Pour un sol vivant ! partie 1..."un sol mort ou un sol vivant ? "
Cette vidéo est tournée sur le terrain, dans les Pyrénées-Orientales, chez André, maraîcher qui a remis en vie un hectare de sol conventionnel épuisé depuis 2017. Thierry est accompagné de Vincent, agronome spécialisé en maraîchage sur sol vivant, et les trois hommes parcourent les parcelles pour expliquer, de manière très concrète, ce que signifie produire sans travailler le sol.
Le principe central exposé ici est celui de l’auto-fertilité des sols : en apportant du carbone sous forme de broyat de bois, on nourrit les bactéries, les champignons et les vers de terre qui structurent le sol, le rendent poreux et lui permettent de retenir l’eau et les éléments nutritifs. Vincent détaille pourquoi les 3 à 5 premiers centimètres de sol concentrent 80 % de la vie et de la biomasse animale, et comment le travail mécanique répété détruit précisément cette couche fonctionnelle.
La comparaison entre les deux parcelles est au cœur de l’épisode : d’un côté le sol d’André, où la bêche s’enfonce facilement et où les vers de terre et les insectes sont visibles à l’œil nu ; de l’autre, le sol voisin, compacté, sableux, recouvert de bâches de solarisation pour stériliser avant chaque culture. Ce second sol est présenté comme un support neutre et inerte, y compris lorsqu’il porte un label agriculture biologique.
André évoque aussi les effets observés sur la qualité nutritive des légumes produits : une structuration différente des sucres complexes, des protéines, des lipides, et la présence de terpènes et huiles essentielles que l’on ne retrouve pas dans les légumes cultivés sur sol mort. Vincent annonce par ailleurs des outils de mesure en cours de développement pour rendre ces différences de qualité lisibles et accessibles aux consommateurs comme aux agriculteurs.
📑 Au programme de la vidéo
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0:00Introduction : la vie dans le sol comme dans le corpsThierry pose le parallèle entre la vie dans le corps humain et la vie dans le sol, et annonce une série de vidéos sur l’agriculture régénératrice.
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3:16Le paillage de broyat et l’auto-fertilitéVincent explique comment le broyat de bois reproduit dans le jardin le cycle naturel de décomposition que l’on observe en forêt ou en prairie.
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6:37Les habitants du sol : bactéries, champignons, vers de terreAndré et Vincent décrivent les organismes qui constituent un sol vivant et ce qu’il faut leur apporter pour qu’ils fonctionnent.
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9:58Sol vivant contre sol mort : la comparaison annoncéeAndré propose d’aller creuser pour montrer visuellement la différence entre le sol régénéré et le sol conventionnel du voisin.
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13:14Biodiversité et résistance aux ravageursVincent explique pourquoi un sol riche en micro-organismes réduit naturellement les problèmes de maladies et de ravageurs sur les cultures.
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17:07Bêche dans le sol : ce que l’on voit vraimentLes trois hommes creusent la parcelle d’André et observent la porosité, les vers de terre et l’activité biologique visible à l’œil nu.
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26:27Qualité nutritive et sucres complexes dans les légumesAndré décrit les différences constatées chez ses clients : légumes mieux tolérés, goût plus présent, et structuration différente des sucres et des terpènes.
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29:45Mesurer la qualité : les outils à venirVincent présente des technologies en développement pour rendre mesurable et accessible la qualité nutritive réelle des légumes produits sur sol vivant.
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33:03Le sol mort du voisin, labellisé bioLa visite de la parcelle voisine révèle un sol compacté, solarisé et stérilisé, malgré un label agriculture biologique affiché.
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36:20Érosion, carbone et conséquences environnementalesAndré et Vincent décrivent la perte irréversible de capital sol par l’eau et le vent, et les effets sur la qualité des nappes phréatiques.
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Transcription de la vidéo
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« La vie dans le corps est l'essence de la santé. La vie dans le corps est l'essence de la santé. » Bonjour, c'est un plaisir de vous retrouver là pour une série de vidéos exceptionnelles, exceptionnelles de par leur importance pour moi. Vous savez, je vous parle souvent de la vie dans le corps et de l'importance de maintenir cette vie dans le corps, que c'est vraiment le fondement sur lequel on peut construire toute la notion de santé.
Ce n'est pas dans des remèdes extérieurs, toujours des causes extérieures qu'on va chercher la santé, mais simplement dans la manifestation de cette vie, de cette puissance qu'il y a en nous, et dans son augmentation d'une certaine manière, dans le fait de la faire grandir, croître, pour que le niveau de santé croisse avec. Mais ce qui est intéressant de se rendre compte, c'est que ce qui est valable à l'échelle du corps humain est valable partout, tout autour de nous, et en particulier si on parle de culture,
d'agriculture, pour utiliser ce noble terme de paysannerie, Et bien, on peut parler de la même manière que la vie dans le corps, on peut parler de la vie dans le sol. Et on se rend compte rapidement que cette vie dans le sol, si elle est déficiente, vous pourrez faire ce que vous voudrez, vous pourrez apporter des tas d'éléments extérieurs, au final vous n'aurez qu'un pisalet.
Et les dernières décennies nous ont poussé à diriger toujours notre regard vers l'extérieur, que ce soit en termes de santé humaine, mais aussi en termes de l'agriculture. On compte sur les fertilisants, on compte sur les engrais, est-ce que tu as mis de l'engrais ?
On a l'impression qu'on ne peut pas faire pousser une plante s'il n'y a pas d'engrais, s'il n'y a pas de fertilisants, s'il n'y a pas de produits ajoutés. Ça c'est le témoignage du fait qu'on a ignoré les lois du vivant à l'échelle du sol et qu'on a privilégié l'extérieur sur l'intérieur et sur la vie du sol.
Alors, il m'a été donné de rencontrer deux personnes extraordinaires, André Trive qui est un paysan, un agriculteur, qui habite à quelques kilomètres, à quelques dizaines de kilomètres de chez moi dans la plaine catalane, et André pour l'occasion de notre rencontre avait invité aussi Vincent Levavasseur qui est le coordinateur un petit peu de tout le mouvement pour un maraîchage sur sol vivant.
Maraîchage sur sol vivant, ça vous dit quelque chose ? Alors, je vous emmène dans trois vidéos exceptionnelles avec André et Vincent qui vont vous montrer à quel point la vie dans le sol est primordiale.
Et vous verrez, les parallèles avec ce que je vous dis au niveau du corps sont stupéfiants. Trois vidéos exceptionnelles pour comprendre pourquoi et comment il faut qu'au niveau de la paysannerie, au niveau des agriculteurs, au niveau des personnes que vous soutenez, eh bien il faut que vous les interpelliez par rapport à cette notion de vie dans le sol et pourquoi c'est le facteur clé qui va faire que la qualité de la nourriture que vous allez consommer va être transformée radicalement. Vous êtes
parti pour une aventure au cœur de la vie du sol, c'est parti pour 3 vidéos. Thierry, qu'est-ce que tu nous fais là ? Thierry Le Penherdier. Eh bien, je suis en train de travailler la terre pour produire ma nourriture.
Je creuse, après je vais retourner la terre, quand elle est bien propre, je sème mes graines, je fais attention qu'il n'y ait pas d'herbes salopées, tu vois, des mauvaises herbes, je vais arroser, je vais mettre un peu de fistouille, du glyphos et tout, et après j'aurai des bons légumes.
Thierry Leclerc On va t'expliquer comment on va faire. Quand on a un sol vivant, ce n'est pas comme ça. Thierry Leclerc Du sol quoi ? Thierry Leclerc Du sol vivant.
Là, on est sur une parcelle où le sol n'est pas travaillé. Thierry Leclerc Ça se voit, je veux te dire, ce n'est pas propre. Thierry Laleux, il y a des herbes partout !
Alex Vizorek, il y a quelques herbes, mais globalement quand même il y a de la place pour les cultures, il y a relativement peu d'enherbement parce qu'il y a toujours le paillage, on voit le paillage, alors ici on est avec un paillage de broyage de déchets verts.
Thierry Laleux, c'est tout ça les bouts de bois que je vois ? Alex Vizorek, voilà c'est ça, et c'est ces bouts de bois qui vont nourrir l'activité biologique des sols, et c'est ça qui va nous permettre d'avoir un sol vivant.
Un sol vivant, c'est dans une forêt, c'est dans une prairie, on ne voit jamais de travail du sol, on ne voit jamais d'intervention réellement importante de l'homme en termes de fertilisation, de produits chimiques, et ça pousse tout seul, ça pousse très bien, et ce qu'on essaye de faire, c'est la même chose.
C'est, dans nos jardins, reproduire cette auto-fertilité des sols avec cet apport de carbone que relarguent chaque année les feuilles, les racines, et qui est digéré par le sol, et qui permet de donner une nourriture à nos plantes qui ne nous coûte rien, parce que quand les feuilles tombent, quand les racines tombent, c'est du carbone qui est déposé sur le sol, qui est digéré par des champignons, et qui est ensuite véhiculé par les vers de terre qui le descendent dans le sol avec leurs mouvements de va-et-vient de
haut en bas, et en même temps ils inséminent en bactéries toute la matière organique qui va permettre à cette matière organique d'être décomposée, et cette décomposition génère énormément d'éléments nutritifs pour la plante, et c'est ces éléments-là qui te permettent de ne pas avoir à fertiliser ta plante, qui te permettent d'avoir une plante qui est axée à tout un tas de nutriments par des symbioses.
Les symbioses c'est une relation donnant-donnant entre la plante et des bactéries, entre la plante et des champignons, Et quand il y a ces symbioses, la plante peut augmenter par 3 sa surface d'exploration racinaire dans le sol et du coup capter tout un tas d'éléments qu'elle ne pourrait pas capter tout seul.
Donc pourquoi on a ici un sol vivant ? Parce qu'on a toute cette activité biologique qui a été remise en route. donc un petit chiffre par exemple tout bête, un sol vivant c'est entre 3 et 5 tonnes de vers de terre à l'hectare, c'est-à-dire un gros steak haché de vers de terre à l'hectare, 300-500 grammes au mètre carré, 350 grammes au mètre carré, ça fait un gros steak haché de vers de terre.
Voilà, une bonne entrecôte. Thierry Laleux-Morin. Et là, ce que tu commençais à faire, si on fait le coup de charrue, et bien tu... la population de vers de terre, moins 80%. Alors c'est pas moi qui le dis, c'est le spécialiste des vers de terre, là, Marcel Boucher, moins 80 % de vers de terre, donc on va très rapidement tout simplement mettre dessus-dessous la maison, la maison des vers de terre, et s'ils ne se retrouvent plus,
les galeries sont écroulées, le sol se retrouve nu, alors les bactéries, les champignons qui sont sur le sol nu, elle, c'est comme si je te mets tout nu sur le sol et cloué, pas bougé, très vite tu crèves quoi.
Donc là, ce qu'on va faire c'est tout le contraire, on va dire qu'on a une maison où on a des habitants dedans et on va essayer d'en prendre soin. Donc les habitants, c'est les bactéries, les champignons, les vers de terre, puis tout un tas d'insectes.
Et avec ces habitants, il va falloir leur donner à manger quoi, il va falloir leur donner à manger. Tu arrêtes tout de suite là Vincent, parce que ton truc c'est bien gentil, mais moi ça je sens le truc babacool à fond.
C'est-à-dire comment tu comptes nourrir tout le monde avec ça ? J'aimerais bien savoir, André, tu peux nous dire où on est là quand même ? André Gouint Bon là on est sur Elne, dans les Pyrénées-Orientales, sur l'exploitation agricole.
Thierry Samitier Toi l'exploitation agricole ? André Gouint Voilà, tout à fait. Là c'est un terrain qu'on a remis en vie en novembre 2017 avec des engrais verts. Les engrais verts c'est un mélange de légumineuses et de graminés qui vont avoir une fonction sur le sol.
Au préalable on a fait un apport de broyat comme tu peux le voir juste à côté, donc c'est des déchets issus de la déchâterie, des coupes de haies, des particuliers et tout ça. Thierry Lecce En vrac, un peu de broyage.
Olivier Roland Donc ça c'est, on a apporté du carbone dans un premier temps, Donc le carbone c'est le fruit de la photosynthèse, c'est du bois, c'est des feuilles, c'est tout ça qu'on appelle le carbone.
Et donc on l'a apporté pour relancer l'activité biologique, pour donner à manger à tout le monde. Vu que nous on considère qu'on est sur un support vivant, qu'il faut vraiment l'entretenir, donc on voulait apporter tout ce qu'il faut pour que ce petit monde se sente bien.
Et à partir de là, grâce à nos engrais verts et à nos apports de broyat, on a relancé ce joli cycle. On a travaillé avec un collègue qui est berger juste à côté, et lui, on a fait pâturer après les animaux au mois de juin, sur les champs.
Les animaux, là on rentre dans une agriculture un peu plus subtile, mais c'est toujours pareil dans l'idée de nourrir les vers de terre, les micro-organismes et tout ça, et donc les animaux par les fiantes et par les baves ont pu inoculer dans le sol plein de ferments.
Et donc, ça a été très intéressant, même s'ils nous ont mangé un peu du couvert végétal, il y a eu vraiment un bel échange, au mois d'août dernier on plante, et depuis c'est assez fantastique ce qui se passe ici, c'est des produits à un goût exceptionnel, détail conséquente, donc on nourrit du monde, et ça c'est très intéressant.
Thierry Leclerc Tu nouer, parce que je parlais de trucs de babacool. Olivier Roland Écoute, on a démarré la petite aventure à l'époque, en 2017 avec 8 paniers, tu vois, c'était joli.
Thierry Leclerc Oui, tu produis en amap, donc tu produis des paniers de légumes pour des familles. Voilà, c'est ça, donc on fait des paniers pour des familles équivalent de 4 personnes, tu vois, même un peu plus.
On démarre en juillet 2017 avec 8 familles, et aujourd'hui on se retrouve avec 80 familles à nourrir toutes les semaines. Thierry Leccercie Tu nourris 80 familles toutes les semaines, oui, c'est du baba cool mais évolué quand même, c'est du baba cool classique.
On s'assure qu'on a encore une marge de progression parce qu'on est en train de mettre en production tous les terrains, on peaufine nos itinéraires techniques de production, et on peut prétendre à nourrir 120 familles d'ici 6 mois, sans aucun problème.
Thierry Leccercie Vous m'avez parlé, il y a un mot là que je retiens quand même, c'est une histoire de sol vivant, moi ce n'est pas vivant ça, je veux dire, moi quand je vois le sol ça ne me parle pas.
Thierry Leccerecci Moi je pense qu'on peut aller faire un trou, on va voir ce qui se passe là-bas dessous et on va te montrer ce que c'est un sol vivant, et après on ira faire peut-être un tour sur un sol mort, parce qu'il faut savoir que voilà, je suis le voisin, Après, respect sur toutes les techniques agricoles, il n'y a aucun souci.
Mais voilà, on est sur les prémices d'un changement agronomique général dans le monde de l'agriculture. Et donc aujourd'hui, il ne faut pas avoir peur de montrer ce que c'est un sol vivant, ce que c'est un sol mort.
Qu'est-ce que ça apporte au niveau de notre alimentation, au niveau environnemental aussi. Parce que derrière, si tout le monde, sur le monde entier, on produisait sur des sols comme ça, et bien on refroidirait notre planète.
Thierry Lepage Oui, parce qu'on stocke du carbone. Olivier Roland Tout à fait, et donc on ne le retrouverait pas dans l'atmosphère ce CO2, on l'aurait stocké dans nos sols.
Et donc c'est vraiment quelque chose d'assez global qu'on essaye de mettre en place et qui marche tout simplement. Thierry Lepage C'est-à-dire que tous les services écosystémiques, il faut essayer de préciser un petit peu, alors en effet quand on travaille le sol, on oxyde le sol, donc on envoie du carbone dans l'air, quand on arrête de le travailler déjà il y a plus cette perte là.
Deuxième chose, quand on apporte une production de biomasse et que celle-ci est restituée au sol, et bien l'activité biologique stocke le carbone, le stocke et le garde dans le sol. Du coup, il y a vraiment ce captage du CO2 qui est initié par la photosynthèse et qui se termine sous forme de matière organique dans le sol.
Ce qu'on peut aussi noter, en plus d'agrader le taux de matière organique, alors que jusqu'ici, il faut savoir qu'il y a 40 ans, les terres étaient plutôt à 4 à 6 % de matière organique, aujourd'hui la moyenne française c'est 2%.
Donc on a perdu 3 fois le stock. Donc si on a perdu 3 fois le stock, il y a aussi une énorme contribution de l'agriculture à avoir mis du CO2 dans l'herbe, parce qu'il était dans les sols. Et si on remet du carbone dans le sol, on a tout un tas de services qui sont très intéressants. Il va y avoir cette capacité tampon pour les plantes de pouvoir accéder à des grosses réserves et du coup de faire face à des...
d'avoir une nourriture très régulière tout au long de l'année parce qu'il y a toujours de la nourriture dans le sol. Quand il y a des fortes chaleurs, la matière organique, elle, c'est une réserve très d'eau, qu'elle est capable d'agréger beaucoup plus d'eau qu'un sol avec peu de matière organique, donc on va avoir une meilleure résistance, un moins grand besoin d'arroser, de mettre de l'eau, et puis il y a aussi tout ce qui est résistance au problème d'érosion.
Dans les Pyrénées, vous avez les coulées de boue qui arrivent à chaque gros orage, et bien là qu'est-ce qu'on fait ? On voit concrètement la matière organique qui fout le camp, qui fout le camp dans la rivière, donc là on on perd son sol, et on a tous les problèmes derrière de pollution des nappes.
La pollution de la qualité de l'eau, il y a un gros sujet, les eaux sont polluées parce que le sol ne joue plus le rôle de filtre. Donc s'il n'y a plus de filtre, parce qu'il n'y a plus de matière organique qui est capable de retenir les éléments nutritifs, les éléments partent dans la nappe phréatique, et après on se dit qu'on a une eau de mauvaise qualité, polluée, Donc, il y a aussi cet aspect-là sur le sol vivant qui est très intéressant.
Et puis après, on va parler de biodiversité, c'est-à-dire que le sol, c'est là où réside 80 % des espèces du vivant. Ce n'est pas dans les arbres, ce n'est pas sur les plantes, c'est à la surface du sol et dans les 5 premiers centimètres, là, c'est là où se concentre toute la vie.
Et aussi en biomasse, c'est 80 % de la biomasse, les vers de terre ça fait partie des plus grandes biomasses que l'on ait en termes, entre les biomasses animales présentes, c'est les vers de terre, et après il y a les bactéries, il y a les champignons.
Et bien si on a des sols vivants, on va avoir une énorme communauté, une grosse biodiversité dans nos sols, et tout un tas d'insectes aussi qui vont proliférer parce qu'il y aura à manger. Et s'il y a une grosse biodiversité d'insectes, il y aura une meilleure résistance aux maladies, aux ravageurs, parce qu'il n'y a pas de vide.
La nature est horreur du vide, alors quand on crée le vide avec le travail du sol, on a les problèmes de ravageurs qui arrivent parce qu'on a créé le vide. Là, quand c'est rempli de bactéries, mais de bonnes bactéries, de bons champignons, on me parle souvent de...
Tu pourrais me dire, attention, tu vas avoir des mauvais champignons, ça va être la gangrène, ton sol à laisser le carbone, mais non, c'est tout le contraire. Si on laisse du carbone sur le sol, on va avoir tout un tas de bons champignons, de bonnes bactéries qui vont travailler, qui vont prendre la place et qui vont empêcher tous les pathogènes de se développer.
Parce que la place sera prise, et parce que naturellement, quand on se promène dans une forêt, jamais tu traverses une forêt, tu dis « ah merde, le truc est ravagé, c'est jaune, ça ne pousse plus, c'est mort », mais non, il y a toujours cette résilience des systèmes vivants face à toutes les maladies, à tout un tas de mécanismes qu'on a d'ailleurs un peu du mal à comprendre, à connaître, qui nous permettent d'avoir
une grosse résilience sur la production, en termes de biodiversité, en termes de résilience par rapport à tous les problèmes d'érosion, de dégradation des sols. Voilà, on a vraiment quelque chose là, un outil, on touche du doigt un outil qui va prendre de l'ampleur et qui va permettre de faire une véritable révolution d'agradation des sols, de préservation des biodiversités, de création d'une eau de super qualité, voilà, on est vraiment là-dessus.
Thierry Marchefort-Carré C'est marrant ce que tu dis, parce que si je fais le parallèle avec le corps humain, on sait maintenant que l'essentiel de notre système immunitaire, de ce qui nous protège et nous rend en santé, réside en particulier à la surface, c'est-à-dire sur la peau, au niveau des intestins, et que c'est parce que l'ensemble des microbes est très très riche que ça va pouvoir nous assurer une protection contre les sources microbiennes qui peuvent être pathogènes, qui est à l'extérieur.
donc c'est vraiment la richesse intérieure, la diversité qui amène cette protection, et c'est exactement la même chose au niveau des sols. A. Il y a des grandes règles du vivant et on les retrouve partout, et c'est vrai que c'est l'histoire d'interface, on parle d'interface de peau, l'interface de l'intestin, c'est les zones les plus riches et c'est là où se concentrent, voilà, dans une forêt il y a une zone très fonctionnelle qui ne fait que 3-4 cm, tout se passe à cette interface-là,
et le sol finalement en dessous, le système est tellement bien mis en route qu'il n'est pas si riche en matières organiques parce que tout est concentré, tout est recyclé et c'est extrêmement dynamique, et c'est grâce aux bactéries, aux champignons, à toutes ces symbioses.
En fait, la plante est incapable de faire tout ce qu'elle fait dans la forêt, dans la prairie toute seule, et c'est parce qu'il y a des symbioses, parce qu'il y a des communautés bactériennes, des communautés de champignons qui apportent tous les services dont ont besoin les plantes.
Voilà, on va voir ces sols, le fruit de ton travail André, montre-nous ça. Donc là, on creuse la couche qui a été amendée par André, donc il y a 3-4 centimètres qu'on voit de broyat, et ensuite on arrive sur le sol qui n'a pas été travaillé depuis plusieurs années, et on va voir un peu à quoi ça ressemble.
Donc voilà, on enfonce relativement bien la bêche dans le sol. Et après, qu'est-ce que c'est un sol vivant ? C'est un sol très poreux. Alors, on voit le petit ver de terre qui nous fait coucou, là, il est là.
Thierry Lecce Et là d'ailleurs, là dans ce que tu as retourné, on voit des tas d'insectes qui grouillent, c'est assez impressionnant. Olivier Roland Voilà, il y a les colomboles, il y a l'écloporte, et ce que l'on observe, c'est qu'il y a beaucoup, il y a un sol structuré, qui peut être relativement ferme, alors bon, la fermeté, on voit qu'on n'a aucun mal à ouvrir le sol quoi, et on voit en fait énormément
de porosité, c'est ça qu'on veut, on veut avoir des sols poreux parce que la grande règle qu'il faut qu'on retienne c'est les champignons, ce sont des organismes qui ont besoin d'oxygène, donc s'il n'y a plus d'oxygène qui circule parce qu'il n'y a plus de galerie et que l'air ne peut pas descendre, ils ne peuvent plus faire leur travail.
Et c'est la même chose pour les bonnes bactéries, elles ont généralement besoin d'oxygène pour travailler. Et du coup, la porosité, elle est créée par quoi ? Eh bien, on parle beaucoup des vers de terre, parce que c'est eux qui sont capables de faire ces galeries.
Et toutes les racines aussi, chaque année les racines, on voit les racines comme quelque chose de pérenne, mais c'est pas du tout pérenne. Chaque année, les racines sont recréées, un arbre recréé, toutes ses racines, tout est perdu et recréé.
et à chaque fois qu'une racine perce un trou et qu'elle va mourir, elle va laisser une porosité dans le sol qui va permettre à l'oxygène de rentrer et du coup aux bactéries, aux champignons de travailler.
Donc le sol vivant, c'est un sol relativement structuré dans lequel on voit tous les micro-organismes et les vers de terre travailler dans le sol. André, pour arriver à ça, j'imagine que tu n'es pas parti d'un sol comme ça du tout.
André Ouellet Non, ici en fait, on était sur un sol, c'était quand même un champ de luzerne, champ de luzerne c'est intéressant parce que c'est la famille des légumineuses, la luzerne capte l'azote atmosphérique et le renvoie dans le sol, l'azote c'est un des éléments principaux pour la croissance des plantes, mais malgré tout on est arrivé sur un sol qui était quasiment mort, où il n'y avait pas eu d'irrigation, Donc pour relancer quand même de la vie
il faut de l'eau, et là il n'y en avait pas du tout, très compacté, tu venais mettre un coup de bêche et ça rebondissait. Donc en fait, on dit qu'on ne travaille pas les sols, dans ce cas-ci oui, on a travaillé le sol, il a fallu l'aérer mécaniquement avec un passage de sous-soleuse, c'est une dent qui passe dans le sol tu vois, qui vient un peu, il ne renverse pas les horizons, ça c'est intéressant tu vois.
Thierry Leccet. Oui, tu soulèves simplement et tu aères. Tu vois là, j'ai fait rentrer de l'oxygène dans le système, et à partir de là après on a fait nos apports de broyat et de fumier sur la moitié du jardin.
Thierry Leccercie. Quelle épaisseur à peu près ? Thierry Leccercie. Là ce n'était pas énorme aussi, ça devait faire 2-3 centimètres, on n'a pas fait l'entrain massif, on les a fait au fur et à mesure dans l'entrain massif, donc c'est-à-dire que là sur l'hectare on a dû mettre soit 50-60 tonnes d'entrées.
Voilà, bon, on est quand même sur des sols qui sont bons à la base, ces sols alluvionnières près de la rivière du Teck et tout ça, donc, il y avait quand même des bonnes ressources à la base, mais il fallait relancer toute cette vie.
On a passé les disques légèrement pour intégrer le broyat dans un premier temps pour pouvoir... Thierry Macron Le broyat, excuse-moi, je fais des petites pauses, le broyat, ce n'est pas du compost. Olivier Roland Non, le broyat, c'est de la branche essentiellement.
Non décomposé qui est criblé, chez nous on l'appelle le BVC, c'est du bois vert criblé, donc le cribleur casse toutes ses branches et tout ça, et donc on retrouve cette matière là, plus ou moins grossière, et donc on l'a intégré dans le sol afin que les champignons puissent de suite venir coloniser le système et nourrir aussi les vers de terre et tout ça, donc ça s'est il fait assez rapidement ça, un beau couvert d'engrais verts, on a fait.
Donc, on a fait un mélange de graminée et de légumineuse, dans la graminée on avait mis du blé et du seigle, et en légumineuse on a mis vesse, vesse velue, gesse, fèverolle, si mes souvenirs sont bons, voilà, ça doit être ça.
Thierry Leclerc. Oui, donc ça fait déjà beaucoup de diversité. Thierry Leclerc. C'est pas mal de diversité, maintenant c'est vrai qu'on nous préconise d'aller jusqu'à des fois 12 varités, tu vois. donc pousser encore plus loin parce que chaque élément à apporter dans ton sol, chaque plante que tu vas insérer apporte un plus, des champignons qui vont mycorhiser de différentes familles et donc ils ont des systèmes aussi de racines différents donc ça va structurer ton sol différemment donc il faut amener
énormément de complexité dans ce que tu fais au quotidien et nous ce qu'on a fait donc on a fait passer les brebis comme je te disais tout à l'heure au mois juin quand le couvercle est arrivé à ce niveau là, donc ça fait un apport de carbone aussi en plus à l'hectare.
Et derrière, après on a renvoyé encore du broyat pour faire le mèche de surface donc en fonction des cultures plus ou moins épais, par exemple sur de la carotte on est parti plutôt sur des épaisseurs de 3 cm tu vois et après on a monté jusqu'à 5-8 et là sur des pommes de terre par exemple qu'on fait pommes de terre sous broyat qui sont des itinéraires aussi qui nous permettent de remettre en quantité du carbone dans le le système, on est parti sur du 15 cm, tu vois. Donc, petit à petit,
en fonction de nos cultures et tout ça, on arrive à mettre les 600 tonnes hectares à peu près qui sont nécessaires, et on avait calculé avec Vincent, ça nous faisait à peu près un gain de 4 points de matière organique, et ça c'est vraiment le...
Thierry Couints des 4 points qui avaient été perdus. Olivier Roland Qui avait été perdu déjà à la base, c'est sûr, parce qu'avant ce champ de luzerne, l'antériorité c'était du conventionnel, il y a eu 10 ans de luzerne, bon, après ça a fait ce que ça a fait parce qu'elle n'était pas super entretenue comme je te disais, Mais le conventionnel avant aussi, il a fait des dégâts par le travail incessant du sol et de ça.
Donc voilà, ça a été réussi assez rapidement. On a suivi les techniques que le réseau de maraîchage sol vivant propose sur la chaîne YouTube et franchement ça a marché de suite. Et donc derrière c'est une belle production, c'est une alimentation nutritive, c'est des gros légumes, et moi ce que j'aime dans cette production c'est qu'aujourd'hui on se focalise plus sur la plante, parce que souvent dans les autres types de production, que ce soit en bio ou en conventionnel, on est toujours en train de régler les
problèmes de pathogènes sur les plantes et tout ça, on se focalise vraiment trop sur la plante, qu'est ce qu'elle a besoin pour se nourrir de ça, nous on s'en fout, nous on pense à notre sol, c'est un organisme vivant, qu'est ce qu'on va lui apporter, et c'est lui après derrière qui va nourrir la plante.
Donc qu'on peut, si tu veux, tu travailles dans le sens du vivant, dans le sens de la nature, comment il fait, on l'observe, et on va dans son sens, et on arrête de lutter contre les herbes, contre les maladies, contre ci, reprenons le problème à la base, qu'est-ce qu'il faut à notre sol pour que derrière ça se passe bien ?
Et derrière ça marche impeccable, il n'y a aucun souci. Thierry Lecce. Oui, ce qui m'a beaucoup touché aussi dans votre démarche, c'est que tu es particulièrement attentif aux résultats, plus qu'au moyen, même dans l'absolu, toi par exemple tu n'es pas labellisé bio.
Non, non, moi je ne suis pas labellisé bio parce que moi je suis sûrement celui qui est le plus traqué au niveau des bio++ je veux dire, parce que moi j'ai 80 certificateurs, c'est tous mes amapiens qui viennent toutes les semaines au jardin tu vois, et je leur dis si vous avez besoin concrètement de savoir ce qui se passe, c'est à vous de consommateur à venir voir ce qui se passe sur l'exploitation, donner un petit coup de main à l'amap comme ils font de temps en temps tu vois, on ira les voir tout à l'heure parce
qu'aujourd'hui c'est récolte de pommes de terre. Donc voilà, vous voyez mes pratiques et ça c'est nickel, parce que si je vais prendre un label, je vais me fondre dans la masse avec des produits qui viennent de je ne sais où, labéliser AB, c'est se cacher derrière un label, et moi je me cache derrière rien du tout.
Thierry Leccet. Oui, ton label c'est la proximité puis le fait que les gens puissent venir. Et la chose qui me touche aussi c'est que pour toi les deux priorités c'est la richesse nutritive de ce que tu produis et la quantité, c'est-à-dire réellement répondre à des besoins de famille, ce n'est pas pour ça que tu es là.
Oui, non, on n'est pas là, il faut répondre à une demande des gens qui se soucient vraiment de leur santé et qui veulent nourrir leur famille avec les produits les plus simples possible et donc derrière il faut des résultats quoi, il faut des résultats et ça marche, les légumes sont gros, les paniers sont conséquents et tu viens chez moi, tu manges à quatre personnes les doigts dans le nez toute la semaine des légumes à volonté quoi et ça c'est l'idée et l'idée que ce soit consommé, chez nous on livre 48 semaines sur 52 dans
l'année tu vois, c'est que derrière tu vas avoir des apports nutritionnels importants au niveau de ton alimentation et ça va te jouer sur ta santé, sur ton bien-être et tout ça tu vois, donc c'est pour ça que moi je ne veux pas vendre sur des marchés où que les gens viennent de temps en temps comme ça t'acheter un légume parce que ça n'a pas de sens, si tu veux avoir un impact sur ta santé, il faut que tu en manges toutes les semaines à volonté.
Et ça, derrière, ça marche. J'ai des amapiens qui au bout de deux ans, ils se sentent un peu mieux, je ne peux pas dire exactement ce que ça a réglé. Et d'autres par contre, certains ne digéraient pas la salade.
Et ça, j'ai eu deux cas, qui maintenant ils mangent des salades sans problème. D'autres, ils n'acceptaient pas l'intolérance à l'odeur du chou, le chou, je n'aime pas, ce n'est pas bon, les choux de Bruxelles, est-ce qu'il sent ?
Et bien là maintenant, je peux te dire, ils mangent du chou-fleur, du chou de Bruxelles, il n'y a pas de problème. Je pense qu'il y a une structuration au niveau des sucres dans le légume qui est différent.
On produit sur le sol vivant, on produit des légumes qui sont structure de sucre complexe et ça c'est la magie des sols vivants, protéines lipides et on va terminer en plus la cerise de gâteau, c'est que le...
C'est que derrière on va avoir un dégagement d'huile essentielle de terpènes, donc ça c'est intéressant et ça je le remarque beaucoup sur la carotte, quand je sors la carotte du sol j'ai une arrivée d'odeur de carotte, tu les as pu goûter hier, donc ça c'est super intéressant et donc à savoir que bien sûr au niveau de notre digestion et bien c'est beaucoup plus facile pour nous de digérer des sucres complexes.
Alors que dans le bio, le conventionnel, ils sont sur le sol mort, les légumes se structurent de sucre simple, et donc si tu veux, on a du mal à digérer le sucre simple, donc c'est peut-être cette histoire là que mes amapiens me disaient, digestion de la salade et tout ça.
Et la cerise sur le gâteau, c'est que les prédateurs de tes cultures adorent attaquer les sucres simples, mais pas les sucres complexes, tu vois. Et donc là si tu veux, c'est le top du top, c'est que tu nourris bien les gens avec des bons légumes tu vois, et en plus le prédateur, il n'a pas envie d'attaquer tes légumes, donc ça c'est super intéressant.
Derrière les sucres complexes, il y a aussi des polyphénols, des antioxydants qui sont encore des chaînes plus complexes de carbone qui elles, te fournissent un vrai service alimentaire pour ta santé, avec des richesses en antioxydants, en vitamine, en polyphénol qui changent la donne en termes de santé.
Thierry Lecce Vous me parliez de richesse alimentaire des produits, c'est quelque chose qui est objectivé, c'est quelque chose que vous mesurez, comment vous le suivez ? Alors sur la qualité nutritive on met en place des programmes de recherche pour pouvoir mesurer en temps réel la qualité nutritive avec des petits appareils, on va appeler ça le food scanner, on va faire bip sur le légume, et avec une technologie qui s'appelle la spectrométrie infrarouge, ça va nous permettre de déterminer la composition
chimique du légume en temps réel. Thierry Lecce Ça c'est quelque chose qui arrive ? Olivier Roland Et qui arrive, c'est des technologies qui existent depuis 40 ans mais qui ont toujours été un peu fermées, chacun se les a gardées de manière un peu propriétaire au niveau de l'industrie, on va essayer de les rendre ouvertes, accessibles à tous, de manière à pouvoir, que l'agriculteur lui sache où il en est en termes de pratiques, qu'il puisse mieux peut-être affiner son arrosage, ses apports de matières organiques pour
avoir de la super qualité, et puis aussi que le consommateur derrière lui puisse réellement se positionner, est-ce que ce produit est bon pour ma santé ou pas, et bien qu'il ait la réponse, est-ce qu'il y a du sucre ou est-ce qu'il n'y a que de la flotte dans le légume.
c'est déjà avoir accès à cette information là où on a un peu perdu le goût le donne beaucoup aujourd'hui c'est à dire que vous goûtez les légumes que l'on produit au niveau du goût on sent que c'est pas que de la flotte quoi mais bon mais c'est vrai qu'on est dans une société où on a besoin un peu de tangible de résultats et là on va avoir cette démarche de résultats qu'on va mettre en place on arrête de travailler sur du moyen il faut il faut pas travailler le sol, il ne faut pas mettre de produits,
il faut faire ci, il faut faire ça, et on essaie vraiment plutôt de se dire ce qui nous compte c'est le résultat final. Alors en termes environnemental, sol, est-ce qu'il y a le taux de matérialité qui est remonté, est-ce que c'est résistant à l'eau, et puis en termes de qualité nutritive, est-ce qu'on a des sucres, de la matière sèche, des antioxydants ?
Thierry Lecce Je vous propose de terminer cette vidéo parce qu'on va en faire plusieurs, on est parti pour en faire plusieurs, vous avez beaucoup à dire tous les deux, c'est magnifique. On va avoir un sol mort ? Vincent, on va faire la comparaison un petit peu. Vous avez plusieurs fois utilisé le terme de maraîchage sol vivant, on te suit André, Vincent tu as utilisé plusieurs fois la notion de maraîchage sol vivant, maraîchage sol vivant c'est quoi ?
C'est un label, c'est une association, c'est quoi ? André Gouin, c'est une association de producteurs, la dynamique a commencé en 2012, où il y avait des maraîchers éparpillés sur le territoire qui avaient envie d'arrêter de travailler le sol, de renouer avec une forte activité biologique dans les sols.
Et la première année, en 2012, il y avait déjà 200 personnes dans un gymnase qui s'étaient regroupées autour de cette thématique-là. et chaque année il y a eu des rencontres qui ont permis de se regrouper, d'échanger, de voir quelles étaient un peu les problématiques des uns et des autres, et en faisant ce travail d'échange on a pu encore plus rapidement mettre au point les techniques qui permettent de s'installer très rapidement dans à peu près n'importe quel contexte et très rapidement travailler avec le sol vivant.
Et tout ça vous le transmettez aussi, je crois. Alors la grosse force du réseau c'était d'avoir une logique open source sur les connaissances. Donc on a fait venir les meilleurs experts sur les vers de terre, sur les champignons, sur la gestion des couverts végétaux, on les a filmés en faisant les formations et on a tout mis sur YouTube, donc ça c'est à retrouver sur la chaîne YouTube Maraîchage Seul Vivant.
Et c'est comme ça qu'a été créée une dynamique où il y a plusieurs centaines de maraîchers en France qui se sont installés quasiment tout seuls, et qui ont pu bénéficier aussi des rencontres et du soutien d'un collègue dans la région pour pouvoir démarrer la technique sol vivant.
Thierry Leccerci Quelqu'un qui veut démarrer en maraîchage en sol vivant, il y a la chaîne YouTube et puis il y a un réseau, comment il vous trouve ? il y a la chaîne YouTube, il y a le réseau, il y a une carte graphique qui est faite sur le site maraîchage-sol-du-1.fr qui référence les différents maraîchers du réseau à tous les endroits du territoire national.
Thierry Leccercie Ah, mais c'est moins joli ça. Donc là, on arrive sur le sol travaillé. Thierry Leccercie Tu ne rentres pas aussi bien. Pourtant on est sur une structure beaucoup plus sableuse ici, que chez moi on est sur une structure plus lourde.
et puis une structure qui a été travaillée il y a très peu de temps. Alexandre B.: Voilà, et là tout ce que tu vois là-bas, c'est de la solarisation, tous les bâches plastiques que tu vois là, en fait on stérilise le sol en le faisant chauffer, on tue tout, et là après il repartira sur une salade et il enverra de l'engrais.
Donc lui il va se... Thierry Le sol n'est qu'un support neutre. Alexandre B.: Un support neutre et inerte surtout, tu vois. Thierry Donc ça a des conséquences sur la qualité des plantes, mais ça a surtout des conséquences sur la qualité des sols.
Alexandre B.: Voilà, et la qualité nutritive de ton aliment derrière, parce que cette symbiose n'existe plus quoi, tu vois ? Thierry Marceau. Alors voyons ça, voilà, il n'y a pas de structure.
Thierry Maceau. Il n'y a pas de structure effectivement, c'est du sable, ça ne se tient pas. Donc ça veut dire qu'il n'y a pas d'argile qui lie les éléments, qu'est-ce que c'est ça ?
Alexandre Chassol. Ce n'est pas forcément qu'il n'y a pas d'argile, c'est que le sol était tellement mouliné qu'il n'y a pas de travail possible. On voit par exemple une motte qui n'a peut-être pas été travaillée, et on voit sur la motte, on ne voit plus les trous qu'on voyait tout à l'heure partout.
Thierry Lecce Non, il n'y a pas d'herbe, il n'y a pas de vie, on ne voit pas d'insectes, on ne voit pas de... Alexandre Lalassé L'air a été créé avec le travail mécanique, donc c'est pour ça qu'on arrive quand même à plonger la main dans le sol et qu'il y a une grosse porosité, mais qui a été...
Thierry Lecce Une porosité mécanique. Alexandre Lalassé Une porosité qui était liée au travail mécanique. Et nous, on veut basculer, on veut arrêter la porosité liée au travail mécanique et la basculer uniquement sur une porosité liée à la biologie.
Et c'est la biologie qui nous fait cette travail d'aération du sol. Alors c'est vrai que au départ, tiens, comment est-ce que c'est possible d'avoir une aussi belle... Alors ça, c'est vrai que pour l'agriculteur, c'est un rêve d'avoir une belle structure comme ça. Eh bien, au bout de 4-5 ans de pratique MSV, on peut avoir dans pas mal de cas un sol comme ça, très grumeleux, mais en fait, c'est l'activité biologique qui le crée.
Alors qu'ici, si on va creuser un peu plus loin, on ne voit plus toutes ces galeries parce que là il n'y a plus de verre de terre, on est passé du... Thierry Leclerc si tu ne la renouvelles pas tous les ans en travaillant la terre, tu vas avoir un sol hyper compact.
Alexandre Asselineau Hyper compact, qui se retasse et qui n'est pas fertile. Thierry Leclerc Je trouve que ces images-là, quand tu vois le sol là pris de près, quand tu le vois craquelé dur comme ça en surface, tu te dis il n'y a pas de vie là.
Alexandre Asselineau Il n'y a pas d'abattances là et tout. Alexandre Asselineau Mais il ne peut pas y avoir de vie quand on est à nu. Thierry Leclerc Ça fait une croûte, ça fait vraiment une croûte en surface, si on le voit et ça fait une énorme différence.
Thierry Ca, c'est la fameuse croûte de Battens et qui fait que quand il y a un orage, l'eau glisse, elle arrête, elle ne s'infiltre plus, elle glisse et tout fout le camp à la rivière et ça emmène toutes les petites microparticules du dessus, tout s'en va et après on se dit mince, on voit typiquement dans les vignobles, il y a la route, et puis 2 mètres en dessous il y a le vignoble, parce que ça fait 40 ans de perte d'érosion du sol qui fait que le sol il a foutu le camp.
Il ne reste plus que le cahier. À la tramontane et tout ça, tu verrais toutes les particules qui s'en vont, parce qu'on parle souvent de l'érosion par l'eau, mais le vent chez nous, quand tu es en tramontane de 80 à 130 km heure, je peux te dire que là tu as des nuages de fumée de terre, tout se barre, c'est hallucinant. Encore chance qu'on est sur des terres où il y a peut-être 2 mètres de terre, parce que c'est des super sols près de rivières et tout ça,
mais le capital chaque année, il se barre. La petite surprise c'est que ça peut être labellisé, je ne sais pas si ce champ il l'est, mais ça peut tout à fait être labellisé agriculture biologique.
Là-bas, juste en passant, il y a du label bio, ils ont les mêmes pratiques, solarisation, stérilisation du sol et à part d'amener des engrais de base chimique, ils vont amener des engrais naturels, organiques, Donc ça peut être des fumiers, ça peut être des boulettes qui sont passées en usine et tout quand même.
Et moi le délire c'est que mon voisin, moi je cite pas de nom, mais je trouve ça aberrant, il amène des engrais qui sont issus de l'extraction marine. C'est à dire on tue du poisson pour créer de l'azote pour l'amener dans nos systèmes.
C'est une folie douce quoi. On marche sur la tête et c'est labellisé bio. Alors que l'azote il y en a 75 % dans l'air, donc la ressource elle est infinie, il n'y a pas besoin d'aller chercher loin. Thierry Lecce Vous avez beaucoup à dire les gars, on va scinder, d'accord ? On se retrouve dans la prochaine vidéo, moi ce qui m'intéresse dans ce que tu dis, je trouve que c'est un bon point de départ qu'on pourra discuter aussi, c'est que c'est marrant parce qu'on voit, moi je m'intéresse plus à la santé des corps,
non absolument, c'est plus mon terrain, et on se rend compte qu'il y a la médecine conventionnelle actuelle qui vise à supprimer les maladies à coups de médicaments chimiques, tu as la naturopathie qui vise la même chose, supprimer les maladies mais à coups de médicaments naturels, ce serait un peu l'agriculture biologique, tu as une approche plus qu'on dit vitaliste, hygiéniste, qui vise à nourrir le corps, nourrir la santé, et en dire si le corps est en santé il n'y a plus de maladie,
et ainsi de suite. Et vous c'est exactement ce que vous faites au niveau du sol, c'est le corps vivant et c'est le sol vivant. Donc on se retrouve là-dessus, je vous coupe parce que je sens qu'il est parti Vincent au taquet, on va s'aider pour rester dans des formats YouTube, et on se retrouve tout de suite, ça marche ?
Merci André, merci Vincent.
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