Ostéopathie de terrain, agir le moins possible pour laisser place à l'homéostasie
Dans cet entretien, Thierry reçoit Pierre Boujean, ostéopathe, pour parler de la philosophie qui fonde l’ostéopathie : l’idée que l’être humain fait partie de la nature et que son corps est, par nature, capable de s’autoréguler. Pierre revient sur ce principe fondateur posé par les pères de l’ostéopathie, selon lequel la dégénérescence commence précisément là où l’homme se coupe de son environnement naturel.
Le cœur de sa pratique repose sur une distinction essentielle entre adaptation et compensation. Quand un tissu s’adapte à une contrainte, l’homéostasie peut encore faire son travail seule. Quand le corps bascule en compensation, il n’a plus la capacité de revenir à l’équilibre par lui-même, et c’est là qu’une intervention minimale devient utile, sans jamais se substituer au travail du corps.
Pierre insiste sur l’importance du diagnostic précis avant toute technique : identifier non seulement quelle zone ne bouge plus, mais comment elle ne bouge pas et quels tissus sont impliqués. Le choix de la technique découle de ce diagnostic, et non l’inverse. Appliquer la même technique à tous les patients est, selon lui, une dérive qui produit des effets néfastes.
L’entretien se conclut sur l’ostéopathie pédiatrique, que Pierre présente comme une logique de prévention plutôt que de traitement, et sur la conviction partagée avec Thierry que la connaissance du fonctionnement du corps est ce qui permet, à terme, de ne plus dépendre de l’extérieur pour décider de sa santé.
📑 Au programme de la vidéo
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0:00Présentation de Pierre Boujean, ostéopatheThierry introduit Pierre et explique pourquoi il a voulu cet échange après avoir constaté une vision commune du corps humain.
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1:00L’homme dans la nature, une philosophie fondatricePierre retrace la philosophie qui précède toutes les techniques ostéopathiques, centrée sur l’appartenance de l’homme à son environnement naturel.
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2:00L’homéostasie, capacité naturelle d’autorégulationPierre définit l’homéostasie comme la capacité innée du vivant à revenir à l’équilibre, à condition que les contraintes extérieures ne l’en empêchent pas.
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6:00Agir le moins possible, retirer le grain de sablePierre décrit le rôle du thérapeute comme celui qui localise l’obstacle et l’écarte avec le minimum d’intervention, pour laisser l’homéostasie reprendre la main.
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10:00Ce que la science ne sait pas encore sur le corpsPierre rappelle que le décodage de l’ADN a surtout montré l’étendue de notre ignorance, et que les tissus en savent bien plus que les thérapeutes.
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12:00Choisir la bonne technique selon le diagnosticPierre explique comment la qualité et la quantité de mobilité d’une dysfonction déterminent le choix de la technique, et pourquoi l’appliquer de façon systématique est une erreur.
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14:00Adaptation contre compensation, une distinction cléPierre distingue deux états du tissu : l’adaptation, où l’homéostasie suffit, et la compensation, où le corps ne peut plus revenir seul à la physiologie.
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18:00Ostéopathie pédiatrique, une logique de préventionPierre présente le suivi ostéopathique de l’enfant comme un contrôle technique préventif, bien avant que les déséquilibres ne s’installent durablement.
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Transcription de la vidéo
Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.
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Bonjour Pierre. Bonjour Thierry. Je te remercie de me consacrer un petit peu de temps, en fait c'était un désir que j'avais chez moi de parler avec toi parce que tu es ostéopathe. Oui tout à fait.
Et lors de ce stage on a pas mal échangé et j'ai vu qu'il y avait vraiment une communauté de pensée, de regard sur le corps humain. Alors j'avais envie de dire, monsieur l'ostéopathe, quel est ton regard d'ostéopathe sur le fonctionnement du corps, sur cette fameuse homéostasie ?
Alors, moi j'ai été amené, j'ai longtemps été fasciné par le corps humain parce que ça m'a toujours beaucoup interrogé et j'ai très vite compris que le fait de savoir comment on fonctionnait et comment on était constitué permettait vraiment de devenir finalement indépendant.
Et donc de savoir... Oui, la connaissance. Voilà, la connaissance, vraiment la connaissance, donc d'éviter d'avoir à demander à quelques d'autres finalement ce qu'on doit penser de nous ou ce qu'on doit faire, voilà, donc ça commençait par ça.
Donc j'ai toujours été très curieux par rapport à ça et lors de mes études d'ostéopathie, j'ai été fasciné parce que j'ai appris que l'ostéopathie avait été façonnée sur une philosophie et cette philosophie qui a précédé donc finalement toutes les théories et les techniques qui sont issues de l'ostéopathie ont parfaitement à mon sens défini ce que finalement l'homme représente dans la nature.
C'est-à-dire que la première erreur à mon sens c'est qu'on extrait l'homme de la nature. Thierry Lecce Et de son environnement. Romain Collet Exactement, c'est-à-dire qu'on a l'impression qu'il y a la nature et qu'il y a nous à côté.
Donc c'est ce que je dis, c'est-à-dire que moi par rapport à l'alimentation par exemple, pour moi l'alimentation c'est quelque chose d'extrêmement simple, c'est-à-dire qu'aujourd'hui on a l'impression que le monde dans lequel on vit c'est le monde normal alors qu'absolument rien n'est normal.
Il n'y a plus rien de naturel. Absolument rien n'est naturel. Donc quand on sait qu'effectivement la nature a précédé l'homme, ça veut dire que tout était parfait pour que l'on apparaisse.
Donc, à ce moment-là, on est capable de retrouver ce dont on a besoin dans cette nature. Et à partir du moment où on reste un osmose avec cette nature, tout se passe bien.
À partir du moment où on essaie de jouer à la nature, – De l'améliorer, de faire mieux. – Voilà, d'essayer de faire mieux, on fait forcément moins bien.
Et à partir de là, le corps, même l'être humain, n'est plus dans son environnement adéquat. Et à partir de ce moment-là, la dégénérescence commence. Ça peut être à des niveaux plus ou moins différents en fonction de l'endroit où on se trouve et en fonction de la quantité de polluants que l'on peut retrouver, mais ça commence là.
Donc, la première règle, l'une des règles les plus importantes en ostéopathie, c'est cette fameuse homéostasie dont tu parles, c'est-à-dire qu'on part du principe que par nature nous sommes faits les êtres vivants pour nous auto-réguler en absence de toutes contraintes et de tout empêchement.
Thierry Lecce C'est une perturbation, c'est notre nature d'être auto-régénérant. Thierry Lecce Exactement, mais pour quelles raisons ? Tout simplement parce que nous faisons partie de l'environnement, et c'est cette spécificité...
Thierry Lecce On n'est pas extrait. Thierry Lecce Voilà, parce que si nous étions extraits, nous n'aurions pas d'homéostasie, et c'est ça qu'il faut comprendre. Thierry Lecce Notre homéostasie s'exprime dans un environnement.
Exactement, c'est-à-dire que nous on a l'impression que l'homéostasie c'est nous, c'est l'être humain, mais en fait pas du tout. L'homéostasie n'existe que parce que nous sommes dans un environnement, et c'est là que le principe, donc l'un des principes importants en ostéopathie qui est le principe holistique, donc le principe qu'on a une globalité des choses, mais la globalité c'est quoi ?
Est-ce que c'est le fait de regarder tout le corps ? C'est-à-dire qu'on ne peut pas dissocier par exemple la tête, des viscères ou des jambes. Où est-ce que c'est le corps et son environnement ? Mais l'environnement il s'arrête où ?
C'est l'environnement familial, c'est l'environnement le pays, c'est le monde, la nature, l'univers. Thierry Samitier-Lecce C'est vrai que quand on fait du holistique souvent on se dit je fais du holistique, je n'ai pas séparé la tête du corps et des jambes. Thierry Samitier-Lecce Exactement.
Thierry Samitier-Lecce Mais là c'est un holistique réduit à la taille du corps. pour moi on ne fait que déplacer le problème, c'est-à-dire que le véritable principe holistique c'est l'univers. Moi j'aime dire à mes patients, certains parfois, que lorsque je les traite, je traite les étoiles.
Et c'est exactement ça, c'est-à-dire que lorsque je travaille, lorsque je suis sur un patient, je ne commence pas, c'est-à-dire qu'une fois que j'ai fait le diagnostic, je n'ai induit aucun travail tant que je n'ai pas pris conscience, tant que je n'ai pas fait le dézoommage, c'est-à-dire que je fais le diagnostic, je vois ce qu'il se passe, et une fois que c'est bon, une fois que je vais commencer le travail, je fais un dézoommage au plus loin, jusqu'à voir la planète en tout petit.
Et une fois que j'ai pris conscience de ça, là je travaille. Et là, il va se passer des choses dans le traitement que je ne maîtrise absolument pas. Et l'idée ce n'est pas que moi, thérapeute, je soigne, parce que ce n'est pas moi qui soigne, c'est le corps qui se soigne, mais parce qu'on le reconnecte, on le fait travailler dans son environnement.
Thierry Lecce Alors, quelle est ton action ? Tu me dis, voilà, tu as bien insisté là-dessus, tu me dis finalement ce n'est pas moi qui fais, c'est le corps qui fait et moi je le mobilise à la limite.
Alexandre Pouchelet Exactement, c'est-à-dire que moi, Parfois, de par les connaissances qu'on a en anatomie, en physiologie, en embryologie, on a une compréhension à notre niveau de l'organisme de comment il doit fonctionner. Mais parfois, de par les contraintes du quotidien et avec tous les stress que l'on subit, certains tissus sont plus à même de se réparer eux-mêmes que d'autres.
On voit d'ailleurs, les gens parfois sont dans des états de stress tels que le corps n'arrive pas à se remettre dans sa position. Donc, tout ce qu'on fait, c'est qu'on essaie de voir l'endroit où le corps n'arrive plus à gérer et on l'aide, on lui donne juste un coup de pouce, donc de plusieurs techniques qu'on nous apprend en ostéopathie, donc on choisit la bonne technique pour créer une stimulation sur cette zone-là, pour l'amener à revenir, si vous voulez,
à sa configuration. Et à partir de là, elle fait son travail. C'est-à-dire que c'est un petit peu, on cherche le grain de sel dans l'horlogerie. C'est-à-dire que nous, on ne va pas changer une pièce ou on ne va pas se suppléer au travail de l'horloger.
Thierry Coultre L'obstruction, l'approchement à l'horloger. Thierry Coultre Exactement, où est le grain de sel, où est le grain de sable dans la personne actuellement ? Et nous, on va très délicatement et de façon extrêmement humble et le plus courtement possible retirer ce grain de sel et on va se retirer tout doucement sans faire de bruit.
Et on va laisser l'homéostasie et la nature ainsi que l'environnement œuvrer. Thierry Coultre Oui, c'est ça que j'apprécie beaucoup dans l'approche que tu décrivais, c'est-à-dire faire le moins possible.
Thierry. Le moins possible, le moins possible. Parce que comme disait l'un des grands ostéopathes qui s'appelait William Gardner Sutterland, c'est qu'aujourd'hui l'un des grands problèmes c'est que les gens sont surtraités parce qu'ils sont justement sous-diagnostiqués. Et l'intérêt d'un diagnostic poussé, c'est justement de synthétiser la problématique.
Thierry. Il y a vraiment juste aucune sable, pas plus. Voilà, parce que l'un des autres problèmes c'est que vous avez d'autres gens, d'autres personnes, d'autres thérapeutes pour ne pas me citer, qui vont par exemple ne pas trop travailler sur le diagnostic, ils vont regarder un petit peu mais ils ne vont pas avoir une compréhension globale, et donc ils vont être obligés de taper un peu partout en se disant bon voilà, j'ai tapé un peu partout donc dans le tas il doit y avoir un truc qui a dû faire du
bien et donc ça devrait aller. Sauf que là, vous intervenez dans le travail homéostasique. Thierry Marcet On revient de la grande alchimie du corps et on vient mettre notre propre regard et notre propre crédit d'esprit de la gloire.
Thierry Marcet Exactement, c'est-à-dire qu'il faut accepter et prendre conscience que nous ne sommes pas des architectes, et que nous ne pouvons pas nous substituer à la nature, et qu'à chaque fois que notre intervention sera nécessaire, je n'aime pas dire ça nécessaire parce que je ne nous considère pas comme nécessaire, mais qu'elle pourra apporter un plus, il faudra qu'elle soit la moindre possible pour ne pas déstabiliser, parce que plus on intervient, c'est-à-dire que c'est un équilibre,
c'est-à-dire que plus nous on intervient, plus l'homéostasie est bafouée. Moins on intervient, plus l'homéostasie a de la place. Thierry Campion L'intervention est presque déjà un échec en tant que telle, donc il faut la réserver à la moindre mesure de manière à perturber le moins possible l'homéostasie. Sauf que parfois elle est nécessaire parce que le déséquilibre, puisque l'homéostasie c'est la capacité à revenir à l'équilibre, le déséquilibre est tel que le corps peut par exemple par manque d'énergie
nerveuse ou quoi que ce soit avoir du mal à redévarrer, donc c'est la petite chiconnade mais pas plus. Thierry Lecce Exactement, et aujourd'hui comme il y a une forme de dégénérescence assez avancée de par toutes les pollutions qui existent, le corps a de plus en plus de mal, c'est-à-dire qu'il fonctionne en permanence en sur-régime, donc il développe de plus en plus de grains de sable.
Et donc paradoxalement, plus il y a de grains de sable, moins il faut intervenir, Parce qu'on épuise encore plus le système nerveux, et donc l'adaptabilité. Alors que les gens auraient tendance à dire que plus il y a de grains de sable, plus les gens sont fatigués, plus il faut intervenir.
Mais non, c'est comme plus les gens ont besoin et sont fatigués, plus il faut y aller par touche quand on prend des jus, quand on prend... — Exactement, on en a beaucoup parlé dans le cours, c'est vraiment plus une personne est épuisée, plus elle est intoxiquée, et plus souvent il faut y aller progressivement et doucement.
— C'est le même principe. — C'est beau de voir ces parallèles. Et donc en pratique, tu me disais que finalement c'est les tissus qui savent. Oui, absolument. Cette notion me plaît beaucoup.
Mais on revient exactement à la même chose, c'est-à-dire que la nature nous a précédés, donc c'est elle qui nous a fait. Donc, on a été conçu d'une certaine façon, et nous de par des théories ou des formes de compréhension, on essaie de comprendre comment on fonctionne.
Mais c'est quelque chose qui n'est pas absolu, c'est-à-dire qu'aujourd'hui on en est au début de la compréhension du corps humain. Et ça aussi c'est une énorme illusion parce que beaucoup de gens aujourd'hui pensent que quasiment tout a été fait.
Comme quand on a décodé l'ADN, c'est bon c'était réglé, on sait tout, c'est bon, la ligne d'arrivée. Mais au contraire, le fait de décoder l'ADN nous a montré à quel point on ne savait rien et qu'on ne peut rien faire avec ça.
On ne peut rien faire. Donc, il faut absolument comprendre que le corps et la nature, la nature savent. Les tissus, c'est-à-dire l'homéostasie qui nous régénère, elle est la seule à savoir.
C'est-à-dire que c'est la pharmacie ambulante qui connaît exactement comment fonctionne le corps. Thierry Samitier-Lecce Qu'elle connaît toutes nos carences, tous nos excès, tous nos déséquilibres.
Oui. Nous, on ne sait pas, c'est-à-dire que nous, on est en train d'apprendre. C'est-à-dire que peut-être que dans un million d'années on aura un peu avancé, mais lui, il sait, le tissu sait.
Donc, c'est comme si un élève voulait apprendre à son maître. Il faut laisser pour l'instant le maître, parce que le maître a énormément d'avance sur nous, et le maître c'est le tissu.
Donc, laissons le vrai et donnons lui ce dont il a besoin s'il nous demande, mais de façon extrêmement modeste et au minimum. Alors ça se traduit comment dans ta pratique ? C'est-à-dire que tu mobilises quand même ?
Oui, absolument, on mobilise, c'est-à-dire que nous en ostéopathie, donc même si la partie diagnostique est la plus importante, on nous apprend, on a tout un outillage de technique, d'accord ? C'est-à-dire que pour une dysfonction, on a, on va dire, une quinzaine de techniques différentes qu'on va utiliser en fonction du type de technique.
C'est-à-dire que s'il y a une telle ou telle dysfonction, on va définir la qualité et la quantité de mouvements, parce qu'on avait dit que la mobilité c'était ce qui nous importait, et on va utiliser l'outil le plus adapté pour interférer le moins possible.
Il va y avoir des techniques qui vont énormément activer par exemple le système nerveux, alors que d'autres vont agir de façon beaucoup plus douce au niveau des facias. Et donc, en fonction de la qualité de la dysfonction, je vais utiliser le bon outil.
Et l'une des dérives que l'on connaît actuellement malheureusement en ostéopathie, c'est que certaines personnes pensent que l'ostéopathie ce sont des techniques. Et donc, elles apprennent une technique et elles l'appliquent. Et donc, elles vont utiliser la même technique pour tous les patients qu'elles vont voir.
Et là, c'est une catastrophe. Et donc toi le choix de la technique va dépendre de la qualité et de la quantité de mobilité sur la dysfonction. Et c'est pour ça que le diagnostic est aussi important et qu'il ne suffit pas de voir si T3 ou T4 ne bougent pas, il faut voir comment elles ne bougent pas et par rapport à quel tissu elles ne bougent pas. Et en fonction des réponses que vont donner les autres tissus associés à cette dysfonction, là je vais choisir parmi mon panel.
— Et donc à ce moment-là, tu exerces une pression... — Et à ce moment-là, donc, par rapport aux caractéristiques de la technique, c'est-à-dire que chaque technique a sa spécificité, donc pression, compression, tension, vitesse, il y a plusieurs possibilités, mais je vais adapter la technique qui me semble être la plus adaptée.
Et la technique la plus adaptée, ce sera finalement la technique qui va interagir le moins possible, C'est-à-dire qu'il va être la plus douce et qu'il va passer la plus facilement. — Alors, comment tu places, toi, le rôle de l'homéostasie par rapport, par exemple, au rôle de l'alimentation ?
Comment tu l'intègres là-dedans ? — C'est très simple, c'est-à-dire que l'alimentation, pour moi, elle est à l'inverse de ce qu'on vous présente aujourd'hui, c'est-à-dire qu'elle est très simple.
On l'a rendue compliquée pour légitimer la présence de professionnels par rapport à ça, mais elle est très simple. Donc, je reprends ce que je dis au départ, c'est-à-dire que la nature nous a précédés, donc il y a forcément dans la nature ce dont nous avons besoin pour vivre.
Donc il suffit de consommer ce qu'il y a dans la nature pour aller bien. À partir du moment où ça sera autre chose, donc à partir du moment où on transforme, eh bien on va commencer à dégénérer. C'est vraiment un principe de la nature ça, et c'est très simple pourtant à comprendre.
Si tu me dis qu'à partir du moment où on commence à consommer des aliments de la nature, on va aller bien, qu'apporte de plus l'ostéopathie par exemple ? Thierry Samitier-Lecce L'ostéopathie est axée à la santé, c'est-à-dire qu'elle ne s'intéresse en aucun cas comme l'allopathie à la maladie ni même aux symptômes.
Elle va essayer de, par exemple, ce qu'il faut comprendre c'est qu'un organisme, au quotidien, s'adapte à son environnement. C'est-à-dire que, nous on parle d'adaptation et de compensation.
L'adaptation, c'est lorsque un tissu va se mettre en dysfonction pour répondre à une contrainte, mais qu'elle va avoir la capacité de revenir à la physiologie. Lorsque la personne va rester trop longtemps dans une phase d'adaptation, elles passent en compensation.
Et du coup, quand elle est en compensation, ça veut dire que le corps n'a plus la capacité de revenir. Voilà. Et donc, nous, notre rôle, c'est de ne pas traiter, surtout pas les adaptations, et c'est l'une des erreurs qui est faite aujourd'hui, mais uniquement les compensations.
Et aujourd'hui, il y a beaucoup encore de thérapeutes qui, en faisant le diagnostic trop bref, vont aller taper, vont aller corriger des adaptations. Et là, on interfère avec l'homéostasie. Thierry Lecce Oui, c'est un peu comme si on avait un élastique qui nous permettait de nous éloigner de l'homéostasie.
Tant que l'élastique n'est pas cassé, il n'y a rien à faire, on lâche l'élastique. On revient là. Et par contre, il y a un moment où l'élastique se détend, et alors là, il faut lui donner un petit peu de tension pour qu'il puisse revenir de lui-même.
Compensation et adaptation, c'est deux notions tout à fait différentes et qui font toute la différence sur les interventions. Thierry Lecce Donc, tu n'interviens que quand il y a compensation.
uniquement compensation. Adaptation, c'est l'homéostasie qui s'en occupe, on laisse. Thierry Coulon-Rechercheur C'est exactement, c'est marrant. Thierry Coulon-Rechercheur C'est pour ça que le symptôme n'est pas important.
Thierry Coulon-Rechercheur Et puis ça correspond bien au regard que j'ai quand je parlais des différents états nerveux de l'organisme, je disais voilà, il y a un moment où la barrière de l'homéostasie est dépassée, c'est-à-dire que là, de lui-même le système ne va pas pouvoir remonter, il va falloir lui apporter le minimum d'aide juste pour le remonter à niveau, pour qu'il redémarre de l'inertie ?
Juste ce qu'il faut, pas au-delà, parce qu'au-delà on interfère avec l'homéostasie et donc on devient du coup perturbateur. J'imagine donc que l'ostéopathie que tu pratiques ça n'a rien à voir avec le catch qu'on voit parfois ?
Ah ben non, justement on se bat contre ça, c'est un gros problème. C'est la mobilisation très subtile ? Oui, totalement, c'est le plus subtil possible, c'est-à-dire que si on veut travailler avec les tissus profonds, et surtout il faut savoir que les tissus, on est dans du vivant, donc si on veut pouvoir intervenir, il faut avoir l'autorisation des tissus.
Et si on veut avoir l'autorisation des tissus, il faut être très doux. Si vous êtes agressif avec les tissus, vous allez avoir une constriction réflexe et vous ne pourrez rien faire sauf si vous faites du catch et que vous tapez fort, mais là vous êtes dans du spectaculaire.
on passe en force, et là par contre on est complètement à côté. Là l'homéostasie est complètement bafouée, totalement laissée de côté. Thierry Leclerc Mais est-ce que cette ostéopathie un peu catcheuse, elle n'est là que parce qu'elle ignore l'homéostasie ? Si tu ne connais pas la présence de l'homéostasie, tu penses que c'est à toi de faire pour le corps ?
Thierry Leclerc C'est-à-dire que cette ostéopathie catcheuse, elle a un intérêt, mais dans certains cas uniquement. Et aujourd'hui, par rapport aux thérapeutes qui ont fait de cette technique l'ostéopathie, c'est-à-dire que les gens qui ont cru que l'ostéopathie c'était des techniques, ont fait de cette technique en fait quelque chose de systématique.
Et c'est là où ça ne marche pas. C'est-à-dire que moi je ne dis pas que, par exemple, les techniques de trust, de haute vélocité et de basse amplitude, ce sont des techniques qui sont extrêmement efficaces, mais dans certaines conditions, pas de façon systématique.
Et lorsqu'on les utilise systématiquement, ça crée des effets qui sont complètement néfastes pour le patient. Pierre, toi tu t'es spécialisé en ostéopathie pédiatrique. Oui. Quelle est la spécificité de l'ostéopathie pédiatrique et comment tu le vois pour les enfants ?
C'est une extension de l'ostéopathie elle-même, parce que l'ostéopathie, comme elle s'intéresse à la santé, on s'intéresse à la prévention. C'est-à-dire que c'est un petit peu comme le contrôle technique...
Chez les enfants, c'est encore plus à l'heure. Voilà, c'est-à-dire que c'est comme le contrôle technique de la voiture, on n'attend pas d'être en panne pour aller consulter, parce qu'on sait très bien qu'une voiture quand elle a fait tant de kilomètres elle a consommé et donc elle a potentiellement des choses à changer, donc avant qu'elle tombe en panne on fait le point. Et donc avec qui est-ce qu'on peut faire le mieux de la prévention ?
Les enfants. Voilà, donc pour moi ce n'est qu'une extension de mon raisonnement et de ma compréhension de la philosophie de l'ostéopathie. Donc c'est relativement pratiqué avec les enfants ou c'est quelque chose encore maintenant ? Ah non, c'est quelque chose qui se fait beaucoup parce qu'il y a beaucoup de réponses apportées dans le cadre de l'ostéopathie qui ne sont pas apportées ailleurs, mais pour moi c'est devenu une véritable fer de lance, c'est vraiment devenu mon chemin de
bataille et mon combat. Thierry Roland-Garros. Quand on parle de prévention, que ce soit au niveau alimentaire, que ce soit au niveau de l'ostéopathie, c'est vraiment auprès des enfants, parce que leur capital est encore relativement préservé, c'est le moment où il faut épargner le capital.
Thierry Roland-Garros. Et comme on travaille le terrain en ostéopathie, c'est vraiment dans les plus jeunes âges où il faut capitaliser et préparer un terrain le plus adapté possible justement pour que l'homéostasie puisse s'exprimer le plus tôt possible pour qu'après elle soit suffisamment forte pour qu'on soit complètement autonome et qu'on ne dépende pas de l'extérieur.
Thierry Samitier – Je te remercie. Thierry Samitier – Avec grand plaisir. Merci à toi Thierry. Thierry Samitier – Merci beaucoup pour cet échange. Thierry Samitier – Merci à toi.
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