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Produire et bouturer à l'infini, les Vignes et les Figuiers

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L'équipe RGNR
117 vues • Publiée le 12/02/2024

Cette vidéo se déroule en Catalogne, dans la propriété familiale de Thierry, où poussent des vignes non greffées d’anciennes variétés comme l’Othello et l’Isabelle. Thierry explique pourquoi ce détail est fondamental : une vigne greffée ne peut pas être bouturée à l’identique, alors qu’une vigne franche de pied se reproduit facilement à partir d’un simple morceau de bois de deux ans ou plus.

Vous verrez les gestes précis pour prélever une bouture valable : choisir du bois structuré avec deux ou trois yeux, supprimer les pousses de l’année, couper en biseau pour maximiser la surface d’échange, et orienter la bouture vers le sud à 45 degrés pour qu’elle résiste au vent du nord. Thierry aborde aussi la technique des anciens qui humectaient immédiatement la coupe pour éviter le dessèchement.

La deuxième partie de la vidéo se passe dans la vallée de Tautavel, autour d’un figuier ancien dit « le millénaire », construit sur un puits aujourd’hui à sec. Thierry montre comment distinguer un rameau vivant d’un rameau en train de mourir, comment lire l’état d’un bourgeon apical, et pourquoi il est urgent de prélever des boutures sur un arbre affaibli avant de le perdre définitivement.

Au fil des deux séquences, Thierry revient sur des principes généraux applicables à d’autres espèces : grenadier, néflier, pêcher. Il insiste sur la logique de multiplication gratuite et autonome, où une seule vigne vigoureuse peut donner cent pieds, et où chaque taille est une occasion de prélever du matériel végétal sans rien dépenser.


📑 Au programme de la vidéo

Transcription de la vidéo

Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.

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Musique Donc là on est sur une vigne noire, donc c'est une vigne blanche non grittée, C'est ça qui est super important et c'est ça qui est super rare, bon, il faut essayer d'avoir des vignes. La plupart des vignes qu'on va trouver dans les vignes sont greffées, en fait si on prend un greffon ça ne va rien donner. Alors que là, comme ce sont des vignes néangreffées, c'est des vignes anciennes, on peut se permettre de prélever un bout de bois et puis ça va redonner la vigne à l'identique. Donc là,

on va prendre du bois qui est un peu âgé, tu vois, si on prend ces petits bouts-là, ça c'est des pousses de l'année, ça ne va rien donner du tout. Par contre là, on est sur du bois qui est plus structuré, c'est au moins du bois de 2 ans, C'est difficile à voir, mais quand on a de la structure comme ça, ce n'est pas mal.

Et là, si on veut faire des boutures, c'est simple, on va couper comme ça, on va couper ici, on a ce bout-là, on vire tous les petits bouts comme ça, sinon ça ne sert à rien.

Et après, on se fait des petits bouts avec 2-3 yeux, tu as les yeux qui sont là. Regarde, tu te montres, ça c'est un oeil, tu vois que c'est un endroit où ça peut bourgeonner.

1, 2, 3 yeux, clac ! 1, 2, 3 yeux, clac ! Et puis là, on va garder ce grand bout. Et donc ça maintenant, on va le mettre dans la terre tout simplement, soit on le met dans un pot, puis on attend que ça racine, et puis après on laisse développer, soit le mieux, le mieux, le mieux, c'est de le mettre en place directement, comme ça il va faire ses racines directement,

et après le pied est parti. Et à partir de ça, tu peux avoir un grand pied comme ça. Donc si tu veux, on va en récolter quelques-uns. Thierry, génial !

Thierry, et ça, ça marche bien sur les vignes non greffées, sur les figuiers bien sûr, après on va faire des figuiers, le grenadier aussi, ici en Catalogne il y en a beaucoup de grenades, le grenadier la plupart du temps il n'est pas greffé, tous les arbres qui ne sont pas greffés, ça peut très bien marcher.

Thierry, tu peux reproduire comme ça par mouture, ok. Thierry, sur le pêcher, tu vois, je n'ai jamais essayé, mais du pêcher des noyaux, je pense que ça peut être intéressant, j'aimerais bien essayer.

Thierry, si les noyaux ça marche... Thierry, quand on va faire de la taille, j'aimerais bien essayer. De toute façon, on ne risque jamais rien, tu prends des rameaux, tu les plantes dans la terre et tu vois ce que ça donne.

Si ça reprend, ça reprend, si ça ne reprend pas, c'est pas grave. On y va, on le dépouille un peu ? Tatiane. Ok, génial.

Thierry. En plus, la vigne, l'avantage c'est que même si tu la tailles sec, elle va repartir de pubelles. Voilà, par exemple, tu vois sur celle-là, on pourrait très bien couper là, et là tu fais des sections.

Alors après on va voir comment elle va reprendre parce que sans vouloir faire de médisances, mes parents ne suivent pas énormément leurs arbres, et comme là on est chez mes parents, et je pense qu'au niveau arrosage, même si la vigne ça se débrouille par lui-même d'habitude, mais vu les sécheresses qu'on a ici en Catalogne, il faut quand même un peu d'arrosage, Et je ne sais pas comment elles ont été suivies cette année.

Mais bon, je pense quand même qu'on va se débrouiller. Thierry, au niveau des boutures, c'est vrai que j'ai l'habitude de couper au-dessus d'un œil. Ou de laisser un peu plus la partie qui va être en terre, de laisser la plus longue partie là.

Thierry Castaner Si possible, il ne faut pas laisser un œil en terre, on dit souvent. Il faut mettre du bois mais pas de l'œil en terre. Et là, je suis assez d'accord.

Voilà, on fait les morceaux propres, et puis on va les mettre tout de suite en terre. L'idée c'est de laisser la bouture se dessécher le moins possible. Moi j'ai vu des anciens, tu sais que quand ils coupaient une bouture comme ça, immédiatement ils humectaient, ils humectaient le bout comme ça, pour que ça ne reste pas sec.

J'ai vu des grands-pères qui faisaient ça. Tout de suite ils foutaient la bouture à la bouche, et puis s'ils devaient la garder quelques minutes, ils passaient d'un côté et de l'autre. Il est humidifié en permanence.

Thierry, et puis ça désinfecte aussi un peu la partie qui a été abîmée par la coupe peut-être un peu ? Thierry, ou je pense que ça a un effet… Romain, ça dépend de ce que tu as dans la salive. Thierry, ouais, ouais, mais il paraît que la salive c'est désinfectant.

Romain, ça infecte à l'inverse. Thierry, sur les plaies tu peux utiliser la salive pour… Romain, mais là tu vois c'est génial parce que potentiellement, tu vois même si on a 50 % de reprise, là tout de suite tu as une quinzaine de pieds de vignes, une vingtaine de pieds de vignes là qui sont dispo gratos, et puis qui eux-mêmes vont donner un…

Parce qu'en plus, si la vigne est bien vigoureuse, là tu vas pouvoir lui en prendre dessus, tu peux faire 100 pieds avec une vigne. Donc c'est quand même assez bluffant. Et là tu vois, sur le grenadier qu'on a là-bas, on va pouvoir aller faire la deuxième vigne si tu veux, tiens, je te donne cette bouture.

Celle-là, viens voir la seconde. Après voilà, c'est toujours pareil, il y a des trucs qui marchent bien par bouture, il y a des trucs qui marchent bien par noyau, là sur un néflier par exemple comme ça, tu as vu, c'est le semi de noyau.

Tu prends le noyau, tu le mets en terre, tu vois à partir de ce néflier-là, il y a celui-là qui a été fait de néflier, il y a celui-là qui a été fait de néflier. Regarde celui-là, celui-là il a 5-6 ans de néflier. Thierry & Alice.

Ah oui d'accord, il n'a que 5-6 ans ? Thierry & Alice. Il n'a que 5-6 ans. Thierry & Alice. Il est énorme.

Thierry & Alice. Ah, il a bien profité lui, il a bien profité. Thierry & Alice. Tu as plein d'artémisia. Oui, il y a encore plein dans ses métières, oui tout à fait.

Voilà la deuxième vigne. Donc là, je te propose pareil, tu vois là il y a du bois, il est vieux là, tu vois on le voit, il est charmi, il est structuré, mais on va pouvoir tailler là, tu vois, et à partir de ça on va défaire le truc, de toute façon ça va lui faire du bien, il repartira de plus belle.

Mais là, il aurait fallu quasiment, ah, il aurait fallu un gros sécateur, enfin une grosse cisaille, ou avoir une poignée de mesoie. Je vais l'avoir. Je la dégage.

Thierry Samitier-Richard « Et puis la vigne, plus tu la tailles, plus elle prend de la vigueur. » Thierry Samitier-Richard « Ah oui, bien sûr, évidemment. » Voilà, hop, on va tirer ce bout, voilà, on vire tous les petits bouts.

Donc ça, c'est une variété rouge de raisin, qu'on appelle l'Othello, pareil, c'est un raisin fraise, c'est un peu comme l'Isabelle, c'est une très vieille variété, et pareil, qui se reproduit, qui n'est pas greffée, donc qui se reproduit très très facilement.

Donc vas-y, prends là-dessus, prends des gros morceaux là-dessus. Et là qu'on est sur du bois comme ça, tu vois, je vais prendre quand même des grosses sections. Il est dur le bout. Ça on le mettra directement en terre.

Celui-là aussi. Tu vois, celle-là, elle demande vraiment à être coupée quand même. Thierry Samitier Oui, oui, je pense que ça va lui faire du bien. Thierry Samitier Moi, tant que je vivais ici, je les suivais bien, mais là, depuis que je n'habite plus ici, elles ne sont pas...

Je te dis, il y a quand même un minimum d'arrosage à faire même si la vigne se débrouille. Il y a des vignes du côté de Banyuls, ils ont fait des sondages, ils ont trouvé qu'elle descendait leur racine à 70 mètres de profondeur sous la terre.

Thierry Samitier-Lacroix OK, donc là on va remettre toutes les boutures dans de la terre directement pour qu'elles ne souffrent pas du manque d'eau, le temps de les remettre dans des pots ou à leur emplacement définitif en pleine terre.

Là, c'est juste pour le transport, on s'assure qu'elle soit bien. Thierry Leclerc Regarde, là c'est le climat de Jarrot, tu vois, c'est les neiges là, tu vois, et là on va recueillir des pousses de babouab.

Non, alors là-bas c'est le canigo, le canigo catalan. Et là, il ne faut pas dire où on est, mais si, on est à la vallée de Tautarel, c'est quand même le paradis des figuiers. Et là, ça valait vraiment le coup parce qu'en fait, je me suis souvenu d'un figuier qui était assez magnifique qu'on appelle la bicolore de Vingros, enfin qu'on appelle, que certaines personnes connaissaient comme la bicolore de Vingros.

C'est-à-dire, c'est une figue qui est jaune et verte striée au niveau de la peau, absolument magnifique. Et là, on vient de réaliser qu'en fait, il y avait deux arbres, il y en a un qui a été coupé et l'autre il est mal en point.

donc je me dis que c'est vraiment le moment de prendre des boutures. Donc, on va y aller ? Alice, oui, carrément. Thierry, le deuxième il était là. Alice, ah oui !

Thierry, alors soit il y a eu un effondrement de terrain, soit je ne sais pas quoi, mais le deuxième il était là. Et avec ces années de sécheresse, on n'est pas à l'abri que des figuiers crèvent de manque d'eau.

Thierry, alors que pourtant, ça c'est des espèces qui poussent sur la roche quand même, les figuiers, enfin... Après, ils aiment bien quand même avoir les pieds dans l'eau, les figuiers. Thierry, quand tu vois que le bourgeon à picale, là, comme ça, il est un peu sec, il ne faut pas prendre.

Il faut prendre quelque chose qui soit, tu vois, là, tu as du bourgeon à picale qui est propre. Oui, d'accord. Donc là, clac, clac. C'est quoi un bourgeon propre ou pas propre ?

Là, regarde, là tu vois, il y a un bourgeon qui est vivant, tu vois qu'il y a quelque chose qui est prêt à démarrer, là, regarde, c'est tous écoisses, il n'y a rien.

Là, tu sens que le bois, je le coupe, il est poussiéreux là. Ça, c'est en train de mourir. Ça, ça repart, donc il faut prendre du frais comme ça.

Voilà, comme ça, joli petit bourgeon, tu prends un peu de longueur, clac ! Et d'habitude, on coupe en biseau, comme ça, tu as un maximum de surface d'échange.

Tu vois ce que je veux dire, si tu coupes droit, tu as moins de surface, alors que si tu coupes en biseau, tu as plus de surface. Généralement, les anciens ici, ils prenaient ça, ils le coupaient comme ça en biais, et ils le replantaient dans la terre, et ils l'orientaient vers le sud à 45 degrés.

Comme ça, s'il y avait du vent du nord, ça n'avait pas tendance à le coucher. Thierry, petite anecdote, on peut y aller, on s'en souviendra le jour où on l'a sauvé, Tu vois celui-là, on l'a sauvé ensemble, donc c'est symbolique.

Mais celui-là, peut-être que dans deux ans il n'existe plus. Donc toujours faire gaffe sur une branche maîtresse, à garder des pointes, parce que si tu coupes toutes les pointes apicales, et bien après la branche crève.

Donc là au contraire, ce que tu vas faire, c'est que tu vas le faire se développer dans un sens. Par exemple, tu vois sur celle-là, j'en ai coupé quelques-uns mais il reste celui-là, il reste celui-là, donc l'arbre, il va repartir.

Et les figuiers ont une vigueur énorme, c'est assez l'avantage, donc c'est des arbres que tu peux te permettre d'étailler, c'est comme la vigne, plus tu l'étailles et plus ils repartent, donc il n'y a pas de problème à se poser.

Merci. Tu vois, il y a du bois quand même qui casse là. Tu vois, je pense qu'ils prennent chaud en ce moment les arbres. Des arbres qui naturellement… Regarde, pistaché lentisque. Thierry Samitier-Lambert.

Thierry Samitier-Lambert. Thierry Samitier-Lambert. Thierry Samitier-Lambert. parce que son idée c'était vraiment d'avoir de la nourriture gratuite pour les pèlerins, et Maurice a fait un travail juste hallucinant, on l'avait fait venir aux rencontres de la régénération en 2016, ça avait été un grand honneur.

Et en matière de greffe d'arbres sauvages, je crois que c'était... tu vois, je parle toujours d'Andy et de Justin Harlington, mais je pense que Maurice aussi c'était vraiment très grand, et lui il greffait beaucoup de pistachia lentisca comme ça, OK. Et il en a griffé, les arbres, il en a griffé, il en a griffé.

Là, il y a du bois qui boule. Le secret de cet arbre, qui est quand même un énorme figuet ici, ici on l'appelle le millénaire tellement il était gros, il est construit sur un puits.

Regarde, il y avait un puits ici, on le voit bien, si tu rentres dedans, il y avait un puits qui était présent. Bon là il est sec, et d'ailleurs l'arbre il a pris, Tu as regardé, tout ça c'est mort, ça c'est vraiment ces dernières années, c'est le réchauffement climatique, il avait raison, je ne sais pas comment il s'appelait là, qui ça ?

Algor, voilà voilà, Thierry Leclerc – Igor ? Thierry Leclerc – Igor, Alice Vidal – Bogdanov ? Thierry Leclerc – Algor, non mais voilà il a raison, c'est le trou dans la couche d'ozone qui fait que ça tombe directement sur cet arbre, et qu'il a pris un shoot, la preuve. Non, mais c'est hallucinant, ça c'est des figuiers, enfin, peut-être la première fois que je suis venu manger des figuiers ici,

j'avais 15 ans, j'en ai maintenant 72, donc tu vois, après avec l'âge que ça fait, non, mais je n'ai jamais vu dans un état pareil, ça craint. Thierry Rosalie.

Oui, ça craint. Thierry Michel. On va tous crever. Donc, il faut cultiver l'eau, et comment est-ce qu'on cultive l'eau ? En plantant des arbres. L'arbre crée l'eau, c'est un truc fondamental en termes de la culture.

Allez, on le coupe. Alors faites gaffe parce qu'il est vraiment séquence. Les touristes montent toujours une fois dans le figuier, ils montent torse nu dans le figuier. Non, non, c'est tout le monde, c'est tout le monde, c'est l'Hortican. Mais combien de gens j'en ai vu monter en claquette dans le figuier ? Tu es motivé toi Gaillard.

Vas-y, tu vas apprendre à la dure. Bon, ça va, on va pouvoir en faire quand même des vêtures, mais tu vois, franchement, là pareil, dans quelques années, je ne sais pas ce qu'il peut donner celui-là.

Thierry Samitier-Leclerc Effectivement, je pense que c'est le bon moment pour prélever la variété et la multiplier. Thierry Samitier-Leclerc Là, il n'est pas bien parti. Thierry Samitier-Leclerc Après, des fois, en le taillant, ça peut lui redonner un peu de vigueur aussi.

C'est possible. Souvent, on oublie que la taille des arbres... Thierry Samitier-Leclerc aussi que tu peux avoir. Thierry, regarde, c'est rempli de schrumpf ici. Ça, c'est de la salse pareille, c'est l'arbre à schrumpf.

Ils mangent ça les schrumpfs, c'est les schrumpfs qui mangent les figues.

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