Les challenges majeurs de notre espèce AUJOURD'HUI / Eric Escoffier n°2/7
Cette vidéo est le deuxième épisode d’une série avec Éric Escoffier, où il pose un diagnostic global sur les défis auxquels l’espèce humaine est confrontée aujourd’hui. Avant d’aborder les solutions, il juge nécessaire de nommer clairement les problèmes, sans détour ni minimisation.
Le premier défi qu’il identifie est le changement climatique, qui perturbe à la fois les grandes échelles météorologiques et les cycles locaux de l’eau, des sols et des récoltes. Il insiste sur le fait que le climat ne se résume pas à la température : les vents, l’humidité des écosystèmes et la capacité à produire de la nourriture sont tous affectés de manière interdépendante.
Le deuxième défi est l’effondrement de la biodiversité, que certains qualifient de géocide : des pans entiers des écosystèmes tropicaux, des océans et des grandes forêts sont en train de perdre leur fonctionnalité biologique. Éric rappelle que c’est la première fois dans l’histoire de la Terre qu’une telle extinction massive a une cause non naturelle, et que les changements visibles sur dix ou vingt ans sont sans précédent à cette vitesse.
Le troisième défi est la dépendance aux énergies fossiles et l’incapacité de l’agriculture industrielle à produire de manière soutenable. Éric introduit ici la définition opérationnelle de la permaculture : un système est soutenable lorsqu’il produit plus de calories qu’il n’en consomme. Il souligne que l’agriculture industrielle n’a jamais été la plus productive à l’hectare, contrairement à ce que l’on fait croire, et que les petits systèmes traditionnels de polyculture-élevage la surpassent en rendement réel.
📑 Au programme de la vidéo
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0:00Introduction : poser le diagnostic avant les solutionsÉric annonce l’objectif de l’épisode : dresser un état des lieux honnête des grands défis de l’humanité avant d’aborder les pistes concrètes.
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1:00Le changement climatique comme premier défiÉric explique pourquoi le dérèglement climatique dépasse la seule question de la température et touche les cycles de l’eau, des sols et des récoltes.
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2:00Effondrement de la biodiversité : causes et ampleurIl décrit la disparition accélérée des espèces et souligne que cette extinction massive est, pour la première fois, directement causée par l’activité humaine.
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4:00Géocide : quand les processus vitaux de la Terre s’effondrentÉric introduit le concept de géocide et explique comment la destruction des forêts tropicales et la mort biologique des océans menacent l’ensemble du système terrestre.
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6:00Sortir de la dépendance aux énergies fossilesIl pose la question de la soutenabilité énergétique de notre système alimentaire et introduit la définition permaculturelle d’un système productif.
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8:00Calories investies contre calories produites : le vrai critèreÉric développe l’indicateur calories-entrées/calories-sorties pour mesurer la productivité réelle d’un système agricole, en y intégrant la question des micronutriments.
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10:00L’agriculture industrielle n’a jamais été la plus productiveIl remet en cause l’idée reçue selon laquelle l’agriculture industrielle serait plus efficace que les systèmes traditionnels de polyculture-élevage à l’hectare.
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11:40La promesse de la permaculture en guise de conclusionÉric esquisse ce que des systèmes bien conçus permettraient : produire en abondance avec peu d’énergie investie, et se réapproprier la responsabilité de se nourrir.
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Transcription de la vidéo
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Eric, re-bonjour. La suite. La suite. On a parlé des besoins vitaux. Avant de passer aux solutions, parce qu'il y a des solutions, tu voulais nous parler un petit peu plus globalement des grands, alors on va dire problèmes challenge, j'aime bien le terme de challenge parce que problème c'est un peu enfermant, on va dire les grands challenges qui sont ceux de notre époque pour l'espèce humaine et pour l'écosystème en tant que tel.
On fait un petit focus arrière, on va se centrer sur les besoins de l'humanité. Il n'y a pas que l'humanité, on est très dépendant du reste de Gaïa, de la terre, de sa biosphère.
Donc l'idée c'est pareil de faire un diagnostic, il y a un problème, on le diagnostique, Après, on peut apporter ou retrouver des solutions réellement efficaces. Donc, problème de l'humanité, le premier on vient de le dire, la satisfaction de nos besoins vitaux, on a vu que ce n'était pas gagné, surtout de manière soutenable, on reviendra sur ça.
Un problème majeur aujourd'hui qu'on rencontre, c'est le changement climatique. Donc le changement climatique c'est gravissime, ça veut dire que le climat est totalement bouleversé à grande échelle, mais aussi la météo à petite échelle.
Donc ça signifie qu'on ne peut plus prévoir quand il fera chaud, quand il fera froid, quand il y aura des récoltes, quand il pleuvra, etc. Ça devient extrêmement difficile de produire, de vivre et même de se protéger.
Bon, il y a bien sûr l'accroissement des fréquences et de l'intensité des phénomènes exceptionnels. Il va faire plus souvent, beaucoup plus froid quand il fait froid, beaucoup plus chaud quand il fait chaud, des inondations, beaucoup plus de pluie quand c'était ou là où c'était humide, on a des phénomènes de tornades, etc., l'accroissement, etc.
Donc le climat bouleversé, il faut aussi comprendre que si on n'a plus un climat stable sur la planète, ça veut dire qu'on n'a plus le site de l'eau douce correcte, donc ça va nous impacter pas que pour la météo, à tous les niveaux.
localement, tout ce qui touche à l'eau douce, que ce soit l'humidité des écosystèmes, l'humidité des sols, la capacité à faire pousser des plantes, à produire de la nourriture, etc. va être impacté.
Donc le climat, ce n'est pas que la température, ce n'est pas que la météo. Il y a les vents, les vents posent des problèmes, puis les sécheresses, etc., tout ça va nous impacter.
Donc, changement climatique, un gros problème. Deuxième gros problème, l'espèce humaine depuis au moins dix mille ans, en fait même depuis probablement l'apparition du fumant, surtout depuis dix mille ans, détruit tellement s'atterre des écosystèmes, que non seulement les espèces disparaissent à une vitesse hallucinante, on est dans une période d'instinction massive des espèces vivantes sur la planète, et pour la première fois la cause de cette extinction n'est pas naturelle.
Il y a eu des causes naturelles le passé, qui était espacé, avec des échelles et des vitesses lentes. Ce n'était pas à l'année qu'on voyait des différences. Aujourd'hui, on voit des différences sur dix ans, sur vingt ans, des différences drastiques.
Donc on est responsable de ça, on en est la cause, donc il faut sortir du déni, accepter le diagnostic et il va falloir apporter des Donc, disparition des espèces au point qu'aujourd'hui on parle de biocides, on va perdre entre 40, 30, 40, 50, 70 % des espèces selon des insectes, des mammifères, des oiseaux etc.
d'ici quelques décennies. Ça veut dire que ça va nous impacter directement et puis est-ce que c'est vraiment ça que l'humanité veut faire à sa planète et à ses formes de vie ? On va perdre les plus grandes arbres, les plus grandes forêts, les plus grands animaux.
On ne va pas faire la liste des animaux qui sont disparus ou presque, mais les plus gros animaux et les plus gros arbres de la planète sont quand même menacés. Donc aussi sur le plan symbolique et même spirituel, c'est quand même...
La deuxième chose, c'est encore plus grave. On parle de géocide, c'est-à-dire que l'homme a tellement détruit les écosystèmes que les processus fondamentaux, vitaux, qui permettent à la Terre de vivre et de porter la vie, la vie en général, donc l'un autre passage, sont en train de s'effondrer.
C'est-à-dire ? Ça ne fonctionne plus. Les océans sont biologiquement en train de mourir. Ils ne vivent plus ? S'ils ne vivent plus, l'océan c'est une des sources majeures du climat. Son réchauffement est très dangereux au passage.
Ça ne fonctionne plus, c'est une pièce majeure de la planète qui ne fonctionne plus. L'autre pièce majeure de la planète, c'est la bande intertropicale. Si la bande intertropicale ne fonctionne plus, c'est la vie entière sur la planète qui ne fonctionnera plus.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'avant, on avait des forêts. Dans la zone tropicale ? En fait, à peu près partout. Même sous nos climats, c'était de la forêt.
Le Sahara, c'est de la forêt par exemple. Tant que cette bande intertropicale ne vivra plus comme elle devrait y vivre, imaginez un poumon ou un cœur qui bat, et notamment avec arrêté la déforestation et reforesté massivement, on n'aura pas de climat, pas de cycle de l'eau, plus de ressources, tout le système est déséquilibré.
le système déséquilibré. C'est le cœur, la bande intertropicale des systèmes vitaux de la planète. Là, la vie n'est plus possible. Rapidement, si on ne corrige pas le tir, c'est la capacité de la Terre à porter la vie qui est mise en mal, mise en danger.
On en était à lister les challenges ? Changement climatique, biocides et géocides, absolument corriger le tir, arrêter de détruire écosystèmes, les réhabiliter, les restaurer le plus rapidement possible, massivement, en commençant par la reforestation qui est la clé de tout, on y reviendra.
Un des challenges qui découlent de tout ça, qui est évident, c'est sortir de la dépendance aux énergies fossiles et plus globalement passer dans des modes soutenables de production de notre nourriture, de notre énergie, c'est un challenge majeure.
Aujourd'hui, on est incapable de produire notre nourriture sans énergie fossile et de manière soutenable, c'est-à-dire en investissant moins d'une calorie pour en sortir une. Mais seulement, on est hyper dépendant et en plus, notre système n'est pas soutenable parce qu'il investit plus d'énergie, même fois plus d'énergie, de l'en-retire. La définition de soutenable, qui est le bon mot pour dire durable ou pérenne, il y a deux définitions.
La définition des Nations Unies, un système est soutenable s'il ne consomment pas les ressources des générations futures. La définition en permaculture, qui est une définition opérationnelle qui nous permet de mesurer les choses, un système est soutenable lorsqu'il produit plus qu'il ne consomme.
En quoi ? En calories. Ça pousse un peu plus la permaculture, on demande à ce que... Ben oui, l'idée c'est qu'il nous fallait une mesure, une unité, la même unité pour mesurer la production d'un système et puis les inputs, ce qu'on investit dans le système, ce qu'on sort du système, ce qu'on rend dans le système.
La bonne mesure pour ça, c'était la calorie, c'est-à-dire l'énergie. Parce que si on est capable de sortir d'un système beaucoup de chaleur, c'est bon, on a beaucoup d'énergie pour la production de nos besoins énergétiques.
Si on est capable de sortir de notre système beaucoup de calories sous forme de nourriture, c'est un bon indice, c'est pas le seul bien sûr, mais c'est un bon indice qu'on a une bonne productivité de l'alimentation.
Je m'arrête un peu sur ça, je ne suis pas en train de dire qu'une bonne alimentation ça se réduit au nombre de calories qu'on ingère, c'est pas ça que je dis, parce qu'on a besoin avant tout de ce que j'appelle moi des micro-nutriments, donc des oligo-éléments, des minéraux, des catalyseurs du métabolisme, des enzymes, Mais si on est capable de sortir d'un hectare une grande quantité de calories avec peu de travail investi de manière pérenne, on est aussi capable de sortir des minéraux,
des éoliennements, des vitamines, etc. Par contre, le conseil aujourd'hui c'est le contraire, on investit 20 calories pour en sortir une du champ et nos champs ne sont absolument pas productifs. L'agriculture industrielle n'a jamais été la méthode de production, la forme de l'agriculture qui était la plus productive, et c'est ce qu'on nous fait croire, c'est faux.
Elle n'a jamais produit plus que les petits systèmes traditionnels de polyculture élevage historique en termes de quantité de nourriture sortie au mètre carré ou à l'hectare, donc à une petite surface, et elle n'a jamais été plus productive, cette agriculture industrielle, en termes non plus de calories investies par rapport aux calories sorties.
Mais alors pourquoi est-ce qu'on nous l'a servi comme ça et qu'on nous l'a fait comme un seul modèle ? Parce que cette agriculture est faite pour enrichir, pas pour nourrir les gens, pour enrichir les lobbies agro-industriels et notamment vendeurs de pesticides et d'engrais.
Donc ça marche très bien, et les banques qui sont avec, ça marche peut-être très bien pour ça, Mais c'est absolument inefficace pour nourrir les personnes ou pour que les personnes se nourrissent.
Le seul critère sur lequel les agriculteurs industriels sont plus efficaces, si on peut parler d'efficacité en l'occurrence, c'est par tête de pipe, par travailleurs. Pour produire autant de tonnes, on a besoin de moins de travailleurs.
Je ne vois pas tellement en quoi c'est un critère. Surtout qu'il y a énormément de personnes qui sont déshonorées, qui sont au chômage et qui en souffrent. Donc c'est un concret critère. Et puis si au contraire, on se rend compte qu'avec des systèmes bien conçus, c'est là où la permaculture apporte une solution, on va pouvoir sortir de notre système, notre parcelle 10, 15, voire plus calories pour une investie.
Du coup, produire de la nourriture n'est plus quelque chose de difficile, mais quelque chose de tout à fait abordable. On n'a plus à souffrir pour gagner sa croûte, au sens propre, pour tirer sa croûte de l'écosystème.
Et puis on peut de fait se réapproprier notre responsabilité biologique fondamentale qui est quand même de se nourrir. On est quand même un animal. Et on a une responsabilité à ce niveau-là. On a une responsabilité.
Donc du coup, ça devient facile, ça devient productif, on n'a plus beaucoup à travailler pour produire beaucoup. Le problème en permaculture, c'est de gérer les surplus, justement, d'un système qui n'est pas prêt à une gratuité ou semi-gratuité, une abondance de la production, une facilité de la production.
C'est un problème secondaire qui peut arriver derrière. Donc ça, c'est toutes les promesses de la permaculture. On va se les garder pour la prochaine vidéo, les promesses de la permaculture, parce que maintenant on a bien vu les besoins vitaux, On a bien vu qu'on n'y répondait pas de manière adéquate.
Les vrais problèmes qu'on a à l'échelle de la planète, maintenant on va peut-être passer quand même à la bonne partie, c'est-à-dire les solutions qui sont non seulement des solutions pour la planète, mais qui sont en plus des solutions pour l'humain.
Et c'est ça que je trouve fabuleux, c'est que ça remplit tous ces besoins-là à la fois et ça procure du plaisir et de la joie. Merci Eric. Ça marche.
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