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Pandémie, enfermement psychiatrique, mythes vaccinaux et EHPAD

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L'équipe RGNR
38 vues • Publiée le 01/06/2020

Cette conversation part d’une rencontre improbable sur un parking de magasin bio et débouche rapidement sur un sujet précis : un rapport d’orientation de l’OMS sur la santé mentale des populations pendant la crise Covid. L’anthropologue explique comment ce rapport s’appuie sur une étude éthiopienne méthodologiquement fragile pour justifier la création de nouveaux centres de traitement psychiatrique, et comment cette logique se propage ensuite dans les institutions internationales.

La discussion aborde ensuite un mythe anthropologique tenace : celui des populations indigènes décimées par les virus européens en raison d’une immunité naturelle insuffisante. L’invité retrace l’origine de ce récit, montre qu’il est absent des premiers témoignages de Christophe Colomb ou d’Amerigo Vespucci, et explique comment la destruction délibérée des systèmes de santé traditionnels, l’interdiction des plantes médicinales et des actes de guerre biologiques documentés ont joué un rôle bien plus déterminant que la biologie.

Le cas d’Ebola en Afrique centrale sert d’exemple concret pour illustrer la capacité des populations à développer des réponses collectives face à un virus, sans attendre une intervention médicale extérieure. Cette partie de l’échange permet aussi de revenir sur le débat Pasteur-Béchamp et sur la question du terrain biologique, que les deux interlocuteurs considèrent comme le vrai angle mort du paradigme médical dominant.

La conversation se termine sur les EHPAD pendant la période Covid. L’anthropologue rapporte le témoignage d’une soignante de son village : les personnes atteintes d’Alzheimer, qui s’appuient sur les expressions du visage pour maintenir un lien social, ont été particulièrement affectées par le port généralisé du masque. Il appelle les chercheurs en sciences humaines et sociales à aller enquêter dans ces établissements plutôt que de rester en retrait.


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Thierry Salamé Bonjour Romain. Romain Collier Bonjour Thierry. Thierry Salamé Alors parfois il y a des rencontres qui sont amusantes, nous on s'est rencontré sur un parking de magasin bio, je me suis dit ce gars-là il a l'air quand même bizarre, tu étais en train d'essayer d'arracher un clou de ton pneu avec une petite cuillère.

Romain Collier Avec une petite cuillère, c'est tout ce que j'avais. Thierry Salamé Celui-là ça doit être un anthropologue, il n'y a que pour faire des trucs pareils. Romain Collier C'est vrai, c'est vrai, on s'est rencontré là.

Thierry Salamé Et très rapidement la discussion a démarré, Tu vois, on n'a pas passé trop de temps à faire des salamalek, on est rentré vraiment dans le vide du sujet, et ça m'a donné vraiment envie de faire cette vidéo, parce que tu m'as parlé d'un point très précis qui avait alerté ton attention ces derniers temps par rapport à une étude, c'est l'ONU, je crois qu'il y a… A.C.L. Oui, c'est un rapport d'orientation.

T.M. Un rapport d'orientation, tu pourrais nous en dire quelques mots ? A.C.L. Oui, en fait, moi je t'ai mis le grappin dessus tout de suite, parce que je venais de découvrir par hasard, je suis un petit peu le flux des médias, et puis tout d'un coup je suis tombé sur une information sur l'Ethiopie qui me paraissait un peu bizarre, comme quoi 33 % de la population éthiopienne dans la plus grande région de l'Ethiopie avait des conséquences psychologiques du Covid-19.

Thierry Ricardo. D'accord. Olivier Roland. Et donc en tant qu'anthropologue, moi ce genre de données sur les autres populations qui m'interpellent, j'ai fouillé et je suis tombé sur ce rapport d'orientation qui a été publié donc le 12 mai, et qui est en fait un rapport qui s'intitule le Covid-19 et les besoins en action pour la santé mentale.

Thierry Leccet. D'accord, ok. Donc un rapport de l'ONU. Olivier Roland. Un rapport de l'ONU, un rapport d'orientation, donc une note d'orientation, c'est-à-dire qu'en gros ce n'est pas encore des décisions, mais ça influence les décisions.

Thierry Leccet. Ça donne la direction. Olivier Roland. Ça donne la direction, ça sent quelque chose. Et à l'époque c'était vraiment le seul rapport qui existait sur internet, quand tu tapais Covid-19 plus mental health, donc les santé mentale, tu ne tombais que directement sur ça.

Donc j'ai dépouillé le rapport, et puis en effet je me suis rendu compte que le rapport s'appuyait sur des données qui n'étaient non seulement pas publiées sur l'Ethiopie, donc 33 % des personnes… Thierry Marx Oui, tu trouvais nulle part ailleurs.

Olivier Roland Nulle part ailleurs, et puis eux-mêmes disent que ce sont des données qui ne sont pas publiées, et en fait pour comparer avant-après, puisque les statistiques c'est toujours avant-après, ils se réfèrent à une étude de 2014.

Or on imagine bien qu'entre 2014 et 2019, la santé mentale des populations éthiopiennes a dû évoluer parce que, par exemple, il y a eu une épidémie de tuberculose ou qu'il y a eu un coup d'État ou ce genre de choses.

Donc, en fait… Thierry Marcus – Et il n'y a pas eu tant de cas que ça en Éthiopie ? Olivier Roland – Il y en a eu 5, il y a eu 5 morts du Covid-19 en Éthiopie. Thierry Marcus – Oui, on a du mal à croire qu'ils aient été particulièrement choqués sur le plan psychiatrique.

Olivier Roland – Oui, alors que la tuberculose, par exemple, peut tuer un million de personnes. Thierry Marcus – D'accord, chaque année ? Olivier Roland – Non, pas chaque année, mais ça peut arriver.

Thierry Marcus – D'accord. ça n'a rien à voir. Donc pour moi c'est clair et net, c'est une manipulation des données sur la santé mentale de population. Ce qui était plus intéressant c'était les conclusions qui ont tiré cette note d'orientation.

Alors en fait, c'est la seule étude qu'ils ont mis en avant dans ce rapport, le reste sont des allusions anecdotiques donc de gouvernement, de pays, disant que oui, on pense en effet qu'il y a quelques problèmes psychologiques liés au Covid etc.

mais la seule étude, c'était cette étude éthiopienne qui est complètement foireuse au niveau des données. Thierry Lecce. Oui, je la mettrai en lien. Olivier Roland. Je veux bien, oui, parce que c'est important.

Et donc ensuite, les recommandations qui sont faites à partir de cette étude sont des recommandations visant à œuvrer pour la gestion de la santé mentale des populations, notamment par la création de centres de traitement des maladies psychiques ou des désordres psychiques qui seraient liés à la crise du Covid-19.

Et tout ça bien évidemment expliqué de manière très humaniste en disant que vous comprenez le droit des populations qui ont des problèmes de santé mentale est important, à être prise en charge c'est très important, etc. etc. Donc, sous couvert de paternalisme, si tu veux, Thierry Marxi, ils en appellent à la construction de traitements psychiatriques.

Donc, en Éthiopie, mais en fait l'Éthiopie est juste un exemple pour illustrer donc le problème dans le monde entier. Thierry Marxi, alors là on rentre dans le domaine de l'extrapolation, mais il y a une partie de moi qui a quand même remarqué déjà que durant toute la deuxième moitié du XXème siècle, la psychiatrie a quand même été un outil de coercition, de mise à l'écart de masse dans notre société, et donc ça ne peut pas ne pas faire soulever quelques peurs par rapport à la

gestion de tout ce qui pourrait un petit peu déranger à la doxa officielle en Occident. A. C'est ça. Et alors, ce qui est très intéressant c'est que maintenant, donc c'était le 12, on est aujourd'hui le… T.

On est le 29… A. Le 30 ? T. Non, le 29 mai. A. On est le 30 ? T. On est le 30. A. Parce que c'est un week-end long, c'est pour ça.

Et donc on est le 30, donc 18 jours après en fait j'ai été voir, parce que je n'ai pas non plus le temps de suivre tout ça parce que j'ai mon boulot, et donc j'ai tapé la ventière pour voir si ça avait donné des bébés, et j'ai trouvé plus de 10 000 pages en fait sur Mental Health et Covid-19, Thierry Laleu il n'y en avait pas du tout avant, et maintenant c'est l'UNESCO, donc l'ONU on en a parlé, l'UE, l'OMS, tout le monde s'y met.

Donc je pense qu'il va y avoir bientôt des appels d'offres, puisque c'est comme ça que ça marche, il y aura des appels d'offres pour attirer donc les chercheurs vers ces problématiques-là. Et une fois qu'on aura donc attiré les chercheurs vers ces problématiques-là, eh bien, ça justifiera donc des politiques psychiatriques, volontaristes, T.C.L.E. A.P.M.L. Je pense que toi tu relèves la psychiatrie.

Peut-être, ce n'est pas impossible, j'adore voler au-dessus d'un nid de coucou, je t'avoue. Thierry, d'ailleurs on ne t'a pas présenté, on s'est rencontré, tu es anthropologue, tu es enseignant.

Thierry, oui, en fait je suis chercheur, mais j'enseigne aussi de manière on va dire bénévole, parce qu'en France on a séparé le métier de l'enseignement et le métier de la recherche, moi je suis chercheur à l'IRD, donc l'Institut de Recherche pour le Développement, mais je suis dans un laboratoire qui est mixte IRD et muséum d'histoire naturelle, j'adore le muséum d'histoire naturelle, le jardin des plantes et tout, Je trouve que c'est un cadre pédagogique absolument extraordinaire. Et donc, voilà, j'enseigne, le muséum m'a fait

confiance pour prendre une partie de la responsabilité du Master 1, Société et biodiversité. Il y a des étudiants là-bas qui, hélas, n'ont pas pu suivre les cours cette année. Mais voilà mon métier.

Je suis anthropologue, je suis spécialiste du Maroc et de l'Inde. J'ai passé 15 ans au Maroc et j'ai eu à peu près un an en Inde. mais je vais passer mes deux prochaines années en Inde, sur la Ayurveda et sur les plantes en général, les traditions des plantes, notamment dans les rituels indiens.

Thierry Marceau Alors, puisque tu es anthropologue, j'aimerais bien en profiter avec toi pour discuter, parce que par rapport à cette crise du Covid-19, il y a une espèce de point de terminaison obligatoire tel qu'on nous le présente, c'est la vaccination.

Et la vaccination, on nous la présente comme une obligation, et ce mythe vaccinal, moi j'ai beaucoup travaillé dessus, et il y a un point sur lequel j'aimerais bien t'interroger en tant qu'anthropologue, c'est un des points clés de la théorie vaccinale, c'est l'histoire de cette immunité naturelle qui ne serait pas adaptée à de nouveaux virus, et on prend pour exemple ces populations indigènes qui ont été décimées par les virus apportés par les blancs quand ils voyageaient en bateau, et qui étaient décimées,

donc preuve que finalement il n'y a pas d'immunité naturelle, C'est-à-dire que l'immunité naturelle a ses limites, et heureusement qu'on a la vaccination. A. Oui, en plus que l'immunité naturelle a ses limites, et que ces limites correspondent à la distinction entre races, quelque part, donc ça c'est… Mais oui, c'est un mythe absolument incroyable, je dis d'avance que c'est un mythe, mais bon, je devrais plutôt dire l'histoire, j'en parlerai de mythe tout à l'heure, mais c'est une histoire absolument

fascinante parce qu'elle est véhiculée jusqu'à aujourd'hui dans les journaux par les anthropologues, comme quelque chose de totalement accepté quoi, je veux dire personne n'a réfléchi à se dire mais est-ce que véritablement ces indiens, cette image d'épinal de ces indiens en train de courir dans la forêt fuyant donc les maladies des blancs, est-ce que c'est véritablement pertinent ou pas ?

Alors en fait, tout ça je le dis encore une fois, c'est le hasard qui m'a mis sur ces pistes, je suis parti à Curacao qui est une petite île des Caraïbes néerlandaises en janvier dernier, c'était la première fois pour moi de travailler en Amérique du Sud on va dire, et j'ai travaillé là-bas et sur le rapport des populations aux plantes parce qu'il y a une diversité végétale absolument fascinante faite à la fois de choses qui sont exotiques et endémiques, et dans cette île donc de Kurasao,

j'ai entendu une histoire véhiculée par la mémoire donc orale des habitants sur en fait la manière dont les Amérindiens, et là je parle de groupes précis, ce sont les Arawaks et les Charrumbas, donc ces deux groupes ont lutté, ont résisté au problème des maladies des blancs. Et là il y a tout un autre discours qui explique qu'en fait ils avaient construit des centres de traitement et qui traitaient...

Thierry – Par les plantes. donc ils utilisaient donc les plantes pour traiter les maladies apportées par les blancs, c'est-à-dire variole, rougeole, typhus et autres quoi. Et donc du coup en fait ces populations amérindiennes ont traité donc non seulement leurs congénères par exemple, les gens de leurs tribus, mais aussi les descendants d'esclaves, les esclaves, donc les esclaves africains puisque Curaçao était un hub, c'est-à-dire que c'est là où on apportait tous les esclaves d'Afrique pour

les répartir ensuite sur les différentes îles et en Amérique du Sud. Et donc, c'est un point très important, c'est le point de dissémination quelque part des esclaves africains sur tout le continent américain. Et donc, les descendants d'esclaves ont récupéré une partie de cette pharmacopée traditionnelle et qui constitue aujourd'hui donc la pharmacopée traditionnelle des habitants de Kura Sao.

Donc, en fait, l'idée c'est que finalement, d'ailleurs cette histoire d'extermination des Amérindiens, on ne la trouve pas du tout dans les premiers récits sur l'Amérique. C'est-à-dire, ni Christophe Colomb, ni Amerigo Vespucci ne mentionnent de cas de gens qui tombent malades à leur contact.

Au contraire, Amerigo Vespucci s'émerveille de voir des gens en parfaite santé et il cite même, mais bon là a priori c'est certainement une erreur de calcul, il cite même quelqu'un, un vieux qui aurait 138 ans.

Donc je veux dire, Amerigo Vespucci est plus dans la fascination finalement de la santé mentale, de la bonne santé physique et mentale de ces populations que d'un constat d'une extermination. Donc voilà, petit à petit j'ai commencé à fouiller et j'ai regardé dans les travaux de certains collègues pour voir notamment s'il n'y avait pas des références sur la manière dont les autorités coloniales et notamment l'inquisition avaient agi pour affaiblir le système de santé traditionnel des amérindiens.

Et c'est ce qui s'est évidemment passé, distribution d'alcool, on l'oublie mais c'était quelque chose, ça faisait partie de la première des stratégies de distribuer de l'alcool pour les rendre addicts, mais ça va plus loin, ça va beaucoup plus loin puisqu'on a par exemple les traces de ce commandant en chef des troupes britanniques, là on est dans l'Amérique du Nord donc au Canada puisque la chose était similaire, Et donc Jeffrey Amherst, commandant en chef des troupes britanniques,

qui a fait distribuer aux indiens des couvertures contaminées par la variole pour les éliminer. Ce genre de stratégie était monnaie courante, c'était monnaie courante, c'était accepté et c'était promu.

– Oui, ça faisait partie de la guerre. – Ça faisait partie de la guerre, il fallait exterminer donc, pas pour une raison raciale mais pour une raison économique, il fallait vider les territoires. On est dans une perspective finalement très malthusienne de confrontation, de compétition en fait entre populations par rapport à l'acquisition des ressources, finalement. Donc… Thierry Marcet Tu me disais en offre qu'on préparait aussi qu'il y avait eu une espèce d'entreprise systématique de destruction de tout leur système de santé traditionnel,

interdiction des plantes. Olivier Roland Oui, interdiction des plantes, et ça on le retrouve notamment dans les travaux d'un collègue qui s'appelle Samir Boumediene, et qui a écrit un magnifique livre qui s'appelle la colonisation du savoir, et qui parle de ça, et qui donne donc les références aux édits, notamment par exemple on sait que le pulque mexicain, cette boisson qui est faite à partir de sève, d'agave fermentée a été interdite.

On sait que le tabac, l'usage du tabac parce que... Thierry Coullons-C'était médicinal avant tout ? Bien sûr, la fumée du tabac, d'ailleurs c'est marrant, on en a reparlé, il y a eu quelques articles qui ont dit à un moment donné, dernièrement que le tabac pourrait peut-être protéger du Covid-19, je ne sais pas si tu as noté ça, il y a eu 2-3 articles etc.

Mais c'est marrant de voir que Christophe Colomb quand il débarque là-bas, en fait il décrit, une des premières choses qu'il décrit c'est cette habitude des amérindiens de fumer cette plante et d'enfumer leur maison, leur hutte etc.

avec cette plante. Thierry Coullons Pour assainir les locaux. mais pour assainir les locaux. Donc, peut-être en fait que les Amérindiens étaient tout à fait conscients finalement que les étrangers apportaient des maladies.

On sait, je pense que tu le sais peut-être, mais il est fort probable que les Européens ne soient pas les premiers à avoir découvert le continent américain. Il y a un livre qui existe qui s'appelle 1421 et qui explique comment la Chine en 1421 donc a accosté sur les côtes américaines.

Donc voilà, ce mythe de cette population, comment dirais-je, qui seraient entre guillemets « purs », les purs indigènes… Thierry Lecce. Oui, et qui malgré tout n'ont pas résisté au vaccin, parce que souvent c'est ça qu'ils rétorquent.

Ils te disent « Oui, mais tu es bien joli avec tes théories, mais prenons l'exemple des indigènes, ils vivaient dans la nature, ils mangeaient bien, ils mangeaient sain, ils dormaient, ils n'étaient pas stressés.

» Et malgré ça, ils n'ont pas résisté, et donc heureusement que la science moderne est arrivée, les Lugas, avec ces vaccins et ainsi de suite, pour arriver. Et bien ça, c'est un mythe qu'on peut déconstruire facilement.

A.T.L. Très facilement, c'est le mythe qui est à l'origine du primat de la médecine occidentale sur les autres médecines, mais c'est aussi le mythe qui légitime toute la politique de développement, ce qu'on appelle le développement, donc qui a été mis en place par la colonisation et qui est toujours en cours d'ailleurs aujourd'hui, les politiques de développement existent toujours.

Alors, un exemple justement pour déconstruire ce mythe, il faut bien être clair sur les mots, c'est un mythe sur la vulnérabilité biologique des indigènes. Thierry Marchefort Et de personnes vivant dans le milieu naturel et vivant sainement dans le milieu naturel.

Alexandre Pouchelet C'est ça. Alors, un exemple qui est assez fascinant c'est Ebola. Ebola, j'ai la chance de connaître un chercheur extrêmement brillant, il est tellement brillant qu'il ne veut pas rentrer dans le système.

Donc, il n'a pas de poste, il a monté son association etc., Il vit au Mali, à Bamako, et lui a travaillé donc sur ce que j'appelle J-40, c'est-à-dire les 40 jours avant que l'OMS déclare l'épidémie d'Ebola.

Donc, il a travaillé, il était à la frontière entre la Sierra Leone et la Guinée, et il a travaillé sur la manière dont les populations locales ont réagi par rapport à l'épidémie d'Ebola qui est arrivée.

Et il a une description absolument magnifique, que ce sera certainement un des bouquins qui va exploser dans les années à venir j'espère, et il montre donc comment les habitants ont utilisé des systèmes qui étaient plutôt liés à la sorcellerie, donc des espèces de bombes, ce qu'ils disaient des bombes de sorciers pour pouvoir empêcher donc Ebola d'arriver, ils étaient en train de sélectionner des plantes, essayer de chercher quelles étaient les plantes qui étaient, Et donc, cette bombe en fait est une bombe végétale bien évidemment,

en composant de plusieurs sortes de graines, de semences, etc. Bon, c'est une improvisation de l'imagination, mais au moins ça prouve que les populations ont bien évidemment cette capacité de réaction, y compris par rapport à un virus comme Ebola qui est d'une puissance phénoménale par rapport au Covid-19, on est bien d'accord.

Thierry Marcet Non, pas du tout la même proportion. Voilà, donc tout ça, ça montre qu'en fait il y a toujours eu une capacité des populations à se défendre. Et pour revenir aux amérindiens, finalement si ces amérindiens ont été exterminés, ce n'est certainement pas à cause des virus, virus qui il faut bien l'admettre leur capacité de nuisance ont été augmentées au maximum par le confinement des marins dans les navires.

Thierry Macron Mais c'est vrai que je n'avais pas vu ça comme ça effectivement. Mais Darwin en parle lui-même dans le voyage d'un art journaliste autour du monde, il parle de ça, il parle justement du risque, du danger du confinement dans les bateaux, où finalement il compare ces bateaux à des bombes virales, parce qu'on imagine que voilà, ils sont restés… Thierry Marcet.

C'est marrant, il y avait encore du bon sens à cette époque-là, parce que maintenant on confine les gens dans des appartements, et on ne voit pas que ça peut être des bombes virales dans les appartements.

Alexandre Vizorek. Pour les personnes âgées notamment. Thierry Marcet. Oui, tu en diras quelques mots à la fin quand même, parce que je pense que c'est un sujet qui est très important. Donc voilà, donc si tu veux, moi tu as regardé un peu ce que je faisais, etc. je suis un chercheur, je suis anthropologue, j'ai toujours voulu me prémunir du manichéisme, théorie des bisounours, ce que j'appelle la théorie des bisounours, c'est-à-dire tout le monde est beau, tout le monde est gentil,

il faut croire les médias, il faut tout croire, etc. et théorie du complot. Et c'est pour ça que quand je t'ai vu au supermarché je me suis dit attends, Thierry Casasne supermarché bio.

Supermarché bio, oui. et d'ailleurs l'un des meilleurs dans la région. Thierry Lecceux – Il vit au sud d'Asserre. Olivier Roland – Oui, il vit au sud d'Asserre, il est extraordinaire.

Thierry Lecceux – En Europe et de l'Afrique, avant Serrat. Olivier Roland – Oui, extraordinaire. Et quand je t'ai vu, je me suis dit, mais attends, voilà un lanceur d'alerte, parce que c'est vrai que tu t'es converti récemment j'allais dire, Thierry Lecceux – Ponctuellement.

Olivier Roland – Ponctuellement en lanceur d'alerte, moi je t'ai connu au travers de tes jus, parce que j'ai des problèmes de calculs donc salades de calcium qui sont pratiquement indestructibles, et donc du coup je me suis regardé un peu partout parce que je n'étais pas satisfait par la médecine, c'est une vraie, comment dirais-je, c'est une souffrance incroyable cette histoire de calcul, et la manière dont la médecine occidentale traite ça c'est absolument horrible, donc avec des sondes,

bon bref, je suis passé plusieurs fois sur BIA, Donc un jour j'ai découvert ton jus de persil et je l'ai essayé, ça m'a fait énormément de bien, bon je l'ai mélangé avec d'autres trucs, après j'ai fait ma propre improvisation etc.

Et puis donc voilà, donc je me suis dit tiens, et en plus j'avais vu aussi ton jus pour les gilets jaunes et j'avais adoré parce que je me souviens cette phrase où tu disais mais tu parlais aux gilets jaunes, tu les soutenais bien évidemment, mais en même temps tu avais ton propre recul et ta critique qui était mais arrêtez de descendre dans la rue pour revendiquer plus de pouvoir d'archat, tu te souviens de ça ?

Et moi ça m'avait plu parce que je pense qu'on vit un danger majeur aujourd'hui, ce schisme entre justement la théorie des bisounours et la théorie du complot, ce schisme qui est en train de scinder en deux la culture générale, Allez hop, Darwin par exemple, pour les théoriciens du complot, c'est de la merde, allez hop, on jette le bébé avec l'eau du bain, les autres qui… hop, Béchamp par exemple, pour Antoine Béchamp, contemporain de Pasteur,

allez, c'est de la merde, et hop, on jette tout, et tu regardes la page Wikipédia sur Béchamp, sur Antoine Béchamp, ils ne sont même pas capables de mentionner la polémique entre Berthelot et Pasteur. Thierry Roland.

C'est un scandale, la page de Béchamp, alors que c'est certainement, je veux dire, une bonne compréhension de ce qu'apportait Bechamp nous permettrait de sortir définitivement de cette folie, de ce paradigme faux dans lequel on a été amené avec le Covid.

Thierry C.: Oui. Thierry M.: C'est-à-dire, si tout le monde avait connaissance des travaux de Bechamp, de l'évidence et d'ailleurs du fait qu'ils ont été validés multiples fois dans l'histoire. Thierry C.: Par Ralph notamment, Ralph qui est un américain complètement fou qui dans les années 1920 avait développé un microscope, Donc, aujourd'hui encore, on n'est pas capable de rivaliser avec la précision de son microscope.

Thierry Leccerci Ralf n'est pas du tout aimé par les scientistes, alors ça je te le dis tout de suite. Alors là, il a été repris par plusieurs quand même, il a été repris par plusieurs, et puis, malgré tout, ce qu'on appelle le pléomorphisme microbiologique, donc qui est quand même la base du travail de Béchamp.

Thierry Leccerci C'est-à-dire que les organismes vivants peuvent changer de nature en fonction de l'état du terrain. A.C.C'est ça. cellules, bactéries, virus, tout ça c'est une même continuité, il n'y a pas de rupture fondamentale entre ces éléments. A.

D'où en fait, pour le dire plus simplement d'un point de vue méthodologique, la catégorie que nous avons, c'est-à-dire bactéries, virus, champignons, etc. sont des choses qui correspondent à une échelle d'observation bien précise.

Et comme on sait depuis quand, toutes ces catégories n'existent pas, ce sont des représentations du cerveau humain, produites par la pensée humaine, mais elles n'existent pas en tant que telles. Elles correspondent à une échelle d'observation.

Mais maintenant, ce qu'on aimerait, c'est avoir la nouvelle catégorisation par rapport à une échelle d'observation plus resserrée. Et là, je pense qu'on arriverait à découvrir des choses absolument fascinantes.

Moi, je suis absolument fasciné par la théorie de la communication des formes et donc par le pléomorphisme microbiologique, je trouve ça fascinant. Et je pense qu'on n'en serait pas là si on avait cette connaissance-là.

Thierry Leccet. D'ailleurs, j'ai un ami qui travaille activement actuellement sur l'héritage de Béchamp, en me disant, plutôt que de batailler sur tel point, tel point, tel point du Covid, allons à la base, démontons le paradigme pasteurien une bonne fois pour toutes, et à ce moment-là, tout ça n'aura plus jamais lieu.

Alors, pasteurien, parce que sinon on va vraiment nous prendre pour des pros, des anti-vaccins, etc. etc. Et moi je pense que c'est important de dire, moi je ne suis pas pro-médicament, tu vois. Donc par exemple, moi, la querelle en ce moment entre les fanatiques des vaccins et les fanatiques des médicaments, mais pour moi c'est une prise d'otage. La science est prise en otage par des fanatiques religieux de la science, ce ne sont pas des scientifiques.

Thierry. Non, au contraire, ils ont perdu toute forme d'esprit critique. Mais bien sûr, donc heureusement là, hier, des pontes de Harvard, de l'Imperial College à Londres, de la salle pétrière ont fait une lettre ouverte donc au journal The Lancet, et encore je ne dis pas ça pour soutenir les pro médicaments, les pro hydroxychloroquine etc., vraiment je n'en ai rien à foutre, je suis plus pour l'utilisation des plantes qu'autre chose en fait,

mais je veux dire que ça a été vraiment un kidnapping quoi, On a kidnappé le départ scientifique, et ça s'est limité à ça quoi. Thierry Marceau. Mais ça c'est toujours pareil, on en revient à un défaut de connaissance, et donc une espèce d'emprise médiatique qui fait que le débat est ramené à sa plus médiocre expression.

A. Défaut de connaissance, et je dirais même idéologisme, c'est-à-dire que c'est l'idéologie qui prime, je te dis c'est comme une foi, tu vois, c'est comme, tu ne peux pas remettre en cause ta religion, Tu ne peux pas remettre en cause non plus ta science, par exemple des vaccins, si tu es pro-vaccin.

Tu ne peux pas remettre en cause la science des médicaments si tu es pro-médicament. Thierry Leccet. Parce que c'est ton identité. Romain Colombe. C'est ton identité, c'est ta foi. Thierry Leccet. Bon Romain, il y a des rencontres sur les parkings, j'en reviens à aimer beaucoup le clou qui t'a percé le pouls.

Romain Colombe. Oui, je l'ai gardé. Thierry Leccet. Ah, tu l'as gardé ? Romain Colombe. Je l'ai gardé, je pourrais te l'offrir si jamais tu veux te faire un collier.

Thierry, on n'est pas éloigné l'un de l'autre, tu m'as laissé entendre que chez toi tu faisais pousser un jardin ayurvédique assez hallucinant, donc je pense que dans l'été on viendra faire une petite visite et on continuera cette conversation.

Thierry. Oui, et on pourra parler à ce moment-là des Ehpad. Thierry. Ah oui, si tu le veux. Thierry. Je veux bien, je veux bien, t'englises quelques mots quand même ?

Thierry. Oui, si tu veux. Thierry. Oui, vas-y, parce qu'on a encore du temps. Thierry. Il se trouve qu'il y a un Ehpad en fait dans le village dans lequel je vis, qui est Saint-Laurent-de-Cerdan, Et je me suis, en tant que chercheur en sciences humaines et sociales, je me dis que si on n'est pas capable un minimum d'aller au front, quand tu vois tous les médecins, les infirmières, les caissières, etc. Tu te dis, mais où sont les chercheurs en sciences

humaines et sociales ? Ce n'est pas leur job quelque part ? Donc, je me suis dit, allez, je vais aller voir cette EHPAD. J'avais entendu des bruits un peu spéciaux par rapport à ce qui se passait.

J'ai été accueilli par la directrice qui est adorable, adorable, une femme exemplaire, et qui m'a expliqué ce qui se passait, qui m'a expliqué qu'en ce moment dans les EHPAD en France, les vieux, les personnes âgées sont bloqués jusqu'à la fin de l'année.

Thierry Marcet sans leur famille, confinés dans leur chambre. Olivier Roland Confinés dans leur chambre. Thierry Marcet Hallucinant, ils n'ont même pas conscience, c'est une maltraitance inouïe.

Il n'y a que par l'humanisme de certains directeurs d'EHPAD qui contournent un petit peu ces réglementations et qui les font un peu sortir, mais je veux dire, ils sont en prison ces gens, ils sont abandonnés, complètement abandonnés. Et psychologiquement, elle m'expliquait qu'en fait ils n'ont pas arrêté d'être frustrés à cause du personnel, et ce n'est pas du tout de la faute du personnel, le personnel a fait ce qu'il a pu, mais par rapport au changement de recommandation et donc,

du coup, à toutes ces barrières dans la distanciation sociale qui ont un impact énorme sur des populations âgées et notamment sur les personnes qui ont Alzheimer. Elle m'expliquait notamment que les personnes qui ont Alzheimer focalisent sur la bouche et sur le visage, les expressions de la bouche et du visage pour retenir la relation sociale.

Comment veux-tu que ces personnes puissent arriver à entretenir une relation sociale avec autrui quand les gens qui viennent les voir ont des masques qui cachent justement ce dernier point d'accroche, si tu veux, pour ces personnes qui ont Alzheimer ?

Donc, on est en plein, je ne veux pas dire que ce génocide est organisé, parce qu'il se trouve que c'est un génocide, on est en train de détruire, de tuer ces vieux dans les épaves. Thierry Samitier – C'est de les torturer, c'est une forme de torture.

Oui, et de torture. Peu importe le nombre de morts, il faut arrêter avec ces histoires de calcul de nombre de morts, etc. Il suffit qu'il y en ait une, une personne qui souffre cet enfer pour que tout le monde normalement soit contaminé par cette misère.

Thierry Lecce Non, mais c'est bien, tu m'as interpellé moi-même, je n'en avais pas du tout conscience. Je crois qu'il va être temps d'aller faire une petite enquête dans les EHPAD.

Olivier Roland Oui, il le faut. Moi, je m'adresse à tous les chercheurs en sciences humaines et sociales, et je leur dis il y a des EHPAD à côté de chez vous, allez-y, filmez, demandez au personnel, ils sont d'accord pour répondre à vos questions.

Donc voilà, moi la semaine prochaine je commence à faire un film, et j'ai décidé de le focaliser sur le rapport à la nature, puisqu'on est à Saint-Laurent-de-Serdan, tu connais ce village, il est magnifique, l'environnement est absolument grandiose, et voilà ces gens qui sont dans un Ehpad, qui sont confinés dans leur chambre et qui n'ont pas le droit de pouvoir jouir à cette muse de santé qui est l'environnement qui les entoure.

Thierry Lecce OK, on va aller creuser ça, parce que ça fait partie aussi des abandonnées du Covid et c'est absolument scandaleux. Romain Roland Voilà. Thierry Lecce Merci beaucoup Romain.

Romain Roland Merci à toi. Thierry Lecce On continue. Romain Roland Oui, et on se voit bientôt. Thierry Lecce Merci.

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