Rencontres de la Régénération 2019 : Apprendre, c'est naturel avec Jean-Pierre Lepri
Cette conférence des Rencontres de la Régénération 2019 fait suite à la projection du film Schooling the World, qui montre comment le système éducatif mondial sert à diffuser une idéologie bien précise. Jean-Pierre Lepri s’appuie sur ce film pour poser une question simple : apprendre et être éduqué, est-ce vraiment la même chose ?
Lepri retrace l’histoire du mot « éducation », apparu vers 1500 pour désigner l’élevage des vers à soie, et dont le sens actuel ne s’est imposé que bien plus tard. Cette généalogie n’est pas anecdotique : elle révèle que l’éducation, au sens de conduire quelqu’un vers ce qu’un autre juge bon pour lui, est une construction récente et culturellement située, pas une évidence naturelle.
À l’inverse, apprendre est présenté comme une faculté innée, aussi involontaire que respirer ou digérer. Un enfant ne peut pas ne pas apprendre, et c’est précisément cette plasticité qui rend l’éducation nécessaire aux systèmes de gouvernance : il faut canaliser cette faculté pour qu’elle serve des objectifs extérieurs à l’individu. Lepri cite les travaux en neurosciences sur la sérotonine et la dopamine, libérées lors de tout acte d’apprentissage authentique, pour montrer qu’apprendre est en soi une source de satisfaction qui n’a pas besoin de récompense externe.
La seconde partie de la conférence est consacrée aux questions du public : parents qui instruisent leurs enfants à la maison, situations de séparation, choix du milieu de vie, ou encore comment se défaire de ses propres réflexes éducatifs. Lepri insiste sur un point central : ce qui détermine ce qu’un enfant apprend, c’est le milieu, pas les intentions pédagogiques des adultes qui l’entourent, et c’est donc sur eux-mêmes que ces adultes ont le plus de levier.
📑 Au programme de la vidéo
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0:00Introduction et contexte des RencontresThierry présente la journée, le film Schooling the World et la façon dont il introduit la conférence de Jean-Pierre Lepri.
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9:36L’école comme outil de contrôle des espritsLepri explique comment l’institution scolaire façonne les esprits et contraint la pensée bien au-delà du cadre physique de la classe.
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19:00Histoire du mot « éducation »Le terme éducation apparaît vers 1500 pour désigner l’élevage des vers à soie, et son sens actuel ne s’impose que bien plus tard.
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28:44Apprendre est une faculté innéeLepri pose la thèse centrale : apprendre est aussi naturel que respirer, et aucune éducation ne peut supprimer cette faculté, seulement la canaliser.
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47:53Le milieu, seul vrai déterminant de l’apprentissageCe n’est pas la pédagogie qui détermine ce qu’un enfant apprend, mais le milieu dans lequel il vit et les adultes qui l’entourent.
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57:27Dopamine, sérotonine et plaisir d’apprendreLes neurosciences confirment que tout acte d’apprentissage authentique produit les neurotransmetteurs associés au bien-être, sans récompense externe nécessaire.
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1:07:03Questions concrètes : comment faire autrement ?Le public interroge Lepri sur les alternatives pratiques, et il explique pourquoi la question « comment » est moins utile que la question « pourquoi ».
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1:22:57Témoignage : quand on a aimé l’école mais que ses enfants souffrentUne mère partage l’ambivalence de quelqu’un qui a trouvé l’école libératrice et se retrouve face à des enfants que ce même système fait souffrir.
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1:35:57Choisir son milieu de vie comme acte éducatifUn participant soulève la question du choix du milieu dans lequel on vit avec ses enfants, et Lepri confirme que c’est là que tout se joue.
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1:45:31Les adultes sont le milieu de l’enfantLepri conclut en rappelant que ce sont les adultes, et non les enfants, qui constituent le milieu d’apprentissage, et que c’est donc sur eux que porte l’essentiel du travail.
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Transcription de la vidéo
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On se retrouve pour le lundi des rencontres de la régénération. Dernière journée, ça a été tellement intense qu'on ne s'en est même pas rendu compte, ça a filé à une vitesse incroyable. Cette dernière journée pour moi c'était une forme d'apothéose, non pas que je mette une gradation entre les différents intervenants, mais le programme de la journée m'a vraiment tenu en haleine.
Il a commencé le lundi avec la projection d'un film. Pour Jean-Pierre Lepry, on avait prévu deux créneaux de 2 heures. Le premier créneau de 2 heures était consacré à un film que je vous recommande, que vous pouvez trouver en libre accès sur internet, et qui serait un préalable excellent à la conférence que vous allez voir juste après, qui s'appelle « Schooling the world », je vous mets le titre en dessous.
« Schooling the world » ça veut dire écolifier le monde quelque part, c'est la conquête du monde par le système éducatif, et ça montre exactement comment le système éducatif tel qu'il est pensé actuellement n'est pas un système éducatif au sens noble du terme, c'est un système pour asseoir une certaine forme d'idéologie et de développement à l'échelle du monde entier.
Et ça, c'était un tremplin formidable pour introduire le propos de la personne qui présentait ce film, c'était Jean-Pierre Lepry. Jean-Pierre, on s'est rencontré il y a quelques années, Jean-Pierre, il fait partie des personnes que j'aime et que j'admire énormément.
Ce n'est pas quelqu'un qui vous met à l'aise particulièrement, Jean-Pierre. Il a une façon de poser des questions qui vous renvoie en miroir à vos propres lacunes, à vos propres manques et à vos propres imprécisions. Il a l'art de répondre à des questions par des questions, en demandant toujours des précisions et en nous montrant à quel point parfois nous sommes imprécis et peu rigoureux dans les questions que nous posons ou que nous avons déjà les réponses.
Sa démarche, moi je l'apprécie parce qu'elle nous met souvent dans une position inconfortable mais elle est toujours munie d'une bienveillance extraordinaire. Le sourire de Jean-Pierre c'est quelque chose d'assez hallucinant, inconfortable mais hallucinant.
Jean-Pierre c'est quelqu'un qui a fait toute sa carrière à l'éducation nationale et qui à un moment s'est posé la question de pourquoi éduquer ? Pourquoi et comment éduquer ? Et vous allez voir que ces conclusions sont assez radicales, c'est un chemin d'interrogation pour chacun d'entre nous qui sommes parents, qui allons le devenir, qui sommes éducateurs ou qui allons le devenir, et ce chemin est radical et sans compromis, d'une certaine manière, et c'est ce que j'aime en lui.
Durant ces rencontres, j'ai choisi de célébrer des personnes aussi qui avaient un engagement, un engagement réel, qui avaient un courage. Jean-Pierre a un vrai courage de poser des questions et de ne pas accepter comme tel des systèmes qui nous sont proposés, qui nous sont présentés comme inéluctables.
Alors, je vous invite dans cette conférence extraordinaire Je tiens à préciser aussi que si vous appréciez la personne, la façon d'avancer de Jean-Pierre et les questions qu'il pose, sous la vidéo, vous allez voir dans la description, il propose un stage fin août et il m'a dit qu'il restait encore quelques places.
Donc je me suis permis de lui faire un petit peu de pub délibérément parce que c'est vraiment un moment qui va bien au-delà de la question éducative. Jean-Pierre c'est vraiment quelqu'un qui va vous faire vous confronter à ce que vous avez de plus profond comme conviction et les remettre en cause.
Et ça, je trouve qu'on n'est jamais aussi vivant que quand on doute même de ce qui nous paraissait acquis. Alors, je vous laisse avec Jean-Pierre, et je vous invite à regarder la description sous la vidéo pour découvrir un petit peu ce qu'il peut vous proposer d'autre.
Jean-Pierre Joliot Bonjour à toutes et à tous ! Alors, comme de coutume, j'aime bien vous présenter un petit peu, vous avez vu ces 4 jours, je les ai bâtis aussi comme une espèce d'itinéraire que je vous propose.
Et c'était important de faire cette 4e journée autour des questions de la transmission de l'éducation ou du non-éducation, je dirais plutôt des apprentissages, et plus généralement autour de la question aussi des enfants, puisque c'est une question qui me tient très, très à coeur, de notre rapport aux enfants.
Et dans ce cadre-là, il m'a semblé évident d'inviter Jean-Pierre, qui est pour moi quelqu'un qui... Bon alors je vais dire, notre première rencontre, c'est marrant parce qu'il va diffuser la vidéo de notre première rencontre, notre première rencontre n'a pas été confortable pour moi, je dois le dire, pas du tout, parce que c'est quelqu'un qui répondait à mes questions souvent avec des questions et qui me renvoyait en miroir
mes propres a priori, mes propres idée préconçue mais qui m'a fait énormément réfléchir sur mon rapport à l'apprentissage sur mon rapport à mes enfants et globalement sur mon rapport au savoir j'avais vraiment envie qu'il partage son expérience sa réflexion avec vous parce que je la pense très très riche et je la pense nécessaire quand on parle de santé la santé c'est une question de santé physique c'est aussi une question de santé mentale de santé intellectuelle de santé spirituelle et les questions,
le cheminement, la façon que Jean-Pierre a d'aborder les questions qui l'intéressent et qui nous intéressent est pour moi empreinte de vitalité. C'est pour ça que j'avais vraiment à coeur qu'il soit là pour parler avec vous.
J'espère que vous avez déjà apprécié le film Schooling the World que je trouve être un film extraordinaire et qui permet quand même de bien placer les enjeux. Qu'est ce que c'est qu'actuellement, en quoi le modèle éducatif actuel, quelle est la finalité du modèle éducatif actuel. Et donc là Jean-Pierre va vous proposer une présentation qu'il a appelée « Apprendre, c'est naturel » et qui je pense aussi va balayer quand même pas mal d'idées préconçues qu'on peut avoir par rapport à l'apprentissage. Donc c'est avec un
immense plaisir que je vous demande d'accueillir Jean-Pierre, Jean-Pierre Lepry, qui nous fait l'honneur de nous rejoindre. Pour ceux que ça intéresse aussi, je tiens à le préciser, Jean-Pierre a pas mal de livres qu'il a amenés avec lui, qui tournent autour des questions de l'apprentissage, de l'éducation, de la non-éducation, de l'alternative à l'éducation qui n'en est pas une parfois, enfin voilà, de toutes ces questions-là, donc vous pouvez aller de voir sur la table qui est juste à côté.
Et je vous laisse immédiatement avec Jean-Pierre. Je pense que vous allez être scotché. Alors, ça peut être inconfortable, mais je vous garantis que ça va vous amener assez loin. Merci, Jean-Pierre. Merci sincèrement.
Applaudissements... Je veux remercier Thierry de son invitation. Et effectivement, en hommage et en souvenir de notre première rencontre, nous allons voir ce que fut notre 1re rencontre en Bourgogne.
Et je voulais dire que le point commun que nous avons avec Thierry, c'est que nous recherchons une vie plus naturelle, plus conforme à ce qu'est la vie, normalement, et un peu moins à ce que la culture en a fait.
Je suis absolument d'accord. C'est vraiment ce que j'ai reconnu en toi. Merci. L'éducation, pour moi, est un terme génétique pré-générique qui désigne la situation dans laquelle il y a quelqu'un qui sait et qui souhaite et qui désire et qui intervient sur un autre qui ne sait pas pour que cet autre sache ce que lui voudrait que l'autre sache.
Est-ce que je peux vivre sans éducation ? C'est-à-dire sans éduquer et sans être éduqué. Si je fais le bilan de 15 années d'école, qu'est-ce que j'ai appris véritablement à l'école ? L'intérêt de l'école, c'est de faire en sorte de rendre acceptable, présentable, honorable cette situation.
Il y a quelqu'un qui sait mieux que moi ce qui est de l'école. L'école en France coûte 145 milliards d'euros par an. Donc ça veut dire que quand même il y a des enjeux très importants, bon il y a des enjeux économiques certes, mais il y a des enjeux idéologiques qui vont avec l'économie, forcément. L'école est un des moyens d'apprendre le temps contraint, l'espace contraint, la pensée contrainte et puis surtout l'obéissance et la submission, la conformation. Je remarque aussi qu'il y
a une injonction d'éducation, à la fois dans l'état d'esprit, il y a la pression du publicole qui est de plus en plus importante, donc réellement on ne veut pas que quelqu'un échappe à ça d'une certaine manière, en tout cas c'est la sensation que j'ai.
Maintenant il y a des moyens de contrôler les esprits, de façonner les esprits, qui ne nécessitent plus d'avoir un maillage physique, de cadre qui… et de les coincer dans un seul endroit. Pour quadriller la France, ce n'est plus nécessaire maintenant.
On quadrille la France avec des antennes et ça suffit. Parce qu'avec ça, je contrôle toute la population et tous les esprits. Je n'ai plus besoin de décor. Si on arrête d'éduquer, que ce soit à l'école ou à la maison, qu'est-ce qui se passe ?
Parce qu'on se dit immédiatement, c'est l'anarchie, je n'ai pas que les enfants me débordent, comment est-ce qu'on peut gérer, qu'est-ce que ça va donner ? Ça vous semble être le seul moyen de contrer les enfants un petit peu et d'arriver à leur obtenir quelque chose de...
Qu'est-ce qui me pousse à vouloir qu'un enfant m'obéisse ? C'est ça plutôt la question. Apprendre est un acte naturel et inné, comme respirer, comme digérer, comme marcher, c'est-à-dire c'est quelque chose qui ne s'apprend pas.
Il ne peut pas ne pas apprendre et donc tout ce qui va faire la différence, c'est le milieu et de toute façon, actuellement, c'est bien ce qui fait la différence. Ceux qui réussissent à l'école, on sait très bien qui c'est.
Ce que je veux de bien pour mon enfant, c'est moi qui le veux. Forcément, mon bien à moi, c'est mon bien à moi et ce que je veux pour lui, c'est le mien. Voilà, donc en fait, quand je veux quelque chose pour quelqu'un, c'est en réalité que je le veux pour moi.
La distance que parcourent les enfants actuellement, tout seul, s'est réduite considérablement en un siècle ou 50 ans. Enfin moi je me souviens enfant, je jouais dans la rue, je courais dans la rue, mais là il n'y a plus l'envie de jouer dans la rue pratiquement, si ce n'est dans les cités.
On les tient de plus en plus. Ben oui, puis leur temps est minuté, organisé, il y a la piscine, le judo, les activités de ceci, les activités de cela. Comment peuvent-ils apprendre à gérer leur propre temps si leur temps est géré par d'autres ?
Ma question ce n'est pas est-ce que tu préfères une prison grande avec des jolies couleurs ou une prison petite qui sent mauvais et qui est très sombre. Ma question c'est est-ce que je peux vivre en dehors de la prison ?
C'est-à-dire est-ce que je peux vivre sans ces éducations même si elles sont très belles ? Est-ce qu'une société sans éducation, est-ce que ça te semble réellement possible ? En y réfléchissant, je me rends compte que c'est moi qui construis la réalité.
Donc, comme je la construis, elle est. Donc, si je vois que c'est impossible, ça va rester impossible, c'est sûr. Je suis amené à rencontrer de plus en plus de familles qui font ce chemin-là.
C'est-à-dire que, dans un premier temps, on n'envoie plus d'enfants à l'école, mais on fait l'école à la maison. Ensuite, on fait plus l'école à la maison, mais on organise des sorties éducatives. On est quand même toujours dans un système éducatif. On va au musée, on organise la vie des enfants.
Puis à la fin, c'est quand même aussi fatigant. Tout simplement, tout naturellement, chacun vit sa vie. Et les personnes qui sont là, elles apprennent à vivre leur vie également.
Il n'y a pas besoin d'éduquer. Alors avant de commencer vraiment, je vais expliquer d'où je parle. Je suis entré en 1957 à l'école normale d'instituteurs d'Aix-en-Provence. Il en reste d'ailleurs quelque chose.
Je parle d'Aix-en-Provence, pas de l'école normale. Et c'est seulement en 2007, c'est-à-dire très exactement cinquante ans après, que je me suis rendu compte de tout ce que j'ai fait pendant les cinquante années qui ont précédé.
Au cours de ces cinquante années, j'ai été enseignant, formateur d'enseignants, directeur, inspecteur, expert international pour l'UNESCO. C'est-à-dire que j'ai vu l'éducation sous toutes ses coutures et de tous les points de vue.
L'éducation dans le sens de scolarisation, ici. Et également de manière horizontale, puisque sur ces 50 années, j'en ai passé 30 dans des éducations nationales sur les cinq continents. Voilà ce que j'ai à dire à ce sujet.
Le deuxième point qui me semble important, c'est de définir qu'est-ce que c'est l'éducation, pour moi, au moins, et en général, c'est la même définition pour beaucoup de gens. L'éducation, c'est l'acte d'éduquer, comme tous les mots en sion comme tous les mots en sion aussi en langue française, c'est le résultat de cet acte donc il a eu une bonne éducation, c'est-à-dire c'est le résultat de la pratique de l'acte d'éduquer alors éduquer maintenant, c'est tout simplement,
il n'y a pas besoin de tourner en rond beaucoup la racine c'est ducere et si ça vous intéresse on pourra faire l'étude historique du verbe ducere en latin qui veut dire conduire donc on retrouve duc, la racine est ducée ducere, on le retrouve dans viaduc dans oleoduc, dans aqueduc donc aqueduct qui conduit l'eau, viaduct qui conduit le trafic, oléoduct qui conduit l'huile, c'est-à-dire le pétrole.
Voilà, donc l'éducateur n'est jamais qu'un conducteur. Et donc dans l'éducation, j'ai toujours deux personnes. Chaque fois que j'ai deux personnes, ou deux groupes de personnes, j'ai éducation. C'est-à-dire, il y a une personne qui sait ce qui est bon pour l'autre et qui va donc intervenir sur l'autre pour qu'il fasse et atteigne ce que celui qui sait qui est bon pour cet autre l'atteigne et c'est important de voir qu'il y a toujours deux éléments si je n'ai pas d'éduqués et que je n'ai qu'un éducateur il n'y a pas d'éducation.
Si je n'ai pas d'éducateur et qu'il n'y a qu'un éduqué il n'y a toujours pas d'éducation. Le critère important c'est qu'il y a deux personnes ça c'est fondamental et entre ces deux personnes il y a une différence puisque l'un est HEUR et l'autre est EI sinon on n'aurait pas fait cette différence et cette différence est bien évidemment hiérarchique c'est-à-dire elle est asymétrique alors je sais bien que lorsque je transforme lorsque l'éduqué devient éducateur j'ai simplement inversé le schéma mais j'ai toujours ce schéma de quelqu'un qui sait
pour l'autre ce qui est bien pour cet autre voilà, ça c'est l'éducation alors d'où vient cette éducation ? c'est important aussi très rapidement de voir d'où ça vient historiquement le mot éducation apparaît en 1500 à peu près 1497 pour un auteur et 1520 pour un autre auteur c'est à dire 1500 à peu près donc tous ceux qui parlent d'éducation avant 1500 vous voyez le contresens historique parce qu'il n'existait pas d'éducation avant et lorsqu'en 1500 le terme apparaît en langue anglaise et en langue française en réalité,
il ne désigne pas le sens actuel du mot éducation mais en 1500 et jusqu'en 1950, c'est-à-dire il y a pendant 450 ans l'éducation, c'était l'éducation des vers à soie et c'est précisément dans cette région des Cévennes que vers 1950, c'est-à-dire il n'y a pas 100 ans, qu'on a arrêté d'éduquer des Verraçois, mais l'éducation désignée, l'éducation des Verraçois, ce n'est que vers 1750, et notamment avec Jean-Jacques Rousseau, qu'apparaît un deuxième sens d'éducation qui n'est plus l'éducation
des Verraçois, mais qui est l'éducation des enfants. et en 1762 Rousseau publie Émile ou de l'éducation et parle donc de l'éducation des enfants et en 1763 c'est-à-dire un an après l'abbé Grégoire de Sauvage publie l'éducation des Verassois traité de l'éducation des Verassois c'est-à-dire que simultanément on a toujours les deux les Vérassois vont être éduqués jusqu'à 1950 et notamment en Cévennes, alors que l'éducation des enfants va petit à petit naître.
Vous voyez que l'éducation des enfants, c'est quelque chose qui apparaît vers 1750, mais qui n'est pas encore vraiment installée. En 1882, lorsque les progressistes créent, enfin, entre guillemets, crée, institue l'école, notamment avec Jules Ferry, en 1880. Le terme éducation n'est pas encore bien accepté.
Il est vulgaire, il est péjoratif, donc on ne l'utilise pas. Et dans toutes les lois qui font de l'école en 1880, vous remarquerez qu'on ne parle jamais d'éducation.
On parle d'instruction. C'est aussi parce que c'était un terme qui n'avait pas encore cours. Il faut attendre 1932 pour que le ministère de l'instruction publique devienne le ministère de l'éducation nationale.
Donc, vous voyez, l'éducation c'est une histoire tout à fait récente. Nous avons vécu des siècles et des millénaires sans éducation. C'est une invention, ça a été créé de toutes pièces et cette création de toutes pièces, bien sûr, comme toutes les inventions humaines, toutes les créations mentales se traduisent ensuite par des réalités physiques.
Je pense, par exemple, aux frontières. Donc, aux frontières, après, on crée un mur. Et quand on dit éducation, on crée des écoles.
Et les écoles, actuellement, en 2017 ou 2018, je ne sais plus, on en est à 154 milliards de dépenses annuelles pour les écoles. Toutes dépenses confondues.
Alors, un troisième sens d'éducation, qui est important aussi, je devais aller faire une conférence à Montpellier, donc j'ai tapé sur Google éducation Montpellier et la première page m'a donné une réponse inspection académique, bien sûr, forcément, et puis toutes les autres réponses étaient éducation canine.
Parce que maintenant, de nos jours, depuis quelques années, peut-être une décennie, je sais plus, il y a une troisième éducation, l'éducation des verres à soie, l'éducation des enfants et maintenant l'éducation canine. Alors j'ai tapé éducation plus canine sur Google et j'ai trouvé 1,3 million d'occurrences pour éducation canine.
Rassurez-vous, éducation plus enfant, j'ai trouvé 300 millions d'occurrences quand même. Voilà. Donc voilà un petit peu une brève histoire de l'éducation. La caractéristique de l'éducation, c'est simplement ce schéma entre un éducateur et un éduqué, c'est-à-dire c'est un schéma donc dissymétrique et hiérarchique.
Alors, ce schéma, ça n'est jamais qu'un cas particulier, alors il existe à l'école, mais il existe aussi dans les familles, il existe aussi dans la rue, il existe à chaque fois qu'il y a quelqu'un qui sait mieux que moi ce qui est bon pour moi et qui veut de me le faire apprendre, voilà.
Et c'est peut-être cette question-là que je peux interroger. Alors, c'est... Quand je regarde l'histoire de l'humanité, je pense que l'éducation est un habillage... présentable, noble de la culture, de la relation entre un dominateur et un soumis.
Si je le dis comme ça, ça ne passe pas, mais si je dis l'éducation, là ça passe. Mais c'est C'est une histoire très ancienne. La domination existe...
en principe, depuis 10 000 ans à peu près. Mais elle prend des formes différentes. Donc ça peut être la religion, ça peut être la guerre, l'armée, ça peut être l'Etat. L'Etat, c'est récent aussi.
et c'est un moyen aussi de dominer et l'éducation est un moyen aussi de dominer qui d'ailleurs s'est installé en concurrence et en compétition avec le clergé. C'est intéressant de voir qu'en fait l'école a pris la succession des églises qui est avec à peu près les les mêmes caractéristiques, c'est-à-dire les mêmes officiants, sauf que dans un cas, c'est des prêtres, dans un autre cas, ce sont des professeurs d'école, avec aussi une liturgie, des rythmes, des récompenses,
des punitions, enfin, exactement comme le système religieux, enfin, catholique, du moins, qui était le nôtre à l'époque, et qu'il est toujours. Voilà ce que j'avais à dire sur l'éducation.
Quelques mots, maintenant, sur l'autre paradigme. Alors, l'éducation et la domination peuvent s'exercer de deux manières. Une manière, c'est une manière un peu rude, c'est la coercition, c'est une force aussi, c'est la contrainte.
Et l'autre manière, c'est une manière douce, c'est la persuasion, c'est la séduction. d'ailleurs dans séduction on a toujours la racine duc qui est conduire mais d'une manière douce ça s'appelle aussi la manipulation donc il y a deux manières d'exercer la domination la manière rude et la manière douce et bien évidemment la seule question qui est posée dans tous les débats sur l'éducation et j'en sais quelque chose parce que j'y ai participé pendant 50 ans donc pendant 50 ans ce que
j'ai fait c'était de trouver la manière douce de pratiquer l'éducation et je confirme qu'il y a des manières plus douces que d'autres et que je préfère les manières douces aux manières rudes voilà ça c'est clair mais la question que je pose maintenant c'est pas est-ce que tu veux être dominé de manière douce ou est-ce que tu veux être dominé de manière rude la question c'est est-ce que je veux doit être dominé.
Et c'est cette question-là, en fait, qui n'est jamais posée, c'est-à-dire pourquoi éduquer ? Parce que la chose que j'apprends dans une éducation, c'est surtout que j'apprends à être éduqué, c'est-à-dire qu'il y a quelqu'un qui sait mieux que moi ce qui est bon pour moi.
Je suis, par l'éducation, alors qu'elle soit douce ou qu'elle soit rude, je fais l'apprentissage du fait que je ne sais plus moi-même ce qui est bon pour moi, alors qu'en naissant, je le sais, et qu'en naissant, je suis forcément social, puisque je ne peux pas survivre si je ne suis pas accompagné avec des relations avec d'autres êtres humains.
Je suis coopératif, je suis toutes les qualités que l'éducation prétend m'inculquer, je les ai déjà à la naissance, et essentiellement, la faculté première, c'est la faculté d'apprendre qui est innée.
C'est-à-dire, je ne peux pas ne pas apprendre. Un bébé qui naît ou qui naisse, il va apprendre à survivre dans le milieu dans lequel il naît. Et lorsque je déménage et que je vais dans une autre région ou dans une autre culture, je vais également apprendre à survivre dans cette nouvelle culture.
Je ne peux pas ne pas apprendre. Et c'est bien parce que j'ai cette faculté d'apprendre innée et que je ne peux pas empêcher, qui va poser des problèmes aux dominateurs, aux gouvernants, et qui vont m'éduquer pour que je perde progressivement cette faculté innée d'apprendre et qu'en fait, elle soit canalisée à apprendre, à être éduquée.
Et en réalité, ce que j'appelle apprendre, ce n'est pas l'autre paradigme. On va mettre éduquer ici. Apprendre, ce n'est pas un autre paradigme, c'est en fait le seul paradigme qui est au-dessus et qui permet que l'éducation fonctionne.
l'éducation ne fonctionnerait pas si je n'avais pas la faculté d'apprendre. C'est-à-dire, je vais apprendre à être éduqué, mais si je n'avais pas cette faculté innée et naturelle d'apprendre, l'éducation ne pourrait pas fonctionner.
Alors, l'autre façon d'utiliser ce paradigme, c'est de se passer d'éducation et d'apprendre directement. C'est ce que je fais la plupart du temps, c'est même ce que je fais dans le cadre de l'éducation, puisque j'apprends à être éduqué, j'apprends ce qui a du sens pour moi à ce moment-là, et qui est d'essayer de vivre aussi confortablement que possible dans une situation qui serait intenable.
Je veux bien continuer, mais dans un sens qui parle pour vous, donc si vous avez quelques questions, je poursuis dans la direction qui vous intéresse. Alors, on me pose la question du sens qui est, semble-t-il, essentiel. Ben oui, une vie qui n'a pas de sens, c'est très difficile à supporter.
C'est bien le cas, d'ailleurs. La vie n'a pas de sens en soi, c'est-à-dire que le sens de la vie, c'est la vie, tout simplement, c'est de vivre et de continuer ce fil de vie.
Et toutes les crises, alors, les crises, qu'elles soient économiques, quelles que soient les crises, en fait, ce sont toutes des crises de sens. Ce qui faisait sens, tout d'un coup, n'en fait plus.
Alors, ça peut être un deuil, ça peut être mon compagnon ou ma compagne qui me quitte, Enfin, tout ce qui faisait sens n'existe plus, et je suis en crise jusqu'à ce que je trouve un nouveau sens.
Je dis que l'homme est un animal à sens chaud, c'est-à-dire qu'il a besoin de sens pour vivre. Et donc, de toute façon, je n'ai rien à faire, ça se fait spontanément en moi, parce que je nais avec un instinct de vie, c'est-à-dire qui va me pousser vers ce qui est favorable à la vie et qui va m'éloigner de ce qui est défavorable à ma vie, d'une part, et d'autre part, j'ai un cortex qui fait que je vais mémoriser les situations qui sont favorables à ma vie pour les rechercher,
et je vais également mémoriser les situations qui sont défavorables à ma vie pour les éviter et donc c'est comme ça que j'apprends sans Sans, enfin, j'apprends spontanément, j'apprends naturellement ce qui a du sens pour moi et je peux apprendre à survivre à l'école Et Dieu sait si nos lycéens et nos élèves sont très habiles pour inventer des moyens de supporter l'insupportable.
Ils se font passer des petits papiers, ils s'envoient des… mais je ne peux pas l'empêcher d'apprendre. L'élève au fond de la classe qui envoie un SMS à sa copine pendant le cours de maths, il est en train d'apprendre parce que je ne peux pas l'empêcher d'apprendre il est en train d'apprendre à envoyer un SMS à sa copine sans se faire choper par le prof et le bon élève lui il est en train d'apprendre la résolution de l'équation du second degré tout simplement parce que son papa ou sa maman va être très fier de lui va lui offrir un cadeau parce que
ça a du sens pour lui. C'est-à-dire, je peux pas me passer de sens. Et bien souvent, pour supporter l'insupportable, j'ai besoin d'avoir un sens extérieur à la situation. Pour parler de l'insupportable, moi qui connais bien l'éducation nationale, donc pendant une cinquantaine d'années, je peux vous assurer que j'ai dû voir au moins une cinquantaine de réformes.
C'est tellement insupportable qu'on peut pas laisser les choses en l'état. la seule chose qu'on fait, c'est repeindre d'une autre couleur pour le rendre plus agréable, et chaque année, on a une réforme.
Et comme son nom l'indique, une réforme, c'est une reforme, c'est-à-dire une nouvelle forme. Mais le fond ne bouge pas. La structure, c'est toujours... Il y a quelqu'un...
Je suis dans une salle que j'ai pas choisie, à des horaires que j'ai pas choisis, avec des gens que j'ai pas choisis, avec un chef que j'ai pas choisi, et sur des sujets que je n'ai pas choisis. Voilà, c'est ça, la situation. Et ça dure dix ans, douze ans, quinze ans.
Et donc, c'est tellement insupportable que ce qu'on va changer, on va changer. C'est-à-dire, on va juste faire en sorte que ça perdure, parce que tout changement, en fait, c'est pour que ce qui allait mal fonctionne de mieux.
Lorsque je change mon réfrigérateur à la maison parce qu'il est tombé en panne, c'est tout simplement pour en mettre un autre qui fonctionne. Lorsque je change la batterie de ma voiture, c'est pour qu'elle continue à rouler.
C'est-à-dire que tout changement est destiné à ce que la chose perdure à la suite d'un possible dysfonctionnement ou d'un dysfonctionnement. Donc, méfiez-vous du mot changement. Il y a des politiques qui l'ont utilisé.
Effectivement, changer, c'est juste repeindre d'une autre couleur pour rendre momentanément plus supportable une situation qui ne l'est pas. Alors, on me pose... Je sais pas où est le micro.
Il y a quelqu'un ? Ah, d'accord. Je l'ai là. Voilà, ça y est. Mais il marche. Pardon. Je répète la question ? Peut-il exister un monde sans éducation ?
Actuellement, dans le monde moderne, est-ce que les enfants ne peuvent pas supporter l'éducation ? Alors, il y a... Les enfants, ils sont... S'ils veulent survivre, ils sont obligés de faire ce que leur demandent leurs parents et la société autour d'eux. Donc ils peuvent très bien apprendre à être éduqués comme ils peuvent très bien apprendre à vivre sans éducation.
C'est tout à fait pensable. Le problème, c'est pas les enfants. Le problème, c'est les parents, les adultes autour des enfants. Alors, est-ce qu'on peut vivre sans éducation ? Oui, bien sûr, puisque j'ai essayé d'expliquer que l'éducation est une invention récente dans l'histoire de l'humanité.
On peut dater vers le XVIIIe siècle, à peu près. c'est-à-dire que les siècles qui ont précédé n'ont pas connu d'éducation, et on a très bien vécu sans éducation pendant des siècles et même des millénaires.
Premier cas de figure. Deuxième cas de figure. Il existe, à notre époque actuelle, des sociétés sans éducation. Mais bien sûr, on ne les connaît pas, forcément, puisque nos sociétés sont des sociétés avec éducation.
il y aurait danger à faire connaître ces sociétés. Et 3e cas de figure, dans nos sociétés avec éducation, il existe des familles ou des personnes qui n'éduquent pas, voilà, en conscience.
Alors, ne pas éduquer, c'est bien différent de ne pas scolariser, parce que dans les personnes qui ne scolarisent pas leur enfant, il y a toutes sortes de choses, y compris... y compris des enfants qui sont enfermés dans les placards et brûlés avec des cigarettes.
J'exagère. Mais ce que je veux dire, il y a aussi des écoles, il y a aussi des gens qui font l'école à la maison, et puis il y a aussi des gens qui n'éduquent pas. Il y en a très peu, mais ça existe.
Donc c'est tout à fait possible de ne pas éduquer et de savoir que... j'ai en essence cette faculté innée et que je ne peux pas comment dire éliminer d'apprendre donc je vais toujours apprendre et je vais apprendre ce qui a du sens pour moi dans un milieu donné donc en réalité ce qui est déterminant ça n'est pas et c'est pour ça que la pédagogie fait fausse route ça n'est pas d'agir sur celui que je veux qu'il apprenne mais c'est en fait le milieu qui va être déterminant puisque moi qui suis dans un milieu je vais m'ajuster,
je vais apprendre à survivre et à vivre aussi confortablement que possible dans ce milieu donc ce qui va faire la différence c'est le milieu et encore une fois effectivement un bébé qui naît peut parler 6000 langues.
C'est le nombre de langues actuellement parlées à la surface de la Terre. Il y en aurait 8000, il pourrait parler les 8000 langues. Donc en réalité, il ne va apprendre que la langue qui est utile pour lui dans le milieu dans lequel il va grandir.
Si ce milieu est bilingue, il va apprendre deux langues. que si ce milieu est trilingue, il va apprendre aux 3 langues. Je suis toujours étonné de voir que les enfants, du moins, ceux que j'ai rencontrés en Afrique de l'Ouest, sont tous trilingues au minimum.
Et pourtant, ils ne sont jamais allés à l'école. Et moi qui ai fait 7 ans d'anglais, je ne peux pas parler anglais au lycée. Voilà. parce que ça n'avait pas de sens pour moi. Maintenant, si j'ai un entretien d'embauche et qu'on me demande de parler anglais, ou si je dois aller travailler pendant cinq ans en Angleterre et que je dois utiliser l'anglais, à ce moment-là, effectivement, je vais en le pratiquant.
Alors j'ai le micro, je suis à votre gauche par là, ok, vous me voyez ? J'ai une question par rapport aux établissements qui proposent une pédagogie plus libre.
Ma fille est dans dans une école de ce type là, c'est à dire avec des enseignants qui ont été formés à Montessori, mais qui ont décidé de créer une école plus libre encore et plus alternative entre guillemets que Montessori, c'est à dire qu'ils suivent le rythme des enfants mais bien sûr il y a un groupe d'enfants, donc forcément il n'y a pas un adulte par enfant, donc on est dans une sorte de compromis, c'est pas tout à fait le unschooling, justement, comme on dit, c'est-à-dire les gens qui ont des familles qui n'éduquent pas,
mais qui suivent leur enfant et lui proposent toutes les solutions à tous les outils qu'ils demandent. Là, on est dans un espèce de compromis, un établissement où il y a un groupe d'enfants et où on essaye de suivre le rythme de chacun.
Mais forcément, il y a des moments où il y a des de compromis à faire entre chaque, etc. J'imagine que vous connaissez ce genre d'établissements et ils sont assez variés. Je voulais savoir ce que vous en pensiez, justement, de ce compromis-là.
Et la question ? Ce que vous pensez. Ce que je pense ? Je répète ce que j'ai dit et je vais sans doute le répéter plusieurs fois. Je m'en excuse auprès de certains.
C'est que... Je préfère être dans une prison spacieuse, lumineuse, qui sent bon, que dans une prison qui est étroite, qui pue, qui est sombre. C'est-à-dire, moi, je...
Si ça peut être tenu pour acquis une fois pour toutes, pour que je puisse présenter ma question, qui n'est pas celle-là. C'est pas si Montessori, Fréné ou les écoles démocratiques c'est mieux que l'école des enfants de troupes.
La réponse est oui et c'est fini, s'il vous plaît. Si c'est possible. Mais je sais que c'est difficile. Moi, ça m'a pris 50 ans. C'est difficile. La question, c'est pas celle-là.
La question, c'est pas quelle est la meilleure éducation alternative, mais y a-t-il une alternative à l'éducation ? L'éducation alternative est une chose. l'alternative à l'éducation en est une autre.
Donc ce que j'essaie de présenter ici, c'est l'alternative à l'éducation, est-elle possible ? Ma réponse est oui, bien sûr, mais c'est quand même une question, au moins, d'abord, que je voudrais me poser et qui n'est jamais posée, parce que les seules questions qui sont posées, les seules, écoutez bien, regardez les politiques, regardez les pédagogues, regardez tous ceux qui nous veulent du bien, la seule question qu'ils posent,
c'est comment mieux éduquer ? Mais c'est pas faute inéduquée. C'est-à-dire que c'est acquis qu'il faut éduquer. Et la question, elle mériterait d'être posée. Donc, j'ai une question.
Du coup, qu'est-ce qui a fait que vous êtes passé de 50 ans à l'éducation nationale à pas d'éducation ? Est-ce que vous pouvez brièvement en parler ? Alors, très brièvement, parce que je ne réponds pas à ce genre de questions, parce que sinon, je me transforme en éducateur, en celui qui sait et qui explique aux gens qui ne savent pas comment il faut procéder.
Alors, je témoigne simplement de comment j'ai fait et je m'empresse de dire que je ne suis pas un exemple, puisqu'il m'a fallu 50 ans, et que je rencontre des gens qui n'ont pas attendu 50 ans et qui sont sans doute plus intelligents que moi, et ça me réjouit, bien sûr, qui comprennent très vite ce que je suis en train d'expliquer et que je n'ai compris qu'au bout de 50 ans.
Alors, une réponse, mais qui ne vaut que pour moi. Il ne s'agit pas de suivre mon itinéraire. En ce qui me concerne, j'ai regardé des flocons de neige tombés sur les branches d'un sapin.
J'en ai compté 799 999, flocons de neige, et le 800 millième a cassé la branche. Alors, c'est pas le 800 millième, bien sûr, c'est les 799.900 aussi qui ont précédé, c'est-à-dire les 800.000 au total qui ont fait casser la branche.
Donc, personnellement, à force de passer 50 ans à repeindre les barreaux de la prison de couleur agréable, J'ai fini un jour par me dire, mais c'est pas la couleur qui compte. Ça a l'air de vouloir marcher.
Alors, je ne sais plus ce que je disais, mais j'en profite pour faire une parenthèse. Si ces questions-là vous intéressent, avant de partir, vous avez une table ici. Je vous invite à laisser votre adresse mail et nous envoyons des informations de manière très raisonnable, c'est-à-dire une fois par mois au pire, une fois tous les deux mois ou une fois tous les trois mois.
Voilà, ça c'est une chose. Ensuite nous proposons donc des écrits, donc cette lettre qui paraît une fois tous les deux mois en moyenne, mais aussi quelques livres. Et l'autre manière différée d'approfondir ce genre de questions, c'est aussi les vidéos.
Nous avons actuellement 180 séquences vidéos dont une est passée tout à l'heure ici, qui sont sur la chaîne YouTube de CREA. Et la troisième possibilité, ce sont des activités en présentiel, qui ne peuvent pas être différés mais qui supposent d'être ensemble au même moment, au même endroit.
Et la prochaine grande réflexion, c'est du 22 au 25 août en Bourgogne, et c'est sur le thème autonome, point d'interrogation. C'est-à-dire autonome dans l'interdépendance. Je repars. On reprend ?
Une question ? Merci. Bonjour. Nous, nous sommes des parents instructeurs, donc nos enfants ne vont pas à l'école. En fait, le fil de l'histoire... C'est bizarre, moi, je ne sais pas.
Pour le premier enfant, on a fait comme vous l'avez expliqué tout à l'heure, on a suivi les règles de l'école, on a fait l'instruction à la maison. Pour le deuxième enfant, on s'est noyés.
Pour le troisième, on a décidé de les laisser plus en liberté et le problème, c'est que mon mari et moi, on a été éduqués, on a été à l'école, etc. Et qu'aujourd'hui, eh ben... Je sais pas trop comment dire.
Nos enfants ont pris... Zut. En fait, c'est nous, éducateurs, qui avons un problème où on a du mal à se définir dans ce groupe où nos enfants apprennent à se battre.
C'est super. Ils apprennent des choses que... C'est... Ma question porte sur nous. Comment nous éduquer nous-mêmes à cette liberté ? Alors... Alors... c'est terrible ça, éduquer à la liberté, conduire à la liberté, mais c'est ce qu'on appelle un oxymore, c'est à dire deux termes opposés, c'est la même chose que soit autonome, ce sont des oxymores, c'est pas possible d'éduquer, de conduire quelqu'un à la liberté, d'ailleurs sur la liberté c'est un terme
que je n'utilise plus parce qu'il suppose une situation dans laquelle je ne serai pas libre et j'estime que je n'ai... Je n'ai pas besoin du concept de liberté. Le concept de liberté sous-entend que je suis en prison et je ne suis pas en prison.
Donc je n'ai pas besoin ni d'être libéré ni d'être libre. Et éduquer quelqu'un, C'est de la même manière postuler et l'instituer comme incapable d'apprendre et donc je vais t'éduquer pour que tu apprennes.
Pourquoi je l'éduquerai si je ne l'institue pas incapable ? Donc par le fait même que je t'éduque, je t'institue, je te crée, je te fais être incapable d'apprendre. De la même manière, quand je dis je vais socialiser quelqu'un, ça sous-entend qu'il est incapable d'être socialisé, que, par conséquent, il est incapable de socialisation.
Donc, je vais te socialiser, sinon, pourquoi je le socialiserais ? C'est-à-dire que l'action elle-même d'éduquer inclut le postulat que j'institue l'autre incapable d'apprendre, sinon, l'éducation ne se justifie pas.
Si je considère qu'il peut apprendre tout seul, et de toute façon il apprend toujours tout seul, il n'y a personne qui apprend à sa place. Et si j'ai cette confiance là qu'il ne peut pas ne pas apprendre, il apprendra ce qui a du sens pour lui.
Et je ne peux pas éduquer à la liberté, c'est impossible. Je suis, je suis, je suis, je vis, et c'est en vivant, Donc j'essaie d'expliquer ça de manière vivante, autonome, que je montre, que j'enseigne l'autonomie.
Et enseigner dans ce sens là, ça a toujours été le sens d'enseigner, c'est montrer. J'enseigne le chemin de la gare, ça veut dire que je montre le chemin qui me conduit à la gare. L'enseigne qui est au-dessus du magasin, c'est ce qui me montre ce qu'il y a dans ce magasin. Donc enseigner, c'est tout simplement montrer et de ce point de vue nous sommes tous des enseignants parce que nous ne pouvons pas ne pas montrer ce que nous sommes.
Donc nous enseignons toujours ce que nous sommes et non pas ce que nous voudrions être bien sûr. Bonjour, merci. Donc moi j'ai un enfant, j'ai fait du unschooling, j'ai été rattrapée par l'inspection d'académie qui m'a demandé d'instruire quoi, sinon ils allaient me remettre mon enfant dans les quinze jours à l'école avec une obligation et tout ça donc je voudrais savoir s'il ya une alternative à ça La seule alternative que j'ai rencontré c'est de pas déclarer voilà de pas déclarer que Je pratique l'instruction à
famille au passage j'appelle ça instruction en famille et parce que depuis 1880 L'instruction étant obligatoire, ce qui est tout à fait discutable, donc je fais de l'instruction en famille, donc je remplis cette obligation d'instruction, mais dans la famille.
En revanche, l'instruction, c'est suffisamment vague pour y mettre un petit peu ce qu'on veut, même si l'éducation nationale propose des grilles, des objectifs de compétences à atteindre qui sont des compétences que tout enfant et tout être humain acquiert de toute manière.
Bonjour. Ne pas éduquer, ça me paraît une excellente idée, mais ma crainte, c'est de savoir est-ce que je vais être en mesure de lui proposer les choses comment je vais l'emmener à apprendre, est-ce que grâce à moi il va apprendre suffisamment et comment va se passer la transition au moment de se former ou d'apprendre un travail pour se lancer dans la vie normale si je puis dire.
Alors si je comprends bien que je ne peux pas ne pas apprendre 1 et 2, j'apprends ce qui a du sens pour moi c'est à dire dans ma vie c'est ce que j'ai fait d'ailleurs toute ma vie et c'est ce que les autres font toute leur vie également ils apprennent tout simplement ce qui a du sens pour eux et ça se fait tout seul Je veux dire, j'apprends ce qui a du sens pour moi. C'est inévitable.
Et lorsque ça n'a pas de sens, je lui invente un sens pour que ça en ait un et que ça puisse être supportable pour moi. Je ne suis pas sûr d'avoir répondu à la question, parce que je l'ai oubliée, donc... Je rappelle comment fonctionne un tour de parole.
Vous levez la main. Mon collègue qui est là va essayer de repérer qui lève la main en premier, le second, le troisième, c'est jamais parfait, c'est pas facile.
Vous levez la main, il vient vous voir. C'est comme ça que ça fonctionne. Merci. Merci. Merci beaucoup. Est-ce que, du coup, ça induit le fait qu'un enfant ne peut pas être heureux à l'école ?
Il ne peut pas ? Est-ce que cela induit le fait qu'un enfant ne peut pas être heureux à l'école ? Est-ce qu'un enfant peut être heureux, finalement ? Oui, bien sûr, il y a des gens qui sont très heureux dans des situations de soumission, dans des prisons, le bonheur c'est indépendant, enfin c'est pas le bonheur, oui c'est le bonheur en fait, je peux être heureux de faire plaisir à maman parce qu'elle est contente parce que je suis enfermé 6h par jour dans une
salle de classe, la question du bonheur est une question annexe. Mais je voudrais quand même souligner, puisqu'on parle de bonheur et de joie, si je fais un petit peu un retour sur les situations dans lesquelles j'ai appris quelque chose que je ne savais pas faire, j'ai un sentiment de fierté, de joie, d'euphorie, je suis content parce que tout simplement apprendre contient en lui-même sa propre gratification j'ai pas besoin d'une récompense extérieure c'est pour ça que ça a du sens pour moi parce que lorsque
j'apprends quelque chose, y compris quelque chose de désagréable moi, mais j'apprends ça a du sens pour moi et c'est quelque chose d'agréable parce que ça a du sens pour moi. Et puisqu'on parle beaucoup de cerveau et de sciences cognitives, les neurologues ont remarqué que lorsque j'apprends, il y a production de deux neurotransmetteurs qui sont la sérotonine et la dopamine et qui sont en réalité lorsqu'ils sont associés.
les neurotransmetteurs du bonheur, de l'euphorie. Donc, apprendre en soi est jouissif. C'est dommage de priver mon enfant ou moi-même de cette jouissance qui est simplement dans l'acte d'apprendre.
Bonjour. Vous parliez tout à l'heure des projets de l'éducation nationale du point de vue financier et économique. Donc moi j'ai mon idée sur ça, mais j'aurais voulu connaître le vôtre en fait. Sur quel est le projet derrière tout ça en fait, de mettre les enfants à l'école et de les éduquer comme eux ils veulent ?
Alors, le projet d'école répond à plusieurs objectifs et qui ont varié au cours de l'histoire. Mais l'histoire vous savez, on ne passe pas à une autre chose, ça reste toujours dessous et il y a c'est en fait une couche qui vient dessus et une couche qui revient dessus.
Donc, si je prends les débuts de l'école en 1880, les origines sont doubles. D'une part, c'est la défaite de Sedan qui a fait qu'on a pris la pâtée contre les Allemands à la guerre. Et donc, les écoles en 1880...
On est allés voir comment ça fonctionnait en Allemagne et en Prusse, puisque l'Allemagne n'existait pas. Et donc, en Prusse, ils avaient... Au lieu de courir dans les campagnes pour recruter des soldats, ils créaient une espèce d'école militaire, on va dire.
Et donc, on préparait les soldats et on les avait sous la main. Et donc, ça a été une des premières motivations de la création des écoles, avec les bataillons scolaires, d'ailleurs, qui ont fonctionné de 1870 à 1880, c'est-à-dire 10 ans avant la création des écoles, et qui étaient, en fait, une forme de préparation militaire.
Et de toute façon, dans l'école de 1880, c'est resté. C'est-à-dire que le patriotisme a été la 1re des valeurs qui a été inculquée par l'école, la défense du territoire national, de façon à ce qu'en 1914, la génération qui est passée par l'école est partie en chantant et la fleur dans le canon du fusil pour se faire descendre à la guerre.
La première phase de l'école, c'était préparer de la chair à canon. C'était aussi prendre le pouvoir sur le clergé. Et la querelle religieuse a été bien sûr très très forte entre les hussards noirs de la république et le clergé, ils n'étaient pas très amis, mais petit à petit, et cette querelle scolaire continue encore un petit peu de nos jours, bien atténuée bien sûr par rapport à 1880.
Voilà, donc ça c'est la période de Chirac-Hanon, ensuite la période suivante c'était préparer des gens à écouter un patron et à faire ce qu'il dit, parce que lorsque je passe 10 ans, 15 ans dans une salle de classe que j'ai pas choisie, avec des gens que j'ai pas choisi, etc., je vais recommencer, ben je suis prêt à écouter le contre-maître et le patron, donc c'était fabriquer de la chair à patron.
Et puis depuis, depuis la dernière guerre, c'est simplement, moi je dis, fabriquer de la chair à consommation, et certains disent de la chair à caddie Voilà. Bon, moi, ça fait longtemps que je travaille dans des écoles, j'ai fait du public, j'ai fait du privé, j'ai fait de la maternelle, j'ai fait dans les quartiers, maintenant, je suis dans du privé très hors contrat. Mais ce que je remarque très, très fréquemment, c'est la difficulté
qu'ont les parents devant leur enfant apprenant, c'est-à-dire leur enfant apprenant naturellement, je n'ose pas dire absorbant, mais ils sont complètement débordés. C'est à ce moment-là qu'intervient cette prison dorée qui est l'école où les parents arrivent en mettant leurs enfants plein d'espoir de ce qu'eux ne peuvent pas produire comme accompagnement aux apprentissages.
Moi, ce que je vois aussi, c'est que ce sont des parents qui habitent dans des conditions difficiles, donc on est dans une problématique sociale, soit qui sont accaparés par leur travail, toujours problématique sociale, parfois des jobs très valorisants, mais en même temps contraignants, mais qui leur plaisent énormément.
Et donc je me dis, comment faire en sorte qu'on puisse transiter socialement vers une déséducation et plus vers l'accompagnement contenu quand même de la contrainte sociale. Alors c'est très simple, on va les éduquer à se déséduquer.
Yvan Illic, que certains d'entre vous connaissent, avait parlé de profession déresponsabilisante ou déresponsabilisatrice, disabling, ça peut se traduire, c'est difficile à traduire mais c'est rendre incapable. Et ces professions déresponsabilisatrices, bien sûr, ce sont les éducateurs, mais ce sont aussi tous ceux qui veulent mon bien, c'est-à-dire mes dirigeants, mon médecin, les juges, les assistants sociaux.
Et quand je dis les éducateurs, c'est au sens très large, c'est aussi les éducateurs populaires qui veulent diriger les masses incultes ou les parents tout simplement qui pensent qu'ils doivent éduquer leurs enfants voilà donc c'est...
l'attitude éducative, vouloir quelque chose pour un autre c'est ça l'attitude éducative alors que c'est tellement simple, si je veux quelque chose pour un autre, c'est bien moi qui le veux et si je le veux, c'est parce que je considère que c'est bien, je ne vais pas vouloir du mal à un autre en général surtout si je dis que c'est pour son bien donc si je le veux pour son bien, ça veut dire que moi je le veux aussi pour moi, que pour moi c'est un modèle donc la seule façon d'agir ou d'intervenir de mon point de vue, c'est d'agir sur moi en agissant sur moi,
j'agis à mon insu et inconsciemment avec tous ceux qui sont autour de moi de par le principe d'homéostasie que j'ai cru comprendre est un principe assez clair Donc, simplement, si je modifie ce que je suis, le milieu dans lequel je me trouve va se bouger, s'ajuster, pour m'accepter, modifier. Et donc, la seule manière que je peux...
favoriser, par exemple, l'autonomie, c'est en étant moi-même autonome. Mais c'est pas en demandant aux autres, soit autonome, ça ne peut pas marcher. Bonjour, je suis sur votre droite. Ma question évolue au fur et à mesure des réponses. En fait, ça reprend un peu ce qu'il y a avant.
Moi, je suis enseignant. En fait, la première question, c'est la difficulté. Donc, on a des parents qui mettent des enfants à l'école. l'espèce de peur que j'ai, je me dis, bon, d'accord, si on arrête ça, les parents, ils font quoi avec leurs enfants ? C'est-à-dire, le premier truc, c'est déposer leurs enfants à l'école et s'ils travaillent.
Et qu'est-ce qu'ils font avec les enfants ? Il y a le côté garderie de l'enfant. La première fonction, c'est une fonction de garderie. Alors, comment est-ce qu'on fait ? Sinon, j'entends bien ce que vous avez dit, c'est-à-dire se changer soi-même, c'est-à-dire il faut peut-être que j'évolue par rapport à mon métier, je veux dire, à la personne...
Enfin, il y a sûrement des étapes. J'ai l'impression qu'il y a une question un peu concrète des gens qui sont là aussi, de nous, c'est-à-dire comment on fait concrètement. On est d'accord. Je pense qu'il y a pas mal de gens qui sont d'accord sur le plan philosophique de dire, ben oui, OK, d'accord, on y va, mais on fait comment ?
Alors, je ne donne pas de conseils mais je vais en donner deux ou trois. Premier conseil, n'écoutez jamais les conseils des autres. deuxième conseil, j'ai oublié, mais chaque fois qu'une question commence par comment, attention ben oui, parce que pourquoi moi j'aurai l'expertise, pourquoi je sais mieux qu'un autre ce qui est bon pour cet autre Je ne sais pas, mais je sais pourquoi.
Je sais pourquoi, je sais ce que je fais, je sais pourquoi je le fais. Mais je ne sais pas comment toi tu dois faire, parce que toi tu as ton histoire. Et je sais que si tu réfléchis un petit peu à la situation, parce que ce n'est pas facile de voir, je suis à chaque instant le produit de mon histoire et comment faire autrement ?
Je vais forcément appréhender la situation nouvelle à partir de mes expériences antérieures. donc lorsque je ne connais que l'éducation et que cette relation entre un dominateur et un soumis, je ne peux pas imaginer une relation de type égalitaire, ce n'est pas possible, je ne connais que ça donc la seule option qui me reste c'est d'être plutôt dominateur que soumis ou tenter de renverser le dominateur pour le prendre sa place mais je suis enfermé dans cette relation éducateur-éduqué, je suis enfermé dans cette relation dominateur-soumis,
et la seule possibilité c'est de dire mais pourquoi c'est comme ça ? et est-ce que ça pourrait être autrement ? et non pas, quelle serait la meilleure manière d'être inscrit dans une relation dominateur-soumis ? Bonjour, je m'appelle Vincent, merci pour ton intervention.
Pour faire une proposition à la question qui a été posée, j'ai lu il y a quelques temps, il y a quelques années, une citation d'un couple d'américains qui s'appelle Alvin et Heidi Toffler qui ont écrit un bouquin qui s'appelle la richesse révolutionnaire et qui dit les analphabètes du 21ème siècle ne sont pas ceux qui ne savent pas lire ou écrire, ce sont ceux qui ne savent pas apprendre, des apprendre et réapprendre et pour moi ça a fait un tilt avec mes enfants puisque j'ai deux enfants de 13 et 15 ans
j'ai voyé revenir de l'école classique où ils sont avec un fatras d'informations innommables avec des mémoires encombrées etc de choses inutiles et donc de donner cette formule c'était un peu magique Et puis surtout, je voudrais te demander si avec une Maxime, comme j'ai pratiqué avec eux, qu'est-ce que tu en penses de tout simplement leur dire j'aime donc je suis, donc j'aime ce que je suis, j'aime ce que je fais et je peux le retourner.
Je fais ce que j'aime et je suis ce que j'aime. Voilà. Et ça les a aidés beaucoup. Qu'est-ce que tu en penses ? Je pense que de toute façon je ne peux pas ne pas apprendre, par conséquent, je ne désapprends jamais, ou alors il faudrait que j'apprenne à désapprendre, c'est compliqué les choses qui sont très très simples je ne peux pas les apprendre, c'est-à-dire que j'ai dans mes cellules et dans mon cerveau, j'ai toute une histoire et je vais appréhender le monde à travers cette histoire et ce que je vois c'est aussi ce
que mon cerveau me dit de voir si j'étais élevé dans une autre culture, je verrais autre chose c'est ce que disait un peu le film aussi ce matin c'est à dire que le monde c'est la réalité mais la réalité c'est moi qui la construis le soir quand je m'endors elle disparaît, lorsque je vais mourir la réalité va disparaître il y a autant de réalité que d'individus et effectivement la façon de voir le monde fait qu'il est de telle manière plutôt que de telle autre donc pour moi la situation me paraît très très simple C'est-à-dire que si j'ai des
relations égalitaires satisfaisantes avec le milieu dans lequel je me trouve, les personnes qui sont dans ce milieu-là vont vivre de façon égalitaire et de manière agréable. Si c'est conflictuel, douloureux, agressif, je vais essayer de trouver une situation qui soit moins pénible pour moi.
Oui, un vrai grand merci. Universitaire, 65 ans, lourdement formaté par... Je me suis rebaptisé Max en fonction d'une chanson sur la liberté et je n'ai pas pris la mesure que je m'attaquais à la montagne redevenir autonome libre, ça me paraît quasi mission impossible déprogrammer le disque dur et j'ai souffert toute ma vie de la notion, mais je ne le savais pas, de dominer sur le dominant, victime et notamment en couple, enfin j'ai bien compris que tu ne voulais
pas donner des pistes, pas retomber dans le pédago, mais notamment en couple et puis ensuite vivre collectivement, je me sens en grande difficulté, malgré un niveau intellectuel relativement correct. Merci.
Je ne suis pas sûr d'avoir compris la question, mais si je réponds à côté, ça répondra quand même à la question, je pense. C'est-à-dire que pour moi, la valeur qui est positive, parce qu'apparemment j'ai l'air de critiquer, mais je ne critique pas, je décris en fait.
et beaucoup de gens pensent que c'est une critique péjorative, négative alors qu'en réalité ce n'est qu'une description mais si je le perçois comme péjoratif ou négatif, c'est que je suis habitué que quelqu'un qui est sur l'estrade il sait mieux que moi ce qui est bon pour moi et que donc par conséquence il dit que c'est ainsi il dit que c'est mal ou il dit que c'est bien donc personnellement je ne dis pas que c'est mal, je ne dis pas que c'est bien, je dis simplement que ça fonctionne ainsi et donc ce qui pour moi est une valeur,
c'est quand même l'autonomie et l'autonomie ce n'est pas l'indépendance, c'est à dire je ne suis pas coupé de tout l'autonomie c'est forcément dans l'interdépendance c'est à dire que je ne peux pas ne pas être dépendant, j'inspire, j'expire, j'inspire, j'expire de manière physique, mais de manière affective c'est pareil, je reçois, je donne, je reçois, je donne et il faudrait, si je m'arrêtais d'inspirer ou si je m'arrêtais d'expirer, je serais très mal et donc si je m'arrête de donner,
si je m'arrête de recevoir, je vais être très mal donc l'autonomie certes, mais dans l'interdépendance, autonome c'est pas être isolé, coupé du monde mais c'est être autonome à la différence de l'hétéronome qui lui se conduit par rapport à ce qu'un autre a dit qu'il devait faire, qu'il devait être, qu'il devait penser, qu'il devait pratiquer, etc. Autonomie, auto c'est moi, nom c'est celui qui connait les lois qui gouvernent, l'astronome c'est celui qui connait les
lois qui gouvernent les astres, l'agronome c'est celui qui connait les lois qui gouvernent l'agro et l'autonome c'est celui qui connait les lois, qui me gouverne moi-même, voilà. Donc c'est ça l'autonomie, mais c'est une autonomie qui est nécessairement et inévitablement en interdépendance et non pas de manière asociale.
Et nous avons une expression dans notre association qui est lucide et tranquille. Et à propos d'autonomie, je vous rementionne notre session de 3 jours de réflexion sur l'autonomie du 22 au 25 août et je vous invite à prendre un petit flyer là tout à l'heure.
Je suis très interpellée par ce que vous dites, mais moi, je suis issue d'un milieu paysan, ouvrier, et je me rappelle que petite, aller à l'école, pour moi, c'était ma respiration. Ca m'a apporté une ouverture d'esprit que je n'aurais jamais pu acquérir autrement dans le milieu où j'étais.
J'avais des parents aimants, mais qui n'était pas à même de pouvoir m'apporter tout ça. Et l'école, pour moi, a été vraiment une source d'apprentissage, mais essentielle. Je pleurais quand il y avait les vacances scolaires.
Donc, je suis une maman qui a été formatée par l'école, formatée, je ne sais pas, en tout cas, qui a pris un immense plaisir à aller à l'école, et je me suis retrouvée maman de deux enfants précoces qui souffrent à l'école.
Donc, je me suis prise... Je me suis retrouvée dans cette ambivalence de tester l'école à la maison. Mais je travaillais, c'était pas possible. Et du coup, je dois... Avec en plus une pression du père de mes enfants et de la famille, pour lesquelles c'était juste inconcevable, et je me retrouve avec...
avec mon individu qui a tellement aimé l'école, en même temps, maman de deux enfants que je dois essayer d'élever en les respectant dans leur différence, et je me retrouve un peu prise au piège là-dedans. Voilà. Et je trouve qu'il est très difficile, aujourd'hui, d'essayer d'amener mes enfants à rester dans ce système scolaire parce qu'on ne peut pas faire autrement, tout en leur montrant que plus ça va et plus je me rends compte que ce n'est pas bon pour eux.
Je n'ai jamais dit que le système scolaire n'était pas bon ou n'était pas bien, moi je pense qu'il y a des gens qui apprécient le système scolaire, les tyrans notamment, les dominateurs aussi, par conséquent il faut de tout pour faire un monde, mais ce monde c'est nous qui le construisons et je préférerais un monde où il n'y ait pas des gens qui savent mieux que moi ce qui est bon pour moi et qui essaient de m'imposer ce qui selon eux est bon pour moi, voilà Mais en réalité,
ce n'est jamais ce qui est bon pour moi, c'est ce qui est bon pour eux, bien sûr. Si l'exploitation de l'homme par l'homme existe, c'est bien parce que ceux qui l'exploitent savent que c'est bon pour eux.
Sinon, ils ne le feraient pas. Maintenant que les situations soient difficiles, j'en conviens et je suis tout à fait d'accord que, dans certains cas, très limités, mais ils existent. Il vaut mieux que les enfants soient à l'école qu'à la maison, c'est-à-dire qu'ils soient dans une prison un peu moins dure qu'une prison plus dure. Je l'ai dit en commençant.
J'ai dit que je préfère une prison agréable à une prison pourrie. On est bien d'accord. Donc, effectivement, parfois, il vaut mieux qu'ils soient à l'école qu'à la maison.
ou dans... oui, à la maison. Vous aviez évoqué à un moment de pouvoir remplacer l'éducation par des antennes et j'aurais aimé si vous pouviez développer un peu plus là-dessus et éventuellement s'il y a des moyens de s'en prémunir, voilà.
Merci. Alors c'est ce qui se pratique généralement jusqu'à présent, c'est ce que j'ai vu pendant 50 et quelques années. Je remplace une éducation par une éducation différente, meilleure. Chaque fois que je remplace, je n'ai rien modifié.
Quand je remplace, je fais perdurer la structure. C'est une question de structure, ce n'est pas une question de manière. Or toutes les questions qui sont posées à l'éducation, ce sont des questions qui portent soit sur la manière, soit sur à quoi éduquer, à quoi conduire et de quelle manière conduire.
Et là je peux vous dire qu'il y en a des quantités, j'ai réfléchi un moment sur la diversité des éducations et je me rends compte que c'est incalculable, On n'arrive pas à... C'est impossible de pouvoir dire le nombre de méthodes pédagogiques qui existent et là, encore une fois, si je tape méthode plus pédagogique sur Google, j'obtiens des milliers de réponses.
Mais ce qui est encore plus troublant, c'est que si je prends un cas particulier comme la pédagogie freinée ou la pédagogie Montessori, ou la pédagogie de l'an 3000, ou la pédagogie positive, c'est qu'en réalité ça n'existe pas.
C'est à dire que je ne peux pas aller au marché et acheter un kilo de pédagogie positive, c'est toujours, ou de pédagogie freinée, c'est toujours incarné par un être humain et donc il y a autant de pédagogie freinée que de pédagogie positive qu'il y a d'êtres humains et comme il y a à peu près 800.000 enseignants dans l'éducation nationale, il y a 800.000 méthodes qui sont différentes donc la diversité est immense des méthodes mais cette diversité... Alors dans le tas, il y en a qui sont plus agréables que d'autres.
Encore une fois, ce n'est pas ça la question. La question, c'est pourquoi faudrait-il que quelqu'un me conduise ? Et pourquoi moi, en tant qu'éducateur, j'accepte de conduire un autre ?
Bonjour. Je n'ai pas vraiment de questions à poser. simplement je voulais, sans prétention, juste essayer de contribuer peut-être un petit peu à ce débat. C'est des questions à laquelle je vois que tout le monde réfléchit beaucoup, qui provoquent beaucoup de peur, d'angoisse et de frustration, parce qu'on est dans un système, comme on l'a tous dit, dans lequel on est, de toute façon dans lequel on évolue, dans lequel les enfants qu'on veut avoir ou qu'on a déjà vont évoluer.
Mais le débat qu'on a eu ce matin m'a amené quelques réflexions que je voulais partager avec vous simplement. c'est, je pense à deux personnes, je pense à mon père et à Marc Orel et au bouddhisme. En fait, Marc Orel nous disait qu'il avait une prière à laquelle je pense assez souvent, c'est, mon Dieu donne moi, je crois, la force de changer ce que je peux changer, donne moi le courage d'accepter ce que je ne peux pas changer, et donne-moi la sagesse de faire la différence entre les deux.
Je pense qu'on est un petit peu au coeur de ce débat-là, c'est-à-dire que le système éducatif actuel, c'est sûr, il est pas parfait, c'est sûr, il nous fait souffrir, il est fait pour certaines choses négatives, mais on y voit aussi beaucoup de gens qui essaient de contribuer pour nos enfants, et moi, je connais moi-même des instituteurs qui font de belles choses dans ce système, entre guillemets, je vais utiliser un mot choquant, un petit peu pourri à la base, Et on peut aussi se rappeler que nos
enfants peuvent, comme le disait la dame tout à l'heure, trouver quelque chose d'heureux là-dedans, y trouver des relations, y puiser un savoir comme dans un livre qui est immense, qui est mal fait, mal écrit, mais dans lequel des mots quand même vont leur parler.
Et gardons à l'esprit que nos enfants peuvent piocher là-dedans et qu'à côté de tout tout ça, on est quand même tous des parents qui pouvons leur amener, à côté de l'école, du réconfort, du réconfort dans cette masse de choses à apprendre, du réconfort dans des discussions qu'on peut avoir avec eux sur ce qu'est la vie, du réconfort dans leur laisser la liberté, justement, comme vous le disiez tout à l'heure, d'apprendre par eux-mêmes.
Je vois beaucoup d'amis à moi quand ils viennent à la maison chez moi, j'habite à la campagne, dès que les gamins sortent de la voiture, ne courent pas, ne fait pas ci, ne fait pas ça.
quand ils viennent seuls chez moi, je leur dis fais ce que tu veux. Et la dernière phrase que je voulais partager, c'est celle que disait mon père, c'est les études, ça mène à tout à condition d'en sortir.
Donc pour désangoisser, n'oublions pas que les enfants ont leur propre cerveau et qu'ils piocheront des choses là-dedans de toute façon bonnes pour eux et n'ayons pas la peur de croire qu'ils n'arriveront rien à en faire.
De toute façon, ils sont dans ce système comme nous et je pense qu'ils en feront quelque chose avec notre aide. La scolarisation s'étend, elle va au-delà des enfants, puisque les familles sont mises à contribution également et j'ai découvert que le marché du soutien scolaire correspond à 2 milliards d'euros par an, donc ça suppose qu'il y a une certaine angoisse là-dessus et cette angoisse elle est cultivée, et cette angoisse elle est à mon avis pas nécessaire, mais elle est nécessaire pour certaines
personnes et notamment les dirigeants. Ceux qui nous dirigent ont besoin que nous soyons angoissés, que nous ayons peur. Sinon ils ne peuvent plus nous gouverner. Si nous sommes autonomes, quelqu'un d'autonome est ingouvernable, c'est difficile. J'ai passé 50 ans à vouloir repeindre les écoles d'une jolie couleur, je pense qu'il y a des gens qui continuent à le faire, je ne le fais plus, je me dis que je suis plus utile ailleurs qu'à essayer de réconforter mes enfants qui souffrent à l'école.
Maintenant, parce que pendant 50 ans je n'ai pas pensé comme ça. Bonjour, moi j'ai une question en fait, je suis séparée et du coup moi je donne une certaine éducation à ma fille, son père en donne une autre par justement la domination et par la peur et la crainte.
Du coup, elle est ultra désorientée par rapport à ça, parce que quand je la récupère, elle a beaucoup de colère, de haine, etc. Et du coup, elle me dit, mais papa, il fait ça, ou ceci, ou cela.
Et c'est vrai que c'est très compliqué à chaque fois de recadrer, de dire qu'ici, on communique, qu'on est dans le respect mutuel, qu'on est dans la bienveillance. Ça, c'est vrai que c'est quand même une grosse problématique. et aussi par l'école où du coup moi je suis beaucoup dans la bienveillance et que là-bas ah oui la tata elle nous a tiré ou elle nous a parlé comme si ou elle nous a parlé comme ça parce que malheureusement ben forcément qu'il y en a qui voilà qui n'ont pas les bonnes bases que ce soit
dans les tatas les professeurs etc et qui sont dans le système très rigide ou punitif ou etc Et du coup, je sais qu'elle en souffre, je le vois, je m'en aperçois, et voilà, quand je suis face à cette situation, personnellement, ce serait que de moi, elle n'irait plus à l'école, mais étant séparée, etc, c'est très compliqué, donc du coup, est-ce que vous avez une idée sur ça ?
J'ai des idées à peu près sur tout, mais je ne suis pas sûr que mes idées puissent vous être utiles et je pense que vous expérimentez, quand je dis vous, c'est un vous collectif, c'est moi aussi j'expérimente moi-même ce qui est juste et ce qui n'est pas juste voilà, donc si je sens que c'est pas juste, c'est que c'est pas juste et si je sens que ça me convient, c'est que ça me convient je n'ai pas d'autres réponses à faire à ce sujet, je ne peux pas décider la vie de quelqu'un d'autre je sais qu'en ce qui me concerne,
j'essaie de vivre au mieux en fonction des situations qui sont ce qu'elles sont c'est déjà pas mal vous savez Quelques précisions sur l'école, puisque j'ai l'impression de dire du mal de l'école. Je ne dis pas du mal, je décris. L'école est supposée faire apprendre à lire, à écrire et à compter.
Au CM1, c'est-à-dire en fin de CM1, une enquête internationale a montré qu'à la fin du CM1, les élèves qui comprennent ce qu'ils lisent sont 4%. Une autre enquête, les élèves qui atteignent le niveau avancé en maths, 2%. les élèves qui atteignent le niveau avancé en sciences 2 % on comprend bien que ces 2 % là ou ces 4 % là n'ont pas appris à l'école ils l'ont appris en dehors de l'école certainement de par leur origine familiale et ensuite la
principale production de l'école, c'est en fait les 96 % de non lecteurs, les 98 % d'enfants qui n'atteignent pas le niveau avancé en mathématiques, et les 98 % qui n'atteignent pas le niveau avancé en sciences.
Voilà, ce que vous voulez que je vous dise, c'est ainsi. Alors le ministère a trouvé bien sûr la solution. Est-ce que ça vous intéresse ? C'est de casser le thermomètre qui affiche des résultats aussi calamiteux.
Et donc le conseil national supérieur de l'évaluation scolaire a été bien sûr qui était indépendant, est remplacé dans la nouvelle loi Blanquer, on n'arrête pas le progrès, par un Conseil national de l'évaluation qui est composé de 14 membres, dont 10 sont choisis par le ministre, plus 4 parlementaires.
Donc on peut supposer que 2 parlementaires, enfin, un député, un sénateur, seront de la majorité présidentielle, gouvernementale, et deux seront probablement de l'opposition. Ce qui fait que sur 14 membres, il y en a 12 qui sont de la couleur politique du ministre et du gouvernement.
Donc avec ça, on va pouvoir avoir des résultats satisfaisants. Applaudissements... Bonjour. Bonjour, j'ai l'impression, en fait, que quand on s'intéresse à ce que vous faites, à ce que fait André Stern ou Clara Bellart, petit à petit, tous les contre-arguments tombent d'eux-mêmes, la peur de la désocialisation, tous les obstacles qu'il y aurait à la déscolarisation et qu'en fait, la dernière question qui reste, c'est comment est-ce que je vais
réorganiser mon temps pour que ça soit possible pour mes enfants. Et c'est une impression, je ne sais pas ce que vous allez en penser au vu de l'expérience que vous avez là-dessus, mais c'est pour ça que c'est parfois un peu déstabilisant ou que ça fait peur.
C'est qu'en fait, ça va demander un gros investissement pour que l'adulte qui veut faire ce choix-là puisse le rendre possible pour ses enfants c'est plutôt ça en fait et c'est ce côté très responsabilisant de votre démarche qui fait peur un peu ou qui est déstabilisante je souhaite ne pas vous déstabiliser et ce que je peux dire c'est que tout simplement je fais ce que j'ai toujours fait c'est à dire que toute ma vie depuis que je suis né je fais ce que je crois juste de faire est-ce qu'à un seul moment je me suis dit ça c'est
pas juste et je vais le faire ben non, j'ai toujours fait ce que j'ai cru juste de faire et c'est pas plus compliqué que ça je continue à faire ce que j'ai toujours fait je fais ce que je crois juste de faire, c'est simple la seule chose qui va changer c'est que ce que je trouve juste à 10 ans c'est parce que je trouve juste à 20 ans, c'est parce que je trouve juste à 40 ans, c'est parce que je trouve juste à 70 ans, etc. Donc en fait la question c'est seulement ça, c'est pas comment je dois faire, je fais ce que je crois juste de faire simplement,
qu'est ce qui est juste pour moi et c'est cette réflexion là qui est intéressante et c'est la seule en fait à faire parce qu'après tout le reste coule de source, se fait tout seul, je n'ai pas à forcer mais le point initial c'est la prise de conscience, c'est-à-dire est-ce que c'est vraiment ça que je veux ou est-ce que c'est quelque chose, même si j'ai choisi librement de vouloir ça je peux poser la question qu'est-ce qui m'a formaté à vouloir librement cela voilà mais qu'est ce qui est bon pour moi c'est la seule
question que je peux me poser et à partir de là je n'ai rien à faire je fais ce que j'ai toujours fait je fais ce que je crois juste de faire c'est vraiment d'une simplicité C'est enfantine, c'est le cas de le dire.
Applaudissements... Bonjour. Je suis là. Je voulais un petit peu changer la direction du débat vers une autre question qui me semble proche, c'est-à-dire le choix du milieu dans lequel on va vivre et dans lequel nos enfants vont vivre, parce que, certes, on n'a pas envie d'éduquer, mais on a envie, forcément, en tant que parents, je pense, de transmettre des valeurs.
Et si nous-mêmes, on les vit pas, si nous-mêmes, on ne choisit pas les gens qui nous entourent, est-ce que c'est des gens qui vont être dans l'éducation ou pas, ou est-ce qu'il y aura beaucoup de technologie ou pas, enfin, toutes ces questions que les gens vont se poser, Est-ce que tu pourrais partager ce que tu as vu parmi les familles qui n'éduquaient pas leurs enfants ?
Et est-ce qu'ils ont eu ce moment de réflexion où est-ce qu'on va vivre ? Le choix du milieu. Est-ce que tu as vu ça ? C'est effectivement un choix personnel. certains choisissent de se retirer un petit peu. Je pense à Léandre Bergeron, au Québec, là, qui s'est installé dans une ferme.
Mais de toute façon, il est en relation aussi avec... Je suis jamais tout seul. Simplement, je peux effectivement choisir le milieu dans lequel je vis. Et contrairement à ce que tu as l'air de penser, c'est tout à fait dans la discussion ici.
parce que ce qui est fondamental c'est le milieu, c'est pas la personne, c'est ce que j'ai essayé d'expliquer depuis le début, enfin c'est ce que j'ai cru expliquer en tout cas, c'est que ce qui est déterminant c'est le milieu.
Pourquoi dans des familles de musiciens en général, les enfants apprennent à jouer d'un instrument ? Parce qu'ils sont entourés de ça. Dans des familles de lettrés où il y a beaucoup de lecteurs, ils sont lecteurs, tous ceux qui ont appris à lire, je pense à Sartre notamment, il avait la bibliothèque du grand-père, il y avait des livres partout, bon, je veux dire, pourquoi j'apprends à parler telle langue plutôt qu'une autre ?
Parce qu'autour de moi, on parle cette langue plutôt qu'une autre. Donc, c'est le milieu, effectivement, qui est déterminant. Et pour vous montrer que je n'ai rien contre les pédagogues, je vais en citer un, il s'appelle Makarenko, et qui disait, bien que pédagogue, il disait quand même, un enfant est malade, soignez le milieu.
Et je pense qu'ici, c'est un peu aussi ce que, de manière plus vaste, on dit aussi et on pratique. C'est en fait tout ce qui entoure qui fait ce que je suis.
Je suis le produit d'un milieu, je suis le produit de déséducation, je suis le produit d'une histoire personnelle, la seule question qui se pose, c'est que jusqu'à quand je vais être la victime passive de ce qu'on a fait de moi ?
Voilà. Donc la nouvelle question pour moi qui est déterminante, c'est qu'est-ce que je fais de ce qu'on a fait de moi ? Et donc, voilà. Applaudissements Bonjour. Votre...
Je me suis un peu touché par ce que vous dites. Moi, j'en ai pas, donc c'est pas très grave et important. Votre réflexion est très profonde. Vous avez acquis une mentalité depuis 50 ans d'expérience et de réflexion utiles, forcément, pour ne pas venir à cette réflexion profonde. J'ai l'impression que les questions-réponses tournent un peu en rond, des fois, parce qu'il n'y a pas vraiment de solution à porter, profonde, elle-même, et je pense qu'il faudrait débattre de ça ici-même.
Du coup, voilà, c'est à moitié une réflexion et une question que je vais vous poser. En tout cas, vous êtes fascinant et je pense que vous faites peur un peu aux gens, en partie par le fait que vous dites que l'éducation est un chaos, que nous vivons dans une prison à ciel ouvert, ce qui est complètement vrai, je pense. Du coup, quelle solution pour reconstruire une civilisation nouvelle qui s'auto-instruit et évolue dans la bienveillance tout en
évoluant intrinsèquement par elle-même ? Quelle solution, concrètement, on va trouver ? Parce que de ce chaos social et éducatif, une évolution se fera de toute façon, car je pense que c'est par la souffrance que l'on évolue, car tout ça est obligé de se produire pour qu'on évolue finalement.
Quelles sont les solutions que vous proposez concrètement ? Parce que là, j'ai l'impression qu'on tourne en rond. Ce n'est que mon impression, avec humilité. En tout cas, bravo pour tout ce que vous faites et votre réflexion très puissante et profonde qui sont très inspirantes et vous dégagez une grande liberté de par toutes ces paroles.
Merci beaucoup. Alors en ce qui me concerne, après chacun fait comme qu'il pense, en ce qui me concerne je continue ce que j'ai fait depuis que je suis né, c'est-à-dire je fais ce que je crois juste de faire, et j'ai la prétention mais c'est une prétention et je manque d'humilité de penser que c'est un peu, puisque moi je le pense et que je le pratique, j'ai l'idée que d'autres font aussi pareil que depuis qu'ils sont nés, ils font ce qu'ils croient juste de faire donc si je fais ce qui est juste de faire,
il suffit simplement que je réfléchisse sur ce qui est juste et dès lors que j'ai cette idée de ce qui est juste pour moi mais je ne suis pas tout seul donc ce qui est juste pour moi est juste aussi pour tout ce qui m'entoure sinon ça ne peut pas être juste pour moi donc une fois que j'ai réfléchi sur ce qui est juste je n'ai rien à faire puisque je fais ce que je considère comme juste c'est quelque chose de vraiment très simple Je ne remplace pas un tyran par un autre, je ne remplace pas une éducation par une autre.
C'est généralement ce que je fais. Ce n'est pas ça. Je ne remplace pas quelque chose par autre chose. Je fais simplement ce que je crois juste. Et donc je ne remplace pas non plus une idéologie par une autre.
Je fais tout simplement ce que j'ai toujours fait et que personne n'a besoin de me dire que je dois faire ce qu'il est juste de faire pour moi. Je le fais spontanément. Simplement je dois réfléchir et c'est pour ça que c'est un peu notre méthode aussi, c'est que nous pensons que les comportements découlent des représentations que nous avons et découlent de notre expérience, de notre histoire personnelle où que je porte le regard tout a été conçu dans un esprit tout a été idée d'abord il
n'y a rien qui n'ait pas été une idée au préalable donc la source c'est l'idée et c'est au plan des idées que nous travaillons parce que nous pensons que ces idées là, ces représentations qui génèrent des comportements mais qui sont ceci ou cela mais le problème, c'est pas le comportement, le problème, c'est l'idée qui a généré ce comportement.
Et c'est pour ça que notre préoccupation, c'est l'éducation, parce que l'éducation, c'est une matrice, c'est-à-dire dans les deux sens du terme, c'est-à-dire c'est ce qui me fait éclore avec un certain nombre de caractéristiques, et notamment cette caractéristique qui est qu'il y a un éducateur qui sait mieux que moi ce qui est bon pour moi.
Donc, lorsque je grandis là-dedans, La seule possibilité qui me reste, c'est de rendre cette relation aussi supportable et aussi agréable que possible. Mais lorsque je réfléchis qu'en fait, cette situation-là n'a pas toujours existé, 1, n'existe pas toujours à la surface de la Terre, et 3, même là où elle existe, il y a des gens, il y a des personnes qui se passent de cette relation, ça peut me libérer pour me dire que je peux vivre autrement, bien sûr que je peux vivre autrement évidemment.
Mais la question ce n'est pas le comment, le comment il vient tout seul. La question c'est est-ce que je suis sûr de ce qui est juste pour moi. Si ce que je fais n'est pas juste pour moi, j'arrête de le faire en principe, il me semble.
Et si je trouve que c'est juste, je continue à le faire. Mais c'est la seule chose que je puisse faire, c'est simplement considérer si ce que je fais est juste pour moi. Et c'est pour ça aussi que nous ne nous adressons pas aux personnes avec des enfants, bien évidemment, mais aux personnes qui ont été éduquées.
et connait des enfants ou pas, ça ne change rien. Sauf que lorsque j'ai des enfants, je réactive mes souvenirs d'éduquer, de moi-même enfant et des modèles de mes parents, je les réactive, mais j'ai pas besoin d'avoir des enfants pour être sensible à ce genre de réflexion.
Simplement, c'est le point initial. Et le point initial, vous remarquez que ce n'est pas l'enfant, mais ce sont les adultes qui sont autour des enfants parce qu'ils sont le milieu dans lequel l'enfant va apprendre à vivre et il va apprendre à vivre comme on vit dans cette socioculture là et cette socioculture là c'est moi c'est moi c'est ma manière de vivre oui merci merci pour votre travail alors d'abord petite question dérisoire vous avez donc On a mis 50 ans pour arrêter de repeindre les murs et remettre en question,
du moins arriver à votre réflexion. Est-ce qu'il vous tarde les 50 ans à venir pour remettre en question ce que vous êtes en train d'affirmer aujourd'hui ? Voilà, donc petite question dérisoire. Seconde question. Le modèle que vous présentez, si on peut s'agir de modèle, en tout cas, la réflexion que vous posez est super intéressante parce qu'elle est quand même tout à fait diamétralement alternative à ce qu'on a vécu.
ensuite il y a des points sur lesquels j'aimerais que vous vous développiez un petit peu plus par exemple j'ai pas très bien compris où se situer quel était l'espace entre le fait de éduquer c'est à dire d'être conduit par quelqu'un d'autre et le fait de apprendre imbibé dans le milieu dans sur lequel on est.
Voilà, c'est-à-dire, j'ai l'impression qu'en fait, lorsque l'on apprend de ses pairs ou lorsque l'on apprend de son expérience, on ne fait jamais que reproduire du même, à quelque chose près, évidemment, parce qu'on est chacun des individus.
Et l'intéressant dans le fait d'éduquer, c'était justement d'aller à la rencontre d'alternatives. je ne parle pas là de l'école publique et de modalité je reviens aux définitions que vous donniez au départ et je trouve pas ça forcément mal effectivement, de sortir de son propre milieu ou de sortir de son environnement pour apprendre à l'extérieur donc, oui, je reviens à ça parce que, pour reprendre l'expérience de la dame qui disait qu'elle avait appris sortir de son milieu, finalement, pour... pour qu'il y ait une petite
étincelle dans la tête. Je crois qu'il y a... Oui, enfin bon. Voilà, il y a ça. Oui. Ensuite, il y a l'idée, pour revenir au film, de voir tous ces gens qui, effectivement, sont bons paysans, qui ont les yeux illuminés, clairs et les sourires joyeux, etc., et qui, donc, peuvent transmettre une forme d'enseignement par la répétition, en tout cas,
parce qu'on les voit faire et être heureux. Ils sont eux-mêmes... Ces sociétés sont elles-mêmes inscrites dans des hiérarchies de castes que l'on ne remet pas en question, justement, peut-être, parce qu'on n'est éduqué que dans son propre milieu.
Je veux dire que le modèle que vous proposez, vous allez me reprendre là-dessus, mais la voie, en tout cas, que vous proposez peut aussi être réfléchie dans ce sens, c'est-à-dire... Être éduqué, c'est aussi apprendre à remettre en question.
Je crois que c'est ça. Être éduqué, c'est aussi apprendre à remettre en question ses propres conditionnements. Et on le fait pas tout seul, ça, non plus. Alors j'apprends, j'ai deux manières pour apprendre, j'apprends par l'expérience et j'apprends par imitation, c'est à dire je regarde les autres faire et j'imite donc c'est ce que j'essayais d'expliquer j'apprends de mon milieu en ce sens que j'apprends des expériences favorables ou défavorables que j'ai dans mon milieu et j'apprends aussi par imitation en regardant comment
les autres vivent, comment les autres parlent, comment ils s'expriment, etc. donc j'apprends de mon milieu. Donc j'apprends seul, ça c'est sûr, personne ne peut apprendre à ma place et je ne peux pas apprendre à la place d'un autre.
Donc j'apprends seul, je ne vois pas pourquoi ça pourrait être discuté. Et, c'est bien, et j'apprends des autres bien sûr, j'apprends du milieu, et dans ce milieu il y a les autres, et dans les autres il y a ceux qui savent des choses que moi je ne sais pas donc lorsque j'ai besoin, j'ai un problème informatique j'essaie de bidouiller un petit moment et puis au bout d'un moment je n'y arrive pas, je vais chercher quelqu'un qui sait, bien évidemment mais c'est pas du tout la
situation de l'éducateur qui va je vais t'éduquer à la liberté, je vais t'éduquer à... c'est plus de l'éducation, il y a une contradiction dans éduquer à la liberté ou éduquer à autre chose c'est ça qui peut être questionné qu'est-ce qui me pousse moi à vouloir le bien de l'autre ?
c'est quand même important et au nom du bien d'un autre, c'est pour ça aussi qu'on est obligé d'ajouter « pour ton bien » parce que c'est tellement insupportable de dire à un autre comment il doit se comporter que je suis obligé d'ajouter « c'est pour son bien, c'est pour ton bien » je vous recommande au passage Alice Miller, le livre « c'est pour ton bien » bien sûr qui analyse très bien cette situation Voilà, donc, je ne crois pas avoir répondu à votre question, mais en partie,
certainement, probablement. Une dernière question. La question sera plutôt un témoignage, si vous le permettez. J'ai été, non pas éduqué, mais accompagné par mes grands-parents, qui m'ont apporté une certaine confiance en moi. Et cette confiance en moi s'est concrétisée de la façon suivante.
J'avais des facilités scolaires, mais je me suis ennuyé au collège, je me suis ennuyé au lycée. Et quand je voyais les différentes possibilités qui s'offraient à moi en termes d'éducation ou de diplôme, je ne trouvais pas ma voie.
Donc, pour pouvoir accomplir ce que je souhaitais, je me suis présenté au bac et j'ai volontairement évité d'aller à une des épreuves pour être sûr de ne pas avoir eu mon bac. Et effectivement, j'ai réussi à ne pas avoir mon bac.
Et je crois que c'est la chose qui m'a rendu le plus service dans ma vie parce que j'ai pu après apprendre ce que j'avais envie d'apprendre et réaliser, que ce soit personnellement ou alors dans le cadre de ma profession ou de ma famille, les choses qui, pour moi, comptaient et qui m'ont permis d'avoir une vie qui m'a apporté énormément de points positifs.
Et je pense qu'on est tous créateurs de notre propre réalité. Oui. C'est un peu long à expliquer, mais je vous renvoie donc sur les séquences vidéo. Voilà, si vous voulez, la question fondamentale que j'ai essayé de poser ici, c'est la distinction entre des éducations alternatives et une alternative à l'éducation.
C'est quelque chose qui est plutôt difficile à imaginer, mais ça vaut le coup d'y penser. Et encore une fois, si vous avez besoin de matériel pour vous aider à penser, nous en avons.
Venez vous renseigner ici. Et je vous invite, notamment, à participer à 3 jours de réflexion sur autonome en interdépendance du 22 au 25 août. Voilà. Merci. Merci.
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