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Les conséquences sociales et émotionnelles de nos choix alimentaires 1

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L'équipe RGNR
36 vues • Publiée le 27/04/2011

Cette vidéo ouvre une série de deux ou trois épisodes consacrés aux conséquences sociales et émotionnelles de nos choix alimentaires. Thierry s’appuie sur les travaux d’Alice Miller, de William Reich, d’Elizabeth Gruben et de Jean-Paul Dubois pour poser un cadre théorique sur les blessures émotionnelles précoces, sans chercher à culpabiliser qui que ce soit.

Le point de départ est physiologique et comportemental : le bébé humain naît totalement vulnérable, dépendant de son parent pour sa survie. Toute absence, toute désapprobation est vécue comme un abandon, et cette peur primaire s’installe durablement. Thierry montre comment nous construisons ensuite notre identité au travers du regard des autres, oscillant entre approbation et rejet sans jamais vraiment nous connaître nous-mêmes.

C’est là que l’alimentation entre en jeu : choisir de manger des fruits en abondance dans une société où ce n’est pas la norme, c’est s’exposer à la désapprobation de l’entourage, ce qui réactive cette vieille peur de l’abandon. Thierry propose que l’incapacité à tenir un changement alimentaire tient souvent moins à la volonté qu’à cette dépendance au regard extérieur.

La vidéo aborde aussi le lien entre digestion et gestion des émotions comme deux fonctions particulièrement coûteuses en énergie. Quand l’une mobilise toutes les ressources du corps, l’autre est mise en veille, ce qui explique certains comportements alimentaires en période de stress émotionnel intense. Ce fil sera développé dans les épisodes suivants.


📑 Au programme de la vidéo

Transcription de la vidéo

Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.

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Bonjour, bienvenue sur le blog de Vivre cru. Alors aujourd'hui c'est la première vidéo d'une série que je vais appeler les conséquences sociales et émotionnelles de nos choix alimentaires. C'est une série sur laquelle je ne sais pas, il va y avoir deux ou trois épisodes, je n'ai pas encore idée, parce que c'est assez dense, vous allez voir.

C'est un petit peu la concrétisation de pas mal de temps de recherche, de travail sur moi-même. Alors je ne prétends pas avoir inventé quoi que ce soit qui va être dit durant ces vidéos. Je me suis surtout inspiré des travaux d'Alice Miller, de quelqu'un qui s'appelle Jean-Paul Dubois que je recommande aussi, assez radical dans sa pensée sur les blessures émotionnelles de l'enfance, un Canadien ou un Québécois même.

Les travaux d'Elizabeth Gruben aussi qui a déjà été cité sur ce bloc, excellents travaux je recommande, en anglais malheureusement. Et puis bien sûr les travaux de William Reich qui m'a toujours énormément inspiré, plus énormément d'autres sources d'inspiration, mais majoritairement ce sont ces quatre-là.

Et donc ce que je voudrais au préalable, avant d'arriver au cœur du sujet, c'est introduire quelques notions de base qui me paraissent très importantes, de manière à ce que chacun de nous puisse ressentir un petit peu l'intensité des peines émotionnelles, des douleurs émotionnelles que certainement chacun de nous avons expérimenté en tant que bébé.

Il ne s'agit pas de rendre coupable qui que ce soit, il ne s'agit pas de se défausser de notre responsabilité sur notre vie actuelle, mais il s'agit aussi de prendre conscience de certains défrains que nous avons en nous de façon inconsciente, de ne pas se voiler la face, pour être beaucoup plus à même ensuite de les gérer une fois que ces phénomènes refont surface.

Il y avait une notion qui était assez importante, c'est dans la nature. Quand un bébé naît, il y a deux types de nouveaux-nés chez les mammifères et tous les animaux. Il y a des nouveaux-nés qui naissent et qui sont capables de se défendre eux-mêmes.

C'est assez amusant à se rendre compte, mais il y a des petits de certaines espèces qui sont encore plus dangereux que leurs parents, particulièrement parmi les insectes et ainsi de suite.

Il y a énormément d'insectes qui, à l'état très jeune, sont beaucoup plus dangereux que leurs parents et donc peuvent se défendre eux-mêmes et donc n'ont besoin de personne pour se défendre.

Le bébé humain, lui, à l'opposé, il est complètement vulnérable. Il est vulnérable et désarmé. Il ne dépend donc que de son parent pour être protégé. Et donc, dès lors que le parent n'est plus présent, dès lors qu'il y a la moindre absence, le bébé se sent en danger de mort.

Il semblerait, aussi bizarre que ça puisse paraître, que l'angoisse primordiale qu'on a en tant que bébé, que nous avons tous en tant que bébé, c'est la peur d'être mangé. Ça renvoie vraiment à une peur viscérale, à une peur primale, c'est la peur d'être mangé.

Et ce qu'il faut comprendre c'est que dans nos cultures, on trouve normal, et je n'ai pas de position là-dessus, je décris simplement ce qui est, Et on trouve normal de placer un bébé dans son lit, très jeune, séparé de ses parents, et imaginer un petit peu la scène, il se réveille en pleine nuit, il est tout seul, il appelle. Même si ses parents sont dans la pièce à côté, pour lui la notion du temps est très relative.

Une seconde pour nous ça peut paraître une éternité. Il est tout seul, il est en danger de mort, littéralement, il est en danger d'être manger et pour lui ça crée une espèce d'angoisse liée à la mort qui je pense est engrangée plus ou moins profond, plus ou moins de façon forte en chacun de nous.

Alors c'est pas vrai dans toutes les cultures humaines, c'est vrai qu'il y a des cultures dans lesquelles les enfants sont systématiquement portés toujours au contact de leur mère 24 heures sur 24 pendant un certain temps, ça a certainement d'autres effets au niveau de l'enfant.

Ce sentiment de peur d'être abandonné par l'enfant, ce qui est assez intéressant, c'est de se rendre compte que la désapprobation chez le jeune enfant qui ne dépend que de sa mère est vécue comme de l'abandon.

Ça se comprend assez aisément quand une mère désapprouve son petit enfant, c'est une façon de le repousser, de le rejeter. Or l'enfant est toujours dépendant d'elle pour sa protection.

Là je parle vraiment de sensation interne, de sensation profonde et primaire. Il est dépendant d'elle pour sa protection. Donc toute désapprobation c'est une mise à distance, c'est un rejet. Et donc la désapprobation est liée à ce sentiment profond de l'abandon, cette peur d'être abandonné que nous avons tous. Et ce faisant, cette peur de la désapprobation, nous la baladons avec nous toute notre vie.

Et petit à petit, on se construit au travers du regard des autres, au travers des approbations et des désapprobations des autres. Nous ne voulons pas être mis à l'écart du groupe, les avis des autres nous importent, nous importent énormément, nous importent à tel point que nous nous conformons à ces avis pour être susceptible d'être aimé par ces gens-là, pour être susceptible de ne pas être abandonné, on parle toujours de cette peur d'abandon.

Et finalement, au final qu'est-ce qu'on se rend compte ? On se rend compte qu'au bout d'un certain temps, Ce qu'on a abandonné le plus, c'est nous-mêmes, c'est notre intérieur, c'est notre réalité propre, notre vérité propre.

Nous ne savons plus qui nous sommes, nous ne savons plus ce que nous sommes. Nous sommes au travers simplement du regard, des approbations, des goûts, des autres. C'est un espèce de jeu de dodo, de montagne, de vallée.

On monte, on descend, on est dépendant de la vie de l'un un jour. Un qui va nous dire un jour, oh tu es fabuleusement généreux, tu es extraordinaire, tu es quelqu'un d'extraordinairement généreux.

Donc à ce moment-là, on est très heureux et on est extrêmement généreux. On peut se réjouir, le sourire fier, pas trop quand même parce qu'il faut être un petit peu humble en bonne société.

Donc voilà, on a un bon bon, on est généreux. Et puis le lendemain, on rencontre quelqu'un qui, pour une raison ou une autre, dit que tu es vraiment l'être le plus pingre que je connaisse, tu es avare comme pas deux, tu ne donnes rien de ta personne.

Et alors à ce moment-là, on est complètement désespéré. ça y est, nous sommes la pire des personnes absolument pas généreuses que l'on puisse rencontrer. Et donc c'est comme ça, notre vie va de haute en bas, de montagne en vallée, tant que nous ne nous connaissons pas nous-mêmes.

On s'est construit une façade, mais derrière cette façade, dans notre cœur, au plus intime de nous, il y a un être qui est toujours présent, car notre être est présent, même si on ne l'entend pas, même si on ne lui laisse jamais la parole, il reste présent.

Il y a un être qui est présent et qui tape, qui tambourine à la porte, qui voudrait désespérément qu'on l'écoute parce que lui, il est vraiment abandonné. Nous l'avons réellement abandonné pendant tout ce temps-là.

Nous l'avons abandonné pour nous conformer au monde environnant. Et comment est-ce qu'il peut s'exprimer cet être ? La seule façon qu'il a de s'exprimer, c'est via les émotions qu'il fait remonter.

Et toutes les émotions que nous ressentons à un moment ou à un autre dans notre vie, c'est notre intérieur qui essaye de communiquer avec nous, qui essaye de se rappeler à notre mémoire, qui essaie de dire, je suis là, j'existe, et toutes ces émotions qui remontent, c'est ses tentatives de parler.

Nous ne connaissons pas notre propre vérité, et seules nos émotions nous permettent de toucher, un tant soit peu, à nos propres vérités. Alors, en quoi... Retombons un petit peu parce qu'on est censé parler de nourriture, d'alimentation. Je blague, mais en quoi est-ce que ça peut nous intéresser cette jolie description ?

C'est assez simple. Il y a une première implication qui paraît évidente. Quand on parle des conséquences sociales de nos choix alimentaires, il est certain que choisir de croquer une salade ou de croquer des fruits dans une civilisation dans laquelle le fruit est réservé un quart de pomme de temps en temps et encore, s'il vous plaît, en compote et la banane est mangée la plupart du temps flambée, il est clair que croquer allègrement dans une dizaine de pommes ou s'enfiler une

dizaine de bananes, c'est obligatoirement nous mettre en marginalité par rapport au monde alentour, et donc très souvent encourir la désapprobation de nos pères. À ce moment-là, il y a certainement une angoisse d'abandon, toute cette peur de l'abandon, du rejet est réactualisée en nous.

Et je pense que c'est une des raisons fortes qui fait que nombre de personnes n'arrivent pas à tenir dans cette alimentation. c'est que simplement nous n'avons pas construit une connaissance de nous-mêmes et une vérité intérieure assez forte pour ne pas être totalement sensible et totalement dépendant de l'avis des autres.

Et l'avis des autres étant donné que nous faisons des choix à contre-courant pour l'instant, je dis bien pour l'instant parce que je suis persuadé que ça deviendra un jour la norme, mais comme nous faisons des choix à contre-courant pour l'instant, et bien actuellement notre peur de l'abandon est sans cesse réactualisé.

Alors, comment faire en sorte de minimiser cette peur de l'abandon et de construire un peu mieux notre nous-même, de toucher un peu mieux notre nous-même ? Il y a des tas d'outils bien sûr. Il y en a un qui est assez simple à mettre en place, c'est pour éviter d'être toujours sensible au regard des autres sur nous-mêmes, sur nos qualités, c'est de se construire un petit répertoire de nos propres qualités, être conscient de ces qualités, savoir quels sont nos points forts,

quels sont nos points faibles, être lucide par rapport à ça et ne pas être dépendant de l'avis des autres. Si quelqu'un nous dit tu es généreux, être capable de regarder en soi-même et de se dire est-ce qu'effectivement je suis généreux ou est-ce que je ne le suis pas ?

Est-ce que je mérite ce compliment ou pas ? Et d'être capable intérieurement ou verbalement de l'accepter ou de le décliner. Pour ce faire, il n'y a qu'un moyen, c'est de s'attrouver tranquillement, de prendre une qualité à laquelle on a envie de s'intéresser, et de lister un petit peu les événements dans notre vie qui pourraient nous faire penser que nous avons cette qualité, de lister en regard les événements dans notre vie qui pourraient faire, qui pourraient nous pousser à penser que

nous n'avons pas cette qualité, de mettre les deux en balance et de faire un choix. De se dire effectivement j'ai cette qualité et une fois que je sais que je l'ai, on aura beau me dire tu ne l'es pas, tu ne l'es pas, je pourrais rétorquer tranquillement excuse-moi tu me dis que je ne le suis pas, mais moi je sais dans ma vérité intérieure que je le suis.

et sourire, sans agressivité, mais replacer la personne et lui dire « voilà, moi je connais ma vérité intérieure ». Et par contre, si on estime qu'on n'a pas encore cette qualité, on pourra dire à la personne tranquillement « je te remercie d'attirer mon attention là-dessus, actuellement c'est une qualité que je n'ai pas encore et que je vais essayer d'acquérir, je te remercie de m'aider à le faire ».

Voilà ce qui est pour la partie implication sociale de nos choix alimentaires. Ça paraissait assez évident. Maintenant, on va essayer d'explorer le sens d'émotion. Alors, première précision, je crois que je l'ai déjà dit, on a déjà attiré l'attention là-dessus, mais qu'est-ce que nous apporte la nourriture ?

La nourriture nous apporte du carburant, c'est évident, mais est-ce qu'elle nous apporte de l'énergie ? Certainement pas. Il faut bien comprendre que le système nerveux, au final, ce sont des petites impulsions électriques qui circulent le long de nos nerfs.

Et c'est ça l'énergie. L'énergie c'est ce petit courant. On a souvent comparé l'énergie pour un humain à la batterie dans une voiture et les aliments au carburant, au pétrole que l'on met dans le réservoir.

Sans étincelle de la batterie, le carburant ne prend pas feu. Sans carburant, la batterie tout seul ne sert à rien. Il faut les deux. Mais est-ce qu'on se recharge en énergie en mangeant ?

Certainement pas. La bonne illustration de ça, c'est après un gros repas bien lourd, bien gras et bien remplissant, personne n'est plein d'énergie, au contraire, tout le monde s'ennule parce que notre énergie est au plus bas.

Le corps, à tout moment, est capable de faire énormément de choses. On peut à la fois être capable de répondre au téléphone, de réguler notre rythme cardiaque, il y a énormément de gérer notre digestion, il y a énormément de fonctions qui sont possibles en même temps.

C'est vrai tant que ces fonctions restent à un niveau convenable. Mais si une de ces fonctions devient très importante, alors elle peut drainer à elle toute l'énergie. Il y a deux fonctions qui sont extrêmement drainantes en énergie, c'est la gestion des émotions et c'est la digestion.

La digestion peut nous prendre quasiment toute notre énergie si le repas est inadapté. La gestion des émotions peut nous prendre toute notre énergie si ces émotions sont énormes, si ce qui remonte est énorme. Et c'est ainsi que l'on voit quand deux personnes sont confrontées à un événement très dur, très fort, émotionnellement très fort.

Qu'est-ce qu'il va se passer ? Il va y avoir une personne qui va vivre complètement l'émotion, et cette émotion va lui prendre tellement d'énergie qu'elle ne va plus avoir faim, elle ne va plus manger, elle va littéralement se laisser mourir de faim, et on le voit très souvent lors de deuil, lors d'accidents très forts.

Et à l'inverse, il y a une personne qui, voyant cette émotion arriver, ne va pas réussir à la gérer, et va se mettre à manger, manger, manger, manger, pour que toute son énergie soit prise par la digestion et que les émotions n'aient plus place, que les émotions ne soient plus gérées, restées lisses à ces émotions.

Voilà, pour aujourd'hui, ce sera tout, on a mis ça en place. La prochaine fois, dans la prochaine vidéo, on verra un peu plus en détail le rapport entre émotions, digestion, nos choix alimentaires et plus particulièrement le régime cru.

Je vous souhaite une bonne journée, à très bientôt sur le blog de vivre cru.

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