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Rencontres de la Régénération 2019 : Le vivant EST son environnement avec Pierre Etchart (partie 1)

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L'équipe RGNR
54 vues • Publiée le 31/07/2019

Cette première partie de la conférence de Pierre Etchart aux Rencontres de la Régénération 2019 pose les bases d’une réflexion sur ce qui distingue les règles des principes. Les règles, explique-t-il, sont des interprétations humaines qui évoluent avec les savoirs du moment, alors que les principes sont des lois de la nature qui fonctionnent indépendamment de toute époque et de tout paradigme culturel.

Pierre Etchart aborde ensuite la différence entre savoir et connaissance : accumuler de l’information sans la tester par l’expérience ne produit pas de connaissance utilisable. Il illustre ce point avec l’analogie des 2 100 gigaoctets de musique qu’on n’écoutera jamais, pour montrer que la quantité de données stockées ne remplace pas la compréhension vécue. Il distingue également ce qui est compliqué de ce qui est complexe, et introduit les apports de la physique quantique comme une révolution conceptuelle, et non une simple évolution de la physique classique.

La conférence prend ensuite un tournant concret avec une analyse détaillée des différents types de douleur : somatique, neuropathique, idiopathique et psychogène. Pierre Etchart s’appuie sur des cas cliniques, notamment celui de personnes incapables de ressentir la douleur, pour montrer que la douleur est un signal de survie indispensable. Il introduit alors une distinction centrale entre la douleur, qui est physiologique et inévitable, et la souffrance, qui est la relation culturellement construite que l’on entretient avec cette douleur.

La dernière partie aborde la notion de nourriture au sens large : les échanges humains de qualité, la présence, le contact réel avec les autres constituent une forme de nourriture dont l’absence pousse à surinvestir la dimension alimentaire. Pierre Etchart conclut cette partie en posant le corps comme un allié dont les symptômes sont des informations utiles, et non des problèmes à supprimer, ce qui ouvre sur une forme d’autonomie vis-à-vis des réponses extérieures.


📑 Au programme de la vidéo


Transcription de la vidéo

Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.

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Bonjour, ravi de vous retrouver pour cette seconde journée des rencontres de la régénération. On avance dans ces rencontres de la régénération, et aujourd'hui, ça a été le samedi des rencontres, on a eu un petit bouleversement de programme. Normalement on devait avoir une intervention de mon ami Pierre Etchard le matin, et puis une intervention de mon ami Patrick Fontaine l'après-midi.

Il se trouve que Patrick n'a pas pu se rendre aux rencontres, Ce qui fait que c'est bien tombé d'ailleurs, parce que Pierre avait énormément à nous partager, beaucoup plus que simplement ce qu'il avait pu partager durant les deux premières heures du matin, et ce qui fait qu'on a eu deux interventions de Pierre Etchard, donc deux parties que je vais scinder en deux parties tellement c'est dense et tellement ça demande du temps pour être intégré.

Alors Pierre d'ailleurs, il le rappelle dans sa conférence, on s'est rencontrés il y a déjà pas mal d'années, 4-5 ans même de mémoire maintenant, il le dira lui-même dans la conférence, Et on peut dire que c'est quelqu'un qui a eu et qui a toujours une énorme influence dans mon chemin, dans mon travail.

Pierre, à la base, c'est quelqu'un qui est officiellement avec une étiquette étiquetée comme ostéopathe, qui est avant tout un chercheur, un chercheur avide de vérité, et qui m'a interpellé dès le départ en s'intéressant beaucoup plus au pourquoi des choses qu'au comment des choses.

Vous savez, on est une civilisation qui est obsédée par comment faire ceci, comment jeûner, comment faire des jus, et la question lui qui pose, qui est en amont, c'est pourquoi jeûner ?

Alors tu vas dire, parce que c'est bien, est-ce que c'est bien tout le temps ? Est-ce que c'est bien dans l'absolu ? Et ramener chaque fois au principe et non pas à des recettes.

Et on peut dire que c'est vraiment la personne qui m'a le plus aidé à sortir de l'esprit de la recette, la recette étant l'application d'un principe dans les circonstances individuelles d'un individu pour arriver vraiment aux principes, aux fondamentaux. Et lui, la question qu'il nous pose dans cette première partie, c'est qu'est-ce qu'on dit quand on dit ce que l'on dit ?

Qu'est-ce que ça veut dire ça ? Par exemple, tu parles de santé. Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que c'est que la santé ? Non, parce que tu dis que tu veux la santé, mais c'est quoi ?

Parce que si on ne s'accorde pas sur les mots, on ne peut pas communiquer, on ne peut pas avancer. Quel est le rapport entre alimentation et nourriture ? Parce qu'on confond les deux la plupart du temps.

Est-ce que c'est la même chose ou est-ce que c'est deux choses bien différentes ? Douleur et souffrance. Et vous allez voir que dans ce distingo réside l'autonomie. C'est parce que l'on confond ces mots, parce qu'il n'y a pas d'éthique au niveau du langage, que l'on se fait balader complètement avec des recettes qui ne sont souvent pas adaptées pour nous et qu'on navigue en plein flou.

Alors, dans cette première partie de conférence, Pierre nous amène vraiment de la lumière, de la clarté sur des notions sémantiques qui sont essentielles quand on veut s'intéresser à la santé. Et surtout, il essaye de nous montrer pourquoi la santé est quelque chose de simple et complexe à la fois, mais qu'on en a fait quelque chose de compliqué.

Compliqué pourquoi ? Parce qu'on nage en plein flou. Parce qu'il y a un jargon qui a été utilisé, qui n'a jamais été défini, et qui est réservé à une certaine forme d'élite qui le manie sans même peut-être savoir à quoi ça correspond, et que finalement nous on nage en plein flou et on se fait balader.

S'il voulait reprendre le pouvoir, il s'agit bien en amont des pratiques de revenir à nos systèmes de pensée, nos systèmes de croyance et ce que nous disons, les mots que nous utilisons, le verbe créateur.

Alors, il en est là, dans cette première conférence on va s'intéresser aux mots. Et vous allez voir, c'est une plongée incroyable, et vraiment je pèse mes mots.

Il va falloir peut-être prendre un peu de temps pour rentrer dedans, mais je vous garantis que dans cette conférence vous allez trouver vraiment des perles. Je vous donne rendez-vous pour la seconde conférence, la seconde partie de l'intervention de Pierre qui sera diffusée dans deux jours.

Et je vous souhaite un bon visionnage, une bonne découverte. Et c'était vraiment avec un immense plaisir que je partage ces moments intenses que nous avons vécus pendant les rencontres de la régénération.

*** Applaudissements *** Alors, ok, tout le monde m'entend bien, ça va ? Bonjour à tous ! Alors, effectivement comme l'a dit Thierry, je suis vraiment très très très content d'être avec vous aujourd'hui, d'abord parce que j'ai beaucoup de choses à partager avec vous, mais surtout parce que les éléments que l'on va aborder aujourd'hui sont des éléments qui sont à la mesure de ce que je travaille le plus en ce moment, c'est-à-dire qu'en général,

quand je fais des interventions, quand je donne des formations, on m'attribue souvent le statut de personne qui fait ce qu'on appelle de l'hormèse intellectuelle. D'accord ? C'est-à-dire que... Moi, ce qui me passionne le plus dans les cours en général, c'est une forme d'enseignement qu'on appelle l'épistémologie.

L'épistémologie, c'est une étude critique de la science où l'on essaye de comprendre pourquoi est-ce qu'on apprend ce qu'on apprend et pourquoi est-ce qu'on l'apprend de cette façon-là. Aujourd'hui, je vais vous parler de certaines choses qui ne sont que le résultat de mon cheminement.

Je n'ai rien à vous... Je n'ai aucun élément pour vous... Je ne suis pas là pour vous convaincre, je ne suis pas là pour vous faire croire certaines choses. Le seul objectif de mon intervention, c'est de vous aider à obtenir des éléments concrets pour que vous puissiez, à votre échelle, réfléchir sur votre relation au savoir.

D'accord ? Alors, pour ce faire, j'aimerais diviser mon intervention en deux parties. La première partie va être très liée à l'histoire qu'on a eue avec Thierry, dans laquelle je vais questionner le lien qu'il peut y avoir entre l'éthique et le discours.

On va voir au travers de cette première partie que l'éthique, comme on l'entend, ne se fait pas comme on le croit habituellement dans les actes, dans ce que l'on fait, mais qu'il intervient bien en amont dans notre façon de dire les choses.

Quand nous nous sommes rencontrés avec Thierry, les premiers éléments qui nous ont véritablement rapprochés ont été des problèmes, on va dire, sémantiques. Lorsque j'ai assisté à son premier stage, je sentais qu'il y avait un décalage assez important entre ce qu'il voulait dire, ce qu'il disait et ce que les gens comprenaient.

Et comme je voyais véritablement avec le recul que j'ai par rapport à ce qu'il cherche à transmettre, je voyais vraiment que ce qu'il cherchait à dire était profond et important. Donc par rapport à cette démarche, mon objectif a été d'essayer de donner une certaine discipline dans la sémantique, savoir de quoi on parle, pour réduire cet écart entre lui et son public.

Donc ce que je vous propose dans cette première partie, c'est de cheminer un tout petit peu. J'ai décidé de vous amener cinq éléments sémantiques extrêmement importants, qui sont les cinq éléments qu'on a travaillé avec Thierry durant notre relation.

Et ces éléments-là, on va essayer de les aborder pour comprendre de quoi on parle exactement. Dans cette première partie, les liens entre l'éthique et le discours, et nous allons commencer avec un fait très très très important.

En linguistique, il y a une hypothèse, d'accord ? Ce n'est pas un fait, mais c'est une hypothèse qui est très largement débattue, acceptée par une grande partie des personnes qui travaillent en linguistique, on vous explique que la façon que nous avons de construire notre monde, nos représentations, dépend des mots et de la sémantique que l'on utilise.

C'est-à-dire qu'en fonction de votre vocabulaire, vous allez pouvoir déterminer le monde dans lequel vous vivez. Et c'est très important de comprendre ça parce qu'on a tendance à vivre à l'envers. C'est-à-dire qu'on considère que le monde on le capte tel qu'il est et que c'est à partir de ce monde-là qu'on va créer un vocabulaire.

Cette hypothèse-là nous dit totalement le contraire. Ce qui veut dire qu'en fonction des mots que vous allez développer dans votre vocabulaire et de ce qu'ils signifieront, vous allez pouvoir vous créer des mondes qui sont différents.

Vous savez, par exemple, que pour les Inuits, ils ont à peu près une cinquantaine de mots pour décrire le mot blanc, parce qu'ils sont dans un environnement qui est totalement blanc, Mais pour nous, le blanc, c'est blanc, à part pour les peintres où il y a le blanc cassé, le blanc macré, tout ça. Mais en tout cas, eux qui sont dans un environnement totalement blanc, ils ont une cinquantaine de dénominations pour décrire le blanc.

Donc vous comprenez bien que quand vous avez 50 mots pour décrire le blanc, vous ne vivez pas dans le même monde que quand vous en avez un ou deux. Donc c'est sur ce principe-là qu'on va aller et qu'on va étudier cinq termes qui sont très, très, très usuels et qui sont très, très, très mal utilisés.

On va commencer par celui avec lequel on a commencé avec Thierry, ce sont les règles et les principes. Alors, que nous dit le dictionnaire ? Une règle, c'est ce qui est imposé ou adopté comme ligne directrice de cette conduite.

Cette formule indique ce qui doit être fait dans un cas déterminé. Le principe, lui, c'est une cause première, c'est-à-dire Le synonyme d'un principe, c'est le fondement, l'origine, la source.

Les règles et les principes sont très souvent confondus et on prend des principes pour des règles et vice versa. Et il faut faire très attention parce qu'aujourd'hui, nous sommes guidés essentiellement dans notre culture par des règles et non pas par des principes.

Les principes qu'essaie de vous transmettre Thierry depuis un petit moment sont justement des éléments sur lesquels on n'a pas d'élément que l'on puisse imposer aux gens. Au niveau de la règle, c'est une généralisation d'une compréhension relative et réductrice du vivant et de ses besoins.

Pourquoi ? Parce que les règles ne sont que la conséquence de l'interprétation humaine, c'est-à-dire que lorsqu'on crée une règle, c'est lié et c'est totalement relatif à ce que l'on croit savoir à l'instant T par rapport aux éléments que l'on a en notre possession. C'est-à-dire qu'il y a un siècle, on n'avait pas les mêmes savoirs, donc on ne dictait pas les mêmes règles aux gens, et aujourd'hui on a des savoirs qui sont complètement différents et du coup, les règles évoluent plus ou moins.

Mais les principes, eux, n'ont aucun lien, aucune interaction avec l'interprétation intellectuelle. Elles sont là, elles sont là de tout temps, et elles fonctionnent tout le temps.

Donc, par rapport aux principes, c'est une compréhension du fonctionnement intrinsèque de la nature et la façon dont nous interagissons avec elle. Pour essayer de synthétiser un petit peu ça, on va considérer que la règle, c'est la loi des hommes et que le principe, c'est la loi de la nature.

Si on veut aller encore un tout petit peu plus loin, on va dire que les règles, c'est ce qui va nourrir l'ego et la domination parce que c'est à partir des règles qu'on on va imposer une ligne de conduite aux gens ou à d'autres êtres vivants.

D'accord ? On va leur dire quoi faire. Alors que le principe qui, lui, n'est dicté que par rapport à la compréhension de la nature, elle va nourrir l'humilité. Parce que les principes de la nature vous font bien comprendre que votre intellect n'a pas d'impact sur la façon dont les principes agissent sur le vivant et si on va être encore plus fin, plus subtil, on dira que la règle c'est ce que l'on nous impose et que les principes c'est ce qui s'impose à nous.

Par rapport à ça, il faut bien comprendre que la différence entre les règles et les principes génère des quiproquos très importants, notamment dans ce qu'on appelle l'enseignement. Il faut faire une différence, un distinguo entre enseigner et transmettre.

Moi j'aime à dire que je ne fais pas d'enseignement, je ne fais que de la transmission. Pourquoi ? Il y a beaucoup de gens qui vont dire que c'est pareil. Justement Non, parce que l'enseignement, c'est lorsqu'on veut faire passer des règles.

Quand on enseigne, on dit aux gens ce qu'ils doivent penser, d'accord ? C'est le principe même de l'école. Ce n'est pas une critique, c'est juste un constat. À l'école, on vous enseigne des règles, on vous dit que les choses sont comme ça.

Alors que la transmission, c'est lorsqu'on aborde les principes. Donc on n'enseigne que des règles et on ne transmet que des principes. D'accord ? Donc moi je vous invite de plus en plus à essayer d'être humble par rapport à ce que vous croyez savoir, à vous remettre systématiquement en question notamment par rapport à vos enfants et d'essayer justement d'être plus dans une transmission avec cette humilité plutôt que dans l'enseignement et donc d'être un petit peu finalement dans la domination.

La deuxième partie, en tout cas le deuxième terme, ça va être la différence entre savoir et connaître. Encore une fois, que nous dit le dictionnaire ? Et vous allez voir que même dans le dictionnaire, on voit des choses, on sent que les personnes qui ont écrit ne sont pas forcément très au clair.

Pour le savoir, on nous dit que c'est un verbe transitif, avoir présent à l'esprit, quelque chose que l'on identifie et que l'on tient pour réel, pouvoir affirmer l'existence d'eux.

Et on vous donne comme synonyme connaître, alors qu'on va voir que ce n'est pas du tout la même chose. Connaître, on vous dit, pareil, c'est un verbe transitif, et là on dit que c'est se faire une idée claire, se faire une idée claire et on dit connaître un fait.

Connaître quelque chose c'est en avoir l'expérience et c'est ça la clé. C'est-à-dire qu'on est sur un élément là, l'expérience, c'est ce qui va véritablement définir ce qu'on appelle la connaissance. Pour aller un petit peu plus loin là-dessus, j'ai créé un système pyramidal pour étayer un petit peu ça.

Il y a trois ans, j'avais fait une conférence qui s'appelait « Obtenir de la connaissance plutôt que de l'information ». Parce que ce sont ces trois éléments-là c'est pourquoi il faut relier l'information, le savoir et la connaissance.

En bas, vous avez l'information. Cette information est sur un plan purement énergétique. L'information, c'est ce qui est contenu dans ma voix, C'est ce qui est contenu dans les livres, sur Internet, à la télé, partout. Il y a de l'information absolument partout. Mais les savoirs sont rattachés aussi aux croyances.

Et le savoir, là j'attire vraiment votre attention, contrairement à l'information, il est dans un seul endroit le savoir. Le savoir, il est au niveau de vos circuits neuronaux. C'est votre système nerveux, d'accord, qui, transmettant les informations au cerveau, va générer le savoir.

D'accord ? Donc, ne venez pas me dire qu'il y a du savoir dans les livres, qu'il y a du savoir à la télé ou qu'il y a du savoir ailleurs. Le savoir, il est dans les circuits neuronaux.

Le savoir est rattaché aux croyances Parce que justement, on va voir, c'est lié à l'étape suivante. Du coup, le savoir et les croyances sont soumis aux règles, c'est-à-dire un petit peu aux dogmes.

Parce que les règles sont toujours un petit peu dogmatiques. Et on ne peut pas comprendre cet étage si on ne passe pas à l'étape suivante. Et l'étape suivante, c'est la connaissance.

La connaissance, je vous ai expliqué que le savoir était dans vos circuits neuronaux. La connaissance, quant à lui, est dans tout votre corps et dans votre lien à l'univers. C'est-à-dire que c'est l'expérimentation de votre savoir qui va transformer une croyance en expérience.

Et à partir de ce moment-là, toutes les cellules de votre corps, en relation avec l'univers, vont acquérir de la connaissance. Et cette connaissance-là, personne, absolument personne, ne peut la relativiser.

Personne ne peut vous dire que ce que vous connaissez est bon, n'est pas bon, n'est bien, n'est vrai, faux, absolument pas. Toute expérience est personnelle et elle est vraie. Donc, l'information est partout, le savoir dans les circuits neuronaux, et une fois que l'intégration se fait au niveau du cerveau, vous avez ce savoir, vous savez que la seule façon d'obtenir de la connaissance,

c'est de tester ce savoir au travers de l'expérimentation. Donc cette connaissance, au travers de l'expérience, elle fait finalement appel au principe. C'est-à-dire que lorsque vous expérimentez, vous testez, vous stressez votre savoir, vous confrontez finalement votre savoir aux principes de l'univers.

Et c'est là où il va y avoir un détachement et que vous allez vous rendre compte que peut-être que les règles qu'on vous a apprises sont un petit peu loin des principes. C'est-à-dire qu'on vous apprend quelque chose, c'est dans vos circuits neuronaux, ça fait Vous avez compris le raisonnement qu'on veut vous apporter.

Très bien. Vous rentrez chez vous et vous vous dites « J'ai appris une règle, je sais quelque chose, donc je vais l'expérimenter. » Je l'expérimente et je me rends compte qu'au final, ce n'est pas exactement ce qui était attendu.

Alors là, il y a deux possibilités. Soit vous dites que votre expérience est mal faite ou qu'elle n'a pas vraiment d'importance parce que la règle dans notre culture, c'est la règle. Soit vous considérez qu'effectivement dans cette règle, il y a une subtilité qui n'intègre pas la spécificité de votre être en relation avec les principes.

Et à mon avis, c'est la bonne démarche à suivre. Vous devez vous fier uniquement à la connaissance pour tester la quantité de savoir que vous pouvez cumuler durant votre vie. Et du savoir qui n'est pas transformé en connaissance, ça reste de l'information.

D'accord ? Parce que vous restez dans quelque chose qui n'est pas utilisable en termes de principe donc vous restez à un niveau qui est, on va dire, informationnel. C'est un petit peu comme, j'avais un ami encore la semaine dernière qui était tout content parce que dans son ordinateur il avait rentré, je ne sais pas combien, il avait 200 gigas de musique stockée, donc il était super content, il avait l'intégrale de tout le monde.

Je lui ai dit mais peut-être que tu n'auras jamais le temps d'écouter tout ça. Il m'a dit oui mais bon je les ai. Et on est un petit peu dans cette démarche, c'est-à-dire que d'en avoir plein de nos armoires, c'est un petit peu ça, on cumule des éléments parce qu'on a l'impression que plus on en a, plus on a envie d'en avoir plus.

Donc, d'un point de vue pratique, il vaut mieux avoir peu de savoir que vous transformez en connaissance plutôt que de cumuler une grande quantité de savoirs, c'est-à-dire apprendre par exemple des bouquins par cœur sans les tester au travers de l'expérience parce que finalement ce savoir cumulé, il redeviendra de l'information.

Par rapport à l'information, il y a aussi un autre élément que je voulais vous donner, c'est que notre cerveau est une véritable éponge et que la majorité des informations de notre environnement sont traitées de façon inconsciente.

Ça c'est très important de le comprendre parce que les interactions qu'il va y avoir entre votre cerveau et votre environnement va dicter la façon aussi dont votre cerveau et vos neurones vont s'organiser et se connecter.

Lorsque vous êtes dans un environnement où il y a beaucoup d'informations inutiles, je vous donne un exemple. Quand vous êtes dans un supermarché et que vous restez dans un rayon, votre cerveau va traiter une quantité astronomique d'informations, mais qui pour lui, par rapport à sa façon de fonctionner, ne lui servent à rien.

Donc vous allez occuper de l'espace et vous allez faire mouliner votre esprit en fait pour rien. Autant quand vous êtes dans la nature par exemple, vous captez des informations inconsciemment par rapport aux rayonnements, par rapport à l'atmosphère, par rapport à tous ces éléments qui sont utiles parce qu'il y a un échange dynamique permanent entre votre corps et l'environnement, mais dans un supermarché vous n'avez pas ça.

Donc si vous êtes dans une démarche où vous voulez aussi cumuler de la connaissance de façon je dirais pratique mais surtout efficace, soyez vigilant sur votre environnement même quand vous avez l'impression que vous ne lui portez pas attention.

Parce que même quand vous fermez les yeux, votre corps capte des informations. Donc le lieu où vous êtes est toujours très très important. Alors, il y a un autre élément aussi par rapport au savoir et à la connaissance.

J'ai eu cette discussion il n'y a pas plus tard qu'hier. Il y a un phénomène très important et qui, moi, me semblent assez graves, qui arrivent là depuis l'ère d'Internet. Et ce n'est pas le fait en soi qui est grave, mais c'est ce qu'il cache derrière.

Vous avez sur Internet, notamment sur YouTube, mais aussi dans la presse, énormément de personnes et de groupes qui remettent en question beaucoup de choses que l'on a cru savoir jusqu'à présent.

Vous en avez tous entendu parler, on remet en question... Alors, ce que je vous dis là, le but ce n'est pas de dire si c'est vrai ou c'est pas vrai. Moi je vais au-delà de ça et je vais vous parler vraiment de ce qui me gêne.

Vous avez tous entendu parler des personnes qui remettent en question l'histoire, l'ère jurassique, le fait d'avoir été sur la Lune, le fait que la Terre soit ronde, tous ces éléments là, il y a beaucoup beaucoup beaucoup de sites, notamment aux Etats-Unis, c'est quelque chose qui a pris des proportions hallucinantes. Vous avez toute une communauté en fait qui considère que la terre est plate et que et que tout ce qu'on nous raconte en fait c'est des bêtises.

Donc comme je vous l'ai dit, je vais pas débattre sur ça, on pourra mais en dehors. Moi ce qui me pose problème là dedans, c'est pas eux parce qu'eux ils ont tout à fait le droit de faire ça, et moi, ça me convient parfaitement.

Au contraire, moi, plus on questionne, plus j'apprécie ça. Par contre, ce qui me gêne, c'est la réaction des gens. Il y a deux choses.

La première, c'est que vous avez des personnes qui réagissent de façon complètement disproportionnée et qui font des vidéos de réaction avec une espèce d'autorité psychologique sur tout le monde en expliquant qu'en gros, par exemple, pour prendre l'exemple de la Lune, on a été sur la Lune, et il dit non mais on a été sur la Lune, c'est sûr. Mais sans forcément argumenter.

Et ces gens-là viennent et on a l'impression, parce que moi je ressens vraiment une espèce de tension, de malaise quand ils font leurs vidéos, parce que ces gens-là ils s'agacent, ils s'énervent. Parce que quand ils parlent des platistes, comme ils les appellent, ils s'agacent et ils ont une espèce de méprise vis-à-vis de ces gens-là.

Je ne comprends pas en quoi ils sont méprisables. Ils se posent des questions, ils ont le droit de penser ce qu'ils veulent, et du coup je me demande si le but de la vidéo des gens qui viennent casser un petit peu ces gens qui remettent en question tout ça, c'est véritablement de donner une source de réflexion constructive pour que les gens puissent raisonner d'eux-mêmes et se rendre compte effectivement que ça peut être une bêtise de penser ça, Ou si c'est plutôt une façon de se rassurer.

Parce que si vous êtes sûr de ce que vous savez et qu'il n'y a pas de problème, vous êtes cool, vous êtes paisible et vous amenez votre raisonnement, votre déroulement. Et quand vous êtes paisible avec ce que vous savez, vous êtes respectueux.

Vous n'avez pas besoin de considérer que les gens qui ne pensent pas comme vous, même si ça vous paraît aberrant, sont des imbéciles. D'accord ? Donc déjà là, pour moi, il y a quelque chose de problématique.

Et la deuxième chose, c'est les autres personnes, donc nous finalement, qui devons nous positionner par rapport à ça. Lorsqu'on vous dit par exemple, écoutez, franchement on vous a raconté des bêtises, la Terre elle n'est pas ronde quoi, alors pour x raisons, elle est plate.

Comment vous réagissez face à ça ? Et ça, ça soulève un problème très important, Et ça a été d'ailleurs soulevé très récemment par Étienne Cléant au travers de plusieurs ouvrages qu'il a édités, qui soulèvent le problème qui est que nous ne savons pas comment nous avons su ce que nous savons.

C'est-à-dire que nous savons beaucoup de choses, on nous a enseigné beaucoup de choses, d'accord, c'est-à-dire que vous étiez capable de dire que la Terre était ronde, Mais pour la plupart, nous n'allons pas être capables de dire comment nous l'avons su.

Et c'est là qu'est le piège. Parce que si effectivement, au lieu de nous instaurer des règles et nous dire c'est comme ça, on nous avait enseigné le cheminement au travers duquel les scientifiques dans l'histoire sont arrivés à ce raisonnement et à ce résultat-là, il n'y aurait pas de débat.

Il n'y aurait pas de débat. Donc moi, je trouve que ces personnes-là, qui viennent remettre en question énormément de faits de notre histoire, je trouve que c'est symptomatique, mais je trouve que c'est surtout excellent.

Je trouve que c'est une très bonne chose parce que ça met en avant ce problème que nous avons par rapport au savoir qui fait que nous ne savons pas pourquoi nous savons ça. Et du coup, on n'a pas de quoi argumenter.

On est complètement démunis. Donc quand quelqu'un va nous dire ça, soit il a un aura incroyable, il fait une super vidéo avec de la musique et tout ça, et donc on a envie d'y croire, soit on est complètement soumis aux vagues des croyances et des modes.

Et ça, c'est valable pour tout, absolument pour tout. Donc là, je pense qu'il y a un problème méthodologique auquel il faut que l'on repense tous, absolument tous, Pour savoir, parce que ce sont quand même des événements, des éléments qui nous déplacent nous en tant qu'êtres humains dans l'univers, parce que de savoir qu'une Terre est plate ou qu'elle est ronde, ce n'est pas si informel que ça, c'est important. C'est comme de savoir que l'univers ou même la Terre ou l'univers a 14 milliards d'années ou que la Terre a 6

000 ans, c'est pas pareil. D'accord ? C'est pas pareil. De se dire que l'univers a passé la plus grande partie de son temps sans nous, c'est pas la même chose que de se dire que dès le départ on était là.

Et ça, dans la construction psychique, dans la construction culturelle, c'est fondamental. Parce que là on est au cœur de ce que nous sommes et on ne peut pas être aussi laxiste par rapport à ces événements-là parce que sinon on va complètement perdre la nature de ce que nous sommes et on va être démuni dans la transmission et sur quoi va reposer notre transmission par rapport à nos enfants et à nos futures générations.

Donc, posez-vous la question, pour les éléments importants, de savoir comment est-ce qu'on a su les choses. Et à partir du moment où vous aurez le raisonnement, vous ne pourrez plus vous faire baloter en fonction des modes ou en fonction des nouvelles tendances que telle personne a dit, telle personne a dit.

C'est très, très bien que telle personne dise et que telle personne dise. Mais vous, individuellement, vous devez avoir une forme de discipline dans votre réflexion et dans votre démarche intellectuelle pour ne pas vous faire baloter systématiquement.

Parce que sinon, vous allez être des proies très faciles et vous n'allez faire que suivre des modes et vous n'allez pas avancer. L'étape suivante par rapport à la connaissance, c'est l'éveil. Et l'éveil, c'est ce qui correspond à la transcendance.

Là, je ne m'y étendrai pas. Il y a un élément aussi important par rapport à la connaissance, c'est la différence qu'il Tous les éléments dont je vous parle là sont vraiment des éléments du quotidien et qui ont un impact important sur tout ce que nous utilisons dans notre développement personnel. Quelle est la différence entre compliqué et complexe ?

Parce que ce sont des termes qu'on utilise tout le temps et qui ne veulent pas du tout dire la même chose. Je vous lis juste un petit extrait d'un bouquin que j'aime beaucoup qui s'appelle les systèmes complexes mathématiques et biologie de Hervé Zwirn.

Je vous lis juste son passage parce que je trouve qu'il est très éloquent pour différencier justement la complexité de ce qui est compliqué. Il nous dit qu'un poste de télévision, c'est indéniablement un système compliqué.

Il est cependant possible de comprendre comment ça fonctionne et de suivre toutes les étapes qui mènent de l'onde hertzienne captée par l'antenne à la production d'une image et d'un son. Nous dirons que ce système est compliqué mais non complexe si, comme pour un poste de télévision, il est possible de l'analyser en le décomposant en parties plus simples, en identifiant la fonction de chacune de ses parties et en déduisant le fonctionnement du système global de la combinaison des fonctions de chacune de

ses parties. Pour un poste de télévision, on peut ainsi identifier une fonction de détection du signal, une fonction de séparation de la partie image et de la partie son, des fonctions d'amplification, etc. Une fois compris chacune de ces fonctions, il est aisé de comprendre le fonctionnement global du téléviseur.

Donc là on est vraiment sur le principe réductionniste qui fait que l'ensemble des composants constitue un tout que l'on peut aborder de façon, je dirais, voilà, réductionniste. Donc le tout et la somme de ces différentes parties.

Un système complexe, en revanche, est composé d'un grand nombre de constituants qui interagissent entre eux selon des règles locales et non linéaires et dont aucun sous-ensemble ne réalise de fonction pouvant se comprendre comme une sous-fonction particulière du système global. Tous les constituants concourent simultanément au comportement du système. Donc, ce qui est compliqué, c'est ce qui peut se réduire à l'ensemble de ces constituants pour expliquer le tout.

Et ce qui est complexe, c'est justement ce qui ne répond pas à cette définition. C'est lorsque la somme des différentes parties... Si vous voulez, ce qu'on retrouve au final ne peut pas être défini ou décrit en analysant les différentes parties qui la composent.

Et pour le système vivant, c'est exactement ce qui se passe. Et donc, un dernier élément dans cette partie par rapport à ce phénomène de compliquer et de complexifier, parce que vous vous êtes rendu compte que dans notre culture, on a une fâcheuse manie d'essayer de rendre toujours les choses compliquées.

Et ça, c'est une façon d'enseigner les règles. C'est-à-dire qu'à partir du moment où on veut avoir un peu de domination sur quelqu'un, c'est assez facile, il suffit de rendre les choses compliquées. Parce que si vous rendez les choses compliquées, la personne va avoir l'impression qu'elle n'est pas en capacité de comprendre et à partir de là, ça va légitimer des classes sociales qui font qu'il y en a qui comprennent et d'autres qui ne comprennent pas.

Donc là, il y a un lien de domination très très fort. Et par rapport à ça, il y a un autre terme qui m'est vraiment très très cher, c'est la différence qu'il y a entre vulgarisé et popularisé.

Alors tout le monde a entendu ce terme, vulgarisé, on a des vulgarisateurs hors pair, mais attardons-nous un tout petit peu sur ce que ça signifie véritablement. Parce que moi je considère que Thierry ou même Pierre Dufresne ici ou même David Tan ne font pas de la vulgarisation.

Et heureusement. La vulgarisation c'est totalement indexé à la vulgarité. Et la vulgarité ça signifie ramener à son plus bas niveau. On prend une en formation et on la ramène à son plus bas niveau.

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que lorsque moi, par exemple, je veux vous transmettre quelque chose et je vais vulgariser, ça veut dire que je vais tellement simplifier ce que je vais vous dire que finalement, ça ne voudra plus dire ce que ça voulait dire au départ.

Et la conséquence, c'est que vous, ça vous tire vers le bas. À chaque fois qu'on essaye de vulgariser quelque chose, le public que l'on a en face de nous, on le ramène vers le bas.

Et quand on le ramène vers le bas en vulgarisant, on rend les choses obligatoirement compliqué. Alors que le terme populariser signifie tout simplement rendre accessible au plus grand nombre. Mais pour ça, vous n'avez pas besoin d'être vulgaire.

Vous n'avez pas besoin de ramener à sa plus basse valeur les éléments que vous voulez transmettre. Quand vous popularisez, vous tenez compte, et c'est là l'important, vous tenez compte de la complexité des éléments que vous voulez transmettre et du coup vous tirez votre public vers le haut.

C'est vraiment important de comprendre ça parce que ce sont des termes que vous allez entendre tout le temps. Et comme je vous l'ai expliqué au tout début, la sémantique, le langage, c'est ce qui va créer votre univers.

Donc si vous acceptez, si on accepte nous dans notre culture de mettre en avant par rapport aux sciences, par rapport au savoir, de mettre en avant uniquement les gens qui vulgarisent parce que c'est exactement ce qui se passe.

Par exemple, on me disait que Étienne Klein, par exemple, que moi j'admire énormément, on me dit que c'est un vulgarisateur au repère, mais jamais de la vie. S'il y en a bien un qui vulgarise pas, c'est lui. Alors là, lui, vraiment, il essaie de tirer vraiment vers le haut tout le monde en faisant très attention à la sémantique et en accordant à chaque terme vraiment toute sa valeur. Donc s'il vous plaît, ne soyez plus vulgaire.

On va tâcher d'aller tous vers le haut. Alors, là il y a un petit passage que j'ai hésité à vous faire mais qui me semble quand même très très important, parce que la vulgarité dont je viens de vous parler, elle est extrêmement explicite dans notre culture et je vais vous le démontrer parce Parce qu'il y a eu trois révolutions fondamentales au XXe siècle.

Il y a eu la physique quantique, il y a eu la relativité d'Einstein et il y a eu la théorie du chaos. Ces trois éléments-là ont transformé considérablement le monde tel qu'on le connaissait auparavant. Ces trois éléments ont été vulgarisés.

Et au travers de cette vulgarisation, on lui a fait dire l'inverse de ce qu'il signifie véritablement. Donc il ne faut pas s'étonner par la suite que les gens ne comprennent rien et se disent que c'est trop compliqué pour eux et ne s'y intéressent pas. Donc on va faire un petit tour d'horizon rapidement pour que vous essayiez de comprendre comment ça se passe.

On va commencer par la physique quantique. Alors, un mot sur la physique quantique, le plus important. On parle de la physique quantique à toutes les sauces. Il y a eu un phénomène de propagation par rapport à la physique quantique, on lui a fait dire tout et n'importe quoi.

C'est devenu un argument commercial, c'est devenu un argument scientifique de méconnaissance carrément de l'infiniment petit. Il y a eu vraiment de tout. Et ça, justement, c'est lié au fait que nous avons vulgarisé les principes même de la physique quantique et que du coup on a pu en faire n'importe quoi.

Un des éléments fondamentaux, mais fondamentaux, Celui-là, vous ne sortez pas d'ici sans avoir intégré ça. Lorsque vous vous intéressez à la physique quantique, et vous avez intérêt de vous y intéresser, si vous vous y intéressez, vous devez accepter une chose, c'est que la physique quantique, qui s'oppose à la physique classique, Et comme dirait Etienne Klein, c'est une révolution et non pas une évolution.

D'accord ? Et là, c'est le piège où tout le monde, tout le monde, mais quand je dis tout le monde, c'est même les scientifiques, tout le monde tombe.

Et c'est un problème sémantique, encore une fois. Une révolution vous oblige à reconsidérer, à restructurer tous vos modes de pensée. La physique quantique n'est pas une évolution, n'est pas un ajustement de la physique classique.

La physique quantique c'est tout autre chose. Ça veut dire que tous les modèles que nous avons pour nous représenter en physique classique, on traduit, on décrit la physique classique, le comportement des éléments physiques, on les divise en ondes et en corpuscules.

Les ondes et les corpuscules ont des propriétés. Le corpuscule, ce sont les objets, on les décrit en physique en termes de vitesse et de position. Quand on connaît la vitesse et la position, on peut décrire cet objet.

Et après, les ondes, qui n'ont pas cette propriété-là, ont d'autres propriétés, notamment la propriété d'interférence parce qu'ils ont des capacités de se superposer. Ce modèle-là, au travers duquel on a construit notre physique classique et qui est tout à valable.

Quand vous rentrez dans le monde microscopique, c'est le trou noir. C'est-à-dire que la plupart des gens vont essayer de comprendre la physique antique à partir de ce qu'ils savent de la physique classique. Sauf que ça ne marche pas.

C'est-à-dire que systématiquement ça va être faux. Parce que le fonctionnement de la physique antique n'a rien à voir. Et il y a une théorie qui a été développée par Louis de Breuil, le seul français de toute la clique de la mécanique quantique de l'époque, qui est la dualité entre ondes et corpuscules, qui signifie non pas qu'au niveau microscopique, les particules fonctionnent soit comme une onde, soit comme un corpuscule, parce que c'est autre chose, mais ce qu'il c'est que les particules ont des propriétés, des propriétés,

qui parfois sont corpusculaires et parfois ondulatoires. Donc, si vous commencez à vous intéresser à la physique quantique, vous devez accepter que tout ce que vous allez vouloir penser ou imaginer, toutes les métaphores qu'on va vous donner, sont fausses. Et c'est là où est le challenge énorme. C'est-à-dire qu'on va vous demander de déconstruire tout ce que vous avez appris jusqu'à présent, déconstruire le monde dans lequel vous venez, pour accepter qu'à une échelle différente de celle que nous percevons, il se passe des choses qui ne se passent

pas à notre échelle. D'accord ? C'est-à-dire que le monde microscopique, ce n'est pas le monde macroscopique à petite échelle. Ok ? Très bien. Par rapport à la physique antique, on va quand même parler de ce fameux principe d'incertitude de Heisenberg.

Werner Heisenberg, on va dire que c'est l'un des grands grands grands pères fondateurs de la physique antique, il a posé ce principe qu'on appelle aujourd'hui le principe d'incertitude que l'on traduit en disant que, au niveau microscopique, on ne peut connaître avec une précision infinie la vitesse et la position d'une particule.

Ceux qui sont intéressés ont certainement déjà entendu ça. Et donc dans cette phrase, vous voyez bien que par rapport à ce que je vous ai dit, il y a déjà un problème.

Parce que la façon dont cette phrase est dite, on ne peut connaître avec une précision infinie la vitesse et la position d'une particule, ça sous-entend que les objets au niveau microscopique ont une vitesse et une position, ce qui n'est pas le cas.

Au niveau microscopique, nous sommes dans des états de superposition, et les notions de vitesse et de position n'ont pas lieu. Ce qui va se passer, c'est que l'appareil de mesure qui est créé par l'humain pour détecter la position et la vitesse de la particule va contraindre, c'est-à-dire que Vous avez votre particule qui se promène, en fait il est étalé dans tout l'espace.

Il est étalé partout dans l'espace, il n'a pas une position ni une vitesse. Et vous arrivez avec votre mesure et vous lui demandez bon, moi je sais que dans mon monde mes particules, enfin mes particules, mes objets, pardon, ont une vitesse et une position.

Donc je te pose l'appareil, je te mesure et dis-moi quelle est ta position. Et là la particule vous regarde et vous dit mais j'ai pas de position. Mais écoute, donne-moi une position. Et là, vous commencez à le stresser, vous le stressez, et au bout d'un moment, la particule, elle va céder et dans un endroit, elle va se localiser.

Et vous allez utiliser cette mesure pour dire quelle est la position. Et ça sera le débat qu'on va avoir par la suite, ça va être un grand, grand, grand débat sur l'interprétation de la physique quantique, est-ce que cette position est intrinsèque à la prise de mesure ou est-ce qu'elle est induite par la mesure ?

Et ce que l'on va apprendre par la suite, c'est ce que je vous dis là. Ce qu'on a appris, c'est que justement, avant que vous preniez la mesure, la particule n'était pas dans la position dans laquelle vous l'avez mesurée.

D'ailleurs, ce principe d'incertitude, il faut aussi, encore une fois, je vous expliquais tout à l'heure. C'est très important quand vous apprenez des choses de savoir comment est-ce qu'on a appris ce que l'on sait.

Et pour comprendre ça, je vais vous expliquer comment ça s'est passé. Heisenberg, en fait, c'est un Allemand. Et lorsqu'il a écrit son premier article pour poser le principe d'incertitude, dans un premier temps, il a vraiment utilisé le terme d'incertitude.

donc je vous ai mis le mot allemand mais mon allemand est très mauvais donc je vais pas vous le traduire puis dans un second temps il a modifié il a parlé d'imprécision et puis finalement il s'est rendu compte que incertitude imprécision ça mettait beaucoup de confusion que ça ne révélait pas a finalement ce que lui voulait dire, et il a finalement décidé à l'appeler indétermination.

Et là, vous voyez bien que la sémantique, elle ne veut plus du tout dire la même chose, parce que quelque chose qui est indéterminé stipule qu'elle ne préexiste pas. Alors que si vous avez une incertitude, ce qui est mis en avant, c'est votre incapacité à la mesurer.

Sauf que Paul Langevin, donc on va en parler par la suite, a fait une traduction, c'était lui qui était chargé des cours à l'époque en France, et lui a fait la traduction à partir de l'incertitude.

Et une fois que c'était mis dans les roues, une fois que c'était mis dans les bouquins, ça s'est répandu comme une épidémie et tout le monde comme un perroquet à parler d'incertitude. Et donc si on veut aller encore plus loin, parce qu'on peut aller beaucoup plus loin, c'est-à-dire que carrément c'est tout le titre « principe d'incertitude » qui n'est pas correct.

Le terme « incertitude » est le terme historique pour ce principe. Le nom de théorème d'indétermination est parfois préféré car le principe ne porte pas sur l'ignorance subjective de grandeur par l'expérimentateur, mais bien sur une impossibilité fondamentale de les déterminer, et même sur le fait que le concept de grandeur précise n'a pas de sens physique.

De plus, ce principe étant démontrable, il s'agit finalement d'un théorème. Je voulais quand même rapidement l'histoire parce que c'est vraiment très intéressant. Le principe d'incertitude est souvent appelé principe d'indétermination.

L'emploi de ces deux termes pour désigner la même notion résulte d'un problème lorsque la traduction en anglais de l'article d'Eisenbach. Bien que la dénomination principe d'incertitude soit la plus usitée, il est nécessaire de parler de principe d'indétermination.

Cependant l'expression s'est répandue à un tel point qu'elle est aujourd'hui acceptée par tous les physiciens. C'est ce que je vous disais, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, même les personnes qui sont du métier, qui travaillent sur ça, reproduisent quand même ça.

Et donc, lorsqu'ils sont amenés à transmettre ça au grand public, ils vous parlent en termes de principe, d'incertitude. Et donc, vous qui n'avez pas toute l'historique et les connaissances autour, vous vous dites, si c'est une incertitude, c'est que c'est une extension, une évolution du système classique.

Et là, vous ne comprenez rien et c'est normal parce qu'il n'y a rien à comprendre parce que ce n'est pas ça, tout simplement. Ce monsieur Paul Langevin, c'est de lui dont je vous parlais, avec lui on va évoquer le deuxième élément, la deuxième révolution dont je voulais vous parler, c'est la relativité d'Einstein.

La relativité d'Einstein, je ne vais pas m'étaler, ne vous inquiétez pas, mais c'est vraiment très important. Elle est composée de deux parties. Vous avez la relativité restreinte et vous avez ensuite plus tard la relativité générale.

La relativité restreinte, elle nous explique le fonctionnement de l'espace-temps alors que la relativité générale, c'est une loi de la gravitation. Donc ce monsieur Langevin, comme vous le voyez, c'est un philosophe des sciences et de physique et pédagogue français, d'accord ? Connu notamment pour sa théorie d'humanitisme, l'introduction de la théorie de la relativité d'Albert Einstein en France.

Donc c'est lui effectivement qu'il a, pour le coup, vulgarisé. Et donc le plan, le fameux plan, l'enjeu 20 valence de réforme de l'enseignement pour l'organisation des congrès soulevés. Bon, ça c'est pas important pour nous.

Donc, dans le cadre de la relativité restreinte, ce monsieur nous a dit, et c'est d'ailleurs encore ce qu'on retrouve dans les cours, dans les cours des étudiants actuellement il me semble, c'est que la théorie d'Einstein démontre que la vitesse d'écoulement du temps dépend de la vitesse de l'observateur dans l'espace. Alors là aussi c'est pareil, et ça Etienne Klein est revenu mais moultes fois dessus et il l'explique parfaitement, c'est que là, d'un point de vue sémantique,

déjà, il y a un contresens, il y a quelque chose là qui ne veut rien dire, parce que la vitesse d'écoulement du temps, ça, ce n'est pas français. D'accord ? Parce que la vitesse, la vitesse, c'est une dérivée par rapport au temps.

Donc vitesse d'écoulement du temps, ça voudrait dire que le temps a un temps par rapport au temps. Non mais, c'est hallucinant. Et ça, ça a été dans des manuels. C'est-à-dire que vous avez des générations d'étudiants qui ont appris ça.

Comment voulez-vous après que… Mais c'est normal que les gens vous disent « non mais la relativité c'est trop compliqué ». Évidemment que c'est trop compliqué, ça ne veut rien dire ça. Ce n'est pas ça que signifie la relativité.

D'accord ? Quand vous le dites comme ça, et ça vous allez le retrouver, vous rentrez chez vous, vous regardez, vous cherchez Relativité, vous allez le trouver. Quand vous lisez ça, ce que vous comprenez, c'est qu'en fait, il y a un temps qui est élastique et dont son écoulement, sa vitesse, va être variable en fonction de la vitesse d'un observateur.

d'accord c'est ça qu'on comprend et en fait c'est pas du tout ce que ça veut dire c'est pas du tout ce que signifie la relativité restreinte la relativité restreinte elle nous dit non pas qu'il y a un seul temps élastique qui va venir se modifier en fonction de la vitesse des observateurs qu'est ce qu'elle nous dit la relativité restreinte elle nous dit qu'il n'y a pas un temps, mais qu'il y a autant de temps qu'il existe d'observateurs. C'est-à-dire que chaque personne, chaque entité, d'ailleurs chaque masse,

d'ailleurs si j'avais eu l'occasion j'aurais vraiment beaucoup aimé vous parler du boson de Higgs parce que ça a mis un énorme coup à cette théorie, c'est-à-dire ça l'a vraiment mis en valeur. Ça veut dire que chaque masse, chaque personne a une montre.

D'accord, nous avons tous une montre. Sauf que comme nous, là, nous nous déplaçons à des vitesses quasi nulles les uns par rapport aux autres, nous avons exactement la même heure les uns par rapport aux autres.

Mais si on se déplace les uns par rapport aux autres à des vitesses proches de la vitesse de la lumière, nos montres respectives vont se désynchroniser. Ce qui fait que si moi par exemple je prends une fusée, je pars à la vitesse de la lumière et je reviens on va dire dans deux ans.

Le temps que j'aurai passé à cette vitesse constante, rectiligne, on va avoir nos membres qui se désynchronisent. Et cette désynchronisation va faire quoi ? Elle ne va pas faire que mon temps va passer moins vite.

C'est juste que que quand moi je vais revenir, vous, vous serez tous morts. Mais pour moi, il se sera passé deux ans. Mais attention, ça ne veut pas dire que moi j'ai vécu plus longtemps ou que vous, vous avez vécu moins longtemps.

C'est juste que nos montres à nous se sont désynchronisées. C'est comme, je ne veux pas vous embrouiller, mais c'est comme si Moi, j'ai été dans votre futur, en fait. D'accord ?

Retenez une chose, c'est qu'il existe autant de temps qu'il existe d'observateurs. Donc il n'existe, au travers de cette théorie, il n'existe que le ici et le maintenant. Vous savez, on vous parle toujours de l'instant présent, on vous parle toujours de vivre l'instant.

Eh bien, la relativité restreinte d'Einstein, elle vous démontre ça par A plus B, qu'il n'existe fondamentalement, d'un point de vue des principes, que le ici. Mais pas que le ici, le ici et le maintenant.

Parce que dire, là je regarde à ma montre que je n'ai pas quelle heure il est, dire que maintenant quelque chose, maintenant je fais ça, pour quelqu'un qui est sur Mars, ça n'a aucun sens.

D'accord ? C'est le ici et le maintenant. Nous vivons dans un espace-temps. Ensuite, le troisième élément dont je voulais absolument vous parler, c'est la théorie du chaos. Alors celui-là, il a pris cher.

Donc tout le monde a entendu parler de cette fameuse expression, les battements d'ailes d'un papillon au Brésil peut déclencher une tornade au Texas. On y reviendra un petit peu plus tard dans ce que je vais vous dire dans la deuxième partie.

Mais ça, c'est typiquement l'expression qui a été vulgarisée à son paroxysme. Et du coup, on en a entendu parler partout. Il y a eu des films, il y des séries, il y a eu des peintures.

Même les politiciens s'en sont servis pour justifier je ne sais pas quoi. Donc c'est devenu une caricature finalement de ce que ça ne dit pas. La théorie du chaos, elle ne nous dit en aucun cas que les batmandels d'un papillon au Brésil peut déclencher une tournade au Texas.

Les batmandels, si c'était véritablement le cas, comme le disait Alain Cohn dans une de ses conférences, si c'était vraiment le cas, on serait tous morts de trouilles et on chercherait les papillons en sortant de la maison pour les éviter.

Non, non, ça ne marche pas comme ça. C'est-à-dire que de s'imaginer que les badmandels vont entraîner une réaction en chaîne qui va amener à une tornade, c'est du délire total. Ce que nous dit la théorie du chaos, c'est que lorsqu'on étudie des systèmes complexes, le moindre élément, le moindre battement d'aile d'un papillon a une influence sur le système.

Mais lorsque vous avez un battement qui se déploie, vous avez énormément d'éléments qui viennent décomprimer ça et qui va transformer ce battement d'aile. Mais il ne va pas lui entraîner, il ne va pas avoir l'information pour entraîner la réaction en chaîne et entraîner une tornade.

Ce que ça veut dire dans cette théorie, c'est que quand on étudie vraiment des systèmes très complexes, le moindre, le moindre, le moindre, le moindre infime élément va avoir des conséquences.

Ce qui fait que, parce que la théorie du chaos est issue de l'étude de la météorologie, en fait c'était étudié par Edouard Norton-Lawrence, et il a découvert au travers de cette théorie du chaos que finalement l'avenir était totalement imprédictible et que la météo, il serait totalement vain de pouvoir le prédire au-delà de 15 jours et encore 15 jours c'est énorme.

Vraiment 15 jours c'est énorme. Et d'ailleurs, j'avais noté un élément qui était très parlant par rapport à ça. Oui, c'était une citation du physicien David Rioul, dans le bouquin Le hasard aujourd'hui, page 171, qui nous explique qu'après 15 jours en météorologie, pour prévoir le temps, il faudrait tenir compte de l'effet gravitationnel qu'aurait un électron situé à 10 puissance 10 années-lumière de la Terre.

Voyez-le, ça c'est à 15 jours, donc vous vous doutez bien que c'est impossible. C'est pour ça que la météo aujourd'hui est aussi imprédictible et que même parfois à deux jours, Météo France a tout faux parce que ça fait référence à des états chaotiques sur lesquels on reviendra qui sont totalement imprédictibles tant ils sont sensibles à ce qu'on appelle les conditions initiales. Lorsqu'on fait dire à ce battement d'ailes qu'il entraîne lui directement ces phénomènes-là comme les tornades, comprenez bien que les

implications ne sont pas les mêmes. On en arrive à ce genre de situation, à ce genre de caricature, où effectivement on va se mettre tous à abattre les papillons pour éviter les tornades. C'est le plus simple.

C'est ce qu'on appelle un argument commercial. C'est une métaphore qui a été utilisée pour vulgariser le phénomène. Tout le monde s'en est emparé, tout le monde l'a utilisé à sa sauce. Mais par contre, faites très attention quand vous l'utilisez, parce que ce n'est pas du tout ce que ça veut dire. Et vous voyez bien que tout ce qu'on est en train de cumuler là, et là je viens de vous parler des trois théories, Ce sont des piliers de la physique actuellement qui sont vulgarisés.

Vous imaginez toutes ces erreurs sémantiques que l'on fait, au final, comment est-ce qu'on peut s'y retrouver ? Quelle est la projection du monde que nous faisons ? Oui. Alors, les questions, on va y aller.

Oui. Alors là, alors là, là, j'ai envie de vous dire, vous me faites rêver. Ah non, mais là... Ah non, mais alors, alors, bravo, bravo, bravo. Là, je suis entièrement d'accord, c'était totalement prévu, Sauf que la seule chose, c'est qu'elle est beaucoup plus subtile et beaucoup plus difficile d'accès.

Et pour l'expliquer, j'aurais été obligé de définir des notions mathématiques comme les axiomes. Et ça, je n'ai pas le temps. Je suis entièrement d'accord, le théorème d'incomplétude de Kurt Gödel, c'est l'un des phénomènes physiques mathématiques les plus importants du XXe siècle.

Je suis entièrement d'accord. D'ailleurs Einstein, la fin de sa vie, lorsqu'il essayait de regrouper la relativité générale et la mécanique quantique, qui est le grand défi de la physique, a passé son temps avec Kurt Gödel parce qu'il avait bien compris que ce gars-là avait compris des choses que personne n'avait comprises et que c'est avec lui peut-être qu'il arriverait à trouver la solution.

Je vous remercie pour cette intervention. Donc, on va... Le théorème... Pardon ? Godel, G-O-D-E-L. Alors, le prochain élément, on va parler d'alimentation et de nourriture.

Alors là, ça me renvoie au 1er stage que j'avais fait avec Thierry. J'avais été assez surpris, assez choqué, parce que lorsque je suis venu, j'avais compris que je faisais un stage sur la santé.

Et finalement, bon, le premier jour, il nous parle d'alimentation. C'est cool parce que l'alimentation, quand même, c'est important. Deuxième jour, alimentation.

Bon, c'est vrai, il y a quand même des choses à dire. Troisième jour, alimentation. Donc là je me dis, on a six jours, on arrive au milieu, comment ça va se passer ?

Donc je suis allé le voir. Je lui ai dit, écoute Thierry, tu ne trouves pas que tu parles beaucoup d'alimentation pour un stage qui est quand même orienté sur la santé ? Je pensais vraiment qu'on avait parlé de santé et non pas de gastronomie.

Et là, il y a eu une petite envraie d'action et effectivement, on a commencé à développer les éléments qui se cristallisaient autour de l'alimentation. Et là, il y a quand même pas mal de choses à dire.

L'alimentation, c'est devenu un problème alors que ça n'était pas un problème au à nous nourrir exclusivement par l'alimentation. C'est-à-dire que notre culture nous a appris à nous nourrir uniquement en consommant. C'est une résultante du formalisme capitaliste qui veut que si vous voulez vous nourrir, vous devez consommer.

Et vous consommez en mangeant. parce que l'un des éléments que j'avais pas du tout réalisé, que j'avais appris lors de la formation que j'avais fait en permaculture il y a quelques années, mais des choses évidentes, c'est que on m'avait fait prendre conscience que tous nos besoins, notamment alimentaires, sont devenus commerciaux.

C'est-à-dire que tous vos besoins actuellement, surtout au niveau alimentaire, il faut payer en fait pour manger. C'est-à-dire qu'on est le seul règne animal à avoir un besoin qui est marchandisé, qui est monétisé.

Ce qui fait qu'on arrive à des situations complètement délirantes. Ça veut dire qu'on fait des métiers qui ne nous plaisent pas, on passe la journée dans des métiers qui ne nous plaisent pas pour avoir un salaire pour pouvoir aller acheter à manger.

alors qu'on pourrait parfaitement utiliser le temps qu'on a pour produire notre propre nourriture, notre propre alimentation, et du coup faire organiser les journées vraiment comme on l'entend. On est dans une espèce de cercle où on est obligé, c'est comme les personnes qui travaillent, les perdus, alors c'est pas un jugement, attention, s'il Il y en a un qui ne juge pas, c'est moi. Les parents qui travaillent ou qui font des heures sup pour payer la loulou.

Je comprends, encore une fois, ce n'est pas un jugement. Mais il faut vraiment réfléchir à la situation. C'est du temps que vous ne passez pas avec vos enfants. En plus, vous allez faire un travail en plus qui ne vous plaît pas forcément.

il y a un circuit là, je pense, qu'il faut qu'on arrive à sauter. Et donc, on nous a appris à nous nourrir exclusivement au travers de l'alimentation. Et le problème, c'est que l'homme, et le vivant en général, a besoin de se nourrir d'énormément d'autres éléments. Et donc, cette alimentation a pris un pas extrêmement obsessionnel, Parce qu'à chaque fois qu'une dimension de l'être ne va pas être nourrie ou va développer des carences, la seule solution que notre cerveau va

considérer parce qu'on lui a appris ça, c'est de compenser d'un point de vue alimentaire. Et vous avez beaucoup de troubles alimentaires qui, de mon point de vue, par rapport à mon d'expérience ne sont que des conséquences de cette carence, de cette dimension à nourrir autre que la pure alimentation. Il y avait une étude de biophysique que je n'ai pas amenée, dont j'avais parlé il y a trois ans, qui effectivement avait révélé que la part alimentaire dans la nourriture de l'humain était de l'ordre de 20%.

On considérait que l'humain, pour être nourri, avait besoin de 20 % d'aliments, ce qui voulait dire qu'il y avait 80 % d'autres formes de nourriture qui restaient complètement à découvrir.

Donc vous imaginez quand même que lorsque c'est de telles proportions, si vous avez 80 % de carence, vous pouvez créer des symptômes derrière qui vont se ruer sur l'alimentation pour essayer de compenser ça.

Donc, il y a un vrai problème, déjà à ce niveau-là, et la deuxième chose, c'est que nous avons une profusion d'aliments dans notre société. Et ça, je vais vous dire, c'est un vrai problème.

Parce que la problématique essentielle, née en siècle, elle s'est complètement inversée. C'est-à-dire que nos grands-parents, et c'est pour ça qu'aujourd'hui, on a du mal un peu à communiquer avec nos grands-parents par rapport à ça.

Nos grands-parents, qui ont connu la guerre, qui ont connu des situations plus ou moins de famine, leur seule priorité, leur seul souci, c'était de pouvoir accéder à de l'alimentation, coûte que coûte.

Il fallait pouvoir alimenter, on disait même nourrir, ses enfants, sa famille, c'était le problème du quotidien. Et aujourd'hui, c'est tout l'inverse. C'est-à-dire qu'aujourd'hui on est dans une situation où nous devons créer des mécanismes où nous serions susceptibles de créer un rapport cohérent et lucide par rapport à une trop grande quantité d'alimentation.

C'est complètement fou parce qu'on est quand même fait pour être porté vers l'aliment, Donc quand il y en a trop, on ne va pas se dire non, il y en a trop, je vais m'arrêter là.

Moi quand je mange quelque chose qui est bon, j'ai beaucoup de mal à m'arrêter, ça continue. Et là aujourd'hui, on est face à une surabondance d'aliments, mais d'aliments énormément transformés. Donc on est face à une situation où à l'époque, pour nos grands-parents, il y avait peu d'aliments transformés et très peu. Donc l'objectif c'était véritablement d'essayer d'en trouver un maximum et aujourd'hui on est à l'inverse, on en a énormément mais avec des qualités toutes relatives.

Donc finalement, vis-à-vis de nous-mêmes mais aussi par rapport à nos enfants, on aurait tout intérêt à les sensibiliser à ce rapport qu'on entretient par rapport à l'alimentation, à ne pas se laisser aller, à comprendre que cette profusion-là elle n'est pas normale, que c'est une construction humaine, et que du coup, il faut avoir un rapport raisonnable.

Et que ce rapport raisonnable, il ne peut s'obtenir, parce que ce n'est pas mettre des gens à la diète, non, non. C'est pour justifier ça, il faut aller explorer les 80 % de nourriture qui nous constituent.

Et c'est là où il y a beaucoup, beaucoup de sujets très épineux actuellement, parce que vous avez beaucoup de gens qui se sont renfermés autour d'une identité alimentaire, autour de certains dogmatismes alimentaires et qui considèrent que le tout est alimentaire.

D'accord ? Donc on ne va pas faire le tour des nourritures parce que j'ai encore pas mal de choses à vous dire, mais la nourriture, pour moi, je vais aller directement à l'essentiel, pour moi la nourriture principale, ça je l'ai toujours dit, la nourriture principale, c'est la qualité d'échange entre les humains.

C'est-à-dire que ce qui va déterminer une grande partie de notre nourriture, c'est la façon dont nous échangeons entre nous. Je parle bien de qualité, je ne parle pas de quantité. Facebook, ça ne compte pas.

C'est-à-dire la capacité, quand vous êtes avec quelqu'un que vous aimez, d'être présent uniquement ici et maintenant, d'accord, et d'être dans un échange véritablement intense, sans barrage, de pouvoir être vraiment là de façon intense, comme si vous alliez mourir deux heures après, d'accord, c'est la dernière personne que vous allez voir où vous vivez intensément.

Mais ça, c'est un élément qui, dans le cadre de la nourriture, me semble vraiment essentiel. Et d'ailleurs, Un des aspects moi qui m'a semblé très pragmatique et que j'ai remarqué c'est qu'à chaque fois que je suis dans des situations où j'échange avec des gens de façon qualitative, par exemple pendant ce festival, je me rends compte que j'ai beaucoup moins faim.

J'ai beaucoup moins faim. C'est-à-dire que la sensation de faim, je pourrais manger, mais parce que je suis gourmand. Mais j'ai pas fondamentalement faim, je pourrais très bien m'en passer.

Et ça, c'est systématiquement à chaque fois que je suis avec quelqu'un et je pouvais par exemple, même un autre exemple, je peux avoir très très faim, je rencontre quelqu'un, il y a un échange intense, la faim est partie, disparue, parce que vous avez nourri votre être et du coup la partie qui se nourrit au travers de l'alimentation n'a plus besoin d'être. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, ces 80 % dont on parle n'existent quasiment pas et qu'on a

une propension à amener à 100 % la dimension alimentaire. Au travers d'un certain dogmatisme en disant que tel aliment est bon, que tel aliment est mauvais. Il y a des aliments qui sont meilleurs que d'autres, je dirais qu'il y a des aliments qui sont plus appropriés que d'autres, mais le fait de dire que les aliments sont bons ou mauvais pour moi est une construction humaine ?

Alors ça, ça peut paraître choquant, mais ce dont on se rend compte au niveau physiologique, c'est qu'effectivement, un aliment, c'est de l'information et qu'une information, d'un point de vue énergétique, elle ne peut pas être bonne ou mauvaise.

Elle est ce qu'elle est. C'est nous qui donnons une connotation. Et ce qui va déterminer s'il est bon ou pas dans notre façon de voir, ce n'est pas l'aliment en lui-même, c'est la façon dont vous allez interagir avec lui. D'accord ?

Et c'est pour ça que je dis souvent, il est préférable de manger un aliment ultra transformer, à dire vraiment dégueulasse, ce que vous voulez, au soleil, avec des amis qui vous aiment et que vous aimez, plutôt que le meilleur produit végétal, le meilleur fruit estampillé, biodéméter, tout ce que vous voulez, dans une cellule au fond du Kazakhstan.

Donc, si vous voulez, l'alimentation c'est quelque chose de très important. Je fais très attention, mais il faut faire attention de ne pas lui donner des propriétés qu'il n'a pas. Et il y a beaucoup de gens qui deviennent un petit peu malheureux parce qu'ils s'obligent à avoir une certaine rigueur au niveau de l'alimentation alors que le principe il est vraiment dans l'échange, dans la transformation.

Et ce qui va conditionner, comme je vous ai dit, ce que vous allez faire de votre aliment, c'est l'état qu'on appelle du terrain mais qui intègre votre environnement. C'est-à-dire que si je mange quelque chose justement en échangeant et en étant dans quelque chose de très dynamique, très joyeux, il y a une dynamique justement dans le corps qui va se créer et qui va extraire les éléments comme vous avez besoin de cet aliment même si cet aliment il est mauvais dans la façon dont on le présente dans notre culture.

Le problème ce n'est pas l'aliment, le problème c'est comment est-ce que nous nous nous comportons, dans quel état d'esprit nous sommes et dans quel environnement est-ce qu'on se projette. Votre environnement là où vous allez manger, là où vous allez vous poser, par exemple vous prenez un fruit ou quoi, le fait de le manger en vous posant au soleil, dans la forêt, dans l'herbe, ou de le manger au bureau, ça ne sera pas la même chose.

D'accord ? Et ça c'est très important de comprendre. Mais à choisir, nous sommes tous parfaitement d'accord, il vaut mieux choisir un aliment brut, le moins transformé possible, car il sera beaucoup plus biodisponible.

D'accord ? Mais il faut le relativiser par rapport à cet élément de bon et de mauvais. Et toute cette façon de penser, de stigmatiser l'alimentation, nous a amené à un truc qui me fait bondir et que vous avez tous entendu, et d'ailleurs qui était le titre d'une des interviews qu'avait donnée Thierry, mais c'était au tout début, je crois que c'était une radio, c'est bon, et le titre c'était « Nous sommes ce que nous mangeons Alors là, permettez-moi de dire que ce n'est pas possible.

Et heureusement, parce que, dis-donc, on serait vraiment dans un sale état. Si, non mais c'est vrai, il faut être vraiment pragmatique. On a porté l'aliment à un tel niveau, on l'a placé à un tel pied d'estale qu'on lui confère la propriété de déterminer ce que nous sommes en tant qu'êtres vivants. Vous vous rendez compte ?

C'est significatif de toutes les dérives que l'on peut rencontrer. Pour en revenir à la nourriture, moi je considère que nous sommes définis beaucoup plus par la façon dont nous interagissons avec les autres êtres vivants et avec la nature, c'est-à-dire c'est dans notre façon d'interagir que dans la façon ou dans ce que l'on mange.

Moi ça me paraît vraiment évident. Donc je me permets effectivement de dire que nous ne sommes pas ce que nous mangeons. Et il ne faut pas chercher à être ce que nous mangeons. Si vous avez le droit, à un moment donné, de manger ce qui vous fait plaisir, que ce soit considéré bon ou pas bon, on s'en fiche.

Vous vous faites plaisir et vous n'êtes pas cet aliment-là. Parce que derrière cet argument-là, il y a quelque chose qui est extrêmement culpabilisateur. Vous êtes beaucoup plus que vos aliments. On ne peut pas vous réduire à ce que vous mangez. Et donc on en revient à des citations qu'on retrouve très très très répandues sur internet de ce genre, disant qu'il est évident que la nourriture normale de l'homme est végétale.

Là on confond nourriture et alimentation, parce que l'aliment c'est vraiment ce que l'on mange, La nourriture sont tous les éléments qui prédisposent au développement du vivant. Donc là, c'est comme si on disait que tout ce dont l'homme a besoin pour vivre, c'est du végétal.

Donc vous vous enfermez dans un cercueil à 6 mètres sous terre, avec de l'herbe autour de vous, et c'est bon. C'est tout ce dont vous avez besoin. Ah mais c'est ça que ça veut dire.

Il faut faire très attention. Il faut faire très très attention. Par contre, il est évident que l'alimentation la plus adaptée, parce que normes, pour moi, ça n'existe pas, il n'existe pas de normes, il est évident que l'alimentation la plus adaptée de l'homme est plutôt végétale.

Voyez la nuance ? Je trouve qu'on est beaucoup plus juste et la construction mentale que vous allez faire au travers de cet effort sémantique va être beaucoup plus porteur et du coup votre comportement par rapport aux aliments, par rapport à vos habitudes va complètement changer. Ok Alors Là on va attaquer une grosse partie j'espère que vous êtes toujours là Génial.

Génial. Applaudissements Alors, là on va attaquer une partie où on va parler de la différence qu'il y a entre la douleur et la souffrance. Il y a toute une série de PowerPoints là que j'ai mis parce que je ne pose jamais les choses comme ça, de façon brute.

Je ne vous dis pas les choses parce qu'elles sont telles quelles. Je suis obligé de vous donner certains éléments de neurophysiologie. Ne vous focalisez pas. Si vous ne vous retenez pas, ce n'est pas grave.

Mais c'est juste pour vous expliquer qu'il y a un cheminement et que ce que je vous dis est la conséquence un cheminement et que ça sort pas de n'importe où. Donc je vais faire un bref rappel de ce dont on parle, parce que c'est toujours à ça qu'il faut revenir finalement, quand on parle de la terre ronde ou la terre plate ou tous ces trucs-là où on sait plus trop de quoi on parle, on revient aux fondamentaux de quoi il s'agit.

Quand on parle de la douleur, on reprend les bases. La douleur, selon l'international association for study of pain, se définit comme une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle ou décrite en termes d'une lésion.

Donc pour cette définition, il s'agit d'une expérience personnelle qui engage la totalité du sujet et de son système d'intégration dans lequel préexiste expérience, éducation, culture, état intentionnel et émotionnel, circonstances d'apparition. Chacun d'entre nous interprète et exprime la sensation douloureuse à partir de ses expériences passé.

Attendez. Il n'existe pas de frontière nette entre le stimulus et l'intégration qui est faite de cette sensation. Il est donc difficile de faire la part entre la stimulation du corps biologique et la souffrance liée au vécu psychique.

Ça, ce que je vous dis là, c'est ce qui est dit et ce qui est communément enseigné, diffusé, accepté. Et ce que je vais vous montrer par la suite, c'est que je ne suis absolument pas d'accord.

Non, c'est parce que j'en ai senti quelques-uns frémir là. C'est normal, c'est normal. Mais c'est bien que vous frémissiez. C'est bien que vous frémissiez. Alors, de quoi on parle quand on parle de la douleur ?

Il y a différents types de douleurs. On parle de douleurs somatiques. Donc les douleurs somatiques, ce sont les douleurs qu'on appelle non susceptibles. C'est lorsque le système nerveux lui est normal mais qu'il fortement stimulés par une agression qu'on appelle nocive.

Donc ce sont les blessures les plus standards. Nous avons les douleurs neuropathiques. Ce sont les anciennes douleurs de désaffération. Ce type de douleur en fait c'est lorsqu'il y a une lésion du système nerveux. Dans ce cas le système qui transmet le message douloureux, cerveau au nerf périphérique, est défaillant. La douleur est ressentie malgré l'absence de stimuli nocifs.

Donc les exemples de post-amputation en neuropathie diabétique. Ensuite vous avez les douleurs idiopathiques qui sont les douleurs sans origine ou lésion connue type fibromyalgie et ensuite vous avez les douleurs dites psychogènes qui résultent des troubles psychopathologiques tels que l'anxiété.

Ce sont les catégories qui sont faites, ce n'est pas moi qui les ai faites, mais c'est toujours de ça qu'il faut partir. Quelle est l'anatomie des voies de la douleur ? L'ensemble des fonctions physiologiques qui permettent de détecter, caractériser, percevoir une stimulation à potentiel douloureux, qu'elle soit mécanique, thermique, chimique, inflammatoire ou électrique, c'est ce qu'on nomme la nociception.

Vous avez des récepteurs sensitifs qui sont les mécanorécepteurs, pression mécanique, thermorécepteurs, variation de température et les kémorécepteurs liés aux stimuli chimiques. On parle donc des Donc un neurone, c'est une cellule qui possède toute une série de ramifications qui sont appelées dendrites, un corps central, le soma, et une longue tige, que vous voyez ici, qui est l'axone.

L'axone se termine par un bouton qui va permettre au signal de passer d'un neurone à l'autre via ce que l'on va appeler une synapse. On va voir ce que c'est. Une synapse, c'est ce que vous trouvez ici, c'est un espace très fin qui sépare le bouton terminant un axone de la surface d'une dendrite. L'influx électrique que vous voyez ici va en arrivant dans le bouton exciter des vésicules qui vont s'ouvrir, relâchant des molécules appelées neurotransmetteurs qui vont influencer la dendrite située de l'autre côté de la synapse en y créant un courant électrique.

Ainsi, l'espace séparant les deux neurones est franchi par un médiateur chimique qui sert de relais pour les impulsions électriques. Ça c'est la façon dont ça fonctionne de façon basique. Mais il faut le savoir pour comprendre le reste.

Il y a les voies de la conduction sensitive et non-susceptible. Les infus douloureux sont acheminés à la moelle épinière par les nerfs périphériques qui font un premier relais dans la corne postérieure.

Ce n'est pas grave, ne vous inquiétez pas. De là, les fibres croisent et forment le faisceau qu'on appelle spinothalamique. Du thalamus partent les fibres vers trois zones du cerveau qui classent la sensation douloureuse et ces voies correspondent aux voies sensorielles ascendantes.

Je vais vous montrer un schéma après. Cela comprend quatre types de neurones. Vous avez les neurones sensoriels primaires qui se projettent dans la corne dorsale de la moelle épinière, qu'on appelle les couches 1 et 2, et dans le noyau trigemaux.

Leur corps cellulaire est situé dans les ganglions postérieurs. Vous avez ensuite les neurones spinothalamiques, les neurones thalamocortico et les neurones cortico-cortico. Donc là, le contraste n'est pas terrible sur le...

on peut modifier le... Je ne sais pas si ça joue... Bon. Là vous voyez en fait... ah pardon. Là vous voyez ici, vous avez les mécanorecepteurs et les propriocepteurs qui sont qui sont situés partout sur votre corps, au niveau des extrémités, surtout au niveau de la peau.

Ici vous avez donc le neurone de premier ordre qui va venir au niveau de la corne dorsale, qui va passer au niveau du bulbe rachidien, qui va créer, donc c'est le neurone de deuxième ordre, qui va créer ce qu'on appelle une décussation et qui va remonter au niveau du thalamus, là où va être traité l'information, et ensuite il va remonter jusqu'au cortex sensoriel primaire. Les fibres des neurones sensoriels primaires.

Ce tableau est intéressant à savoir pour connaître un principe physiologique. Les fibres issues des récepteurs cutanés sont classées en fonction de leur vitesse de conduction. Les informations qui partent de vos récepteurs à partir de la peau vont remonter jusqu'à votre cerveau et ces fibres-là, il y en a quatre différents.

Ils sont classés ici par type de fibres. Vous avez le Aα, Aβ, AΔ et le C. Vous voyez que l'information véhiculée va être différente. Ici pour le Aα, ça va être la proprioception.

Pour le Aβ, ça va être le toucher. Le AΔ, douleur mécanique et thermique. Et le C, douleur mécanique thermique et chimique. Vous voyez du coup que ici les trois premières ont sont des gaines qui sont myélinisées, d'accord ? La gaine de myéline, c'est ce qui entoure votre réseau nerveux par rapport à la conduction de l'influx.

Et le dernier ne va pas être myélinisé. Vous voyez que les diamètres aussi, ici, vont du coup changer en fonction du type de fibre nerveuse. Mais surtout, le plus important, c'est qu'en fonction du type de fibre nerveuse, vous allez voir qu'ici, la vitesse de conduction, c'est-à-dire la vitesse avec laquelle l'information va être traitée par votre cerveau, ne va pas être la même.

Lorsque ça va être la proprioception, avec les fibres alpha, on va être de l'ordre de 18 à 120 mètres par seconde. Donc on vous donne l'image d'un avion par rapport à la vitesse.

Lorsqu'on est sur le toucher, la vitesse va être de 35 à 90. La douleur, mécanique et thermique, 5,40. Et pour la douleur mécanique thermique plus chimique, on est à 0,5 et 2. Donc vous voyez bien que les éléments qui sont liés à la proprioception et au toucher ont une vitesse qui est beaucoup plus rapide que l'information qui est traitée par la douleur.

Et c'est ce principe physiologique qui explique que lorsque vous vous cognez, d'accord, vous cognez, vous tapez la main, vous avez votre information qui part à partir des fibres du cou qui sont à delta parce que c'est une douleur mécanique.

Mais cette douleur, elle va mettre une certaine vitesse, donc elle va mettre un certain temps arrivé au niveau du cerveau. Mais votre proprioception, elle, va avoir l'information qui va être diffusée beaucoup plus rapidement.

Ça veut dire que votre corps va être conscient, enfin, ce n'est pas qu'il va être conscient, c'est qu'il va être informé de la douleur avant même qu'il sache qu'il a mal. Et ce qui fait que vous, vous pouvez jouer sur ça.

Parce que si la proprioception et le toucher surtout, du coup, est plus rapide que la douleur, lorsque vous vous cognez sur la main par exemple, si de suite après vous frottez, vous générez une douleur de type mécanique, et bien cette information-là, allant plus vite, elle va doubler l'information de la douleur et votre douleur ressentie va être relative. Vous allez avoir moins mal.

C'est pour ça qu'instinctivement, quand on se cogne, on se frotte. Et ça marche. Mais ça s'explique par cette vitesse de conduction. Donc là vous avez les deux voies, mais ça ne nous intéresse pas.

On voit que les deux voies pour la vibration et la proprioception, ce que je viens de vous expliquer n'est pas la même que par rapport aux douleurs. On ne va pas s'y attarder. Donc voilà, on a l'anatomie de la douleur par rapport à ce que je vous ai expliqué.

Quand vous avez une brûlure ici sur l'origine, vous avez les fibres nerveuses du toucher qui transmettent le message plus vite que les fibres de la douleur. Dans un deuxième temps, vous avez du coup le réflexe par rapport à ce qu'on vient de voir.

C'est-à-dire que les fibres nerveuses du toucher activent le neurone nociceptif qui participe au réflexe de retirer la main avant même que vous ayez conscience de la douleur. D'accord ? C'est pour ça que quand vous touchez quelque chose de chaud, avant même que vous vous brûliez, vous retirez la main.

Dans une troisième temps, le message, lui, le neurone non-susceptif reçoit le signal de la douleur et du toucher mais seul le message de la douleur arrive au cerveau. Et là la douleur, le thalamus traite le message venant à la moelle épinière et là la douleur s'active.

Par rapport à ce qu'on vient de décrire, on peut quand même s'interroger sur les fonctions de la douleur. On peut même considérer que la douleur peut être décrite comme un symptôme qui aurait tendance à nous sauver la vie.

J'ai pour habitude de parler justement d'une pathologie qui est très significative par rapport à ça, qu'on appelle l'algo-ataraxie. L'algo-ataraxie, ou qu'on appelle aussi analgésie congénitale, c'est une atteinte, c'est une maladie qui est assez rare mais qui est très très grave, qui porte en fait sur la capacité des gens à ressentir la douleur.

Ces gens-là ne ressentent absolument pas la douleur. C'est-à-dire que l'information douloureuse n'est pas traitée. Ils ressentent le chaud et le froid mais ils ne vont pas ressentir la brûlure. Donc là, A priori, on pourrait se dire que c'est génial parce qu'on n'a plus de douleur.

On est dans un système de pensée actuellement où la douleur, c'est le truc absolument qu'il faut faire disparaître en avant. Mais figurez-vous que ces gens-là ont une espérance de vie en général de 15 à 20 ans parce que ce sont des personnes qui n'ont aucun système d'alarme et qui fait qu'à la moindre douleur non perçue, à la moindre blessure, ils peuvent en mourir.

Ils peuvent mourir d'une hémorragie toute bête parce qu'ils n'ont pas ressenti la douleur. Ils peuvent se faire une blessure derrière la cuisse, ils peuvent perdre tout leur sang. S'ils ne sont pas amenés à le voir, il n'y a aucun signal que le corps va envoyer au cerveau pour dire qu'on perd du sang, on perd du sang, il ne va recevoir aucun signal.

Du coup, il va pouvoir petit à petit perdre tout son sang. Et donc c'est assez dramatique finalement la façon dont on détecte ces pathologies parce que ce sont en général dans l'enfance des enfants qui sont pleins de bleus et surtout qu'au moment où ils vont avoir les dents qui poussent, ce sont des enfants qui se mordent la langue.

Donc on va retrouver des enfants qui ont des bouches tout le temps ensanglantées avec des plaies ouvertes en permanence. Vous vous doutez bien que ce n'est pas une vie parce que ce sont des personnes qui doivent systématiquement contrôler leur état, ils ne peuvent pas aller n'importe où, ils ne peuvent pas aller dans la forêt, ils ne peuvent pas aller jouer avec les copains parce que s'ils se font une blessure et qu'après ils ne se rendent pas compte, ça peut avoir des conséquences dramatiques. Donc ils sont obligés de vivre enfermés dans une bulle,

sans échange, sans l'essentiel de la nourriture. Pour moi, c'est l'une des pathologies les plus terribles, d'autant plus que dans la Dans la plupart des cas, cette analgésie congénitale est accompagnée d'une perte aussi de l'odorat.

Je n'ai pas le temps de vous en parler, mais l'odorat, c'est le sens, le sens avec le toucher le plus important. Je vais avancer un petit peu ma thèse. Pourquoi est-ce que je vous ai expliqué tout ça ?

En collaboration avec le philosophe Karl Popper, Sir John K. Rewickless a écrit un bouquin très intéressant dans les années 70 qui s'appelle The Self and Its Brain. Dans ce bouquin, il développe un modèle où trois mondes sont en interaction.

Je vous parle de ça parce que c'est un élément de la science qui est fondamental pour la construction de la façon dont on voit les choses et dont on parle très très rarement. Dans cette interaction, il y a un, le monde qui regroupe les choses matérielles, dans un second, le monde qui regroupe tous les états de conscience, et dans le trois, le patrimoine culturel.

Suivez juste ce que je vous explique, parce qu'il va y avoir pas mal de choses décrites. Dans cette conception qui l'amène, il y a clairement un rapport dualiste, et comme tous les dualistes, Eccles et donc Pooper sont confrontés à la fameuse question qui est que comment l'esprit, s'il existe, peut-il influencer le cerveau sans violer les lois physiques au premier rang desquelles la loi de conservation de l'énergie ? Alors le dualisme, en philosophie, c'est un point de vue affirmant que l'univers est constitué d'un constituant physique et d'un

constituant mental. D'accord ? Ce sont deux choses séparées. La conservation de l'énergie, donc c'est un principe physique, c'est même le premier de la thermodynamique, selon lequel l'énergie totale d'un système isolé est invariante au cours du temps.

Et donc là, effectivement, il y a une vraie problématique. si on veut être dualiste, il faut qu'on arrive à expliquer comment est-ce qu'on ne viole pas ce premier principe. C'est grâce à Frédéric Beck, un physicien quantique et directeur du département de physique théorique de l'université de Darmstadt, qu'Eccles a trouvé la solution.

Eccles a reçu le prix Nobel pour l'élucidation du fonctionnement de la synapse, qu'on a vu tout à l'heure. La synapse est l'élément essentiel pour le transfert de l'influx nerveux d'un neurone à l'autre.

Or, ce transfert dépend de l'exocytose, c'est-à-dire de l'éclatement d'un petit nombre de vésicules contenant chacune 5 à 10 000 molécules de neurotransmetteurs. L'ouverture de chaque vésicule est de type tout ou rien, c'est-à-dire que soit la vésicule s'ouvre complètement, soit elle ne s'ouvre pas du tout, c'est-à-dire qu'elle ne s'ouvre pas à moitié, et dépend du déplacement d'une partie infime de la membrane de la vésicule lorsque l'influx nerveux arrive dans le bouton qui termine l'axone,

l'exocytose permettant la transmission du message aux neurones suivants n'a en général qu'entre un quart et un tiers de chance de se produire. Et ça, c'est ce qui a véritablement posé un problème, cette probabilité-là, pendant plusieurs années.

Et finalement, en réalisant un traitement quantique de l'exocytose, Beck a montré que la probabilité que celles-ci se produisent pouvaient être augmentées ou diminuées sans que cela ne constitue en rien une violation des lois de conservation de l'énergie, car les masses mises en jeu dans le phénomène d'exocytose sont suffisamment petites pour entrer dans les incertitudes existantes sur le plan quantique.

Les incertitudes dont je vous parle, c'est la relation d'indétermination d'Heisenberg. OK ? Donc, il faut savoir que ce travail de Beck et de Eccles qui a été publiée à l'Académie américaine des sciences, est véritablement une réalisation historique.

Le travail de Beck et de Eccles, qui est publié par l'Académie américaine des sciences, est véritablement une réalisation historique parce qu'il ne prouve pas que l'esprit agit sur le cerveau, il montre juste que théoriquement, c'est possible. Et ça, c'est énorme. Que la science arrive à démontrer que c'est possible, c'est une porte ouverte énorme.

Et donc, depuis cette époque-là, depuis 1992, l'obstacle principal à la prise en compte du dualisme n'existe plus. Ce qui veut dire que le paradigme qui considérait que le cerveau était le siège même de la conscience n'est pas forcément la seule théorie valide.

Aujourd'hui, on considère de plus en plus que le cerveau n'est pas un émetteur, mais plutôt un récepteur. C'est une interface pour entre quoi et quoi. C'est tout le mystère actuellement. Pour Eccles, l'esprit est comme un scanner qui lit l'état d'activation des neurones et qui influence cette activation de façon analogue à un champ de probabilité quantique, champ qui n'a ni masse, ni énergie, mais exerce pourtant une influence causale en modifiant la probabilité que certains événements se produisent.

Pour ceux qui le souhaitent, il y a les références. Tout ce que je vous dis là est extrêmement bien détaillé et développé dans un bouquin super qui date de 2004, qui est un travail phénoménal d'un monsieur qui s'appelle Jean Stone, qui a écrit un bouquin qui s'appelle « Notre existence a-t-elle un sens ?

». Un travail de recherche colossale comme je n'en ai vu rarement, qui mérite véritablement qu'on y passe du temps. Jean Stone, S-T-A-U-N-E. Donc sur ce qu'on vient de développer, il y a un monsieur qui s'appelait du coup Benjamin Libé qui a fait des ravages dans le monde des neurosciences et qui a écrit l'article qui a été le plus cité pendant presque 20 ans.

Ce monsieur a fait des expériences incroyables, mais vraiment incroyables. Je vais aller directement à l'essentiel parce que j'ai il y a encore pas mal de choses à vous dire, ses recherches sur les mécanismes psychologiques de la décision, on porte vraiment sur le libre arbitre, montrent que la volonté d'agir n'est pas ce qui donne l'impulsion à une action, mais qu'elle intervient au niveau de son contrôle, de son orientation et de sa correction.

Voilà ce qu'il nous dit. Pour lui, une connaissance complète des événements neuronaux ne permet pas en soi de décrire ou de prédire l'expérience consciente. Donc lui, il est très clairement dualiste et il se pose sur les travaux que je vous ai précisés.

L'expérience subjective de la conscience et les processus neuronaux sont phénoménologiquement indépendants. C'est-à-dire que pour lui, c'est vraiment deux choses qu'il faut séparer et qu'il faut étudier différemment.

Donc la théorie de Libé, c'est que la conscience est un champ et que ce champ ne correspond à aucun des champs physiques connus comme l'électromagnétisme, la gravitation, etc. Il n'est pas descriptible en termes d'aucun événement physique observable ou d'aucune théorie physique constituée.

Donc pour lui, si on veut comprendre le fonctionnement de la conscience, on doit passer à quelque chose de révolutionnaire. Comme on est passé de la physique classique à la physique quantique, on doit arriver à concevoir quelque chose de nouveau, de complètement nouveau qui est différent de ce que l'on a comme modèle actuellement pour appréhender ça et pour lui, lui considère que c'est au travers de ce champ que l'interface du cerveau agirait pour obtenir la conscience.

D'accord ? Donc tout ça pour vous dire que ce sont quand même des éléments importants sur lesquels et vous pouvez vous appuyer par la suite pour continuer vos recherches. Il y a une phrase qui est très connue justement pour distinguer la douleur et la souffrance, sur laquelle j'aimerais revenir avec vous.

On dit souvent que la douleur est inévitable mais que la souffrance est facultative. Vous avez déjà entendu cette phrase ? Non ? Effectivement, par rapport à ce que nous avons vu, je ne sais pas si vous vous rappelez la définition que je vous ai donnée au tout début.

Je vous ai dit qu'il s'agissait que la douleur était une expérience personnelle qui engage la totalité du sujet de son système d'intégration. Après existe l'expérience. Donc c'est lié à l'éducation, à la culture, aux états intentionnels.

Donc là, cette définition, elle n'est absolument pas dualiste. C'est-à-dire qu'elle considère que la douleur et la souffrance sont les mêmes choses qu'on a juste du mal à distinguer. Or, mais parce qu'à l'époque où on a défini ça, on considérait effectivement que le dualisme n'était pas acceptable parce que cette expérience de Eccles n'avait pas démontré que c'était possible.

Sauf Alors qu'aujourd'hui, les travaux de Eccles mais les travaux de Benjamin Libé nous disent concrètement que le dualisme n'est pas une théorie farfelue, c'est quelque chose sur lequel on peut véritablement s'appuyer. Et donc par rapport à ça, on peut considérer effectivement que la douleur est inévitable dans le sens où elle fait partie intégrante de notre système et que c'est cette douleur qui nous permet au travers de la symptomatologie de nous guider et de nous sauver Lorsqu'on a besoin d'obtenir cette

information sans douleur, on aurait une espérance de vie très courte. Par contre, la souffrance est secondaire. C'est la relation que vous entretenez avec la douleur. Et ça, c'est totalement culturel.

C'est-à-dire que la façon dont vous allez souffrir va dépendre du paradigme dans lequel vous vous êtes installé et de l'image auxquelles vous renvoie la douleur. Par exemple, une personne qui se coupe le doigt va avoir très, très, très mal et va imprégner une forme de souffrance au travers de cette douleur.

Mais par contre, un viking qui se coupe le doigt pendant la bataille, qui ne s'en rend même pas compte, il ne va peut-être même pas prendre le temps de le soigner, ne va pas souffrir, alors que c'est la même douleur.

C'est vraiment la même douleur, sauf que la souffrance, la dimension émotionnelle qu'on va imprégner sur ça, va dépendre de votre façon, des éléments que vous lui posez dessus.

Donc la douleur n'est pas de votre responsabilité ? La souffrance, oui. Et par rapport à l'algo-ataraxie dont je vous ai parlé, est-ce que quelqu'un parmi vous voudrait me préciser cette phrase et voudrait me l'améliorer ? Là, il y a un mot qui me gêne par rapport à l'algo-ataraxie comme je vous l'ai expliqué.

Le mot, c'est le mot « inévitable ». La douleur, elle Ce n'est pas inévitable, on l'a bien vu. D'ailleurs, dans les expériences de l'IB, on peut désafférenter et on peut faire en sorte que les personnes ne sentent pas la douleur. Ce n'est pas inévitable, on peut éviter.

Si on veut, on peut ne pas avoir mal. D'ailleurs, on peut prendre des analgésiques, on peut ne pas avoir mal. Il faudrait dire que la douleur est nécessaire. C'est-à-dire qu'il y a une nécessité, une condition à la vie qui est portée au travers de la douleur.

Par contre, la souffrance, elle, est complètement subjective, d'accord ? C'est-à-dire qu'elle va dépendre de votre culture, elle va dépendre de votre âge, elle va dépendre de là où vous en êtes dans votre vie, elle va dépendre de beaucoup de facteurs, d'accord ? Est-ce que tout le monde est toujours là ?

Bon, parce qu'on a encore le plus gros qui arrive. Je vous avais prévenu, moi je suis... Allez, c'est parti pour la cinquième partie. Et là, c'est le gros morceau. C'est le gros morceau parce que c'est le morceau où nous sommes en plein dedans avec Thierry actuellement, que j'ai ramené lors de l'avant-dernier stage et qui vraiment me tient le plus à cœur finalement. C'est la différence entre...

Pas la différence, mais les incompréhensions qu'il peut y avoir entre les termes de maladie et de santé. Alors, encore une fois, de quoi parle-t-on ? Quand on regarde un petit peu les dictionnaires, on se rend compte que le symptôme...

Bon, pour nous, c'est véritablement la pierre angulaire du rapport à la santé et à la maladie, c'est-à-dire que vous ne pouvez pas passer au travers des symptômes pour parler de santé ou de maladie, mais c'est surtout que la définition médicale nous dit que c'est la manifestation d'une maladie.

C'est-à-dire que pour la médecine actuellement, le symptôme est égal à la maladie. Vous ne pouvez pas les dissocier. Ok ? Alors, il y a deux situations pour agir, ou pour réagir en tout cas, face à un symptôme.

Lors de ma première conférence en 2016, je vous avais parlé de l'importance du pourquoi, que le pourquoi était vraiment la seule source de compréhension et du coup de pouvoir pour pouvoir agir efficacement. La première situation quand vous avez un symptôme, n'importe lequel, c'est on va dire allez on va refuser le pourquoi.

A partir du moment où on refuse le pourquoi, c'est à dire qu'on refuse de chercher à comprendre pourquoi ce symptôme apparaît, et quelle est sa signification et quelles sont les implications, on va entraîner obligatoirement une peur.

Parce que comme tout ce que l'on n'apprend pas à découvrir ou à connaître, c'est exactement la même chose à l'échelle humaine. Quand vous n'apprenez pas à connaître vos semblables, vous allez en avoir peur.

On est comme ça. On a une méfiance et dès que vous apprenez à les connaître, Vous vous rendez compte qu'en fait, on est un petit peu tous pareil. Donc, on fait connaissance avec la peur.

Et cette peur va générer une dissociation, un état schizophrénique, un petit peu Dr Jekyll et Mr Hyde, qui fait que vous allez vous dissocier dans votre propre corps entre vous et les mécanismes qui génèrent le symptôme.

D'accord ? C'est-à-dire qu'au départ les symptômes sont là pour vous aider et vous par votre attitude d'ignorance, vous allez créer de la distance avec lui, vous allez lui dire « tais-toi, je ne veux pas savoir ce que tu as à dire ».

Donc vous mettez de la distance. Cette dissociation va entraîner, va générer en fait votre symptôme, va finalement se retourner contre vous. Parce que comme vous ne le considérez pas, parce que finalement le symptôme est là pour vous dire ce que vous devez faire pour ne pas que ça s'aggrave, si vous ne le prenez pas en considération, il va devenir votre ennemi.

Il va se retourner contre vous. Et c'est pour ça que je dis souvent que la pire des maladies auto-immunes pour moi c'est l'ignorance. Parce qu'à partir du moment où on ne cherche pas à comprendre, on empêche les mécanismes autorégulatrices du corps de jouer en notre faveur et du coup elles jouent contre nous. Donc un symptôme, si vous ne l'écoutez pas, il augmente, parce que le problème persiste.

Donc vous vous faites un ennemi. Cet ennemi va obligatoirement générer une dépendance extérieure. C'est-à-dire qu'à partir du moment où vous avez un ennemi, vous allez être obligé, là où votre symptôme au départ est là pour vous aider, vous allez avez plus d'alliés, vous n'avez plus qu'un ennemi, donc vous êtes obligé d'aller chercher un nouvel allié ailleurs, donc à l'extérieur.

Et c'est là qu'arrivent les spécialistes. C'est là qu'arrivent les gens qui savent. C'est là qu'arrivent, voilà, vous les connaissez. Donc vous créez, déjà à partir du moment où vous ignorez votre symptôme, vous perdez votre autonomie directe.

Suite à ça, vous rentrez dans un état de consumérisme. C'est-à-dire que là, le capitalisme est en plein essor parce que vous avez absolument besoin de remèdes extérieurs, parce que vous avez besoin de faire taire votre symptôme qui lui augmente parce que le problème est toujours là. Tant que vous ne l'avez pas réglé, il augmente et vous avez absolument besoin de le faire taire et pour ça vous avez absolument besoin de trouver un remède extérieur et en général les remèdes extérieurs dans nos sociétés elles sont payantes.

Et le plus important pour moi, le plus important, c'est qu'une fois que vous avez atteint cet état la situation dans laquelle vous vous trouvez va générer une inhibition complète de votre réflexion et de votre esprit critique. C'est-à-dire que vous allez vous placer dans un état de passivité totale où vous allez déléguer les responsabilités de régulation de votre corps à une source extérieure.

Et donc on va être face à des gens qui savent et vous qui ne savez pas. Donc vous n'avez pas à réfléchir parce que vous ne savez pas et qu'eux savent. Donc petit à petit, on va vous expliquer qu'à chaque fois que vous avez besoin de répondre à votre symptôme en le faisant taire, vous venez me voir et je vous dirai ce qu'il faut faire.

Et donc vous, à aucun moment, vous allez bloquer votre cerveau et vous n'allez pas rentrer dans un dialogue avec votre symptôme pour essayer de comprendre. Et ça, ça va s'étaler par la suite à toutes les autres activités que vous allez faire dans votre vie.

Donc cette inhibition de la réflexion et de l'esprit critique, elle est vraiment très très importante et caractéristique pour moi de ce refus de communiquer avec le symptôme. La deuxième situation, donc c'est l'inverse, c'est lorsqu'on cherche à comprendre le pourquoi.

On a un symptôme qui apparaît, le même symptôme, et là on se dit tiens, pourquoi ? Quel est le principe qui sous-tend l'apparition de ce symptôme ? Qu'est-ce que mon corps cherche à me dire ?

Donc je rentre dans un dialogue, je crée un lien. Ce lien va générer un état de confiance chez vous, parce que vous prenez conscience qu'il y a des principes qui sous-tendent à la régulation de votre propre système. C'est-à-dire que vous allez prendre conscience que vous êtes capable de générer de l'autorégulation et que votre corps finalement est là pour vous aider. Et cet état de confiance va créer une unité.

C'est-à-dire que vous avez une prise de conscience que votre corps est votre allié. Contrairement à l'ennemi quand vous le refusiez, là vous vous rendez compte à quel point c'est votre allié. C'est-à-dire en gros, j'ai un symptôme, vous dites « merci, tu me dis ça, si tu n'avais pas été là, j'aurais pas su quoi faire et ça se serait peut-être aggravé avec le temps et j'aurais pas pu réagir en temps voulu.

Donc merci de me prévenir. Et donc là, on n'est pas du tout dans une situation schizophrénique. C'est-à-dire que vous êtes dans une situation d'unité. Vous ne faites qu'un véritablement avec vous-même.

Suite à ça, la conséquence c'est que forcément vous devenez indépendant. Si vous avez pris conscience de de l'autonomie et de la relation qu'il y a entre les symptômes et vous, vous n'avez plus besoin d'avoir des éléments extérieurs pour pouvoir répondre à un problème qui, je vous rappelle, n'existe pas. Parce que dans notre société, le symptôme est un problème, parce que malheureusement, par rapport à ce que je vous ai dit, par rapport à la douleur et à la souffrance,

nous ne prenons plus le temps d'avoir mal. Et ça, c'est vraiment important de le comprendre. nous ne prenons plus le temps d'avoir mal. C'est important. Et donc cette indépendance-là, elle vient tout simplement parce que vous n'avez plus besoin de cet extérieur parce qu'il n'y a plus de problème.

Il n'y a finalement que des solutions et les solutions c'est votre corps qui vous les apporte. Et donc, la dernière étape par rapport à l'inhibition qui était là précédemment, ça va être dans ce cas-là l'émerveillement.

Le mot clé, nous manquons tellement d'émerveillement. Et la découverte des principes qui va stimuler la réflexion et l'esprit critique par cumul de connaissances, parce que lorsque vous allez écouter vos vous allez être amené à faire des choses, donc à expérimenter.

Donc vous allez cumuler de la connaissance, et en cumulant de la connaissance, vous allez être de plus en plus en contact avec tous les principes. Et ces principes-là, quand vous les découvrez, vous n'avez pas d'autre choix que de vous émerveiller.

Merci. Je voulais juste donner une citation très importante parce que par rapport à la première partie lorsqu'on dit que les symptômes effectivement quand on ne les écoute pas et qu'on va chercher des intervenants extérieurs pour agir dessus, qu'on crée une dépendance il y a beaucoup c'est un problème qui a été porté dans l'histoire de la philosophie de l'ostéopathie et il y a un grand monsieur qui s'appelait William Garner Sutherland qui a développé toute la dimension crânienne de l'ostéopathie qui a vraiment qui a donné une phrase qui,

pour moi, a fait énormément sens pendant toutes mes études, et qui est celle-ci. Je voulais vraiment lui rendre hommage par rapport à ça. Il dit que ce qu'il faut faire finalement, c'est permettre à la fonction vitale interne de manifester sa puissance infaillible plutôt que d'appliquer une force aveugle venue de l'extérieur.

C'est-à-dire que là, on est dans l'humilité la plus totale et dans une connaissance des principes. Et à partir du moment où vraiment on connaît les principes, on se rend compte que finalement la seule chose auquel il faut s'attarder, c'est laisser présider à tous les mécanismes qui ont lieu dans l'autorégulation.

Donc, du coup, je ne sais pas comment faire. Je peux continuer ? Je continue. Alors du coup, c'est quoi la santé ? Est-ce que c'est l'absence de symptômes ?

Je vous ai évoqué l'algo-ataraxie, on voit bien que c'est pas vraiment ça. Est-ce que ça va être l'absence de maladie ? Alors là aussi, il y a quelque chose d'intéressant. Par rapport au burn-out et à la dépression, il y a une personne lors d'un stage qui m'a fait une remarque extrêmement pertinente.

C'est une Colombienne et qui m'a dit « Je suis extrêmement surpris parce puisque chez vous, il y a énormément de burn-out et de dépressions. Et nous, chez nous, on travaille beaucoup plus que vous, on a des horaires indécents, et il n'y a pas de burn-out.

Il n'y a pas de burn-out, il n'y a pas de dépression. Et moi, pour avoir voyagé beaucoup en Amérique latine, c'est un constat. Eux, les 35 heures, laissez tomber. Mais vous voyez même dans des pays où il y a véritablement de l'exploitation, comme le Bangladesh, vous regardez les statistiques, il n'y a pas de burn-out.

Et donc cette idée qu'on nous transmet comme quoi l'état de burn-out ou de dépression serait lié au travail, pour moi, est un leurre. Pour moi, c'est un leurre. Pour moi, c'est beaucoup plus lié au cadre et au rythme des des carences par rapport à la nourriture dont on parlait tout à l'heure, mais les capacités physiques, je ne parle même pas mentale, les capacités physiques d'un humain sont énormes.

D'imaginer qu'on est fatigué même en travaillant beaucoup, pour moi c'était un leurre. C'est un faux problème. On travaille peut-être trop parce qu'on ne fait pas ce qu'on aime, Mais c'est uniquement ça.

Donc par rapport à la santé, si ce n'est pas lié aux symptômes, si ce n'est pas lié à la maladie, moi j'ai tendance à définir la santé comme un niveau d'adaptabilité. C'est-à-dire que moi je propose vraiment un paradigme totalement nouveaux où la santé ne serait absolument pas indexée ni aux symptômes ni à la maladie.

C'est-à-dire que c'est le niveau d'adaptabilité, c'est-à-dire le niveau avec lequel s'adapte un être vivant, n'importe quel être vivant, qui nous donne son niveau de santé. Pour illustrer ce propos, il y a un monsieur que j'espère que vous connaissez tous qui Mike Horn.

Mike Horn, c'est un explorateur aventurier, c'est le moins qu'on puisse dire. Ce monsieur a eu énormément d'exploits. De juin 1999 à octobre 2000, il entreprend de mener à bien le projet Latitude Zéro. Il est le premier au monde à réaliser le tour du monde en suivant la ligne de l'équateur, 40 000 km qu'il parcourt sans moyens de transport motorisé. Il a des anecdotes, ce gars-là, je ne sais pas si vous avez lu ses bouquins, c'est édifiant. Il vous explique par exemple que c'était pas à cette occasion

mais je crois que c'était en Sibérie où il a perdu un doigt, il a dû se faire amputer un doigt. Il vous explique qu'il faisait moins de 40 dehors donc il avait ses gants, il voulait se refaire les lacets, il a enlevé son gant, le gant est tombé, le temps de refaire ses lacets et de retrouver son gant parce qu'il y avait de la neige, le doigt a gelé.

Il l'a mis dans de l'eau chaude pour essayer de le récupérer, c'est hallucinant. Il l'a mis dans de l'eau chaude, le gars s'est endormi. Je suis obligé de finir ? Oui, oui, si vous ne faites pas trop de bruit, ça va. Non, Je plaisante, allez-y, allez-y. Faites votre vie, tranquille. Donc, ce gars-là, il s'endort, tranquille, il s'endort. Et du coup, en s'endormant, il a ressorti le doigt.

Et du coup, ça a regelé. Et le gars, il vous dit, mais en rigolant, le gars, il vous dit...

Bon, le doigt, c'est comme un steak, quand vous l'avez décongelé deux fois, c'est plus bon, donc il fallait le couper. Et le gars, il vous dit ça en rigolant.

Mon dieu. Non, mais là, il m'a fait rêver, quoi. Je me suis dit, mais là, il y a quelque chose. Là, il y a quelque chose de fabuleux. C'est-à-dire que, pour moi, la santé, c'est lorsque le corps ou les corps, au travers des symptômes, sont au service de l'humain pour l'amener à faire des choses qui le dépassent.

c'est-à-dire à transcender ce qu'il est pour devenir. Et non pas comme dans notre paradigme actuel où les symptômes et la maladie s'imposent, nous font subir un état dont on doit être victime. Lui, son doigt il a eu mal, parce que je peux vous dire qu'un doigt qui n'écrose ça tabasse, ça fait vraiment mal.

Sauf qu'il est dans une telle démarche, dans une telle dimension d'aventure, d'exaltation, d'émerveillement dans ce qu'il fait, qu'il n'est plus soumis à ses symptômes, mais que ce sont ses symptômes qui sont au service de son activité.

Et pour moi, c'est ça, la santé. Merci beaucoup pour votre attention.

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