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Les promesses de la permaculture / Eric Escoffier n°​3/7

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L'équipe RGNR
28 vues • Publiée le 09/03/2015

Cette vidéo s’ouvre sur une question directe : la permaculture peut-elle vraiment répondre à l’ensemble des défis vitaux de l’humanité ? Éric Escoffier assume la provocation et rappelle que ce corpus existe depuis les années 1970, avec quarante ans de théorie et d’expérience pratique derrière lui. Le bon diagnostic est le point de départ : si nos systèmes actuels ne fonctionnent plus, c’est parce qu’ils enfreignent des lois naturelles qui, elles, n’ont pas changé.

Une large partie de la discussion porte sur la productivité réelle des écosystèmes comparée à celle de l’agriculture industrielle. Éric démonte l’argument selon lequel les systèmes régénératifs ne pourraient pas nourrir l’humanité : c’est selon lui l’inverse, car l’agriculture conventionnelle masque ses coûts réels en externalisant la facture énergétique sur le pétrole, les métaux et la destruction des sols. Un système qui ne comptabilise pas ce qu’il consomme ne peut pas se prétendre efficace.

Le rôle des végétaux et des forêts est central dans cet échange. Éric rappelle que les végétaux sont les seuls organismes capables de produire de la matière à partir de l’eau, du CO2, de quelques minéraux et de l’énergie solaire, et que les forêts sont les seules structures capables de recharger les nappes phréatiques, de purifier l’eau et de réguler le climat local. Ce sont ces propriétés émergentes, spontanées, qui constituent le modèle que la permaculture cherche à imiter.

La permaculture s’appuie sur trois sources : l’observation des écosystèmes sauvages, l’éthique, et les avancées récentes en sciences naturelles sur le rôle des micro-organismes et la formation des sols. De ces observations, elle tire une vingtaine de principes universels, applicables en tout lieu, à distinguer des techniques qui, elles, dépendent du contexte géographique et humain. Éric insiste sur cette hiérarchie : confondre une technique locale avec un principe universel est une erreur fréquente et coûteuse.


📑 Au programme de la vidéo


Transcription de la vidéo

Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.

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Eric, bonjour. On a fait le tour des challenges des besoins vitaux de l'humain, des challenges qu'il y a à la fois pour y répondre et pour répondre aussi aux règlements globales de tout l'écosystème. Et toi, tu as la prétention d'apporter quelque chose qui pourrait être une réponse qui pourrait être même LA réponse, tu as l'outrecuidance de dire qu'il n'y aurait qu'une réponse et que cette réponse tu l'aurais ou vous seriez quelques-uns à l'avoir.

Oui, alors bon, c'est pas moi, la permaculture existe depuis les années 70 quand même, donc ça fait 40 ans de corpus aujourd'hui de connaissances à la fois théoriques et pratiques d'expérience, etc.

Face à ces problèmes-là, la permaculture est née pour répondre à ça. Je ne vais pas repasser l'histoire, on pourra refaire des vidéos sur certains aspects plus précis. La permaculture prétend être la solution à la fois la plus rapide, la plus efficace et la facile à tous ces problèmes-là.

Ça paraît miraculeux, mais quand quelque chose paraît miraculeux, et ça c'est vrai partout, il n'y a toujours que deux cas, ou c'est encore une mauvaise pilule miracle, donc ça va passer rapidement, ou alors c'est qu'on a mis le doigt, d'abord c'est qu'en amont on a fait le bon diagnostic, si aujourd'hui nos besoins vitaux d'humanité ne sont pas remplies.

Si aujourd'hui on a détruit notre planète au point qu'elle est en train de mourir, faisons le bon diagnostic et comprenons les véritables causes. Ça veut dire sortir du déni, ça veut dire aussi avoir un minimum de connaissances et de capacité de lucidité d'observation pour voir ça.

Et quand on a fait ça, on se rend compte que la cause qui globalise tout ça c'est qu'on a juste enfreint des lois, pas des lois de l'humain, tu me fais plaisir, des lois global de la création, des lois universelles, des lois de la nature, des lois de la vie, des lois universelles.

Parce que quand on enfreint les lois de l'humain, comme dit Bourguignon, au pire on se fait gauler par les flics. Ce n'est pas très grave, ça n'a pas d'impact majeur sur la planète ou sur l'humanité entière.

Quand on enfreint des lois de la vie ou des lois universelles, parce que nous on est là et ce qu'on voit, c'est qu'on voit une terre, on voit une atmosphère, on voit des des étoiles, un système solaire, c'est notre univers à nous, et il a des lois.

Et c'est ici et maintenant sur cette Terre que, jusqu'à preuve du contraire, on existe et que la vie existe. Il y a peut-être de la vie ailleurs, mais là, mon problème, c'est bien la vie sur la Terre.

On enfreint des lois, donc c'est intéressant, la question n'est pas de s'auto-flageller, c'est de reconnaître notre tort, et puis on enfreint des lois, donc on a des lois.

Donc, connaissons ces lois et appliquons-les. On les retourne, on retourne le problème, suivons les lois de la vie. Tu me fais plaisir là, parce que c'est exactement ce que, au niveau de la physiologie du corps humain, c'est exactement la même chose, c'est il y a des lois, faisons le constat, le bon diagnostic, en revenant à la cause vraiment et non pas en se laissant leurrer, et une fois qu'on a compris qu'il y a des

lois et tout, rétablissons-les. Et effectivement, on voit que quand on rétablit ces lois, après ça fonctionne. Alors, il faut connaître les protocoles, les chemins précis pour y arriver, c'est tout le but de la permaculture mais c'est aussi simple que ça finalement c'est aussi simple que ça d'une part le modèle on l'a on l'avait devant les yeux on l'a encore si on veut bien aller le voir il en reste encore en tout cas comprendre le modèle est absolument accessible à la portée de n'importe qui

c'est pas compliqué c'est même très simple et deuxièmement Il faut bien comprendre la vie est une propriété émergente sur la terre Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a 4 ou 5 milliards d'années, quand le système solaire s'est créé et puis ensuite la Terre et la Lune sont créées, etc., il n'y a pas de vie sur la Terre.

Il a fallu la plupart, la plus grande période de l'histoire de la Terre juste pour qu'elle se refroidisse un petit peu et puis que ça se pacifie et puis que la vie apparaisse et elle est apparue dans l'océan primitif, etc. Encore une immense période, la plus grande partie de ce qui reste pour arriver à la vie avec des végétaux supérieurs, des animaux, etc.

Tout ça, c'est un processus spontané. Jusqu'à ce que l'homme aille à tripoter de ses sales pattes, c'était un processus spontané et parfait. On peut postuler comme parfait. Oui, en tout cas, le résultat était parfait.

Dans son fonctionnement, qu'est-ce que ça veut dire parfait ? Il nous apporte en tout cas la meilleure solution, ça c'est sûr, c'est l'optimum. Au passage, la vie a eu cette faculté de fabriquer de l'ordre en respectant, en payant la facture anthropique.

En physique, on sait très bien que le désordre global d'un système ne peut que croître. Alors que la vie fabrique de l'ordre, de l'organisation. On sait en physique que quand un citron fait ça, il a une facture à payer sous forme énergétique.

Donc il y a un coût énergétique. Le coût énergétique est simplement que la Terre reçoit l'énergie du Soleil sous forme de lumière et de chaleur et en consommant cette énergie-là, elle produit de l'organisation qui a amené à organiser la matière sous la forme qu'on connaît, notamment à faire poussé des écosystèmes végétaux, des plantes dont certaines font 130 mètres de haut, les plus grands arbres et forêts de la planète ont poussé spontanément et puis tous les animaux qui du coup peuvent vivre

sur ces végétaux. Les végétaux fabriquent la nourriture, les animaux la dégradent globalement. C'était un processus spontané, émergeant, on n'a pas besoin de réfléchir, ça se Oui, et puis on n'a pas besoin d'être Dieu pour réhabiliter des choses qui sont fabriquées tout simplement et qu'on a détruites.

Il suffirait simplement que l'homme retire son empreinte, son action sur la planète pour que tout ça redémarre. C'est le principe de l'homéostasie d'une certaine manière. C'est tout système laissé à lui-même en l'absence de perturbations.

L'homme est une perturbation pour la plupart des écosystèmes. Tant que jusqu'à l'invention du feu, ou jusqu'à 10 millions d'années, l'Homme se comportait comme les autres animaux et donc était un des maillons avec les multiples interactions qui faisait que tout ça se passait bien et n'a jamais empêché les écosystèmes de croître, la diversité de se fabriquer, la planète de fonctionner.

Quand on détruit trop les écosystèmes, c'est comme nous, si on se fait des trous dans le corps. On a enfin les lois naturelles, c'est la cause de notre problème. Ces lois sont toujours là, on les connaît, elles ne sont pas compliquées à comprendre.

Si on les respecte, les processus spontanés, régénératifs, redémarrent et en général avec une vitesse extrêmement surprenante. Dans certains cas par contre, on pourra peut-être en reparler, localement, tellement abîmés les choses que le système est un petit peu bloqué ou vous remettrez beaucoup de temps à redémarrer.

Donc il faut un petit peu l'aider, un petit peu le secouer mais ça se fait facilement. C'est un léger input et puis après il y a une productivité, un accroissement de tout, de biomasse, de matières organiques, enfin tout ce qu'on veut.

Et ça, ça se fait tout seul. C'est fabuleux parce qu'il y a un parallèle vraiment avec le corps humain. C'est-à-dire que pour la plupart des gens, le fait d'arrêter de perturber va permettre que le corps humain retrouve son propre équilibre. Mais il y en a certains qui ont dépassé un stade limite et qu'il va falloir soutenir un temps juste ce qu'il faut pour que ça redémarre.

Les parallèles sont scomptueux. Mais c'est presque plus facile pour les écosystèmes que pour l'humain. Oui, je pense. Et aussi parce qu'il y a moins d'enjeux, parce que tu vois bien, si t'as un hectare qui meurt et on va concentrer notre action en permacultion, on dit, concentrons notre action là où ça fait la plus grande différence.

C'est grave, un hectare est mort, avec l'énergie que je mettrais à sauver ce truc-là, j'en reforeste 10 000 à côté. On est tellement attaché à notre vie individuelle qu'on va se dire, non, moi mon corps je veux qu'il survive, je vais m'acharner à le faire survivre.

C'est plus facile. On peut se permettre des pertes parce que ce qu'on veut c'est globalement que ça fonctionne. Ces processus sont extrêmement puissants. La permaculture c'est quoi ? On a pris la mesure du problème.

On a maintenant un corpus. Ça a été bâtir un corpus de connaissances théoriques et pratiques pour amener une régénération des écosystèmes mais aussi une capacité à produire nos besoins vitaux, notre nourriture notamment, notre énergie, nos matériaux, d'une manière extrêmement productive, donc plus productive que les systèmes historiques de l'humanité classique, plus productive que l'agriculture, il ne s'agit pas d'être moins productif, c'est d'être plus productif,

et puis régénérer de manière extrêmement rapide et efficace au mieux qu'on puisse imaginer les écosystèmes les plus dégradés. Et tu disais tout à l'heure, il semblerait donc qu'on puisse régénérer beaucoup plus rapidement qu'ils ne se sont dégradés.

Est-ce que c'est le cas ? Oui. Il faut faire attention. N'importe quel abruti peut en une demi-heure, avec une grosse tronçonneuse ou des grosses machines, couper un arbre qui a mis 5 000 ans à pousser ou raser une forêt qui est là depuis des millions d'années.

La capacité de destruction de l'homme est quand même phénoménale. Je ne sais pas si c'est une parenthèse à faire, mais il faudrait bien comprendre. On a signé un pacte avec le diable parce que quand on va chercher des énergies surnaturelles sens propre.

Oui, le pétrole par exemple. Le pétrole, l'électricité, l'énergie nucléaire, des choses qui n'existaient pas. On va mettre le doigt dans quelque chose auquel on ne devait pas avoir accès. Evidemment, avec une tronçonneuse, c'est pas pareil avec une hache.

Oui, on n'aurait pas eu tel pouvoir de destruction. Mais non. Où est-ce que sont les réactions nucléaires ? Elles sont dans le soleil, elles ne sont pas sur terre. On n'avait pas à toucher ça.

Le pétrole est fossiles et des sols à terre. On n'avait pas à toucher ça. La seule énergie qu'a utilisé le système naturel, le système Terre-Soleil, pour faire apparaître toutes ces formes de vie incroyables que sont les grandes forêts, les grands animaux, les mammifères marins, tout ce que tu veux, c'est uniquement l'énergie du soleil et l'énergie chimique stockée dans dans l'océan, dans le sol, sur la terre et dans l'atmosphère.

Donc on avait un substrat d'énergie chimique et puis un apport d'énergie sous forme de rayonnement de lumière et de chaleur qui est amené par le soleil. Et cette interaction... La vie est la réponse de la terre lorsqu'elle reçoit l'énergie qui arrive du soleil. Propriété émergente.

L'énergie du soleil qui arriverait sur quelque chose qui serait complètement mort, ça ne sert à rien. C'était mort, mais par contre il n'y aurait pas, par exemple, l'abondance de carbone, d'hydrogène, d'oxygène qu'il y avait sur notre planète avec son atmosphère, donc d'eau au passage, ça a donné cette réponse, là c'est une propriété émergente.

Cette énergie-là est naturelle et c'est fondamentalement la seule énergie qui soit à la fois soutenable, réaliste, qui ne demande pas un niveau technologique très élevé pour être utilisé. On peut imaginer des énergies nouvelles, mais c'est toujours des énergies technologiquement difficiles à capter et à utiliser. Ce n'est pas à la portée de tout le monde.

C'est encore une fois des technologies captives ou des marchés captifs qui vont permettre dans une classe industrielle et puis bien sûr après banquier, il faut les financer, ces technologies captives, s'enrichir en faisant travailler les pauvres autres dans le système.

Mais si on n'est pas dépendant d'un haut niveau technologique, n'importe qui, comme n'importe quel animal au final, est capable d'assumer sa nourriture, son accès à l'eau, aux matériaux, à l'abri etc.

Donc ça c'est l'énergie solaire. Le problème c'est que l'énergie solaire est extrêmement diffuse. La seule machine énergétique qui n'a jamais existé et qui n'existera jamais sur la planète, qui soit capable soutenablement et avec un niveau technologique faible, parce que soutenablement ça devient un niveau technologique faible sinon ça se mord la queue, on est à nouveau obligé d'investir beaucoup pour créer l'outil technologique.

La seule machine capable d'utiliser, de capter, de concentrer et de transformer cette énergie solaire, ce sont les végétaux et notamment les arbres, parce que parmi les végétaux, ce sont les plus puissants.

C'est pour ça que la permaculture s'appuie autant sur les arbres comme outil de reconstruction du système par excellence. On s'appuie sur les plantes, les plantes ou les végétaux c'est synonyme, le baobab est une plante, les plantes ce n'est pas que le puissant lit, on s'appuie sur les plantes et ceux qui sont les plus efficaces sont les arbres.

Les arbres ont des propriétés, des caractéristiques et des fonctions qu'ils sont les seuls à pouvoir faire, donc c'est très important. — De quel type ? — Par exemple, ils sont les seuls à pouvoir recharger de la préatique. Ils sont les seuls à pouvoir… Quand ils sont assez nombreux, donc quand les forêts sont assez étendues et assez vivantes, quand on ne les a pas trop abîmées, elles maîtrisent absolument le climat de la planète, donc le cycle de l'eau douce,

par exemple. Elles ont un des rôles fondamentaux, c'est de dépolluer l'air et l'eau. Elles rendent un air, avant même que de fabriquer de l'oxygène, et elles rendent des eaux absolument pures. Alors, soit les eaux de ruissellement qui s'échappent des forêts, il y en a quand même, quand la forêt est correcte, sont absolument pures et potables, soit les eaux que la forêt, et c'est la plus grande quantité, C'est les eaux qu'elle infiltre dans le sol et cette eau est parfaitement pure

aussi quand on n'a pas dégradé les forêts. Je pense qu'on reviendra sur les arbres quand même et sur les forêts. On va être amené à y revenir. Donc tout ça c'est la promesse de la permaculture. La permaculture dit qu'on observe les écosystèmes sauvages, on voit qu'ils fonctionnent, on a un modèle sur la nature, on voit que nos systèmes sont non soutenables, non résilients, Non résilient, ça veut dire incapable de tolérer ou de faire face à la moindre perturbation brutale.

Incendie, inondation, coup de vent, coup de froid, coup de chaud, sécheresse, conflits sociaux, famine, etc. C'est ça le système absolument non résistant à ces perturbations rapides-là, ça s'appelle la non résilience.

Les systèmes naturels sont résilients. On a un modèle sous les yeux. Prenons-le réellement comme un modèle pour concevoir nos écosystèmes à nous, humains, pour produire nos besoins et en même temps réhabiliter les écosystèmes naturels.

Le premier modèle que se donne la permaculture, c'est la façon dont fonctionnent les écosystèmes sauvages et notamment les forêts parce que les c'est le modèle général de ce que c'est qu'un écosystème sauvage. C'est un peu dommage pour notre zoocentrisme exacerbé.

Qu'est-ce que c'est que la vie sur Terre ? Ce n'est pas les hommes et ce n'est même pas les tigres ou les baleines. L'essentiel de ce qui est représentatif de ce qu'est la vie sur Terre, si un extraterrestre intelligent débarque sur Terre et va observer la vie, ce qu'il va observer, c'est avant tout des grandes forêts tropicales qui fonctionnent.

Donc voilà, simplement notre biologie est totalement zoocentrée, on a focussé tout sur les animaux parce qu'on est des animaux, on est, comme dit Francis Salé, les végétaux sont d'une altérité pour nous qui est difficile à appréhender, et donc nous on a un petit peu des œillères, on ne voit que ce qui est proche de nous, mais bon, pourtant les végétaux fabriquent toute notre ressource, les animaux ne sont pas capables.

Les animaux n'ont pas un équipement génétique suffisant pour être capables de fabriquer leur nourriture à partir de ce qu'il y a sur la planète, à savoir de l'eau, de l'oxygène, de la lumière et du gaz carbonique.

Les végétaux, leur caractère numéro 1, c'est qu'ils sont autotrophes, donc ils sont capables de se nourrir et de fabriquer les tissus de leur propre structure, de leur l'atmosphère, le CO2, l'eau, quelques minéraux dans le sol et l'énergie solaire. D'ailleurs, tu m'as dit que l'observation du milieu naturel, la permaculture avait déduit vraiment une constatation à propos des systèmes, les deux différents systèmes qui puissent exister, système ouvert, système fermé, je pense qu'on va se le

garder pour une prochaine vidéo. C'est une des clés du regard. Peut-être pour présenter un petit peu ce qu'on pourrait développer éventuellement dans la permaculture. C'est une science, une méthode qui permet de concevoir, aménager, planifier, organiser des systèmes efficaces et soutenables, efficaces c'est-à-dire productifs, mais du coup soutenables.

L'un ne peut pas aller sans l'autre en permaculture. C'est pas possible. C'est efficace et soutenable. Mais même tout court, si tu es efficace, tu ne peux pas consommer plus que tu produis.

Donc, par définition, tu es soutenable. On nous fait croire que nos systèmes actuels qui ne sont pas soutenables sont efficaces alors que c'est faux. C'est exactement le contraire.

Soutenable et efficace va de pair comme inefficace et insoutenable. On avait fait une vidéo sur ça, donc je ne vais pas insister longuement. S'il y en a qui pensent encore qu'on a le choix entre être éthique, ça veut dire écologique et social, ou efficace et productif, ils se trompent.

C'est ce qu'on nous renvoie sans cesse. C'est ce qu'on veut nous faire croire, vous êtes gentil, les babas cool avec vos systèmes, vos petites recettes, mais en fait vous n'allez jamais nourrir l'humanité avec ça.

Donc c'est le contraire, les systèmes historiques sont non soutenables, non résilients, extrêmement peu productifs, encore une fois, 20 calories pour en sortir une, ça ne sort pas grand-chose à l'hectare, donc ça ne peut pas nourrir l'humanité, et en plus ça bouffe le capital.

Il n'y a plus qu'une fertilité, on a détruit nos sols. Mais quelque part, on n'assume pas, c'est-à-dire qu'on a l'impression qu'ils sont productifs parce que le pétrole, de toute façon, on ne voit pas tout ce que ça coûte et le fait qu'on est en train de prélever la ressource à une vitesse incroyable.

Donc on ne l'assume pas du tout. On a une vision étriquée qui nous donne l'impression qu'on a une certaine efficacité. Avec le gros tracteur qui défonce la terre, on se dit, « Waouh !

Mais ça, là, on peut planter un seul homme, il va arriver à planter un champ de blé à sortir des quinto et des quinto et des quinto. » Sauf qu'on ne voit pas tout ce qu'il y a derrière. Le pétrole, les métaux, fabriquer le tracteur, le moteur et tout ça, on ne l'inclut pas.

Voilà. Et puis le masque, en fait, c'est une société esclavagiste. Elle est forcément dans le déni et dans l'aveuglement parce que si elle regarde qu'elle n'est pas capable elle-même de fabriquer ces choses-là et si on devait compter énergétiquement tout ce que ces machines consomment réellement, on se rendait compte que c'est beaucoup plus de calories que ce que ça en rapporte.

Il n'y a qu'à relire Ivan Illich qui a écrit Énergie et Équité. Donc ça ne fonctionne pas. Donc non, arrêtons, le système ne fonctionne pas. Bienvenue dans le monde du système qui fonctionne.

On va produire efficacement en ingestant moins de calories, beaucoup moins qu'on en ressort. La permaculture permet ça. Ce que fait la c'est qu'elle va concevoir des systèmes régénératifs, soutenables. Ça veut dire régénératifs, on produit plus de calories qu'on en consomme.

Donc on produit plus, on régénère les choses. Régénérer les écosystèmes, régénérer la planète, régénérer tout ce que vous voulez, les sols, etc.

Voilà, donc pour ça la permaculture s'est donnée. Alors c'est intéressant parce que du coup, ce qui est intéressant aussi, c'est que pour revenir à cette non-contradiction entre l'efficacité et l'éthique, La permaculture affiche en premier lieu qu'elle est basée sur des éthiques.

C'est la première entreprise historique qui met en même temps l'efficacité et l'éthique. Parce qu'en fait, c'est la même chose. On nous a fait une espèce de lavage de cerveau qui nous disait que pour être efficace, il ne fallait pas être éthique.

Et pour être éthique, ça en induisait qu'on n'allait pas être efficace. Alors que c'est un lavage de cerveau. Si on est très étriqué, ça dépend de ce qu'on appelle efficace. Efficace en incluant tous les paramètres du système, non pas efficace avec une vision droite. Oui, parce qu'au final, qu'est-ce qu'on veut ?

Je prends toujours l'exemple de l'éthique, au début je parlais d'efficacité et l'éthique pour moi était inclue dedans, obligatoirement. Mais on m'a dit, oui, mais alors Google ou les chambres à gaz, c'était efficace pour tuer des gens ?

Oui, c'est sûr, mais on ne regarde qu'un petit bout, ce n'est pas ce qu'on veut, tuer des gens ! Être efficace, ça veut dire avoir une harmonie sur la planète, à la fois sur le plan matériel...

Il ne faut pas être efficace juste sur une petite piqûre, sinon ça ne marche pas. Ça n'a pas de sens. Donc quand même, je les mets côte à côte, efficacité et éthique.

C'est important, comme ça on est certain de ne pas faire d'erreur. qu'on peut mettre intelligence et sagesse avec amour, parce que c'est vrai que l'intelligence sans amour est extrêmement destructrice, catastrophique. C'est vraiment une vision amputée de ce qu'on est, de ce qu'on veut être.

Donc éthique, il y a trois éthiques que je détaille pas, c'est extrêmement classique, on en reparlera peut-être plus tard. Des modèles, Donc modèle sur le vivant sauvage, modèle sur les sociétés soutenables, les sociétés vernaculaires, les sociétés soutenables, souvent les peuples avant qu'on les colonise, les peuples premiers, qui avaient des savoir-faire et des savoirs tout courts, qui n'étaient pas tous, loin de là,

mais il y avait là-dedans des savoirs soutenables, régénératifs, qui permettaient à ces peuples d'avoir... Parce qu'observés sur la nature. Voilà, et puis ils ne détruisaient pas leurs écosystèmes, ils produisaient plus qu'ils ne il ne mangeait pas le capital, il ne rasait pas les forêts, il se contentait de prendre une partie de l'accroissement annuel de la biomasse, ce que fait toute espèce animale à part l'homme, à savoir taper dans l'intérêt et pas dans le capital.

C'est tout. Et puis le troisième modèle, c'est les dernières avancées en science de la nature, science naturelle, et il y a plein de choses nouvelles là-dedans. On commence à comprendre le rôle des micro-organismes, on commence à comprendre que la forêt, les arbres fabriquent la pluie, on sait maintenant comment se fabrique le sol.

L'analyse de création des sols. On commence à comprendre comment fonctionnent les processus naturels. C'est les trois modèle que se donne la permaculture. Donc je ne détaille pas non plus. Il y a beaucoup de choses à dire là-dedans.

On passe un jour et demi pour présenter... Je t'ai demandé de mettre un exercice, parce que tu fais des formations qui sont généreuses en termes de temps consacré et de volume. À chaque fois tu me dis, moi en moins de dix jours, de toute façon, je ne fais rien.

Non, on m'a commandé, j'ai fait des formations de petits formats pour des communautés de des institutions, mais c'est vrai que si on veut comprendre la permaculture et voir les systèmes régénératifs, comment on va faire pousser notamment notre nourriture, il faut plus de temps que ça. Les éthiques, les modèles. Après la permaculture, en observant ces trois modèles, notamment le vivant sauvage, en attirer des principes, il y a une vingtaine de principes extrêmement puissants et généraux qui

s'appliquent partout en tout lieu. J'aime quand tu parles de lois partout en tout lieu, c'est des choses qu'on n'aime pas, on a un espèce de relativisme ambiant actuellement, et quand tu commences à dire que ces lois sont partout, on se dit que ce n'est pas possible, il n'y a pas de particularité, il y a des lois de cet univers telles qu'elles fonctionnent au niveau physiologique, au niveau biologiques et elles sont valables partout. Après, leur expression, leur manifestation peut-être, mais la loi qui sous-tend tout ça est toujours la même.

Il faut être pertinent pour découper entre le vrai et le faux et renvoyer dos à dos tous ces dogmes-là. Il y a des lois qui nous dépassent. On ne peut pas les enfreindre sans détruire. À un moment donné, respecter ces lois ou ne pas les respecter, c'est faire le choix entre la vie ou la mort, ni plus ni moins.

Est-ce veulent la vie et savent ce que je veux dire. Un enfant aussi par exemple. C'est l'homme, son mental et son égo dégénéré. Ces lois sont là. Les principes de la permaculture ont puisé dans ces lois-là la façon dont fonctionne le vivant.

Après, on en a vu des stratégies et ensuite encore des techniques qui vont être dépendantes du lieu et du groupe et qui ne sont pas universelles. C'est aussi stupide de dire que la terra preta c'est génial, le BRF c'est génial, le compost c'est génial, le stéral aromatique c'est génial, parce que ce sont des techniques qui, dans le cas général, ne sont pas adaptées.

Elles sont adaptées dans certains cas sur le plan de la géographie physique et du groupe qui vit sur ce lieu-là. Par contre, il y a des lois générales et des principes généraux qui sont universels et donc sont très puissants et là aussi il faut en parler plus en détail parce qu'on est tellement loin de cette sagesse et de cette intelligence dans notre monde là qu'on a oublié de penser comme ça.

Donc en fait c'est réinjecter de l'intelligence et remplacer le travail par de l'intelligence. C'est une des définitions de la permaculture possiblement. Voilà donc après on va aller vers les stratégies puis des exemples de techniques en précisant bien attention, ces techniques, on vous les montre, je les explique, mais elles ne seront pas adaptées partout, on va critiquer, on va discuter, notamment BRF, Meusch, Compost, on va analyser ça,

distinguer les trois choses, les fonctions... Donc il y a autant de techniques pour couvrir la Terre, pour espérément créer de la fertilité, même s'il y en a beaucoup qui ne sont pas très efficaces dans ces techniques-là, il y en a quelques-unes qui sont très efficaces.

On va faire la part des choses, il faut focaliser sur ce qui fait la plus grande différence. Et puis Et après, il y a toutes ces techniques de système régénératif que je développe dans ces formations que je donne.

Tu as attiré mon attention tout à l'heure sur la notion de système ouvert-système fermé. Je te propose qu'on le garde pour la prochaine vidéo parce que je pense que là, quand tu parles de la permaculture comme un regard qui s'inspire profondément du modèle naturel, c'est un des gros enseignements des modèles naturels.

Cette différence entre système fermé, qui est l'apanage des systèmes naturels, et système ouvert qui est le système improductif et inefficace que l'on a créé en tant qu'humain. Merci Éric. A tout de suite.

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