Les conséquences néfastes de la violence éducative par Brigitte Oriol et Alice Miller
Cette conférence de Brigitte Oriol, animatrice en parentalité non violente, revient sur ce que recouvre concrètement la notion de violence éducative ordinaire : fessées, punitions, humiliations verbales, privations d’affection. Elle rappelle le contexte législatif international, notamment l’exemple suédois de 1979, et la lente évolution des mentalités en France sur ce sujet.
Une large partie de la conférence est consacrée au développement du cerveau de l’enfant : l’immaturité du cortex préfrontal, le rôle de l’amygdale cérébrale dans la gestion du stress, et les effets concrets du cortisol et de l’adrénaline sur un organisme qui ne peut ni fuir ni se défendre. Brigitte Oriol explique pourquoi les crises de l’enfant ne sont pas de la manipulation, mais une réaction neurologique inévitable face à la frustration.
La conférence aborde aussi les conditions de la naissance et de l’attachement : l’importance du peau à peau, des hormones comme l’ocytocine et la prolactine, et la façon dont le maternage et le paternage participent directement à la maturation des zones cérébrales liées aux émotions, à la mémoire et à la sociabilité. Chaque réponse empathique d’un parent contribue, selon elle, à construire un cerveau plus apaisé et plus capable de faire face au stress.
La dernière partie traite des transmissions intergénérationnelles : comment les blessures non résolues de l’enfance ressurgissent dans la relation aux propres enfants, comment l’enfant devient parfois le réceptacle inconscient des besoins non comblés du parent, et pourquoi poser des limites n’a rien à voir avec punir ou menacer, mais passe par l’empathie, la clarté et la cohérence.
📑 Au programme de la vidéo
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0:00Introduction et parcours de Brigitte OriolLa conférencière présente son propre parcours vers un maternage non violent et explique pourquoi la violence éducative était invisible il y a encore vingt ans.
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8:36Punitions corporelles et cadre légal internationalTour d’horizon des législations existantes dans le monde, avec le cas précurseur de la Suède, et rappel de l’objectif réel d’une loi contre les châtiments corporels.
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17:15Violences psychologiques et estime de soiLes violences verbales et les privations d’affection sont décrites dans leurs effets durables sur la confiance en soi et les comportements à l’âge adulte.
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25:51Colère stockée et dynamiques relationnellesBrigitte Oriol montre comment la colère non exprimée de l’enfant se retourne contre lui-même ou contre les autres, et comment elle se rejoue à l’adolescence.
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34:28Naissance, attachement et hormones de lienLe rôle de l’ocytocine et de la prolactine à la naissance est expliqué, ainsi que l’importance du peau à peau pour la disponibilité psychique de la mère.
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43:07Stress, cortisol et cerveau immatureLa conférence détaille comment le cortisol et l’adrénaline circulent dans le corps de l’enfant, qui ne dispose pas encore des outils corticaux pour les réguler.
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1:00:21Maternage, paternage et maturation cérébraleChaque réponse empathique du parent est présentée comme un acte concret de construction des zones cérébrales liées aux émotions, à l’apprentissage et à la sociabilité.
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1:16:15Crises, frustration et limites sans punitionLes crises de l’enfant sont replacées dans leur contexte neurologique, et la conférence propose une lecture différente de ce que signifie poser un cadre éducatif.
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1:24:52Transmissions intergénérationnellesBrigitte Oriol explique comment les blessures d’enfance non résolues ressurgissent dans la relation aux propres enfants, souvent à leur insu.
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Transcription de la vidéo
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Bonjour à tous, merci de m'accueillir dans ces lieux qui sont vraiment très jolis et dans votre ville de Narbonne. Je suis d'autant plus touchée de faire cette conférence dans cette association parce que c'est dans une association semblable à celle-ci que j'ai fait moi-même mes premiers pas dans un maternage différent. Un maternage vu justement avec la non-violence.
Et c'est grâce à une association de soutien comme ça, à l'allaitement au départ, que j'ai pu donc envisager un maternage différent. Quand j'ai eu ma première fille il y a 22 ans maintenant de cela, je n'avais jamais entendu parler de violence éducative. C'était un mot qui n'existait pas encore il y a 22 ans en arrière.
Pour la simple bonne raison qu'il y a 22 ans, donner des fessées, punir les enfants quand ils n'écoutaient pas, c'était vraiment normal de faire ça. Je dis pas qu'aujourd'hui ça ne l'est pas encore, parce qu'on le voit régulièrement, mais Aujourd'hui, on parle de plus en plus de cette violence éducative dans les médias.
Donc du coup, on prête un peu plus l'oreille. Et on en parle d'autant plus que la France propose la loi contre la fessée assez régulièrement. Elle est toujours revendiquée par les Français. Mais voyez, c'est un sujet qui fait du coup parler de cette violence éducative.
Quand j'étais enceinte, je ne me posais aucune question sur l'éducation. Il y a 22 ans en arrière, pour moi, il suffisait qu'un enfant ne manque de rien, qu'il soit propre, qu'il ait à manger, qu'il ait chaud, et puis c'était tout.
Je ne savais pas du tout, en fait, que l'affection était vitale pour un enfant. Je n'avais pas du tout cette notion-là, et n'ayant pas cette notion, en fait, je pense même que je ne savais même pas ce qu'était l'affection.
Ça vous dit juste d'où je viens, un petit peu. Alors jusqu'au jour où, dans une réunion comme le propose l'association maternative, J'étais enceinte de 6 mois, et j'ai assisté à cette réunion de soutien à l'allaitement, et là j'ai vu et j'ai senti ce qu'était l'affection.
Quand j'ai vu ces bambins qui étaient là, qui jouaient, et puis qui de temps en temps gravitaient sur les genoux de leurs mamans pour aller chercher un câlin, une tétée pour aller chercher de l'affection. et quand j'ai vu ces bébés au sein, c'est là que mon rôle de maman aimante commençait finalement, alors que j'étais enceinte de six mois.
C'est là que tout a commencé à avoir du pour moi, sur ce mode d'affection que je n'avais pas avant. C'est lors de ces réunions-là qu'en fait j'ai réalisé qu'on pouvait prendre soin d'un bébé avec beaucoup d'empathie, avec beaucoup d'affection.
Et ça, ça a été une grande découverte pour moi quand j'étais un sainte seulement. Cela dit, on a tous un passé, et un passé qui est fait de plus ou moins d'affection, plus ou moins même de violence pour certains d'entre nous, ou en tout cas un passé douloureux pour certains d'entre nous.
Et en tout cas, c'est avec cet héritage-là que nous allons ensuite accompagner nos enfants, nos propres enfants à grandir. Alors, pour certains d'entre nous, nous aurons beau aller aux réunions de soutien ou aux réunions de soutien à la parentalité positive, malgré cela, nous n'arriverons pas à nous maîtriser parce que ce passé-là nous rattrape à tous les instants et du coup on va vite se rendre compte qu'on réagit avec nos enfants avec la même intensité et la même violence parfois que nos parents
pouvaient avoir avec nous. Ces personnes-là qui malgré ce soutien qu'ils obtiendront par les diverses associations ne s'en sortiront pas, n'auront toujours pas cette maîtrise d'eux-mêmes et passeront dans des attitudes violentes, par des fessées, par des punitions.
Pour désamorcer ces mécanismes de violence, ces personnes-là auront besoin d'aide. Par contre, pour d'autres personnes, il sera suffisant d'entendre comment fonctionne un enfant et comment on peut écouter un enfant, comment on peut l'accompagner pour mettre tout de suite en pratique ce qu'ils pourront entendre et pour donner une autre dimension à leur relation avec leurs enfants et même avec leur entourage.
En tout cas, j'espère aujourd'hui, qu'après cette conférence, vous repartirez d'ici avec au moins la curiosité d'en savoir plus. Si je suis arrivée à ça après cette conférence, c'est déjà bien.
Même si je sais que ce public que vous êtes aujourd'hui, vous êtes tous déjà dans une démarche de mieux faire avec vos enfants, parce que vous avez des associations comme Maternative à votre service, justement pour éveiller votre curiosité pour éduquer les enfants autrement.
Donc j'espère que vous repartirez d'ici avec la curiosité d'en savoir plus, en consultant aujourd'hui, vous avez beaucoup de livres à votre disposition, je pense au livre d'Isabelle Filioza, notamment son best-seller Au cœur des émotions de l'enfant, mais aussi J'ai J'ai tout essayé, qui couvre la période de 0 à 5 ans.
Il me cherche, qui couvre lui la période de 6 à 11 ans. Ce sont vraiment des supports très intéressants, parce qu'elles développent d'âge en âge, d'étape en étape, le comportement des enfants et comment y faire face. Mais vous avez aussi à votre disposition le livre incontournable de Catherine Léguin qui est pour une enfance heureuse.
Bien évidemment les livres d'Olivier Morel qui nous rappellent que oui, la nature humaine est bonne. Vous avez aussi les excellents travaux de Muriel Salmona sur le fonctionnement du cerveau des enfants.
et bien évidemment vous avez les livres d'Alice Miller qui nous permettent de comprendre les racines de la violence. Tous ces travaux nous permettent à nous aussi, les passeurs de génération j'ai envie de dire, les passeurs de génération parce que nous devons transmettre aux générations avant nous ce que vous allez entendre là.
On nous appelle aussi, plus couramment appelé, c'est les comment on dit, les formateurs à la parentalité positive je crois. Donc nous sommes là, c'est grâce à tous ces travaux là, nous aussi nous nous appuyons dessus pour vous transmettre ces messages-là.
Les punitions corporelles, elles existent en fait depuis la nuit des temps, mais heureusement, aujourd'hui, l'homme ne se fait plus battre impunément par celui qui a du pouvoir, comme autrefois, en tout cas dans la majorité des pays du monde, même si ces pratiques sont couramment utilisées dans certains pays encore aujourd'hui.
Même si nous avons beaucoup évolué, que nous vivons des relations plus respectueuses et plus humaines entre adultes, et bien pour les enfants ce n'est pas du tout la même chose, puisqu'il est encore permis de les et de les humilier en toute impunité et ça dans presque tous les pays du monde.
La loi ne protège pas les enfants des violences physiques ni des violences psychiques, sauf dans 43 pays aujourd'hui, dont 27 pays européens, qui a déjà légiférer pour cela. Le pays précurseur étant la Suède puisque depuis 1979 la Suède ne tolère plus les punitions corporelles.
Alors le but de cette loi, parce que nous devons le rappeler, elle est avant tout d'aider les parents pour leur proposer des alternatives, des alternatives aux fessées, aux punitions, des alternatives donc à cette éducation violente.
Cette loi est également prévue pour promouvoir une éducation non violente et une éducation respectueuse des droits fondamentaux des enfants. Elle n'est pas là ni pour culpabiliser les parents, ni pour leur desservir, pour les sanctionner.
Absolument pas, d'autant que c'est une loi civile et pas une loi pénale. Donc, nous espérons que cette loi sera entendue de cette façon-là. C'est vraiment dans le but de nous aider. Avec une loi comme celle-ci, par exemple, il pourrait y avoir dans les maternités au même titre que les cours d'allaitement, les cours d'accouchement, parler du fonctionnement d'un enfant, du développement d'un enfant, des besoins d'un enfant et comment y répondre.
Les parents pourraient avoir ça à leur service dès la grossesse. Donc la France, comme je vous le disais tout à l'heure, elle n'a pas encore légiféré pour protéger les enfants, donc les frapper ou les humilier dans notre pays, dans notre société est tout à fait permis.
Et c'est justement parce qu'il y a cette permission sociale que l'on considère que c'est normal de les frapper, en tout cas que ce n'est pas anormal de le faire. Ça n'a jamais fait mal à personne, comme on dit.
Et alors que cette éducation-là, telle qu'elle est démontrée de partout où on va en France, du fait qu'il n'y ait aucune interdiction de frapper un enfant ou de l'humilier, et bien de ce fait, on pense que ça ne fait pas mal à l'enfant.
Si c'est pas anormal, c'est pas normal mais c'est pas anormal, finalement tout le monde le fait, ça doit pas faire si mal que ça. En fait, moi je vais vous montrer comment justement les humiliations et les menaces, je parle aussi des fessées bien évidemment, blessent les enfants et au plus profond d'eux-mêmes.
Comment justement ces traitements-là empêchent l'enfant à se développer comme il devrait se développer, comment il va être empêché dans son développement et même jusqu'à plus tard, à l'âge adulte, comment ça va lui nuire, parce qu'il n'aura pas des réactions sensées et humaines.
Alice Miller, elle a été la première à nous alerter à ce sujet. Il y a maintenant plus de 30 ans, quand elle a dénoncé la violence éducative comme étant la cause essentielle de la délinquance des adolescents et de la violence des adultes.
Et c'est grâce justement aux travaux d'Alice Miller que les chercheurs ont pu vérifier cela et valider du coup cette théorie. Et c'est comme ça qu'on a pu énormément évoluer sur ce sujet. Grâce au départ, aux recherches et aux travaux d'Alice Miller.
Alors la première question c'est, mais qu'est-ce que c'est que la violence éducative ? Tout d'abord, la violence éducative c'est un oxymore. Un oxymore, pourquoi ? Parce que ce sont deux mots qui se contredisent.
Il n'y a absolument rien d'éducatif dans la violence. Bien au contraire, la violence, elle déforme notre nature. Elle nous rend violents, elle nous rend agressifs, soumis ou malades.
La violence éducative, elle est utilisée par les adultes, par les adultes qui ont un rôle de rapport de pouvoir, un rôle de domination et des rapports de pouvoir avec leurs enfants.
Et pour y arriver, ils ont recours aux punitions, aux fessées, donc aux souffrances physiques et à des souffrances morales. Avec un mot du palmarès, les fessées, les punitions pour que l'enfant justement marche droit.
Les pratiques les plus répandues et approuvées par les parents sont les tapes sur les mains, les gifles, les fessées ou les menaces de fessées, les claques sur la tête, les claques derrière la tête, tirer les oreilles, tirer les cheveux, l'enfermer dans sa chambre ou l'enfermer dans le garage et le fameux au lit sans manger, sans souper qui est encore pratiqué.
Les violences plus dures comme la tête sous l'eau froide, la douche glacée, le martinet, les coups de pied, les coups de poing, les raclées, jeter l'enfant au sol ou contre le mur sont encore pratiqués, les de ceinture également, mais beaucoup moins avoués par les parents.
Les souffrances morales comme le rejet, l'humiliation, le chantage, les moqueries, les culpabilisations, c'est à cause de toi que je m'énerve, c'est de ta faute si papa boit, mais aussi les menaces d'abandon, la menace du policier, la menace du père Noël, l'indifférence ne plus parler à l'enfant, il y a des parents on appelle ça plus communément faire à la gueule, donc ils ne parlent plus pendant quelques jours, des heures ou quelques jours à leurs enfants, les privés de sortie,
les privés d'affection, toutes ces ces attitudes-là, elles laissent des traces tout aussi profondes et ravageuses parce que c'est la confiance en soi qui est touchée et l'estime de soi que l'on perd à force de petites phrases blessantes comme ça dont on ne se rend pas compte.
Tu ne mérites pas que je m'occupe de toi. Tu es laide quand tu pleures. Tu es mauvaise comme tonton Paul ! Sans confiance en soi et sans estime de soi, quand on devient plus grand, quand on devient adulte, on évite la proie de tous ceux qui veulent bien profiter de notre faiblesse.
Quand on a été ridiculisé dans notre enfance, et bien on vit le reste de notre vie avec des complexes, avec de la gêne, avec la peur d'être jugé par les autres, d'être ridicule quand on parle. Alors, on va rester en retrait parce qu'on a toujours peur de dire ce qu'il ne faut pas dire et d'être ridiculisé.
Alors on va chercher l'approbation des autres dans les conversations. On va dire comme eux, comme ça on risque pas trop d'être critiqué, d'être ridiculisé. Plutôt que de donner son avis, on restera en retrait dans la peur de ne pas le donner, peur du ridicule.
Bien avec ça finalement on peut rester bloqué toute sa vie, on peut rester bloqué dans nos peurs et se gâcher la vie avec, en n'osant jamais être soi-même et en s'empêchant de s'épanouir et de se réaliser dans notre vie.
Donc vous voyez, même les violences morales sont ravageuses, autant que les coups, autant que les fessées. Nous sommes encore nombreux aujourd'hui à penser qu'en faisant peur à l'enfant, ou en lui faisant mal par des coups, il va être suffisamment impressionné pour finalement obéir immédiatement.
Et qu'en même temps, comme il va être impressionné, on va le conditionner pour qu'il ne refasse pas le comportement qu'il vient de faire. Si je lui fais peur, il va s'arrêter.
Je vous le confirme, l'enfant va s'arrêter net, parce qu'il va être sidéré. Et ça marche, on va se dire. Si je lui crie dessus, si je le tape, si je lui fais peur, ça marche, il s'arrête.
Mais en fait, vous allez découvrir les conséquences de la sidération. Le problème, c'est que la sidération elle traumatise l'enfant. Plus l'enfant est petit, quand on lui fait peur, plus il est petit, plus on veut dire son cerveau est-il mature ? Et plus il est petit, plus, face à la peur, il ressent du stress.
Et les conséquences du stress, des violences, sont, même si ce ne sont que des menaces, tu vas voir ton père ce soir en rentrant, même ça peut sidérer l'enfant. je vais dire au père noël de ne pas passer.
Demain matin je t'amène à l'orphelinat. Vous savez toutes ces petites phrases qu'on a pu entendre dans notre passé. La sidération c'est sûr, elle bloque l'enfant et à ce moment-là quand l'enfant est dans cet état de sidération et bien le cortex, une partie du cerveau provoque une paralysie momentanée. Alors le cortex, il faut savoir que c'est notre matière grise qui nous permet entre autres de comprendre, d'analyser les situations, de prendre des décisions et d'agir.
Il y a aussi une autre partie du cerveau qui s'appelle l'hippocampe. Et quand l'enfant est sidéré, l'hippocampe aussi subit momentanément une paralysie. L'hippocampe c'est une partie de notre cerveau qui est aussi très importante puisqu'elle nous permet d'exploiter notre mémoire mais aussi les apprentissages et les repères dans l'espace.
Donc voyez, quand je fais peur à un enfant, ces deux parties essentielles du cerveau sont paralysées momentanément. En criant sur l'enfant, on le met dans cet état de sidération qui lui fait perdre tous ses moyens.
Il ne va plus pouvoir parler dans cet état de sidération, ni bouger, il va même mobiliser sa mémoire et ni même ses apprentissages. Tout est bloqué à ce moment-là. Il va se retrouver dans une totale confusion, complètement perdu. C'est pour les enfants qui vivent dans une ambiance comme ça à maison où on crie assez facilement, les parents sortent de l'ergon assez facilement et puis on crie sur l'enfant, fais ça, dépêche-toi, t'as fait tes devoirs.
L'enfant, le soir, apprend sa leçon et il arrive à retenir la leçon. On se demande des fois par quel miracle ils y arrivent, mais il a appris la poésie, il connaît par cœur.
Et le lendemain, c'est enfin, il arrive à l'école pour faire sa classe et le maître l'appelle au tableau. Thomas au tableau et juste le son de la voix du maître qui est sous forme un peu d'ordre, d'injonction, comme ça, peut rappeler le ton de la voix qui est utilisée à la maison et à ce moment-là, l'enfant est à nouveau sidéré comme quand papa lui parle, maman lui parle à la maison.
Alors qu'il savait parfaitement la poésie, la veille, chez lui en l'apprenant, Quand il arrive au tableau dans cet état de sidération, parce que toutes ses mémoires traumatiques se réveillent à ce moment-là, il sera incapable de restituer la poésie au maître.
La suite, vous la connaissez, tu n'as pas étudié, tu as zéro, tu ne fous rien, etc., alors qu'il savait tout parfaitement. Donc voyez, le danger de cette éducation, c'est que l'enfant, lui, va se sentir de plus en plus en insécurité, jusqu'à un moment donné, ne plus faire confiance à son parent.
Il va se remplir de colère. Une colère contre lui, parce qu'une colère contre ses parents, il ne peut pas, parce qu'il sait très bien que si jamais il se mettait en colère contre ses parents, il pourrait subir des représailles encore plus.
Donc, en fait, cette colère qu'il va magasiner va détériorer le lien entre lui et ses parents, Et ce lien peut devenir un lien épouvantable à l'adolescence. C'est d'ailleurs à ce moment-là en général que les parents se plaignent, parce que les enfants sont irrespectueux, et c'est même aussi une période pour certains parents où les parents ont peur de leur adolescent, parce que les adolescents à ce moment-là ont pris dessus, comme on dit.
L'enfant peut aussi, donc je vous disais, retourner cette colère contre lui-même, petit à petit, en commettant des délits, en consommant de l'alcool ou des drogues, en devenant bien évidemment agressif à son tour, ou à l'inverse, à l'inverse total, il peut rester dans cet état de peur en se en se soumettant et en devenant la victime des plus forts.
Donc, des persécuteurs, il y en a plein dans les rues. Et quand on fabrique des victimes à la maison, ces victimes-là arrivent toujours à trouver un persécuteur dehors. L'enfant, donc voyez un petit peu déjà la dynamique de relations et de violences que l'on peut installer à la maison, comment elle peut transformer ensuite sa vie avec les autres.
Nous savons à peu près tous que les enfants ont besoin d'un environnement chaleureux, sécurisant et affectueux à la maison pour bien se développer, pour que l'enfant se développe bien psychiquement. Mais jusqu'ici, on ne savait pas encore à quel point ce climat est totalement indispensable pour le bon développement du cerveau de l'enfant.
Nous ne sommes qu'au début de quelque chose de très nouveau. Tout ça, nous ne le savions pas. Moi, il y a 22 ans, je ne savais absolument pas encore tout ce que j'ai appris.
Maintenant, tout récemment, on ne savait pas tout ça, on ignorait. Donc nous sommes devant quelque chose de très nouveau aujourd'hui. il n'y a que quelques années seulement que les scientifiques cherchent ce qui se passe chez un bébé ou chez un jeune enfant, dans le cerveau d'un jeune enfant, quand il pleure, quand on ne le regarde pas, quand on ne s'intéresse pas à lui, quand il fait des crises tapageuses, quand il s'oppose à tout, quand il se roule par terre,
quand on lui refuse quelque chose, et quand on est parent et qu'on est confronté à des comportements comme ça de notre enfant, bien on est perdu, on est totalement impuissant et devant les crises de nos enfants, on ne se comporte pas toujours comme il faudrait se comporter.
En fait, surtout que nous avons toujours entendu dire que les enfants c'était des capricieux, de la mauvaise graine, qu'ils nous cherchent, qu'ils nous provoquent, qu'ils nous manipulent, enfin bref, les enfants le font exprès de se comporter comme ça.
Alors du coup, quand on a une image comme ça des enfants, que ce sont des véritables tyrans finalement, et bien on s'énerve vite, on punit, on menace avec le doigt, on fout droit du regard, pour justement garder le cap que mon enfant ne commence pas à déraper.
Aujourd'hui, en fait, on sait qu'il n'a ni rien, qu'ils ne le font pas exprès de se comporter comme ça, que ces comportements-là sont dus en partie à l'immaturité de leur cerveau.
Les recherches scientifiques nous le prouvent grâce aux imageries cérébrales, aux IRM, mais trop peu de gens le savent encore aujourd'hui. Il est urgent de faire passer l'information. C'est pourquoi je sais qu'après cette conférence, vous allez courir, le raconter à tout le monde, parce que comment se comporter en cas de crise tapageuse, en cas d'opposition ou de troubles qui apparaissent chez les enfants, il est urgent de le découvrir et de transmettre ces informations-là.
Il faut que les parents sachent comment fonctionne un enfant, tout Parce qu'en réagissant par des attitudes appropriées, en tout cas les premières années de la vie de l'enfant, alors les premières années de la vie, ce n'est pas jusqu'à 3 ans, mais c'est au moins jusqu'à 7 ans, donc vous voyez, on l'accompagne vraiment avec tout ce dont il a besoin pendant toutes ces années-là, et après tout, se fait tout seul finalement.
Eh bien, quand on accompagne un enfant comme on doit l'accompagner jusqu'à là, on aura l'assurance, ensuite on a l'assurance de participer à son bon développement. Mais surtout, de favoriser une adolescence stable et une vie d'adulte, une future vie d'adulte, équilibrée également. C'est une période qui est décisive pour l'enfant, ces premières années, au moins jusqu'à ces temps, parce que durant ces années-là, il va construire les fondations sur
lesquelles ensuite il va s'appuyer tout au long de sa vie pour puiser et réagir comme il doit réagir dans la vie. Alors si l'enfant est considéré comme un être fragile, qui nécessite d'être traité avec beaucoup de précaution, beaucoup d'empathie, si on le considère avec bienveillance, respect et amour, alors plus grand, il pourra toujours puiser dans ces réservoirs que nous les parents nous aurons rempli, parce que cet amour, ce respect et cette empathie se seront transformés, se transforment au fur et à mesure des années,
se transforment en estime de soi, en confiance en soi et en pouvoir personnel. Un pouvoir personnel, ça veut dire que j'ai la capacité de me défendre sans violence, de manière tout à fait naturelle.
Les enfants sont maléables, vulnérables et influençables. C'est pourquoi son entourage aussi est capital. Parce que son cerveau va enregistrer tout au long de ses premières années, toutes les expériences qu'il va vivre, qu'elles soient positives ou négatives, comme normal. Ça veut dire que si l'enfant est négligé dans ses besoins d'affection, dans ses besoins d'écoute et de respect, bien alors il négligera ses propres besoins mais aussi les besoins des autres.
Il n'aura pas l'empathie nécessaire pour écouter les autres et il n'aura pas non plus la notion du ni pour lui-même, ni pour les autres, puisqu'il n'aura pas ce modèle d'éducation. En revanche, si les parents savent accompagner les enfants dès son plus jeune âge, alors cet enfant aura la capacité de poursuivre des relations satisfaisantes dans sa vie.
il osera s'exprimer et n'aura pas peur de parler aisément. La vie affective donc vous commencez au fur et à mesure à comprendre, à voir qu'elle est très importante dans la construction de l'enfant et la vie affective elle commence in utero déjà parce qu'à ce moment là même dans le ventre de la l'enfant est très sensible à l'ambiance dans laquelle il vit.
Les conditions de la naissance sont aussi capitales pour la relation d'attachement. Si l'accouchement s'est déroulé dans un climat accueillant, cotonneux et chaleureux pour le bébé, en respectant le contact peau à peau dès sa naissance, sans être trop interventionniste et sans sur-médicaliser la maman pendant l'accouchement, alors la maman pourra être totalement disponible psychiquement et son système hormonal, le processus hormonal de la mère, pourra d'autant plus être réactive si on n'intervient pas dans le processus de la naissance.
La sécrétion de cytocine et de prolactine que vous entendez certainement souvent parler dans votre association, ce sont les hormones dites de l'amour, et bien elles favorisent immédiatement les échanges entre la et le bébé et les réactions naturelles aussi de la maman à protéger son bébé à la naissance en créant un lien de proximité et un lien d'attachement avec le bébé.
Si on n'intervient pas dans ce processus de naissance qui se met en place, et bien maman saura d'autant mieux répondre aux besoin de son bébé. Elle saura lui donner la têté, le consoler aussi avec beaucoup d'empathie.
En tout cas, autant de temps que personne n'interfèrera dans cette relation d'attachement qui démarre. Et si je dis ça, c'est parce que quand on vient d'accoucher, il y a souvent beaucoup de personnes dans l'entourage et qui sont des personnes certainement bien intentionnés qui sont là pour nous donner les meilleurs conseils qu'ils soient et on les a tout entendu mais laisse le pleurer ce bébé, ne le prends pas dans tes bras tout le temps comme ça,
ne lui donne pas de mauvaises habitudes les premiers jours, laisse le patienter pour qu'il ne s'habitue pas à ce que tu lui réponde tout de suite, ça on l'entend assez régulièrement quand on met un Mais en fait, un bébé qui pleure est toujours un bébé en détresse, car il a besoin de vous à tous les instants pour s'assurer qu'il est en sécurité.
Un bébé seul, ça n'existe pas, vous êtes son seul moyen de survie. Pour comprendre ce qui se passe chez un bébé qui pleure ou un enfant en crise, je vais vous parler de trois zones importantes du cerveau qui vont vous donner beaucoup plus de sens.
On va commencer par le cerveau alcalique. Son rôle, ou plus exactement le rôle de l'amidale cérébrale, c'est de détecter tous les dangers, alerter tous les dangers pour me permettre d'être alertée dès que quelque chose ne va pas et que je puisse réagir immédiatement, dès que je me sens en danger.
C'est grâce à cette amygdale cérébrale que le bébé peut nous appeler par ses pleurs dès qu'il sent un malaise, ou un malaise dans son corps, ou un malaise autour de lui, que ce soit j'ai froid, j'ai faim, mais aussi j'entends un bruit inquiétant ou au contraire le silence de la maison, voilà, j'ai besoin des bras, j'ai besoin de communiquer, j'ai j'ai besoin d'être touché, j'ai besoin de voir le visage de maman.
Dès que le bébé a un besoin comme ça, son amygdale cérébrale se met en état d'alerte et le bébé appelle par le pleur. Dès que nous avons peur ou que nous sommes anxieux, et bien cette amygdale cérébrale s'active et elle déclenche, au moment où elle s'active, elle déclenche une sécrétion d'hormones.
Ces hormones-là sont le cortisol et l'adrénaline. Et c'est grâce à ces hormones, qui sont l'adrénaline et le cortisol, qui circulent dans tout mon corps au moment où je me sens en danger, c'est grâce à ces hormones que je peux prendre la fuite, que je peux me défendre, attaquer, ou me figer selon le danger que je vis, de la même manière que les animaux.
Donc cette amygdale cérébrale, elle est très très importante parce qu'en fait, elle est là pour protéger ma vie. Alors, ça peut être à tous les moments de notre vie. Je rentre chez moi et en ouvrant la porte, je sens une odeur suspecte.
Tout de suite, cette amygdale cérébrale se met en état d'alerte. J'entends un bruit effroyable où une voiture me dépasse à toute vitesse. À ce moment-là, cette amygdale cérébrale se met en état d'alerte.
Vite, je sécrète au même moment de l'adrénaline et du cortisone pour pouvoir réagir, pour pouvoir me défendre. Alors, si je rentre chez moi, je vais vite me rapprocher du lieu où je sens l'odeur suspecte.
Si c'est une voiture, un bruit effrayant, je vais le mettre sur le côté. Sans réfléchir, en tout cas, grâce à cet amygdale cérébral, on va réagir sur le champ.
Et c'est quelques fractions de secondes plus tard que l'information ira au cortex. Le cortex est la deuxième zone du cerveau à retenir. Le cerveau archaïque, il est totalement mature à la naissance et c'est super parce que toutes les situations de danger ou tous les inconforts, l'amygdale se met en état d'alerte.
Le cortex, c'est la deuxième partie du cerveau dont je vais vous parler, lui va me permettre d'analyser les situations. Il va me permettre d'analyser si la menace est réelle ou pas. S'il n'y a pas de danger, tant mieux pour moi, j'aurais eu une belle frousse pour y est.
Je prends l'exemple de je suis tranquille à la maison, je suis dans le fauteuil, je lis un livre dans le silence et tout à coup un grand bruit. Et ce grand bruit va me permettre de me précipiter du canapé pour voir ce qui se passe.
Ça c'est le circuit de stress qui se met en route, c'est cette sécrétion d'hormones, d'adrénaline et de cortisone qui me permet de réagir, de faire le mouvement. Et je vais voir grâce à mon cortex qui permet d'analyser la situation que c'est le chat qui a fait tomber le vase.
Quand je peux analyser la situation, alors la tension tombe. Donc s'il n'y a pas de danger, comme je vous disais, j'ai eu une belle frousse pour Par contre, si le danger est réel, heureusement que nous avons cette amygdale cérébrale pour nous alerter parce que ça nous permet de réagir sur le champ immédiatement.
Et du coup, ça me permet peut-être de vivre une situation fatale si j'étais en réel danger. Quoi qu'il en soit, c'est ce cortex qui a pu identifier ce qui est en train de se passer.
c'est grâce à lui, dès lors que j'ai pu identifier, que je vais pouvoir rationaliser, ah ben oui c'est le chat effectivement qui a fait tomber le vase du coup ça va me rassurer de savoir que c'est le chat et que c'est pas un cambrioleur qui est rentré dans ma maison et du coup mes émotions, ma grosse frayeur s'estompe.
Mais vous avez tous eu des frayeurs, vous avez tous eu peur Quand il y a eu une circulation de stress comme ça, d'hormones, d'adrénaline et de cortisol, ça reste un moment dans le corps. On a pendant un moment les bras et les jambes qui flageolent, et ça modifie d'ailleurs cette sécrétion d'adrénaline et de cortisol, ça modifie tout mon organisme.
Parce qu'à ce moment-là, l'ébattement de mon cœur s'accélère, ma respiration mais aussi la tension artérielle. Tout l'organisme se modifie quand je suis en état de stress. Donc c'est après seulement que j'ai pu rationaliser grâce à mon cortex que ce qui était en train de se passer, que cette sécrétion d'hormones de stress peut s'arrêter. Mais comme je vous disais pendant encore un moment on sent les effets encore de cette adrénaline et de ce cortisol dans le corps.
Donc les hormones de stress on pourrait dire qu'elles sont bénéfiques et je vous dirais oui dès lors qu'elles sont sécrétées momentanément, au moment même où je vis une situation stressante dangereuse pour moi pour pouvoir réagir.
Le bébé, lui, il ne peut ni prendre la fuite, encore moins se défendre ou attaquer. Donc le seul moyen qu'il a pour pouvoir se défendre et bien c'est de pleurer pour qu'on lui vienne en aide et qu'on le rassure.
Parce qu'un bébé qui pleure, je vous disais tout à l'heure que c'était toujours un bébé en détresse, parce que son amygdale cérébral s'est allumé et il y a la circulation d'hormones de stress à l'intérieur de son corps. Je vous disais que dans la situation de stress, le cortex me permet d'analyser la situation, d'analyser ce qui se passe Et ça me permet aussi de vérifier si le danger est réel ou pas, pour arriver ensuite à me calmer.
Il faut savoir que le cortex de l'enfant est totalement immature à la naissance, et c'est seulement aux alentours des 5-6 ans que sa fonction commence à se mettre en place. Et on peut dire que le cortex atteint sa maturité entre 25 et 30 ans.
Ce qui veut dire qu'un bébé qui pleure ou un jeune enfant qui est menacé ou humilié est en situation de stress, et bien les hormones qui circulent dans son corps provoquent des des sensations douloureuses pour lui.
Ce que nous, nous sentons après une grosse frayeur, lui, il le ressent. C'est très douloureux pour lui, mais le pire, c'est que lui, il ne sait pas ce qui se passe à l'intérieur de son corps.
Et ça lui fait très, très peur. Ces hormones-là, comme je vous le disais, elles modifient tout notre organisme. Mais même chez le bébé, bien évidemment, même chez le jeune enfant.
Alors il a très peur de ce qu'il ressent et il va pleurer pour qu'on lui vienne en aide et qu'on le rassure à ce moment-là. C'est grâce au cortex que nous pouvons raisonner, faire des déductions, réfléchir, analyser les situations, décider, gérer aussi nos émotions, faire preuve de moralité, s'organiser, être logique, trouver des solutions, tout ça nous pouvons le faire grâce à notre cortex. Et le jeune enfant n'est absolument pas doté de ces capacités-là, de ces compétences-là,
parce qu'elle s'acquiert seulement aux alentours, elle commence pas à pas, aux alentours des 5-6 ans. Et cela jusqu'à 30 ans. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les adolescents réagissent principalement comme ça avec leurs émotions.
Ils ont des discours pas toujours très sympathiques, ils sont très pulsionnés comme ça. Parce que justement, leur cortex n'est pas encore suffisamment mature pour pouvoir s'exprimer et réagir de manière tempérée.
Le langage des ados n'est pas toujours mesuré, justement, à cause de l'immaturité de ce cortex. Quand ils parlent entre eux et qu'ils se disent « toi t'es pas fini », ils n'ont pas l'idée de ce qu'ils disent en disant C'est pourquoi le bébé ou le jeune enfant a intérêt à trouver un parent informé et compréhensif sur ce qui se passe à l'intérieur de lui pour justement faire ce que son cortex à lui ne peut pas encore faire, c'est à dire le calmer, c'est nous qui allons devoir faire ça, le rassurer pour qu'il puisse tempérer
son émotion. Parce que c'est seulement à partir du moment où l'enfant est rassuré que cette sécrétion d'hormones de stress va pouvoir stopper, va pouvoir s'arrêter. C'est là qu'il ne faut surtout pas écouter les fameux conseils dont je vous parlais tout à l'heure de l'entourage, donc de ceux qui ignorent totalement Comment fonctionne un enfant ?
Tant qu'il est petit, l'enfant qui a peur est incapable de raisonner, de se raisonner et de se calmer tout seul. Il n'est absolument pas outillé pour être capable de gérer ses émotions tout seul, en prenant du recul, en relativisant comme nous les adultes pouvons le faire.
Alors, un papa me raconte une histoire en me disant, il m'arrive un drôle de truc avec ma petite fille de 5 ans, j'ai voulu lui faire plaisir et je l'ai amené au cinéma voir un film qui s'appelle Nanny McPhee.
Je ne sais pas si vous connaissez ce film, moi je ne le connaissais pas et en fait Nanny c'est un personnage qui est assez semblable à celui de Mary Poppins, avec la différence, donc elle est là pour s'occuper des enfants, dans la maison.
Et en fait, Nanny McPhee, elle est très sympathique, mais elle est très disgracieuse. Elle a une grosse verrue sur le nez, elle a une dent saillante, enfin bref, elle a la panoplie complète, en tout cas, pour tracasser les pensées de cette petite fille de 5 ans dont le papa me parle.
Parce que cette petite fille de 5 ans, après avoir vu le film, elle est persuadée que cette nanny McPhee, elle existe. Parce que le papa, lui, ne savait pas qu'à 5 ans, le cerveau n'est pas encore suffisamment mature pour distinguer l'imaginaire du réel.
Alors, la petite fille, elle a peur terriblement de cette femme et que, notamment, cette femme rentre dans sa maison pour qu'elle vienne lui faire du mal la nuit et elle n'arrête pas de parler de cette nani makfi.
Donc, le papa, pour l'aider, lui dit « Écoute, maintenant, il te faut sortir cette nani makfi de ta tête, tu ne vas plus en parler et tu verras que si tu n'en parles plus, tu n'auras plus peur.
En fait, on sait très bien, tout ce qu'on a beau faire comme ça, ça ne marche pas. On croit qu'il suffit de ne plus en parler pour ne plus avoir peur. Mais non, on constate que ça, ce n'est pas possible, ça ne marche pas comme ça.
Donc comment fait-on, en fait, pour nous libérer de cette angoisse ? Pour libérer nos enfants de ces angoisses-là quand ils ont bu ça ? Eh bien, en fait, on en parle et on en parle autant de temps que le sujet est présent dans la tête de l'enfant pour pouvoir le rassurer et le calmer et c'est pareil pour nous quand nous avons un sujet d'angoisse qu'est ce que nous faisons nous prenons le téléphone et nous appelons notre premier ami pour en parler justement et bien les enfants c'est pareil et c'est seulement
quand on peut en parler qu'alors je peux commencer à relativiser un petit peu. Pour pouvoir me rassurer et calmer toutes mes émotions qui circulent en moi, je vais en parler peut-être longtemps et voir même à quel événement me rattache finalement ce personnage, ce qui m'angoisse, je peux l'associer à autre chose.
dire mais oui effectivement la première fois que j'ai vu mamie machin, mamie ou une vieille dame dans la rue elle était laide et j'ai eu peur, ça peut évoquer une autre situation d'angoisse. Donc à 5 ans on ne peut pas encore discerner le réel de l'imaginaire, blanche neige elle existe pour de vrai dans la tête des enfants, le loup il mange pour de vrai la chèvre de Monsieur Seguin.
La preuve, le Père Noël, il existe aussi dans la tête des enfants d'autant que les adultes, ils sont très forts, ils mettent beaucoup de cœur à l'ouvrage pour que les enfants y croient et même que certains parents se servent de ce personnage comme une arme de plus pour acheter la paix et l'obéissance des enfants parce que je peux lui dire de ne pas passer. En voulant ignorer le sujet d'angoisse, en pensant qu'en n'en parlant plus, ils vont oublier, on fait tout le contraire.
On le maintient et on amplifie finalement l'état de stress en faisant ça. C'est pourquoi dans les premières années de la vie de notre enfant, nous devrons mettre notre cortex à leur service pour remplacer le leur qui est un corps totalement immature, en attendant qu'il le deviennent.
Mais alors comment fait-on pour prêter notre cortex à notre enfant ? Imaginons notre petit explorateur qui rentre dans le bureau de son papa pendant que nous sommes occupés par ailleurs et il voit une lampe sur le bureau.
Et comme il a déjà vu qu'en appuyant sur le fameux bouton ça faisait des super trucs, ça s'allumait, ça s'éteignait, comme il n'a pas accès à l'interrupteur et qu'il était très intelligent, il va tirer sur le cordon pour avoir accès à l'interrupteur.
Évidemment, patatrasse, la lampe tombe, l'enfant hurle et moi qui s'occupais par ailleurs, l'amygdale cérébrale s'éclaire de la même manière, attention, danger, vas-y vite, j'ai entendu un grand bruit et ça pleure en plus, et c'est Et c'est grâce à mes hormones d'adrénaline et de cortisol qui circulent dans mon corps que je vais pouvoir me déplacer jusqu'au lieu où j'ai entendu le bruit.
Et là, qu'est-ce que je vois ? Grâce à mon cortex, je peux analyser la situation et je me dis « waouh, il a dû tirer sur le cordon, la lampe est par terre et mon enfant hurle. » Je vérifie, l'enfant ne s'est pas blessé, donc il hurle de peur.
Le bruit de la lampe l'a effrayé. À ce moment-là, de la même manière que chez nous, dans le corps de l'enfant, après ce grand bruit, circulation d'adrénaline et de cortisol dans son corps, qui fait qu'il est en état de stress très important à ce moment-là, donc il appelle par le pleurs Attention danger, je suis en danger, maman arrive. Tout son organisme se modifie, comme nous, quand on arrive, on a le coeur comme ça.
Mais comme nous, on a notre cortex bien développé, et bien quand nous allons nous approcher de l'enfant, ça va être de le rassurer, parce que nous avons appris ça aujourd'hui. Alors le rassurer, ça a dû te faire tellement peur d'entendre ce grand bruit, c'est pourquoi tu pleures et tu trembles parce que vous savez quand on a été sous tension comme ça après une grosse frayeur, on a tout le corps qui tremble comme ça, oui tu trembles parce que c'est toute la peur qui est à l'intérieur de toi.
Donc laissez-le évacuer cette grosse tension qu'il a magasinée en attendant que la lampe tombe. Laissez-le décharger de cette tension en pleurant, en tremblant. Parce que c'est sa seule façon d'arriver à se calmer.
Si vous arrivez près de lui calmement en lui disant tu as dû avoir très peur, ça fait très peur et oui je vois que tu trempes, moi aussi tu vois je trempe. C'est la peur qui s'en va. En lui montrant ce qui se passe à l'intérieur de lui, vous pouvez le rassurer et surtout si vous le rassurez, stopper cette sécrétion d'hormones de stress qui circule en lui.
Si vous arrivez, par contre, sur le lieu de la situation, en criant sur l'enfant en disant qu'est-ce que tu as fait encore ? Mais qu'est-ce qui t'a pris de tirer sur le cordon ?
Eh bien, l'enfant va rester, du coup, dans cet état de stress, donc circulation en continu. vous allez amplifier c'est vraiment mettre de l'huile sur le feu en fait parce que vous allez le laisser sous tension et un enfant qui est sous tension c'est pas évident à gérer après dans la journée donc c'est pourquoi on a intérêt à y aller, à aller sur la scène où on a entendu le bruit avec tout notre calme pour stopper cette sécrétion d'hormones chez lui.
En accompagnant l'enfant dans ce processus de décharge, nous avons l'assurance ensuite de ne pas passer une soirée épouvantable ou de devoir assister toute la nuit debout à faire des cauchemars aussi. A l'inverse, si vous arrivez sur la situation en criant, l'enfant va rester sous tension et vous risquez de passer une mauvaise fin d'après-midi si ça s'est passé en début, une mauvaise soirée, parce qu'il va être très irritable, hyperactif, grincheux, parce qu'il va rester sous tension.
En fait, pourquoi les enfants sont comme ça ? c'est parce que souvent ils sont restés sous tension d'une situation où il n'a pas pu être rassuré. Son cerveau émotionnel, qui est la troisième zone à connaître, cette zone-là, comme le cortex, est totalement immature à la naissance.
Cette zone-là est absolument pas encore suffisamment formée, donc du coup l'enfant n'est pas capable de gérer ses émotions quand il va vivre des situations. Alors lui va les vivre de manière très disproportionnée, ça veut dire que quand il va être triste, ça sera de véritables détresses.
Quand il aura peur, ça sera de véritables paniques et quand il sera angoissé, ça va être de véritables angoisses. Adultes, quand nous avons peur, quand on est angoissé ou triste, et bien c'est notre cortex qui nous permet de gérer nos émotions en prenant du en analysant les situations ou en relativisant.
Imaginons, j'ai perdu ma carte bleue. Imaginez-vous le grand stress. Ça nous est arrivé à pas mal d'entre nous. On l'a égaré, on ne sait plus où on l'a mis. Je me rends compte que je n'ai plus ma carte bleue. À ce moment-là, l'amidale cérébrale d'ingé s'écrétion, toujours pareil, de cortisol et d'adrénaline à ce moment-là qui circule, mais Et mon cortex me permet de faire une analyse corticale qui va me permettre de me dire, de faire un petit peu tout le tour, tout le chemin,
mais attends, où c'est que j'ai pu la laisser ? Voyons, je vais reprendre un petit peu ce que j'ai fait dans ma journée pour savoir où j'ai pu égarer la carte bleue. Et je vais me rendre compte qu'en refaisant l'itinéraire de ma journée, ah ben oui, c'est vrai la dernière fois j'ai mis de l'essence dans la voiture à l'automate et après j'ai pas eu le temps de la remettre dans le porte-monnaie et je l'ai laissé dans la boîte à gants de la voiture.
Et quand j'ai pu retrouver la carte bleue je peux me rassurer, je peux tempérer mes émotions, je peux me rassurer parce que mon cortex a fait cette démarche corticale là. C'est C'est pourquoi jusqu'à 5 ans, l'enfant ne peut pas tout gérer ses émotions.
Elle se présente à lui comme de véritables tempêtes émotionnelles. Alors l'enfant, lui qui ne peut pas faire cette démarche corticale pour se défendre, eh bien il tape, il mort, il se roule par terre, il crie dès qu'il se sent menacé ou contrarié.
Imaginons deux enfants dans le bac à sable, Paul et Rémi, et puis ils jouent tranquillement quand Rémi sort de son sac le nouveau tamis jaune que maman lui a acheté. Paul voit ça et Paul se précipite bien évidemment chez Rémi pour lui piquer ce beau tamis jaune.
Mais Rémi il va se défendre, il ne veut pas prêter ce tamis jaune, il est à lui. Qu'est-ce qu'il va faire pour se défendre ? Il va le pousser, il va peut-être le mordre, lui tirer les cheveux.
En tout cas, voyez son amygdale cérébral, donc le savoir cahier, que ça fonctionne super bien, il se sent en danger, il va attaquer.
C'est très primitif, mais c'est comme ça, c'est comme les animaux à ce moment-là. Je vais garder mon tamis jaune. Et pour ça, il est capable donc de faire acte d'être violent pour pouvoir le récupérer.
Parce qu'à trois ans, cette scène-là, elle est tout à fait normale, parce que les émotions de joie ou les émotions de colère, elles s'expriment bruyamment à cet âge-là. L'enfant, il n'est pas du tout outillé cérébralement pour se dire « oui, je vais peut-être lui laisser un peu, ou alors non, je vais lui dire de patienter un petit peu, je le lui prêterai tout à l'heure.
Non, l'enfant n'est pas outillé pour pouvoir se dire ça. De la même manière, quand Paul veut lui prendre le tamis, il n'est pas outillé non plus pour dire je vois que tu as un nouveau tamis, ça m'intéresserait de jouer avec, mais bon, comme tu viens de le prendre je vais te laisser un moment et non ça ne peut pas il ne peut pas, il n'est pas outillé du tout pour pouvoir résonner comme ça c'est totalement encore immature chez lui, il va riposter aussi violemment pour
autant pour emprunter le râteau, le tamis que l'autre pour pouvoir déprendre son tamis. Bien évidemment les parents qui assistent à ça on va pas, on va être à être vigilant, à ce que les enfants ne se fassent pas mal entre eux quand même.
Donc, nous allons réagir, mais avec calme devant une situation comme ça. C'est pas la peine, en tant que parent, de partir sur des explications alambiquées pour leur dire, alors tu sais, on prête ces jouets, ou tu sais, tu vas voir, tu peux lui prêter un peu et puis après il te le rendra.
Est-ce que toi tu peux patienter? Non, ne partez pas là-dedans, vous les séparez déjà, c'est la première des choses avant qu'ils se fassent vraiment mal. Juste leur dire il y a d'autres façons de prendre un tamis mais vous en restez là, c'est pas la peine d'épiloguer parce que eux ils sont dans une émotion à ce moment-là et quand on est dans cet état émotionnel on n'entend pas, on ne comprend pas ce qu'il est en train de se dire, juste vous les séparer et ça ira.
Si l'adulte à ce moment là crie, tape, punit l'enfant parce que justement ils se sont tapés entre eux et on tape pas, eh bien il ajoute de l'agressivité chez l'enfant qui va être encore plus énervé et surtout toujours incapable d'écouter.
Donc, attention de ne pas laisser vos enfants sous tension. Ce qui est possible de faire, vous avez dit donc, il y a d'autres façons de faire, mais le soir, quand vous allez rentrer chez vous, vous pouvez reprendre cette situation, non pas en rassayant pour lui faire tout un discours à ce sujet, mais vous allez prendre des personnages, par exemple et faire jouer les personnages dans le bac à sable et vous allez reprendre la scène Oh Rémi,
je vois que toi tu as, alors vous pouvez changer les prénoms bien évidemment, je vois que tu as un beau râteau par exemple, j'aimerais tellement pouvoir y jouer à ce râteau, ah oui, ah ben oui tu pourras mais alors je veux bien, je veux bien te le prêter si toi tu me prêtes ton Ah ben d'accord, oui mais ton seau est à peine.
Ah ok, et alors du coup on pourrait faire des beaux pâtés tous les deux. Voyez, reprenez la scène en faisant jouer des personnages juste pour lui montrer finalement, non pas en lui disant je vais te montrer comment il te faudra faire de même au bac à sable, ce n'est pas la peine.
Apprenez-lui en jouant de cette manière là, Au fur et à mesure que son cerveau évoluera, il retiendra ces scènes-là, n'ayez crainte de ça. Plus le parent sera empathique avec l'enfant dans les réactions, justement comme ça, plus il va permettre à l'enfant de faire maturer son cerveau.
Autant sur le plan cognitif, donc le plan cognitif ce sont les facultés d'apprentissage mais aussi les facultés de mémoire, de pensée et de réflexion, que sur le plan affectif, donc nos émotions, nos sentiments et nos capacités relationnelles.
Donc plus vous serez empathique dans des situations conflictuelles comme ça et plus vous développerez ces deux parties du cerveau qui sont essentielles. Le maternage, mais aussi le paternage, parce que je sais qu'aujourd'hui les parents sont, les papas sont très investis dans la relation à leurs enfants.
Eh bien, le maternage et le paternage permettent à votre enfant, à vos enfants, de réguler autant leurs émotions que de réguler petit à petit leur stress, mais aussi va permettre de développer les neurones pour apprendre et avoir une bonne mémoire.
Alors voyez, l'intérêt qu'on a à rester patient, même dans les grosses crises comme ça, parce que nous développons ces parties-là du cerveau qui sont essentielles pour son devenir. Les capacités de materner, ce sont les capacités à savoir prendre soin de l'enfant, de le consoler, de l'apaiser. Donc à chaque fois que papa, maman seront bienveillants, aimants et soutenants, et bien ils participent à la maturation de leur cerveau.
De leur cerveau notamment archaïque, celui qui est plus primitif, qui est là pour s'attaquer. Plus vous répondrez avec patience et empathie aux enfants en crise et plus ce cerveau archaïque s'apaisera.
Plus vous serez empathique avec l'enfant, plus il deviendra sociable et il aura de moins en moins de comportements agressifs pour se défendre. Cette agressivité je vous disais qu'était naturelle mais elle peut être totalement amplifiée si le parent réagit avec brutalité. Donc le maternage va développer autant les capacités intellectuelles que les capacités à réguler les émotions de votre enfant, mais aussi les capacités à faire face de plus en plus au stress.
Catherine Guéguet, dont je parlais tout à l'heure dans son livre pour une enfance heureuse, elle nous dit qu'entre 5 et 7 ans, il est très important de faire preuve d'empathie avec son enfant, car c'est justement à cet âge-là, entre 5 et 7 ans, que le cortex orbitofrontal, parce qu'il se trouve derrière les orbites ici, que ce cortex-là orbitofrontal se développe.
Le cortex orbitofrontal, il nous permet de savoir aimer, d'avoir de l'empathie, de pouvoir tempérer nos émotions, de pouvoir prendre des décisions, d'avoir un sens moral.
En fait, ce cortex orbitofrontal nous permet tout simplement d'être pleinement humain, ce que nous manquons cruellement pour la plupart d'entre nous. Si on crie sur l'enfant qu'on ne lui parle pas bien et bien cette zone du cerveau ne se développera pas de manière optimale et du coup l'enfant aura du mal à être sympathique et même empathique.
Le stress est extrêmement dangereux et toxique pour un cerveau immature. Et cela, depuis la grossesse jusqu'à la petite enfance, dès que le stress est trop important, et bien il détruit des neurones. Voyez la dangerosité de ce cortisol et de cette adrénaline. Les éducations stressantes à l'école, les professeurs qui punissent ou humilient en tapant, comme j'ai entendu récemment avec un cahier sur la tête pour réveiller l'enfant ou pour qu'il puisse réciter la leçon, eh bien, tous ces moyens-là déclenchent
du stress chez l'enfant, ou alors en le pressant à l'école aussi pour donner des réponses. En fait, en faisant ça, les professeurs ne se rendent pas compte, mais ils empêchent l'enfant de penser, il l'empêche de mémoriser et d'apprendre.
Parce que le stress, il agit directement sur l'hippocampe, l'hippocampe, la fameuse zone de l'apprentissage dont je vous parlais tout à l'heure. En stressant l'enfant à l'école, en fait, sans s'en rendre compte, l'enseignant l'empêche d'apprendre.
Il en est de même pour les parents qui crient en faisant faire les devoirs à leurs enfants. À ce moment-là, comme je vous le disais, l'enfant est momentanément paralysé et du coup, il est empêché de retenir, il est empêché d'apprendre et de mémoriser.
Des situations de stress, les enfants en vivent pas mal, on en voit partout, et nous avons régulièrement vu des situations de stress que l'on peut voir fréquemment, c'est dans les supermarchés.
Imaginons l'enfant qui veut quelque chose que le parent ne veut pas acheter, et qui et pour des raisons qui sont tout à fait d'ailleurs justifiées. Avant de rentrer dans le magasin, je vois ça un jour, le papa, il dit à sa petite fille de 4 ans, bon, il se baisse, prend le soin de se baisser à son niveau et lui dit voilà, aujourd'hui je te préviens, je ne vais rien t'acheter, donc ce n'est pas la de me demander quoi que ce soit,
je ne te l'achèterai pas. Ma petite fille, oui. Est-ce que tu me promets de ne rien me demander? Oui. Bon, ok, ça va. Et on rentre dans le magasin.
On n'a pas fait cinquante mètres que la petite fille voit le nounours rose dans le magasin. Évidemment, elle se précipite vers lui, elle lâche la main de papa, elle oublie en fait la promesse qu'elle a tenue, alors la promesse en fait elle a tout simplement répondu au ton de la voix de papa et à l'injonction de papa et tout à coup elle a oublié le ton que papa a utilisé, elle a oublié son injonction et elle part chercher ce nounours rose.
Qu'est ce qui se passe ? Pourtant papa il avait pris toutes les précautions et la petite fille avait dit Donc déjà à 4 ans, il faut savoir que l'enfant n'est pas outillé cérébralement pour pouvoir tenir des engagements et faire des promesses.
Mais à ce moment-là, quand l'enfant voit le nounours rose, elle a une sécrétion d'hormones, alors là ce ne sont plus les mêmes, ce sont des opioïdes, ce sont les hormones de la famille il y a des opiums, deux opiums.
Et quand on secrète ça, on est dans le plaisir, on veut, on convoite, on va avoir. Imaginez que vous, vous avez quelque chose que vous adorez, moi c'est les chocolats liégeois.
Quand je sais que je vais manger ça, j'en salive à l'avance. Même si ça ne réussit pas bien, mais bon. Et l'enfant, ce moment-là, dans le chocolat et je vois qu'elle va manger quelque part.
Donc ce processus hormonal qui est sécrété à ce moment là fait qu'elle oublie tout le reste et en plus dès qu'elle prend le nounours dans les bras elle va sécréter en plus des hormones de l'ocytocine, l'hormone dite de l'amour et quand elle va le toucher c'est fabuleux pour elle.
Mais là papa lui il n'entend pas d'une autre manière parce qu'il avait quand même pris les précautions pour lui dire etc. Donc que fait papa ? Il va lui arracher le nounours des mains en le remettant à sa place en disant tu m'avais promis. Donc la petite fille à ce moment là va déclencher une crise fulgurante en général, ça se roule par terre, ça tape. Et là bien évidemment un papa pas informé va dire je ne veux pas en faire une capricieuse donc je vais à ce moment là la canaliser.
Par je la prends, je la mets via la main dans le chariot ou à la grondade. Mais en fait qu'est ce qui se passe? Quand papa arrache le nounours des bras, cette chute d'opioïdes et d'ocytocine est tellement brutale que ça déclenche énormément de douleurs autant dans son cerveau que dans son corps.
Et c'est cette douleur-là qui touche tous les centres de la douleur, qui provoque cette crise. Quand les centres de la douleur sont touchés, ça provoque cette crise impressionnante des enfants. La frustration, elle ne peut pas se manifester autrement que par des cris, des pleurs, des coups.
C'est un processus qui est incontrôlable, car la structure mentale est inachevée, donc les enfants ne le font pas exprès. ils n'ont pas suffisamment un cerveau mature pour vous manipuler. Ils en sont loin de ça.
Le cortex n'est pas encore suffisamment développé pour avoir ces capacités là. La manipulation ça vient bien plus tard, bien bien plus tard. Donc ça c'est une réaction en fait naturelle à la frustration.
Alors ce processus, bien évidemment, il est exaspérant pour les parents, parce que quand on voit son enfant réagir comme ça, ça nous fait un peu monter au rideau, nous les parents.
Et bien à ce moment-là, même si c'est exaspérant pour nous, nous devons accompagner l'enfant avec notre calme pour pouvoir désamorcer tout ce qui est en train de se passer. Parce que chez l'alpha, il s'agit d'un véritable tsunami de douleurs dans son corps et dans son cerveau à ce moment-là.
Alors comment on fait pour finalement faire face à cette situation ? Vous avez deux possibilités, Soit vous savez maintenant que quand ils prennent quelque chose, les opioïdes font qu'il a pris et là vous vous dites qu'est-ce que je fais, j'arrache maintenant ou à la caisse ?
C'est-à-dire je déclenche une crise au début du marché ou à la fin ? Parce que la crise vous y aurez droit bien évidemment. Je ne suis pas là pour vous dire vous allez avoir des enfants super sages après la conférence, pas du tout.
Parce que c'est un processus naturel en fait, la réaction est tout à fait naturelle. Alors, à vous de vous poser les bonnes questions, à quel moment je retire le nounours ? Mais peut-être qu'en arrivant à la caisse, vous pouvez dire que le nounours va rester dans sa maison et qu'il le retrouvera peut-être quand il y retournera.
Ça ne veut pas dire qu'il ne va pas pleurer ? Pas du tout, on est bien d'accord avec ça, cette frustration va déclencher ce processus de crise. Mais la crise ne me fait pas acheter le nounours non plus, d'accord ? Il me suffit de contenir mon enfant, quand l'enfant, quand papa ne savait pas ça, l'enfant est déjà par terre en train de se battre comme ça, parce que ce processus est en place, et bien il va falloir contenir l'enfant, si c'est possible de le faire,
sans qu'il vous blesse. Faites attention qu'il ne vous donne pas des coups de pied. Le contenir calmement, mais en même temps efficacement, solidement, pour arriver jusqu'à le calmer.
Alors bien évidemment, vous pouvez faire ça dans le magasin, mais vous pouvez faire ça si vous êtes trop gêné, vous vous prenez votre enfant sous le bras et vous allez sur le parking pour qu'il puisse à ce moment-là se libérer de cette tension qui l'envahit dans son corps à ce moment-là.
Si vous êtes gêné d'accompagner votre enfant dans le supermarché, parce qu'il est utile de vous dire tous les yeux vont être tournés vers vous et c'est ça en fait souvent c'est le regard des autres qui nous fait le jugement des autres qui nous fait réagir.
Donc, à vous de voir si vous amenez l'enfant sur le parking, mais en tout cas, lui, il va avoir besoin de se libérer de cette tension. Si vous arrivez à calmer l'enfant en le contenant, vous connaissez le processus, vous dites que c'est normal qu'il réagisse comme ça, les sanglots vont vite venir.
Les sanglots, cette tristesse dont il va être envahi après, va lui permettre en fait de faire le deuil de l'objet qu'il n'aura pas. Donc c'est un processus tout à fait naturel chez l'enfant.
Et si vous savez l'accompagner dans ça, dans cette réaction, très vite il deviendra à nouveau souriant et détendu. Le supermarché est un concentré de stimuli pour les enfants, de stimuli de son, de tensions aussi qui sont perceptibles chez les adultes qui ont envie d'être ailleurs que dans un supermarché.
Des cellulites d'odeur, de couleur, d'objet qui viennent en saturation au niveau du cerveau de l'enfant et qui excite tous ses neurones. Alors pour arriver à récupérer un petit peu le contrôle de ce qui est en train de se passer dans sa tête, et bien il va tenter du coup de se focaliser sur un objet.
Donc il va vouloir le bonbon ou il va vouloir le nounours Parce que c'est tellement trop d'informations pour lui à ce moment-là dans le supermarché qui viennent le parasiter et provoquer vraiment une douleur chez lui, il va se focaliser sur une seule chose.
Laissez-le faire avec cette chose-là jusqu'à la caisse au moins. Au contraire, vous allez gagner du temps, vous allez être tranquille parce qu'il va se focaliser sur la Le problème, c'est que l'adulte, lui, il pense que l'enfant fait une comédie, alors du coup il censure, il réprimande, il tape, mais en faisant ça, du coup, le parent, il empêche le cerveau de son enfant de maturer.
Alors qu'il suffit de reconnaître son mal-être, le mal-être de son enfant, ou en ouvrant un dialogue pour le calmer, ben oui, je vois que ce nounours-là, t'aurais vraiment souhaité peut-être l'avoir, c'est même pas dit qu'il voulait ça, il voulait peut-être juste, je vois que ça te fait de la peine de quitter ce nounours, ben oui, je comprends, c'est dur pour toi, mais je continue, mais je ne la câble pas dans ce moment-là, parce que ça sera encore pire,
tu as le droit d'être fâché, tu aimerais tellement garder ce nounours avec toi, c'est tellement plus facile à dire, puis parler des désirs de vos enfants, ça ne coûte jamais rien. Ce sont des petites phrases, tout ça qui apaisent les enfants, ça ne veut pas dire de céder ou de laisser faire, car elle est là en fait la crainte des parents et des grands-parents encore plus, qui sont une génération encore plus loin de toutes ces informations-là que je suis en train de donner.
Alors, du coup, dans ces craintes-là, on brandit vite la peur de l'enfant roi, la peur de l'enfant tyran. On brandit vite comme ça le drapeau rouge « attention à vous ».
Donc, ce sont que des étiquettes qui ne font que juger les enfants. On parle de tyran, en fait, ou d'enfant quoi, quand on ne sait pas comment fonctionne un enfant. Comme vous l'avez tous compris maintenant, l'enfant a des comportements très réactifs à cause de l'immaturité de son cerveau.
C'est cette immaturité et ces circulations d'hormones dans son corps qui le font réagir de cette façon-là. Le problème c'est que ces comportements là sont interprétés par les passants comme étant de la tyrannie de la part des enfants et du laxisme de la part des parents qui seraient soi-disant sans limite.
Parce que dans la tête des gens le mot limite et bien ça veut dire fesser aux punitions. Quand on vous dit vous devriez lui donner des limites, très souvent ça se résume à ça. Eh bien c'est une bien piètre version que nous enseignons à nos enfants que les limites sont des fessées ou des punitions.
Transmettre des valeurs, donner un cadre et des limites, ça ne se fait pas à coup de menaces, à coup d'humiliation ou de punition, mais ça se fait avec empathie, douceur, calme et patience.
Montrer l'espace dans lequel il peut jouer, plutôt que de lui montrer où il ne peut pas aller et lui donner du coup l'envie de transgresser l'interdit. Ce matin, je me suis arrêtée sur l'autoroute pour que mon mari puisse boire un café et Et pendant ce temps, en attendant à la machine à café, je vois un papa qui donne une sucette de coca à une petite fille, je ne sais pas, je dirais entre 18 mois et 2 ans.
et puis il lui dit je te la donne mais tu ne cours pas avec. Et la petite fille elle part en cours. Pourquoi ? Parce que les enfants n'entendent pas la négation. Elle a entendu quoi ?
Cours, sucette, tu ne cours pas avec la sucette. Sucette et cours, elle a entendu ça. Un enfant n'entend pas la négation. Donc voyez, montrez ce qu'ils peuvent faire de manière positive mais pas ce qu'ils ne peuvent pas faire parce que vous pouvez avoir l'assurance qu'ils vont faire ça puisqu'ils n'entendent pas la négation.
Dites stop plutôt que non parce que ça ne donne pas du tout la même signification dans le cerveau d'un enfant. Le parent il dit non à tout bout de champ. Dès qu'il est petit qui commence à crapahuter dans la maison, c'est non, non, non. Donc du coup, même quand on ne pose pas de questions, même quand on ne demande rien, on répond souvent par non aux enfants.
Proposez des alternatives à vos enfants pour qu'ils aient la sensation de choisir, d'avoir un peu de pouvoir personnel. Tu commences par mettre les bottes ou le manteau. Si vous lui dites tu mets les bottes, il ne voudra pas peut-être.
Si vous lui dites, tu préfères mettre d'abord les bottes ou le manteau, il entend deux choses et il peut choisir, c'est lui qui choisit, c'est lui qui fait la démarche d'eux. Donc ça n'aura pas du tout le même sens, ça va lui montrer, en fait, ça lui permet de montrer sa personnalité.
L'enfant a besoin de prendre des décisions de par lui-même. Je limite, voyez-vous, à deux choix possibles, mais je pose des limites aussi. Un enfant à qui on céderait à tous ses désirs ne pourrait pas non plus construire son identité.
Il ne connaîtrait pas les codes pour vivre dans notre société, dans son environnement, ni les frustrations, les frustrations qui lui permettent, qui est le premier pardon, qui est le premier vecteur finalement de la connaissance de soi.
Beaucoup de parents n'osent pas refuser à leurs enfants parce qu'ils ont peur, peur du conflit, peur d'église, peur de faire souffrir, peur de ne plus être par leurs enfants. Ce sont des parents qui ont besoin d'aide également pour accompagner leurs propres enfants car ils sont restés enfermés dans leur souffrance du manque ou du rejet de quand ils étaient petits.
L'enfant est en colère car quand il est frustré. La colère c'est l'émotion naturelle à la frustration, qui permet justement d'accepter la frustration, la fameuse période du deuil dont je vous disais tout à l'heure, mais quand c'est l'heure, c'est l'heure, même si ça fait grincer des dents. Oui, tu as raison, c'est vraiment frustrant pour toi de ne pas pouvoir regarder la télé plus longtemps, mais là c'est l'heure de manger.
L'enfant ne peut pas comprendre que vous ne vouliez pas qu'il dessine sur les murs ou qu'il ne mange pas avec ses Il aura besoin de temps et de patience pour se familiariser avec son environnement et les codes également de la maison.
En tout cas, il en aura besoin autant de temps que son cerveau mature suffisamment. Donc tout ça, ça va s'acquérir, mais petit à petit.
Le temps qu'il passe de l'exploration à la découverte du monde qui l'entoure et d'agir ensuite par l'exemple et la coopération, tout ça prend du temps. Il ne vous tient pas tête quand il recommence quelque chose que vous venez de lui interdire de faire.
Il ne cherche pas non plus à vous faire tourner en bourrique à ce moment-là. même si vous me dites oui mais moi il me regarde justement comme ça et puis il le fait au même moment. Non, il essaie juste de s'approprier ce que vous lui dites et pour cela il déploie même beaucoup d'énergie pour y arriver car il est confronté non seulement à l'incompréhension de ce que vous lui demandez mais en plus il doit se familiariser, pas se familiariser mais il saisir l'émotion qu'il y a derrière, votre ton de voix qui peut appréhender en
même temps. Alors plutôt que d'interdire, et bien il vaut mieux parler en termes de permission à vos enfants, montrer ce qui est permis, parce que pour lui tout est jeu, tout ce qu'il fait est un jeu pour lui, ils découvrent le monde.
Nous sommes nombreux ici à avoir souffert des mauvais traitements de nos parents. Aussi nombreux que nous sommes à pratiquer la violence éducative, c'est dire que le nombre est élevé. Une majorité de ces personnes justifient les mauvais traitements qu'ils ont reçus.
Oui, mais moi j'ai mérité toutes les claques que j'ai reçues dans ma vie, Je sais pourquoi je les ai eues, je les ai reçues. Je n'ai jamais été traumatisée par les coups de pied au cul de mon père.
Ça ne m'a pas fait mal, non, pas du tout. Même certaines j'en rigolais. Heureusement que mes parents étaient sévères avec moi. Parce que je ne sais pas ce que je serais devenue.
Mes parents n'ont jamais su me montrer qu'ils m'aimaient. et ils ne m'ont jamais dit qu'ils m'aimaient, mais par contre je sais qu'ils m'aimaient. Et bien c'est comme ça que l'on passe ensuite le reste de sa vie à se contenter de miettes en amour, parce que quand on ne nous montre pas qu'on nous aime et qu'on ne nous le dit pas, on passe à la devinette tout de suite.
Les autres personnes sont dans le déni de ce qui leur est arrivé, car il est trop éprouvant de se confronter aux émotions que l'on a refoulées quand nous étions des enfants et que nous étions tristes parfois, que nous avions peur de nos parents, que nous étions en colère.
Mais le gros problème de ce déni c'est qu'en plus d'être délétère, il est au détriment de nos enfants et de nous-mêmes. Je veux dire par là que nous avons besoin, nous avons tous besoin de respect, de réconfort, de protection, de compréhension. Et quand nos parents n'ont pas pu, n'ont pas su en tenir compte dans notre enfance, nous allons, sans nous en rendre compte, exiger ça de nos enfants.
Et c'est comme ça, en fait, qu'ils deviennent vite dans le bouc émissaire. C'est-à-dire que mes besoins de compréhension, de respect, de réconfort, je ne vais qu'émander ça inconsciemment à mes enfants.
Nous sommes nombreux à avoir dit un jour ou l'autre, tu n'as aucun respect pour moi. Tu vas m'écouter, ou non ? Tu vas me rendre malade. Pourquoi tu passes ton temps à me tourmenter comme ça ?
Tu pourrais faire l'effort de me comprendre. Donc, voyez toutes ces petites phrases, écoutez bien, à qui on les dit exactement ? Alors, toutes les fois où nous sommes restés, impuissants, abattus, sidérés devant nos parents, devant leur violence verbale, devant leur violence physique, et bien c'est comme à chaque fois que nous avons été sidérés, c'est comme si aujourd'hui nous étions montillé de bâtons de dynamite qui peuvent exploser à tous les moments contre les autres.
Bien évidemment contre d'abord nos enfants, contre notre compagne, notre compagnon, mais aussi contre nous-mêmes. Donc à chaque fois que nous allons nous sentir impuissants avec nos enfants, et bien nous allons nous retrouver dans cette situation où j'étais moi-même un enfant et impuissant devant mes parents, sauf que là, j'ai en face de moi quelqu'un de beaucoup plus petit et cette fois, je vais pouvoir dire « tu ne me respectes pas, tu n'es pas… pourquoi tu me fais comme ça ? » Ce que je n'ai pas pu dire à mes parents,
je vais l'imposer à mes enfants. La France est le pays des droits de l'homme où il est interdit de frapper une femme. Aujourd'hui, les femmes ne sont plus sous le couvert du droit patriarcal comme autrefois, où on disait c'est ma femme et je fais ce que je veux.
On n'a pas le droit non plus aujourd'hui de frapper un collègue de travail ou quelqu'un dans la rue sans risquer d'être inquiété par un procès, mais humilier et frapper un enfant c'est toujours possible aujourd'hui.
On peut même le faire en toute légitimité et en toute impunité sous prétexte que c'est mon enfant et que je fais ce que je veux. Je vais terminer cette conférence sur une note positive, nous sommes nombreux ici à avoir fait des erreurs avec nos enfants et peut-être même que nous avons déjà des grands-enfants, des adolescents, qui sont agressifs, qui répondent mal, qui sont insolents ou qui sont déprimés, qui ne vont pas bien, si le parent change de comportement, eh bien l'enfant a la capacité de rebondir,
même si c'est un adolescent. Le cerveau est plastique, ça veut dire qu'il se modifie tout au long de notre vie, bien évidemment, beaucoup plus quand l'enfant est petit que chez l'adulte.
Si nous nous faisons aider, bien évidemment, pour changer de mode de communication, parce que ça ne s'apprend pas, pardon, ça s'apprend, il va falloir, ce n'est pas inné chez nous, Pour aller vers une relation qui sera basée sur le respect, la coopération et l'empathie, si nous ne soumettons plus nos enfants au stress émotionnel qui est généré par nos attitudes violentes, alors nous lui ouvrons la porte vers un autre avenir parce qu'il la possibilité
de se réparer des atteintes que nous lui aurons occasionnées. En 2005, une étude canadienne montre que les parents qui changent de comportement avec leur enfant, huit ans après, l'agressivité et l'anxiété de l'enfant a baissé au même niveau que notre enfant qui a été respecté durant toute son enfance sans punition ni aucune forme de violence.
Bien évidemment, pour arriver à ça, le parent aura probablement besoin d'aide pour désamorcer cette dynamique de violence dont il est prisonnier, mais pour aussi changer les codes de sa communication. Alors, il existe, je sais aujourd'hui, de nombreux endroits où l'on peut trouver cette aide. Dans les cours, notamment, très répandus en France aujourd'hui, de chez Faber et Maslich, qui préconisent de parler pour que les enfants écoutent et d'écouter pour que les enfants parlent.
Mais vous avez aussi des lieux où on pratique la CMV, donc la communication non-violente, mais pour ceux qui n'y arrivent pas, malgré ce soutien à la parentalité positive, et bien pour certains une thérapie, une aide en tout cas plus profonde d'une thérapie sera probablement nécessaire pour eux. Dès lors que nous pouvons rencontrer sur notre chemin un être humain qui va être empathique, bienveillant, soutenant et aimant, l'enfant a toujours la possibilité de modifier son comportement.
Tant que le parent crie, hurle, humilie l'enfant, l'enfant va faire la même chose à l'aide de ces neurones miroirs. L'enfant va imiter, les neurones miroirs sont là pour imiter justement les adultes autour de lui.
Tant que le parent se comportera comme ça, l'enfant se comportera comme ça. Nous sommes le modèle de nos enfants. Si nous introduisons un rapport de force avec eux, et bien ils vont faire la même chose aussi bien avec les adultes en se mettant dans la confrontation qu'avec les frères et sœurs et les camarades de classe.
L'empathie, elle nous est transmise par notre éducation, mais la majorité des hommes n'a été élevée avec empathie, donc elle n'est pas naturelle quand on a des enfants. Mais elle s'apprend, elle s'apprend en étant le plus possible en compagnie de gens empathiques et en s'éloignant des gens blessants et destructeurs.
On ne peut pas épargner les enfants des souffrances de la vie, mais on peut les à construire une boîte à outils qu'ils utiliseront pour savoir faire face justement aux souffrances de la vie. Je vous remercie de votre attention, je remercie les enfants d'avoir été aussi calmes, parce que vraiment, je fais beaucoup de conférences et d'habitude c'est beaucoup plus bruyant que ça.
Narbonne, bravo. Merci à vous.
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