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Pourquoi je ne suis pas "vegan" (ni "crudivore" ou fasciste d'ailleurs...)

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L'équipe RGNR
37 vues • Publiée le 23/06/2016

Cette vidéo ne porte pas sur le choix de manger ou non de la viande, et Thierry le précise d’emblée. La question posée est ailleurs : pourquoi refuser l’étiquette vegan alors qu’on ne consomme pas de produits animaux et qu’on reconnaît sans détour l’état scandaleux de l’élevage industriel ? La distinction entre soutenir la cause animale et adhérer au véganisme comme mouvement structuré est au cœur du propos.

Thierry développe l’idée que le véganisme, tel qu’il est pratiqué et promu par certains de ses représentants, réduit la question de la souffrance à sa seule dimension animale, en ignorant la souffrance des humains, des enfants, et de l’ensemble du vivant. Il cite des figures du mouvement pour montrer comment cette réduction fonctionne comme un mécanisme de justification personnelle, et pourquoi il y voit les contours d’une religion au sens strict : une idole centrale, un dogme, et un jugement automatique de l’autre.

La vidéo aborde aussi la dimension politique de cette pensée, en la reliant à ce que Thierry appelle l’idéologie fasciste productiviste : la création de classes d’individus méritoires et d’autres non, l’eugénisme, la détestation de l’humain présenté comme cancer de la planète. Il s’appuie sur des exemples concrets, dont des citations de figures publiques, pour montrer que ce discours dépasse largement la question de l’assiette.

La conclusion revient sur ce que Thierry entend par régénération : un processus qui ne fait pas de l’alimentation une identité ni une raison de rejeter l’autre. Il plaide pour une convergence des regards parcellaires sur la destruction du vivant, plutôt que pour une division entre camps, et rappelle que la culpabilisation n’a jamais produit de changement durable.


📑 Au programme de la vidéo


Transcription de la vidéo

Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.

Lire la transcription

Bonjour ! Parmi les questions qui reviennent très souvent, il y a la question que l'on m'adresse tout le temps, mais Thierry, toi, tu n'es pas végan. Et je n'ai jamais vraiment répondu à cette question. J'avais envie de lui apporter une vraie réponse.

Alors, sujet, vous avez compris, vraiment, casse-gueule, comme on dit obligatoirement. Surtout que je sais qu'il y a énormément de personnes qui regardent ces vidéos qui se définissent comme végans. Ça pourrait passer pour une forme d'auto-sabotage, ce n'est pas du tout le cas.

Je vais déjà préciser deux choses en commençant cette vidéo. La première, il ne va pas s'agir de discuter du choix ou non de manger de la viande. Ça, c'est le végétarisme, le végétalisme. On pourrait en discuter, ça pourrait être un débat très intéressant.

Il y a des arguments, des contre-arguments. Il ne s'agit pas de ça, il s'agit de montrer la différence fondamentale qu'il y a entre le fait de ne pas consommer de produits animaux, qu'il y a entre le fait de soutenir la cause animale et d'oeuvrer pour que les animaux aillent de mieux en mieux, et le fait d'adhérer à ce que je vais définir comme une religion qu'on appelle le véganisme. Si vous-même vous définissez comme végan, je vous engage à regarder toute la vidéo pour aller jusqu'au bout de la

démonstration et du propos et pour comprendre exactement où je veux en venir. Deuxième précision, comme vous le savez dans toutes ces vidéos, il ne s'agit pas de stigmatiser quiconque. D'ailleurs, j'ai beaucoup d'amis qui se définissent comme végans, donc je prends un risque en tant que thème.

Il ne s'agit pas de stigmatiser quiconque, il s'agit de stigmatiser un état d'esprit. Pour reprendre le prophète Esaïe, le combat ne se passe pas contre la chair et le sang, il se passe contre l'esprit, l'esprit mauvais qui peut nous prendre à chacun et nous conduire à avoir des actes, des propos, des attitudes qui ne sont pas en adéquation avec ce qui est bon pour la vie.

Alors, on va mettre un petit peu en contexte. Moi, quand j'étais jeune, j'étais petit, il y avait des gens qui ne mangeaient pas de viande. Il y avait des végétaliens, il y avait des végétariens, il y avait des gens même qui n'utilisaient pas de produits animaux.

Ils se définissaient comme végétaliens et végétariens. Et encore, ils ne se définissaient pas plus que ça, ce n'était pas leur identité. On le remarquait parce que quand ils étaient à un repas, ils ne consommaient pas de produits animaux.

Et de coup, petit à petit, on a vu émerger le végan. Et d'ailleurs, nombre de personnes parmi vous se définissent maintenant comme végans parce qu'on n'est plus végétarien ou végétalien, on est végans.

Sans trop savoir à quoi on dit oui. Qui plus est, il y avait une chose qui me gênait, c'est que le côté végan, le véganisme comme on dit, d'ailleurs c'est un mot qui m'a toujours un peu écourché les oreilles, c'est un petit peu particulier, ça ne se discute pas.

Ça fait partie des choses dans notre société que l'on ne peut pas discuter. C'est impossible de parler de ça parce que soit tu es végan, soit, si tu ne l'es pas, tu es pour les abattoirs industriels, le carnage qui est fait sur les animaux et ainsi de suite.

C'est un amalgame qui est un petit peu rapide et un petit peu grossier, vous serez d'accord avec moi. Alors, le problème c'est qu'on part d'un constat qui est évident. Le constat évident, c'est que la condition qui est faite aux animaux dans notre société à notre époque est juste totalement inacceptable.

Et ça, pour moi, ça ne se discute pas. Quand tu vois comment l'industrie traite les animaux, c'est absolument aberrant. Le terme est bien trop faible, c'est absolument inacceptable.

Ça, c'est un fait réel, et ce fait réel, il nous touche tous au niveau émotionnel. Le problème, je ne suis pas végan parce que le véganisme, pour moi, réduit la question de la souffrance à la seule souffrance animale.

Qu'est-ce que je veux dire par là ? Ce que je veux dire, c'est que des abattoirs inhumains d'animaux, je ne veux pas en voir. Et là, je suis d'accord avec toutes les personnes qui militent pour la cause animale.

Bien sûr que je ne veux pas voir. Mais de la même manière, je ne veux pas voir d'abattoirs inhumains d'enfants, je ne veux pas voir d'abattoirs inhumains d'adultes, je ne veux pas voir d'abattoirs inhumains de toute la création.

Ce que je veux dire par là, c'est que toute la création actuellement, hommes, femmes, enfants, animaux, toutes les espèces animales et végétales, souffre cruellement, souffre d'une façon atroce, d'un mode de développement qui est le mode de développement moderne.

La société productrice marchande actuelle asservit tout le vivant et exerce une violence colossale, monstrueuse sur tout le vivant. C'est de la torture à tous les niveaux. Le travailleur chinois exploité, esclave, et même le travailleur français à qui on met une pression colossale, qui doit se lever le matin parce que son banquier lui met un flingue sur la tête parce qu'il doit rembourser pendant 30 ans un pavillon en parpaing.

Tu crois que ce sont des conditions normales de vie ? Alors la condition animale est détestable, détériorée et inacceptable. La condition des enfants qui se retrouvent obligés d'obéir et d'apprendre la soumission à l'école, la condition des salariés, la condition des travailleurs, la condition de tout le règne vivant est absolument atroce actuellement.

Et ce que je reproche au mouvement végan, non pas au végan en tant que personne, mais au mouvement, à la pensée végane, c'est de réduire la question de la souffrance dans ce monde à la seule question de la souffrance des animaux.

Et encore, il ne s'agit pas de la souffrance du ver de terre ou de la mouche drosophile, il s'agit de la souffrance des animaux dits d'élevage. Pour moi, c'est ramener la question de la souffrance à une portion extrêmement congrue.

Alors, quel est le but là-dedans ? Le but est toujours le même. Le but est, en ramenant la souffrance à une portion qu'est à notre portée, parce qu'on se sent souvent complètement impuissant et démuni face à la souffrance, face à la violence, face à la cruauté dans ce monde, en le ramenant à une portion extrêmement congrue, sur laquelle on a une prise, parce qu'on peut s'empêcher de consommer des animaux, c'est tout à fait possible de s'empêcher, il y a énormément de

gens qui le font, en le ramenant à une portion congrue, ça permet de se justifier soi-même. Se justifier soi-même, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si tu ramènes toute la souffrance à un seul point et que ce point-là, tu arrives à le résoudre, à ce moment-là, tu as résolu l'équation de la souffrance.

Tu vas dire, Thierry, tu parles dans des délires. Non, je ne parle pas dans des délires. J'ai pris des personnes qui sont représentatives de la pensée végane. Par exemple, j'ai pris des hôtes, vous imaginez bien, je comprends. Je pense qu'on va m'attendre au tournant. J'ai pris quelqu'un qui s'appelle Will Tuttle, ou tuteule, qui est reconnu comme l'un des grands penseurs du véganisme, qui a écrit un livre qui s'appelle World Peace Diet, donc le régime alimentaire

pour la paix dans le monde. Alors déjà, premier truc, est-ce que sérieusement, on peut penser qu'un régime alimentaire peut amener la paix dans le monde ? Est-ce que sérieusement Will, tu penses qu'en ne mangeant pas de viande, tu vas ramener la paix dans le monde ?

Ça fait partie de l'auto-illusion, qui pense que la souffrance n'est concentré que sur la souffrance des grands animaux d'élevage ou des petits animaux d'élevage de bas secours, en tout cas les animaux d'élevage.

Ça participe à cette réduction de la question de la souffrance et de l'atrocité à la seule question de la condition animale. Alors, il dit des choses intéressantes, Will Tuttle, il dit que la fondation du comportement éthique et de la justice sociale est dans le véganisme.

Donc c'est simple, la justice sociale et l'éthique, c'est le véganisme. C'est posé comme un dogme, et d'ailleurs, vous allez voir, dogme, religion, j'ai osé utiliser le mot religion, ce n'est pas moi qui l'utilise, c'est Will qui le dit lui-même.

Il dit bien que le véganisme, c'est le noyau spirituel des enseignements de toutes les religions, ce qui est absolument faux. Moi, je suis chrétien, et je peux vous dire que je connais très bien la Bible, et dans la Bible, en aucun cas il n'est dit que tu seras végan, en aucun cas, nulle part, et on y reviendra.

C'est une pratique, c'est un moral statement, c'est une position morale, c'est une façon de vivre, c'est une aspiration, et aussi c'est une religion.

Will Tuttle le dit bien lui-même. D'ailleurs, comment est-ce qu'on définit une religion ? Une religion, c'est un mouvement dans lequel on place au centre de sa vie une idole. Et là, l'idole, c'est la non-consommation de produits animaux.

Donc, la question de la souffrance ne se réduit pas à la souffrance des grands animaux. C'est pour ça que quand on me demande « Pourquoi est-ce que tu n'es pas végan ? », je dis déjà que je n'ai pas l'illusion de réduire la question de la souffrance engendrée par une société productiviste, technique. La question de la souffrance qui est générale sur les hommes, sur les animaux, sur toutes les espèces vivantes.

Cette question-là, je ne la réduis pas à la seule question des animaux d'élevage. Et je ne crois pas l'avoir résolue simplement en ne consommant pas d'animaux. Première des choses. Ensuite, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que quand tu te définis comme végan, quelque part, il y a ce jugement automatique qui est fait vis-à-vis de l'autre.

Et ça, moi je l'ai vécu des tas de fois. Combien de fois j'ai entendu des gens me dire « Mais comment toi Thierry, avec tout ce que tu sais, tu n'es pas végan ? Mais comment est-ce possible ?

Je n'arrive pas à comprendre comment tu ne peux pas faire ce choix du véganisme. » Alors déjà, il y a deux choses qu'on mélange. On pourrait me dire « Thierry, comment toi tu ne fais pas le choix d'être végétarien ou végétalien ?

» Là non, on me dit « Comment toi tu ne fais pas le choix d'être végan ? » Alors, il y a quelque chose qui est très important là, et ça va être vraiment le cœur de ma démonstration.

Lors de la seconde guerre mondiale, on a coutume de dire que les nazis ont perdu. J'ai toujours aimé la pensée d'un philosophe qu'on appelle Jacques Ellul, philosophe chrétien Jacques Ellul, qui disait que les nazis ont gagné la guerre.

Pourquoi est-ce que les nazis ont gagné la guerre ? Parce que l'idéologie productiviste, technique, l'asservissement du vivant, la violence et l'atrocité qui est faite à tout le domaine vivant, qui est l'apanage de la pensée fasciste nazie, elle a gagné définitivement.

Les alliés d'ailleurs, en utilisant des moyens pour combattre le mal qui étaient équivalents au mal lui-même, parce que quand on parle de bombes atomiques, entre nous soit dit, il y a les camps de concentration, bombes atomiques, on ne va pas jouer à qui fait pipi le plus loin, mais il y a de la même violence des deux côtés, de la même atrocité des deux côtés, il ne s'agit pas de faire des comparaisons.

Là, on a utilisé le mal pour combattre le mal et de ce fait, on s'est corrompu définitivement. Et ça a marqué l'avènement de la société technique, productive. D'ailleurs, ça a marqué l'avènement aussi des pesticides, des fongicides, des antibiotiques et de toute cette lutte contre le vivant.

Alors, le truc c'est que l'idéologie fasciste ne se résume pas aux moyens de production, à l'automatisation, à la technicisation, elle est aussi flagrante dans le fait de créer des classes d'individus, certains étant méritoires, ayant le droit de vivre, et d'autres n'ayant pas le droit de vivre.

Dans certains mouvements véganes extrémistes, on voit très bien un appel au meurtre des personnes qui ne sont pas végans. D'ailleurs, je cite un film pour lequel je ne vais pas faire de publicité, un film qui a été extrêmement promu dans le milieu végan dans lequel on voit le jugement et le procès d'un humain, et ça, ça va être un des derniers points, on voit le jugement et le procès d'un humain par des animaux, et à la fin, on voit une scène de torture de cet humain par les animaux.

Pour moi, c'est extrêmement flagrant. Alors, l'idéologie fasciste qui consiste à séparer les individus, à créer des classes, ceux qui méritent de vivre et ceux qui ne méritent pas de vivre, quand elle avance sous forme politique, quand c'est un mouvement d'extrême-droite, c'est facile de l'incerner, c'est facile de taper dessus, on est tous contre les fachos.

Mais quand elle s'appuie sur un fait réel, c'est-à-dire la souffrance des animaux, qui est indéniable, qui est un fait qui est indéniable, quand elle s'appuie sur quelque chose d'aussi émotionnellement connoté, alors à ce moment-là, elle se répand dans notre société, en avançant avec la culpabilisation et la stigmatisation.

Et d'ailleurs, moi je l'avais remarqué, je m'étais dit que c'est absolument incroyable parce que sur certains forums, tu as des personnes qui avancent en arborant l'étiquette végans et en tirant à vue tout ce qui bouge.

D'ailleurs, combien de personnes n'ont pas fait ce choix et n'osent pas l'exprimer ? Rase les murs parce qu'il y a les petits prosélytes du mouvement végan qui sont là en train de patrouiller et de vérifier si tu as ta carte.

Alors, toute comparaison gardée, toute échelle de comparaisons gardées, ça me rappelle un petit peu les jeunesses hitlériennes dans lesquelles tu avais des enfants ou tout jeunes adultes qui rentraient dans leur famille et qui étaient capables de dénoncer leur père et leur mère parce qu'ils n'avaient pas la carte du parti.

On est exactement dans la même démarche. Et il y a un penseur dont je me souviens plus long qui disait, à juste titre, qu'il est facile de destituer des dictateurs, par contre, ce qui est difficile à destituer, c'est la dictature en l'homme.

Le besoin de se justifier soi-même, le besoin, dans l'espèce de folie nietzschéenne du surhomme, de se sortir de la masse et de se croire meilleur que l'autre. Se croire meilleur que l'autre simplement parce qu'on ne mange pas d'animaux.

Et ça, pour moi, c'est une énorme illusion. On se met le doigt dans l'oeil jusqu'à la pinéale. On croit qu'on est meilleur simplement parce qu'on ne mange pas d'animaux. Et c'est très facile à démontrer à quel point c'est une illusion.

Parce que tu vas avoir le spécialiste végan qui va te dire « Mais moi je suis meilleur parce que je ne mange pas d'animaux. » Tu vas avoir le gars qui est touché par la question de la pollution et de l'utilisation des ressources fossiles.

Parce que l'utilisation du pétrole est un facteur de destruction de l'écosystème qui est majeur, qui est colossal et qui nuit autant aux animaux qu'aux êtres humains. Et lui, il va te dire que moi, je suis meilleur parce que je circule à vélo, parce que j'ai abandonné la voiture, et ainsi de suite dans chaque domaine.

Dans chaque domaine, on peut se justifier soi-même si on résout la question de la souffrance, de la violence et du déséquilibre de ce monde à une portion congrue. Ensuite, il y a une autre chose qui me dérange profondément dans le mouvement végan, c'est la dimension du jugement de l'homme.

Quand je citais ce film dans lequel un humain se fait juger par des animaux et à la fin est condamné à de la torture, désolé mais pour moi ça c'est quelque chose de purement diabolique et sataniste. Je ne peux pas appeler ça autrement.

Une religion, puisque Will Tuttle le définit comme une religion, une religion qui marche sur la culpabilisation, la stigmatisation. D'ailleurs, ça c'était une des questions que je m'étais posée. Je m'étais dit, si on veut faire passer le respect de la vie animale, pourquoi utilise-t-on des moyens qui sont aussi peu efficaces ?

Parce que toutes les sciences cognitives te disent bien qu'un apprentissage ne se fait jamais sur la culpabilisation et la stigmatisation. Un véritable apprentissage. Or, la plupart des ressorts du mouvement végan, de la pensée végane, c'est d'utiliser des images d'animaux torturés pour promouvoir le bien-être animal.

Alors tu vas te dire, mais là, il y a un problème ! Tu ne promeues pas le bien-être animal en montant de la torture d'animaux, en faisant culpabiliser les humains. Mais non !

Parce qu'en fait, le but, ce n'est pas de promouvoir le bien-être animal. Montrez-moi en quoi le mouvement végan promeut le bien-être animal. En aucun cas ! Le but, c'est de juger l'homme.

D'ailleurs, pour reprendre une image que j'ai trouvée sur Internet d'un des leaders du mouvement végan, regardez par exemple, quelle est ton excuse ? Avec les doigts bien pointés.

Là, on est clairement dans le jugement. On est en train de juger les humains. Et donc, le véganisme pour moi, c'est avant tout une religion de la détestation de l'humain. Une religion de la détestation de l'humain qui va de pair avec énormément de pensées qui sont, pour moi, nauséabondes et révélatrices de la pensée unique moderne qui est en train de se répandre à notre insu.

Par exemple, détestation de l'homme et eugénisme vont de main dans la main. Et d'ailleurs, il faut voir, j'ai pris quelques notes, il y a quelqu'un qui est très puissant et qui porte ce message très fort, c'est quelqu'un qui s'appelle le prince Philippe d'Edimbourg, qui est le mari de la reine Élisabeth II.

En 1961, il a fondé le WWF, le World Wildlife Foundation, le WWF, le truc avec le petit panda si mignon, qui milite pour la nature. D'ailleurs, il l'a fondé avec un ex-officier SS, qui milite tous les deux pour la préservation de la nature.

Et donc, le prince Philippe déclare en août 1988, « Si j'étais réincarné, j'aimerais l'être sous la forme d'un virus mortel afin de contribuer à résoudre le problème de la surpopulation. Ce problème de la surpopulation est porté par l'idéologie du mouvement végane.

Tu vas me dire que je ne porte pas ça, ok, mais alors tu n'es pas végan. C'est exactement ce que je vais essayer de te démontrer dans cette vidéo, mais passons. Ce mythe de la surpopulation, on nous le sert à toutes les échelles.

Le mythe de la surpopulation comme le mythe du réchauffement climatique lié à l'activité humaine. Le but est toujours le même, alors que statistiquement, en chiffres, Quand on regarde spécifiquement, on se rend compte qu'on est très loin d'être dans un état de surpopulation, qu'il n'y a pas raréfaction des ressources sur la planète, mais qu'au contraire il y en a trop et que notre système productiviste, capitaliste qui fonctionne sur la rareté détruit consciemment les stocks de nourriture en particulier de manière à

créer artificiellement la rareté, tu te rends compte que ce mythe de la surpopulation, de la stérilisation, qui va bien sûr toucher les populations les plus pauvres automatiquement, ce mythe est promu dans cette religion de la détestation de l'homme.

Et pour moi, la pensée végane s'inscrit directement dans cette pensée de ce qu'on pourrait appeler, d'une certaine manière, le nouvel ordre mondial. Cette pensée qui inclut l'eugénisme, une classe d'hommes supérieure à d'autres, ceux qui ont fait le choix du véganisme par rapport à ceux qui ne l'ont pas fait, qui sont des mangeurs de cadavres, qui sont automatiquement, et là je caricature, comme c'est caricaturé, qui sont automatiquement pour les

abattages concentrationnaires, les abattoirs, la torture aux animaux, alors que c'est ignorer qu'il y a dix mille façons d'avoir un rapport à l'animal complètement différent, en ignorant aussi que tous les peuples premiers pour la quasi-majorité d'entre eux ne sont pas végétaliens, végétariens ou véganes, mais consomment des animaux.

En ce sens, on se rend compte que ce n'est pas un mouvement pour la condition animale, c'est un mouvement contre l'humain. C'est un mouvement qui avance pour certains de ses leaders avec le transhumanisme, avec l'eugénisme. J'ai essayé de vous démontrer dans cette vidéo que, premièrement, on ne peut pas réduire la question de la souffrance à la seule question de la souffrance animale.

Il faut bien considérer qu'il y a une idéologie qui s'est répandue après la seconde guerre mondiale, issue purement de la pensée fasciste, qui n'était qu'un symptôme. La pensée fasciste et l'Allemagne nazie n'est là encore qu'un symptôme, un symptôme de la violence et du fascisme et de la dictature qui imprégnaient là, dans le cœur de l'homme.

Et le combat n'est pas à l'extérieur, il est à l'intérieur de chacun de nos cœurs. Et promouvoir la condition et le respect des animaux, en promouvant la détestation de l'humain, en promouvant la culpabilisation, en promouvant la stigmatisation, en promouvant le rejet de l'autre, pour moi, ce n'est pas possible parce que c'est faire la même erreur qu'ont fait les alliés, l'axe du bien soi-disant pendant la seconde guerre mondiale, c'est combattre le mal par le mal.

Et ça, ce n'est pas possible. Parce que si tu combats le mal par le mal, tu es perdant, tu as été corrompu définitivement. Il faut voir aussi que cette pensée fasciste qui était en train de s'imprégner dans le cœur de l'homme, cette pensée technique, elle essaie de renaître à tous les niveaux.

Et plus on chasse les religions, les approches spirituelles, et plus ça ressort, ça re-rentre par la fenêtre, par la porte. Tu les chasses, alors on a chassé, il n'y a plus de Dieu, on a abandonné l'idée de Dieu.

Et qu'est-ce qui revient ? Une idolâtrie. Et qu'est-ce qu'on place au centre ? On place le véganisme. Le fait de ne pas manger d'animaux. Il va y avoir les adorateurs de la carotte, les adorateurs de la pastèque.

Et d'ailleurs, j'aurais pu très bien faire une vidéo en disant Pourquoi je ne suis pas végan et pourquoi je ne suis pas non plus crudivore ? Parce que je refuse de faire de mon régime alimentaire, qui est crudivore, le centre de ma vie.

Je refuse d'en faire une idole et de me définir, de créer une identité à partir de mon régime alimentaire, à partir de mes pratiques de vie. Et donc, cette tendance, ce mouvement de détestation de l'humain, qui est cette espèce d'écologisme radical, nauséabond, dans lequel on te dit que l'humain est le cancer de ce monde et qu'en fait, il vaudrait mieux viser à détruire l'humain. D'ailleurs, moi j'y ai adhéré, j'y ai adhéré étant jeune.

L'humain bouleverse le climat, l'humain est en trop grand nombre, l'humain épuise les ressources fossiles. C'est oublier une chose, l'humain a été créé à l'image de Dieu. Donc je ne peux pas accepter ce constat-là.

Par contre, ce que je peux accepter, c'est que l'humain a une pensée complètement dévoyée et actuellement est en train de faire n'importe quoi. Et alors là, il y a un mot qui gêne énormément parce que dans la pensée végans, dans l'idéologie végan, il y a une racine qu'on appelle l'antispécisme.

Et l'antispécisme qui est promu par certains, c'est que tout est pareil. Toutes les espèces vivantes se valent. Et ça pour moi, c'est juste une énorme aberration. C'est très séduisant par certains côtés.

Tout le monde est pareil, tout est pareil, on est tous égaux. Alors que moi, je prétends, et je ne suis pas le seul, bien que l'homme domine, domine ce monde, domine les espèces animales.

Alors on va dire, comment tu peux oser dire ça ? L'homme domine, c'est esclavagiste, comment tu peux oser penser une chose pareille ? Mais attends, objectivement, moi quand je vois un enfant, je domine cet enfant.

Je le domine de ma taille, je le domine de ma force, je le domine de mes responsabilités, de mon pouvoir, je domine cet enfant. Le problème c'est qu'est-ce que tu mets derrière le mot domination ?

Est-ce que derrière le mot domination tu mets droit à l'asservissement ? Où est-ce que derrière le mot domination, tu mets, comme cela doit être, tu mets responsabilité, service de l'autre ?

Je pense que l'humain est profondément au service de cette création. Et celui qui est le plus grand doit se faire le plus petit. Celui qui domine doit être au service de tout le reste, doit être au service de ce qui est dépendant de lui.

Et pour moi, c'est objectif que l'humain, avec sa conscience, sa forme de conscience, s'est développée d'une manière qui fait de lui un dominateur de cette création.

Par contre, ça ne lui donne absolument pas toute licence pour répandre sa philosophie de mort à l'échelle de la planète. Or, c'est ce qui est en train de se passer pour toutes les espèces vivantes. Le combat ne se fait pas entre mangeurs de viande et non-mangeurs de viande.

Le combat se fait entre idéologie fasciste qui est en train de se répandre, productiviste, technique, qui est en train de réduire l'humain, les animaux, les enfants et tout le vivant à l'état de marchandise, et une promotion du vivant, littéralement. Et puis surtout, je vais te dire une chose.

Il y a un livre qui a été écrit par quelqu'un qui s'appelle Théodore Kaczynski, c'est un ami qui m'en a parlé en 1998, qui s'appelle la nef des fous. Théodore Kaczynski c'était un activiste américain qui a été connu à l'époque sous le terme de Yuna Bomber, terroriste pour certains, c'est clair. Et lui, il avait écrit un livre qui s'appelait la nef des fous.

La nef des fous, il raconte l'histoire d'un bateau qui est en train de foncer vers des icebergs. Et puis, pendant qu'il fonce vers des icebergs, tout l'équipage est en train de se disputer pour des revendications propres à son caractère individuel.

Donc, il y en a un qui est de couleur noire, qui demande des droits spécifiques pour sa couleur de peau. Puis, il y a l'autre qui est homosexuel, qui demande des droits spécifiques. Puis, il y a l'autre qui a telle foi et telle foi, et ils se discutent tous.

Et puis, pendant ce temps, tu as un personnel d'équipage qui te dit « Eh les gars, les gars, les gars, pendant que vous êtes en train de discuter, on est en train tous de foncer vers l'iceberg, et on va tous s'échouer.

Mais ça, personne ne veut le voir. C'est la division qui est promue à l'extrême. La nef des fous nous parle exactement de ce que nous vivons à ce moment. Parce que la condition animale actuellement est un vrai problème.

Et il faut s'y intéresser. Et je remercie mon voisin qui est sensible à ça, de m'interpeller lors d'un repas. Il est assis à côté de moi et il me dit « Mais tu sais, là, tu es en train de manger des animaux, par exemple, si tel était le cas.

tu es en train de manger des animaux, et sais-tu ce que vivent ces animaux ? Et puis à côté, il y a mon voisin de droite, lui, il est sensible à la condition des enfants. Et puis par exemple, il me dit, mais est-ce que tu sais ce qui est fait sur les enfants actuellement à l'école ?

Et il m'interpelle avec ça. Et puis juste en face de moi, il y a quelqu'un qui est sensible à la pollution engendrée par l'utilisation massive du thermique, de l'énergie thermique, des hydrocarbures. Et qui me dit, mais tu sais, moi, j'ai arrêté ma voiture, j'ai arrêté d'utiliser la voiture pour me déplacer à vélo parce que voilà ce que fait la consommation de pétrole sur cette planète. Alors là, il y a deux possibilités.

Soit chacun utilise sa spécificité, sa petite religion pour se justifier d'eux-mêmes, pour se croire supérieur à l'autre et se diviser. Soit au contraire, on se dit qu'on a tous un regard parcellaire sur une portion de la réalité et de la réalité du mouvement de destruction qui est en train d'avoir lieu à l'échelle de cette planète.

Unissons-nous tous pour avoir un regard complet et pour arriver à combiner nos forces de manière à agir directement et efficacement contre ce qui est en train de détruire le vivant, parce que c'est bien ce challenge.

Et nous, pendant ce temps, on se laisse diviser. Moi, je suis végan, et moi je suis cycliste, et moi je suis alter mondialiste, et moi je suis ceci, et moi je suis cela.

Et pendant ce temps, le diviseur ricane. On est comme dans la nef des fous, on est en train de se tirer les uns sur les autres, pendant qu'à ce moment-là, le monde se détruit tranquillement.

Alors, est-ce qu'il est temps de créer de la division ou est-ce qu'au contraire il est temps de mettre ce que l'on a ensemble, de s'interpeller mutuellement dans la bienveillance et de faire avancer les choses ? Ce n'est pas par la culpabilisation, ce n'est pas par la stigmatisation, ce n'est pas par les raccourcis idéologiques qu'on fera avancer les choses.

Ce n'est pas par de la religiosité. Le temps des religions, d'après moi, est complètement aboli. Le temps de la religion, c'est le temps où on met un idole au centre de sa vie.

C'est le temps où on se croit justifié simplement par ses pratiques, pharisiens des temps modernes. Que celui qui n'a jamais pêché jette la première paire. C'est toujours l'histoire de la paille et de la poutre.

Tu vois la paille dans l'œil du voisin et tu ne vois pas la poutre dans la tienne. Alors pourquoi je ne suis pas végan ? Je ne suis pas végan parce que je ne réduis pas la question de la souffrance à la seule question de la souffrance animale.

Je ne suis pas végan parce que je ne veux pas faire dans mon cœur la place à l'esprit fascisant. Je ne suis pas végan parce que je ne veux pas faire la place dans mon cœur à l'esprit du surhomme, propre à Nietzsche.

Je ne suis pas végan parce que je ne veux pas faire le lit de toutes ces philosophies qui divisent l'humain tandis que le monde entier est en train d'être ravagé par une idéologie, une idéologie perverse de la production, de la rareté, de la transformation de toute espèce vivante en bien de marchandise.

C'est contre ça qu'il faut se battre, contre cet état d'esprit définitivement. et non pas nous diviser entre nous, entre végans et non-végans, entre véganétiques et non-véganétiques. Le challenge est là, le vrai combat se passe là, à l'intérieur de notre cœur.

Et le combat ne sera jamais gagné par la violence, il ne sera jamais gagné par la culpabilisation, il ne sera jamais gagné par la stigmatisation. Au contraire, il sera gagné par l'amour qui est la seule force de destruction massive du mal.

Donc si je ne suis pas végan, c'est pour toutes ces raisons. Je ne discute pas le fait de manger ou de ne pas manger d'animaux. On pourra en discuter, ce serait vraiment intéressant.

mais si je ne suis pas végan, c'est parce que je refuse de rejeter l'autre pour une question de régime alimentaire. Je vous souhaite une bonne régénération, parce que la régénération ne s'arrête pas à savoir ce que tu as dans ton assiette.

La régénération ne fait pas de l'alimentation une idole et une raison de séparation. Au contraire, la régénération, c'est de montrer la différence par notre capacité vraiment à accueillir l'autre, à l'accompagner et à lui partager ce qu'on a de meilleur.

Si tu es persuadé que la condition animale est atroce et que pour cela il faut renoncer à consommer des animaux, Ce n'est pas en culpabilisant l'autre que tu vas y arriver. Ce n'est pas en le rejetant, ce n'est pas en lui crachant dessus, ce n'est pas en patrouillant avec tes brigades pour vérifier qui y est, qui ne l'est pas, que tu vas y arriver.

Au contraire, c'est en lisant de pédagogie, de douceur, d'amour et de bienveillance que tu y arriveras. Je vous souhaite une bonne régénération. Ça, ce sont les marques de la régénération.

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