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"La marche sans faim", un film documentaire sur l'expérience du jeûne

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L'équipe RGNR
72 vues • Publiée le 24/06/2019

Ce film documentaire suit Florian, sylviculteur pieds nus, qui a décidé de réaliser un jeûne prolongé non pas dans un centre spécialisé, mais en marchant seul dans les monts Mackenzie, dans les territoires du Nord-Ouest canadien, au-delà du cercle polaire. Le projet est né d’un constat simple : il n’arrivait pas à jeûner plus de quatre jours chez lui, et son corps, habitué à l’effort physique constant, réclamait du mouvement même à jeun.

La préparation a duré plusieurs mois et s’est appuyée sur trois axes : intensification progressive de l’effort physique (course à pied, travail forestier), travail mental via le yoga et la méditation, et adaptation alimentaire avec des repas décalés en fin de journée pour s’habituer à l’effort à ventre vide. Le réalisateur Damien, lui, est parti avec une alimentation vivante très réduite, environ 500 grammes par jour de fruits, dattes, oléagineux et graines germées, ce qui correspondait techniquement, selon des médecins interrogés a posteriori, à une situation de jeûne partiel.

Sur le terrain, les conditions se sont révélées plus exigeantes que prévu : sentiers effacés par la végétation, traversées de rivières à la nage en eau froide, terrain instable. Ces contraintes réelles ont mis à l’épreuve les pratiques habituelles des deux protagonistes, notamment les bains froids et l’exposition au froid, qui n’étaient pas planifiés mais se sont imposés naturellement. Le film montre aussi l’envers du décor, avec Damien visible à l’image pour ne pas idéaliser l’expérience.

Au-delà du récit d’aventure, la vidéo aborde les suites du projet : une tournée de projections en France avec débat, un livre de voyage écrit par Florian avec des bilans sanguins à l’appui, et le lancement d’un réseau de treks jeûne gratuits appelé « Rec », ouvert à tous et organisé par des bénévoles sur l’ensemble du territoire.


📑 Au programme de la vidéo


Transcription de la vidéo

Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.

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Florian, Damien, c'est un plaisir de vous retrouver ici, on est dans le cadre des rencontres de la régénération, vous venez de présenter votre film La marche sans fin, est-ce que vous pourriez me parler un peu de ce projet, j'ai eu à cœur de faire cette vidéo pour parler de ce film, pour parler plus avant encore de ce projet et du fondement de ce projet, et puis parler aussi de ce qui va avec Florian, de ce qui va suivre aussi ce film un petit peu et tous les projets qui vont suivre.

Qu'est-ce que c'est que la marche sans fin ? Thierry Lafontaine Tu peux déjà peut-être expliquer la jeunesse du projet pour toi, et après j'expliquerai comment c'est un film. Thierry Lafontaine C'est qui Florian ?

Thierry Lafontaine C'est qui Florian, oui. Florian c'est quelqu'un qui cherche la vie et qui se contente pas d'un petit peu, qui veut beaucoup, qui est gourmand de vie et donc quand on en veut beaucoup, il faut aller la chercher, il faut se donner les moyens et du coup la vie que l'on prend, le chemin que l'on parcourt, Evidemment, on va sortir des sentiers battus parce que les sentiers battus, on sait qu'ils mènent à des impasses maintenant.

Donc, on est obligé de se faire explorateur à quelque part pour pour aller chercher la vie, pour aller chercher là où elle est, aller à la source directement. Joli. Et toi, alors ça se traduit comment donc ta vie concrètement ? Donc, mon gagne-fruits, c'est de faire pousser des forêts. Ça va.

Donc, il y a pire. Oui, c'est vrai que c'est pas bûcheron, effectivement, c'est quasiment même l'inverse. C'est l'inverse. Au départ, j'étais fier de dire que j'étais bûcheron parce que c'est un métier excellent.

L'image ! Maintenant, je préfère dire que je suis silviculteur même si les gens ne savent pas vraiment ce que c'est. Je suis obligé de prendre le temps d'expliquer ce que je fais pour ne pas faire de l'amalgame.

C'est un métier où je me suis dirigé, mais vraiment par hasard. J'étais prof de maths, ça me rendait vraiment malheureux. Ça rendait peut-être les élèves malheureux aussi. C'est aussi pour ça que j'ai démissionné, j'ai été prof très peu de temps et les élèves me disaient qu'ils n'étaient pas heureux, j'ai dit moi non plus, donc on arrête tout.

Et donc, j'ai démissionné sans savoir du tout ce que j'allais faire, et la seule chose que je savais c'est qu'il ne fallait pas que ça continue. Et puis, quand je me suis retrouvé au pôle emploi, ils m'ont demandé ce que j'allais faire spontanément sans que ça soit passé par le mental, et il y a une voix qui est sortie qui a dit je vais faire bûcheron.

Je me suis dirigé là-dedans, je me suis mis à mon compte et il se trouve que c'est vraiment le métier qui me correspond. Et même maintenant avec les films où je commence de pouvoir dégager un revenu par la vente des projections, des livres, je ne conçois pas d'arrêter mon travail parce que c'est quelque chose d'important pour mon équilibre personnel.

Et en parallèle de ça, en parallèle de mon travail, ce n'est pas suffisant d'avoir un gain de fruit. Il faut aussi travailler sur tous nos schémas pour les démonter et en reconstruire des choisis plus sains.

Et à ce moment-là, c'est là où j'ai découvert l'alimentation vivante, le jeûne, et je n'arrivais pas à jeûner chez moi plus de quatre jours alors que je sentais que mon corps me demandait un jeûne plus long et je me suis dit faut que j'aille dans un coin où il n'y a rien, un coin complètement perdu avec aucune tentation possible et puis une distance à parcourir parce que j'aime marcher, mon corps est tout le temps actif donc j'ai besoin de cette activité même quand je jeûne pour me sentir bien et comme je

connaissais déjà les monts Mackenzie au Canada pour les avoir traversés dans un précédent voyage, je me suis dit ça c'est vraiment l'endroit arrivé pour aller faire un jeûne long dans les meilleures conditions possibles.

Thierry Lecce T'es parti donc au Mont McKenzie, c'est dans quelle partie du Canada ça ? Damien Chassol C'est les territoires du Nord-Ouest, sur le cercle polaire. Thierry Lecce D'accord, donc t'es parti au Canada dans les Mont McKenzie pour faire un jeûne long alors que tu n'avais jamais fait plus de 4 jours de jeûne. Damien Chassol Exactement.

Thierry Lecce D'accord, on va te laisser là, on range. Damien Chassol Tu commences à serrer. Thierry Lecce Je commence à serrer, bon. Alors, on va se rassurer un petit peu, on va tomber sûr.

Damien, toi, qu'est-ce que tu fais là-dedans ? C'est un petit moment qu'on se connaît aussi. Ça fait un moment qu'on se connaît Thierry, moi je suis officiellement réalisateur. Tu vois, c'est comme ça que c'est sous cette étiquette-là que j'étais connu.

Voilà, c'est mon étiquette officielle, mais ce que j'explique souvent, je l'ai expliqué dans une école la semaine dernière, ce que je réalise avant tout, c'est mes rêves. Il se trouve qu'ils prennent la forme d'objets filmiques, mais c'est des rêves.

Ça a été le rêve de faire le tour du monde à vélo, ça a été le rêve de partir avec un paraplégique au Spitzberg, ça a été le rêve de faire du VTT sur les volcans du Nicaragua, quoi que ce soit en fait...

C'est un très beau film d'ailleurs. Merci. J'ai beaucoup apprécié. Je m'applique à rêver ma vie et à ce que ça devienne réel. Pour moi, le mot réalisateur c'est ça, je concrétise. Concrétiser en réel.

Oui, les élans, bon après tu le sais, ça fait 10 ans que je suis tombé dans la marmite de l'alimentation vivante, et que je pratique un hygiénisme qui est loin d'atteindre celui de mon petit samouraï mais qui m'apporte énormément de vitalité, de joie et il se trouve qu'après donc le film Toani au Nicaragua sur l'alimentation vivante, j'ai reçu la visite de monsieur Florian Gomes Sylvie Cutter, pieds nus en short en plein hiver, qui vient chez moi m'expliquer ce qu'il

vient de te dire, et qui m'explique également que personne ne croit en son projet mais qu'il a tellement envie d'une dimension de partage qu'il veut absolument un film. Et toi tu embarques ?

Moi j'embarque, la mission impossible, de faire un film sur un personnage aussi marginal et clivant, parce que là il est gentil mais il faut voir le jusqu'au boutisme, dans des conditions aussi difficiles, si tu veux toute l'équation t'amène à penser c'est pas possible.

Et bien je fonctionne comme toi, tu l'as dit lors de l'intervention hier et tu l'as dit ce matin. On est joueur, on est vivant. Ouais, quand on te dit que c'est impossible, t'as envie d'y aller.

Voilà. Et on s'est embarqués tous les deux dans l'aventure, on a passé un mois ensemble dans le Grand Nord canadien pour faire un film qui soit à la fois la retranscription d'une aventure centrée sur le jeûne qui soit le portrait d'un hygiéniste atypique et flamboyant.

Thierry Lecce Oui, en pleine santé et en pleine force, ça me touche aussi beaucoup parce que souvent on aborde ces questions-là sur le plan de la faiblesse et de la maladie, et c'est vrai que moi pendant toutes tes formations je n'arrête pas de dire il faut qu'on change notre référentiel, il faut qu'on arrête de parler de ces maladies qui nous occupent tout l'esprit et qu'on voit la santé, et là c'est un film sur la santé.

La santé, l'adaptabilité, on ne peut pas ne pas être en santé, on ne peut pas faire ça sans être en santé. C'était un des buts principaux du film, un des objectifs qu'on voulait atteindre d'un mien et moi, c'était de donner envie de jeûner, de montrer que ça peut être fun.

Oui, vous vous amusez bien d'ailleurs dans le film, le film est très joyeux, on le partageait, la forme est joyeuse. Le film est hyper joyeux parce que le film est fidèle à qui on est, le film est à la fois fidèle à cette rigueur et cette discipline que Florian incarne, et moi en tant que réalisateur qui ne connaissait pas Florian en amont du film, on a fait connaissance quelques mois avant le tournage, on s'est rencontré, on s'est apprivoisé, voilà, quelques sessions comme ça,

et on a vraiment fait connaissance dans le film, et moi j'ai découvert mon personnage dans le film, et je l'ai redécouvert au montage. Thierry Laleu Parce que c'est excellent, moi je le dis comme ça, on va en parler vraiment du film, mais vous faites un tandem, un couple assez, Toi tu accentues le côté un peu Florian est en avant, toi t'es un peu le gars qui ne fait rien comme il faudrait, lui il est hyper rigoureux, toi t'es un peu bordélique entre guillemets.

Oui, j'en joue, je te jure. Tu en joues à fond, vous faites un couple et puis vous vous moquez de vous-même et de vos personnages, ça c'est, Florian est plus radical encore qu'il pourrait être peut-être, et toi t'es plus farfelu que tu pourrais être, donc ça c'est très bien.

C'est une très bonne analyse, je trouve que les mots sont pertinents. C'est vrai aussi que maintenant quand je revois les vidéos qu'on a faites où je me fiche comme un personnage solitaire c'est vrai que finalement j'en ai peut-être pas rajouté mais involontairement en tout cas parce que je suis pas j'ai un côté solitaire mais je le suis pas tant que ça.

Ah tu fais très ça bon rire. C'est un personnage assumé en même temps pour toi, c'est le vrai toi voilà. Je le vis très bien au contraire. On sent que le public reste scotché sur cette ovnie, sur cet extraterrestre quand on passe le film et en même temps c'est totalement sincère. Dès le début Florian était à fond dans la démarche de ne pas tricher c'est c'est pour ça que j'apparais dans le film, parce qu'il voulait que le film montre aussi l'envers du décor, ne pas faire croire au public qu'il y a

une espèce de caméra autonome, invisible qui le suit, ne pas faire croire qu'on veut éclipser le réalisateur, tu vois, être vraiment dans ce qui a été un travail d'équipe, ce qui a été une rencontre, donc tout ce personnage qui se révèle à travers le film hyper charismatique et en même temps, comme tu dis, totalement extraterrestre, c'est vraiment lui, quoi. moi ça ne m'intéresserait pas de faire un film qui ne soit pas à 100 % sincère.

Thierry Leclerc Et alors comment ça s'est passé ? Parce qu'immédiatement la question qu'on va te poser, OK, tu avais déjà fait des petites expériences de jeûne 3-4 jours, là la marche elle a duré combien de temps ? Alexandre Elle a duré 2 semaines.

Thierry Leclerc 2 semaines, donc tu es parti comme ça, dans des conditions climatiques qui sont quand même très contrastées, ça peut varier très vite dans ces régions-là. Alexandre C'était le cas d'ailleurs, on est passé de 30 à moins 5.

Thierry Leclerc Voilà, donc avec des vrais challenges pour le corps, Tu es passé de 4 jours de jeûne à 15 jours de jeûne, ce qui représente quand même un grand fossé. Comment ça s'est passé pour toi ?

Thierry Laleux En fait justement comme je savais qu'il y avait ces contrastes qui allaient apparaître, je me suis préparé du mieux possible pour augmenter ma condition physique au maximum à travers l'hygiénisme. Thierry Laleux D'accord, ça consiste en quoi ?

Thierry Laleux Parce qu'en fait je continue par rapport à ce que je venais de commencer, c'est que mon point fort, le terrain connu chez moi, c'était l'entraînement. Je savais que je pouvais compter là-dessus, donc comme c'était la pierre de base, les fondations du projet sur lesquelles je savais que je pouvais m'appuyer, je les ai développées au maximum.

Donc concrètement, pendant plusieurs mois, j'ai augmenté au maximum l'intensité de mon travail par la course à pied, par mon travail forestier, et puis au niveau mental par le yoga, la méditation. Et au niveau alimentaire, tu t'es préparé particulièrement ?

Tu as eu un programme particulier ? Alors au niveau alimentaire, à chaque fois que je vais travailler ou faire du sport, c'est à jeun. Souvent je mange mon premier repas en fin de journée. Donc ça, ça me permettait déjà de savoir ce que c'était que faire un effort, même parfois intense, en ayant le ventre vide.

C'est hyper important parce que c'est une des premières peurs à casser chez les jeûneurs, rien que le jeûne intermittent c'est déjà une barrière d'inquiétude à franchir. Thierry Lecce Fort de cette base sur laquelle tu t'es construit, tu es parti comme ça donc pour ces 15 jours, et comment ça s'est passé ?

Quelles ont été tes difficultés ? Qu'est-ce que tu as trouvé facile ? Qu'est-ce qui t'a surpris d'ailleurs dans les réactions de ton corps ? Puisque j'imagine que tu as pu pas mal t'analyser dans ce moment-là.

Comment ça s'est passé ? eh bien en fait j'avais en souvenir les précédents jeûnes où j'étais plutôt amorphe, où je manquais de motivation sur les premiers jours, et puis là en fait je suis rentré dans le jeûne sans m'en rendre compte. En fait je m'étais tellement bien préparé mentalement que quand le jour J est arrivé, le corps il savait très bien qu'il n'y aurait plus de nourriture au moins deux semaines, et donc il ne m'a rien demandé, il n'y a eu quasiment aucune baisse de régime.

D'accord, le message était passé, il a immédiatement commencé à carburer sur ses propres réserves et c'était parti. Comme je l'ai dit dans le film, il y a le matin au réveil, en même temps même si j'avais mangé pendant le voyage, je pense que ça se serait passé aussi un petit peu pareil, il y a toujours une mise en route.

Et puis avec Damien on en avait discuté aussi, savoir qu'il y aurait certainement des pauses imposées par mon corps, et au final je m'arrêtais deux pauses de 10 à 15 minutes maximum dans la journée, qui étaient parfois des journées de 10 à 12 heures de marche.

D'accord, et le résultant tu marchais ? et le reste du temps je marchais d'un aide à bon pas et le corps était comme infatigable. Thierry-Louis ? Tu as parcouru combien dans ces montagnes ? Thierry-Louis ? 360 kilomètres.

Thierry-Louis ? 360 kilomètres, ça correspondait à un parcours précis ? Thierry-Louis ? C'était l'ancien passage d'un pipeline qui a été construit pendant la seconde guerre mondiale, et puis il a été abandonné tout de suite après. Thierry-Louis ?

Oui, vous le racontez dans le film. Thierry-Louis ? Et donc depuis 70 ans il n'est pas du tout entretenu, ce qui fait que la végétation a repris ses droits, que toutes les vallées intermédiaires où il y a de la neige l'hiver, quand au printemps ça fond, ça entraîne les pierres avec elles, donc ça efface la trelle sur de grandes portions, donc elle est empointillée.

Donc en fait je me retrouve souvent à faire du hors-piste et à marcher dans des grosses pierres assez instables. Donc en fait c'est une marche assez difficile pour ces raisons, avec des rivières bien sûr sans pont.

Il y avait des ponts auparavant mais ils sont partis. Donc des rivières à traverser à la nage et puis des eaux froides. donc en fait il y a vraiment beaucoup de challenge, même si on mange, même si voilà quoi...

C'est intéressant ce que tu dis, parce que là on est lors des rencontres de la régénération, et souvent les gens me disaient bon, c'est sympa les bains froids mais c'est un côté un peu artificiel, j'en disais c'est artificiel parce que notre mode de vie complètement artificiel ne nous fait pas être confrontés, mais là dans des conditions réelles, le froid en fait, tu ne cherchais pas à faire un bain froid le matin, c'est juste qu'il fallait traverser la rivière,

c'était la réalité. Clairement, et on a vu le bienfait de toute la préparation, c'est-à-dire toi tu pratiquais VIMOF et les bains froids depuis plus longtemps que moi, même moi à mon petit niveau je me suis rendu compte que l'impact...

Thierry Marchettti. Tu es vachement résistant. Olivier Roland. Ben oui, voilà, la pratique quotidienne certes artificielle, elle te permet cette adaptabilité, cette faculté d'adaptation. Thierry Marchettti. Mentalement aussi, de ne pas t'effondrer parce que tu sais que tu vas devoir traverser une rivière, de savoir que tu peux le faire.

Olivier Roland. Tu peux te projeter dans l'inconfort, dans la douleur même, et tu sais que ça va être un temps donné, et qu'après tu as les moyens corporels Pour recouvrer le fonctionnement naturel, psychologiquement, ça a été un outil énorme.

C'est ça l'hygiénisme après tout, c'est recréer artificiellement des conditions dans lesquelles on devrait vivre biologiquement. Quand je passais dans des rivières, souvent j'avais de l'eau à mi-cuisse, et en fait ça me redonnait de l'énergie, ça me restimulait, donc ce n'était même pas un obstacle, il y a tout qui aide.

Comme tu disais, on peut faire feu tout bois à condition d'avoir le bon mindset. Je me tourne vers toi Damien, toi tu l'as suivi comment ? Tu n'as pas jeûné pendant les 15 jours j'imagine.

Non, je n'ai pas jeûné, il y avait un choix stratégique à faire. Oui, entre la qualité du film... Oui, j'emmène tout le matériel pour réaliser un film professionnel. Est-ce que tu ne l'as pas suivi à pied ?

Non, j'étais à vélo. J'ai mon fidèle destrier qui m'a servi dans beaucoup de tournages et qui est un vélo taillé pour l'expédition qui me permet de charger tout mon matériel, donc autonomie bivouac, autonomie alimentaire et autonomie film.

Tout ça, ça fait 45 kilos. Thierry Leclerc Oui, c'est quand même un challenge en tant que tel. C'est un challenge en tant que tel et puis surtout ça n'est pas raisonnable ni pertinent d'affronter ce challenge en mode jeûne.

En mode jeûne, tu dois être le plus affranchi possible du stress. Moi je sais, ça fait 10 ans que je fais des films, le simple fait de faire un film est un stress, un stress positif mais un stress, et après voilà, 45 kilos de matos ça charge.

c'est de l'intensité comme effort, donc ce n'est pas de l'endurance pour le coup. C'est un mélange d'endurance et d'explosifs que je connais par cœur, mais par contre j'ai souhaité être le plus cohérent possible avec Florian, donc je suis parti vraiment avec une alimentation vivante, minimaliste.

Et tellement minimaliste qu'il y a eu un énorme acte manqué, j'ai fait des calculs que je croyais savants sur la quantité de calories qu'il me fallait pour tenir la durée qu'on s'était imparti, et je me suis planté d'un facteur 10.

C'est qu'il y a pareil. C'est quand même époustouflant de se tromper à ce point, mais bon, je le sais, je suis une quiche en calcul. Donc, je croyais partir avec 110.000 calories ce qui était mon estimation pour l'exprès, et je suis parti avec 11.000.

Pour 15 jours. Oui, et j'ai tourné avec 500 grammes par jour de fruits, d'âtes, oléagineux, algues, graines germées. Et a posteriori quand j'ai fait les interviews de médecins, de nutritionnistes, de spécialistes du jeûne, eux m'ont dit en fait, techniquement, tu étais en situation de jeûne.

Thierry Leccet. Tu es en simili-jeûne. Pierre Coulombe. Je pense qu'on a vécu la même expérience parce qu'ils fournissaient un effort plus grand que le mien, mais ils compensaient un petit peu par l'alimentation, et au final, d'ailleurs on a maigri énormément tous les deux. Thierry Leccet.

Et d'ailleurs, la question va venir immédiatement, c'est tu es parti jusqu'à un jour en expédition en autonomie, qu'est-ce que tu avais amené pour manger une alimentation vivante avec les contraintes de poids, de transport d'eau, tu vois, parce que quand tu transportes des fruits c'est quand même lourd en fruits parce que ça transporte l'eau avec lui.

Thierry Laleut. Oui, c'était tout séché. Thierry Laleut. Tout séché, voilà, et tu réhydratais, comment tu faisais ? Thierry Laleut. Peu, assez peu, j'ai peu ressenti le besoin de la réhydratation parce qu'on était en milieu midi tout le temps, il y avait de l'eau en abondance, on traversait quantité de rivières.

Donc j'ai ciblé les aliments qui me procurent le plus de joie, et ceux que je sais, enfin j'ai fait le croisement disons, entre les aliments qui me procurent le plus de joie et ceux que je sais être les plus énergétiques. Thierry Laleu D'accord.

Donc en gros des fruits avec des oléagineux, des graines germées, des algues, voilà. Thierry Laleu Macronutriments, micronutriments, des bombes et puis tu réfléchis. Thierry Laleu Des bombes nutritionnelles et ça a très bien fonctionné au point que ces dernières années ça a été la période de ma vie où j'ai à la fois été le plus épuisé physiquement mais dans un état de saine fatigue et en meilleure forme. Thierry Laleu D'accord.

Thierry Laleu Sur les 3-4 dernières années je me suis jamais senti dans une telle possession de mes moyens physiques que pendant le tournage de la marche sans fin. Avec des journées, comme il a dit, de 14 heures parfois, de six rivières à traverser, de cols à passer.

Et de froid, de l'humidité. Voilà, pour nous c'est une forme de satisfaction, de gratification énorme, pas pour dire tout le monde doit faire pareil ou pas pour dire c'est une preuve quelconque, mais juste pour dire on fonctionne l'un et l'autre sur un paradigme qui nous est personnel, qu'on a développé ces dernières années sur une certaine alimentation, sur un certain rapport au corps, au métabolisme, et quand on le plonge dans cette situation extrêmement exigeante, ça fonctionne, ça a fonctionné pour nous.

Thierry Marchefort-Florian, tu nous as dit pourquoi tu avais fait cette expérience, moi je dirais maintenant, maintenant que tu en es revenu, est-ce que tu y as trouvé ce que tu cherchais, c'est-à-dire cette rencontre avec la vie, puisque tu m'as dit que c'était vraiment ton moteur principal, tu étais gourmand de vie, est-ce que tu t'en es payé une bonne tranche ? Eh bien, comme à chaque fois que je pars en voyage, je demande ça à la vie et elle me donne ça.

Et donc, à chaque fois, en particulier pour ce dernier voyage, je me suis senti vraiment gâté par la vie. Je ne pensais pas m'engager autant physiquement dans la difficulté, dans le froid.

et puis en fait ça a été une expérience finalement qui s'est faite un petit peu comme si ceux qui avaient vraiment défini les plans de l'expérience pour moi n'avaient pas tout dit et qu'ils me révélaient par la suite, mais finalement voilà et donc en fait voilà tout était parfait parce que le contact avec le froid c'était pas prévu et au final je me suis confronté à ce que j'appelle les trois F froid, faim, fatigue et ça c'est le bon trio pour maintenir une santé optimale, pour la retrouver si on l'a perdue Et

c'est par rapport à ces 3 F qui n'étaient pas programmés à l'avance que je me suis senti vraiment honoré par la vie de vivre cette expérience, et puis à travers le film de Damien, surtout les images drones, je me rends compte à quel point il y avait une une forme de spiritualité à arpenter des espaces aussi vierges comme si c'était une autre planète en essayant d'être épuré le plus possible par le jeûne.

Quelque chose de mystique pour moi, et à chaque fois que je revois ces images, ça me touche profondément, je me sens connecté au divin, et je crois que je n'ai jamais été aussi connecté au divin que pendant ce voyage.

C'est très touchant ce qu'il dit effectivement, la forme du film est très déstabilisante par certains côtés parce qu'à la fois il est extrêmement drôle, ne prenez pas au sérieux, il y a vraiment des moments de gags, le coup avec les ours par exemple, il y a toute une histoire, je ne vous la raconte pas si vous allez voir le film, mais avec les ours il y a vraiment des tranches qui sont vraiment très amusantes et en même temps un côté extrêmement contemplatif, onirique, très spirituel aussi,

on sent cette profondeur sans y mettre un cachet particulier, sans y mettre une étiquette particulière, mais puis cet émerveillement devant cette nature, devant cette beauté du vivant quoi, et tu as réussi à faire un mix assez hors norme je trouve, mais réellement c'est ce qui m'a d'abord moi touché, c'est un film contemplatif mais dans lequel on se marre énormément, ou c'est un film très amusant dans lequel on contemple énormément, et l'un ne va pas contre l'autre, et c'est sérieux et en même temps c'est

très léger. Thierry Lafontainement mais je pense que ça nous ressemble, et je pense que c'est parce que c'est le regard qu'on porte sur la vie, tu vois, on brasse des sujets hyper sérieux, la santé, l'alimentation, la parentalité, mais que les sujets soient sérieux n'impose pas pour moi qu'on les traite avec sérieux Et les traiter avec dérision et avec légèreté ne signifie pas à mes yeux qu'on leur manque de respect.

Donc j'essaye effectivement dans mes films de faire cette fusion, cette mayonnaise qui prend ou qui prend pas. A vrai dire, je ne l'ai pas toujours conscientisé et je vois que dans le retour du public, il y a cette fusion qui s'opère ou ce mélange qui s'opère et ça me remplit de contentement.

comme il l'a dit, j'ai trouvé dans ce projet ce que je suis allé y chercher et aussi ce que je n'avais pas allé y chercher. Thierry Lecce C'est un film maintenant donc, c'est un film, vous pouvez m'en dire un petit peu plus parce que l'objet aussi, on a été très touché lors des rencontres de la régénération que vous veniez le présenter, il a été extrêmement bien accueilli, donc on avait prévu, je t'avais dit moi j'ai envie de ce film,

d'en parler pour qu'il ait une bonne diffusion, donc comment ça se passe, comment on peut le voir en pratique ? En pratique à l'heure actuelle le film est en VOD sur mon site. Thierry Lecce VOD ça veut dire donc que les gens peuvent l'acheter et peuvent le visionner ? Il l'achète et il le voit en ligne ou il le télécharge sur l'ordinateur, là on parle des deux versions courtes comme celle qu'on a passée hier matin aux rencontres.

Il existe également une version très complète sur clé USB que les gens peuvent commander pour la recevoir chez eux. Thierry Lecce D'accord, on mettra le lien de ton site sous la vidéo pour que les gens puissent y rendre immédiatement sous la vidéo.

mais surtout ce qui est important pour nous c'est que là on rentre dans une phase de diffusion, et nous on veut que le film, et nous avec, aille à la rencontre de son public.

Oui, franchement ce film prend aussi toute sa dimension, alors il prend sa dimension rien qu'à le regarder, mais avec vous deux, pour en témoigner, pour en débattre, pour la richesse.

Donc vous pouvez vous déplacer. Bien sûr, on se déplace, nous on est prêt à aller n'importe où, on se rend compte que c'est des sujets, le jeûne, l'hygiénisme, et comme tu l'as dit, la forme de mes films ça crée des réticences, ça crée des freins sur le papier parce qu'on est totalement hors case, mais on veut défendre ce film et qu'il bénéficie au plus grand nombre.

Donc l'énergie maintenant c'est ça, c'est d'aller le présenter partout en France, ailleurs, le plus loin possible et toujours avec la plus grande joie et le plus grand bonheur de partage. Thierry Lecce Alors ça se passe comment ?

Si quelqu'un a un cinéma ou connaît un directeur de cinéma qu'il aimerait bien le projeter ou il interpelle un directeur de cinéma qui dit oui, moi j'ai envie de projeter ce film, comment on fait ?

Et bien il va sur mon site PlanèteD, il m'écrit, et on s'organise avec Florian et on monte une projection, voilà, il nous faut du réseau, du réseau, du réseau. Thierry Leclerc OK, d'accord, donc c'est vraiment un appel aussi à toutes les personnes qui regardent ces vidéos vraiment pour soutenir, je sais que vous avez été nombreux à soutenir le film Régénération, c'est un film qui est aussi dans la même veine parce que Régénération est un film très contemplatif,

et ce film-là il a aussi ce caractère-là, un très beau film et j'avais à cœur vraiment d'aider à sa diffusion, en cinéma en particulier. et Florian, tu me disais aussi que toi, fort de cette expérience, tu avais envie de continuer à proposer ce genre d'expérience et de le partager.

Ça t'a plu et t'as envie ? Ça m'a tellement plu, je me suis dit j'ai envie de le refaire, je ne vais pas partir à chaque fois à l'autre bout du monde, c'est un peu embêtant de devoir aller dans des endroits aussi reculés, et donc je me suis dit il faudrait que j'organise ça par chez moi, Seulement, quand on traverse des villages avec des personnes qui ne sont pas du tout dans la même vibration, qui sont dans des endroits moins reculés où la nature est moins préservée,

la nourriture que je prends en compensation de la nourriture physique, la nourriture de la vie, tout ce qui nourrit les autres corps que le corps physique, finalement je vais moins le trouver ailleurs que dans des endroits vierges, comme les monts Mackenzie.

Donc je me suis dit que ce serait bien peut-être de faire ça à plusieurs. Avec Damien, on avait dit qu'il faudrait qu'on refasse l'année prochaine des défis comme ça où on marche, où on court en jeûnant sur plusieurs jours.

Et en parallèle de ça, des gens m'écrivaient sur Facebook pour me dire qu'on aimerait bien venir marcher avec toi, partager cette expérience. Je me suis dit qu'il y a des deux côtés, il y a une volonté de se regrouper, de faire quelque chose en commun.

Je suis en train de mettre en place le concept de Jeûne et Trek qui consiste à proposer gratuitement des treks d'une durée d'une semaine où chacun emmène ses affaires de randonnée pour bivouaquer et puis on part, on part tous ensemble, il y a un organisateur et on part avec un système de navettes si les personnes veulent arrêter en cours de route et puis voilà ça crée beaucoup d'échanges, on se retrouve comme une famille, on se connaît très peu au départ par quelques échanges internet,

puis très vite le cours en passe un petit peu comme au festival que tu as créé, c'est une grande famille donc c'est exactement cette même alchimie qui se crée et l'idée derrière tout ça c'est de trouver de plus en plus d'organisateurs pour à terme proposer sur toute la France gratuitement des stages, enfin des trecs, jeunes trecs un peu partout et en fonction des organisateurs créer des niveaux de difficultés différents en fonction de l'engagement sportif des participants.

Thierry Lecce Immédiatement la question qui me vient c'est, il existe quoi jeûner randonnée déjà, c'est quoi la différence entre les deux ? Alain Dufault Alors la différence, je dirais que jeûner randonnée d'une part c'est payant, parce qu'ils ont une structure.

J'entendais ton truc, là tu parles de gratuité. Voilà. Thierry Lecce Gratuité donc gratuit. Voilà, il y a quand même une caution au cas où la personne a besoin d'une navette pour aller la chercher.

mais en dehors de ça, c'est gratuit. Thierry. D'accord, c'est une charte assez exigeante pour les organisateurs. Thierry. Voilà, c'est-à-dire que c'est des organisateurs qui veulent donner de leur temps du bénévolat, voilà, exactement. Il n'y a vraiment aucun intérêt financier derrière, l'intérêt pour la personne qui organise c'est l'échange, c'est le partage, et puis dès qu'on est avec un groupe on reçoit tellement que c'est ça le salaire.

Thierry. D'accord, donc il y a ces dimensions de la gratuité, quelle autre différence verrais-tu s'il y en a ? parce que jeûne et randonnée, les gens sont à quelque chose de même endroit.

Thierry Leccet. Donc ils vont faire une promenade dans la journée, c'est ça ? Alain Leccet. Alors qu'avec le principe jeûne et trek, on fait un circuit, et donc on n'est jamais au même endroit, c'est vraiment le principe du trek.

Thierry Leccet. Donc une proposition radicale au sens étymologique du terme, qui revient à la racine et qui ne vient pas s'opposer au jeûne et randonnée, mais qui est une proposition autre pour les personnes qui cherchent une autre expérience.

Bon, je mettrai les coordonnées comment te contacter en dessous de la vidéo, que les personnes qui se reconnaissent dans ce type d'appel puissent te contacter. Et puis ceux qui veulent en savoir plus sur la marche sans fin, il y a aussi le livre que j'ai écrit en parallèle du travail de Damien.

Damien les photos, lui l'écriture. Voilà, et donc c'est mon point de vue, c'est mon récit de voyage, mon carnet de voyage pendant la marche là-bas, agrémenté de textes qu'on a écrits, Damien et moi, autour de toute la préparation sur l'hygiénisme, sur notre philosophie, et puis aussi les bilans sanguins qui apparaissent dedans pour montrer que...

Oui, toi tu aimes bien ça, tu aimes bien te tester, tu es impressionnant pour ça. Non, mais c'est super, moi je suis admiratif, tu aimes bien objectiver les choses.

J'ai une formation scientifique, donc je n'ai rien contre la science, simplement il faut faire la vraie démarche. La vraie démarche de la science c'est la découverte, c'est l'expérimentation. Ceux qui ne veulent pas entendre un discours parce qu'ils ne veulent pas prendre le temps d'expérimenter, ils ne sont pas scientifiques, c'est la base.

Donc voilà Thierry, cadeau ! Merci Florian, merci beaucoup, merci ! Bon, ça a été un plaisir de vous avoir lors de ces rencontres de la régénération, parce que dans rencontre de la régénération il y a aussi rencontre, et que vous deux c'est une rencontre que vous avez partagée, ça a été une rencontre entre nous, ça a été une rencontre aussi avec le public, donc je vous remercie beaucoup.

Je suis vraiment très content aussi qu'on ait pu faire cette vidéo pour que ce film prenne sa place aussi, parce que c'est un témoignage extrêmement intime, joyeux, contemplatif d'une expérience humaine qui parle effectivement comme tu le disais, et ça transparaît dans tout le film de cet appétit de vie que tu peux avoir toi aussi, parce que ça n'aurait pas marché si vous ne l'aviez pas tous les deux.

Et c'est vraiment la base aussi de la démarche de ce que j'essaie de partager. Donc merci à vous deux, et vraiment j'espère que ce film va pouvoir avoir aussi une diffusion avec la rencontre avec vous deux, une diffusion dans les salles de cinéma qui mérite parce que c'est vraiment un bel objet, un très bel objet.

Merci, à très bientôt en plus Damien, parce que je pense qu'on se reverra pour d'autres projets. Damien. Il va falloir. Thierry. Carrément, merci, bye-bye. Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org

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