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La réelle abondance

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L'équipe RGNR
14 vues • Publiée le 22/09/2013

Cette vidéo est tournée en extérieur, au milieu de figuiers et de vignes sauvages. Thierry cueille des figues bicolores directement sur l’arbre et revient sur une idée simple : les fruits secs produisent en trois dimensions, se conservent aussi bien que les céréales et n’exigent pas de labourer la terre, ce qui en fait une source d’énergie bien supérieure sur le plan agronomique.

Il pose ensuite la question de l’aiguillage historique : pourquoi les civilisations se sont-elles orientées vers les céréales plutôt que vers les arbres fruitiers ? Sa thèse est que ce choix a construit une économie de la précarité, là où une arboriculture extensive aurait pu installer une forme d’abondance durable, pour les corps comme pour les sols.

La deuxième partie de la vidéo élargit la réflexion à l’échelle collective. Thierry parle de cultures régénératives, de cartographier les arbres remarquables en France pour en prélever des boutures, et de multiplier les variétés locales sans en garder le secret. Il oppose ce modèle ouvert à la logique du « coin secret », qu’il décrit comme une pathologie de la rareté.

La conclusion revient sur la pensée de la carence : selon Thierry, c’est ce regard de manque, appliqué à tous les sujets et à toutes les échelles, qui empêche de voir l’abondance déjà présente. La figue bicolore qu’il tient dans la main sert d’illustration concrète à cette idée.


📑 Au programme de la vidéo


Transcription de la vidéo

Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.

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ça va Thierry ? Ah c'est magnifique ! C'est absolument magnifique ! Tu les as vus celles-là ? Regarde ça ! Tiens, je te l'annonce une !

Hop là ! Yes ! La bicolore ! On l'a cherché un petit moment ! Elle est magnifique et surtout, elle est succulente. C'est hallucinant cette abondance quand même.

On se fait cette réflexion, elles sont séchées sur l'arbre. Comme on parle de tenir en hiver, là Julia, tu as une source de sucre là, concentré et conservable pour l'hiver. On s'est orienté vers les céréales, mais c'est une grosse céréale de déguillage.

En fait, avec les fruits secs, on a quelque chose qui est bien bien supérieur en termes d'énergie aux céréales et qui peut se conserver tout aussi bien. Franchement, c'est marrant, on dit que les gens, que les civilisations sont orientées vers les céréales uniquement pour la question des conservations en hiver dans les silos, mais en fait, entre la céréale et le fruit sec, c'est quelque chose qu'il faut réhydrater pareil, c'est quelque chose qu'il faut...

enfin, tu vois qu'il n'existe qu'un produit sec, simplement en termes de production et en termes de rendement quoi, le fruit sec est carrément bien supérieur parce que ça produit en trois dimensions, alors qu'un champ de meublé ça produit quand même une seule dimension, et en plus c'est un ravage écologique quoi, puis c'est un ravage pour les intestins, puis c'est un ravage pour le goût quoi.

Alors que là, c'est quand même bonheur d'être là aujourd'hui et oh là là. C'est la base d'un environnement magnifique. Les vignes sauvages, les montagnes, les figuiers, il y en a partout, partout, partout. T'as vu les figuiers, il y en a partout ici.

C'est magnifique. C'est vrai les figuiers. Mais ça aussi c'est parce qu'il y avait des gens pour les replanter les figuiers. Regarde, hop là, il y en a une petite là. C'est génial. Juste légèrement fermenté, tu sais. Fais la photo d'alcoolémie.

Il y a du monde qui est passé quand même. Quand on voit cette ressource en fait, mais quand on voit ce désert qu'on a autour de nous, c'est vraiment là où tu comprends que des changements alimentaires peuvent vraiment induire des changements au niveau agricole, au niveau politique, au niveau économique très très très profond.

C'est pour ça que je pense qu'il faut vraiment prendre la dimension de ce que c'est c'est de passer d'un régime basé sur la céréale et l'élevage à un régime basé sur le fruit et sur la plante. C'est passer d'une sorte d'économie de la précarité à une économie d'abondance.

Et c'est ça qui m'importe autant, c'est pour ça que le stage qu'on va faire aussi, les permacultures m'importent autant. Parce que ce n'est pas simplement une question de qu'est-ce que tu vas manger, qu'est-ce que tu vas te mettre dans le ventre individuellement, c'est une question de... Tu as ouvert le micro ?

Voilà, cool. Bonne idée, sinon je te chatte, je te chatte. Et qu'est-ce que tu vas en dire pour ce monde, vraiment, on ne mesure pas ce que c'est chargé, ce que c'est bon.

Moi j'ai déjà la langue qui pique, il faut que j'arrête. Ça c'est le si, langue qui pique ça veut dire l'arrêt. J'ai déjà trop mangé. Ça vient toujours très tôt, on n'imagine pas l'impact que ça peut avoir au niveau économique et politique le fait de choisir des fruits, le fait de choisir de les cultiver, de les faire pousser, d'arrêter de détruire les sols avec des cultures agraires qui sont disons des cultures dégénératives et passer à une

forme de rapport à la terre qui soit régénératif, exactement comme pour les corps, c'est-à-dire laisser le sol se reconstruire sous un couvert d'arbres fruitiers, ça vient à l'idée de personne d'écorcher un corps humain, simplement pour le laisser produire et pisser le sang, et c'est en fait ce qu'on fait là, c'est qu'on écorche la terre pour lui faire cracher tout ce qu'on peut, et ça c'est l'antithèse, C'est le rêve et c'est le projet à long terme, c'est vraiment la conversion de notre alimentation,

de nos habitudes, de notre rapport à la terre, de notre rapport à la précarité et à l'abondance. On va chercher un petit moment celui-là, vive les GPS pour trouver les figuiers. Il faudrait faire une cartographie de France des arbres remarquables, remarquables par production.

c'est une super idée ça et ce qui est fabuleux c'est qu'en prenant un petit bout sur cet arbre là tu lui fais pas de mal et tu vas en replanter ouais d'ailleurs à chaque fois qu'on goûte une bonne figue on a le couteau avec nous on prend une bouture comme tout à l'heure et puis on le plantes en multipli.

Celui-là, ça vaut le coup. Regarde, celle-là aussi, elle est magnifique. Juste mûre. J'adore sa couleur. Sa saveur est relativement très bonne, mais elle n'est pas auxiliaire.

Qu'est-ce qu'elle est belle ! Ça participe au bonheur, tout ça. La bicolore, elle est magnifique. La bicolore, il ne faut pas dire où on est quand même.

Non, je ne dis pas. On est à l'ouest de Myp. À la limite, le fait de garder ces endroits pour soi, tu sais comme les gens qui ont des coins à Sepp et qui ont des coins...

Oui, tout à fait. C'est uniquement parce qu'on est dans un désert forestier, parce que si on était dans une abondance forestière, comme tu vois que pour multiplier ça, il suffit de planter quelques boutures et que tu as une reproduction à l'identique, une stabilité extraordinaire, tu te dis qu'il y en aurait des milliers d'hectares de figuiers, d'amandiers, de pruniers, de pommiers, franchement, il n'y aurait plus à garder ces coins, au contraire, on serait heureux de

partager quoi ! Oui, tout à fait ! Je te dis, partout où on porte notre regard, on crée la rareté, c'est la pathologie humaine, c'est l'erreur d'aiguillage, on a un regard de rareté, on a un regard de manque, de rareté et de carence.

C'est pour ça qu'on insiste tout le temps dans les cours pour dire stop la carence, stop la pensée de la carence, mais à toutes les échelles, à toutes les échelles. Bon allez, on va un peu plus loin.

Bon app' ! Danke !

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