PODCAST - Breaking Through — Épisode 2 — L'émotion refoulée, racine de toutes les dépendances ?
Cet épisode part d’un constat physiologique : une addiction n’est pas un défaut de volonté, c’est une stratégie de compensation que le système nerveux met en place quand une émotion n’a pas pu être vécue jusqu’au bout. Nina rappelle l’étymologie du mot émotion, e-movere, mettre en mouvement, pour poser une base claire : une émotion est un mouvement biologique qui doit monter, s’exprimer et se décharger. Quand ce cycle est interrompu, l’énergie reste coincée et le cerveau cherche une autre sortie.
La deuxième partie remonte aux origines de ce blocage. Les traumas d’enfance, le manque de sécurité affective et le stress chronique dérèglent le système limbique : l’amygdale reste en alerte, le cortisol grimpe et le cortex préfrontal perd sa capacité à apaiser. L’enfant dont les émotions n’ont pas été accueillies apprend à se couper de lui-même pour ne pas être submergé, et ce programme se réactive à l’âge adulte dès qu’une émotion forte monte.
Nina s’appuie ensuite sur la théorie polyvagale de Stephen Porges pour décrire les trois états du système nerveux autonome : la sécurité (vagal ventral), la mobilisation (sympathique) et le figement (vagal dorsal). Elle explique comment un figement non résolu, hérité d’expériences passées, peut devenir un mode de fonctionnement permanent et créer le terrain de la compulsion, le corps cherchant à combler un vide intérieur par des stimulations extérieures répétées.
La dernière partie de l’épisode est consacrée à l’EFT (Emotional Freedom Techniques), présenté par Patricia Rousseau, formatrice EFT intervenant dans les séjours Régénère. Le principe : tapoter sur des points précis du corps tout en évoquant une émotion difficile envoie un signal de sécurité au système limbique, ce qui permet de retraiter l’information sans dissociation. Patricia guide une séquence pratique complète sur la gestion d’une envie compulsive, et précise qu’une séance se termine quand l’intensité émotionnelle atteint zéro, condition indispensable pour ne pas laisser subsister de déclencheur résiduel.
📑 Au programme de la vidéo
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0:00Introduction : l’addiction comme stratégie de survieNina pose le cadre de l’épisode : une dépendance n’est pas une faiblesse morale mais une réponse biologique à une douleur que le corps ne sait pas traverser.
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4:28Ce qu’est vraiment une émotionRetour sur l’étymologie d’e-movere et sur le cycle naturel d’une émotion saine : montée, expression et décharge spontanée.
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8:56Quand le système limbique se figeRôle de l’amygdale, de l’hippocampe et de l’hypothalamus, et mécanismes par lesquels le trauma ou le stress chronique bloque la boucle émotionnelle.
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13:54Manque de sécurité affective et blessures invisiblesComment l’absence d’un parent régulateur dans l’enfance programme le système nerveux à fuir l’émotion plutôt qu’à la traverser.
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17:52La boucle fermée de la dépendanceDescription du cycle émotion douloureuse, compensation dopaminergique, soulagement bref et retour de la tension, qui enracine progressivement la compulsion.
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22:20Théorie polyvagale : trois états du système nerveuxPrésentation des états vagal ventral, sympathique et vagal dorsal, et explication du figement traumatique qui persiste bien après la disparition du danger réel.
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31:36L’addiction comme auto-médication émotionnelleDéfinition radicale de l’addiction : le corps ne cherche pas le plaisir mais à apaiser une émotion non résolue via des stimulations externes qui masquent la cause.
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35:45L’EFT : reconnecter corps et émotionPrésentation de l’EFT par Patricia Rousseau, son mécanisme neurologique et son intégration dans les séjours Régénère sous forme de séances en groupe.
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44:44Séquence EFT guidée sur une envie compulsivePatricia guide une pratique complète de tapping, point par point, sur l’exemple concret d’une envie de cigarette et des émotions associées.
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49:12Aller à la racine : après les symptômes, les causesPatricia explique pourquoi il faut d’abord traiter les symptômes avec l’EFT, puis remonter aux causes profondes pour sortir durablement du cercle vicieux.
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Transcription de la vidéo
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Bonjour à toutes et tous, je suis Nina de la team Régénère. Je vous souhaite encore une fois la bienvenue dans ce deuxième épisode de la série Breaking Tooth où on parlera de l'émotion refoulée, qui est la racine de toutes les dépendances.
Alors cette série, c'est pas une énième discussion sur les addictions, c'est une traversée. Comme on l'a vu, c'est un voyage à la fois biologique, émotionnel et spirituel.
Parce qu'une addiction, c'est pas un manque de volonté, c'est une réponse du corps à une douleur qu'il ne sait pas traverser. Alors au départ, c'est une stratégie de survie.
C'est un geste pour apaiser la tension, pour retrouver un peu de contrôle, un instant de chaleur quand tout semble s'effondrer. Mais ce geste répété, il devient une habitude. Et cette habitude, elle finit par reprogrammer le cerveau.
La dopamine naturelle, elle ne suffit plus, alors le corps, il en réclame toujours plus. Non pas pour le plaisir, mais juste pour ne pas sombrer.
Alors ici nous ne parlerons pas de substance mais de fuite de soi, de cette incapacité à rester présent avec ce qui vibre, avec ce qui fait mal et ce qui remonte du corps. On va parler du moment précis où face au vide, à la peur ou à la solitude, le système nerveux y cherche une issue et il la trouve dans une action.
Manger, scroller, fumer, combler, chaque dépendance n'est pas une faiblesse morale, c'est une stratégie biologique d'adaptation. Un effort désespéré pour recréer un semblant d'équilibre intérieur. Breaking truth, c'est le chemin inverse.
Non pas pour contrôler ou pour se priver, mais pour se reconnecter au corps, à l'émotion, au silence et au vide. C'est un passage du cerveau reptilien à la conscience, du craving à la clarté et de la peur à la présence.
Alors donc on va parler de neurobiologie, de dopamine, de système émotionnel, de FT, de rational recovery, de théorie polyvagale et de tout ce qui peut permettre à notre système nerveux de grandir au lieu de fuir.
Parce que là, il s'agit pas de renoncer au plaisir, mais il s'agit de retrouver la capacité d'aimer et de ressentir sans dépendre. Alors, suite au premier épisode de cette de podcast, vous avez été très nombreux à répondre positivement quand on vous a demandé si vous souhaiteriez éventuellement recevoir les pdf de ces podcasts via la newsletter.
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Donc ça peut être beaucoup plus simple pour la compréhension. Donc n'hésitez pas, n'oubliez pas à vous abonner à la newsletter et chaque semaine vous pourrez recevoir le lien qui vous permettra d'accéder au pdf du podcast.
Alors dans l'épisode précédent, on a exploré le système de récompense. On a vu comment la dopamine, ce messager du mouvement et du désir, il peut devenir un piège quand elle n'est plus reliée à la vie réelle.
On a vu comment la société de l'immédiateté, elle nous pousse à chercher des stimulations rapides jusqu'à épuiser notre sensibilité naturelle au plaisir. On a aussi parlé du cortex préfrontal, ce fameux chef d'orchestre qui nous aide à différer, à choisir, à réfléchir, et de la manière dont le stress, le manque de sommeil, l'inflammation ou même la fatigue émotionnelle le désarment.
On a vu aussi comment notre corps sous tension devient dopaminergique, c'est-à-dire toujours en quête mais jamais rassasié, et comment le seul vrai moyen d'en sortir, c'est de retrouver la lenteur, de traverser le manque et de réapprendre la satisfaction. Mais il y a une question qu'on n'a pas encore posée, c'est pourquoi ce besoin de fuir, de combler ou de se stimuler, et pourquoi tant d'entre nous ne supportent plus le silence, l'attente ou le vide ?
La réponse, elle ne se trouve pas seulement dans la dopamine, mais dans ce qu'on a refusé de ressentir. Parce que derrière chaque dépendance, il y a une émotion qu'on n'a pas pu accueillir. Il y a une colère, une peur, une tristesse ou un manque d'amour.
Et c'est ce qu'on va explorer maintenant. Comment l'émotion refoulée devient la racine de toutes les dépendances ? Comment la reconnaître, comment la traverser et la libérer, pour enfin sortir du cercle de la fuite.
Alors déjà, premièrement, on va essayer de comprendre le système émotionnel, parce qu'avant de parler d'émotion refoulée, il faut d'abord comprendre ce qu'est une émotion. Le mot, il vient du latin émover, qui signifie mettre en mouvement.
Une émotion, ce n'est donc pas un état psychologique mais c'est une réaction biologique, un mouvement de la vie à l'intérieur du corps. Chaque émotion naît d'une perception, c'est-à-dire quelque chose qui se passe et le corps réagit.
La peur est prépare à la fuite, la colère elle prépare à agir, la tristesse à relâcher, la joie elle sert à ouvrir et l'amour à relier. C'est un mécanisme de régulation adaptative. L'émotion, elle mobilise de l'énergie, elle permet une action, puis se décharge naturellement.
Une émotion gérée sainement, elle ne dure pas longtemps. Elle monte, elle s'exprime et puis elle s'apaise. Elle traverse le corps comme une vague, mais pour ça encore faut-il lui laisser la place de passer.
Alors on va voir quand le flux se bloque. Si une émotion n'est pas vécue pleinement, si elle est coupée, jugée, réprimée, le mouvement y s'arrête et et l'énergie qu'elle porte, elle reste coincée dans le corps.
Ça, c'est une émotion refoulée, une réaction biologique inachevée. C'est un signal que le corps a commencé à envoyer, mais que la conscience a interrompu. On n'a pas pleuré, on n'a pas crié, on n'a pas dit, on n'a pas bougé, on a retenu.
Et cette énergie, au lieu d'être libérée, elle s'est figée dans le système nerveux. Mais le corps, lui, il n'oublie pas, il garde la mémoire de cette émotion suspendue.
Dans les muscles, dans le diaphragme, dans le ventre, dans la respiration, et cette charge émotionnelle non digérée, le système nerveux doit la gérer en continu.
C'est ce qui crée au fil du temps une tension de fond, une agitation sourde, une hypervigilance, le corps qui reste en état d'alerte, comme s'il attendait encore de pouvoir finir ce mouvement interrompu.
On va voir aussi quand le système de régulation émotionnelle s'immobilise. Normalement, c'est le système nerveux autonome qui régule ce flux. La peur, elle active le système sympathique, c'est-à-dire l'action. Puis la sécurité ramène le parasympathique, c'est-à-dire le calme.
Mais si la peur se répète, si la douleur est trop forte, le corps perd cette capacité d'aller et de venir. C'est ce qu'on appelle une immaturité ou un blocage de la régulation émotionnelle. En fait le système il reste figé sur alerte ou sur numbe, il anesthésie. Le cerveau reptilien il garde la main et la conscience émotionnelle elle se déconnecte.
C'est ce qui explique pourquoi, adulte, on ne peut plus rien sentir ou au contraire on est submergé pour un rien. L'émotion c'est plus une vague, c'est une inondation ou carrément un désert. Et quand le corps n'a plus les moyens de réguler naturellement cette énergie, il Ils recherchent des raccourcis neurochimiques pour se calmer.
Et c'est là qu'intervient le système de récompense. Donc on va voir le lien direct entre les émotions et l'addiction. Chaque comportement addictif, c'est une tentative du corps de se réguler. Une émotion monte, tensions, angoisses, vides, et le corps y cherche à la faire redescendre.
Le sucre, la nicotine, le sport, les écrans, le travail, les réseaux, la parole, tout ça, ça devient un système de régulation de substitution. On ne cherche pas le plaisir, on cherche à faire taire l'émotion qu'on ne sait pas traverser.
Et c'est là que le système dopaminergique et le système émotionnel se rejoignent. L'un gère le désir et la récompense, et l'autre gère le ressenti et la sécurité. Quand, second, le système émotionnel est mature, stable. Il est capable d'auto-apaisement.
Le premier reste équilibré. On désire, on agit, on savoure et on se repose. Mais quand le système émotionnel est immature, blessé ou figé, le système dopamine énergique y prend le relais.
Il devient le régulateur de secours, le pompier chimique du déséquilibre intérieur et c'est là que commence la dépendance. Deuxièmement, on va aussi voir comment les traumas d'enfance, le manque de sécurité affective ou le stress chronique figent le système limbique.
Alors, le rôle du système limbique, c'est quoi ? En fait, le système limbique, c'est le cœur émotionnel du cerveau. Il regroupe plusieurs structures essentielles. L'amidale qui détecte le danger, l'hippocampe qui enregistre la mémoire émotionnelle et l'hypothalamus qui orchestre les réponses corporelles, le rythme cardiaque, tensions, hormones, etc.
Quand tout fonctionne bien, le système limbique reçoit une émotion. Il déclenche une réaction et puis le cortex préfrontal intervient pour apaiser et remettre du sens. Mais dans les situations de trauma, de stress chronique ou d'insécurité affective, cette boucle se dérègle.
Alors, comment le trauma fige le système émotionnel ? Un trauma, ce n'est pas seulement un événement dramatique. c'est toutes les expériences qui dépassent la capacité du système nerveux à la gérer.
Un enfant qui pleure sans être consolé, un regard froid au lieu d'un regard aimant, une peur répétée, une menace, un rejet subtil ou même un parent trop anxieux pour offrir de la sécurité. Dans ces moments-là, le cerveau de l'enfant apprend une seule chose, ce que je ressent est dangereux.
Le système limbique il se fige, l'amidale qui est censée être une alarme ponctuelle reste allumée en continu. Donc en fait le corps y vit dans un état de vigilance permanente et pour ne pas exploser, le système nerveux développe des stratégies d'évitement. Dissociation, hyper contrôle, fuite de l'action ou anesthésie émotionnelle. Autrement dit, l'émotion est coupée avant d'être vécue.
La boucle se ferme en amont, on ne ressent plus pour ne pas souffrir, mais cette protection a un prix. Elle empêche aussi de ressentir la joie, la sécurité et la satisfaction. Alors qu'est-ce que la dissociation ?
La dissociation, c'est une des stratégies les plus subtiles et les plus trompeuses du système nerveux. Contrairement à ce qu'on croit, ce n'est pas un oubli ou un déni volontaire. C'est une séparation intérieure orchestrée par le cerveau pour nous protéger d'une expérience vécue comme insoutenable.
Quand l'émotion devient trop forte, quand le corps perçoit qu'il n'a plus les moyens de la traverser, le système nerveux débranche partiellement la conscience. Il coupe la connexion entre la sensation et le ressenti, entre ce qui se passe et celui qu'il vit.
Le regard se vide, le temps se ralentit, le corps devient lointain, comme si on assistait à sa propre vie sans y être vraiment. C'est une anesthésie émotionnelle, parfois si discrète qu'elle passe inaperçue, mais elle transforme profondément la relation au monde.
La personne dissociée ne ressent plus la douleur, mais elle ne ressent plus non plus la joie. Elle fonctionne, elle s'adapte, elle réussit même parfois brillamment, mais sans couleur, sans goût et sans incarnation.
Parce que ce n'est pas un choix en fait, c'est une adaptation, le seul moyen que le corps a trouvé pour ne pas se briser. Et tant que cette dissociation n'est pas reconnue, la vie reste comme en suspens, on avance mais on ne se sent pas vraiment vivant.
Le travail de régénération émotionnelle consiste justement à réintégrer ces parts de soi qui se sont égarées, à ramener de la présence là où il n'y avait plus que de la survie, à redonner au corps la permission de sentir, de ressentir, même un peu, même doucement pour que la vie enfin puisse recommencer à circuler.
Et dans tout ça, c'est quoi le rôle du stress chronique ? Le stress chronique, lui, il agit comme un trauma étalé dans le temps. Chaque fois que le cortisol y monte, il active l'amidale et il inhibe le cortex préfrontal.
Résultat, le discernement y baisse, la peur augmente et le cerveau reste dans un mode de survie. Petit à petit, le système limbique y perd la souplesse nécessaire pour passer de l'alerte au En fait, il se bloque sur ON, hyperactivité, anxiété, agitation, ou alors sur OFF, épuisement, apathie et dépression.
Et dans les deux cas, la dopamine entre en scène pour compenser. Elle offre un soulagement momentané, un shoot de vitalité artificielle. Mais ce soulagement n'a pas de racine, et il faut le répéter sans cesse pour se sentir vivant. Et c'est comme ça qu'on passe de la régulation émotionnelle naturelle à la régulation dopaminergique.
Alors on va voir aussi ce que provoque le manque de sécurité affective, toutes ces blessures invisibles. Alors ce dérèglement, il s'enracine généralement très tôt. Dans les premières années de vie, le système nerveux de l'enfant se développe en résonance avec celui de ses figures d'attachement. Quand le parent est présent, stable, capable de contenir les émotions de l'enfant, celui-ci apprend que la peur, la colère, la tristesse peuvent être vécues sans danger.
Son système limbique s'équilibre. Il devient capable de sentir, d'exprimer, de se calmer. Mais si le parent est absent, instable, critique ou lui-même débordé, l'enfant n'a pas ce miroir régulateur.
Son corps apprend alors à se couper de l'émotion pour ne pas être submergé. Ce n'est pas une faiblesse mais c'est un mécanisme de survie. Le problème c'est que ce mécanisme y devient un programme.
Adulte, dès qu'une émotion forte monte, le système nerveux active la même stratégie. Fuite, distraction, dissociation ou compensation. Et là encore, la dopamine prend le relais. Elle vient masquer la faille affective par une stimulation chimique.
Il y a aussi la réactivation traumatique. Vous savez quand on vit dans le présent au travers du prisme du passé. Parfois, ces d'enfance, elle ne reste pas silencieuse. Elle se réactive souvent dans des situations anodines ou en tout cas moins graves en apparence.
D'un ton sec, une absence, un silence, une remarque ou un rejet, le corps reconnaît quelque chose, pas la situation actuelle mais la charge émotionnelle du passé et il relance instantanément tout le programme de survie qu'il avait mis en place jadis.
C'est ce qu'on appelle la réactivation traumatique, un véritable court circuit du temps dans lequel le système nerveux ne fait pas la différence entre le danger d'autrefois et celui d'aujourd'hui. Il agit comme s'il passé était en train de se reproduire.
L'amidale déclenche l'alarme, le cortisol monte, le rythme cardiaque s'accélère, la respiration se bloque et le cortex préfrontal, le centre rationnel et conscient, il se déconnecte.
Et en quelques secondes, le corps bascule dans l'état de l'enfant qu'il a été. Celui qu'il ne pouvait pas fuir, qu'il ne pouvait pas parler et pas se défendre. Et c'est là toute la tragédie de la réactivation.
La situation présente n'a plus rien à voir, ou très peu, avec le danger d'origine. Elle ne représente plus cette menace aussi directe et réelle. Mais le corps, lui, ne voit pas la réalité actuelle, il voit au travers du prisme déformé de l'enfance.
Il revit la scène avec les ressources d'alors, celle de l'impuissance, de la peur, de la honte, de la sidération. L'adulte, pourtant capable aujourd'hui de dire non, d'agir, de se protéger, il est momentanément dépossédé de ses capacités rationnelles et émotionnelles.
Il réagit à un souvenir, pas à la situation. Il ne ressent pas le présent, il ressent le passé à travers le présent. Et tant que ce mécanisme reste inconscient, chaque situation résonante, une dispute, une critique, une absence, une attente, ça réactive la même sidération intérieure, la même fuite, la même compulsion.
C'est ce qui explique pourquoi certaines réactions semblent disproportionnées. Elles ne le sont pas pour le corps qui croit revivre une menace vitale. Mais la bonne nouvelle c'est que cette confusion elle n'est pas irréversible.
On peut réactualiser le corps au présent, lui apprendre que le danger est passé, qu'il n'a plus besoin de fuir ou de se contracter, que la sécurité est là maintenant. Et c'est ce processus, la rééducation du système nerveux à la sécurité, qui ouvre la voie à la guérison émotionnelle et à la fin de la dépendance.
Et c'est le processus dont nous allons parler en fin de ce podcast. Alors on va parler aussi du cercle émotions-addiction. Tout commence par une émotion non vécue, le corps cherche à l'apaiser, il se tourne vers une stimulation, cette stimulation déclenche de la dopamine, donc un soulagement momentané.
Mais comme le problème de fond, l'émotion refoulée, elle n'est pas résolue, le calme ne dure pas. La tension revient très vite et la stimulation elle recommence. Et ça c'est une boucle fermée.
Émotion douloureuse, qui mène à un besoin de régulation, qui mène à une compensation dopaminergique, qui mène au soulagement, qui mène au vide, et donc un retour de l'émotion.
Le cerveau il apprend alors à associer le soulagement à la stimulation plutôt que l'expression émotionnelle. Et c'est comme ça que le corps y perd peu à peu sa capacité naturelle d'autorégulation. Alors, comment passer de la fuite au retour au soi ?
Comprendre ce mécanisme, c'est comprendre que l'addiction ce n'est pas une faute morale, ni un manque de discipline. C'est une tentative de compensation, une recherche de sécurité intérieure, mais qui est mal orientée.
Le travail ensuite, ça consiste à reconnecter ces deux systèmes. le dopamine énergique, donc l'action, le mouvement, la quête, et l'émotionnel, le ressenti, la sécurité, l'apaisement. Et il consiste aussi à recréer le pont entre la pulsion de vivre et la capacité de sentir.
C'est exactement ce que nous allons explorer dans la suite de cet épisode. Comment restaurer la maturité émotionnelle ? Comment rouvrir les voies de la régulation naturelle ? Et comment retrouver cette sécurité intérieure sans passer par la stimulation extérieure.
Parce que la vraie liberté, ce n'est pas d'échapper à la douleur, c'est de redevenir capable de la traverser. Troisièmement, on va voir aussi le rôle du cortisol, de l'amidale et du système vagal dans les compulsions.
Les émotions refoulées jouent un rôle central dans les comportements compulsifs. Mais pourquoi est-ce que le corps réagit de cette manière ? Pourquoi avons-nous besoin de compenser, de fuir ou de remplir ?
Et c'est là que la biologie entre en jeu. Cortisol, amygdale et système vagal sont les trois piliers de compulsion. Tout commence par une émotion, une peur, un stress ou un vide intérieur. Dès qu'une émotion forte monte, l'amygdale, notre centre émotionnel primaire, détecte cette sensation comme un danger.
Elle alerte le système nerveux sympathique et déclenche la réponse de stress. Donc le coeur s'accélère, la respiration devient plus rapide et la tension monte. Le cortisol, l'adrénaline et la noradrénaline sont libérés pour nous préparer à l'action, fuir, combattre ou même se figer.
Mais dans le cas des traumatismes non résolus ou du stress chronique, le cortisol il reste constamment élevé. Au lieu de déclencher un retour à la paix, le corps est maintenu dans cet état de vigilance permanente, incapable de se détendre.
Le système vagal qui joue normalement un rôle de calme et de régulation, il ne parvient pas à redémarrer. Le filtre de relaxation est cassé. Le corps est constamment prêt à réagir, mais sans jamais vraiment se calmer.
C'est à ce moment précis que le cerveau, en quête de soulagement immédiat, se vers la dopamine, créant alors les comportements compulsifs. Le sucre, la nicotine, l'alcool, le travail, les écrans, la nourriture, tout ce qui donne un coup de boost dopaminergique devient une stratégie de fuite émotionnelle, un moyen rapide de baisser cette pression interne sans avoir à traiter le stress ou l'émotion refoulée.
Alors quatrièmement on va voir la théorie polyvagale et le figement. La théorie polyvagale, formulée par le neurophysiologiste Stephen Porge, éclaire d'une manière nouvelle notre rapport à la sécurité, à la peur et à l'émotion.
Elle montre que notre système nerveux n'est pas simplement binaire, il n'est pas juste stressé ou détendu, mais qu'il dispose de plusieurs niveaux de réponse organisés autour du nerf vague, la grande voie de communication entre le cerveau et le corps.
Ce nerf vague, littéralement le nerf errant, relie le tronc cérébral au coeur, aux poumons, aux diaphragmes et aux intestins. Il constitue la colonne vertébrale de notre système parasympathique, celui du repos, de la digestion et de la récupération.
Quand il fonctionne bien, il permet au corps de revenir au calme après une émotion. Il nous aide à relâcher la tension, à respirer plus lentement et à sentir la sécurité et le lien.
Mais ce système si finement réglé peut se dérégler en profondeur sous l'effet d'un trauma ou du stress prolongé. Quand une situation est perçue comme trop intense, trop rapide ou incontrôlable, le corps active une réponse archaïque, le figement, vous savez le freeze.
Alors on va voir les trois états du système nerveux selon la théorie polyvagale. Pour bien comprendre, imaginons trois grands états de fonctionnement du système nerveux autonome. Alors en premier on a l'état de sécurité, vagal ventral. C'est l'état de repos et de connexion. Le rythme cardiaque est stable, la respiration est fluide et le visage est étendu.
On se sent présent, ouvert, capable d'aimer, d'écouter et de ressentir. Le corps se régénère, le système digestif fonctionne et la créativité revient. En 2, on a l'état de mobilisation, sympathique, c'est la réponse fuite au combat, le corps monte en tension, adrénaline, cortisol, vigilance, énergie dans les muscles, c'est un état utile et vital quand il y a un danger réel mais il doit rester temporaire suivi d'un retour au calme.
Et en 3, on a l'état de figement, vagal dorsal, quand le danger semble trop fort ou impossible à fuir, le corps y bascule dans un état de sidération protectrice. Tout ralentit, respiration, rythme cardiaque, digestion, motricité, le corps se fige pour ne plus souffrir, pour jouer le mort face à la menace, il s'est mis en veille biologique.
Cet état de figement, c'est une forme de déconnexion protectrice, le système nerveux anesthésie les sensations, il coupe le ressenti et met le corps en pause. Sur le moment ça sauve la vie, mais à long terme cette coupure elle devient un piège physiologique.
Le corps il reste partiellement bloqué dans cet état même quand le danger est terminé. Alors maintenant on va voir le figement, quand la vie se suspend. Quand un enfant vit un choc, une peur ou une humiliation qu'il ne peut ni fuir ni comprendre, le système nerveux choisit la seule issue possible.
Se couper. Il débranche la perception pour ne pas sentir la douleur. Le corps se met en apnée, les muscles se contractent, les émotions se figent et ce gel physiologique devient peu à peu un état de base du système nerveux.
À ce moment là, le corps sait exactement ce pourquoi il est programmé. Survivre. Et c'est ce qu'on appelle le figement vagal dorsal. C'est une réponse archaïque, gérée par le nerf vague.
Quand ni la fuite ni le combat ne sont possibles, le système nerveux se met en veille profonde. Il réduit la dépense d'énergie, il ralentit le coeur, il bloque la respiration et il anesthésie la douleur. Ce n'est pas une faiblesse, ni une erreur, mais c'est une intelligence biologique, un mécanisme de protection du vivant.
Mais quand cette réponse se répète trop tôt, trop souvent, elle devient une habitude neurophysiologique. Le corps il l'apprend, quand c'est trop je me coupe, et cette habitude elle se grave dans les circuits nerveux comme une empreinte de survie.
Le figement, il n'est pas réservé à l'enfance, le figement ce n'est pas un phénomène exclusivement infantile, c'est un réflexe universel du vivant présent chez tous les mammifères. Il peut subvenir à tout âge, chaque fois que le cerveau perçoit une menace sans issue, une agression, une humiliation, un choc émotionnel ou même un stress prolongé sans possibilité d'action.
Alors c'est dans l'enfance que ce mécanisme devient le plus déterminant, parce que le système nerveux est encore immature, dépendant de la sécurité des adultes. Mais quand cette sécurité fait défaut, quand l'enfant n'a pas été entendu, rassuré, contenu, il n'a ni la force de se défendre, ni la possibilité de fuir.
Son seul choix physiologique est de se figer et si ça devient sa manière principale de survivre, alors le figement devient un mode de fonctionnement, pas seulement une réaction. Alors quelle est la différence entre figement adaptatif et figement traumatique ?
Chez l'adulte, le figement peut apparaître ponctuellement, de manière adaptative. Par exemple, lors d'un accident, d'une opération ou d'un stress extrême. C'est un réflexe de survie temporaire qui s'efface une fois que la sécurité est retrouvée.
Mais lorsque ce figement est hérité du passé, répété et non résolu, il devient traumatique. Le corps reste bloqué dans un état de demi-veille, incapable de retrouver un flux émotionnel naturel. Ce n'est plus une réaction ponctuelle, c'est un mode de vie.
Le système nerveux y reste en protection constante, même en l'absence de danger et c'est ça qui crée le terrain de la compulsion. Alors on va voir maintenant qu'est-ce qui réactive ce programme de survie. Des années plus tard, il suffit d'un signal ressemblant, un ton de voix, un regard, une attente, une sensation d'impuissance pour que le corps y replonge instantanément dans ce même état de figement.
Le coeur se serre, la respiration se bloque, le mental se vide ou s'emballe. Le présent s'efface et on ne réagit plus en adulte, mais avec le programme de survie d'un enfant blessé.
La situation actuelle, elle est pourtant parfois pas réellement dangereuse, mais le corps ne voit pas la réalité présente. Il la regarde à travers le prisme déformé du passé. Il revit la scène d'alors avec les ressources d'alors. La peur, l'impuissance et l'assidération.
Dans cet état, la personne, elle ne sent plus clairement ses émotions, ni la peur, ni la colère, ni la joie. elle est déconnectée d'elle-même, comme anesthésie, et cette coupure crée un vide intérieur insupportable.
Le corps, cherchant instinctivement à sortir de ce gel, il tente de réactiver le flux de sensations pour se sentir vivant. Et du coup, comment on passe de l'immobilité à la compulsion ? C'est là que naît la compulsion, un besoin impérieux de bouger, de remplir, de se stimuler pour échapper à la torpeur du figement.
Le sucre, l'écran, la parole, le sport, le travail, la sexualité deviennent autant de moyens de se réveiller, non pas pour le plaisir, mais pour fuir le vide.
Le paradoxe, c'est que ces stimulations redonnent momentanément l'illusion de la vie, de la chaleur, du mouvement, mais elles entraînent le cercle vicieux. Le système nerveux reste prisonnier d'une oscillation entre anesthésie et surstimulation, incapable de revenir dans le flux naturel du ressenti. En somme, le figement c'est pas un simple symptôme du passé, c'est une stratégie de survie devenue automatique. Un réflexe que le corps répète sans savoir qu'il est libre maintenant.
Et toute démarche de guérison, qu'elle passe par le FT, la respiration ou la co-régulation, vise justement à réapprendre au corps qu'il peut ressentir sans danger, que le temps du gel est terminé et que la vie peut recommencer à circuler.
Alors, comment on passe de la survie à la compulsion ? Le sucre, l'alcool, le sexe, le sport excessif, les écrans ou la parole compulsive ne sont pas des plaisirs en soi mais des tentatives de régulation.
Ils simulent temporairement le système dopaminergique relançant un semblant de mouvement, une fausse chaleur, un soulagement passager. Mais derrière cette excitation, le corps reste figé.
C'est une activité sans libération. Le système nerveux s'agit sans jamais retrouver la sécurité. Le paradoxe du figement c'est qu'il imite la paix. De l'extérieur on semble calme mais à l'intérieur c'est une paix morte, l'absence de mouvement, l'absence de vie.
Et comme le corps ne supporte pas ce silence anesthésié, il se tourne vers des compulsions pour ressentir quelque chose. Autrement dit, la compulsion c'est la tentative du corps de sortir du figement par la stimulation.
Alors comment est-ce qu'on fait pour retrouver le mouvement et retrouver la vie ? La sortie du figement, elle ne se passe pas par le mental ni par la volonté. Elle passe par le corps, par la sécurité vécue.
Le système nerveux doit réapprendre lentement qu'il peut ressentir sans danger, qu'il peut s'ouvrir sans être submergé, qu'il peut revivre sans être blessé. Et c'est là tout le travail de la régénération émotionnelle. Ramener le système nerveux du figement vers le flux, du silence mort au silence vivant.
Et c'est ce que permet des approches comme l'EFT, la respiration consciente ou la co-régulation, ou même simplement le contact humain stable et bienveillant. Parce que le contraire du trauma ce n'est Ce n'est pas le courage, c'est la sécurité, et la sécurité ça s'apprend, ça se recrée, ça se vide en corps.
Alors, cinquièmement, on va voir maintenant l'addiction ou l'auto-médication émotionnelle. En comprenant tout ça, on peut enfin définir l'addiction d'une manière simple mais radicale.
L'addiction, c'est une forme d'auto-médication émotionnelle. Lorsqu'une émotion n'a pas pu être vécue ou exprimée, le corps cherche à compenser cette disconnexion intérieure par des moyens externes.
L'addiction devient alors un mécanisme d'adaptation. Le corps ne cherche pas vraiment le plaisir, il cherche à apaiser l'émotion non résolue. C'est un peu comme si le système de récompense était utilisé pour traiter une blessure émotionnelle, mais sans jamais s'attaquer à la cause profonde.
Le sucre, le tabac, l'alcool, le travail excessif, les réseaux sociaux, tout ce qui libère de la dopamine devient un pansement rapide pour le système nerveux. Mais au lieu de traiter la douleur émotionnelle, ces stratégies ne font que masquer la souffrance.
Et chaque fois que le soulagement diminue, le corps réclame davantage, la boucle se renforce et la dépendance s'enracine davantage. Alors sixièmement, on va voir l'EFT, comment rouvrir les voies neuronales du ressenti.
C'est ici qu'entrent en jeu des pratiques de rééducation émotionnelle comme l'EFT, Emotional freedom techniques ou techniques de libération émotionnelle. L'EFT c'est bien plus qu'une méthode de relaxation, c'est un outil de reconnexion entre le corps, l'émotion et la conscience.
Une technique à la fois simple et profondément puissante capable de rouvrir les voies neuronales du ressenti, là où le traumatisme, le stress ou la peur avait tout verrouillé. Concrètement, l'EFT consiste à tapoter doucement du bout des doigts sur certains points d'acupression, les mêmes que ceux utilisés en acupuncture, tout en se concentrant sur une émotion, une pensée, une sensation ou un souvenir précis.
Ce simple geste, répété avec attention et présence, agit simultanément sur plusieurs plans. Déjà, il stimule le nerf vague et il calme l'amidale qui est le centre de la Il réduit les productions de cortisol qui est l'hormone du stress, il réactive la communication entre les deux hémisphères du cerveau et il rétablit le flux énergétique et émotionnel dans le corps.
Alors petit flashback d'où vient l'EFT ? L'EFT a vu le jour dans les années 1990 grâce à Cary Gregg, ingénieur de formation et praticien en PNL, la programmation neurolinguistique. Craig s'est inspiré des travaux du docteur Roger Callahan, un psychologue américain, qui avait découvert par hasard qu'en stimulant certains points d'acupuncture pendant qu'un patient évoquait une phobie, l'intensité émotionnelle diminuait presque instantanément. Craig simplifie la méthode, la rend accessible à tous et
c'est ainsi que naît l'EFT. Depuis, des milliers de praticiens dans le monde l'ont utilisé avec des résultats impressionnant dans des domaines variés comme les phobies, l'anxiété, les stress post-traumatiques, les addictions, les compulsions, les douleurs chroniques ou les troubles du sommeil et même le soutien émotionnel en oncologie ou en psychiatrie.
Et quelles sont les preuves scientifiques ? Longtemps perçue comme alternative, l'EFT a aujourd'hui franchi la barrière du doute scientifique. Plus d'une centaine d'études cliniques ont confirmé ses effets mesurables sur le stress, la dépression, les douleurs et les troubles anxieux. Plusieurs essais randomisés, publiés dans des revues à comité de lecture, comme par exemple Journal of Nervous and Mental Disease ou Frontiers in Psychology, excusez mon anglais, montrent une baisse significative du cortisol sanguin, une amélioration de la
variabilité cardiaque et une réduction des symptômes de stress post-traumatique comparables, voire supérieure à certaines thérapies cognitives traditionnelles. L'EFT est aujourd'hui reconnu par la Veterans Administration aux Etats-Unis comme une approche complémentaire efficace dans le traitement du PTSD, Post Traumatic Stress Disorder, chez les anciens combattants.
En Europe aussi, des hôpitaux et des thérapeutes formés l'intègrent dans leur protocole de régulation émotionnelle et somatique. Et pourquoi ça fonctionne ? L'EFT agit simultanément sur le cerveau émotionnel et sur le système nerveux autonome.
En tapotant sur ces points précis, on envoie un signal de sécurité au corps pendant qu'on évoque une émotion désagréable. C'est comme si on disait au système limbique, oui ce souvenir il est douloureux mais je suis en sécurité maintenant.
Et ce double message exposition douce plus sécurité physique, il court-circuit le conditionnement traumatique et il permet au cerveau de retraiter l'information émotionnelle sans danger. Peu à peu, l'intensité du stress domine, la perception change et le corps retrouve sa capacité naturelle à ressentir sans se dissocier. L'EFT, il aide ainsi à déprogrammer les circuits de fuite et de compensation et à reconnecter le corps à ses émotions sans peur et sans débordement.
Et qu'est-ce Cette approche, elle fait partie intégrante des séjours REGénère, où on vous propose 4 séances de 2 heures d'EFT en groupe, pas moins ! On a la chance d'être accompagné par Patricia Rousseau, formatrice EFT et qui a participé aussi à de nombreux parcours et formations sur REGénère.TV.
Vous pouvez retrouver ainsi de nombreuses vidéos pratiques sur la plateforme REGénère.TV pour vous initier à l'EFT en toute autonomie. Et dans quelques instants, elle va nous faire le plaisir de nous guider par la voie dans petite pratique de découverte simple et accessible pour que vous puissiez vous aussi faire l'expérience directe de cette libération, celle du corps qui recommence à se sentir, à respirer et à se détendre, parce qu'au fond c'est exactement ça la régénération, réapprendre à ressentir sans peur et
laisser le corps retrouver par lui-même le chemin naturel de la liberté Pourquoi l'EFT peut-elle aider en cas d'addiction? Nous avons eu déjà beaucoup de preuves grâce aux expériences menées avec l'aide des IRMF, imagerie par résonance magnétique.
et toutes ces recherches ont montré vraiment nettement que l'activité cérébrale est modifiée. C'est incroyable mais oui, les tapotements sur les méridiens modifient le cerveau.
Mais en cas d'addiction, ce qu'on a pu observer aussi c'est que le taux de sérotonine remontait, apportant réconfort, apaisement En cas de profonde anxiété, parce que c'est bien de cela dont il s'agit, c'est que l'anxiété c'est la base, le terrain des addictions.
Alors pourquoi l'EFT peut-elle aider vraiment face aux addictions ? C'est parce que les comportements addictifs sont souvent une réponse à des émotions intenses. Evidemment que si on veut calmer son stress et qu'on a l'habitude de fumer, on va prendre une clope.
Si un verre peut nous détendre, on en prendra peut-être un second ou un troisième. Et si grignoter, ça permet de combler un vide, mais si c'est répétitif, ça va nous faire du mal.
Peut-être que jouer, passer un peu de temps sur les écrans, c'est chouette, mais si c'est la seule solution pour fuir une réalité difficile, ça ne va pas. Alors ces comportements, même s'ils apportent un soulagement immédiat, renforcent le cercle vicieux de l'addiction.
Et cette addiction, elle nous gâche la vie. L'EFT, vraiment, peut réduire la charge émotionnelle, les déclencheurs de toutes ces addictions et elle permet de rendre beaucoup plus facile des choix alternatifs, satisfaire un besoin, mais autrement que par une addiction à une substance, un comportement, et en réduisant la charge émotionnelle des déclencheurs, l'EFT rend plus facile, allège notre vie.
C'est dur d'être addict. Alors en effet, l'EFT nous apporte de nombreux bénéfices dans ce cadre des dépendances. Elle peut nous aider à apaiser des émotions difficiles comme la colère, la peur, la culpabilité, la frustration, la honte, réduire l'intensité des envies compulsives, et les déclencheurs perdent de leur pouvoir et sont beaucoup plus faciles à gérer par le tapping.
Cette pratique peut nous aider à rompre l'association entre ces émotions et le comportement addictif. Par exemple, ne plus ressentir automatiquement le besoin de fumer en cas de stress. Indirectement, cela favorise la détente parce que le tapping sur les points relâche le système énergétique.
et ça apporte la clarté mentale. Cela permet de retrouver une sensation de calme, de contrôle. J'ai vu des personnes éviter les rechutes par un tapping permanent, parfois jusqu'à 25 fois par jour, à chaque fois qu'il y a cette envie, vous savez cette envie qui est là, mais qu'on voudrait chassée cependant elle va être plus forte que notre volonté, le tapping renforce la capacité à gérer les situations à risque.
Et à la fin ça permet de développer une bien plus grande autonomie émotionnelle. Voici un outil simple à utiliser au quotidien mais redoutablement efficace. J'ai été fumeuse et je n'avais pas l'EFT. Et ça a été terrible.
Maintenant, cela reconstruit la confiance en soi. Oui, ça permet de reprendre son pouvoir, son pouvoir sur n'importe quoi, sur le chocolat, le sucre, la cigarette, l'alcool. Cela permet de comprendre à quel point on peut rompre ce cycle de dépendance et, évidemment, de retrouver sa liberté.
Alors, pour être bien plus concrète, Je vous propose de faire une petite ronde, plusieurs petites rondes. Comment on construit une ronde EFT en cas d'addiction ? On reprend la bonne vieille recette, on identifie le problème, on se concentre sur ce qui nous perturbe, là, maintenant, qui perturbe notre système énergétique, évidemment.
Car le principe de base de l'EFT, c'est que la cause de toutes les émotions pénibles est la perturbation de la circulation d'énergie et surtout de la circulation de l'information dans le corps. Et comme la circulation dans le corps est basée sur l'hydratation aussi, préparez un verre d'eau, car à chaque rond d'EFT, on boit un peu d'eau.
Qu'est-ce que la phrase de préparation ? La phrase de préparation, c'est de construire avec nos ressentis l'émotion associée à ce que nous vivons difficilement, et bien on va y rajouter une expression qui est « même si je m'accepte ».
Donc imaginez, vous êtes en manque, ressenti pénible, j'ai envie mais je sais que c'est mal, mais j'ai mal au ventre tellement j'ai envie mais je sais que c'est mal. et l'émotion associée, c'est la colère contre moi et la honte.
Alors maintenant, la pratique. C'est tapoter, par exemple avec les doigts de la main droite, sur le tranchant de la main gauche, juste à la base du petit doigt. Et là, tapoter sur chaque point, celui-ci et les autres, une dizaine de fois.
Et par exemple dire « même si » je ressens de la colère et de la honte parce que je suis en manque de cigarettes et même si j'en ai mal au ventre, je m'accepte comme je suis. Ou bien, même si je sais que la nicotine c'est un poison pour moi et que je n'arrive pas à m'en libérer, je m'accepte tel que je suis et je fais de mon mieux. Ensuite, tapotez sur tous les autres points de la tête, du buste et des doigts.
Par exemple, on démarre sur la tête et on dit Tout ce qui a été mis entre le même si, je m'accepte. Par exemple, je suis en colère. Je suis en colère contre moi. Ensuite, début du sourcil.
J'ai honte. J'ai vraiment honte. Et puis après, au coin de l'œil. Je sais que c'est un poison pour moi. Ensuite, sous l'œil, je suis en manque.
Sous le nez, c'est trop dur. Sous la lèvre, j'ai honte. Sous les points des clavicules, je voudrais vraiment lâcher cette cochonnerie. Sous le bras, j'en ai mal au ventre.
Sous le sein, je manque de courage et j'ai honte. Ensuite tapotez tous les doigts au niveau du coin de l'ongle, coin extérieur. J'en ai assez, je veux me libérer, je suis addict, j'ai honte, c'est trop dur.
Voilà, vous allez exprimer tout ce que vous ressentez dans l'instant et quand vous avez terminé tous les points, vous respirez profondément. Vous expirez, vous buvez un peu d'eau et vous réévaluez. Vous réévaluez au niveau du ressenti dans le corps, est-ce qu'il y a toujours ce mal au ventre ?
Est-ce que ça a changé ? Vous réévaluez l'émotion. S'il y a peut-être autre chose que de la colère ou de la honte, il y a peut-être une profonde tristesse C'est parce que vous savez que vos amis, il y en a qui sont morts à cause de ça.
Ça vous réactive ces souvenirs ? Vous réévaluez et vous reformulez. Vous reformulez une phrase de préparation pour la ronde supplémentaire. Vous pouvez dire, par exemple, que vous en avez assez de trembler quand vous n'avez pas votre dose, évidemment, c'est pénible.
Vous pouvez aussi construire une phrase sur le fait de ne plus pouvoir faire de sport parce que vous êtes quand même essoufflé. Par exemple, en phrase de préparation, vous pouvez exprimer « même si je tremble quand je n'ai pas ma dose de nicotine, je m'aime et je m'accepte comme je suis, ou bien même si je sais que je fume pour ne pas me sentir seule et que c'est vraiment stupide, je fais de mon mieux.
Et même si j'ai un caractère difficile et que je peux vraiment être odieux avec ma famille quand je suis en manque, je m'accepte complètement et profondément comme je suis. Voilà, vous allez continuer et faire tous les points comme tout à l'heure, dessus de la tête, début du sourcil, coin de l'œil, sous l'œil, sous le nez, sous la lèvre, point des clavicules, sous le bras,
sous le sein, en gardant l'essentiel de votre phrase préparation en ayant enlevé le même « si ». Vous rebuvez un petit peu d'eau, vous respirez et vous observez. Et ainsi de suite jusqu'à ce que vous soyez à zéro.
À zéro sur 10 sur l'émotion et le ressenti parce que si vous laissez le moindre bout de racine de tentation, vous allez ressentir à nouveau les mêmes symptômes. Donc une séquence EFT se termine quand on arrive à zéro.
C'est très important surtout dans le cas des addictions parce que justement il faut être très très attentif. Ce qui est important de savoir aussi c'est que globalement l'EFT fonctionne surtout. Cependant, on ne peut pas faire l'économie d'aller travailler sur les causes des causes.
En premier, l'idéal, c'est de s'occuper des symptômes, parce que les symptômes, c'est vraiment pénible, c'est déclencheur d'émotions difficiles et c'est la priorité.
Et ensuite, ce qui est important après, c'est de comprendre que vous n'êtes pas addict comme ça par hasard. C'est qu'il y a quelque chose qui s'est installé depuis sûrement très longtemps. Peut-être qu'on a pris l'habitude de vous réconforter en vous donnant un bonbon, en vous donnant quelque chose à manger, à boire, à sucer, si bien que la bouche a des souvenirs.
C'est pour cela que, bien sûr, il faut arrêter ce cercle vicieux, action réaction, je suis stressé, je bois, je fume, etc. Mais surtout, il va falloir aller regarder de près.
Et là, l'EFT peut être vraiment aussi un grand soutien si vous ne pouvez pas le faire seul. Vous avez d'excellents praticiens qui connaissent bien la problématique de l'addiction et qui sauront vous guider, vous accompagner sur ce chemin de la liberté.
et là vraiment pour moi c'est un outil absolument admirable parce que sur les vingt dernières années depuis que je connais cette pratique j'ai vu des résultats juste époustouflants. Bien sûr je ne veux pas dire que c'est miraculeux en cas d'addiction à l'alcool par exemple l'idéal c'est aussi de se faire accompagner parce que quelqu'un qui boit beaucoup peut avoir de grosses carences, le manque peut déclencher des choses très désagréables. L'accompagnement médical, c'est bien et l'EFT ne peut pas se substituer à un accompagnement médical,
mais peut donner vraiment beaucoup de liberté et de souplesse parce qu'en En général, on a ses mains avec soi et quand on sent que la pulsion arrive, tapotez, tapotez. Au mieux, ça va vous aider au niveau énergétique, plus de détente, mais au plus du mieux, ça va vous libérer.
Et nous avons vu, oui, parfois une séance, quelqu'un qui n'avait plus du tout envie de sa cigarette et qui avait vraiment fait l'amour quand on lui présentait du chocolat alors ne me croyez pas testez-le et je vous souhaite une merveilleuse pratique
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