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La permaculture, conversion radicale du regard avec Eric Escoffier

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L'équipe RGNR
24 vues • Publiée le 18/03/2014

Cette conversation entre Thierry et Éric Escoffier, formateur en permaculture et systèmes de culture régénératifs, part d’un constat simple : l’agriculture conventionnelle dépense 10 à 20 calories d’énergie pour en produire une seule. Ce ratio, rarement mis en avant, illustre à quel point les modèles actuels sont structurellement inefficaces, même quand ils donnent l’impression de hauts rendements.

Éric explique que la permaculture n’est pas d’abord un ensemble de techniques, mais une déconstruction du regard : apprendre à observer comment fonctionnent réellement les écosystèmes sauvages, reconnaître les ressources qu’on ne voit pas (pente, orientation, bois mort, plantes sauvages comestibles), et comprendre pourquoi la notion de « mauvaise herbe » n’a pas de sens dans un système équilibré. Cette déconstruction est, selon lui, la partie la plus longue et la plus nécessaire de la formation.

La conversation aborde aussi des exemples concrets : le rôle central de l’arbre et des espèces pérennes dans un système qui produit sans labour répété, le cas de Cuba comme modèle national d’autonomie alimentaire et énergétique, ou encore le rapport carbone/azote comme clé de compréhension de la gestion de l’eau et des déchets organiques. Ces exemples servent à illustrer que les solutions existent et sont documentées.

Thierry revient sur les formations qu’Éric anime, notamment un module de 11 jours couvrant botanique, analyse de site, systèmes régénératifs et potager sur buttes pérennes. Il témoigne de l’effet produit sur les participants lors des sessions organisées avec l’association : une remise en question profonde de ce qu’ils croyaient savoir sur la culture, le sol et la nature.


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Transcription de la vidéo

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On va appeler un grand grand copain. Allo ? Allo Eric ? Oui Mambo. C'est Thierry à l'appareil, ça va ? Ouais. Bon, écoute Eric, j'ai branché la caméra.

Oui. Je t'appelle, je te présente un petit peu pour les gens qui vont découvrir cette vidéo. J'appelle là actuellement un ami, un très bon ami qui s'appelle Eric Escoffier. Je vous en ai parlé déjà un petit peu dans les vidéos, il est formateur en...

Alors, tu n'aimes pas dire permaculture, comment tu appelles tes modules exactement ? — Si, si, je dis permaculture et système de culture régénératif. — Ouais, régénératif, système de culture régénératif, c'est-à-dire que tu expliques que finalement les systèmes de culture actuels sont plutôt dégénératifs et qu'il s'agit de rétablir un chemin inverse pour aller vers la régénération des espaces, des biotopes finalement ?

Thierry Coulon-Rechercheur Carrément, non seulement au système de culture mais tout notre mode de société qui aboutit à la déforestation, les sols allus, le viol de la terre, les pesticides, le pétrole, la brèche, tout ça ce n'est pas soutenable.

On n'a plus de biomasse, on n'a plus de fertilité, on n'a plus de carbone, et c'est un peu le choix du feu ou le choix du minéral finalement depuis 10 000 ans au moins.

Et dis-moi, parce que ce terme de permaculture actuellement, il tourne beaucoup, c'est un terme un peu glamour actuellement, on y met un peu tout et n'importe quoi dans ce terme-là, je pourrais m'amuser à te demander un petit peu comment toi tu vois les choses, qu'est-ce que ça regroupe, qu'est-ce que ça représente, comment tu le, entre guillemets, définirais ?

Oui, alors tu veux plutôt l'histoire ou plutôt une définition déjà ? On peut déduire que tu démarres par la piste que tu veux un petit peu. Thierry Coulon-Rechercheur Bon, au niveau définition, ce que ça n'est pas un ensemble de techniques ou des alternatives à l'agriculture ou des systèmes de culture bio différents, ça peut permettre ces choses-là, mais au départ c'est un système de conception, d'aménagement, de planification, d'organisation de système, système humain. ça pourrait s'appliquer

à la limite à une banque, à une crèche, à un éco-village, à une communauté ou à la collectivité en général, comme à la production de la nourriture, de l'énergie, du bois d'œuvre, des matériaux, bon, en fait la production de tout ce qui permet de couvrir nos besoins vitaux en fait, on peut les rendre dans l'ordre.

Thierry Samitier-Richard C'est un regard, c'est une façon de concevoir les choses, de les organiser les uns par rapport aux autres. Oui, c'est à la fois une éthique, une philosophie, une science et une méthode pour concevoir.

Le mot technique c'est design en anglais, c'est un terme d'ingénierie, n'ayons pas peur des mots, c'est de l'ingénierie. On va le traduire par concevoir, aménager, planifier, organiser des systèmes alors qu'ils vont être quoi ?

Efficaces, oui avant tout efficaces, ça peut paraître paradoxal, Mais ce que justement montre bien la permaculture, c'est que si aujourd'hui on croit que pour être efficace et productif on doit être nécessairement socialement injuste, écologiquement faux, indestructeur, c'est une erreur, c'est un choix de société, dix mille ans d'erreur de l'agriculture et de nos sociétés.

En fait ce n'est pas vrai, quand on va chercher l'efficacité réelle, on se rend compte que ce qui marche le mieux c'est de prendre modèle sur la façon dont fonctionnent les écosystèmes sauvages. Eux, ils ont une capacité, une puissance incroyable, ils ont des capacités incroyables, et quand on fait ça, non seulement on produit plus que l'agriculture, mais beaucoup plus, parce qu'en fait elle produit très peu, on pourra y revenir.

Thierry Samitier-Lacroix Mais les systèmes actuels sont très peu efficaces, ils donnent l'impression d'être efficaces, mais les intrants, on parle des inputs et des outputs, donc les intrants en termes d'énergie par rapport aux résultats obtenus, c'est vraiment médiocre, c'est le fruit d'une formidable illusion qui nous donne l'impression qu'on est efficace en termes de rendement, mais on est piètre au rendement.

Thierry Coulon-Rechercheur. Oui, alors on pourrait même dire grave, c'est scandaleusement inefficace et je dirais intrinsèquement esclavagiste. Je donne un exemple, aujourd'hui toute agriculture confondue pour sortir une calorie du système ou de la parcelle, ce que vous voulez, on en investit 10 à 20.

Thierry Coulon-Rechercheur. Alors, on en investit 10 à 20 pour tirer une calorie, mais tout cela on ne le voit pas finalement, on n'imagine pas que toutes les calories qu'il y a présentes dans l'essence du tracteur qui va ratisser le champ et ainsi de suite. Exact, on ne le voit pas parce qu'en fait ces coûts-là sont externalisés.

Donc les coûts, disons que l'agriculture industrielle, on ne peut même pas parler d'agriculteur, c'est plus d'agriculteur. On externalise les coûts, donc il y a nos esclaves, que ce soit chez nous ou à l'étranger, qui compensent les déficits.

Ça joue aussi sur l'empreinte écologique évidemment. Quand on a une empreinte écologique de 4 ou 5 ans de France, ça veut dire qu'il faut des 4 terres pour nourrir l'humain, enfin oui, pour que l'humanité vive si tout le monde vivait comme un français, alors que tu as des pays ailleurs où c'est 0,2, bon, il y a un petit problème.

Un litre de pétrole c'est 100 esclaves pendant 24 heures. Thierry Lecce. D'accord, au niveau équivalent travail ? Thierry Lecce. Oui, à peu près, bon, mais même si c'est à 50 ou 80 ça ne change pas constamment.

Thierry Lecce. C'est colossal donc. Thierry Lecce. C'est colossal, et là on parle du pétrole, mais on oublie un autre truc qui est fondamental c'est l'eau, l'eau cachée. Thierry Lecce.

Oui, l'eau cachée dans les processus de production par exemple, moi j'avais été très surpris de voir l'eau nécessaire à la réalisation d'un PC, par exemple d'un PC portable, c'est impressionnant la quantité d'eau qui est nécessaire pour réaliser un ordinateur.

Thierry Coulon-Rechercheur Et pour produire 1 kg de pommes, c'est je ne sais plus combien de centaines ou de milliers de litres d'eau, il y a des chiffres faciles à trouver là, parce qu'en fait c'est l'eau cachée dans les pesticides, dans les engrais, dans le tracteur, en fait tu vois.

Thierry Coulon-Rechercheur Voilà, exactement, ce n'est pas l'eau qui va servir à l'irrigation, parce que sur le coup on se dit mais non, il n'y a pas eu besoin d'autant d'eau, Non, non, c'est l'eau qui a été nécessaire dans les processus qui sont externalisés, c'est-à-dire qui ne sont pas comptés dans le coût énergétique.

Thierry Samitier-Lambert. Tout à fait, tout ça pour dire que l'agriculture c'est un scandale énergétique, alors qu'en permaculture, on va faire le contraire, on va sortir 10 ou 20 calories en investissant seulement une seule dans le système, ça veut dire que c'est des systèmes qui...

la définition de soutenable en permaculture, c'est système qui produit plus qu'il ne consomme. L'agriculture et les systèmes humains ne sont pas soutenables depuis au moins 10 000 ans, les systèmes naturels eux sont soutenables, ils produisent plus qu'ils ne consomment, et les systèmes en permaculture sont désignés pour produire plus qu'ils ne consomment.

Ça veut dire qu'ils sont régénératifs, si on tire au bout, ça produit plus, donc ça régénère. Donc on peut au passage reforester, refaire venir la diversité des espèces, la flore, la faune, en même temps qu'on va produire beaucoup plus sur les mêmes parcelles avec beaucoup moins de travail.

Thierry Picard. D'accord, et ça c'est tout le projet de la permaculture finalement. Olivier Roland. Oui, voilà, et donc c'est production de quoi ? Bon, de quoi on a besoin ?

De l'air, ça va pour l'instant il est encore gratuit. on a besoin d'oxygène, déjà ce n'est plus tout à fait gagné parce qu'on n'a plus de forêt, donc on a un problème avec ça, on a besoin d'eau propre, alors là c'est une catastrophe, on n'a absolument plus d'eau propre sur la planète.

Thierry Leccet. Oui, d'ailleurs je me souviens la dernière fois qu'on était sur le terrain ensemble, tu me disais l'eau des nappes phréatiques, il faut déjà que tu réfléchisses à temps passé, il ne faut pas compter dessus, ce n'est pas la peine, l'eau la moins polluée que tu pourras avoir c'est l'eau de pluie finalement.

A priori, mais quand tu penses qu'à l'échelle mondiale, parce que nous encore on ne voit pas trop tout ça, on est des privilégiés, mais pense au reste de la planète, il y a 5000 enfants qui meurent tous les jours simplement parce qu'en gros on pisse et on chie dans de l'eau qu'après on réutilise pour boire ou pour faire la vaisselle ou pour cuisiner.

Donc tu vois, ça c'est pourquoi, c'est parce qu'on a un problème avec l'eau, mais aussi parce qu'on a un problème de carbone, parce que si on a assez de carbone, on sait gérer l'urine, on sait gérer le caca, tu comprends ?

Thierry Lecce Parce qu'il y a un rapport entre carbone et azote qui est nécessaire de respecter, le problème c'est qu'on n'a pas assez de carbone pour absorber tout l'azote produit. Alors ça c'est le problème fondamental pour l'urine, qui est très azotée, pour les fesses, pour le caca, c'est pas tellement une question de taux d'azote, mais sans carbone, on gère pas les micro-organismes, on génère des eaux noires, c'est-à-dire qu'on chie dans l'eau,

clairement, où il y a de l'eau qui se mélange avec, et du coup ça c'est juste ingérable, c'est une des causes de 5000 morts d'enfants de tous les jours. Donc tu vois, ne pas avoir de forêt, ça veut dire ne pas avoir d'eau, ne pas avoir de carbone, ne pas avoir de fertilité, etc. Donc régénérer c'est important, régénérer est non moyen de produire notre nourriture, notre eau, nos médicaments, notre énergie évidemment, on ne va pas éternellement compter sur

des énergies au nucléaire ou fossiles qui ne sont pas soutenables, le matériau d'œuvre, on ne va pas passer sa vie à dépendre du plastique, un jour ce n'est plus possible. Oui, cette notion de soutenable me parle énormément, c'est quelque chose qui peut être pérennisé sur le temps.

Actuellement, on vit un petit peu comme un héritier qui aurait un énorme héritage, et puis on est en train de le dilapider à une vitesse colossale, et ça ne peut pas tenir, ça ne peut vraiment pas tenir.

Carrément, de toute façon, encore une fois, soutenable, si tu regardes bien énergétiquement, c'est synonyme de régénératif, donc on est en plein dans le sujet, tu vois, Et puis oui, on bouffe, on fait tout ce qu'on bouffait le capital aujourd'hui parce que, enfin oui, on mange du capital, ça c'est clair.

Je crois que c'est aujourd'hui, c'est en août qu'on a consommé, donc entre le 1er janvier et le je sais plus combien, le 25 août là, on a consommé les ressources que produit la Terre dans une année.

Donc on est bien en train le reste de l'année, septembre, octobre, novembre, de manger le capital. Je dis août, mais je sais pas si c'est même pas plutôt maintenant. Je crois que c'est juin, depuis un an ou deux là, tu vois. Et donc non seulement on mange le capital, on mange donc les ressources des générations futures, donc il n'y a aucune responsabilité transgénérationnelle là-dedans, et en plus on mange les ressources qui appartiennent aux africains,

aux haïtiens, ou tout ce que tu veux, parce que nous on a une empreinte écologique de 4, 5, 6 et eux de 0,2, 0,4, donc on bouffe leurs ressources. Thierry Samitier-Leclerc. Oui, il y a encore des populations sur la planète qui sont dans un modèle soutenable ? Thierry Samitier-Leclerc.

Oui, il y en a qui sont dans un modèle soutenable, Le problème, c'est qu'en général, on les a colonisés, donc on capte leur capitaux et leurs écosystèmes sont massacrés, détruits, déforestés et les peuples, les sociétés sont détruites dans un degré de souffrance inouï.

Après, tu as un exemple, lui, qui au contraire est moderne, c'est Cuba, qui en tant que nation a réussi à se passer du pétrole, à être autonome sur le plan énergétique et alimentaire localement, partout, avec une empreinte écologique inférieure à 1, et des taux de développement avec les indices de l'ONU des pays de développement parmi les plus élevés de la planète, au niveau des meilleurs taux européens, meilleurs que de la France en termes par exemple d'accès à la scolarisation ou logement,

à l'éducation universitaire et compagnie, à la maîtrise aussi. Thierry Leccet. C'est très surprenant d'ailleurs parce qu'on reçoit des informations très contradictoires de Cuba, d'un côté il y a une voix officielle qui nous montre Cuba comme une dictature absolument nauséabonde, et puis de l'autre côté c'est vrai que moi j'ai des échos de personnes qui sont allées sur place et que je crois crédibles et qui me décrivent une réalité tout autre, donc c'est toujours très surprenant, on se demande à quel point ce modèle

nouveau ne dérange pas certains, finalement ils ne risquent pas de mettre en péril un petit peu les bases même du développement actuel des sociétés modernes quoi. C'est clair que là aujourd'hui le système il s'arc bout sur sa non soutenabilité, on va se battre enfin on a l'impression que si on ne change rien on est en train de quoi ?

D'aller droit vers des guerres pour se battre pour les dernières gouttes de pétrole, les dernières gouttes de pouvoir, les dernières gouttes d'uranium. Alors que bon, il y a des pays qui sont passés au plan B, en tout cas Cuba est passé au plan B.

Nous on aura du mal à passer au plan B, si demain en France il n'y a plus un avion et plus un bateau qui rentrent, en quelques jours on n'a plus de pétrole, on n'a plus de bouffe, on n'a plus de poubelle, on n'a plus d'eau parce que l'eau aujourd'hui sans énergie, on n'en a plus, on n'a plus de pompiers parce que les rideaux électriques ne se relèvent plus, les villes vont crever non pas de faim mais de maladie parce que la première chose dont on va mourir en tant qu'organisme,

individu, mais aussi collectivité ou société, c'est de ne pas gérer nos déchets et de soif. Thierry Lecce. Toujours pareil, c'est la fonction d'élimination, que ce soit au niveau du corps, et j'aime bien ce que tu dis par rapport à cette situation, tu dis souvent utilisons nos dernières gouttes de pétrole pour préparer l'après-pétrole, j'aime bien ton expression parce que c'est vraiment ça, si ça lâche actuellement ça va être le chaos et ça va être la mort absolue. Et utilisons ces derniers temps que nous avons,

et donc la capacité du système actuel à amortir la chute va plutôt dans l'autre sens, parce que si la chute c'était maintenant, on serait mal, parce qu'on n'a pas encore tout à fait préparé, par contre il y a un réel réveil, il y a des gens qui se mettent vraiment en marche, et donc voilà, il y a un réel espoir.

Thierry Coulon-Rechercheur L'espoir c'est clair pour moi, c'est la permaculture, parce que de part si tu veux, comme ce n'est pas une technique, si tu veux c'est au méta niveau si j'ose dire, ça prétend récupérer tout ce qui fait une très grande différence en efficacité et de fait en éthique parce qu'encore une fois quand on est efficace on est régénératif donc on est éthique forcément et donc avec le plus petit input, le plus petit changement, le plus petit investissement d'énergie,

le plus petit travail, on veut récupérer tout ce qui fait la plus grande différence positive et donc on récupère tout ce qui marche dans la permaculture, on les analyse, alors c'est soit les modèles des écosystèmes sauvages, c'est aussi les modèles des peuples premiers et des sociétés dites soutenables ou vernaculaires c'est aussi les dernières avancées en biomimétisme, en biocondensation, les dernières avancées en sciences naturelles, sciences de l'écologie,

sciences des micro-organismes, tout ce qui fait que tout ça fonctionne bien, c'est comme le corps en fait. Et donc oui, on prétend que c'est la meilleure solution, en fait quand on étudie un petit peu les solutions, on se rend compte que c'est ça qui marche le mieux. Thierry Lecce C'est l'unique solution quelque part, parce qu'il y a l'intérêt, mais ça paraît présomptueux, mais c'est vraiment l'unique solution pour moi qui peut mener à quelque chose de fonctionnel, parce qu'actuellement on est dans des

écosystèmes dysfonctionnels, qui tiennent sur l'esclavage comme tu le dis souvent, mais qui sont vraiment dysfonctionnels, et c'est pour ça que c'est aussi important de passer un nouveau regard pour ensuite avoir une nouvelle action sur l'écosystème.

Thierry Leccet. Oui, carrément, et d'ailleurs nouveau regard qui consiste d'abord avant de construire, parce que ce n'est pas compliqué, ce n'est absolument pas compliqué, Le problème c'est la déconstruction qu'on a à faire dans notre imaginaire, dans notre inconscient individuel et collectif, dans nos façons de concevoir, de voir, même notre incapacité d'observer, par exemple, qu'on a aujourd'hui, d'observer le réel, la façon dont fonctionnent réellement les choses, tu vois.

Donc c'est vraiment une déconstruction d'abord, vers la tête, et puis après on met en place quelques trucs qui font une grosse différence. Les formations que je donne en 11 jours mais c'est un peu dangereux, on pourrait les étaler sur 2 semaines, ça serait plus tranquille si on pouvait.

Écoute, on règle définitivement tous les problèmes depuis 10 000 ans d'erreurs de l'agriculture, de l'énergie, parce que c'est simple. Thierry Samitier-Lacroix Et d'ailleurs, il y a une expression que j'aime bien, que j'ai déjà citée et qui me correspond très bien, tu dis toujours ne créons pas des modèles conceptuels plus compliqués que nécessaires.

C'est-à-dire que si on peut avoir un modèle simple pour expliquer un phénomène simple dans un biotope, on s'en contente, ce n'est pas l'intellect pour l'intellect, c'est l'intellect pour l'efficacité, c'est toujours pareil cette notion d'efficacité.

Et elle me touche beaucoup cette notion d'efficacité parce qu'on a l'impression dès qu'on parle de permaculture, on a l'impression de voir des chevelus baba cool, tu vois, dans des bus VW tu sais, en train de rien produire de la terre, alors que non, on parle d'efficacité extrême.

Thierry Laleux-Rachett Oui absolument, non seulement ce que tu dis, Et puis en plus, lorsqu'on arrive à 90 % d'efficacité, on n'a pas forcément besoin d'aller se prendre la tête beaucoup plus longtemps.

Donc voilà, moi j'essaie d'en dire le moins possible pour que le puzzle nous donne 90 % d'efficacité, enfin je ne sais pas ce qu'il faut dire. C'est-à-dire en fait, quand je dis 90 % d'efficacité, bon c'est sur une échelle idéale de 100%, mais par contre si je compare à l'agriculture, c'est des rendements jusqu'à 300 fois supérieur qu'on a au final tu vois.

D'ailleurs ça me rappelle une phrase que tu m'avais dit qui m'avait beaucoup marqué, et tu m'avais dit finalement le but c'est de produire plus sur de très petites surfaces, parce que comme ça les besoins humains on les réduit au maximum, et il reste beaucoup plus de place pour tout le reste, c'est-à-dire les animaux, la nature, on croit qu'il n'y a que l'humain qui doit se nourrir sur cette terre, et finalement le but c'est de minimiser les surfaces agricoles nécessaires pour nous nourrir tous,

de manière à ce que la nature sauvage ait beaucoup plus de place pour elle. Quelque part le but caché ou même pas caché de la permaculture c'est ça, c'est de réduire l'homme à sa place, de ramener l'homme à sa place.

Et ça, tu vois, le ramener à sa place, c'est marrant, c'est lui redonner toute sa place. Pour moi, c'est une expansion, mais sur des choses qui sont l'amour, la spiritualité, le lien, les relations femme-homme, le féminin-sacré, je ne sais pas, il y a énormément de choses à dire là-dessus.

Par contre, le ramener à sa juste place en tant que producteur et consommateur de ressources, qui aujourd'hui, ça impacte la planète, je crois que c'est 50 % aujourd'hui des ressources de la capacité de production de l'écosystème planète terre qui est capté par l'espèce humaine.

Thierry Marchefort-Roland On a un gros problème en matériel énergétique, on a une grosse faiblesse spirituelle et dans l'amour tu vois. Thierry Marchefort-Roland Oui, on prend plus de la moitié des ressources disponibles alors que finalement on est une part congrue des espèces vivantes sur la planète. — Oui, mais je ne suis plus sûr du chiffre, mais c'était juste énorme.

Même si c'est 30 ou plus de 50, c'est énorme. — Oui, en fait, on est un prédateur colossal. — On est un prédateur universel de tous les systèmes, de tous les écosystèmes, de toutes les espèces, de la planète.

La planète est en train de mourir de l'humanité. Aujourd'hui, on est la maladie de la planète. Est-ce que c'est ça qu'on veut être ? Et nos enfants, est-ce que c'est ça qu'on veut qu'ils soient ? — Voilà, en fait, on parle de ça aussi parce que tu es formateur en permaculture, et ça m'intéressait beaucoup de t'appeler pour ça.

Qu'est-ce qu'on apprend ? Alors, j'ai cru comprendre qu'on apprenait à déconstruire déjà, à changer de regard, changer de modèle, déconstruire. C'est assez marrant parce que moi aussi dans mes vidéos j'apprends aux gens à déconstruire, déconstruire, déconstruire. On se rend compte que finalement on a passé pas mal de temps dans notre vie à construire des choses qui sont pathogènes et dangereuses.

Thierry Leclercq-C'est clair, c'est clair. Tu sais, quand on est dans un système qui est faux, c'est l'usine à gaz quoi, chaque problème engendre d'autres et puis c'est une construction qui est fausse depuis le début, ben c'est comparable à la médecine classique, je dirais, en fait, finalement. Voilà, donc là, non, on déconstruit tout ce qui ne va pas et on se bat sur la façon dont fonctionnent les choses.

Donc on apprend, ben, alors il y a plusieurs modules, hein, que l'on va découper en plusieurs modules. On a un module d'un jour qui nous donne un petit peu des bases sur les plantes, des petits trucs pour déterminer les espèces, pour les reconnaître, notamment les plantes comestibles, pour classer un petit peu les familles, pour que n'importe qui qui n'a jamais entendu parler de botanique facilement, il y a des trucs qu'on ne trouve pas forcément dans les livres mais qui guident tout de suite.

Et puis après on sort, on va manger un peu des plantes sauvages dehors, on va voir un peu les arbres qu'on peut cuisiner, les arbres outils bons etc. Donc c'est un peu une initiation de base sur les plantes, parce qu'en fait on s'en servira tout le temps derrière dans la formation.

On a besoin des plantes, ce sont les plantes qui fabriquent l'énergie et la nourriture pour les animaux et pour les humains quand même, donc si on n'a pas d'arbres et pas de forêts et pas de plantes, on n'a aucun espoir quoi.

Donc ça c'est le module 1 on va dire, on a un autre module ensuite de deux jours et demi, idéalement on va dire qui présente ce que c'est que la permaculture, donc tu vois on en a un petit peu parlé, il y a quand même beaucoup de choses à dire, je vais peut-être pas trop revenir dessus, ce que ça n'est pas, ce que ça est et puis des clés, on va parler de clés comme la lumière, l'eau, la pente, l'érosion, les structures de gestion de l'eau dans le paysage, les courbes des niveaux,

parce que tout ça c'est vital pour un écosystème, les micro-climats, bon voilà, des choses comme ça, des choses qui font une grande différence en fait. Alors c'est concret, c'est à la fois assez général, assez concret et fondamental.

Et au fur et à mesure on avance du plus général ou des principes les plus fondamentaux vers les choses de plus en plus détail, on va s'approcher des stratégies. Donc ça c'est plutôt le module d'après, qui lui s'appelle système de culture régénératif.

Donc pour dire, voilà, on arrête avec l'agriculture, on n'emploie plus le mot agriculture, on ne cultive plus un champ, à guerre c'est un champ, on ne cultive plus des espaces massacrés, à nu, violés, déforestés, tout ce qu'on veut, on cultive un écosystème tridimensionnel, multi étagé, densifié, diversifié, qui produit beaucoup, qui n'est pas malade, jamais, qui est résilient.

Donc voilà, moi j'appelle ça des systèmes de culture régénérative. Après là, pareil, on va du plus général vers le plus particulier, donc c'est un module quand même de 4 jours et demi.

Thierry Leclerc qui est dans, qui est magnifique d'ailleurs, je tiens à témoigner parce que l'an dernier on l'a fait deux fois avec l'association, et chaque fois les gens me disaient mais au sortir de ça on a la tête à l'envers quoi, il nous a passé à la lessiveuse le gars Eric là, tellement finalement tout ce qu'on croyait savoir, et tout ce qu'on croyait vrai nous apparaît complètement faux.

Une fois qu'on a changé de regard, qu'on se rend compte qu'on a été complètement dogmatisé, idéologisé depuis notre putain d'enfance. Eric Boehringer -" C'est clair, moi ce qui me rassure c'est que derrière on a la part de construction si tu veux, donc on n'est pas dans la porte, elle est finalement, somme toute, très limitée, très simple, très concrète, c'est... voilà. Mais bon, on va de choses assez générales et de choses assez concrètes,

on explique concrètement pourquoi, par exemple, il n'y a plus de mauvaise herbe, il n'y a pas de concurrence entre les graminés et les autres, et les cultures, même au potager ou au verger, à condition de ne pas faire certaines erreurs et de le gérer comme ça, On décortique, c'est à la fois technique, simple, concret et global, je dirais accessible quoi.

Voilà, on parle de... ben après on va parler de comment gérer les forêts alimentaires, ou les herbiers diversifiés, avec beaucoup d'espèces dedans. Comment on gère l'enherbement spontané au sol, parce qu'on veut plus laver, on veut plus faucher, ou qu'est-ce qui se passe si on fauche qu'au manquant, etc.

Très concrètement, on va parler du moeuse, du compost, du BRF, de la fertilité, de la fabrication du sol, de la dynamique des écosystèmes, comment un écosystème évolue, alors les écosystèmes naturels sauvages pour prendre... Thierry Lecce C'est une partie magnifique du cours que j'aime beaucoup.

Pierre C'est ça, et puis après comment on s'en sert, on va parler des patterns dans la nature et des patterns dans nos systèmes à nous, comment on va s'en servir. Thierry Lecce Les patterns, ce sont les motifs, les formes qu'on retrouve de façon récurrente dans la nature.

Pierre C'est ça, les motifs, je dirais c'est le meilleur terme, la façon dont ça fonctionne, paterne, dans l'espace et dans le temps, et souvent ils sont imbriqués les uns dans les autres.

Voilà, bon ça c'est pour les trucs généraux, après on va vers des stratégies, on va aborder des éléments techniques, bien sûr, par exemple, comment fabriquer la fertilité, distinguer le mulch, le compost et le BRF, ce qui marche, ce qui marche pas, les matériaux, etc.

Et puis on a les espèces rares et sous-utilisées, notamment les espèces fruitières, c'est connu. Thierry Samitier-Richard. Oui, en plus les espèces fruitières, parce qu'il faut le dire quand même, tu es un crudivore de très longue date, donc c'est un peu orienté quand même vers des systèmes de production aptes au crudivore.

Voilà, tu ne vas pas faire l'apologie de la culture céréalière alors que finalement tu es toi-même opposé à l'utilisation des céréales. Thierry Samitier-Richard. Oui, alors d'une certaine manière, même indépendamment de mon alimentation, parce que les céréales c'est juste un scandale énergétique à produire, à rendre comestibles et à métaboliser après, donc c'est une question énergétique.

Mais par contre, évidemment, si on se base sur les arbres le plus qu'on peut, je ne dis pas qu'on va cultiver que des arbres, mais les arbres ils sont pérennes par définition, les arbustes aussi, les lianes ligneuses aussi, bref. Si on cultive des espèces pérennes, une fois que c'est implanté, on fait rien d'autre que de récolter.

L'arbre est le magnifique symbole de la permaculture parce que lui en termes d'entrant par rapport aux produits, finalement la première année tu as un peu de travail de mise en place mais après c'est 20 ans, c'est 30 ans, c'est 40 ans, c'est 50 ans selon les arbres de production dans lequel tu n'as pas grand chose à faire d'autre que le seul travail c'est de récolter, de gaver. Oui, et quand tu dis 50 ans,

un pommier de semis direct non graissé c'est 200 ans et des arbres les fruitiers plus sauvages ça peut être des centaines d'années, et puis il n'y a pas qu'eux, on a aussi de l'énergie, on a aussi des arbres à feuilles comestibles, eux qui sont des espèces moins fruitières qui peuvent vivre des siècles.

Thierry Leccet. On parlait du Moringa tout à l'heure, c'est cette espèce magnifique d'Afrique qu'on va essayer d'introduire par chez nous, et voilà oui, des feuilles comestibles extraordinaires, le pilule par exemple.

Thierry Leccet. Il n'y a pas de problème. Donc oui, l'arbre est un magnifique symbole, c'est le symbole de la chose la plus pérenne qui a fait la vie sur tout le terrain, Il y a beaucoup d'arbres qui sont fondamentalement immortels, ils vivent des millénaires, donc oui permaculture voulant dire un système permanent de culture.

Donc oui voilà, après moi c'est clair je suis crudivore et j'adore les fruits, mais de toute façon une bonne diversité, tout le monde aime des bons fruits, alors il y a des fruits à chair molle, il y a des fruits à coque qui produisent des oléagineux et des protéines, bon voilà, et quand on mange du cul de râne ou de l'azimine ou je ne sais pas d'autres choses comme ça...

Cet automne, j'ai eu ma première dégustation d'azimine, on m'en parlait depuis longtemps de ce fruit magique, et là, j'ai pu vraiment goûter l'azimine, c'est absolument hallucinant. Et puis alors, d'un fruit sur l'autre, les saveurs sont d'une complexité.

Quand tu penses que c'est un arbre qui pousse partout en France, c'est absolument hallucinant. – Oui, qui peut pousser, parce qu'on en trouve quasiment partout. – Oui, mais qui pousse, voilà, qui est potentiellement, qui n'est pas limité par la température, c'est comment avoir des fruits exotiques par moins de 15 ou moins de 20, quoi ? – En fait, l'azimine, le fruit ressemble à un fruit exotique que telles que la pomme cannelle, le cachimandre, le coraussol,

le cœur de bœuf, etc., les rollinias, tout ça, mais ce n'est pas du tout un fruit exotique, il n'y a rien d'un peu du Nord, mais c'est aussi bon. Thierry Samitier-Leclerc. Thierry Samitier-Leclerc.

C'est extraordinaire comme goût, extraordinaire. Thierry Samitier-Leclerc. Moi je trouve meilleur que le shirimoya, tu vois. Thierry Samitier-Leclerc. Oui, c'est un mélange de saveurs de banane, de shirimoya, de banana un petit peu selon les fruits, c'est dense, c'est crémeux, c'est riche, Il y a un petit côté duréen, c'est un truc de fou furieux, c'est vraiment un fruit extraordinaire.

Thierry Coulon-Rechercheur Extraordinaire, et puis il y en a tout un tas d'autres comme ça d'espèces rares. Thierry Coulon-Rechercheur Voilà, donc ceux-là tu les présentes, tu présentes toutes les variétés de fruitiers qu'on peut cultiver sous l'eau climat.

Thierry Coulon-Rechercheur Oui, et lianes fruitières, parce qu'il n'y a pas que la vigne. Thierry Coulon-Rechercheur Oui, tous les acinédiates ou les choses comme ça. Voilà, il y a tout ce qui est Cousine du Kiwi, il y a les achébias, etc, etc, quoi.

Donc il y a toute cette partie-là, et puis après on a un module d'une journée, qui est intéressant, que j'appelle analyse de site, analyse des ressources naturelles, et orientation pour le design au sens de la permaculture, donc pour la conception, la planification d'un système.

C'est un peu façon d'aller sur le terrain, donc ça c'est dehors, d'illustrer ce qu'on a vu un petit peu, de changer notre regard sur les ressources, parce que tu vois dans la nature, si tu ne sais pas que quelque chose est une ressource, ce n'est pas une ressource.

Que ce soit le climat, que des choses tu ne sais pas qu'elles sont comestibles, ce n'est pas une ressource. Thierry Leccet. Au contraire, ça devient un produit toxique puisqu'il faut ensuite le retraiter, c'est-à-dire que tout produit qui n'est pas utilisé par le système devient un déchet finalement. Ouai, mais bon disons qu'une plante, oui non mais c'est vrai que les gens s'évertuent à arracher les mauvaises herbes alors qu'ils font d'excellentes comestibles bien plus nutritives et

productives que les plantes du potager au final, tu vois. Alors je dis pas qu'il faut pas faire du potager mais bon il faut faire aussi ces choses là. Et puis il y a des gens qui vont dans un système, ils voient du dénivelé, ils ont des points hauts, des points bas sur leur terrain, ils se rendent pas compte que ça c'est une énergie incroyable, ça va impacter toute la production énergétique, toute la récolte et l'utilisation de l'eau par gravité sans pétrole par exemple.

Alors, c'est quoi les ressources de ce système ? Elles sont dans les hydrates carbone, elles sont dans le bois, elles sont dans les feuilles, elles sont dans les fruits, elles sont dans le sol, elles sont dans la pente, elles sont dans l'orientation, elles sont dans le soleil, elles sont dans les bâtiments.

Donc voilà, c'est ça le changement de notre opinion des ressources. Thierry Samitier Il y a une phrase que j'aime bien qu'on dit souvent en permaculture, on dit le problème c'est la solution. C'est-à-dire que ce qui d'un ancien regard nous paraissait un problème, c'est-à-dire il y a de la pente sur le terrain, il y a télétravail, etc., là en permaculture on en fait, on tourne ce qui était une entrave, on le tourne en avantage, c'est-à-dire comment est-ce qu'on va pouvoir tirer parti de cette situation

pour en tirer le meilleur quelque part ? Thierry Coulon-Mathieu Bon, oui, exactement, et on peut définir ça en permanence. Ce qui est intéressant c'est que lorsqu'on fait le module d'avant, celui de 4 jours et demi et système régénératif, Et puis même celui encore avant, la présentation de l'attente à la culture, on parle des principes.

Il y a, bon, on va dire une vingtaine de principes, universellement vrais, partout et en tout temps. Quand on les articule, on les combine, on les illustre, c'est vraiment très intéressant dans cette histoire de les problèmes sont des solutions.

Par exemple, oui, toute ressource peut travailler négativement ou positivement. Par exemple, l'eau, en général, aujourd'hui, c'est des inondations, c'est de l'érosion, c'est des catastrophes.

alors que l'eau peut être une ressource... Thierry Samitier-Lacroix Et ressources énergétiques colossales, enfin voilà, croissance... Thierry Samitier-Lacroix Et puis l'humidification de l'écosystème pour produire de la production végétale quoi.

Donc cela veut dire que selon notre design, selon notre conception, notre aménagement, une ressource peut être déstructible ou régénérative, et très productives, donc c'est ça le travail du permaculteur.

Thierry Samitier-Lacroix Voilà, c'est à partir du changement de regard qu'on peut avoir un changement de nos actions, Et donc finalement on a un changement du produit lui-même, c'est-à-dire du fruit de notre action, c'est-à-dire que l'eau qui était destructive, à partir du moment où on commence à la regarder autrement, on va l'orienter autrement, et on en fait un bien, une ressource extraordinaire.

Thierry Leclerc au lieu d'être destructrice, elle peut changer totalement la façon dont l'écosystème va produire, même dans des climats où il ne pleut pas, par exemple l'été, on peut faire des choses incroyables.

Donc on arrive à se passer d'irrigation, de toute façon c'est le but, on ne peut pas continuer d'irriguer comme ça, ça détruit trop les sols, les irriguées ça les salinise, et puis ça demande du pétrole, des tuyaux, de l'énergie, c'est beaucoup trop quoi.

Voilà tout ça, donc oui, il y a cette histoire-là de changer le problème en une solution, et bon, les mauvaises herbes par exemple, les déchets qui lui viennent des ressources, etc. Thierry Leclerc Voilà, et donc tout ça en fait ça dure 11 jours à peu près, c'est ça ?

Oui, là on arrive à une petite dizaine de jours, et après il reste les 2 jours de potager sur but pérenne. Donc j'insiste beaucoup qu'on n'aurait peut-être pas besoin de faire du potager, et on aurait tout intérêt à...

Thierry Lecce Je suis tout à fait d'accord avec toi, moi j'ai toujours tendance à dire on plante des arbres et on laisse les salades, les verdures sauvages se développer spontanément, et comme ça c'est zéro travail, parce que le potager c'est quand même un dur labeur renouvelé tous les ans.

Thierry Salamé Ben voilà, alors c'est ça, c'est que si on fait ce que j'appelle des systèmes de non-culture ou de semi-culture où on favorise dans certaines parcelles la production d'herbes assez comestibles, donc des salades sauvages et petits coins qui puent des médicinales, tout autant que des arbres, enfin aussi ces choses-là qui sont on va dire les équivalents sauvages de nos potagères en fait, donc déjà on a fait un gros gain d'efficacité.

Ensuite ce que je dis c'est que si on veut vraiment faire du potager et on peut aimer manger des tomates en été, il n'y a pas d'idéologie derrière, Thierry Samitier, je t'ai vu à manger de pleines de cagettes, donc je sais très bien qu'il n'y a aucun problème de ce côté-là.

Thierry Samitier, voilà, mais par contre il faut savoir ce que ça coûte, et très sincèrement si je devais les produire moi-même parce que dans le cas de suicide je les allais acheter, je t'assure que je n'en mangerais pas comme ça. Justement c'est prendre conscience énergétiquement que les céréales en gros on peut oublier, et le potager classicos comme on le pense, bon, ça ne marche pas canamé globalement.

Par contre maintenant si on veut vraiment faire du potager, des espèces potagères, Bon, ok, mais alors sachons ce que ça nous coûte et optimisons à mort la façon de faire pour que ça devienne productif, soutenable, pérenne, sans concurrence, sans désherbage aucun, sans besoin d'irrigation dans tous les climats, extrêmement productif, etc.

Sinon, et puis pas de maladie, aucune maladie. Avec des systèmes en équilibré, donc ce que tu apprends dans les deux derniers jours finalement. Oui, ça c'est les deux derniers jours, donc on a un jour de théorie spécifique au potager sur but pérenne qui utilise tout ce qu'on a vu avant, parce que c'est encore plus dans le détail si tu veux, et puis on a une journée concrète pratique sur le terrain où on va faire des buts en expliquant quels types de buts, parce qu'il y a tout un tas de types de

buts différents, on explique surtout pourquoi, ce n'est pas dire voilà, moi les techniques je ne les présente jamais comme voilà, c'est ça qu'il faut faire, d'abord à un moment il y a les principes, après chacun, une fois qu'on a compris le cadre, après chacun a les outils nécessaires pour bâtir sa propre compréhension et sa propre action. Donc il ne s'agit pas de dire aux gens il faut que tu fasses ça, mais de lui donner les moyens de choisir par lui-même, de choisir le bon choix parce qu'il aura les bonnes données quoi.

A.E.L. Exactement, puis après je fais le choix de présenter telle technique plutôt que telle autre, mais on sait pourquoi, on sait comment ça marche, ça veut dire quand on a compris comment fonctionnent les choses, les processus, on est en principe capable, bon il faut un petit peu d'habitude de répondre à toutes les questions tu vois, et ça c'est très important, la compréhension des processus qu'il y a en dessous, sinon une technique pour moi ce n'est rien,

C'est une coquille vide, elle marche ici, tu passes la colline, elle ne marche plus, ou tu changes le groupe et les personnes, elles ne marchent plus, tu vois. Thierry Samitier – Oui, on parle de ça aussi parce que c'est un petit coup de pouce, un petit coup de pub, ça a été aussi le prétexte qui m'a poussé à t'appeler.

Tu vas faire une formation en avril, ça s'est décidé très récemment, tu vas faire une formation par chez moi, d'ailleurs avec un peu de chance, enfin pas avec un peu de chance, ce sera la première fois que je pourrai suivre ta formation complètement je crois.

Pierre Côté – Ah, ça devrait bien me plaisir. Thierry, parce que chaque fois je n'y passe pas sporadiquement, je pense que je vais m'offrir 10 jours de formation avec toi mon frère, mais tu fais une formation, tu peux me donner les dates s'il te plaît ?

Thierry, alors oui, donc ça va être par chez toi comme tu dis, du 6 avril au 19, alors au 17 avril pour la formation stricte, avec tous ces modules qui s'enchaînent, le 6 la botanique, 7 et 8 présentation de la permaculture avec la matinée du 9, ensuite on lance jusqu'au 14 avec les systèmes régénératifs, après il y a l'analyse de sites le 15 avril, et puis 16 et 17 avril les buts pérennes.

Et puis derrière on a publié sur le site internet de permaculture sans frontières. Thierry Samitier-Richard. Oui, alors on peut le répéter, ton site internet s'appelle permaculture sans frontières pour avoir tous les restes de l'aliment.

Thierry Samitier-Richard. Ça se trouve bien, permaculture sans frontières, ça se rend premier dans les motifs de recherche. Et puis derrière on a mis 2 modules optionnels d'une journée, mais une balade botanique purement balade pour ceux qui veulent vraiment...

Thierry Leclerc On pourra te montrer des beaux coins, là en ce moment il y a toutes les plantes sauvages qui sortent sur les bords du teck, on pourra laisser faire des belles balades botaniques. Philippe Leclerc S'il n'y a pas vraiment un sale temps, on se balade et on mange, c'est la balle en fait.

Thierry Leclerc C'est le pire oui. Philippe Leclerc Et puis en optionnel, on a mis un petit module après le samedi 19 qui est un module de sensibilisation aux questions de survie. Thierry Leclerc C'est Philippe qui le fera ?

Alors Philippe est moi comme assistant. Thierry Leclerc qui est un très bon copain aussi, qui est vraiment formé à ces techniques-là, donc ça va être bien joyeux. Donc ça se passe du 6 au 17, ça se passe légèrement au sud de Perpignan, toutes les informations seront sur le site permaculture sans frontières.

Je suis content de le signaler aussi parce que je pense que ce que tu enseignes est d'une radicalité, j'ai vu tous les gens qui suivent ton cours me disent voilà, c'est juste un bouleversement total de mon regard, Et je trouve que par rapport à ce que moi j'apporte en termes de physiologie, c'est l'évidence même, mais ça élargit encore plus le concept, c'est encore plus à la base, à la trame dans notre écosystème, je trouve que c'est d'une puissance inouïe comme regard, et ce n'est pas anodin.

Mon plus grand souhait en fait, ce serait que tout le monde puisse suivre tes cours, vraiment. Non, mais ce n'est pas pour te flatter mon gars, on se connaît depuis longtemps, c'est juste que voilà, ça me paraît tellement fondamental, c'est tellement pertinent, tu le partages avec tellement d'enthousiasme, de générosité, Je tiens à le dire, je suis content de dire qu'il y a un stage qui va être organisé avec mon ami Eric Escoffier, je suis content qu'il se passe par chez moi parce que je pourrai y participer,

et je suis content de savoir qu'il va y avoir du monde qui va venir parce que c'est très chouette. Eric Escoffier – Écoute, c'est super, moi je suis bien content qu'ils viennent aussi, vraiment en vacances.

Thierry Samitier – En vacances je ne sais pas, parce que tu secoues tellement que je ne sais pas s'il faut arriver à reposer pour arriver à tenir le choc entre guillemets, parce que c'est un véritable bouleversement, c'est-à-dire que tout ce qu'on croyait vrai nous paraît d'un seul coup, on se dit mais mon dieu, c'est une formidable machination entre guillemets, mais l'avantage c'est que tu ne nous laisses pas en plan, c'est-à-dire que tu déconstruis et puis tu reconstruis, mais alors d'une façon

qui est d'une simplicité, d'un seul coup la vie nous paraît légère et facile, parce que finalement on se rend compte que des tas de choses qu'on faisait n'ont aucun sens. Thierry Coulombe Oui, c'est vrai que plein de fois finalement je me rends compte dans les formations, finalement ça c'est une bonne nouvelle, tu vois, tiens il n'y a plus de mauvaise herbe, il n'y a plus besoin de désherber, c'est vrai que c'est que des bonnes nouvelles en fait au final.

Thierry Coulombe Voilà, c'est des bonnes nouvelles, mais c'est simple et pas simpliste, c'est-à-dire que tu dis oui il n'y a plus de mauvaise herbe, mais tu expliques pourquoi, et tu expliques comment il faut les gérer, parce que si tu te contentes de les laisser comme ça, n'importe comment, sur des écosystèmes qui sont déjà déséquilibrés ça n'a pas marché, et ça c'est l'une des erreurs de l'écologie un peu hippie actuelle, c'est qu'on te dit il n'y a pas de

mauvaise herbe, le gars il se retrouve, son champ il est envahi de ronces et ainsi de suite, et tu as le papé en face qui lui dit non mais mon gars tu n'as rien compris. Mais parce qu'en fait oui, un système déséquilibré il demande à ce qu'on respecte certains processus régulateurs, et donc à la fois il s'agit de laisser revenir à son état d'équilibre, mais comme il a été déséquilibré, d'apporter notre regard intelligent et compréhensif là-dessus, et c'est là où la permaculture est très efficace.

Thierry, je te remercie parce que j'entends beaucoup parler de permaculture, tu sais que ça me... bon je l'ai très à cœur ça aussi, et je commençais à l'avoir assez parfois d'entendre parler de permaculture, uniquement permaculture c'est mettre du mulch, la permaculture c'est faire des lasagnes, et à chaque fois je disais ce n'est pas des techniques, mais il me fallait ta voix et tes générosités pour préciser ça, donc merci Eric.

Eric Boucher. Avec grand plaisir, merci d'accord. Thierry Samitier. Donc je rappelle, sa formation du 6 au 17 au sud de Perpignan, ça se passe, tout est sur le site permaculture sans frontières, les inscriptions sont ouvertes à partir de maintenant, je pense que ça va fuser et je serais heureux d'y participer en plus.

Thierry Côté "- Eh bien écoute, moi aussi, vraiment." Je t'embrasse mon beau, tchao tchao ! Thierry Côté "- Moi aussi, tchao tchao, et merci."

Vous avez entendu, j'espère que ce petit échange entre moi et Eric aura pu vous inspirer parce que cette démarche, ce n'est pas elle que j'ai commencé, ce n'est pas elle que je continuerai, je le sais et qui est toujours présente dans ma vie et je tiens à le dire.

et là c'est juste du copinage et de l'admiration, ce que transmet Eric c'est exceptionnel, c'est unique, c'est exceptionnel, et je crois qu'on a une chance extraordinaire d'avoir un être aussi hors normes, avec un regard tellement hors normes sur le vivant, on a la chance qu'il puisse enseigner, vraiment pour moi c'est une très grande chance, il a poussé ça très loin, et en plus vous verrez sur le plan de l'individu, c'est quelqu'un de très émouvant et très touchant, donc je suis content de soutenir Eric, de soutenir Salema, je trouve qu'il ne gère pas assez sa com,

je pense, il n'est pas assez connu, et on va faire en sorte qu'il soit beaucoup plus connu, on fera des formations avec lui à nouveau, mais là voilà, je suis content de pousser ça au mois d'avril 6 au 17, tout est sur le site permaculture sans frontières.

Bonne découverte et bonne régénération des sols !

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