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Pour un sol vivant (partie 3) - Comment démarrer chez soi et la question des semences

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L'équipe RGNR
38 vues • Publiée le 09/10/2019

Cette troisième partie démarre directement par le concret : comment passer à l’action quand on part d’un sol ordinaire ou d’une prairie. Vincent détaille deux cas de départ, la prairie productive et le sol à remettre en vie par apport massif de carbone, et explique dans quel ordre intervenir pour planter sans attendre des années de transition.

La question du paillage permanent est au centre de la méthode : sol toujours couvert, jamais de terre nue, densité de culture maximale pour éviter le désherbage. Vincent montre aussi comment gérer les semis directement sous mulch ou sous bâche, y compris la technique de prégermination pour les petites graines comme la carotte ou la mâche.

André présente la serre de la ferme et son travail d’autonomie progressive : fabrication de terreau à base de fumier composté, production de ses propres plants, réduction des intrants extérieurs. Il insiste sur le fait qu’on ne cherche pas à tout maîtriser dès le départ, mais qu’on construit l’autonomie couche par couche, en commençant par le sol.

La dernière partie porte sur les semences paysannes et leur rôle dans la résilience d’un système maraîcher. André et Thierry discutent de variétés locales en voie de disparition, de l’adaptation génétique des plantes à leur terroir, et du potentiel inexploité du patrimoine génétique végétal. Vincent rappelle que 90 % des jeunes qui veulent s’installer en maraîchage aujourd’hui choisissent le maraîchage sol vivant, ce qui donne une idée de la dynamique en cours.


📑 Au programme de la vidéo


Transcription de la vidéo

Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.

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Le réseau MSV, tu accélères énormément la vitesse pour recréer un sol vivant, c'est à dire que quand tu pars d'un sol à 2 % de matière organique et que tu arrives à 5 % en grande culture, il te faut 10-30 ans.

En MSV, on l'a vu dans la vidéo tout à l'heure, on peut le faire en une heure, on peut remettre le carbone qui correspond à toute la perte qui a été réalisée les 30 dernières années. Et du coup, la grosse force du réseau, et c'est ça qui est vachement intéressant, c'est qu'on peut avoir tout de suite les effets du sol vivant, alors que l'agriculteur qui a envie de passer en sol vivant, il ne va pas avoir les effets tout de suite, parce qu'il ne peut pas aussi rapidement restructurer,

remettre de l'activité biologique dans les sols, parce que les biomasses sont trop importantes pour qu'ils fassent les systèmes d'intrants massifs. Du coup, le fait de pouvoir concentrer les choses à petite échelle, et ça nous permet d'apprendre très vite.

Et du coup on a pu, tout ce qui avait été modélisé conceptuellement ouais, le sol vivant ça portait ci, ça, ça, et on a pu le mesurer concrètement dans nos pratiques sur les fermes, et c'est ça qui est vraiment génial.

Thierry Leccerci Bonjour, en préambule à la vidéo du jour, j'avais envie de vous présenter le programme de cette vidéo, parce qu'en plus vous verrez il y a des transitions un peu particulières, on a chamboulé l'ordre, de manière à commencer d'abord par comment on s'y prend.

C'est Vincent qui m'a suggéré de dire comment on s'y prend. Vous avez un champ d'ailleurs chez vous, vous avez un jardin, vous avez un parterre de gazon, comment est-ce qu'on s'y prend pour ramener de la vie dans ce sol-là pour devenir soi-même là maintenant producteur de sa nourriture, ou en tout cas d'une partie de sa nourriture ? Et je pense que c'est quelque chose de très important parce que dans nos imagineurs on a toujours l'impression que la production de nourriture est

réservée à des professionnels, la médecine est réservée à des professionnels, le fait d'enseigner à nos enfants est réservé à des professionnels, on est toujours en train de séparer les choses et de professionnaliser les choses.

et au travers du discours de Vincent et d'André, je crois que ce qu'ils ont montré avant tout c'est que c'est à chacun de nous de s'y mettre, la vie dans le sol c'est notre responsabilité individuelle à chacun de nous. Alors on va voir quelle que soit la configuration de votre sol, quelle que soit la situation dans laquelle vous êtes, comment vous pouvez là maintenant concrètement ramener la vie dans le sol et démarrer.

Ensuite, nous parlerons avec André de l'importance de produire sa semence soi-même, là encore pas de le confier à un professionnel de la profession, mais de produire soi-même, parce qu'une semence qu'on produit soi-même sur son propre terrain, c'est une semence qui va s'améliorer, qui va s'adapter, qui va se renforcer, et qui va prendre vraiment les caractéristiques du milieu année après année, et qui évoluera de façon symbiotique d'une certaine manière avec nous.

Encore une énorme tranche de vidéo que j'espère que vous allez partager, parce qu'elle est vraiment importante, elle porte des valeurs essentielles, des valeurs vraiment d'autonomie, des valeurs de responsabilité, des valeurs aussi de joie, de lien, de fraternité, parce qu'il y a de la joie à produire soi-même sa nourriture, il y a de la joie à partager ça, il y a de la joie à oeuvrer ensemble, et André et Vincent nous le prouvent de manière extrêmement flamboyante,

je dirais d'une certaine manière, parce qu'être avec eux c'est vraiment passer un moment intense, un moment intense de personnes qui sont habitées par leur passion et qui vivent leur passion. Alors j'espère que cette série de 3 visions vous aura été utile, inspirante, qui vous aura donné l'envie d'y aller maintenant et d'être auteur, responsable, vous vous rendez compte la puissance que vous avez, vous pouvez ramener la vie dans votre sol, dans ce coin-là qui est à vous, vous pouvez faire cette action,

et il n'y a pas de temps à perdre. Thierry Leccet. Bon, maintenant ce qui m'intéresse c'est, ok, on produit nos semences, on a des semences locales adaptées, on devient tous producteurs ?

Alexandre Asselineau. Tout à fait, le jardinier amateur peut devenir semencier et avoir des millions de graines chez lui. Thierry Leccet. Comment on s'y prend ? C'est-à-dire, moi tu vois là, je suis super motivé, là les mecs vous m'avez mis le feu, je suis chaud patate, je rentre cet après-midi, j'ai du terrain, je veux m'y mettre, à moi la production, ça y est je suis redevenu un acteur,

je réponds aux besoins vitaux de toute ma communauté, je vais révolutionner le monde avec mes légumes. Les légumes titi, comment on les produit ? Thierry Marceau Et bien voilà, donc comment on les produit ?

Donc 2 cas de figure, le cas où on va partir d'un sol vivant, donc là on me parle typiquement d'une prairie qui pousse bien, Attention, il y a des prairies qui poussent très mal, mais la plupart des prairies ont quand même tendance à avoir une forte activité biologique parce qu'elles ne sont pas travaillées, il y a une production de biomasse.

Thierry Marcet. Une prairie qui a été laissée à l'abandon pendant un certain temps ? Alex Vizorek. Pas forcément, non, d'ailleurs une prairie pour qu'elle fonctionne bien il faut qu'elle soit régulièrement fauchée, soit par les animaux, soit par la machine.

Donc non, c'est une prairie qui chaque année va produire 1 mètre, 1 mètre 50 de biomasse. Thierry Marcet. Je sais qu'elle est vivante parce qu'il y a cette hauteur. parce qu'en juin elle fait 1 mètre, 1 mètre 50.

Donc sur ces systèmes-là, c'est le premier cas de figure, le deuxième cas de figure qui se présente, on a justement la production de biomasse, elle est plutôt 30-40 cm, et là on se pose des questions, on se dit comment est-ce qu'on va remettre de l'activité biologique ?

Et bien là on va faire les apports massifs, donc je renvoie vers aussi les vidéos du réseau qui expliquent les apports massifs, avec le réseau maraîchage sol vivant, on apporte des grosses quantités de carbone, donc le carbone c'est sous forme de BRF, on met 10 cm de BRF, on l'incorte pour une dernière fois.

Thierry Marchefort-Roland On va vraiment faire ça hyper visuel pour les gens qui n'y connaissent rien, tu dis des apports de carbone sous forme de BRF, qu'est-ce que c'est exactement ? A.C.L.

Donc le BRF c'est des copeaux de bois, peu importe la forme, pas trop de résineux, enfin maximum 50 % de résineux, c'est des copeaux de bois, et on va mettre 10 cm du bois déchiqueté, Thierry, ça peut être aussi des broyeurs qu'on retrouve en plateforme avec déjà un peu plus de compost dedans et avec des...

Thierry, comment est-ce qu'on se le procure ce broyeur ? Thierry, on va sur les plateformes, le plus simple c'est les plateformes, il y a des plateformes de collecte souvent autour des déchetteries, et on va à ces endroits-là.

Thierry, on va collecter les déchets verts. Thierry, ça peut être une source de matière organique, après on peut aller chez le voisin parce qu'il a des baleaux de foin ou de paille qui sont un peu pourris et qu'il a tendance à les brûler, on dit non, arrête de brûler, tu vas envoyer le carbone dans l'air, moi ce que je veux c'est dans le sol.

Donc on va récupérer cette paille gratuite et on va la dérouler, on peut récupérer à petite échelle des feuilles, on peut récupérer aussi du thon de gazon qu'on va mélanger avec le carbone parce que le gazon c'est très azoté et si on le mélange avec quelque chose de plus carboné ça va activer encore plus rapidement l'activité biologique.

Et donc voilà, il y a plein de manières de procéder pour trouver des matières organiques qui soient équilibrées en carbone et en azote, donc beaucoup de carbone pour l'activité biologique, un peu d'azote pour lancer la machine biologique et aussi pour la plante pour que tout de suite ça pousse.

Thierry Le temps que le cycle vertueux de carbone se mette en place. Romain Le temps pour accélérer cette remise en vie, on va pouvoir intégrer les matières organiques parce que ça va mieux mélanger et associer les bactéries au bois, aux morceaux de bois, et du coup là ça va être...

Voilà, quand on a fait ça, quand on a mis 10 cm de BRF où ça va être 40 cm de paille pendant 3 ans, qu'on va pendant 3 ans intégrer, paille ou fumier de cheval, où, et si on veut vraiment que ça pousse tout de suite, on peut mettre de la paille qui est plutôt carbonée avec un petit peu de gazon.

Voilà, 1 tiers de gazon, 2 tiers de paille. Et bien là, hop, on a remis en route le sol. Et une fois que, soit on a le sol remis en vie, soit la prairie qui est immédiate, et la remise en vie c'est le coup de motoculteur avec, on dépose les brouettes de BRF, on fait le coup de motoculteur, et là c'est bon c'est reparti.

Thierry Marchepand Et après on n'y touche plus. Romain Collet Et après il n'y a plus besoin d'y toucher, et on peut tout de suite se mettre à planter. Donc qu'est-ce qu'on va faire ? Et bien sur la prairie on a envie de désherber, on ne veut pas que l'herbe… Thierry Marchepand Le cas de la prairie où il y a beaucoup de fertilité, il y a beaucoup de masse carbonée, ça pousse haut, qu'est-ce qu'on fait là ?

on récupère gratuitement ces bâches qui sont des bâches d'ensilage que les agriculteurs... Thierry Leclerc ça c'est important pour ne pas te dire ah non mais alors ce n'est pas écolo et tout, tu veux récupérer des bâches d'ensilage ?

Thierry Leclerc On rallonge le circuit du recyclage de la bâche, c'est-à-dire que les agriculteurs ont l'obligation de déposer les bâches dans les circuits de recyclage, nous on dit stop, on va la prendre encore un peu, on va la faire vivre un peu plus longtemps puis ensuite elle va faire le bitume, elle va faire les pneus, mais on récupère gratuitement les bâches, on les pose sur le sol, on attend un mois que la prairie se dégrade, et là tout de suite on fait un trou dans la...

Thierry Marcotte. On affauchait la prairie avant ou on l'affauchait ? André Leclerc. Ça dépend, si vous êtes en terrain très venteux on va plutôt l'affaucher, si ce n'est pas trop venteux, que ça a été affauché peut-être avant ou pâturé, on va juste poser, puis bien lester avec beaucoup de poids.

Thierry Marcotte. D'accord, en mettant du caillou. Là André, toi ce que tu fais, tu mets de l'eau, c'est marrant. André Leclerc. Il y a de l'eau, ou alors tu vois, je vais le faire.

Voilà, en cette saison, les tramontanes, elles ne sont pas du tout chères. Par contre, sur d'autres itinéraires où moi j'ai fait les pommes de terre sous bâche, là par contre, je mets énormément de poids, j'ai des petits blocs de béton comme ça, et j'en mets énormément, parce que chez nous, la tramontane, c'est la folie.

Donc imaginez les bâches. Donc la bâche, on a attendu un mois, c'est le temps vraiment minimum, parce que tout le système racinaire commence à se dégrader, et on va avoir beaucoup plus facile derrière à faire le trou dans la bâche et à mettre le plan.

et on peut mettre n'importe quel plant, on peut mettre. Thierry Lecce. Donc on laisse la planche en place et on passe le plant ? Thierry Meuriceau. On passe dedans, alors pourquoi ?

Thierry Lecce. Donc on commence au début avec des plants, c'est plus facile. Thierry Meuriceau. C'est le plus facile, parce qu'il faut 6 mois d'été pour détruire toutes les vivaces qu'il peut y avoir dans la prairie.

Alors, on parle du chien d'or, on parle des orties, on parle des chardons, on parle du liseron, on parle du rumex, toutes ces plantes-là vont concurrencer le légume, donc on veut les enlever, et pour les enlever il faut 6 mois d'été pour les détruire.

donc là c'est un peu technique, mais voilà, du coup on va faire plutôt un bâchage de quasiment un an, et comme on veut tout de suite avoir de la production, et bien on va planter dans la bâche des trous très petits pour ne pas qu'il y ait juste le plant qui passe et pas de la prairie qui reparte, et puis les plants ça peut être toutes les légumes d'été, la tomate, l'aubergine, le poivron, les courges, les courgettes, mais ça va être aussi les choux, ça va être les pommes de terre,

on peut faire les salades. Thierry Marchefort Donc il peut glisser des patates par le trou ? on glisse la patate par le trou, et là il faut que le sol soit quand même relativement meuble en dessous de manière...

une prairie normalement le sol est plutôt meuble, il y a des prairies à sol plus ferme, la patate va avoir un peu plus de mal, si elle a un peu plus de mal, on va lui mettre une petite pelletée de compost, ça va lui faire un petit cocon, un petit nid, et là on n'a même quasiment pas besoin de l'enterrer la patate, c'est à dire qu'on va essayer de l'enterrer peut-être à moitié, on va faire bien le lien, quand on met un plant c'est pareil, on met bien en contact le plan avec le sol,

on fait juste un petit trou, on le plante pour que ça rentre pile poil et ensuite, qu'est-ce qu'il y a à faire ? Rien. Un arrosage si on est en condition sèche, surtout au démarrage pour bien que le plan y démarre, mais ça, ça va être un ou deux arrosages les premières semaines s'il n'y a pas de pluie prévue.

Et puis bon, si on est dans des endroits vraiment chauds, on va arroser peut-être au moment où il y a les grosses canicules, mais dans des conditions plus humides, classiques, il n'y a rien à faire jusqu'à la récolte.

Et là, donc on plante et on récolte. Donc là, on a fait l'itinéraire plantation. Dans le cadre d'une remise en vie rapide avec les entrants massifs, on va avoir un sol avec un mélange de bois-terre, et là, on va vouloir planter dedans.

Très bien, ce qu'on va faire c'est qu'on va d'abord dérouler un paillage dessus en plus, donc ça peut prendre plein de formes le paillage, ça peut être de la paille, ça peut être du foin, ça peut être des herbes séchées.

Thierry Leclerc On a mis d'abord un apport de carbone massif, on l'a intégré un petit peu, et après on remet un paillage. Paul Monnet On met un paillage parce qu'il faut toujours que les sols soient...

Thierry Leclerc Jamais de terre à nu. Paul Monnet Jamais de terre à nu, donc pas de travail du sol à terme, pas de sol nu, donc toujours couvert, donc là on va mettre la couverture parce que le sol est nu, et ensuite on plante, on écarte juste la place pour mettre le plant, Et donc on met 15-20 centimètres de paillage, qui au bout de 2-3 semaines font déjà plus que 10, parce que ça se retasse, et puis ensuite on plante dans ce paillage.

Et après, pour les plantations, par exemple avec les oignons, avec les échalotes, avec les pommes de terre, on met d'abord les plants sur le sol nu, qu'on vient de travailler, et on recouvre de tout, et comme ça on n'a pas besoin de s'embêter à retrouver la terre.

Donc on enterre à moitié le bulbi d'oignon, ou la motte d'oignon, le tubercule de pomme de terre, vous avez aussi les fleurs au jardin, toutes les bulbes de fleurs c'est les mêmes pratiques, et derrière on remet la couverture par-dessus, et la patate, le bulbi va traverser tout seul, et ça c'est...

Thierry Lecce. Je confirme, nous on avait une parcelle qu'on a mis, on a mis peut-être 40 cm de paille, et par-dessous on avait balancé des petits bulbes et des trucs comme ça en se disant ça a poussé, ça n'a pas poussé, on a même balancé des graines de tomates, et j'ai été impressionné de voir ces plantes qui arrivaient à se faufiler, et bien sûr qu'il n'avait pas été semé à une période donnée, donc qu'ils ont poussé spontanément avec une force, avec une résistance,

avec des tiges absolument magnifiques, enfin ouais, ça marche, ça marche vraiment. A. Donc là on a, et après pareil, on a mis la paille, on a planté soit avant avec le tubercule et les bulbis, soit après parce que c'est plus facile, et puis après qu'est-ce qu'il y a à faire ? Rien, jusqu'à la récolte.

Alors si on a des petits soucis avec des altisses par exemple sur les choux, enfin des petits ravageurs, la solution qui fonctionne à tous les coups c'est qu'on met un voile dessus, on met des voiles anti-insectes.

Thierry Le temps que le système s'équilibre. Romain Le temps que le système s'équilibre, et puis même des fois à terme il y a certains... c'est vrai qu'on a des maraîchers qui n'utilisent plus de voile, ça on le constate.

Thierry En maraîchage solivant. Romain En maraîchage solivant, il n'y a pas la mouche du poireau, il n'y a pas la mouche de la carotte, il n'y a pas les grosses attaques de dorifers, voilà, mais si on a, on a quand même envie de manger quelque chose à la fin de l'année, donc on met le voile et puis on est tranquille, mais ce n'est pas systématique.

Et après on met aussi les nichoirs. Thierry Marchefort qui font des bons nettoyages. Thierry Marchefort Oui, les nichoirs pour les oiseaux. Thierry Marchefort Les oiseaux, là par exemple, j'avais parlé avec un gars du groupe maronithologique qui me disait qu'un couple d'hirondelles mange un million d'insectes par été.

Donc, imagine le nettoyage, les chauves-souris la nuit aussi qui nettoient pas mal, tous les papillons de nuit et tout ça qui viennent se poser dans nos légumes, notamment la tuta qui est un papillon qui attaque les tomates en serre par exemple, elle sévit la nuit elle, donc chauve-souris ferait de très bon nettoyage.

Il faut ramener aussi de la biodiversité par des nids insectes, des nichoirs, des perchoirs, voilà pour avoir tout ce petit monde, faire des mares aussi dans nos jardins. Tu parles de cerfs, c'est un truc dont on n'a pas parlé, le maraîchage au sol vivant, on peut le faire aussi en cerfs ?

Thierry Leclerc Ah oui, complètement, on peut aller jeter un oeil si tu veux. Allez, on y va. Thierry Leclerc Allez, je vous suis, on va se le terminer à la cerf.

Thierry Leclerc On va parler des semis, comment est-ce qu'on peut concrètement semer ? Thierry Leclerc Oui, oui, comment est-ce qu'on peut semer là-dedans ? Parce que c'est vrai que tu as un gros mulch, comment tu t'y prends ?

Thierry Leclerc Voilà, c'est ça, donc au niveau des semis, ce que l'on va faire c'est, une première solution c'est si on a le mulch, on va écarter le mulch juste sur la ligne et on va poser les graines sur le sol nu, on n'a pas besoin de travailler le sol, absolument pas, on pose les graines sur le sol nu, et après si on veut sécuriser, alors on peut le faire comme ça, ça va fonctionner, si on peut sécuriser en remettant au-dessus des graines qu'on a déposées du compost ou de la paillette,

la paillette de quelque chose de très fin qui permettent à la graine de carottes typiquement à sortir du... à sortir, et aussi si on a mis un peu un petit paillage, il va y avoir beaucoup moins de germination de graines quoi, parce que le fait de jamais bouleverser le sol, c'est ça qui nous permet de ne pas désherber.

Le sol toujours couvert, jamais travaillé, c'est un sol qui a très peu de germination spontanée et du coup il n'y a plus de désherbage à faire. Donc à chaque fois qu'on va grattouiller le sol, qu'on va le biner, on va en effet désherber mais on va surtout recréer une super levée de dormance et toutes les plantes vont ressortir et du coup il va falloir rebiner donc on est dans le cercle infernal du travail du sol et on va essayer de sortir de ce cercle là et tout simplement mais le sol toujours couvert.

Donc dès le semis on va remettre au dessus des lignes un petit lit de compost, un petit et un lit de paille courte. Une autre solution c'est plus simple, très accessible, on met 5 cm de compost sur le sol et on sème dedans.

Thierry Leccesi. Vous me rappelez une technique de Dominique Soltner, je pense que tu dois la connaître peut-être. Romain Collet. Oui, on peut faire référence au livre le guide du nouveau jardinage de Dominique Soltner.

Thierry Leccesi. Oui, qui est ancien déjà. Romain Collet. Oui, qui a bien 30 ans, un 20 ans. à l'époque. Et voilà, on met le compost sur le sol, on fait le sillon classique parce que de toute façon il n'y a pas de problème de levée de dormance sur un bon compost parce que toutes les graines elles ont chauffé, donc ça ne bouge pas.

Et puis ensuite, pour les semis on va utiliser un peu ces outils-là pour pouvoir se simplifier la vie. Quand on met 5 centimètres minimum de compost, il n'y a absolument aucune levée de dormance de ce qui est en dessous.

Quand on en met un peu moins parce qu'on est un peu radin, parce que ça demande peut-être plus de choses à déplacer, on prend plus le risque de désherber, et du coup on le paye quoi.

Mais on a aussi des bons résultats avec, on débâche, donc là, après notre courge sur bâche, les tomates sur bâche, on débâche, le sol est nu, juste au moment du semis on débâche tout de suite, on n'attend pas, on sème, et avec beaucoup de plantes quand on fait juste cette opération-là ça revient très vite quoi.

Oui d'accord, la concurrence est favorable aux plantes qu'on a mises ? Thierry Leclerc Il n'y a rien qui lève parce que le sol il n'a pas du tout été perturbé, donc, et comme on met tout de suite les graines, ça pousse. Donc, et puis après on peut aussi faire des fausses mieux, on met les graines, on remet la bâche, et on attend 10 jours, et on enlève la bâche, et là on est sûr de, voilà, c'est des petites techniques comme ça pour assurer les semis de manière

très sécurisée. Et puis c'est vrai que les petites graines comme la mâche, comme la carotte, sont un peu plus longues à faire germer, on peut les faire pré-germer. On les trempe dans l'eau plusieurs fois, ça ressèche jusqu'à ce qu'il y a un témoin qu'on met en place 24 heures avant, quand le témoin germe, ça veut dire qu'il faut planter, on est prêt, il faut y aller, il faut lancer les veines.

Et là comme on a fait pré-germer la graine, ça prend de l'avance, et du coup on fait toujours en sorte de densifier les cultures pour que la culture prenne toute la place et que du coup il n'y ait pas de place pour des mauvaises herbes, et du coup il n'y a pas de désherbage à faire avec cette technique-là.

Thierry Leccet. Comme dans le modèle naturel où il n'y a jamais d'espace vierge sans plante. Olivier Roland. Tout doit être rempli si on ne veut pas désherber, donc ça c'est la règle.

Thierry Leccet. Là on est dans la serre ? Olivier Roland. Là on est dans la serre, donc si tu veux, derrière toi on essaie de faire des tests, on est en train de faire de l'agroforesterie tropicale, Donc ça c'est nos premières lignes d'agrumes tropicaux.

Donc comme tu vois dans les champs, les fruitiers qui sont espacés tous les 15 mètres, nous on va essayer de faire pareil avec les agrumes dans la serre, qui sont gélifs, donc c'est pour ça qu'ils sont ici.

Et donc on cultive ici beaucoup de solanacées et du concombre, comme tu peux le constater. Et donc on est vraiment sur sol vivant, vu qu'on n'y passe pas énormément de temps aussi dans la serre tu vois, on a le broyat par terre.

Thierry Leccercie Oui, là on retrouve toujours la même structure. Alexandre C'est ça, tout à fait. Thierry Leccercice Et on a... Alexandre Tu es sûr du broyat, et par dessus on remet donc la toile tissée, qu'on a percée au chalumeau, qu'on va utiliser facilement entre 15 et 20 ans par contre.

Donc si tu veux c'est un bon investissement du plastique dans nos systèmes. On pourrait aussi utiliser maintenant une matière qui s'appelle le géochambre, et là on va pouvoir faire seulement 2 cultures. Thierry Lecce 2-3 ans de dégradation, moi j'en ai utilisé et ça se dégrade très rapidement. Après c'est intéressant parce que ça ramène quand même de la matière organique au sol.

Mais bon, au niveau financier pour l'instant je n'ai pas la possibilité de m'amuser encore avec le géochambre. Thierry Lecce Au niveau amateur c'est intéressant. Moi je l'ai utilisé effectivement pour mettre des plantes, et après on l'a utilisé pour pailler les chemins, tu vois c'est en vrac, en faisant plusieurs recouvrements, mais en 2-3 ans il n'y a plus rien.

Thierry Lafonde. Après au niveau moteur, on peut aussi tout simplement mettre un paillage, on va remettre le paillage au pied sur 15-20 centimètres, et c'est ça qui va faire le rôle de couverture et qui va très bien fonctionner, le paillage, ça peut tout de suite du carton à petite échelle, c'est assez intéressant le carton, ça fonctionne très bien quoi, voilà. Olivier Roland.

Donc là, on fait par exemple des tests curcuma gingembre, juste derrière toi Stanley, on va voir ce que ça va donner, ça a l'air de bien pousser pour l'instant, c'est un sol vivant donc. Thierry Leclerc Qu'est-ce qu'il y a ici, j'ai un des produits, ça marche très bien.

Thierry Leclerc Ah ben écoute, ça me donne de l'espoir. Donc voilà, ici on fait plusieurs relèves, on a 2 serres donc, et là on fait plusieurs relèves pour avoir de la tomate par exemple, et de l'aubergine jusqu'au mois d'octobre ou novembre, tu vois, donc on joue sur nos relèves, et on parlait tout à l'heure de semencer tout ça, et donc là on est en train de mettre en place une pépinière, Et donc là on est en train d'automatiser notre production de plants,

donc ça se fait petit à petit, encore on va chez le pépiniériste pour l'instant, mais on a le matériel, bon c'est pas super bien arrangé, faut pas trop regarder, mais bon là on a une mouteuse donc où on va intégrer notre terreau là-dedans, là-haut on va intégrer notre semence et on va sortir des mini-mottes un peu dans le même style que ça, tu vois, et ou plus petites selon ce qu'on a besoin, et donc on va faire notre plant.

Donc tout ça, ça va être automatisé, on va pouvoir abandonner le plastique notamment pour les godets en plastique et tout ça, les plaques de semis tout ça et ça va être merveilleux.

On travaille, ça par exemple, ça c'est ce qu'il reste de mes plants de cette année mais ce que tu vois là ici c'est du terreau que je me suis fabriqué moi même à base de fumier de cheval. Donc on travaille de l'autonomie aussi sur la fabrication de nos semences, sur le fumier de composté et sur la de terreau.

Donc c'est comme ça aussi qu'on arrive à améliorer notre rentabilité économique en diminuant les entrants extérieurs et en essayant de faire un maximum sur place. L'exemple d'André est vraiment beau, c'est qu'on priorise au départ, on se focalise d'abord sur le sol puis petit à petit on essaye de monter en compétence et on ne fait pas tout d'un seul coup parce que tu pars au clash et puis c'est un peu décourageant parce que du coup on n'aura pas le résultat alors que si Déjà on se focalise sur le sol, qu'on met les plants au moment où il faut,

et déjà qu'on fait ça bien, on est déjà super satisfait tout de suite parce que le résultat est là. Thierry Leccercie Oui, ça pourrait être un conseil aussi pour les gens qui mettent en culture des jardins, commencez d'abord par focaliser sur le sol et utilisez peut-être des plants au départ, vous utilisez des plants et après vous allez commencer à produire votre graine, à semer, à faire les semis et tout, et chaque année vous augmentez en compétences.

Romain Bellamy Mais voilà, on y va petit à petit et on priorise, la priorité c'est que le sol fonctionne bien pour que ça pousse tout seul, Et une fois que ça s'est lancé, parce que c'est difficile de tout appréhender, il y a pareil aussi de mettre en place peut-être la serre pour la papinière, tout ça, ça prend du temps, donc on y va petit à petit quoi.

C'est vrai que la serre est vraiment intéressante pour le maraîcher, pour avoir des légumes au moment les plus difficile, c'est surtout au printemps, et puis avoir des légumes d'été dans les régions plus froides, donc c'est vraiment un bon investissement aussi pour le jardinier et qui veut avoir une régularité tout au long de l'année, avec la serre il peut vraiment avoir des super légumes d'été parce que ça fonctionne plus facilement, de bonheur, et puis avoir en hiver des salades qui poussent vite etc.

Donc ça c'est vraiment assez important dans les systèmes d'avoir cet effet de serre grâce à ce matériel. Thierry Meurice. On est devant les semences de poireaux. André Gouint-Poulainer. Voilà, tout à fait.

Thierry Meurice. André, pour toi la semence a une réelle importance dans ce retour à un nouveau paradigme de production locale sur des sols vivants, la semence pour toi a un potentiel énorme, et se réapproprier les semences c'est un véritable enjeu.

Thierry Lepage Oui, ça c'est un enjeu, ça on l'avait compris à la base, et notamment avec l'association dans laquelle on est dans le département, ramène ta graine tu vois, après il y a eu des précurseurs au niveau national et international comme Cocco Pellizza, ils prennent sur la biodiversité alimentaire, garder la semence paysanne est reproductible, ça c'est hyper important.

Pascal Potte, c'est vraiment des gens qui sont engagés, il y a des gens qui sont dans l'ombre aussi, qui travaillent énormément et qui fournissent ces gars, franchement bravo à tous ces gars et qui aussi ont lutté au niveau des lois pour faire qu'aujourd'hui la semence paysanne soit libre d'échange, et ça c'est super important, donc c'est souvent le combat du pot de terre contre le pot de fer, tu vois, dans ce monde-là, mais ça marche.

Aujourd'hui pourquoi la semence ? parce que la semence paysanne adaptée à notre terroir local, on reprend les variétés, tu vois, souvent d'ailleurs tu as des variétés qui sont au nom du village, tu vois, tu as l'oignon rouge de Toulouge, tu as, nous à Elne on a le céleri d'Elne, on a la patate douce d'Elne aussi, la patate douce ouais, cette année je vais en sortir un petit peu.

Thierry Marchefort-Ramezzier. Ah, tu ne vas pas la retrouver ? Thierry Marchefort-Ramezzier. Je n'ai jamais entendu parler. On a failli la perdre parce qu'il y a un monsieur qui était dans Elne qui est mort d'ailleurs cette année, et qui pendant ces 3 dernières années de vie faisait encore du plant de patates douces.

Mais l'année dernière une dame qui m'arrive au jardin, elle me dit regarde j'ai la patate douce d'elle, je dis oh, ne prends pas là, Thierry:" L'humanité compte sur toi, la Catalogne compte sur toi.

Romain:" J'étais super content d'avoir cette semence plant, c'était exceptionnel. Pareil, sur elle, on a une association là, dont je fais partie, qui s'appelle Terre dels Abyss, ça veut dire Terre de nos ancêtres en catalan, et en fait c'est un conservatoire agricole de matériel essentiellement, mais aujourd'hui aussi sur le savoir, il y a des heures et des heures de vidéos qui ont été enregistrées et on a fait donc parler aux anciens comment tu faisais tes patrimoines agricoles et tout ça,

donc ça tu vois on garde à mémoire tout ça dans cette on fait le lien aussi et on prête du matériel par exemple ancien à des gens qui veulent s'installer en agroécologie parce qu'on reprend aussi du matériel de l'époque et ça c'est important.

Et donc Jean-Louis Mas, le président, on se croise et je lui dis Jean-Louis, tu aurais pas cette fameuse salade romaine d'Elne qui était très grosse à l'époque, qui a fait la gloire maraîchère de l'époque et qui s'appelle l'ancien miargue, qui veut dire la grosse salade en catalan et Et il m'a dit, ben oui, regarde, il y avait 2 monsieurs, Jean-Louis, comment il s'appelle, M. Coderre et M.

Ribotte, 2 anciens maraîchers d'Elne qui lui ont cédé, il y avait 50 graines quoi, tu vois. Et après, cette variété, on ne sait plus où elle était, elle ne se produisait plus.

Et donc, il nous a donné, on a fait les plans, on a planté l'ancien myargue et on a récupéré l'équivalent de 800 grammes de semences. Donc, on a de quoi replanter un hectare d'ancien myargue, tu vois. Donc c'est parti, on a remis ça, et donc c'est une salade qui est adaptée au terroir, c'est une semence paysanne.

Thierry Lecce Quel est l'intérêt ? Pourquoi produire ces graines ? C'est tellement plus simple d'aller acheter un sachet d'ailleurs au magasin, au point vert là. Thierry Lecce L'intérêt c'est que les semences paysannes s'éprouvaient, elles sont beaucoup mieux mycorhizées, c'est-à-dire que les champignons viennent plus en symbiose autour des racines et tout ça. le champignon, sa vocation dans le sol, c'est de récupérer de par la plante des sucrés des vitamines qui sont fabriqués

lors de la photosynthèse, donc lui va se nourrir de ça et en contrepartie il va aller chercher de l'eau et des substances nutritives, oligo-éléments et minéraux, donc c'est ce que tu vas retrouver bien sûr dans ton légume final qui va faire aussi que ta plante est beaucoup plus résistante et un peu mieux évoluée, donc si tu veux l'idée c'est de récupérer nos semences paysannes de notre secteur, les adopter à notre terroir quoi, et les faire évoluer d'année en année.

Et donc là tout de suite tu vas retrouver des plantes moins malades, une alimentation plus nutritive, et donc si toi en plus tu travailles avec les pratiques de sol vivant, tu as le tiercé gagnant tu vois, donc tu es au summum de l'alimentation et de la production maraîchère.

Oui, moi ça m'a toujours surpris que dans tous les pays d'Europe par exemple, on cultive la même carotte produite au même endroit, et qu'avec des climats qui sont tellement différents, on puisse espérer avoir des résultats qui soient les mêmes, comme si la semence n'avait pas d'importance, ça m'a toujours surpris.

Thierry Leclerc Oui, c'est vrai que… Thierry Leclerc Entre le sud de l'Espagne et le nord de l'Europe, tu as des différences climatiques majeures quoi. Thierry Leclerc Oui, ça c'est sûr, après par exemple il y a des variétés qui s'adaptent très bien, tu vois, moi j'ai fait de la carotte nantaise et elle marche très bien, j'ai essayé la blanche du Doubs une fois, elle a super bien marché aussi.

Thierry Leccet. Et est-ce que le fait de la cultiver, de la reproduire ici va lui donner une spécificité petit à petit quand même ? Tu peux y gagner quand même, non ? Olivier Roland.

Oui, complètement, la plante va s'adapter, et notamment des gars comme Pascal Potte, on en parlait tout à l'heure. Thierry Leccet. Je pense à l'adaptation à la séchesse qu'il a réalisé avec ses plantes. Olivier Roland. Voilà, et aussi Pascal, j'ai remarqué qu'il essaye de mettre par exemple une courgette près d'une zone humide qui va attraper l'odium, tu vois, et du coup la semence va emmagasiner le fait d'avoir attrapé l'odium, et il va prendre la courgette du plant qui a été attaqué mais qui a réussi à

rebondir derrière et refaire une courgette, tu vois. Donc on travaille sur, on les fait galérer. Thierry Le vivant fonctionne comme ça, on l'applique un stress, et si le stress ne dépasse pas la capacité de la plante, et bien la plante se renforce, elle devient plus forte, elle développe des stratégies d'une certaine manière. Alex C'est ça.

Thierry Après il y a tout un sujet là sur le sol vivant, c'est à dire que personne ne fait de semences sur des sols non travaillés, donc il n'y a pas une réelle adaptation. Thierry Leclerc :"Personne sauf André !"

André Leclerc :"Ben voilà, non mais c'est grosso modo dans la masse exactement, on a vraiment cette problématique que des plantes qui sont acclimatées à des fortes communautés bactériennes, à beaucoup de champignons, à des énormes niveaux de fertilité parce qu'il y a énormément d'azote toute l'année dans le sol grâce à toute cette activité biologique, Et du coup, il n'y a pas eu de recherche vraiment de fait pour pouvoir aller dans ce sens-là, d'avoir des plantes qui répondent au mieux par rapport à ce type de sol,

parce que la semence elle est produite de manière majoritaire, mais ultra majoritaire, sur des sols qui sont très travaillés, très faibles en activité biologique. Donc là, il y a un sujet de recherche qui est extraordinaire et qui va avoir un impact colossal sur la production, parce que la variété a vraiment un gros impact en termes de qualité nutritive, c'est très très important, et puis en termes après de résistance à toutes les maladies, les ravageurs. Après pour tempérer aussi un peu le discours,

pourquoi est-ce qu'on est parti sur des variétés ultra sélectionnées et ultra peut-être moins nombreuses, c'est parce que l'agriculteur a besoin de régularité, les variétés anciennes avaient plutôt tendance à ne pas forcément être régulières, alors ce n'est pas toutes, du coup il y a quand même un travail à refaire, c'est-à-dire qu'on se rend compte que les variétés anciennes, il y en a qui fonctionnent super bien, et puis il y en a d'autres où c'est vraiment aléatoire, et le maraîcher ne peut pas se permettre quand il veut

vraiment vivre de cette production d'avoir des fluctuations énormes et d'avoir pas de garantie que ça pousse et que ça fonctionne. Donc c'est là où il y a beaucoup d'intelligence à remettre dedans, remettre de l'intelligence, de l'expérimentation, de la recherche.

Un exemple un peu bête c'est les pommes de terre, il y a des pommes de terre qui font des végétations de 2 mètres de haut. Végétation de 2 mètres de haut, ça va nous permettre d'avoir une autonomie en carbone, c'est le cycle de la pomme de terre qu'on n'a pas quand on a des végétations qui font 30-40 cm.

Et puis on va avoir besoin de moins de paillage parce que souvent quand on met la pomme de terre, avec le paillage, il se dégrade et la pomme de terre verdit, du coup on est coincé, alors qu'avec des gros volumes de phéas, c'est pour montrer qu'il y a des choses absolument incroyables avec la génétique, qu'il y a beaucoup plus de gènes dans un blé que dans un animal, il y a 1000 chromosomes dans un blé, il n'y en a que 24 ou 48 là pour les mains, ça n'a rien à voir,

c'est-à-dire que le végétal pour s'adapter perpétuellement à tous les changements sans bouger, il se base sur le patrimoine génétique, et là il y a une ressource absolument gigantesque. Thierry Leccet. Oui, et ça c'est quelque chose qu'on a complètement perdu de vue, parce qu'il me semble qu'en agriculture, d'ailleurs comme en santé humaine, on considère la semence, la plante, on ne voit pas la vitalité, l'adaptabilité qu'il y a en elle, et tout ce qu'on voit c'est les produits

qu'on va pouvoir apporter de l'extérieur pour lui permettre de suivre. On a vraiment l'impression que c'est notre travail qui va tout faire, Et là quelque part vous amenez le focus sur la semence en disant non mais il y a un potentiel là-dedans, si vous l'utilisez c'est autant de travail en moins de l'extérieur qui n'est pas à apporter d'une certaine manière.

Thierry Leclerc Et puis la semence c'est incroyable, quand on voit la petite graine qui germe et qui en 3 jours fait un truc de 3-4 centimètres, c'est absolument fou, et puis plus les graines sont grosses plus ça fait quelque chose d'énorme, c'est vrai que c'est vraiment l'émerveillement du vivant, du végétal, et l'émerveillement il peut aussi se traduire et ce génie biologique il peut se traduire à tous les niveaux de l'itinéraire technique que l'on va développer parce que si on veut atteindre l'autonomie c'est en se basant sur le

génie biologique, si on veut produire ce carbone de manière massive et bien c'est avec le génie biologique, c'est avec les bonnes associations de plantes et en trouvant les bonnes variétés qui sont capables de très rapidement faire des grosse biomasse, donc on travaille avec des plantes géantes, avec des maïs qui font 6 mètres de haut, avec des couvertures, je vous renvoie sur les vidéos de vers de terre production, avec Christian Abadie, il présente des maïs où on le voit et puis il y a la plante,

et c'est le maïs, et ça c'est des variétés, c'est des choix variétaux, on retrouve des vieilles semences brésiliennes et c'est avec ces semences-là qu'on arrive à faire ça, c'est là où on voit l'enjeu énorme de la semence et des mélanges de graines quand on fait les couverts végétaux, et voilà, ça a vraiment des implications énormes.

Et là, on va vraiment se baser sur nos réseaux pour pouvoir mettre en place toute cette recherche. Et les réseaux de semences, les réseaux d'échange de graines, tout ça c'est à construire, à bâtir, à renforcer, il y en a qui existent, il faut les renforcer, les accompagner, et ça c'est un enjeu colossal.

Oui, il y a vraiment des coopératives locales de graines à produire, d'échanges et de localité. Et toi André, tu commences déjà à produire tes graines ? André Leccercie Oui, alors moi j'ai fait par exemple sur la culture d'été, toutes mes tomates, aubergines, j'ai fait tout ce qui est courges, courgettes aussi, une partie des courgettes.

Là donc l'année prochaine on va avoir le poireau qui est juste derrière nous, on a fait la blette aussi l'année dernière, et donc la salade de l'Ancien Miracle qui l'année prochaine on fera une belle fête de l'Ancien Miracle.

Thierry Leccet. Ah, je te piquerai les ailes pour monter à la montagne. Alex Vizorek. Ah, j'en ai là, je t'en donnerai un plaisir. Thierry Leccet. Pour monter à la montagne.

Alex Vizorek. Voilà, je pense qu'il faut célébrer aussi des moments comme ça où on redonne vie à une vérité, tu vois, et donc je pense qu'au mois de mars prochain ce sera Calçota de Géante et Ancien Miracle, tu vois, ce sera parfait.

Il faut traduire, le calchote en Catalogne, c'est un petit poireau qu'on consomme grillé à la braise au printemps à peu près. Thierry Lalonde C'est plutôt un oignon. Thierry Lalonde C'est un oignon, ce n'est pas un poireau, qu'on consomme grillé à la braise, trempé dans une sauce.

Thierry Lalonde Un oignon de 2 ans, un oignon qui a 2 ans en fait. L'oignon part de la semence la première année, il fait un plan, il fait un bulbe, tu replantes ce bulbe qui va éclater sur plusieurs oignons, tu reprends donc cette touffe d'oignons que tu feras griller, et qui est d'ailleurs somptueuse, et ça se mange avec une sauce style sauce romesco, mais ce n'est pas romesco, parce que là les catalans vont nous savourer.

Donc bon, voilà, donc voilà, c'est très festif, et ça revient du sud. Thierry Leclerc et c'est du lien, c'est du lien en permanence, c'est ce que je retrouve dans votre discours.

Alors, merci Vincent, merci André, je pense qu'on a couvert à peu près quand même là, on est parti de la graine et on a vu un petit peu tous les aspects. De toute façon, dans la description sous la vidéo je vais mettre tous les liens vers la chaîne Maréchal, le sol vivant, vers le site Maréchal, le sol vivant, nous on va mettre à plusieurs endroits aussi le lien de tous ceux qui sont lancés dans cette démarche dans les

Pyrénées-Orientales pour les soutenir, et on va se suivre régulièrement pour voir un petit peu la continuation de cette belle aventure qui de toute façon va prospérer. Tu me disais que dans le département tu as démarré tout seul en sol vivant ?

Voilà, c'est ça, donc ça c'était en juillet 2017 où j'ai attaqué vraiment professionnellement. Bon, il y avait des gens qui étaient en solvents, mais c'était plutôt amateurs, des petits jardiniers et tout ça.

À grande échelle comme nous, j'étais le premier, et aujourd'hui on est 10 à peu près. Thierry Leclerc Excellent, et ça va aller de toute façon. David Gouin Et ça va crescendo, il y a des nouveaux qui sont en train de sortir, il y a beaucoup de gens qui sont venus se former sur l'exploitation, et sur l'exploitation des copains aussi.

Et là ça représente à peu près une vingtaine d'hectares dans le département, mais ça va aller crescendo, je pense que dans les cinq prochaines années il y aura plus de 150 hectares qui se sont mis en sol vivant.

Il y a des gros déjà qui sont bien installés et tout ça et qui sont vraiment passionnés par l'agroécologie. On s'était rencontré d'ailleurs à Paris aux rencontres internationales du vivant et là bien sûr il y a eu des gens intéressés du coin et donc ce qui est intéressant c'est que tu as des grosses unités de 80-100 hectares tu vois, des vignerons, des producteurs de plantes aromatiques et tout ça qui sont dans le secteur et qui sont venus voir nos d'itinéraires techniques de production.

Et donc, ça prouve que les grosses unités aussi vont transiter vers la permaculture, l'agroécologie, le sol vivant. Donc, bravo à tous les gens qui se remettent en cause, qui acceptent de revoir les paradigmes, ça c'est superbe.

Thierry Lalonde C'est ça, quand un gars qui a 80 hectares il te dit bon moi j'ai envie de remettre de l'arbre dans mes parcelles, de faire de l'agroforesterie et tout, tu dis ça y est, on y est quoi.

Et lui 80 hectares, il va te changer le paysage local. Toi tu sais, il y avait 1,6 hectare de changer, mais tu ne vas pas voir.

Mais lui, il aura vraiment un impact, ça va être fantastique. Enfin, on va pouvoir aller faire du vélo, pas respirer le bifauzat en se promenant dans nos champs, et voir des oiseaux et des arbres magnifiques.

Et ça, ça y est, c'est gagné. Donc on y est, on va y arriver, il ne manque pas grand-chose. C'est vrai que les vidéos qu'on a fait avec Verde Terre Productions sur toutes les filières. Ça permet aux gens, quelle que soit la filière, de faire cette auto-formation, ce changement de paradigme.

Après, il y a tous ces réseaux qui se mettent en place. En Normandie, on installe 30 jeunes chaque année, c'est colossal. Les chambres d'agriculture nous disent que 90 % des jeunes qui veulent s'installer en maraîchage, c'est sur maraîchage survivant, ce n'est pas sur un autre système et il y a une énorme motivation qui est en train d'émerger là et qu'il faut accompagner et qu'on accompagne par la diffusion libre de connaissances, par l'accompagnement individualisé avec d'agriculteurs apporteurs de projets,

on fait cet accompagnement là et puis on peut même espérer demain aussi avoir ces groupes, ces communautés, ces villages qui se font épauler par un maraîcher pour mettre en place leur jardin collectif et se rapproprier de manière collective.

Thierry Leccet. Moi c'est un projet personnel, donc on va rester en communication parce que j'en ai déjà parlé à André, mais je vais lancer bientôt un appel, on cherche un ou deux jeunes qui ont envie, qui veulent aller se former avec André au besoin il nous les prendra, et qui vont produire dans la montagne de manière voilà, moi je rêve effectivement d'une nourriture de qualité accessible à tous, une accessibilité universelle à une alimentation de qualité et qui ne soient pas liés à des revenus,

qui ne sont même plus liés à l'échange d'argent, dans lequel on sécurise l'agriculteur avec le soutien collectif de la communauté, et que lui après il est libre de produire et de produire dans la joie des légumes qui vont nourrir sa communauté, et il va voir les résultats.

Et ça c'est vraiment ce que j'ai retenu de ce que tu disais, c'est que tu vois les fruits de ton travail, tu vois les gens se transformer, et ça c'est super motivant quoi. Thierry Leclerc C'est l'humain avant tout, l'humain est capable du meilleur comme du pire, et donc je pense qu'aujourd'hui on a tellement touché le fond qu'on ne peut qu'aller vers le meilleur.

Donc, moi j'y crois énormément, j'en suis l'exemple plus partie de rien, grâce à ce soutien de bénévoles, d'AMAP, et bien écoute, du réseau, comme le réseau Maréchal Solivan, et bien on arrive à réaliser des trucs fantastiques.

Donc, j'incite vraiment tout le monde à y aller, on retrouve ses manches là et on va au charbon, et ça va le faire. Merci André, merci Vincent, d'avoir fait le chemin. Et puis voilà, quand je vois la synergie de ce qu'on essaie de porter et tout, c'est juste fabuleux, à très bientôt.

Merci.

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