donc, cette partie 2, au-delà de l'homéostasie, l'homéorésie. Alors, on va d'abord parler d'homéostasie, mais avant ça, je vais vous expliquer un petit peu comment je suis rentrée dans cette réflexion.

Quand j'ai commencé mes études d'ostéopathie, il y avait vraiment une question qui m'obsédait. Et puis moi quand j'ai une question, ça y va, je me triture, il faut que je trouve des éléments de réflexion.

Et on m'avait expliqué qu'un ostéopathie avait un principe très important qui était le principe de globalité, ce qu'on appelle le principe holistique. Et donc on me disait, oui, que le corps s'étonne tout et qu'on ne peut pas séparer les parties et donc il faut traiter la totalité.

Je dis super, ça me parle complètement. Mais la globalité, elle s'arrête où finalement ? C'est quoi la globalité d'un vivant ? C'est est-ce que c'est son corps physique ?

Est-ce que c'est, là pour moi, est-ce que c'est la Seine ? Est-ce que c'est le chapiteau ? Est-ce que c'est ici tout le parc ? Est-ce que c'est la France ?

Où est-ce que ça s'arrête concrètement ? Comment est-ce qu'on peut appréhender un être vivant dans sa globalité ? Quelles sont les limites ? Et c'est là qu'on va trouver certaines réponses. Donc, nous allons commencer avec l'homéostasie.

C'est en 1865, dans son introduction à l'étude de la médecine expérimentale, que Claude Bernard crée le concept d'homéostasie. Il nous dit que tous les mécanismes vitaux n'ont toujours qu'un but, celui de maintenir l'unité des conditions de la vie dans le milieu intérieur.

Donc lui ne mentionne pas le terme d'homéostasie. Il élabore juste le concept. Ce n'est que dans un second temps où Walter Cannon, après Claude Bernard, va poser vraiment ce terme d'homéostasie, notamment dans ce bouquin, The Wisdom of the Body, en 1932. Ce terme homéostasie, quand on s'y penche un petit peu, on se rend compte qu'il est issu du latin reconstitué homéostasis, à partir du grec ancien, donc homoios, qui veut dire « semblable », et stasis, qui veut dire « pause,

arrêt ». D'accord ? Notez bien cet élément-là, parce que ça, c'est quelque chose sur lequel nous reviendrons. Alors, là, en 1963... Alors non, avant ça, je vais quand même vous dire un petit peu ce qu'il en disait Claude Bernard.

Alors, je vous dis un petit peu, je vous lis un de ces textes, enfin un des textes de Canon, de ce monsieur. Il définit la stabilisation des états qui permettent les processus biologiques de la vie tel qu'elle ressort de cette phrase extraite de The Wisdom of the Body.

Les êtres vivants supérieurs constituent un système ouvert présentant de nombreuses relations avec l'environnement. Les modifications de l'environnement déclenchent des réactions dans le système ou l'affectent directement, aboutissant à des perturbations internes du système. De telles perturbations sont normalement maintenues dans des limites étroites parce que des ajustements automatiques à l'intérieur du système.

Ces ajustements automatiques à l'intérieur du système entrent en action et que de cette façon sont évitées les oscillations amples, les conditions internes étant maintenues à peu près constantes. Les réactions physiologiques coordonnées que maintiennent la plupart des équilibres dynamiques du corps sont si complexes et si particulières aux organismes vivants qu'il a été suggéré qu'une désignation particulière soit employée pour ces réactions, celle d'homéostasie. Alors déjà là, on pressent un petit peu ce qui va se passer.

Cette définition, pour moi, elle est vraiment parfaite. Cette phrase, ça résume parfaitement l'idée qu'on se fait d'homéostasie, mais par la suite, et la façon dont elle peut être utilisée aujourd'hui, elle est un petit peu, je dirais, erronée, et on va voir en quoi.

Pour ce faire, nous allons revenir un tout petit peu à la théorie du chaos dont nous avons parlé tout à l'heure, Pour dire que, en 1963, donc, le météorologue Edouard Lorentz a été le premier à mettre en évidence le caractère vraisemblablement chaotique de la météorologie, comme je vous ai expliqué.

Le modèle de Lorentz, appelé aussi système dynamique de Lorentz ou oscillateur de Lorentz, est une modélisation simplifiée de phénomènes météorologiques basés sur la mécanique des fluides.

Ce modèle est un système dynamique tridimensionnel qui engendre un comportement chaotique dans certaines conditions. Alors, il y a un terme là qui est très très important et qui va venir juste après et qu'on va essayer de détailler pour que vous compreniez bien.

Ce terme c'est l'attracteur de Lorentz. L'attracteur de Lorentz est une structure fractale correspondant au comportement à long terme de l'oscillateur de Lorentz. L'attracteur montre comment les différentes variables du système dynamique évoluent dans le temps en une trajectoire non périodique.

Alors, je vais vous lire juste un petit passage d'un bouquin d'une personne dont je vais vous parler juste après, qui est Ilya Prigojine et Isabelle Stinger, qui avait écrit dans un bouquin qui s'appelle La Nouvelle Alliance et qui parle et qui traite de ça.

Donc, une notion cruciale est la notion d'attracteur. Les exemples d'attracteurs sont innombrables et bien connus de la physique. Le pendule qui s'immobilise progressivement rejoint son état attracteur. Le liquide chaud dont la température rejoint progressivement celle de l'environnement gagne son état attracteur.

Nous avons vu que près de l'équilibre, l'état stationnaire correspond à un état attracteur essentiellement analogue à l'état d'équilibre. Mais loin de l'équilibre, d'autres types d'attracteurs peuvent apparaître et notamment ce qu'il appelle lui le cycle limite, correspondant à un comportement temporel périodique adopté de manière spontanée par le système.

Depuis, de nouveaux types d'attracteurs ont été découverts qui enrichissent la dialectique du régulier et de l'aléatoire. Ces attracteurs ne correspondent pas à un point comme l'état d'équilibre ou à une ligne comme le cycle limite, mais un ensemble dense de points, un ensemble assez dense pour que l'on puisse trouver de ces points dans toute région, dans toute région, aussi petite soit-elle.

Alors, c'est maintenant que c'est vraiment important. Il s'agit d'un ensemble auquel peut être attribué une dimension fractale, et les attracteurs de ce type impliquent, de la part du système qu'il caractérise, un comportement de type chaotique.

l'attracteur et stabilité cessent ici d'aller de pair. C'est-à-dire qu'un attracteur signifie que la dynamique a tendance à être attirée par un élément. Vous savez qu'un attracteur étrange, vous avez énormément d'attracteurs étranges, mais les cycles biologiques font partie de cela.

Vous savez que quand vous faites des analyses de sang, et que vous mesurez certains éléments du sang, vous savez bien que quand vous lisez les valeurs, il y a toujours des branches, des fenêtres en fait, dans lesquelles ces valeurs peuvent se retrouver.

C'est-à-dire qu'on n'attend pas que la valeur soit pile d'un montant. Et c'est exactement ce qu'explique cet attracteur. C'est-à-dire que lorsqu'on a affaire à un attracteur étrange, cet attracteur va osciller autour d'une certaine valeur, mais qu'il ne va jamais obtenir.

Et c'est cette oscillation autour de cette valeur qui va déterminer la façon dont va être intégrée, en fait, l'élément que vous évaluez. Donc ça, c'est un premier élément. Le deuxième élément dont je veux vous parler, après les attracteurs étranges, en 2016 j'avais déjà parlé un petit peu des expériences d'Alain Aspet, donc on va y revenir aujourd'hui, mais j'aimerais revenir un tout petit peu plus en amont pour que vous compreniez comment comment ça s'est passé et quels sont les enjeux.

Parce que ce dont je vais vous parler là, à peu de choses près, c'est ce qui m'a passionné le plus ces 10 dernières années. D'accord ? Lorsque la physique quantique a été formalisée, il y a eu une dissociation dans les pères fondateurs de la physique quantique quant à l'interprétation qu'on pouvait en faire.

Et cette dissociation, la quintessence de cette dissociation, elle est matérialisée par Albert Einstein d'un côté et Niels Bohr de l'autre côté. Ces deux énormes personnages vont mener une bataille colossale, colossale, j'aurais vraiment aimé vivre ça, sur des idées métaphysiques, mais qui ont des implications sur la physique.

En 1935, Albert Einstein, lui, c'était quelqu'un qui était relativement déterministe dans son approche et considérait que le réel pouvait être expliqué à partir de ses différentes composantes. Le problème de la mécanique quantique, c'est que c'est une science qui est statistique.

C'est-à-dire que vous ne pouvez pas, quel que soit le principe d'indétermination qu'on a vu tout à l'heure, il y a des valeurs auxquelles nous n'avons pas accès, non pas parce que nous sommes ignorants, mais parce qu'elle n'existe pas.

Et cette non-existence, c'est quelque chose qu'Albert Einstein refusera toute sa vie. Pour lui, c'est impossible. Il est impossible de penser qu'on ne puisse pas connaître la totalité des rouages de ce qui se passe au niveau microscopique.

Et si nous ne le savons pas aujourd'hui, ce n'est non pas, comme je l'ai entendu souvent, que la mécanique quantique n'est pas opérationnelle, parce qu'Einstein a été l'un des premiers, il est déjà l'un des pères fondateurs, mais en plus, il a toujours salué l'efficacité opératoire de la mécanique quantique.

Mais par contre, il dit, voilà, la mécanique quantique est extrêmement efficace, mais elle est incomplète. C'est-à-dire qu'il y a ce qu'on va appeler des variables cachées, il y a des choses que nous ne savons pas et que nous allons découvrir dans plusieurs années avec de nouveaux modèles et qui nous permettront d'aller chercher ce qui se passe là où il y a de l'indétermination.

Et Niels Bohr lui dit non. Lui dit non parce que ce que toi tu considères c'est quelque chose qui n'existe pas. Parce que pour Niels Bohr, la seule chose que l'on peut attendre de la physique quantique c'est une information de l'interaction entre l'appareil de mesure et l'objet mesuré.

Je vous expliquais tout à l'heure que les particules n'étaient pas des objets, et donc ils n'avaient pas de position ou de vitesse vraiment déterminées. Et donc, lorsqu'on mesure avec des appareils qui mesurent la vitesse ou la position, et qu'on demande à une particule « donne-moi ta position », et elle nous dit « Non, j'en ai pas, pourquoi tu veux que je te donne une position ? » Et que vous la stressez, vous la stressez, et au final « Écoute,

je te donne une position, mais par défaut. » Et bien en fait, Niels Bohr dit que cette position est juste, mais elle ne nous décrit pas le réel. C'est-à-dire que cette position-là, que la mesure nous donne, elle n'existait pas avant de prendre la mesure.

Alors là, normalement, ça doit envoyer, c'est-à-dire que quand vous comprenez, parce que là, il faut être courageux pour tenir, d'un point de vue scientifique, cet argument-là, parce que toute l'épopée scientifique a été quand même portée par le fait qu'on savait tout et qu'on saurait tout un jour.

Et là, Niels Bohr, qui est quand même… il a été le premier, ça c'est pour la petite historique, l'histoire de la physique quantique, il a été le premier à comprendre qu'au niveau subatomique, c'est-à-dire au niveau des particules, les lois n'étaient pas les mêmes.

C'est-à-dire qu'avant lui, il y a eu Einstein et Max Planck, et encore Max Planck, lui, il ne l'a pas fait exprès, enfin, il ne croyait pas du tout à ses résultats, le seul à avoir pris vraiment en compte les résultats de Max Planck, ça a été Einstein, qui a apporté un tout petit peu plus loin ses résultats, mais par la suite, le premier vraiment qui a compris que là au niveau atomique, on ne peut pas considérer qu'il y a de nouvelles lois, enfin,

on doit considérer qu'il y a de nouvelles lois, c'est Niels Bohr. Donc, on lui doit vraiment beaucoup et c'est lui qui a du coup développé toute l'interprétation, vous entendrez parler de l'interprétation de Copenhague, donc cette interprétation porte le nom du pays où il est né, tout simplement. Donc qu'est-ce qui se passe ? Ces deux messieurs s'affrontent et donc on n'a pas les moyens si vous voulez à l'époque de dire si l'un ou l'autre a raison et suivez bien parce que ça vaut vraiment le coup.

On ne peut pas savoir si l'un ou l'autre a raison. En 1935, va sortir le plus beau texte scientifique que personnellement j'ai jamais lu. Le paradoxe EPR qui va être écrit par Einstein, Podolsky et Rosen est un papier, qui doit faire un tout petit papier, très synthétique. Il doit y avoir trois équations gras au maximum, aucune référence, aucune référence.

D'habitude, quand vous faites des papiers, vous renvoyez à des références, aucune référence. Parce qu'Einstein, qui était persuadé qu'il avait raison, et il avait raison de continuer dans cette démarche-là, il a dit, OK, très bien, vous voulez jouer à ça, ça marche. Alors, dans ce papier, j'ai créé une expérience de pensée, parce qu'il était très fort pour ça, je vais créer une expérience de pensée, et dans cette expérience de pensée,

si on admet ce que vous dites, ça veut dire que des particules peuvent être intriquées. Et si des particules peuvent être intriquées, soit ça veut dire qu'il y a de l'information qui peut être transmise plus vite que la vitesse de la lumière, ce qui était interdit par la relativité, qu'il avait pondue juste avant, soit... Mais alors là, c'est impensable. Soit c'est impensable.

Ca veut dire que les deux particules, étant intriquées, ne forment qu'un. Donc ce papier EPR montre que les lois mécaniques quantiques autorisent la formation de particules intriquées. Deux photons, par exemple, qui ont interagi entre eux dans le passé, puis se sont éloignés l'un de l'autre, conserverait la possibilité d'échanger des informations. Toute modification d'une propriété d'un des photons est immédiatement transmise à l'autre photon.

C'est ce qu'on appelle l'intrication quantique. Alors, je vais vous lire un petit quelque chose, parce que ça remet un petit peu dans le cadre, et ça me semble vraiment important. Alors, la physique quantique a buté pendant de longues années sur toutes les tentatives de considérer les particules comme des objets indépendants du vide, considérés comme l'absence d'énergie, de matière et de rayonnement, et séparables les uns des autres.

Les nouvelles notions de physique, donc les quanta, les corrélations, l'intrication, l'incohérence, sont au contraire fondées sur la reconnaissance qu'il n'existe aucune chose dans la matière, mais seulement des processus dynamiques de structuration et d'estructuration qui sont interactifs.

Ne prenez pas tout. Si vous ne comprenez pas tout, c'est pas grave. mais il y a des informations que vous allez capter qui sont vraiment importantes. Une expérience. Laboratoire de physique de l'université de Genève, été 2008. Dans une salle obscure du sous-sol, deux photons jumeaux, minuscules flashes de lumière, sont émis simultanément par la même source, à 200 000 km secondes.

Leur route se sépare lorsqu'ils s'engagent dans deux fibres optiques connectées au réseau téléphonique suisse. L'un file en direction de l'ouest, l'autre fonce à l'est. Après un voyage éclair de 17 kilomètres à travers leurs fibres, les photons arrivent très exactement en même temps à leur destination respective dans deux laboratoires improvisés au sein de stations-relais de l'opérateur Swisscom.

Les dispositifs imaginés par les physiciens suisses proposent alors à chacune des deux particules de lumière de faire un choix, donc infographie. Et c'est ici que la magie opère. Alors qu'ils n'ont aucune possibilité de se concerter, les deux photons font en même temps exactement le même choix.

Ils semblent agir par télépathie, instantanément, malgré les kilomètres qui les séparent. Pour qui assiste à l'expérience, le phénomène a quelque chose de complètement fou. Un phénomène proprement quantique, bien connu des physiciens sous le nom d'intrication.

Le phénomène d'intrication revient à dire que deux particules arrivent à communiquer instantanément, c'est-à-dire plus vite que la vitesse de la lumière, comme si l'information était téléportée. Prédit par la théorie depuis les années 1930, ce phénomène semblait impossible, et pourtant, il est testé avec succès depuis les années 1980.

Et là, encore plus fort, pour s'assurer que le phénomène fonctionne dans chaque direction de l'espace, je peux vous dire que ça c'est quelque chose qui a tellement révolutionné, parce que ça dépasse complètement l'entendement, que personne n'y a cru, personne n'y a cru, et du coup on a refait les tests, donc là vous allez voir, on a fait les tests un nombre de fois incalculables, donc pour s'assurer que le phénomène fonctionne dans chaque direction de l'espace, l'équipe de Nicolas Gisin à

l'Université de Genève a répété l'expérience sur 24 heures, donc pendant toute une rotation terrestre entre deux villages suisses et ceux avec succès. Si la téléportation a une vitesse, elle est, d'après l'expérience, d'au moins 100 000 fois celle de la lumière.

Pour Nicolas Gisin, c'est donc comme si la corrélation entre les deux particules surgissait depuis l'extérieur de l'espace-temps. En physique quantique, on considère, aujourd'hui, que deux photons intriqués ne font qu'un.

D'accord ? Lorsque vous avez cette intrication qui est présente, ça induit, en fait, ce qu'on appelle la non-localité. D'accord ? C'est-à-dire qu'on pensait, jusqu'à présent, que tous les phénomènes physiques étaient locaux.

qu'un événement qui se passe à un certain endroit ne peut pas agir sur des phénomènes qui sont distants, qui sont trop éloignés, parce qu'il n'y a rien qui les relie. D'accord ? Donc on parle de localité.

Et ces phénomènes d'intrication mettent à mal le concept de localité. Pour essayer d'expliquer donc le paradoxe EPR, il nous faut remettre en cause la vision classique du monde microscopique. En effet, la situation pose problème car nous considérons les deux photons comme des entités distinctes possédant des propriétés locales. Par contre, le paradoxe n'en est plus un si nous considérons que les deux particules forment un système avec des propriétés non localisées dans l'un ou l'autre des photons.

Donc, comme je vous disais, pour Einstein, la physique antique doit décrire le réel dans ses moindres rouages. C'est ce qui l'a amené à dire que Dieu ne joue pas au dé, et Niels Bohr lui, du coup, lui répondait, mais monsieur Einstein, qui êtes-vous pour dire à Dieu ce qu'il doit faire ?

c'était un petit peu l'ambiance qu'il y avait. Donc cette expérience donc jusqu'à présent donc voilà donc aucune expérience ici n'est à l'époque capable de prouver l'existence ou l'absence de l'intrication par rapport à ça.

Donc là on a vu que ce monsieur, John Stuart Bell, en 1964, a compris que le débat, en fait, de Bohr et d'Einstein pouvait être… on pouvait vraiment départager les deux. C'est-à-dire qu'à l'époque, on ne voyait pas trop comment parce que c'était vraiment métaphysique, Et là, lui, il était persuadé qu'on pouvait le faire et donc convaincu et voulant soutenir en fait la cause d'Einstein, parce que lui, il était du côté d'Einstein,

il s'est dit je vais prendre, je crois qu'il a pris une ou deux années sabbatiques parce qu'il travaillait au CNRS, uniquement pour se consacrer à la mise en place d'un protocole qui pourrait trancher pour de bon d'un point de vue scientifique cette question. Ce n'est pas pour rien que cet infusion nord-irlandais, connu principalement pour son théorème et les inégalités qui en découlent, ce résultat est considéré comme l'un des plus importants en physique quantique au XXe siècle, notamment en ce qui concerne les théories

dites à variables cachées, locales et non locales. Les variables cachées, je vous rappelle, ce sont les variables dont parlait Einstein, qu'il prédisait qui nous permettraient de connaître les rouages.

Et donc c'est là, en 1981, que l'équipe d'Alain Aspé et son équipe, donc Philippe Grangier, Gérard Roger et Jean Dalibard, vont réussir à fabriquer une source produisant des paires de photons intriqués, puis à étudier leurs propriétés.

Les résultats obtenus, justement, vont venir violer les inégalités de Bell. C'est-à-dire que, ce qui veut dire que la physique quantique, dans l'explication de Niels Bohr, a raison.

Il existe bel et bien des paires de particules intriquées, c'est-à-dire des particules dont la propriété reste liée, quelle que soit la distance qui les sépare. Moi j'étais trop petit à l'époque, j'avais un an quand ça a eu lieu, mais c'est rare quand même que dans l'histoire on connaisse un chamboulement aussi fort parce que les implications de la non-localité elles sont tout simplement énormes c'est à dire que la vision que l'on a des distances et des relations entre les particules est complètement complètement bouleversée

donc les deux particules même distant de plusieurs kilomètres se comportent qu'on a un système unique. Alors, qu'est-ce que ça veut dire, ça ? Ça veut dire que par rapport à des particules intriquées, vous en voyez, donc vous faites cette émission, il y a deux photons qui partent de chaque côté.

Quand vous faites une mesure sur une particule qui est à 100 000 km là-bas, vous avez exactement la même réponse de l'autre côté. Mais nous, dans notre tête, dans notre façon de penser les choses, c'est le fait d'avoir mesuré là-bas qui a entraîné la réponse de l'autre côté.

Et ce que vous dit la physique quantique, c'est que vous ne pouvez pas considérer lors de la mesure que vous mesurez deux objets différents. Vous mesurez un système. C'est un seul objet. Donc ils sont séparés de milliers de kilomètres, mais ils constituent un seul objet.

On ne peut pas les différencier. A aborder, c'est quand même assez déroutant. Jean Guitton, qui est un philosophe et écrivain français, nous dit quelque chose de vraiment pertinent. Il nous dit « Nous avons eu l'habitude de considérer comme réaliste des objets séparables les uns des autres.

Cela n'est plus vrai pour les particules de la théorie quantique. Je me permets de soulever une question audacieuse et pour l'être, elle l'est. On peut se demander si même pour des phénomènes à l'échelle des observations humaines, il est concevable de séparer tel objet de tous les autres, s'il ne forme pas avec tous les autres un ensemble cohérent. Est-il correct d'isoler cet objet et de le considérer pour lui tout seul ?

on pourrait poser la question, quelle est la réalité à privilégier d'abord celle du phénomène détaché de l'ensemble, celle du phénomène total ou complet ? Ce qu'il y a de sûr, c'est que la non-séparabilité nous fait prendre conscience de l'interaction, de l'interdépendance de tout ce qui existe.

OK. Tout le monde est là, encore ? Right. Deuxième étape, le second monsieur qui vient ici c'est Ilya Prigogine, donc c'est un physicien chimiste belge d'origine russe qui a reçu un prix nobel de chimie en 1977 pour sa contribution à ce qu'on appelle la thermodynamique du non équilibre et plus particulièrement pour la formulation de la théorie des structures dissipatives. Je vais vous lire ce qu'il disait lorsqu'il a été interviewé par rapport à ça.

Donc là c'est Prigogine qui parle, il nous dit qu'au cours des dernières décennies, une nouvelle science est née, la physique des processus de non-équilibre, cette science a conduit à des concepts nouveaux tels que l'auto-organisation et les structures dissipatives qui sont aujourd'hui largement utilisées dans des domaines qui vont de la cosmologie jusqu'à l'écologie et aux sciences sociales, en passant par la chimie et la biologie.

La physique de non-équilibre étudie les processus dissipatifs, on va y venir, qui sont caractérisés par un temps unidirectionnel et ce faisant, elles confèrent une nouvelle signification à l'irréversibilité.

L'irréversibilité ne peut plus être attribuée à une simple apparence qui disparaît si nous accédions à une connaissance parfaite. Elle est une condition essentielle de comportement cohérent de milliards et de milliards de molécules.

Selon une formule que j'aime à répéter, la matière est aveugle à l'équilibre, là où la flèche du temps ne se manifeste pas, mais lorsque celle-ci se manifeste loin de l'équilibre, la matière commence à voir.

Sans la cohérence des processus irréversibles de non-équilibre, l'apparition de la vie sur la Terre serait inconcevable. La thèse selon laquelle la flèche du temps est seulement phénoménologique est totalement absurde. Ce n'est pas nous qui engendrons la flèche du temps, bien au contraire, nous sommes ses enfants.

Pour la grande majorité des scientifiques, la thermodynamique devrait se limiter de manière stricte à l'équilibre. Pour eux, l'irréversibilité associée à un temps unidirectionnel était une hérésie. Après mon exposé, dit-il, le plus grand expert en la matière fit le commentaire suivant.

Je suis étonné que ce jeune homme soit tellement intéressé par la physique de non-équilibre, les processus irréversibles sont pourtant transitoires. Pourquoi alors ne pas attendre et étudier l'équilibre comme tout le monde ? J'ai été tellement étonné que je n'ai pas eu la présence d'esprit de lui répondre, mais nous aussi nous sommes des êtres transitoires.

N'est-il pas naturel de s'intéresser à notre condition humaine commune ? Contrairement au système soit à l'équilibre, soit proche de l'équilibre, les systèmes loin de l'équilibre ne conduisent plus à un extrêmum d'une fonction telle que l'énergie libre ou la production d'entropie. En conséquent, il n'est plus certain que les fluctuations soient amorties. Il est seulement possible de formuler les conditions suffisantes de stabilité que nous avons baptisé critères générales d'évolution.

C'est bon, c'est bon. Ce critère, là c'est bon, revenez. Ce critère met en jeu le mécanisme des processus irréversibles dont le système est le siège. Alors qu'à l'équilibre et près de l'équilibre, les lois de la nature sont universelles, loin de l'équilibre, elles deviennent spécifiques.

Elles dépendent du type de processus irréversible. Cette observation est conforme à la variété des comportements de la matière que nous observons autour de nous. loin de l'équilibre, la matière acquiert de nouvelles propriétés où les fluctuations et les instabilités jouent un rôle essentiel, la matière devient active.

Je suis désolé pour la longueur du texte, mais franchement, ça tabasse. C'est vraiment... Donc, il nous explique effectivement dans ce principe là que les phénomènes qui sont dynamiques vont avoir une propension à s'éloigner de l'équilibre parce que c'est dans cet éloignement que certains événements vont pouvoir apparaître et qui ne peuvent pas apparaître proches de l'état d'équilibre. D'accord ?

Je vous ai parlé des structures dissipatives. Un système dissipatif, c'est un système qui évolue dans un environnement avec lequel il échange de l'énergie ou de la matière. Tout simplement. D'accord ?

C'est un système qui est ouvert. Et comme il est ouvert, c'est un système qui est forcément loin d'un équilibre thermodynamique. D'accord ? Ce qu'on avait dit, la conservation de l'énergie, c'était lié à un système isolé, vous vous rappelez ?

Alors que là, on parle des structures dissipatives et nous, en tant qu'êtres vivants, nous sommes des structures dissipatives, c'est-à-dire que nous échangeons de la matière et de l'énergie avec notre environnement, du coup nous répondons à ces principes de non-équilibre dont nous parle Prigogine.

Un autre élément qu'il faut connaître, c'est que justement, Prigogine avec Kachalsky, ils ont démontré, au travers des travaux qu'ils ont fait après 1917, qu'un système vivant biologique fonctionnait nécessairement loin de son état d'équilibre.

C'est ce qu'ils ont appelé les phénomènes oscillatoires autour de ce point d'équilibre. Alors tout à l'heure, je reviens juste pour vous montrer, tout à l'heure quand on a parlé de l'attracteur, vous vous souvenez, quand on repense aux structures dissipatives, on voit qu'ici, vous avez des mouvements qui se créent, et que les valeurs oscillent autour d'un point d'équilibre, mais qu'ils ne contactent jamais. Donc le point d'équilibre, il serait ici là.

Et vous voyez bien que dans cette structure dissipative, le système va loin de l'équilibre, alors au début il va là, et de proche en proche, il va de plus en plus loin, de plus de plus en plus loin, sans jamais croiser le centre.

D'accord ? Hop, ça c'est bon, et ça c'est bon. Donc ça c'était un petit hommage à un biologiste que j'ai beaucoup beaucoup apprécié et qui n'a pas eu la renommée qu'il méritait, c'était Jean Rostand, un très grand biologiste, et qui disait que le non-équilibre, il disait que le non-équilibre est la voie la plus extraordinaire, que la nature était inventée pour coordonner les phénomènes pour rendre les phénomènes complexes possibles.

Alors, maintenant on va passer à la dernière étape. Dans un article intitulé, vous avez le titre, ce monsieur, Herman Nijhout, il démontre que l'idée voulant que les gènes, on revient à la biologie, que les gènes contrôlent les fonctions biologiques nous a été séréné depuis si longtemps que les scientifiques ont oublié qu'il s'agissait en fait d'une hypothèse et non d'un fait établi.

Lorsque le produit d'un gène est nécessaire il est activé par un signal de l'environnement et non pas par une propriété du gène. Ensuite vient en 2006 Bruce Lipton Je vous en avais déjà parlé en 2016.

Ce monsieur a fait un travail remarquable. C'est un biologiste cellulaire. Et ce monsieur, en fait, il nous annonce une grande révolution qui est à l'origine de la révolution de l'épigénétique dont vous avez tous entendu parler, d'accord ? Et il nous annonce qu'une cellule peut vivre sans son noyau d'accord ?

J'ai bien dit, peut vivre sans son noyau mais ne peut pas survivre sans son interface avec l'environnement, sa membrane. Et dans l'expérience qu'il a faite, les noyaux, ils ne vivent pas deux heures, ils vivent de l'ordre de deux à trois mois.

D'accord ? Parce qu'à l'époque, on était persuadé que c'était vraiment le gène qui contenait le cerveau, et que sans le noyau, finalement, le gène ne pouvait pas vivre. Donc là, il a généré une transformation de paradigme très très très très fort.

Parmi les informations intégrées par cette cellule, à côté des protéines messagères, des ions traversant des canaux d'échange, on admet la pensée et l'intention comme des messages reçus par la cellule. Du coup je vais vous faire une très courte synthèse de la façon dont il a transformé le dogme tel qu'on le connaissait.

Donc par rapport à ce Le dogme central, qui est aussi appelé primauté de l'ADN, définit comment l'information circule dans les organismes vivants. Comme les flèches l'indiquent, l'information circule dans une seule direction, c'est-à-dire uniquement de l'ADN à l'ARN qui lui-même va vers la protéine.

L'ADN représente la mémoire à long terme de la cellule, transmise de génération en génération. L'ARN quant à lui copie éphémère de la molécule d'ADN et la mémoire active utilisée par la cellule comme matrice physique pour synthétiser les protéines.

Les protéines sont des éléments constitutifs de la structure et du comportement de la cellule. L'ADN est présumé être la source qui contrôle le caractère des protéines de la cellule d'où le concept de la primauté de l'ADN qui signifie cause première.

D'accord, donc ça c'est vraiment le dogme dans lequel nous étions avant l'avènement de l'épigénétique. Dans un deuxième temps et après quelques transformations de paradigmes, voilà ce que l'on obtient.

On parle du coup de la primauté de l'environnement. La nouvelle science révèle que l'information L'action contrôlant le vivant commence par un signal de l'environnement qui, à son tour, contrôle la liaison entre les protéines régulatrices et l'ADN.

Les protéines régulatrices dirigent l'activité des gènes. Les fonctions de l'ADN, de l'ARN et des protéines sont telles que décrites dans la graphique illustrant la primauté de l'ADN.

Celle qu'on a vue juste avant. Il faut par contre noter que le flux d'informations n'est plus unidirectionnel comme tout à l'heure. Dans les années 60, Howard Temin a remis en cause le dogme central lors de l'expérience qui révélait que l'ARN pouvait circuler dans le sens contraire et réécrire l'ADN.

Tout d'abord ridiculisé évidemment pour cette hérésie, Temin devait recevoir plus tard un prix Nobel justement pour sa description de la transcriptase inverse, le mécanisme moléculaire qui permet à l'ARN de réécrire le code génétique.

Il est notoire que des changements dans la molécule d'ADN, comme l'ajout ou le retrait de composés du groupe des méthyls, influencent la lésion de protéines régulatrices. Les protéines doivent également être capables d'inverser le flux d'information prévu, puisque les protéines d'anticorps des cellules immunitaires contribuent à changer l'ADN des cellules qui les synthétisent.

La taille des flèches indique que le flux d'information n'est pas le même. De sévères restrictions s'imposent dans l'investigation du flux d'informations ce qui empêche le génome de la cellule de changer radicalement. Par rapport à la définition qu'on a donnée de l'homéostasie au départ Alors, on se rend compte que l'homéostasie répond à des contraintes qui restent relativement proches finalement des valeurs d'adaptation de l'organisme, c'est-à-dire que quand vous testez par exemple la glycémie,

que vous testez la température, qui reste dans des fourchette, on est vraiment dans une dynamique autour duquelle les valeurs peuvent s'imposer. Donc il n'y a pas, comme on l'entend souvent, de rapport entre l'homéostasie et l'équilibre.

L'équilibre, quand on parle d'équilibre, on parle vraiment d'arrêt, et les valeurs contenues dans votre organisme ne s'arrêtent jamais et elles ne doivent surtout pas s'arrêter. C'est pour ça que ces structures, ces attracteurs étranges sont là, c'est pour justement éviter de stagner sur une seule valeur parce que cette valeur là signifierait l'arrêt.

Donc pour définir l'homéostasie, on dirait que c'est un phénomène par lequel un facteur clé donc que ce soit la glycémie, la température, est maintenu autour d'une valeur bénéfique pour le système considéré. C'est-à-dire que quand on parle d'homéostasie en général, on considère un seul système.

Et ça, ça se fait grâce à un processus de régulation que vous connaissez. La notion d'homéostasie met en avant la dimension de l'environnement. La façon dont on nous a présenté l'homéostasie fait un focus beaucoup trop important et qui ne rend pas hommage à la définition qu'avait donnée Canon, on a un petit peu oublié l'environnement et on considère que le corps est autosuffisant et que les choses se régulent uniquement à l'intérieur et que ce qu'il y a à l'intérieur est autosuffisant.

Et ça, par rapport à tout ce que je viens de vous montrer, on ne peut plus le considérer de cette façon. Il faut le considérer de façon beaucoup plus dynamique, dans un rapport permanent avec les éléments de notre environnement.

Donc un système homéorhétique, lui, se caractérisera par un comportement dynamique qui sera de type ondulatoire, qui va osciller autour d'un état stable sans jamais y converger. D'accord ? Donc ce phénomène de non-équilibre est vraiment très important à comprendre parce que c'est dans le fait d'aller chercher loin de son point d'équilibre que vont aller s'ancrer des éléments constitutifs de notre développement.

Quand vous faites de l'hormèse, c'est uniquement ce que vous faites, c'est-à-dire que vous amenez votre organisme loin de son équilibre, loin de sa zone de confort, d'accord ? Et quand vous l'amenez suffisamment loin, vous créez des réactions de régulation dans votre corps que vous ne pouvez pas obtenir si vous restez trop proche du point d'équilibre.

D'accord ? C'est un petit peu l'image, la caricature, l'équilibre de la personne qui va rester dans son canapé. D'accord ? Elle est équilibrée. Elle est bien assise, bien installée. Par rapport à la personne qui va aller, comme Mike Horn, d'accord ? va aller chercher les choses très, très loin de l'équilibre.

Et je pense que dans le premier cas, enfin, dans le cas de Mike Horn, la santé sera beaucoup, beaucoup, beaucoup plus importante. Et du coup, par rapport à ça, je voulais juste vous montrer deux photos que j'avais montrées lors du dernier stage qu'on avait fait, qui sont des images que l'on voit très souvent sur Internet et qui montrent finalement la façon dont on a vulgarisé l'homéostasie et qui ne tient pas compte de cette dynamique dans laquelle le vivant

peut s'exprimer. Le premier, c'est celui-là. Je ne sais pas si vous le voyez, mais je vous le lis parce que vous ne voyez pas grand-chose. Je vous le lis. C'est marqué l'homéostasie ou comment mon corps se guérit par lui-même.

On vous donne la définition qui est classiquement donnée. tout système vivant laissé à lui-même, en l'absence de perturbations, revient spontanément à l'état d'équilibre. Est-ce que ça vous parle ?

D'accord donc là on a beaucoup beaucoup de choses à revoir. Déjà tout système vivant laissé à lui-même, non, on ne laisse pas un système vivant laissé à lui-même parce que le système vivant fait lui-même partie d'un autre système beaucoup plus grand que lui, qui est son environnement.

Donc si vous voulez que le corps revienne et qu'il trouve son homéostasie, qu'il revienne à ses valeurs, vous devez tenir compte de l'environnement dans lequel vous le faites. Parce que c'est cet environnement qui va permettre que les mécanismes d'autorégulation agissent. Et la deuxième chose, bon là ça va être assez flagrant pour vous, L'homéostasie c'est l'équilibre.

Je ne peux pas faire mieux. Ok, alors du coup on va finir avec ça, parce que là j'entends plus personne donc je ne sais pas s'il y a encore des gens. Donc on va finir, on va faire une petite synthèse dans lequel justement moi je vous propose ma façon de voir un petit peu la santé et donc je vous propose un nouveau paradigme dans lequel un nouveau paradigme dans lequel ce n'est plus le vivant qui est soumis à ses symptômes mais le corps qui est au service de toutes les dimensions du vivant.

D'accord donc là on reprend l'image de Mike Horn que je disais, c'est à dire qu'on ne subit plus, on n'est pas là à se dire que nos Les symptômes, les maladies sont des choses qu'on a subies. Notre corps est vraiment au service de quelque chose de plus grand et qui nous permet de faire des choses.

Ensuite, réconcilier avec le symptôme dont on a plus peur quand c'est un allié majeur pour nous aider à aller loin et de préférence loin de l'équilibre. Un paradigme où, finalement, il faut être suffisamment en bonne santé pour avoir des symptômes.

Parce que quand on prend l'exemple de la fièvre, on se rend compte que la fièvre, c'est un mécanisme qui demande un niveau de vitalité extrêmement important pour créer l'entropie nécessaire à la fièvre. Je parle d'entropie parce qu'on ne crée pas de l'énergie, on ne fait que la transformer.

Par contre, on crée de l'entropie. La fièvre, comme tous les autres symptômes, pour pouvoir s'exprimer, doivent aller puiser dans une certaine vitalité. Pour moi, il faut être en suffisamment bonne santé pour pouvoir exprimer des symptômes.

Ce qui est complètement l'inverse de notre façon de raisonner aujourd'hui. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, si vous avez un symptôme, c'est que vous êtes malade. Ensuite, un paradigme où la santé n'est plus indexée aux symptômes ou même à la maladie, mais plutôt au niveau d'adaptabilité.

Donc une personne qui sera en santé serait une personne qui s'adapte, tout simplement. Quelqu'un qui s'adapte facilement. Plus une personne s'adapte, plus elle sera en santé. Et moins elle a des capacités d'adaptation, quels que soient les niveaux, plus on pourra considérer effectivement que sa santé...

Un paradigme où on va chercher la santé, du coup, le plus loin possible de son point d'équilibre. Et ça, c'est typiquement l'hormèse, d'accord ? C'est-à-dire que nous vivons dans une culture où on a confondu les besoins avec le confort, d'accord ? Et donc nous sommes dans quelque chose de beaucoup trop confortable et notre organisme a besoin d'être stimulé.

Il a besoin d'être amené loin de son point d'équilibre, loin de ses zones de confort, pour générer des mécanismes d'adaptation et pour pouvoir préserver et stimuler la vie. Enfin, un paradigme où l'inverse de la santé n'est pas la mauvaise santé, mais bien la mort.

Parce que comme je vous l'ai expliqué, la santé, pour moi, elle se traduit vraiment dans cette oscillation, d'accord ? Et à partir du moment où vous revenez au centre et que vous êtes équilibré, ça veut dire que ça ne bouge plus, ça veut dire que vous êtes mort.

Donc l'équilibre, pour moi, c'est un référentiel autour duquel oscillent des mécanismes de vie. D'accord ? C'est-à-dire qu'il y a ce point d'équilibre qui est important, parce que c'est un repère, autour duquel on va osciller.

Plus vous arriverez à osciller loin, plus, pour moi, vous serez en santé. Et ensuite, donc, vraiment... Ah mince, pardon. Un paradigme où on pense le vivant de façon dynamique dans lequel le seul système irréductible et l'univers.

Vous avez une hypothèse qui est très connue, qui est l'hypothèse Gaia, je ne sais pas si vous en avez entendu parler, qui justement traite de ce phénomène d'homéorésie, sauf que eux, ils s'arrêtent en fait à la planète Terre.

Ils considèrent que, effectivement, il faut considérer la planète Terre comme un organisme vivant qui génère des régulations, et moi je ne vois pas en fait pourquoi il faudrait s'arrêter à la planète Terre.

Parce que par rapport à ce que je vous ai dit par rapport à l'expérience d'ASPE, par rapport à ce que a démontré Prigogine, nous voyons bien que tous les éléments avec lesquels nous interagissons en tant que structure dissipative, donc en dehors de la Terre, je prendrai juste le Soleil, d'accord, le rayonnement solaire est une condition indispensable pour que justement tous les éléments chimiques puissent se mettre en oeuvre dans l'organisme et sans compter tout ce que nous ne connaissons pas encore. Il y a tous les autres

rayonnements cosmiques aussi avec lesquels nous interagissons et avec lesquels nous ne connaissons pas encore tous les effets. Donc, par rapport à l'intrication quantique que je vous expliquais tout à l'heure, il y a un monsieur qui s'appelle Marc Lachaiseret qui avait écrit un bouquin justement avec Étienne Klein, qui s'appelle l'Unité...

je ne sais plus trop, et dans lequel justement lui, alors lui c'est un astrophysicien, lui il soutenait justement l'idée que le seul système que l'on pouvait étudier, c'était l'univers. Parce qu'il considérait que justement, dans le passé, toutes les particules se sont intriquées les unes avec les autres, et que donc elles sont devenues inséparables.

Donc si on veut mesurer un système, nous sommes obligés de mesurer rien de moins que l'univers. Dernière chose, l'image que j'ai moi par rapport à la santé, c'est un petit peu l'image d'un boomerang.

Ce boomerang en fait, Vous savez quand vous avez un boomerang, vous le lancez, il revient normalement, et il a au travers de sa structure, la façon dont il est fait, ça lui confère une fonction dans laquelle il garde une information pendant tout le trajet que vous l'envoyez pour lui dire de revenir.

Donc c'est-à-dire qu'il va partir loin tout en maintenant cette information et il va revenir. La santé, pour moi, elle se joue dans ce trajet entre le point d'équilibre et la zone la plus éloignée de l'équilibre.

Plus vous allez loin par rapport au non-équilibre, tout en maintenant l'information de revenir, c'est comme une élastique que vous tirez sans la casser, mais juste avant, et vous revenez, plus vous serez en santé.

Et le but de l'hormèse, c'est justement de travailler systématiquement, d'éloigner de plus en plus cette distance-là. Par rapport au non-équilibre, il y a une image que j'aime beaucoup, et je vous laisserai sur ça.

C'est l'image du... On utilise souvent le cœur, parce que c'est aussi une structure dissipative. Imaginez-vous au collège ou au lycée, imaginez que vous retombez face à votre premier amour. Et là, vous sentez que votre cœur...

« Pa-pom, pa-pom, pa-pom, pa-pom, pa-pom, pa-pom. » Vous sentez que ça commence à cogner, ça cogne, ça cogne. Le corps commence à réagir parce qu'il s'éloigne de son point d'équilibre.

Et vous, vous sentez que ça commence à remuer. Et plus vous vous éloignez du point d'équilibre, c'est-à-dire plus le cœur bat pour essayer de rétablir l'équilibre, plus vous vous sentez en vie. Parce que l'émotion que vous ressentez dans ces moments-là, j'espère que tout le monde l'a ressenti, ce sont des émotions où on n'a jamais ressenti autant la vie en nous.

Parce que vous étiez en train de vous éloigner de votre point d'équilibre. Donc l'émerveillement, tout ce qui nous mène vers la vie doit vraiment s'éloigner au maximum du point d'équilibre. Et ce sentiment, essayez vraiment de vous le représenter quand vous allez le vivre, quand vous sentez votre cœur battre par rapport à des choses qui vous font vibrer, ne ressentez que le fait que finalement vous êtes vivant.

D'accord ? Et comme on parle de cœur, Alors, s'il y a une chose que vous devez retenir par rapport à tout ça, c'est que ce sont vraiment à partir des valeurs du cœur, comme on l'a vu là, que vous tirerez toute votre puissance et que c'est au travers de l'humilité que vous obtiendrez la connaissance.

Je vous remercie beaucoup pour votre attention....

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