Raphaël Colicci, une ode aux fruits oubliés ! Terra Incognita 2016 jour 7
Raphaël Colicci a transformé en quinze ans un terrain de grès stérile en un conservatoire de plusieurs hectares, en partant de zéro : pas de terre, pas d’humus, juste de la roche à 40 centimètres de profondeur. Il raconte comment des cycles successifs de couverture végétale et d’enfouissement de déchets organiques ont progressivement rendu le sol cultivable, pendant que son voisin, qui avait misé sur des apports massifs d’engrais chimiques, obtenait des oliviers deux fois moins productifs.
La visite passe par des fruits que la grande distribution a complètement abandonnés : l’asimine (ou « mangue banane »), introduite en France par Raphaël, qui met cinq à sept ans avant de produire mais donne alors des récoltes abondantes ; le sémineur résistant à moins 30 degrés ; la vigne des Babyloniens vieille de 6 000 ans ; ou encore des variétés de pêches et de raisins sélectionnées pour leur teneur en anthocyanes et polyphénols. Raphaël explique pourquoi la couleur intense d’un fruit est souvent un indicateur direct de sa densité nutritionnelle.
Un fil conducteur traverse toute la conversation : les variétés anciennes résistent aux maladies sans traitement, s’adaptent aux sols pauvres et supportent des écarts de température que les variétés modernes ne tolèrent pas. Raphaël évoque aussi son projet de murs d’abeilles, premier du genre en France métropolitaine, conçu non pas pour produire du miel mais pour maintenir des populations de pollinisateurs aux quatre coins de la propriété.
La discussion se termine sur la notion d’étalement des récoltes comme levier d’autonomie alimentaire : planter deux arbres de la même variété n’a aucun sens si l’on veut manger des fruits sur toute l’année. Raphaël et Thierry évoquent l’association Fruits Oubliés, ses correspondants régionaux et le travail de préservation du patrimoine végétal local, en soulignant que les aliments creux, appauvris en micronutriments par des décennies de sélection productiviste, sont aujourd’hui la norme dans les rayons.
📑 Au programme de la vidéo
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0:00Présentation du domaine et de RaphaëlThierry découvre le conservatoire près de Lodève et ses 300 variétés d’oliviers, dont certaines aux huiles légèrement sucrées.
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3:00Régénérer un sol de roche stérileRaphaël explique comment il a rendu cultivable un terrain sans terre en quatre cycles de couverture végétale et d’enfouissement.
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6:01Engrais chimique contre sol vivantComparaison directe avec un voisin qui a misé sur 50 tonnes d’engrais chimiques et obtient des oliviers deux fois moins productifs.
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9:00L’asimine, la mangue banane françaisePrésentation d’un fruit méconnu introduit en France par Raphaël, qui demande cinq à sept ans de patience avant de produire.
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12:00Variétés anciennes et résistance naturelleRaphaël détaille pourquoi les vieilles variétés n’ont pas besoin de traitement et résistent à des conditions climatiques extrêmes.
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21:04Anthocyanes, polyphénols et couleur des fruitsRaphaël explique comment la couleur intense d’un fruit signale sa concentration en composés actifs pour l’immunité.
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18:02Le projet de murs d’abeillesPremier mur d’abeilles de France métropolitaine, conçu pour maintenir des pollinisateurs sans récolte de miel.
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27:07Étaler les récoltes pour l’autonomie alimentaireRaphaël plaide pour diversifier les variétés du plus précoce au plus tardif afin de produire des fruits sur toute l’année.
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30:06Les aliments creux et la perte nutritionnelleLes fruits modernes ont perdu une grande partie de leurs anthocyanes et vitamines, ce que les chercheurs désignent maintenant sous le terme d’aliments creux.
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33:05L’association Fruits Oubliés et le patrimoine végétalThierry et Raphaël concluent sur le rôle de l’association Fruits Oubliés pour préserver et replanter les variétés locales en danger.
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Transcription de la vidéo
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Salut Raphaël. Bonjour. Je te remercie de nous accueillir chez toi, on est donc chez Raphaël Colicci, pas loin de Lodève. Tu peux nous parler un petit peu de ce que tu fais ici, parce que je trouve ça assez exceptionnel.
Je te remercie vraiment de nous accueillir comme ça. Alors, on est là devant un merveilleux pistachier. Magnifique ! Elles sont d'ailleurs mûres, c'est-à-dire qu'on peut les manger là en verre, et si on les laisse progresser, elles seront un peu plus craquantes et délicieuses.
Alors, plus globalement, on est au milieu d'une quinzaine d'hectares cultivés où principalement on a planté des oliviers, Alors, avec bien sûr un conservatoire de plus de 300 variétés d'oliviers, donc on vient de traverser le champ, aucun arbre n'est pareil.
Thierry Coullon-Maloy. Oui, chaque arbre c'est une variété différente. Olivier Roland. Voilà, et ça nous permet de faire des huiles de monosépage et donc d'avoir des goûts vraiment différents, de les adapter en cuisine avec du poisson, des viandes, des légumes et même des fruits puisque j'ai des variétés qui sont légèrement sucrées donc on peut faire aussi accompagner des sorbets.
Thierry Coulter. Alors dis-moi, l'histoire extraordinaire ici, on va revenir vraiment sur la diversité qu'il y a ici qui est juste absolument extraordinaire, c'est surtout que c'était un terrain où tu n'étais censé rien faire.
Tu peux nous expliquer un petit peu comment c'était à l'origine ? Oui, il y a 16 ans, on cherchait des terres pour cultiver et on nous a vendu celles-ci mais je n'ai pas pris conscience sur le moment que ça allait être très difficile.
Alors les premières analyses que la Chambre d'Agriculture nous a demandées ont montré qu'il n'y avait pas de matière organique d'une part mais surtout qu'il y avait quatre d'acidité puisque toutes ces terres sont donc des carrières où, pendant des siècles, les gens d'ici ont extrait cette pierre pour faire des mules, pour aiguiser les outils agricoles, et ça avait même du succès puisque c'était vendu en France bien sûr, mais en Espagne et en Italie.
Thierry Pichette. D'accord, et donc ce terrain, il était dit terrible. Olivier Roland. Oui, alors dès qu'on a essayé de faire des trous pour planter les premiers oliviers, l'appel mécanique est reparti parce qu'à 40 centimètres était la roche-mer de ce grès, et la personne a dit je ne vais pas vous faire dépenser d'argent et moi je ne vais pas casser ma pelle mécanique, donc voilà il est parti et j'ai trouvé un jeune qui venait d'acheter un tracto et qui avait besoin de travailler,
et petit à petit on y est arrivé. Thierry Leclerc Et alors dis-moi, comment en partant d'un sol stérile globalement, tu as pu, dans les grandes lignes, arriver, on va le visiter petit à petit, mais à un verger conservatoire qui est assez unique, on va dire, en termes de variétés.
Alors, je crois qu'il a fallu beaucoup de ténacité pour que ce sol commence à donner des signes de vie. On a planté de l'engrais organique, mais ça jaunissait, et on a planté des céréales comme l'avoine parce que ce n'est pas cher, et on a enterré, et au bout de la quatrième fois, il y a un grain qui est venu, et à partir de là, il y avait un auto-ensemencement.
Thierry Coulter. Oui, un cercle vertueux qui a été relancé. Olivier Roland. Qui a été relancé d'une part, et puis j'ai mis beaucoup de déchets végétaux qu'on avait par rapport aux récoltes, on avait d'autres vergers, d'oliviers en bas dans le ravin, et donc tous ces déchets végétaux, on les mettait sur les premières plantations.
Et au bout de 5-6 ans, on a eu de l'herbe, un peu d'herbe, et pareil avec le cover crop, on a enfoui sur 5 cm bien sûr. Et petit à petit, on a vu que nos plants d'olivier, ils poussaient, ils faisaient les premiers fruits et on y a cru tout le temps, on a toujours fait des apports et maintenant, après 16 ans, donc vous voyez, il y a 1300 oliviers, ils sont en pleine production,
ils sont jolis, eh bien, les premières oliveraies, on prend maintenant un peu de terre parce que de l'humus s'est formé et on en met quelques poignées, quelques sceaux auprès des nouveaux arbres qu'on a...
semencées, les arbres qu'on met actuellement. Thierry Marchetti. Oui, ce que je trouvais beau dans ton témoignage c'est que finalement en partant d'une terre stérile, 40 cm la roche mer, autant dire que dès qu'il pleut ça sature complètement j'imagine.
Olivier Roland. Oui, l'eau stagne, le cerisier n'aime pas, ni l'olivier d'ailleurs. Thierry Marchetti. Mais en partant de ça avec de la ténacité et avec de l'endurance, finalement tu as réussi quand même à avoir un sol qui permet un développement correct des arbres.
Olivier Roland. Oui, mais je n'ai pas le choix, On s'est installé, on a planté, et maintenant il faut donner de la nourriture en bio, en biodynamie. Alors la biodynamie bien sûr, vu qu'on travaille sur le sol, sur le terrain en fait, et donc on va aller beaucoup plus vite que s'il a fallu mettre des tonnes d'engrais futiles bio. Thierry Leccet.
Oui, c'est ça, souvent dans l'imaginaire on pense que quand on va mettre de l'engrais on va aller beaucoup plus vite, c'est faux, C'est complètement faux, tu me citais l'exemple d'un voisin finalement qui a balancé des quantités énormes d'engrais et qui a un résultat qui est moindre que le tien.
Thierry Leclerc On a commencé ensemble et il me disait que je travaillais à l'envers, qu'il fallait d'abord mettre 50-60 tonnes d'engrais chimiques et que jamais je n'aurais rien, etc. Et lui, on a planté la même année, et lui ses oliviers sont moitié moins gros et produisent 2 fois moins.
Ok, on va aller se balader un petit peu pour voir les différentes variétés que tu as. Avec plaisir ! ❤️ par SousTitreur.com Thierry Quintalier. Bon là Raphaël, on est devant quelque chose d'assez exceptionnel.
Je viens de le goûter là, c'est un fruit, tu peux me dire son nom ? Alors, c'est le fruit de l'aziminier, c'est donc une azimine, on l'appelle communément aux Etats-Unis la mangue banane, parce qu'effectivement, elle a le goût des deux. Thierry Lecce Le goût, oui, c'est entre la mangue, la banane et avec un côté crémeux en plus.
Donc, c'est une mangue banane crémeuse, c'est absolument fabuleux comme fruit. Moi, je dirais même, puisque tu es catalan, crème catalane. Thierry Lecce Crème catalane, tout à fait, j'apprécie, j'apprécie. Et là, on voit cette générosité.
Cet arbre-là, c'est un arbre par exemple que tu as introduit en France, tu as été le premier à l'amener en France. Olivier Roland Oui, disons qu'on lui a donné une autre dimension, déjà en créant ce premier conservatoire où on a une quarantaine de variétés, et mon fils, la pépinière du Bosque, en vend depuis très longtemps, et a fait connaître ce fruit à tous ses clients, et il a un grand succès avec ce fruit.
Thierry Marcet Et c'est un fruit qui est particulièrement intéressant parce que je crois qu'il résiste à des froids assez intenses, non c'est ça ? C'est un fruit sacré des indiens d'Amérique qui certainement ont dû l'amener avec eux à travers le détroit de Berlin en venant d'Asie.
Et donc ce fruit, au départ certainement tropical, s'est adapté au fil des siècles et des millénaires pour être maintenant cultivable en zone tempérée. Moi j'ai eu moins 18, ça n'a pas bougé.
et je crois qu'il peut aller jusqu'à moins 20. Thierry Leccercie On m'a parlé de moins 20, effectivement. Donc, pour toutes les personnes qui se languissent des fruits tropicaux en France, là on a par exemple un fruit qui est quasiment inconnu, nulle part tu trouves des azélines. Richard Ferrand Ah non, et puis, une fois que quelqu'un a goûté à ce fruit, il en tombe amoureux.
Alors, je voudrais mettre en garde les amateurs de fruits rares et de fruits qui ont du goût, qu'il faut un peu de patience. D'ailleurs, dans leur symbole, les indiens Papao ont ce fruit et cet arbre qui leur apprend la patience parce qu'il met 5 ou 6 ans avant de vraiment démarrer, et donc vous pouvez vous impatienter, surtout maintenant avec les variétés modernes, on a des variétés qui donnent des fruits au bout de 2 ans, et bien là, il faut un peu plus,
il faut au moins 5 ans, mais alors quand ça commence à produire, Thierry Leclerc c'est énorme ! disait qu'ils ont 10 ans mais sur un terrain qui est très mauvais. Thierry Leclerc Oui, ici on n'a pas de terre, et celui-ci il a 7 ans.
Thierry Leclerc 7 ans, 7 ans et là tu as je ne sais pas combien de kilos de fruits. Thierry Leclerc Ah oui, mais cette année ce n'est pas une bonne année, il y a 2 ans on avait des cajots, on remplissait les cajots.
Thierry Leclerc Oui, et puis c'est vraiment un fruit nourrissant, effectivement ça a le côté fruit exotique, tu sais, ça fait penser à des fruits d'Asie, ce côté plein, entier, crémeux, sucré à la fois, c'est juste... Oui, ça vous emporte ailleurs, dans le rêve.
Thierry Leccesi Fabuleux ! Voilà encore un fruit qui est complètement ignoré et qui pourrait être répandu, qu'on pourrait cultiver partout en France. Bien sûr, il faut un peu d'ombre au départ, on oublie que malgré le sucre de ce fruit, pour qu'il pousse au départ, il faudrait l'ombrager un petit peu.
Oui, parce que c'est un fruit qui est natif des forêts du Nord Amérique un petit peu. Voilà, c'est ça. C'est un peu comme tu me parlais aussi des agrumes, tu me parlais du mandarinier par exemple, c'est intéressant ce que tu disais parce qu'on a tendance à les mettre en plein soleil alors qu'en fait tu me disais que ce n'est pas du tout ça.
Thierry Le biotope de l'agrume était il y a 5000 ans dans la forêt primaire, et c'est un peu pareil pour ce fruit, il a besoin d'un peu d'ombre pour se développer, et je pense que jusqu'à 10 ans il faudrait le protéger, ce que je n'ai pas eu le temps de faire.
Thierry En mettant des ombrages artificiels ou des choses comme ça. Thierry Oui voilà, de l'ombrière. Et de connaître aussi le biotope normal des fruits, ça permet de ne pas faire d'erreur quand on les fait pousser.
On peut savoir où est-ce qu'ils poussent en vérité. C'est comme nous, quand on connaît nos origines, ça va mieux. Allez, on va continuer la balade. Voilà, on est dans ce que tu appelles le jardin d'Eden, c'est ça ?
Oui, j'ai voulu dans ce lieu autour du puits réaliser le meilleur de chaque collection de fruits. Donc là, on est devant le meilleur kaki, ensuite il y a le meilleur abricot, à mon goût bien sûr, le goût de rhum qui revient.
Thierry Lecce Exactement, on dirait des raisins trempés dans le rhum, c'est rhum raisin. C'est juste ça, c'est extraordinaire. Thierry Leclerc Voilà, rhum cognac. Thierry Leclerc Rhum cognac, oui. Et c'est, donc qu'est-ce que c'est comme variété de kaki ?
Thierry Leclerc Alors, c'est déjà un Virginiana. Thierry Leclerc Voilà, c'est Diosporos Virginiana. Thierry Leclerc Voilà, et là c'est le Mideur.
Thierry Leclerc Le Mideur, et d'ailleurs qui est, on voit ça fait des grappes surabondantes. Thierry Leclerc Oui, on en mange depuis déjà un moment, et là c'est la fin, il reste encore pas mal de récoltes.
Alors dis-moi, ce qui me paraît intéressant dans les arbres que tu as aussi, c'est que ce sont des arbres des variétés relativement anciennes, et on en parlait tout à l'heure par rapport à la capacité d'adaptation au sol, la capacité à donner du fruit dans des conditions climatiques qui évoluent énormément, ça c'est aussi un vrai challenge.
Thierry Leclerc Alors, ce qui est intéressant avec toutes ces vieilles variétés, c'est que d'abord elles ont du goût, tu as pu le remarquer, voilà, ensuite elles sont résistantes aussi bien à la chaleur que résistantes au froid. Le semideur, il résiste à moins 30, c'est quand même particulier.
Ensuite, ils ont une telle rusticité, alors je ne sais pas si c'est les feuilles qui dégagent ou si c'est leur génome en fait, eh bien, il n'y a pas de maladie. Alors, c'est fabuleux, on n'a pas besoin de traiter, et je crois que l'économie agricole de demain doit être faite avec ces paramètres, par rapport à l'environnement, par rapport aux nappes phréatiques, et aussi par rapport à la santé des êtres humains. Thierry Coulter.
Oui, bien sûr, parce que tout ce qu'on ne balance pas sur les arbres, on ne le balance pas dans le vieux. Pierre Joliot. Voilà, on le reçoit après. Thierry Coulter. Et donc sur ces variétés anciennes, c'est vraiment le challenge aussi, c'est d'avoir à la fois des variétés goûteuses et avec une résistance hors pair.
Par contre, il faut retrouver tout le patrimoine. Comment tu as fait, toi, pour retrouver tout ce patrimoine ? Pierre Joliot. Alors, c'est très long, et puis il y a des associations comme Fruits Oubliés. On est là aussi, pourquoi est-ce qu'il est oublié ?
Et croqueurs de pommes, et puis il y a aussi de par la France et de par le monde énormément de gens qui veulent préserver leur culture en fait, ils sont fiers de garder leur patrimoine intact. Et malheureusement, on s'aperçoit quand on chiffre ce qui reste, eh bien 75 % de la biodiversité cultivée a disparu. Raison de plus pour se battre barrage-pied pour les 25 % qui restent.
Thierry Samitier-Lacroix Voilà, et en France on a une diversité de climats, de sols, de terroirs, et en fait je suis persuadé que si la France a été un des plus grands pays pour la cuisine, c'est parce qu'il avait à sa disposition des milliers et des milliers de variétés, et que les cuisiniers, les cuisinières avaient à leur disposition énormément de choix en fait.
Maintenant, on n'a plus le choix. Thierry Samitier-Lacroix C'est vrai qu'on parle de culture, souvent on parle de culture littéraire, culture artistique, les danses folkloriques, les habits folkloriques, et on oublie qu'après la première culture c'était déjà les semences propres à un pays, c'est ce qui faisait l'identification.
Olivier Roland Oui, c'est ça la base de l'agriculture, et c'est ce qui a fondé notre alimentation, C'est cette biodiversité que nos ancêtres ont mis dix mille ans à adapter au climat et à adapter au sol de chaque région, parce qu'aussi bien on s'aperçoit qu'une pomme, même de la même variété, ce n'est pas la même suivant le terroir.
Thierry Lecce Oui, parce que le sol fait énormément du goût des pommes. Je me souviens avoir goûté des golden dans le limousin, et je me suis dit que je comprends pourquoi c'est la pomme du limousin, parce qu'elle a un goût là-bas qui est incomparable.
Et donc avec l'association Fruits Oubliés par exemple, c'est vraiment ce que vous mettez en valeur, c'est-à-dire vous portez ça, il y a Fruits Oubliés, il y a Croqueur de Pommes, ce sont des associations, quels sont leurs buts ?
Thierry Leclerc Et bien c'est de préserver cette biodiversité fruitière, et dans chaque région, les comités font un inventaire des ressources locales. Thierry Leclerc Des variétés propres à cette région.
Bien sûr, souvent, ce sont des ouvrages littéraires de Linné ou d'autres grands écrivains qui ont mis en mémoire ces variétés, et donc on peut se référer à des livres, on peut se référer aussi à des gens qui ont de l'expérience.
Par exemple, Pierre Racamond est une vraie bible pour nous, les arboriculteurs, puisque Pierre Racamont a pendant longtemps sauvegardé la biodiversité fruitière et il enseigne encore dans le Vaucluse et dans PACA des stages et il forme les jeunes générations.
Donc vous voyez, il y a aussi ce capital humain de personnes qui ont engrangé des connaissances par rapport aux variétés de fruits, par rapport à leur mode culturel. Et ce qui me semble important, et ce que j'essaye de faire aussi, c'est quand je sauvegarde une variété, j'aime bien sauvegarder l'usage.
Thierry Samitier-Lacroix Par exemple, un fruit c'est fait pour être mangé, mais avant d'être mangé, on peut aussi le cuisiner ou l'adapter. Thierry Samitier-Lacroix J'utilisais d'autres parties de l'arbre, par exemple, souvent il y avait de multiples usages, et c'est vrai que souvent aussi quand on s'intéresse à ces plantes, ces plantes qui sont un petit peu en voie de disparition et qu'on essaie de réhabiliter, on rencontre aussi souvent des espèces d'encyclopédies vivantes, des hommes de savoir finalement assez...
je pense tout à l'heure on évoquait Maurice Chaudière par exemple, des gens comme ça qui ont un savoir encyclopédique, fait d'expériences de terrain aussi qui est juste fabuleux, c'est une aventure complète.
Thierry Coulon-Rechercheur Voilà, c'est un tout, et en fait c'est notre culture. Thierry Coulon-Rechercheur C'est notre culture. Allez, on va continuer la petite balade ? Thierry Coulon-Rechercheur Ne mange pas la peau.
Thierry Coulon-Rechercheur Moi je la mange, franchement je n'ai pas si hâte. Non, mais toi tu es spécial. Thierry Marchetti. Alors là Raphaël, on est devant un autre projet aussi, puisque quand on parle d'arbres fruitiers, il ne faut pas oublier les pollinisateurs des arbres fruitiers, c'est évident. Et les abeilles c'est extrêmement important, j'en ai vu énormément de ruches chez toi, et là ce projet tu pourrais nous en dire quelques mots ?
Raphaël Vidal. Alors, l'abeille est vitale à l'agriculture, les américains sont mordus les doigts à force de polluer, et bien depuis 2 ou 3 ans ils n'ont pas de récolte d'amandes, et ils perdent des milliers de dollars puisque c'est un gros fournisseur d'amandes de par le monde.
Alors, et voilà, et donc la France c'est pareil, il y a trop de pesticides et trop d'abeilles meurent, en plus le varroa et d'autres maladies font que ça fragilise les ruches et la production de miel.
Alors Maurice Chaudière a travaillé depuis longtemps sur ce projet de murs d'abeilles, donc nous avons réalisé le premier en France métropolitaine avec à la fois des variétés différentes d'abeilles et puis nous allons installer des pollinisateurs, des plantes qui vont aussi donner de la nourriture et du pollen pour ces abeilles.
Et nous ne récolterons pas le miel, c'est simplement une réserve. Thierry Coulter On leur offre un habitat pour... R.L. Avec des plantes millifères tout autour. Thierry Coulter D'accord, pour qu'elles puissent se multiplier déjà, et pour qu'elles puissent assurer leur rôle de pollinatrice.
R.L. Voilà, et on en a aux 4 coins de la propriété pour un peu disperser les habitats et aussi favoriser la pollinisation tout autour, parce que vous savez, l'abeille peut aller jusqu'à 4 km.
Thierry Samitier-Leclerc Donc là, on est vraiment dans ton jardin d'Aden, tu pourrais nous décrire un peu les variétés que tu as par là ? Alors, ce sont des variétés un peu rares dans chacune des thématiques, là c'est Olea trubolea, c'est une olive un peu sucrée, j'ai déjà réalisé des sorbets avec.
Ensuite, il y a donc cette cerise, c'est une cerise très précoce dont je n'ai pas le nom, mais qu'on a ici le 1er ou le 2 avril, et ce n'est pas un poisson d'avril. Thierry Lecce Oui, et puis tu es à 400 mètres quand même en pré-Sévennes, donc il fait froid.
J.-L. M. Il fait froid. Ensuite, nous avons le plus vieux yuzu de France. Thierry Lecce Donc le yuzu, c'est un agrume ? C'est un agrume qui a d'énormes... Ce qui est c'est son goût et son odeur, il a une odeur très spécifique, il est très prisé par les grands chefs pour cuisiner avec le poisson, pour faire aussi des desserts, voilà. Là nous avons un très vieil abricotier qui a 5000 ans, qui vient d'Arménie, d'où le nom de l'abricotier en latin
c'est Prunus armenica, et là ça fait des tout petits abricots mais en grappe, et le long du tronc, c'est vraiment, alors on l'appelle aussi balle de bousquet, mais voilà, il est vraiment très ancien.
Là, on a une amande en forme de cœur qui est très intéressante, Ici, c'est une dernière acquisition d'une pêche jaune fluo. Alors, la couleur m'intéresse beaucoup dans les fruits puisque plus c'est foncé, plus la couleur est un peu particulière, et plus je vais aller rechercher les anthocyanes.
Thierry Quinzale D'accord, tu peux m'expliquer exactement. Thierry Quinzale L'anthocyane, ça fait partie des familles des polyphénoles, de ce qui est très actif pour la santé. Alors d'une part, je recherche les polyphénols et d'autre part les anthocyanes qui sont non seulement pour la nourriture mais qui vont aussi développer tout ce qui va préserver notre santé et surtout l'immunité, voilà. Alors, j'ai choisi pour représenter les vignes ma collection de plus de 620 variétés de raisins de table,
celle que j'ai trouvée la plus étonnante est la vigne des babyloniens qui a 6000 ans et qui les grappes font de 80 à 1 mètre centimètre. Alors, c'est un petit raisin blanc mais que je trouve un peu fragile.
Alors là, ce n'est pas des vrais grappes, c'est les grappillons puisqu'on a déjà récolté. Et ensuite, l'autre vigne qui est là, qui est par contre celle-ci très bonne au goût, c'est la vigne de César d'il y a 2000 ans, et là c'est un grain très allongé en forme de tétons et qui est très craquante, on sent que la peau est épaisse, il n'y a pas de maladie, voilà, c'est vraiment exceptionnel.
Thierry Lecce. Oui, alors la chose que je remarque là c'est que tu parles, tu as combien de variétés de raisins, tu disais 650 ? Thierry Lecce. 630, un peu plus, voilà. Thierry Lecce.
Et c'est vrai que pour la plupart des personnes qui vont écouter cette vidéo, quand tu as du raisin tap, tu as le blanc et le rouge, c'est tout. Et on se rend compte de l'extraordinaire pauvreté finalement, on vit dans un monde où on te dit on vit dans un monde d'abondance, de richesse et tout, mais la pauvreté des denrées alimentaires qui est proposée...
Alors, il y a toutes les nuances de couleurs, il y a des rosés, il y a des rouges foncés, des rouges clairs, mais ce n'est pas la question de la couleur, c'est vraiment les goûts, les goûts qui sont très différents, il y a tous les hybrides interdits, j'espère pour pas très longtemps car...
Qu'est-ce qu'ils ont de particulier ces hybrides en vigne ? Parce que c'est un gros challenge ça aussi, et je sais pas si les fruits oubliés m'ont dit du coup pour ça. Thierry Leclerc Oui, fruits oubliés est en train d'aboutir après plusieurs années de travail à réhabiliter tous ces cépages qui étaient cultivés dans les CVN un peu partout et qui ne nécessitaient aucun traitement, mais ils avaient ce goût foxé, et on les a souvent taxés de vins qui rendent fou, mais là les études sont en
train d'être faites et il n'y a aucun problème, c'est simplement le lobby du vin qui ne voulait pas que tous ces agriculteurs, tous ces jardiniers, avec 10 pieds de vignes, ils faisaient leur vin pour l'année quoi.
Thierry Lecce Oui, parce que non seulement en termes de productivité, en termes de résistance aux maladies, en termes aussi de multiplication, tu pouvais les multiplier simplement en faisant du bouturage, donc ce n'était pas intéressant.
JLM C'est des plans directs, voilà. Alors, on a dans cette gamme de raisins, bien sûr, une trentaine qui sont donc vitis vitifera, mais on a vitis labrusca, qui sont tous ces vins à connotation foxée. Ensuite, j'ai une collection de l'Est de la France qui est venue par l'Allemagne et par la Hongrie, quand les turcs ont envahi la Turquie, ils ont amené du sucre dans le raisin.
Voilà, et donc on a des variétés du Nord qui résistent à des températures très froides, mais sucrées, ce qui est rare, voilà. Donc, on apprend un peu aussi l'histoire, la géographie en préservant la biodiversité.
Oui, parce qu'en plus quand on parle de fruits la plupart du temps, les gens disent ok, dans le sud de la France vous avez des fruits, mais dans le nord de la France il n'y a rien, en fait c'est complètement faux, on peut avoir des fruits dans le nord de la France. Alors, quand j'élabore un conservatoire de chacun des fruits, surtout pour les fruits plutôt méditerranéens, je m'attache toujours à trouver les variétés qui peuvent être cultivées dans le nord de la France,
qu'on appelle les variétés du froid. Voilà, je l'ai fait pour le kaki, pour la grenade, pour les raisins, pour les figuiers aussi. Il y a des figuiers qui sont allés en Suède et ça pousse très bien.
Je vais vous le faire voir, il est là. Thierry Samitier-Leclerc. Mon âme de catalan a un peu de mal à le croire, mais les meilleures figues sont quand même catalogues. Olivier Roland.
Oui, évidemment, les colles de dames, etc. Thierry Samitier-Leclerc. Les colles des chignons, oui, c'est parfait. Olivier Roland. Mais voilà, ce que je trouve bien à notre époque, c'est qu'au lieu de faire venir des fruits à l'autre bout du monde, eh bien, des variétés ont déjà existé et sont adaptées.
Vous prenez l'exemple de la cerise, la cerise on croit que c'est simple, mais non, la cerise c'est tout un monde, il y a la cerise anglaise, il y a le bigarau, il y a la guigne, il y a la griotte, il y a l'amarelle, tout ça ce sont des variétés.
Et en plus, une déclinaison multiple. Alors, je dois avouer que dans mes recherches, j'ai subi un demi-échec, j'espère pas un échec complet, c'est dans la recherche de cette cerise, la symphiacre, qui vient au mois de novembre, dans le nord de la France.
Thierry Samitier-Leclerc – Une cerise de novembre ? Olivier Roland – Voilà, qui, on a… Thierry Samitier-Leclerc – Quand on est avec les enfants, il n'y a pas longtemps, il me dit « Ah, moi je voudrais des cerises à l'automne », je dis « Mais non, ce n'est pas possible », elle aussi. Olivier Roland – Alors, il y a de la griotte de Toussaint mais elle finit, les dernières finissent fin août, mais cette variété était cultivée, récoltée. Et je suis allé en Belgique,
dans l'Henneburg, ensuite des amis ont essayé de trouver ça au Danemark, à chaque fois qu'on dit ça il y en a, une fois qu'on la plante, ce n'est pas tout à fait ça. Donc, elle nous échappe, certainement dû au réchauffement climatique, mais vous voyez, c'est aussi une autre thématique très importante qu'on a ici, c'est de rechercher les variétés très très très précoces comme cette cerise du 1er avril et la synthiacre du 1er novembre.
Thierry Samitier – Pour avoir toute l'année, avoir du fruit toute l'année. Olivier Roland – Et là malheureusement le sanglier nous a mangé les dernières mais il y a la tuchina de novembre qui aurait été mûre le 4 novembre.
Voilà c'est une pêche, etc. Bon, je vais la replanter, mais pour vous dire que la saisonnalité est aussi très importante quand on veut aller vers la souveraineté alimentaire, quand il faut que chacun, au lieu d'acheter deux burlas, moi j'ai souvent vu dans les magasins, les gens achetaient deux arbres de la même variété. Thierry Campanotto – Ils ont toutes les cerises en même temps.
Olivier Roland – Voilà, c'est vraiment idiot, il faut étaler les récoltes, Et je crois qu'on aura de l'autonomie alimentaire quand on sera capable de mettre toute une gamme, aussi bien dans les pommes que dans les poires, que dans les prunes, que dans les figues, etc., de l'extrêmement précoce à l'extrêmement tardif. Thierry Coulter Oui, parce que dans les pommes, par exemple, on peut récolter de la pomme de juillet ou de début août avec la
pomme de Saint-Jean, puis on peut aller vers des cours pendus, des choses comme ça, qu'on va récolter en avril, donc on fait quasiment l'année. Voilà, et après, vous pouvez les sécher, voilà, bien sûr.
Alors, pour la figue, on a juste là en face un figuier qui sera mûr juste avant Noël. Voilà, ce qui s'appelle le petit Noël d'ailleurs. Thierry Le Petit Noël, un figuier mûr juste avant Noël, c'est-à-dire ? Olivier Roland Voilà, parce qu'il est fait 3 fois.
Thierry Donc juin, août, août septembre. Olivier Roland Août et Noël, voilà. Voilà, donc vous voyez que la nature a prévu. Thierry Coulter C'est cette richesse qui est à redécouvrir.
Olivier Roland C'est pour ça que quand quelqu'un trouve une variété un peu qui lui semble bizarre, qui lui semble exceptionnelle, dont la saison ne correspond pas, eh bien qui se rapproche de son association la plus proche que ce soit croqueur de pommes ou que ce soit fruits oubliés, ou d'autres associations, parce qu'il y en a maintenant beaucoup beaucoup en France, le consommateur en a marre de manger du fruit qui n'a pas de goût, plein de pesticides.
Thierry Samitier-Richard « Sans principe thérapeutique, sans principe alimentaire parce que c'est juste de la faute de la mauvaise eau. » Je tiens à dire, parce que je défends cette cause depuis très longtemps et je n'avais pas tous les arguments scientifiques, mais grâce à une étude canadienne et américaine, Nous savons maintenant que les fruits d'avant 1950 ont jusqu'à 100 fois plus de principes actifs que les fruits modernes.
Et donc, ces scientifiques qui se sont penchés sur la question appellent tous ces fruits et ces légumes modernes qui ont perdu beaucoup en anthocyane, en polyphénol, simplement en vitamines, on les appelle maintenant les aliments creux.
D'où l'importance d'aller chez votre maraîcher bio qui fait des variétés anciennes, chez votre arboriculteur qui lui va vous donner le meilleur puisque ça a du goût, ce n'est pas traité, voilà, et vous allez le payer.
Thierry Leccet. Surtout avec des variétés anciennes, on va pouvoir avoir encore du contenu nutritionnel. Olivier Roland. Bien sûr, alors même si vous allez le payer 10 ou 20 % de plus, ce n'est pas un aliment creux, la mauvaise qualité est toujours trop chère de toute façon.
Thierry Leccet. Et puis là aussi il y a une aventure, enfin moi je le dis souvent à des jeunes que je rencontre qui me disent voilà, je ne crois plus aux valeurs de ce monde, et là je dis mais attends, il y a une vraie aventure qui t'attend, c'est retrouver toutes ces variétés, planter, planter, planter, parce que là tu fais ça pour le bien de tout le monde quelque part.
Thierry Lalonde. Voilà, il faut aussi le productivisme à ses limites, puisque on arrive à produire des tonnages énormes, et puis on ne les vend pas, donc on les écrase, on les brûle, et voilà, alors qu'il vaut mieux, bien sûr, parce que ces arbres anciens ont un inconvénient, c'est qu'ils produisent moins, il faut le dire, il ne faut pas cacher.
Oui, beaucoup, sauf les pruniers peut-être, mais beaucoup d'arbres anciens sont quand même moins productifs, avec des calibres plus petits, voilà. Donc, il ne faut pas mentir non plus aux gens, mais la qualité est là, et voilà. Thierry Coullons Et puis, disons que le contenu nutritionnel dans une grappe de raisin ancienne va être équivalent à 2, 3, 4, 5 grappes de raisins beaucoup plus plein d'eau et qui est fadasse.
Regardez maintenant les vignerons qui s'attachent à faire de la qualité, eh bien, ils réduisent, ils taillent court pour ne pas faire pisser la vigne, mais lui faire donner le meilleur de chaque variété. Thierry, bon là Raphaël, on est encore devant une autre variété de kaki, tu me disais qui vient d'où celle-là ? Raphaël, elle vient d'Afghanistan, c'est en fait un cousin à Diospyros lotus, le kaki sauvage,
et les afghans ont des forêts, des grandes forêts de centaines d'hectares de cet arbre qui produit des centaines de tonnes. Tu vois, cet arbre tout petit déjà, il y a de quoi manger dessus.
Et donc, ils mettent un drap dessous, ils secouent, et ils le font sécher. Et tout l'hiver, ils l'utilisent. Alors, les enfants, quand ils partent à l'école dans une jarre, ils en prennent des poignées au lieu de prendre des marses.
Oui, d'ailleurs, le goût est plein, sucré, c'est extraordinaire comme goût, c'est riche. C'est très riche en glucose, avec certainement un brix autour de 18. D'accord, Brix c'est quoi ? C'est le rapport sucre dans le fruit.
Wow, d'accord, ok, extraordinaire. Alors bon, on pourrait y passer des heures, on pourrait en parler pendant des heures, c'est pour ça que j'avais aussi envie que cette vidéo soit là pour faire la promotion vraiment des personnes qui croient en la diversité fruitière, qui se rassemblent ensemble.
Il y a une association fruits oubliés, il y a une revue fruits oubliés pour tous ceux qui ont envie de tenter l'aventure des fruits originaux, qui croient vraiment en cette association. Ah ben, c'est primordial, quand M. Catoir l'a créé, eh bien, on a été nombreux derrière cette association, et il faut qu'elle perdure parce que c'est de notre patrimoine végétal dont il est question, et toutes ces variétés, il faut qu'elles revivent, il faut qu'elles reviennent dans les jardins,
il faut qu'elles soient présentes chez les agriculteurs parce que l'agriculture de demain ne pourra pas épargner le fait de ne plus mettre de pesticides, il va falloir vraiment changer de mode de culture car vraiment la planète est en danger.
Thierry Samitier-Lacroix Et puis retrouver cette variété locale, chaque région a ses goûts, ses couleurs, c'est fabuleux, c'est juste extraordinaire. Thierry Samitier-Lacroix Voilà, et l'association Fruits Oubliés est ancrée dans de nombreux terroirs, et les correspondants, les passionnés nous relatent des variétés à sauvegarder, et c'est ensemble qu'on va réussir à reprendre un peu goût à tous ces arbres et à toute cette biodiversité.
Thierry Leccet. Oui, et puis il y a des grands rassemblements aussi fruits oubliés en novembre, il y a un grand rassemblement. Olivier Roland. Oui, tous les derniers dimanches de novembre, il y a la grande fête de Saint-Jean-du-Gare, la fête de l'arbre, voilà, avec Dimanche vert.
Thierry Leccet. Un moment extraordinaire. Olivier Roland. Eh oui, puisque là, vous avez la concentration de pépiniéristes, vous avez des associations qui vont vous parler de leur travail qu'ils font sur le terrain, et chacun unit autour de la biodiversité, autour du goût retrouvé.
Thierry Leccerci Merci Raphaël, merci de nous avoir consacré du temps, merci pour cette dégustation aussi, ça vaut le coup de faire des vidéos comme ça, je te remercie beaucoup. Raphaël Merci. Thierry Leccerci Merci pour ton accueil.
Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
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