Retour aux contenus
Vidéos publiques

Les petites vidéos thématiques 4, « écoutons les enfants »

Author Photo
L'équipe RGNR
12 vues • Publiée le 18/10/2011

Cette vidéo part de questions concrètes posées par des parents : un bébé de 8 mois qui se précipite sur des avocats plutôt que sur des fruits, un enfant qui réclame à manger dès le matin. Thierry utilise ces situations pour poser une réflexion plus large sur l’instinct alimentaire des bébés et sur ce qu’il révèle, y compris aux adultes.

Un détour par la composition du lait maternel éclaire le propos : seulement 6 % de protéines, une proportion comparable à celle des fruits et légumes, ce qui remet en question l’idée que les bébés auraient des besoins élevés en protéines. Thierry s’en sert pour montrer que les préférences spontanées d’un bébé pour des aliments gras comme l’avocat ne sont pas un caprice, mais une réponse cohérente à ses besoins physiologiques réels.

La partie centrale de la vidéo porte sur une distinction que Thierry juge essentielle : savoir si un enfant réclame de la nourriture physique ou une nourriture affective, c’est-à-dire de l’attention, du contact, de la consolation. Il explique pourquoi confondre les deux, notamment via l’allaitement systématique à chaque émotion, peut installer durablement un lien problématique entre alimentation et gestion des émotions.

Thierry précise que ses observations s’inscrivent dans un cadre où l’enfant a accès à une alimentation majoritairement crudivore et frugivore, car un environnement alimentaire addictif fausse l’instinct. Dans ce cadre, il plaide pour apprendre aux enfants à nommer leurs besoins plutôt que de les noyer sous de la nourriture, et annonce des vidéos plus approfondies sur le sujet.


📑 Au programme de la vidéo

Transcription de la vidéo

Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.

Lire la transcription

bonjour, ravi de vous retrouver avec les vidéos thématiques de vive recrue aujourd'hui je voulais entamer sous forme de vidéos thématiques un sujet que je développerai dans quelques temps sur les enfants, les bébés, les enfants parce qu'il se trouve que de plus en plus je suis entouré d'enfants de tous les âges de 3 mois à 6, 7 ans et que je peux mener pas mal d'observations dans la mesure où je suis un petit peu moins impliqué que les parents donc je vois différentes techniques, différentes méthodes, pas mal de

questions qui me remontent aussi, des questions des gens autour de moi, des amis proches et donc j'ai une position un petit peu privilégiée, un petit peu désinvestie par rapport aux parents qui ont un petit peu moins de pression qu'eux peuvent en ressentir parfois.

Et donc voilà, ça me donne une position d'observateur qui est assez intéressante. Et donc là aujourd'hui, je voulais commencer, j'ai intitulé cette vidéo « Écoutons les enfants, écoutons les bébés ».

Vous allez comprendre pourquoi, parce que je vais partir de deux ou trois petites interactions, des questions qui m'ont été posées récemment. La première, c'était lorsqu'une personne m'a demandé... Il se trouve que j'ai mon bébé qui a 8 mois qui commence à être attiré par les aliments.

Or, je suis très embêté, et eux, puisque c'était une femme qui me disait ça, je suis très embêté parce qu'ils se dirigent préférentiellement vers les avocats, vers des choses comme ça.

Quand je lui propose des fruits de type banane, il en veut moyennement, mais au bout d'un certain moment, il est plus attiré, il adore les avocats. par exemple les avocats, les olives, les olives crues, naturelles, et ça embêtait beaucoup cette personne. Alors elle me partageait, elle me disait « parce que je sais que les matières grasses ce n'est pas idéal, alors comment faire pour lui faire manger plus de fruits ?

» La question travaillait un petit peu dans ma tête, moi aussi, et puis il se trouve que récemment j'ai pu goûter du lait maternel, du lait humain maternel, ça faisait très longtemps, à vrai dire plus de 35 ans peut-être que je n'avais pas goûté, J'ai goûté du lait maternel et j'ai été très surpris parce que je ne m'attendais pas du tout à ce goût-là.

Un goût très agréable mais un goût qui n'était pas extrêmement sucré mais qui me semblait beaucoup plus gras que sucré. Alors j'ai fait quelques recherches sur la composition du lait maternel parce qu'on m'avait dit que le lait maternel c'est surtout des sucres, peu de protéines.

Eh bien, peu de protéines, oui. Ça s'est avéré en calories, il y a 6 % de protéines dans le lait maternel, pas plus. Donc c'est intéressant à savoir. L'une des périodes de sa vie où l'on construit le plus de tissus, de muscles et d'organes, on n'a besoin que de 6 % de protéines.

Donc le mythe des compléments protéinés pour prendre de la masse, et là on prend un sacré coup. Je vous expliquerai dans une autre vidéo pourquoi est-ce que les bodybuilders sont tentés de prendre des protéines, non pas pour l'action elle-même des protéines, mais pour leur effet rebond anabolisant, qui est un effet qu'on étudiera une autre fois.

Ce n'est pas les protéines. 6 % de protéines dans le lait maternel, c'est relativement faible. C'est ce qu'on trouve à peu près dans la plupart des fruits et légumes qu'on pourrait consommer. 6 % de protéines, mais 42 % de sucre et 52 % de lipides dans le lait maternel.

J'ai été moi-même extrêmement surpris, j'ai refait les calculs plusieurs fois, j'ai vérifié avec Wikipédia. Le lait maternel est majoritairement composé de graisse. Dès lors, un enfant qui a 8 mois est en train doucement de passer du lait maternel à une alimentation plus solide, est naturellement attiré vers les avocats, vers les produits gras de ce type-là, c'est tout à fait naturel.

Essayer de lui coller comme ce que cette personne avait un petit peu derrière la tête, essayer de le faire coller au régime soi-disant 90-10 qui correspond au régime de tous les humains, c'est une aberration totale, puisque les besoins des enfants ne collent pas à ça.

Ou alors, il faudrait accuser le lait maternel de ne pas respecter la sacro-sainte règle des 90-10. Ça devient un peu fou comme situation, vous ne croyez pas ? Donc, attention, écoutons bien les besoins des bébés.

Dans ce cas-là, ça s'avère particulièrement vrai. Ce n'était pas à la mère de penser pour son bébé ce qu'il lui fallait, mais plutôt de faire confiance à l'instinct des bébés qui est extrêmement développé. Moi, de jour en jour, je peux le constater, c'est très impressionnant.

Je vois des bébés se précipiter sur des avocats, les dévorer avec énormément d'avidité et s'arrêter d'un seul coup. Donc l'arrêt existe. On peut vraiment leur faire confiance de ce côté-là. Ils sont extrêmement en lien avec leur corps.

Et donc ça serait vraiment se priver d'une belle occasion de nous-mêmes apprendre que de ne pas leur laisser le champ libre au niveau de la découverte des aliments. Donc notre seul rôle étant quelque part de leur proposer une palette alimentaire la plus étendue possible au cours des saisons.

On leur propose des choses, on les fait passer devant leur nez, devant leur appréciation et ils seront exactement déterminés ce qu'il leur faut ou ce qu'il ne leur faut pas. Un autre exemple, c'est une personne qui me disait « Mon petit-fils a envie de manger dès le réveil, Or, je connais la règle des rythmes chrono-biologiques.

Donc, est-ce qu'il s'applique aussi aux enfants et quoi faire ? Est-ce qu'il ne faut pas lui proposer de manger et le faire attendre ? Alors, en matière de nutrition pour les enfants, toutes mes observations et tout ce que j'ai pu partager avec des gens autour de moi qui avaient pas mal d'expérience me confirment que la règle des rythmes chrono-biologiques ne s'applique pas, que les enfants sont vraiment un cas à part et que c'est vraiment à eux de déterminer quels sont leurs besoins en termes de nourriture,

quand ils veulent manger, quelle quantité ils veulent manger, et qu'on peut leur faire complètement confiance de ce côté-là. Si un enfant a envie de manger dès le matin, je pense qu'il est essentiel de le laisser manger dès le matin.

La seule chose qu'on a à faire là-dedans, c'est, et c'est là où je voulais en venir un petit peu aussi, savoir déterminer quand un enfant réclame de la nourriture, soit qu'il puisse parler, soit avant qu'il puisse parler, s'il réclame vraiment de la nourriture ou s'il réclame autre chose.

Notre seule tâche, c'est peut-être de lui apprendre à distinguer ses réels besoins. C'est-à-dire que parfois, un enfant, on va avoir l'impression qu'il demande de la nourriture, mais tout ce qu'il demande, c'est de l'attention, c'est un câlin, c'est un petit peu qu'on joue avec lui, qu'on s'occupe de lui, c'est qu'on le console, voilà. Et donc ça, ce n'est pas de nourriture physique,

alimentaire, au sens commun du terme dont il a besoin, c'est d'une nourriture plus affective. Je pense qu'il est très important d'arriver à discriminer nous-mêmes. C'est très dur pour nous, parce que la plupart d'entre nous ont été élevés avec un modèle dans lequel, finalement, dès que l'on exprimait la moindre émotion, la moindre excitation, la moindre difficulté, la moindre douleur, on nous donnait à manger le sein ou la nourriture de manière à nous faire taire

d'une certaine manière. parce que je pense qu'une partie de l'éducation, en tout cas moi personnellement, et je n'accuse personne, c'est plutôt un modèle, un système, et je ne l'accuse pas des personnes en particulier, attention, je ne suis pas en train de faire d'un procès à mes parents, mais l'éducation des enfants est un modèle souvent extrêmement coercitif dans lequel on ne leur laisse pas la place pour exprimer leurs réels besoins.

Et c'est en ce sens-là que je crois qu'il est essentiel d'être vraiment à l'écoute des besoins des enfants sans projeter quelle a été notre expérience nous-mêmes. Ce n'est pas parce que quand nous, nous pleurions, on nous a donné immédiatement le sein ou on nous a donné immédiatement à manger de manière à nous calmer et à nous faire taire d'une certaine manière qu'il faut reproduire la même chose avec nos enfants, et c'est très dur, je le sais, parce que nous avons des conditionnements

en nous et il s'agit d'aller contre ces conditionnements pour éviter que nos enfants soient eux-mêmes conditionnés de la même manière, c'est-à-dire incapables d'accueillir leurs émotions et se précipitant sur de la nourriture dès que la moindre émotion rejaillit.

C'est en ce sens-là aussi, je ne voudrais pas surdévelopper, mais c'est en ce sens-là aussi que je suis assez sceptique, pour ne pas dire plus, par rapport à une tendance que j'ai observée chez certaines personnes de l'allaitement à la demande.

C'est-à-dire qu'un bébé pleure, crie, exprime, quoi que ce soit, tout de suite on lui donne le sein. j'ai vu des cas caricaturaux dans lesquels la moindre émotion du bébé, que ce soit d'ailleurs en positif, entre guillemets, comme de l'excitation, de la joie, ou en négatif, conduisait la mère à lui mettre le sein sous le nez et bien sûr le bébé tété.

Et ça, pour moi, c'est vraiment le meilleur moyen de projeter les enfants dans un futur composé de au moins 20 à 25 ans de psychanalyse, si ce n'est plus, pour essayer de sortir de ce lien qu'on crée entre émotions et alimentation.

Donc, de mon avis, de mon expérience, de mes observations, de grâce, l'allaitement à la demande ne correspond à rien qui soit viable pour un enfant. D'ailleurs, quand on regarde dans le modèle naturel, j'ai observé des chats, j'ai longuement observé une chatte récemment, ça a été très intéressant, j'ai passé un après-midi formidable, à observer comment une chatte donnait du lait assez petit.

et bien la chatte n'est pas à disposition de ces petits. Elle détermine elle-même quand elle ressent vraiment que ses petits ont besoin de manger. Elle leur donne à têter, mais pas n'importe quand, mais pas à la demande des petits.

Je l'ai vu repousser un petit qui demandait un petit peu de façon insistante à un moment, alors qu'effectivement il venait de têter juste auparavant. Et donc de ce côté-là, ce n'est pas un modèle naturel que de donner l'allaitement à la demande.

Et je pense que ça peut conduire à une grave confusion dans l'esprit de l'enfant. Donc voilà, ce que je voulais dire dans cette vidéo surtout, c'est apprendre à discerner réellement si le besoin de l'enfant est un besoin alimentaire de faim ou pas.

Si c'est un besoin alimentaire, alors lui, faire confiance, quel que soit le moment, ce qu'il demande, parce que je pense qu'ils sont bien plus en lien avec les besoins de leur corps.

Alors là aussi, il y a des bémols, vous allez me dire. S'ils commencent à demander un hamburger le matin au petit déjeuner, c'est qu'il y a un problème, l'apprentissage n'a jamais été fait.

Je me place évidemment dans un référentiel dans lequel l'enfant a surtout à sa disposition et a surtout un vécu de type crudivore-frugivore. Sinon, l'instinct effectivement est complètement trompé. l'enfant n'a plus la possibilité d'être en lien avec ses besoins réels puisqu'il est trompé par des nourritures addictives.

Donc ça, c'est un autre danger. Mais en se plaçant dans un cadre idéal, je pense qu'il est essentiel de leur faire confiance une fois qu'on a pu soi-même déterminer et qu'on les a aidés à déterminer quels étaient leurs vrais besoins.

Est-ce que c'est un besoin de nourriture ? Est-ce que c'est un besoin affectif ? Est-ce que c'est un besoin d'attention ? Et apprendre aussi aux enfants à reconnaître ces besoins, à les nommer et à oser dire j'ai besoin que tu t'amuses avec moi plutôt que de pleurer simplement. C'est très très important et ça devrait être je pense une part, une grande part de notre travail d'éducateur, particulièrement pour les générations futures.

Moi je rêve d'un futur dans lequel chacun soit capable de dire à un moment ou à un autre, à l'autre, voilà j'ai besoin d'attention en toute ouverture, quel que soit son âge, à 40 ans, 50 ans, que les gens puissent se départir de leur personnage et simplement exprimer leurs besoins tels qu'ils sont plutôt que de se perdre dans l'alcool ou dans des conduites addictives comme il peut y avoir énormément actuellement parce que malheureusement notre disque dur a été formaté d'une manière qui n'est pas tout

à fait adéquate. On nous a donné des apprentissages et là encore il ne s'agit toujours pas de pointer quiconque, c'est plutôt une époque, c'est plutôt une société, c'est plutôt un état de conscience qui nous a donné ça.

Et bien maintenant nous avons un autre état de conscience, il y a des compréhensions qui se font jour et donc notre responsabilité, notre rôle je pense c'est d'en faire profiter nos enfants, ces générations qui viennent et c'est extrêmement important. Je suis ému actuellement, je suis au contact d'énormément d'enfants, j'en porte sur moi, je suis toujours entouré d'enfants et je suis ému de voir la génération qui arrive.

Je suis extrêmement confiant quand je vois ces enfants qui naissent ces dernières années parce que c'est plein de promesses pour moi. Je voulais partager avec vous ces quelques petites réflexions. Écoutons les enfants, faisons-leur confiance une fois qu'on a appris aussi à discerner quels sont leurs vrais besoins, quels sont nos vrais besoins à nous aussi.

Mettons-nous au clair avec ça. Je développerai ce sujet beaucoup plus avant dans des vidéos plus fouillées. A très très bientôt, plaisir de vous retrouver avec les vidéos thématiques de vivre cru.

Merci encore pour vos encouragements, pour vos soutiens. N'hésitez pas à vous abonner à ces vidéos si vous l'êtes tenu au courant. A très bientôt et belle journée, belle soirée selon l'endroit où vous vous trouvez.

0 commentaires