L'allaitement naturel du bébé : le lait comme seule nourriture de la prime enfance
Dans cet entretien, Thierry reçoit Marion, sage-femme, pour faire le point sur les recommandations réelles en matière d’allaitement. Les préconisations de l’OMS sont claires : six mois d’allaitement exclusif, puis deux ans avec une alimentation complémentaire. Pourtant, ces seuils sont rarement atteints en France, notamment parce que la reprise du travail à dix semaines rend la chose très difficile en pratique.
Marion insiste sur un point central : il n’existe aucune alternative physiologique au lait maternel pour un nourrisson. Sa composition évolue au fil des semaines et même au cours d’une même tétée, passant d’un lait léger et sucré en début de séance à un lait riche en graisses en fin de tétée. Le lait artificiel, lui, ne reproduit pas cette dynamique et reste très éloigné des besoins réels du bébé.
Les contre-indications à l’allaitement sont en réalité très peu nombreuses : charge virale VIH positive, certaines chimiothérapies. Pour la grande majorité des traitements courants, y compris les antibiotiques, arrêter d’allaiter n’est pas justifié, et Marion recommande aux médecins de consulter le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes) avant de le conseiller. Elle aborde aussi la question des mères qui détoxifient ou traversent une période de fatigue intense, et explique pourquoi continuer à allaiter reste préférable dans ces cas.
La première cause d’arrêt prématuré est l’épuisement maternel, souvent aggravé par un manque de soutien de l’entourage et par des pratiques hospitalières comme le biberon de complément, qui crée une confusion sein-tétine et décourage les mères. Marion présente les ressources disponibles, notamment la Leche League, et rappelle que l’allaitement à la demande ou rythmé reste une décision qui appartient à chaque mère, à condition qu’elle garde la main sur la relation.
📑 Au programme de la vidéo
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0:00Présentation de Marion, sage-femmeThierry introduit Marion et pose le contexte : des recommandations sur l’allaitement souvent floues ou contradictoires dans le grand public.
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1:00Ce que dit vraiment l’OMSMarion rappelle les recommandations officielles : six mois exclusifs puis deux ans avec diversification, et souligne à quel point elles sont peu appliquées en France.
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2:01Pourquoi il n’y a pas d’alternative au lait maternelComposition unique, évolution au cours de la tétée et adaptation à l’âge de l’enfant : Marion explique ce qui rend le lait maternel irremplaçable.
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4:01Les vraies contre-indications à l’allaitementVIH, chimiothérapies lourdes : les cas où l’allaitement est déconseillé sont rares, et Marion présente le CRAT comme ressource pour les médecins prescripteurs.
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6:01Allaiter quand la mère est fatiguée ou en détoxMarion répond à l’idée reçue selon laquelle une mère qui détoxifie devrait arrêter d’allaiter, et explique pourquoi continuer reste préférable.
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8:01Le rôle du soutien familial et de l’entourageLa fatigue est la première cause d’arrêt : Marion décrit comment le père et la famille peuvent concrètement soutenir la mère qui allaite.
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10:01Le biberon de complément, piège courant à l’hôpitalLa confusion sein-tétine et le discours culpabilisant autour de la production de lait poussent de nombreuses mères à arrêter trop tôt.
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12:01Ressources et durée : jusqu’à quand allaiter ?Marion cite les ouvrages de référence, présente la Leche League et partage son expérience personnelle d’un allaitement exclusif prolongé jusqu’à 14 mois.
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16:01Les chiffres réels de l’allaitement en FrancePrès de 70 % à la naissance, moins de 40 % à deux mois : Marion dresse un état des lieux chiffré qui illustre l’écart avec les recommandations de l’OMS.
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18:01Transmission de l’information dès l’adolescenceThierry et Marion concluent sur la nécessité d’éduquer les jeunes bien avant la grossesse, et évoquent un prochain entretien sur l’accouchement physiologique.
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Transcription de la vidéo
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Lire la transcription
Bonjour Marion. Bonjour Thierry. Je te remercie de nous consacrer du temps. Marion, je te présente en quelques mots, on se connaît depuis une petite année maintenant, et au début on s'est contacté, tu avais témoigné des avancées dans l'état de santé de Guillaume, là j'avais envie de te faire intervenir parce que tu es maman, mais tu es aussi sage-femme.
Et je sais que la question de l'allaitement te tient énormément à cœur. Et il se trouve qu'on entend souvent des recommandations qui sont un petit peu ambiguës. C'est-à-dire que moi j'ai entendu parler de 6 mois nécessaires, 6 mois suffisants, 2 ans, alors des personnes qui disent il faut allaiter au moins 5 ou 6 ans, on est un peu perdu dans toutes ces recommandations, je me rends compte qu'on est sans savoir, alors j'avais envie de t'interroger là-dessus.
Alors, les recommandations de l'OMS sont très claires, c'est 6 mois exclusivement sans aucun autre apport, et 2 ans avec une alimentation variée en plus. Après on peut laisser... Les recommandations de l'OMS ?
De l'OMS, complètement. D'accord, 2 ans d'allaitement, mais je veux dire actuellement rien n'est fait pour permettre ça dans nos sociétés. Rien n'est fait, la reprise du travail à 10 semaines, rien n'est fait, non, non, du tout.
Ah d'accord, donc on est très loin des recommandations normales de l'OMS. Complètement, même les 6 mois exclusifs ne sont pas rarement en tout cas appliqués. Oui, parce que pour avoir 6 mois exclusifs, ça veut dire qu'il y a un aménagement du temps de travail de la mère si elle travaille, un accompagnement qui est fait, et c'est rarement le cas.
Oui, complètement, oui, il y a un congé parental qui est beaucoup trop juste, congé maternité encore pire, et du coup rien n'est fait actuellement pour qu'on puisse allaiter son enfant comme il le faudrait.
D'accord. Et alors dis-moi, tu me dis 6 mois d'allaitement exclusif. Oui. Moi je dis souvent dans les vidéos que le lait maternel est le seul aliment physiologiquement valable pour l'être humain. Est-ce que c'est si sûr ?
Est-ce qu'il y a des alternatives ? Il n'y a aucune alternative au lait maternel. Il n'y a vraiment rien. Les femmes sont faites pour allaiter, les enfants sont mis au monde pour être nourris par le sein.
il n'y a pas du tout d'alternative. C'est plein de sucre, plein de graisse, très peu de protéines. Ce n'est pas du tout ce qu'il y a dans le lait artificiel. Éventuellement, mais ça ne marche pas très bien, je sais qu'en Polynésie, on avait donné de temps en temps un peu d'eau de coco avec un peu de jus de date, mais ça ne marchait pas, c'était vraiment pour les premiers jours.
D'accord, ça ne suffisait pas. C'est vrai que j'en parle souvent moi de l'eau de coco, c'était pas assez riche en graisse. Oui, c'est ça, exactement. La composition du lait maternel évolue avec l'âge de l'enfant, à un mois.
C'est une espèce d'interaction entre la mère et l'enfant. Il évolue avec l'âge de l'enfant. À un mois, on n'a pas le même lait qu'à 6 et qu'à 12 mois. Et il évolue aussi au cours de la tétée, c'est-à-dire une tétée de 15 minutes. Les 5 premières minutes, ça va être du lait aqueux et sucré.
Et les 5 dernières minutes, ça va être très riche en graisse, donc pour le caler quelque part l'enfant. Il se fait entrer plat principal et dessert, on va voir les saveurs. C'est pour ça qu'il n'y a aucune alternative, tout est fait pour à l'été.
Voilà, je suis vraiment passionnée par ça. On m'avait même laissé dire, excuse-moi je te coupe, on m'avait même laissé dire que quelque part il y avait une espèce d'interaction intuitive entre la mère et l'enfant, et que la composition du lait s'adaptait aux besoins physiologiques de l'enfant du moment s'il y a un trouble, s'il y a un manque, s'il y a une carence ou quoi que ce soit, le lait va s'adapter.
Complètement. Il y a ce qu'on appelle des pics de croissance. L'enfant réclame beaucoup pendant quelques jours. C'est un pic de croissance et là le lait va devenir bien plus riche, bien plus abondant, etc. Donc effectivement, on s'adapte. Alors dis-moi, est-ce qu'il y a des...
On parle beaucoup d'allaitement. Il y a les circonstances d'allaitement qui sont compliquées dans notre société. On pourra y revenir. Est-ce qu'il y a des cas où une mère ne peut pas allaiter ?
Parce que moi je l'entends souvent. Une mère pour des tas de raisons. raisons de santé, raisons physiologiques ne peuvent pas allaiter ? Alors, il n'y a pas beaucoup de contre-indications, il y a le VIH, quand la charge virale est positive, le virus passe.
D'accord. Et il y a quelques chimiothérapies où vraiment c'est déconseillé d'allaiter. Après, il y a tous les traitements antibiotiques, antidouleurs etc. courants qu'on prend malheureusement régulièrement, il ne faut surtout pas arrêter d'allaiter.
Je donnerai des liens, tu mettras des liens peut-être sous la vidéo. Oui, tu peux les citer. Alors le CRAT, le centre de référence des agents thératogènes à Paris, à l'hôpital Trousseau, ce sont des médecins qui font plein plein d'études sur les médicaments qui passent dans le lait et le comportement des nouveaux-nés, donc il y a des prélèvements faits sur les nouveaux-nés pour voir s'il y a des traces de médicaments etc.
Donc vraiment, je proposerais à chaque médecin généraliste, en prescrivant par exemple un traitement antibiotique, de ne pas demander à la maman d'arrêter d'allaiter, mais de se référencer aux crates. D'accord, qui seront vraiment des experts qui vont pouvoir lui dire s'il y a un risque ou pas.
Oui, complètement. D'accord. Et vraiment, il n'y a pas beaucoup de... Voilà, sur le site on peut y aller, donc c'est que pour les professionnels, donc c'est médecins, sages-femmes et pharmaciens, mais nous, en tant qu'individu, on peut aller sur le site et voir en tapant tel médicament avec l'allaitement, on peut voir si c'est une contre-indication.
Tu m'avais parlé du Lactarium aussi. Le Lactarium de Paris, que tout le monde peut appeler pour n'importe quelle question. Question de position du bébé, question de crevasse, de mastite, j'ai 42 fièvres, est-ce que je continue à laiter ?
La réponse est oui, mais tout le monde va dire non par peur. Marie-Hélène qui est médecin a eu deux heures de formation sur l'allaitement maternel sur douze ans d'études. Donc en général, les médecins généralistes ne sont pas à part de s'y être intéressés eux-mêmes.
Et d'ailleurs, ça par rapport à ces questions d'allaitement de fièvre, souvent dans les milieux hygiénistes, on dit si la mère est malade ou si elle est en train de détoxiner, il vaudrait mieux qu'elle n'allaite pas son enfant parce qu'elle va faire passer dans son lait des poisons et il vaudrait mieux priver l'enfant finalement de ce lait quelque part.
Alors qu'est-ce que tu en penses ? Alors on l'entend souvent, on le prive de ce lait, mais qu'est-ce qu'on lui donne à la place ? Il n'y a rien d'autre. En tout cas dans les premiers six mois il n'y a rien d'autre.
Non, rien d'autre même après, il n'y a rien d'autre, on ne peut rien lui donner. Le lait artificiel n'est vraiment pas fait, je le redis, vraiment pas fait pour les humains.
Est-ce qu'on pourrait imaginer après les six mois ne fonctionner qu'avec de la diversification alimentaire, avec des fruits, des légumes, ou est-ce que ça te paraît un peu léger ? Moi je pense qu'en gras, ça me paraît léger.
D'accord. En gras, oui, ça me paraît un peu léger. Je pense que les recommandations de l'OMS ont été faites vraiment pour assurer une croissance de 0 à 2 ans optimale. Donc, que la mère soit malade, qu'elle détoxifie ou quoi que ce soit, on continue à laiter.
Je suis passée au cru quand ma deuxième avait 11 mois, j'ai fait une détox d'enfer, elle a reçu tous mes toxiques, elle aussi a détoxiné, elle avait le nez tout le temps qui coulait, elle était malade, etc. Je ne me suis jamais posé la question qu'est-ce que j'allais lui donner à la place, ou est-ce que j'allais suspendre l'allaitement maternel pendant ma détox, on ne se pose pas la question, si on est malade,
il vaut mieux transmettre les microbes, à la limite il va s'immuniser contre le rhume ou la gastro etc., il va s'immuniser, il va développer des anticorps et il va éliminer tout seul.
Oui, de toute façon, on voit que le lait maternel est un des constructeurs du système immunitaire de l'enfant par excellence. Tu me disais que les enfants qui n'ont pas reçu le lait maternel, au niveau de la structuration de leur système immunitaire, c'est extrêmement faible.
Complètement. C'est le seul moyen de notre vie de faire le plein de bonnes bactéries à la naissance. C'est le seul moment. Après, on n'en aura plus jamais et le système immunitaire n'est pas le même.
on le voit sur les rhinopharyngites, sur les infections urinaires, il y a des études de fait plein, des enfants allaités et non allaités à l'âge de 2 ans par exemple, les enfants non allaités sont vraiment bien plus malades que les enfants allaités.
Je ne vois pas de contre-indication. La première cause d'arrêt d'allaitement c'est la fatigue l'épuisement. Donc moi j'aimerais vraiment parler du soutien des mères qui allaitent, le rôle du mari, du papa et de la famille proche.
Pour les soutenir dans le quotidien on va dire. Oui, la maman n'a pas à passer l'aspirateur, n'a pas à faire des repas pour toute la famille, en tout cas les premiers jours. Même longtemps. Si on raisonne et qu'on se dit que finalement de la qualité du lait de la mère, donc de la qualité de l'état de repos de la mère va dépendre le développement du petit, et si on imagine que toute la famille est au service du développement de ce petit enfant qui vient de naître, à ce moment-là, tout le monde doit se mettre au service de
la mère et de l'enfant, qui forment une espèce de duo indissociable, la mère est la seule à pouvoir nouer cet enfant, donc quelque part, on est tous là pour pouvoir la soutenir. Complètement. Il faut materner la maman pour qu'elle puisse, elle à son tour, materner l'enfant, mais à 200%.
Oui, et d'ailleurs je pense que cette question-là de l'épuisement, l'épuisement des mamans, l'épuisement on va dire glandulaire et endocrinien finalement des mamans et qui est responsable du manque de lait, des cas de fatigue chronique, des déminéralisations, c'est lié aussi à l'explosion de nos sociétés, au manque d'entourage familial et c'est certainement le facteur limitant le premier au niveau de l'allaitement.
Complètement, ce qui se passe régulièrement, une maman déjà très fatiguée à couche, elle souhaite allaiter, les débuts de l'allaitement on ne peut pas dire que ce soit toujours très joyeux, il y a de temps en temps un peu de douleur, un peu de fatigue, l'enfant se réveille la nuit, effectivement on ne peut pas dire que tout est rose au début, la maman déjà épuisée s'épuise encore plus, qu'est-ce qu'on va lui proposer à l'hôpital ? De lui donner un biberon de complément au bébé,
le bébé va trouver la tétine bien plus facile, il n'a rien à faire, il n'a pas allé chercher le lait tout tombe tout seul, donc il va faire une confusion sans tétine et là pour Pour le remettre au sein, ça va être encore plus compliqué.
Elle va se dire, je ne suis pas faite pour ça, je suis fatiguée, je n'ai rien à lui donner. Oui, en plus il y a un discours culpabilisant par rapport aux mères et stigmatisant qui est absolument terrible.
Voilà, donc les allaitements réussis, on n'a pas besoin, vraiment, personne n'a besoin de compléments. Ils appellent ça des petits compléments, c'est des petits biberons de 90 ml de lait artificiel, personne n'en a besoin.
Et est-ce que toutes les mères peuvent allaiter ? Je veux dire, même, est-ce qu'il n'y a pas des mères qui sont pas en état pour allaiter, trop fatiguées ? Ce qui peut arriver, c'est que la montée laiteuse qui est à J4, normalement après l'accouchement, peut être retardée.
Oui. Plus on est fatigué, épuisé, et plus les hormones vont avoir du mal à se mettre en route. Et à ce moment-là, on fait quoi ? À ce moment-là, on tire le colostrum avec un tirelé électrique ou manuel.
On tire le colostrum et on donne... Il y a plein de dispositifs. On peut lui donner avec une petite sonde dans la bouche, avec le lait, lui donner le doigt à tété, il a au moins le colostrum, mais surtout pas de lait de complément, il y a plein de dispositifs de toute façon.
La plupart du temps ce sont des compléments de lait animaux qui ne sont absolument pas dosés, équilibrés, adaptés pour l'être humain. C'est vraiment ça le challenge, c'est d'arriver à avoir un soutien de la mère et une information, j'ai l'impression que les jeunes mères sont complètement perdues.
Je veux dire, il n'y a plus la transmission familiale qui se faisait avant. Pour les personnes qui veulent se renseigner vers ça, on se réfère à qui ?
Je donnerai deux ouvrages, moi j'en aime beaucoup deux. C'est Allaité tout simplement, je te donnerai après. Oui, je l'afficherai à la fin de la vidéo. Et l'autre c'était L'art de l'allaitement de la Lecherlig.
Donc voilà, si déjà pendant la grossesse on peut lire ces deux ouvrages, Et après se rapprocher de la Lecherligue la plus proche de chez soi, les animatrices sont très bien formées, elles ont souvent une expérience aussi personnelle d'allaitement. C'est un vrai soutien, moi j'ai trouvé vraiment un vrai soutien, même en tant que sage-femme j'ai été perdue dans l'allaitement.
Mon petit garçon ne s'est pas diversifié avant 14 mois, il refusait de par son histoire, de par sa naissance qui a été catastrophique. Donc voilà, moi j'ai allaité le premier plus d'un an exclusivement, parce qu'il refusait et il avait une très belle courbe de croissance, il allait très bien, sauf que de dire ça aux pédiatres c'était difficilement entendable.
Ah d'accord, qu'il ne voulait pas s'alimenter d'autre chose. Oui, c'est très difficile pour eux, donc très culpabilisant pour moi. On te reprochait quoi ? Qu'il allait être en carence, carencé. Carencé à partir de l'aliment qui est le plus complet qu'on puisse imaginer pour un bébé.
Parce qu'eux ils ont en tête que 6 mois c'est 6 mois et qu'après il faut donner autre chose, de la viande, des protéines, voilà, surtout le discours des protéines. C'est amusant quand même, on n'arrive pas à se rendre compte que dans le lait maternel, que de 0 à 6 mois c'est un moment de croissance extrême pour l'enfant et qu'il y a une portion congrue de protéines, et qu'on revienne à nous servir le discours des protéines juste après.
Oui, c'est ça. C'est quand même un gros test. Ça revient, oui, ça revient. Donc un vrai soutien à la Laetitia League de toutes les régions, On peut appeler le lactarium quand on veut aussi, les consultantes en lactation sont très à l'écoute. Il y a des lactariums un peu dans toutes les régions, comment ça se passe ?
Sinon on peut appeler le lactarium de Paris et ils redispatchent après son problème. Je dis un tout petit mot sur le don de lait pour les mamans, pour que ça se passe bien. Elles ont un bébé qui grossit bien, elles ont plein de lait.
Il y a des tout petits nouveau-nés qui naissent à 5 mois et demi, 6 mois, qui ont besoin encore plus que les autres de lait maternel. on peut faire un don de lait, on appelle le lactarium, on a une prise de sang à faire pour vérifier la virologie, et après on a des biberons à remplir avec un tire-lait, et c'est des petites vies déjà de sauvées.
Oui, parce qu'en fait il n'y a que le lait maternel qui peut remplacer le lait maternel. S'il n'y a pas le lait de la maman, il n'y a que le lait. Tout en sachant qu'effectivement, il vaut mieux quand même la mère de l'enfant parce qu'il y a cette interrelation entre l'enfant et la mère, mais à défaut, c'est la seule solution.
Oui, complètement. On arrive à avoir des développements normaux si le lait vient d'une autre mère ? Oui, bien sûr. Oui, complètement. C'est quand même adapté à tous les enfants, oui. D'accord, OK.
Et au niveau de l'allaitement, ça se passe comment ? Je veux dire, j'ai entendu parler, alors il y a toujours des débats, allaitement à la demande, allaitement pas à la demande, enfant tirant, j'ai entendu parler.
Une fois, je m'étais permis d'essayer quelques mots là-dessus, alors qu'en tant qu'homme et jamais vraiment papa, en tout cas à zéro, je m'étais fait copieusement remettre un petit peu dans les clous, certainement avec justesse.
Donc dis-moi, je m'adresse à toi, comme ça j'ai démission de ma responsabilité. C'est compliqué de répondre. Allaitement, à la demande, au signe d'éveil par exemple ou rythmer toutes les 3-4h, j'ai envie de dire qu'il n'y a que la maman qui peut répondre à son enfant.
Qu'est-ce que la maman souhaite ? Est-ce qu'elle veut avoir un rythme déjà et lui imposer toutes les 2-3h ? 3h ou 4h d'ailleurs. Moi je préfère l'allaitement à la demande. Dès que l'enfant réclame, il y a des petits signes.
Pareil, avant que le pleur arrive, le dernier appel au secours de la faim, il y a des petits signes avant. D'accord, le pleur c'est vraiment l'extrême limite, c'est qu'on n'a déjà pas entendu ce qu'il y avait avant.
Exactement, il y a des petites mimiques, tout ça sur le site de la Laetitia League ou sur les ouvrages, tout est expliqué. D'accord. Moi, je préfère l'allaitement à la demande.
Mais l'allaitement à la demande, jusqu'à 2 ans, jusqu'à 3 ans, comment ça se passe ? Après quand les enfants grandissent, à un an, 18 mois, on peut en parler, on peut en discuter, moi je disais à partir de 18 mois j'étais embêtée du regard des autres à l'extérieur.
Donc j'ai demandé à mes enfants d'attendre qu'on revienne à la maison pour avoir une tétée. D'accord, donc tu posais tes conditions, tu gardais la main là-dessus. Ah oui, il faut garder la main.
C'est avant tout notre corps, on ne se laisse pas non plus tyranniser, Si la relation n'est pas saine, il faut revoir quelque chose. Et on peut très bien en parler à l'enfant dès tout petit, sans aucun problème.
Je me rends compte que ce sont des sommes d'informations qui ne sont plus transmises, qui ne sont plus connues, qui sont vitales, qui correspondent aux besoins vitaux de l'individu, et on se laisse mener par le bout du nez, par des discours commerciaux...
Oui, bien sûr. Parce que là, actuellement, la majorité des enfants ne reçoivent pas de lait maternel, comment ça se passe ? On connaît les statistiques un petit peu ?
Oui, à la naissance, on n'est pas loin des 70 %, donc c'est bien. Par contre, à deux mois, on chute terriblement, à moins de 40 %.
Et à six mois, je ne sais pas, 6 %, je crois. Ah oui, ils sont rares ceux qui vont jusqu'au bout des six mois de lait exclusif de la mère.
C'est-à-dire qu'on est complètement en dehors des recommandations de l'OMS qui pourtant ne sont pas connus pour être un organisme extrêmement alternatif et en avant-garde. A priori, l'OMS, c'est plutôt tranquille, c'est le minimum vital.
D'accord. Non, la reprise du travail, les mères travaillent, maintenant la reprise du travail est à 10 semaines, 2 mois et demi. D'accord. Donc après, une fois la reprise du travail faite, comment peuvent faire les mères ?
Est-ce que ça peut être possible de travailler dans les termes de temps ? Le code du travail, jusqu'aux 12 mois de l'enfant, la maman qui est à l'aide et qui travaille a le droit à 1h par jour pour tirer son lait dans un local fermé, avec un réfrigérateur, avec un tire-lait.
Voilà, c'est le code du travail, il n'y a rien à dire. C'est-à-dire qu'elle peut demander à son employeur de lui accorder ce droit et d'aménager une pièce de manière à ce qu'elle puisse accéder à ça ?
Complètement. Ouh, ça ne va pas faire que des oeufs ça ! Non, non, j'encourage vraiment, je suis prête à aider le maximum de mamans, ça sera déjà même une, ça sera déjà deux vies de sauver.
Donc il suffit aussi de se référer à l'Élite Chez Ligue pour aider par rapport à ça, je crois qu'au niveau du territoire, c'est quand même l'organisme de référence pour soutenir à ce niveau-là. Oui, complètement. Marion, je te remercie beaucoup pour ces informations, en tout cas c'est une ouverture, quelque chose qui est essentiel d'ailleurs, Parce que quand on parle de santé, tout se joue dans les premiers âges, mais s'il n'y a pas ce préalable que vous parliez de, cet ensemencement bactérien, finalement, c'est énormément d'immunité
qui est perdue, et dès lors, c'est toute une cascade de conséquences qui est absolument terrible. Parce que même quand on discutait l'autre fois de communication non-violente avec les enfants, s'ils sont saturés par une caséine et du gluten, même nous, on ne va pas y arriver.
Oui, tu avais des réflexions très justes à ce niveau-là. Tu me disais que c'est bien joli la communication non-violente, mais ça se casse le nez sur la physiologie. Si l'enfant est en état d'hyperexcitabilité à cause de son alimentation, et c'est vrai qu'on a conclu que l'aliment était premier, et une fois que ça s'est posé, alors après on peut construire le reste, c'est-à-dire en relationnel, non coercitif, bienveillant avec l'enfant qui prend en attention ses besoins à lui, mais de toute façon s'il est en état d'hyperexcitabilité,
ses besoins, il ne sait même pas lui-même quels ils sont, il est complètement perdu. Donc priorité sur l'alimentation. Priorité sur l'importance, l'information sur l'alimentation auprès des mamans, auprès des enfants, même à l'école si c'était possible, ça fait partie des choses que j'aimerais vraiment voir mises en place.
Toi tu me disais que tu avais fait des jus à l'école, que ça avait été un succès. Oui, un vrai succès. Les mamans sont très en demande. Oui, il y a eu trois mamans qui ont acheté un extracteur en disant on en veut à la maison parce que notre enfant est revenu comblé par certains jus, donc on veut en faire, c'est super, voilà.
Je pense qu'il y a un vrai challenge, il y a un vrai challenge dans les écoles, pour passer vraiment de l'information, ça me paraît une priorité des priorités. Voilà, les adolescents aussi, les adolescentes avant qu'elles soient enceintes...
Oui, toute cette transmission par rapport à l'accouchement physiologique aussi, on ne va peut-être pas en parler dans cette vidéo, mais tu as peut-être beaucoup de choses à dire là aussi. Oui, oui, oui, sur l'accueil respectueux du nouveau né, oui, complètement. On suit une deuxième petite session derrière ?
Oui, d'accord. Je te remercie Marion.
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