PODCAST - Sortir de la pensée dogmatique - Épisode 3 - " Tout viendrait de la nourriture ? " Le Holisme
Dans cet épisode, Nina part d’un constat simple : que ce soit les graisses hier, le gluten aujourd’hui ou les oxalates demain, le mécanisme dogmatique reste identique. On isole une variable, on lui attribue tous les maux, on propose une solution standardisée. Ce schéma n’est pas propre à la nutrition : il se reproduit à l’identique dans les milieux qui font tout venir des émotions, de la posture ou du spirituel.
Le cœur de l’épisode est physiologique. Nina montre, exemples à l’appui, que alimentation, état nerveux, sommeil, hormones et inflammation s’influencent mutuellement dans les deux sens. Un stress chronique dégrade la digestion ; une alimentation inflammatoire perturbe les neurotransmetteurs ; un manque de sommeil aggrave l’inflammation qui, en retour, fragmente le sommeil. Chercher laquelle de ces variables « a commencé » n’a pas de sens : ce sont des boucles, pas des flèches.
Nina aborde ensuite la dimension psychologique de l’attrait pour la cause unique. Le besoin de sécurité et de contrôle pousse l’esprit à transformer une expérience en règle, un soulagement en méthode. Elle relie ce mécanisme à un conditionnement plus ancien : dès l’enfance, on apprend à taire ses élans et à attendre une validation extérieure, ce qui prépare le terrain à la délégation de sa santé à une autorité.
L’épisode se conclut sur ce que le holisme propose concrètement : non pas une nouvelle doctrine, mais un changement de regard. Plutôt que de chercher un coupable, il s’agit d’identifier quel facteur est structurant ici et maintenant, pour cette personne, dans cet état. Ce facteur varie selon le terrain, le moment de vie et l’énergie disponible, ce qui rend toute approche holistique impossible à standardiser ou à protocoliser.
📑 Au programme de la vidéo
-
🎬
0:00La cause unique, une illusion rassuranteNina introduit le mécanisme dogmatique commun à tous les milieux de santé, de la nutrition au spirituel, et pose la question du holisme.
-
🧠
2:00Alimentation et émotions : une boucle, pas une flècheExemple concret des interactions entre état nerveux et digestion, avec les mécanismes physiologiques qui montrent que la causalité va dans les deux sens.
-
⚡
4:01Sommeil, inflammation et hormones : mêmes bouclesNina applique le même raisonnement au sommeil et au mouvement pour montrer qu’aucun facteur ne peut être isolé comme cause première.
-
💡
6:01Ce que le holisme dit vraimentDéfinition précise du holisme : non pas “tout se vaut”, mais “tout interagit”, avec des facteurs structurants qui varient selon le contexte et le terrain.
-
🔑
10:03Le terrain reçoit, pas l’assietteUn même aliment peut soutenir ou surcharger selon l’état du système nerveux et la capacité du corps à recevoir, digérer et assimiler.
-
❤️
12:04Responsabilité contre culpabilitéNina distingue la responsabilité, qui libère, de la culpabilité instillée par la logique de la cause unique, qui transforme la souffrance en faute morale.
-
🌱
14:05Le dressage du vivant dès l’enfanceComment l’injonction à obéir et à taire ses élans prépare l’adulte à déléguer sa santé à une autorité extérieure plutôt qu’à écouter son propre corps.
-
🌿
16:05Se percevoir comme une machine ou comme un vivantNina déconstruit l’imaginaire mécaniste qui pousse à chercher la pièce défectueuse, et oppose à cette vision la nature adaptative et fluctuante du vivant.
-
🙏
18:06Le holisme comme rencontre, pas comme méthodeConclusion : se réapproprier une vision holistique, c’est désapprendre l’illusion du contrôle et renouer avec une relation directe à son corps et à l’expérience.
📚 Tous les liens utiles RGNR
Codes promo, boutiques partenaires, réseaux sociaux, ressources : retrouvez tous les liens importants sur liens.rgnr.tv.
Transcription de la vidéo
Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.
Lire la transcription
Bonjour à tous, c'est Nina de la team Régénère, et aujourd'hui pour se libérer de la pensée dogmatique, on va parler des pensées vraiment realistiques. Dans le monde du vivant, la cause unique c'est toujours une illusion rassurante. Elle donne l'impression de comprendre, et elle donne surtout l'illusion de contrôler.
Tout vient de la nourriture. Avant, hier c'était les graisses, hier c'était les sucres. Aujourd'hui le gluten, les lectines, les oxalates, les faux de map, le décor change mais le mécanisme dogmatique reste strictement le même.
Cette illusion de la cause unique elle vient pas de nulle part. Elle est le produit direct de l'approche médicale moderne construite sur une logique simple. Un symptôme égale une cause égale une solution standardisée.
Toujours la même pour tout le monde, indépendamment de l'histoire, du terrain, du contexte, de l'état du système. Cette vision elle est tout sauf holistique. Elle est au contraire uniformisante à l'extrême.
On va prendre ici l'exemple de la nourriture. Mais selon les milieux, le scénario est toujours le même. Dans certains cercles, tout vient de l'alimentation. Dans d'autres, tout vient des émotions.
Ailleurs, tout vient du corps physique, de la posture, de la mécanique. Et dans d'autres encore, tout vient du spirituel. Chaque milieu réduit le vivant à un seul prisme, un domaine étroit, familier, rassurant. Et il y plaque une explication unique et donc une solution unique, simpliste. Imaginez que la même substance, à la même dose, dans les mêmes conditions théoriques, aurait les mêmes effets sur tous les individus, c'est déjà sortir du vivant.
Imaginez aussi qu'une problématique complexe, multifactorielle, profondément contextuelle, pourrait être résolue par une solution extérieure unique, c'est conditionner nos esprits à penser de manière réductionniste, simpliste et caricaturale.
Et quand cette grille de lecture devient dominante, elle façonne notre rapport à la santé, mais aussi à l'erreur, à la responsabilité et finalement au vivant lui-même. Alors, réduire le corps humain à un seul facteur, quel qu'il soit, c'est une absurdité biologique.
Réduire la vie d'un être vivant à une variable isolée, c'est une simplification qui ne résiste pas une seconde à l'observation du réel. Un être vivant n'est pas une addition de pièces détachées. C'est un système dynamique, autorégulé, adaptatif, traversé en permanence par des boucles de rétroaction.
Penser qu'un seul facteur pourrait expliquer un état global, c'est appliquer au vivant une logique mécanique qui lui est étrangère. On prend un exemple simple, l'alimentation et l'état émotionnel.
On entend souvent « tu vas mal parce que tu manges mal », mais l'inverse c'est tout aussi vrai « tu manges mal parce que tu vas mal ». Un état émotionnel chronique de stress, d'insécurité ou de tension, ça active le système nerveux sympathique.
Physiologiquement, ça entraîne une diminution des sécrétions digestives, une baisse de la motilité intestinale, une réduction de l'irrigation du tube digestif, une augmentation de la perméabilité intestinale et une altération du microbiote.
Dans cet état, même l'aliment le plus sain devient difficile à digérer, mal assimilé et parfois inflammatoire. Ce n'est pas l'aliment qui a changé, c'est le terrain qui ne peut plus le recevoir.
A l'inverse, une alimentation lourde, ultra transformée, inflammatoire, consommée en excès ou sans écoute du corps, va perturber la glycémie, favoriser l'hyperinsulinémie, entretenir une inflammation de bas grade, modifier le microbiote et influencer la production du neurotransmetteur.
Résultat, fatigue, irritabilité, anxiété, baisse de motivation, troubles de l'humeur et très vite l'état émotionnel se dégrade. Qui est la cause ? L'alimentation ou l'émotion ?
Les deux et surtout la relation entre les deux. C'est exactement là que la cause unique s'effondre. On ne mange jamais dans le vide. On mange dans un état physiologique donné, lui-même influencé par le sommeil, le stress, les relations, le sens, l'environnement et l'histoire personnelle.
De la même manière, un état émotionnel ne flotte pas dans l'air. Il s'inscrit dans un corps avec une glycémie, des hormones, un système nerveux, une inflammation plus ou moins présente. Séparer artificiellement ces dimensions, c'est découper le vivant en tranches pour le rendre compatible avec nos grilles de lecture simplifiées. On pourrait prendre exactement le même raisonnement avec le sommeil et l'inflammation.
Un manque de sommeil chronique augmente les marqueurs inflammatoires, perturbe la régulation de la glycémie, dérègle le cortisol et affaiblit les capacités de réparation. Mais l'inflammation elle-même altère la qualité du sommeil, fragmente les cycles, empêche l'accès au sommeil profond.
Mais qui est la cause ? Le mauvais sommeil ou l'inflammation ? Là encore, c'est une boucle, c'est pas une flèche ! Même logique avec le mouvement et les hormones. Le manque de mouvement perturbe la sensibilité à l'insuline, la production hormonale, la régulation de l'appétit et de l'humeur.
Mais un dérèglement hormonal profond réduit l'élan vital, la motivation à bouger, la récupération de la capacité à l'effort. Chercher qui a commencé n'a aucun sens. le système s'ajuste en permanence à ce qu'il peut. Quand un symptôme apparaît, ce n'est jamais un bouton isolé qui s'allume, c'est un réseau entier qui s'ajuste.
Chercher la cause, c'est déjà sortir du vivant pour entrer dans le mécanique. Même Hippocrate, souvent mal cité, parlait d'équilibre, de saison, de rythme, de terrain, pas de coupable unique.
Le holisme commence précisément là où l'on accepte cette évidence. Il n'y a pas de cause unique, seulement des interactions. Un symptôme, ce n'est pas un message unidirectionnel, c'est le point de convergence de multiples adaptations.
Chercher un facteur unique, c'est vouloir désigner un coupable. Comprendre le vivant, c'est chercher une cohérence. Et tant qu'on continuera à réduire la vie à une seule cause alimentaire, émotionnelle, physique ou spirituelle, on passera à côté de l'essentiel.
Le vivant ne fonctionne jamais par isolation, mais par relation. Le holisme est souvent caricaturé, parfois même ridiculisé, par une formule vague et paresseuse. Tout est lié, donc tout se vaut.
C'est faux. C'est même l'exact opposé d'une pensée holistique rigoureuse. Le holisme ne consiste pas à tout mélanger, ni à noyer les responsabilités dans un flou global. Le holisme consiste à comprendre des relations, des hiérarchies, les boucles d'influence, les priorités du vivant à un instant donné.
Dans un système vivant, certaines relations sont plus structurantes que d'autres, plus déterminantes selon le contexte, l'état du terrain, le moment de vie.
On prend un exemple simple et concret. La nourriture agit sur le système nerveux. Le système nerveux agit sur la digestion. Le sommeil agit sur les hormones et les hormones modulent l'inflammation. L'inflammation modifie la tolérance alimentaire.
Aucune de ces causes n'est la cause mais aucune n'est neutre non plus. C'est la configuration d'ensemble qui produit l'état. Ce qui compte ce n'est pas de savoir quel facteur est vrai ou faux mais quel facteur est structurant ici et maintenant. Chez une personne, l'entrée prioritaire sera alimentaire.
Chez une autre, ça sera nerveux. Chez une autre encore hormonale, relationnelle, environnementale. Et surtout, ces entrées ne sont jamais fixes. Elles évoluent avec le temps, l'énergie disponible, la capacité d'adaptation du corps, et c'est précisément là que ça devient difficile à intégrer.
Et pourquoi ? Parce que notre psychisme n'aime pas l'instabilité. Il cherche en permanence à être rassuré, sécurisé, stabilisé, il veut croire que la solution d'aujourd'hui sera encore valable demain, que ce qui a marché une fois pourrait être reproduit indéfiniment.
Et cette attente n'est pas anodine. Elle révèle une inquiétude ontologique profonde face à l'inconnu, à l'imprévisible et au changement permanent du vivant. Face à cette insécurité, l'esprit y cherche à figer le réel.
Il transforme une expérience en règle, un soulagement en méthode, un ajustement ponctuel en protocole. Cognitivement, c'est une stratégie de survie. Réduire la complexité pour diminuer l'angoisse. Créer des schémas stables pour éviter d'avoir à ressentir l'incertitude.
Mais le vivant, lui, ne se répète jamais à l'identique. Ce qui a aidé le corps à un moment donné, peut devenir inadapté, voire contre-productif à un autre moment. Non pas parce que la solution était mauvaise, mais parce que le contexte a changé.
Refuser cette réalité, c'est entrer en conflit avec le vivant. Et cette peur de l'instabilité, cette volonté de fixer les de figiles réels dans des formes définitives, se reproduit toujours de la même manière.
On la retrouve à l'origine de tous les systèmes de croyances, et de toutes les religions lorsqu'elles basculent dans leurs dimensions dogmatiques. Ce qui était au départ une expérience vivante, une intuition, une relation directe au mystère, se transforme en règles, en vérités figées et en doctrine à reproduire.
Sur le plan psychique, ça crée une rigidité. Sur le plan physiologique, ça crée une impasse. Sur le plan spirituel, ça se traduit par une difficulté à faire confiance au processus, à l'intelligence adaptative de la vie.
Spirituellement, vouloir une solution définitive, c'est vouloir sortir du mouvement, chercher une vérité figée dans un monde fondamentalement impermanent. Mais le holisme invite à tout l'inverse. Habiter le changement plutôt que de le nier.
Il ne propose pas une sécurité extérieure, mais une sécurité intérieure. Celle de savoir observer, sentir, ajuster, renoncer quand il le faut, changer de cap sans se renier. C'est beaucoup plus exigeant qu'un protocole, mais c'est aussi infiniment plus vivant.
Car au fond, le holisme ne promet pas la certitude. Il propose une relation consciente avec l'incertitude. Et c'est peut-être ça la véritable transformation. C'est là, passer d'une quête de solution définitive à une capacité d'adaptation consciente, confiante, incarnée, humble face au mystère du vivant.
Le holisme ne dit donc pas, tout se vaut, mais au contraire il va dire tout interagit, mais pas de la même manière ni au même moment. Et c'est précisément pour ça qu'une approche holistique ne peut jamais être standardisée, protocolisée ou appliquée mécaniquement à tout le monde.
Elle demande de l'observation, de l'écoute, de l'ajustement. Elle accepte l'incertitude et elle travaille avec le vivant, pas contre lui. Et c'est aussi pour cette raison qu'elle dérange.
Elle ne produit pas de réponses simples à des questions complexes. Deux personnes, même aliment, même quantité, même moment. Et pourtant l'une va mieux et l'autre va plus mal. La cause elle est identique mais la réponse elle ne l'est pas.
Si la réalité fonctionnait selon une logique simple et mécanique ce serait impossible. La cause identique est fait identique mais le vivant ne fonctionne jamais ainsi. Ça signifie une chose fondamentale. La cause n'est pas dans l'objet, elle est dans l'état du système qui reçoit.
Un aliment n'est jamais bon ou mauvais en soi. Il devient bénéfique, neutre ou problématique selon le contexte physiologique dans lequel il est reçu. Un système nerveux apaisé ne reçoit pas la nourriture de la même manière qu'un système en hypervigilance.
Un corps reposé, oxygéné, en sécurité, ne digère pas comme un corps épuisé, stressé et en mode survie. Dans un état de stress chronique, le corps priorise la survie immédiate.
La digestion devient secondaire, les sécrétions digestives diminuent, la motilité ralentit, l'assimilation se dégrade, ce qui nourrit l'un peut surcharger l'autre. A l'inverse, lorsque le système est suffisamment sécurisé, la digestion devient un espace de réparation.
Le même aliment peut alors soutenir, reconstruire et apaiser. Rien n'est changé dans l'assiette, tout a changé dans le corps. Et c'est là que se joue un point essentiel, souvent difficile justement à entendre.
Le problème n'est presque jamais à l'extérieur. Il est dans le terrain, dans l'état intérieur, dans la capacité du système à recevoir, à transformer et à intégrer. Dans toute relation, il y a toujours deux pôles, un élément extérieur et un système qu'ils rencontrent. Or, sur l'extérieur, on a finalement peu de prise.
On ne contrôle ni les aliments disponibles, ni l'environnement, ni les événements, ni les circonstances. En revanche, sur l'état dans lequel nous recevons ces aliments, on a une marge d'action immense.
Et c'est là que le holisme devient pleinement concret et responsabilisant. Il ne s'agit pas de nier l'influence de l'extérieur, mais de comprendre que l'essentiel se joue à l'intérieur. Ce n'est pas ce qui entre qui pose problème, c'est la manière dont c'est reçu.
Le holisme ne cherche donc pas à transformer le monde extérieur pour qu'il devienne parfaitement sain, pur ou inoffensif. Il cherche à renforcer, apaiser, stabiliser le terrain, afin que le corps puisse faire ce qu'il sait faire depuis toujours, s'adapter. Tant qu'on pense que la cause est dehors, on reste dépendant.
lorsqu'on comprend que l'enjeu est intérieur, on redevient acteur. Et c'est précisément cette bascule qui marque la sortie du dogme et l'entrée dans une relation adulte, consciente et vivante avec le corps.
Alors le dogme, il adore la cause unique parce qu'elle remplit trois fonctions redoutablement efficaces. Alors déjà, elle permet de désigner un ennemi. Ensuite, elle permet de vendre une solution. Et surtout, elle permet de culpabiliser l'individu.
Si tu vas mal, c'est que tu manges mal. Non, cette phrase, apparemment anodine, elle est d'une violence symbolique. Elle installe l'idée que si le corps souffre, c'est qu'il a fauté, qu'il n'a pas obéi, qu'il n'a pas suivi la règle.
Elle transforme la souffrance en faute morale. Là où il devrait y avoir de la responsabilité, il y a maintenant de la culpabilité. Or, si la responsabilité est libère, la culpabilité est enferme. Parfois, très souvent même, tu vas mal parce que ton corps est en adaptation permanente, Il est en mode survie.
Il fait exactement ce qu'il peut, avec ce qu'il a. Le symptôme, ce n'est pas une erreur, c'est une réponse. Mais la logique de la cause unique ne supporte pas cette idée.
Parce que reconnaître que le corps répond intelligemment, c'est reconnaître qu'il n'a pas besoin d'un maître, mais d'une relation. Et ça, les systèmes dogmatiques ne le tolèrent pas. La cause unique nourrit la peur.
Peur de mal faire, peur de se tromper, peur de sortir du cadre, peur de ne pas appliquer la bonne règle au bon moment. Elle pousse à chercher le remède unique.
La solution unique est la parole unique, celle qui viendrait d'en haut, de l'expert, du sachant, de l'autorité. Et plus on a peur, plus on délègue. Plus on délègue, plus on soumet.
Et plus on se soumet, plus on secoue de son expérience directe. C'est une démission de la responsabilité intérieure en fait, déguisée en obéissance vertueuse. Parce que le problème de fond, ce n'est pas la nourriture, ni le symptôme, ni même la maladie.
Le problème c'est notre rapport au vivant. Le vivant, il n'est pas mécanique. Il ne fonctionne pas par protocole fixe, par recette universelle ou par réponse standardisée. Il demande une relation vivante. Mais savons-nous encore ce que ça signifie d'être vivant ?
Être vivant, ce n'est pas simplement fonctionner, c'est sentir, ajuster, explorer, se tromper, recommencer. C'est l'imprévisibilité, la spontanéité, la vitalité, la créativité. Être vivant, c'est une intelligence en c'est pas une conformité.
Mais tout ça s'est méthodiquement cassé très tôt. Dès le plus jeune âge, on apprend au corps à se taire. Assieds-toi, bouge pas, écoute, obéis. Toutes ces injonctions, elles ne sont pas neutres.
C'est des insultes faites aux vivants, des atteintes à la santé, à la vitalité, à la créativité, au génie propre de chaque être. On apprend à l'enfant à faire taire ses élans, à douter de ses sensations, à attendre la validation extérieure.
Et puis, devenu adulte, on s'étonne qu'il ne sache même plus écouter son propre corps et qu'il cherche désespérément une autorité pour lui dire quoi faire. La cause unique, c'est l'aboutissement logique de ce dressage.
Elle rassure ceux qui ont appris à obéir, elle sécurise ceux qui ont peur de la liberté et elle évite l'effort d'une relation vivante avec soi. Mais la santé ne se reçoit pas comme un ordre, elle se cultive comme un dialogue.
Sortir de la cause unique, ce n'est pas rentrer dans le chaos, c'est retrouver une responsabilité adulte, non culpabilisante et non soumise. C'est accepter que le vivant ne promet pas la sécurité, mais il offre une cohérence, pas la certitude, mais la justesse.
Et peut-être que la vraie question au fond, ce n'est pas quelle est la cause, mais avons-nous encore le courage d'être vivant ? Alors, en conclusion, qu'est-ce que le holisme change vraiment ?
Le holisme ne cherche pas ce qui est coupable, il cherche ce qui est cohérent. Il ne pose pas la question « qu'est-ce qui a causé ça ? » mais il va plutôt se demander « qu'est-ce qui, ensemble, a rendu cet état possible ?
» et puis surtout « qu'est-ce qui peut être ajusté sans violence pour le vivant ? » parce que le vivant n'obéit pas à des règles simples, il répond à des contextes et c'est précisément pour ça qu'il est vivant.
Le vrai bouleversement du holisme il est là. Il nous oblige à remettre en question non seulement nos solutions mais notre manière même de nous penser. On est prisonnier d'un imaginaire mécaniste. On a appris à nous percevoir comme des machines biologiques, des pièces, des réglages, des pannes, des réparations. Un corps qu'il faudrait optimiser, corriger, contrôler. Et dans cet imaginaire, être vivant c'est fonctionner.
Et quand ça dysfonctionne, on la pièce défectueuse. Mais un être vivant ce n'est pas une machine. Il n'est pas conçu pour être stable. Il est conçu, encore une fois, pour s'adapter, fluctuer, osciller et se transformer.
Être vivant ce n'est pas être performant. C'est être sensible, c'est être traversé, c'est réagir à ce qui change à l'intérieur comme à l'extérieur. Un vivant, il n'est jamais identique à lui-même d'un jour à l'autre.
Il change avec les saisons, l'âge, l'énergie disponibles, les expériences vécues, les relations, le sens. Vouloir l'enfermer dans des règles fixes, c'est nier sa nature même.
Et pourtant, notre système de référence nous pousse à faire exactement l'inverse, à chercher la bonne méthode, le bon protocole, la bonne règle à appliquer pour toujours. C'est ainsi que nous finissons par nous traiter nous-mêmes comme des objets.
Et quand on se pense comme une machine, on finit par se vivre comme une machine, fatiguée, cassée et défaillante. Le holisme ne propose pas une nouvelle croyances. Il propose un changement de regard radical. Il nous invite à redevenir vivant au sens plein du terme, à accepter l'incertitude, à renouer avec l'écoute, à observer les variations plutôt que de les combattre et à ajuster plutôt qu'à forcer.
Il ne s'agit pas de réparer le corps, il s'agit de réhabiter la vie qu'il traverse. Et peut-être que le cœur du problème est là. On a appris à penser, à soigner, à éduquer, à vivre, comme si le vivant devait obéir, comme s'il fallait le contraindre, le corriger, le normaliser, le faire rentrer dans des cadres, des règles et des protocoles.
Alors qu'en réalité, le vivant ne demande pas l'obéissance, il demande une relation, il demande une rencontre, une rencontre réelle, intime et directe, une rencontre sans intermédiaire, sans artefacts, sans dogme posé entre soi et l'expérience. Une rencontre où on accepte de ne plus tout maîtriser, de ne plus tout comprendre à l'avance, de ne plus tout sécuriser.
Une rencontre où on se rend disponible à ce qui est là, maintenant, tel que c'est. Et si au fond le but ultime d'une vie, c'était ça ? Non pas accumuler des solutions, des savoirs, des méthodes, des certitudes, mais apprendre à rencontrer.
Rencontrer son corps, ses limites, ses élans. Rencontrer ce qui résiste, ce qui change, ce qui échappe. Peut-être que la vie, le chemin, la vérité ne sont pas trois choses différentes. Peut-être qu'elles sont une seule et même rencontre intime et directe, vécue encore et encore à des niveaux toujours plus profonds.
Non pas une vérité abstraite, mais une vérité incarnée. Non pas une réponse définitive, mais une relation vivante. Et c'est peut-être là C'est là finalement que commence vraiment le holisme.
Se réapproprier une vision holistique, ce n'est pas apprendre plus de choses. C'est désapprendre une illusion. L'illusion que la vie peut être contrôlée sans être respectée. Il ne s'agit pas de comprendre le vivant.
Il s'agit de le laisser à nouveau nous traverser, le laisser nous habiter. Car pour pouvoir être en santé, il faut d'abord oser être vivant. Ce n'est plus moi qui vis, c'est la vie qui vit en moi.
C'est peut-être simplement ça, le holisme.
Report
Block Member?
Please confirm you want to block this member.
Vous ne pourrez plus le faire :
- See blocked member's posts
- Mention this member in posts
- Invite this member to groups
- Message this member
- Add this member as a connection
Please note: This action will also remove this member from your connections and send a report to the site admin. Veuillez patienter quelques minutes avant que cette procédure ne soit terminée.
Report
Nous utilisons des cookies pour mesurer l'audience et améliorer votre navigation. En savoir plus
Accédez à l'intégralité
des contenus RGNR
Lives Q&R hebdomadaires, parcours santé personnalisés, formations,
replays exclusifs, communauté de membres engagés…
Plus de 1 500 vidéos et programmes pour reprendre
le pouvoir sur votre santé.
1 commentaires
💬 Connectez-vous pour participer à la discussion
Se connecter →