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Vidéos publiques

Notre terrain, notre milieu !

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L'équipe RGNR
17 vues • Publiée le 22/02/2014

Cette vidéo est tournée en extérieur, sur le terrain de Thierry, au fil d’une balade entre les jeunes arbres fruitiers, les légumineuses et les zones de broyat. Vous voyez concrètement ce que donne une forêt fruitière en construction : des arbres plantés tous les 30 à 50 cm, des boutures partout, des grenadiers, kakis, coings, reines-claudes et poiriers taillés court pour concentrer l’énergie vers les racines plutôt que vers les parties aériennes.

Thierry explique la logique de succession écologique : tout sol laissé à lui-même suit un processus naturel, des carottes sauvages aux chardons, puis aux ronces, puis à la forêt. Les ronces ne sont pas un problème à combattre mais un signe que la forêt s’installe. Ce mécanisme régulateur fonctionne sans intervention, et c’est précisément ce principe qui guide la conception du terrain.

Le parallèle avec le corps est posé clairement : la régénération est la condition par défaut, aussi bien pour un sol que pour un organisme. Il suffit de cesser d’entraver le processus pour qu’il s’enclenche. Cette idée traverse toute la vidéo et relie la pratique du sol à la philosophie de RGNR.

La vidéo se termine sur une réflexion plus large : Thierry décrit la culture dominante comme une culture de la dégénérescence, et pose la question de notre rôle, non pas comme exploitants mais comme jardiniers responsables. Il ne s’agit pas de renverser le système en s’y opposant, mais de le rendre obsolète par l’abondance que l’on crée.


📑 Au programme de la vidéo


Transcription de la vidéo

Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.

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Lui, il commence tout juste sa vie, un petit goyavier, connaissez les goyaves ? On parle de régénération tout le temps, petit goyavier qui vient d'être mis en terre, aïe aïe aïe Il y a son pote ici et il y a son copain ici, on a profité d'une grande palissade, bon ça vaut ce que ça vaut, mais vu que ça gèle à moins 2, moins 3, on va être un petit peu en zone limite, il fallait vraiment le protéger.

Regardez, il y en a une qui a bien passé l'hiver. Elle est super active, vu comme il fait beau, très très très active. On parle toujours de régénération et je vous ai dit à quel point moi ce qui m'intéresse, c'est la régénération des sols.

Alors regardez, ce champ là, c'était un désert. Puis là, on a des petits mandariniers, des satsumas, qu'on a mis un peu à l'abri. Ça ne paye pas de mine vu comme ça, parce qu'on a rabattu tous les sions.

Regardez, on dirait qu'il n'y a rien et puis regardez, hop, regardez-moi ce trou bien mulché. On a rabattu le sion au minimum. Ça c'est un poirier. D'ailleurs si on a coupé l'arbre, vous savez quand on reçoit des arbres de pépinières comme ça, et puis on veut les garder grands, en fait c'est une énorme erreur parce qu'ils vont s'épuiser dans toute leur partie aérienne, au contraire, on les coupe très très court juste au-dessus du point de greffe de manière

à ce qu'ils puissent vraiment se développer par la racine. Vous voyez, il y en a partout, il y en a partout, on a mis des légumineuses avec, il y en a Il n'y a pas encore de mulch, mais je vais vous montrer, il y en a partout.

Il y en a partout. Hop, tous les 3-4 mètres, un arbre. Et ça, c'est une forêt fruitière qui arrive. Regardez lui, on ne l'a pas encore retaillé. C'est un magnifique grenadier.

Venez voir un petit peu ce que ça donne quand ça commence à être... Je suis désolé, il va y avoir du vent. Ça va un peu chouinter. Là, il y a la future mare, un joli petit bassin qui arrive.

Là, ce sont des azimilliers, magnifiques azimilliers, on en a un petit peu partout. Puis venez voir quand c'est en place. Voilà, on a les fèves et les petits pois qui arrivent. Et regardez, un champ de mulches avec des arbres un peu partout.

Là, on a un sion. Là aussi, des raines de clode. Et partout, du broyat. Jamais de la terre à nu. Des légumineuses, des légumineuses. Et sous le broyat, il y a énormément de semis.

Allez hop, encore un. Là, qu'est-ce que c'est ça ? C'est profond, surtout qu'on l'a mis du broyat. Qu'est-ce que c'est que ça ? Un kaki sélectionné en plus par mon ami Eric Escoffier, une variété ancienne.

Une couetche. Et là, tenez, regardez, il démarre, qu'est-ce que c'est que ça ? Aromatnaya, c'est un cognacier, c'est-à-dire qu'il fait des coins, mais c'est la seule variété de coins qui soit non astringent.

Pousse petit, pousse, pousse, on compte sur toi. Et puis à côté, regardez, l'aé, ce qui va être l'aé, rempli de sions d'hiver, des fliers du Japon, des tas de petits sions, des tas de petites pousses.

Regardez, c'est tous petits sions qui vont se développer en arbre et qui vont nous faire une haie extrêmement dense, diversifiée. C'est pas tous les mètres cinquante qu'on a mis des arbres, c'est tous les 30 centimètres, tous les 10 centimètres, des boutures, des boutures partout, des boutures plantées partout.

Et c'est ça l'objectif, c'est vraiment ça l'objectif. Regardez, ça, ça ressemble à un cassis, un cassis ténin, ouais ! Bon, les fèves C'est beau une fleur de fève !

C'est beau une fleur de léguminase ! Avec ce feuillage absolument magnifique ! On parle d'abondance, elle est à deux doigts cette abondance, elle nous attend vraiment. C'est un changement de culture qu'il faut effectuer, c'est-à-dire qu'on a tous les moyens techniques, on a tous les moyens en termes de ressources financières, écologiques, pour faire de ce monde un véritable paradis.

C'est juste une question de décision et de décision individuelle parce que ça se joue au niveau individuel. La culture actuelle nous a conduit à ces déserts, à cette culture que mon ami Clément Gros appellerait la culture de la dégénérescence et de la mort.

Regardez, il y a une petite abeille. Je vais essayer de voir s'il y a un truc à butiner par là. Et il ne tient qu'à nous de renverser tout ça. Il ne tient vraiment qu'à nous de renverser tout ça.

Ne pas renverser tout ça en renversant le système actuel. On s'en fout ! Le système actuel disparaît automatiquement sous l'abondance. Comme quand je dis qu'au niveau du corps, la régénération et la condition par défaut du corps et qu'il suffit d'arrêter de l'entraver pour qu'elle émerge, et bien l'abondance, la générosité au niveau du sol et des cultures est la condition première du sol, la condition première des écosystèmes.

Si on laisse un champ à lui-même, il va retourner à l'état de forêt. Au bout d'un certain temps, tout système laissé à lui-même revient spontanément à l'état d'équilibre qui pour un sol est celui de la forêt, de la pleine exubérance forestière, au travers d'une série de processus qu'on appelle des processus régulateurs A l'échelle de nos sols, on va voir apparaître les ronces par exemple, d'abord on va voir apparaître des carottes sauvages, on va voir apparaître des chardons qui ont des racines traçantes,

puis après on va voir apparaître des ronces qui sont des espèces pré-forestières. Alors si on se bat contre les ronces, c'est un peu perdu, par contre si on accepte la ronce en se disant que c'est la forêt qui vient, c'est la forêt qui pointe, on laisse s'établir les ronces, et puis un jour la forêt commence à pousser et les ronces disparaissent.

Est-ce que vous avez déjà vu des ronciers denses dans les forêts ? Ben non. Oh là, regardez ! Il y a une petite écopine qui se balade. Vous l'avez vu ? Oh, il y a une toute petite écoccinelle.

Oh là là, ces fleurs-là ! Qu'est-ce qu'elles sont belles ! Changement de culture. Il y a un véritable challenge là. Il y a un énorme, énorme challenge. Et je sais que ça commence dans l'écosystème intestinal, je sais que ça continue dans l'écosystème et dans le biotope qui nous entoure.

Reprendre notre place, reprendre notre responsabilité aussi. Nous avons une responsabilité sur la nature et sur les espèces vivantes, et on l'a complètement oublié, ou en tout cas on s'est comporté comme des tyrans alors que nous devions être des protecteurs, des parents protecteurs.

Je sais que cette vision dérange parfois, mais je pense que nous sommes appelés à être les gérants et les jardiniers de ce monde. Désolé si ça parait un peu anthropocentré, mais je pense que nous sommes appelés à le devenir, et que de toute façon nous le sommes devenu, sauf que là nous sommes devenus des tyrans furieux, ivre de pouvoir, ivre de puissance, ivre d'argent, ivre d'égo.

Il s'agit de se mettre enfin à l'écoute. Ré-gé-nère. Régénère, c'est tout ça. Régénère, c'est d'une puissance inouïe. Et je vous garantis, ça ne fait que commencer.

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