La beauté
Cette vidéo part d’une anecdote concrète : une vidange de moteur, de l’huile noire et visqueuse qui tombe lentement, et une exclamation spontanée devant sa beauté. Thierry s’en sert pour poser une question simple : qu’est-ce qui nous empêche de percevoir la beauté là où elle se trouve, y compris dans les endroits que l’on juge ordinaires ou indésirables ?
La réponse tourne autour des labels mentaux : dès qu’on étiquette une chose comme sale, inutile ou condamnable, on coupe la perception directe. Thierry illustre cela par ses propres lacunes en ornithologie, qu’il présente non pas comme un défaut mais comme un avantage : ne pas savoir le nom d’un oiseau, c’est entendre son chant sans filtre. L’ignorance volontaire, ou du moins l’acceptation de ne pas tout classer, ouvre un espace de perception que la culture referme souvent.
Le fil conducteur de la vidéo est le lien entre séparation et souffrance : refuser le réel tel qu’il est, résister à ce qui se passe, c’est se couper d’une source de nourriture. Thierry évoque la vacance, au sens propre du terme, c’est-à-dire l’espace vide, l’ennui assumé, comme condition nécessaire pour revenir au moment présent et retrouver cette perception.
La vidéo se conclut sur quelques exemples pratiques : regarder la lumière sur les écailles de poissons dans un rayon réfrigéré, observer une poche plastique portée par le vent sur un parking, voir les reflets sur les alignements de paquets. Ces images ne sont pas des métaphores, ce sont des exercices concrets que Thierry propose pour s’entraîner à percevoir sans jugement préalable, dans les contextes les moins attendus.
📑 Au programme de la vidéo
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0:00Introduction : parler de beautéThierry annonce le sujet de la vidéo et prévient qu’il ne commencera pas par l’image évidente de la beauté.
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0:30L’huile de vidange et la beauté inattendueUne anecdote sur une vidange de moteur illustre comment la beauté peut surgir là où personne ne l’attend.
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2:03Les labels qui bloquent la perceptionThierry explique comment étiqueter mentalement une chose empêche de la percevoir directement, y compris dans un supermarché.
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4:07Ne pas connaître le nom des oiseauxL’ignorance en ornithologie devient un exemple de ce que l’on gagne à ne pas tout classifier.
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6:09Séparation et souffranceThierry relie le refus du réel à la souffrance : tant qu’il y a résistance à ce qui est, la connexion est coupée.
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7:30La vacance comme espace nécessaireIl distingue les vacances organisées de la vraie vacance, c’est-à-dire l’espace vide et l’ennui assumé.
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9:20Trouver la beauté dans un rayon de poissonnerieThierry décrit concrètement comment percevoir la lumière sur les écailles et la glace dans un rayon réfrigéré.
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12:10Conclusion : s’entraîner à voirIl invite à se laisser émouvoir par ce qui est là, maintenant, et à partager cette façon de regarder autour de soi.
Transcription de la vidéo
Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.
Lire la transcription
Bienvenue avec les vidéos du livre cru, vous avez peut être été un peu surpris par cette entrée en matière et surtout aujourd'hui j'avais envie de vous parler de beauté j'avais envie de vous parler de beauté c'est un petit peu comme un pied de nez ne pas commencer par l'image immédiate qui viendrait de la beauté mais parce que ce que j'ai envie de essayer de mettre en lumière aujourd'hui c'est un petit peu qu'est ce que la beauté qu'est ce que la beauté réelle et comment est ce qu'on peut arriver à C'est une expérience que j'ai faite il y
a pas mal d'années déjà, et c'est ça qui m'a vraiment ouvert les yeux sur la notion de beauté. J'étais sous une voiture, un petit camion avec un copain, et on faisait la vidange de ce camion.
On faisait la vidange, donc on était allongé sous le camion avec une bassine à côté de nous pour recueillir l'huile de vidange. Et lorsqu'on a ouvert le bouchon qui permettait du carter à l'auteur à l'huile de tomber, l'huile s'est écoulée.
Elle était visqueuse, épaisse, noire avec des reflets de lumière à l'intérieur. Elle était très visqueuse et elle s'est écoulée très lentement. Et tout ce que j'ai pu faire, moi, j'étais allongé comme ça et j'ai pu m'exclamer, j'ai dit, ah, qu'est-ce que c'est beau, qu'est-ce que c'est magnifique.
Et le copain, immédiatement, est parti, il m'a dit, non, tu parles, c'est une sacrée saleté, on n'arrive pas à le recycler et ainsi de suite, ça pollue toute la planète.
Et immédiatement, je l'ai arrêté, j'ai dit, non, mais attends, je ne te parle absolument pas de ça, je te dis, qu'est-ce que c'est beau.
Et c'est là où vraiment j'ai eu un moment où j'ai réalisé ce que je disais à la fois, je le disais à ce moment-là. J'ai réalisé que la perception de la beauté se fait surtout en dehors du mental et en dehors des labels.
Parce que les labels nous permettent d'étiqueter. On étiquette ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui est beau, ce qui est laid, ce qui est acceptable, ce qui est inacceptable, alors qu'en fait la beauté elle est partout.
C'est beaucoup plus difficile de trouver de la beauté dans un centre commercial que trouver de la beauté au fin fond d'une forêt ou que de trouver de la beauté dans un bouquet de fleurs et pourtant et pourtant et pourtant la beauté elle y est toujours là encore.
Je me souviens il y a quelques jours de ça j'ai passé vraiment plusieurs minutes absolument somptueuse j'étais allongé sur un banc et j'étais à l'entrée d'un supermarché et je regardais les bannières de ce supermarché vous savez il y a des drapeaux des drapeaux étroits verticaux qui battent dans le vent et Et le fond était blanc, c'était un espèce de satin qui jouait dans le vent, c'était absolument sublime.
Et c'est vrai que si j'avais commencé à juger la marque, le supermarché, la consommation, la surconsommation, effectivement, tout ça, c'est vrai, mais la beauté n'est pas là.
La beauté est vraiment en dehors des labels. Et arriver à percevoir cette beauté dans toute chose, je vais retomber encore sur mes pieds, c'est arriver à être dans le moment présent, arriver à être dans le moment présent, hors des labels, hors des étiquettes, hors des identités, hors des personnages.
C'est juste ça, c'est juste ça, percevoir la beauté et se rendre compte vraiment que la beauté, la beauté, elle est partout. La beauté, elle est partout et quand on s'y relie, alors à ce moment-là, tout peut faire office d'émerveillement, tout peut faire office d'ouverture de cœur, on va dire, d'amour du monde, d'amour vraiment du monde.
Ça n'empêche pas d'avoir un esprit critique, un esprit qui va ensuite, si on nous pose la question, est-ce que c'est quelque chose, voilà, on va pouvoir raisonner là-dessus, mais la perception première, hors des labels, est essentielle, et je crois que c'est assez important de garder les zones de sa vie dans lesquelles on n'est pas cultivé, on n'est pas intelligent.
Moi, par exemple, il y a quelque chose qui me fait souvent amuser, mais j'en rigole avec mes copains, moi, par exemple, en matière d'oiseaux, je suis tout à l'heure ignore, Je ne connais pas les noms des oiseaux.
Je ne connais pas les noms des oiseaux et souvent pour moi il y a trois catégories d'oiseaux. Il y a les moineaux, il y a les pigeons, il y a les aigles et puis il y a les hors catégories. Alors tout ce qui est tout tout petit c'est un moineau, tout ce qui est moyen c'est un pigeon, tout ce qui est grand et qui est tout en l'air c'est un aigle et puis tout le reste que je n'arrive pas à classer c'est des hors catégories. c'est pas mal parce que quand j'entends un chant d'oiseau mais je suis pas tout de suite en train de me dire
oula ça c'est un pivot ou ça c'est un jet ou ça c'est un martin pêcheur mais j'entends juste le chant des oiseaux j'entends juste le chant des oiseaux alors j'aimerais bien le faire pour d'autres domaines dans ma vie arrêter d'étiqueter arrêter de labelliser heureusement j'ai une culture et puis l'esprit aime bien la culture donc il la recherche elle s'auto-alimente elle s'auto-nourrit c'est une espèce de de monstre qui s'auto-alimente et qui est fier et qui se repèse de sa connaissance Mais je crois qu'il y a une certaine vertu à être inculte,
il y a une certaine vertu à être ignare, il y a une certaine vertu à ne pas savoir. Il y a une certaine vertu vraiment à reconnaître qu'on ne sait pas, et même à faire en sorte de ne pas savoir. Et ce qui est difficile, c'est qu'une fois qu'on a les connaissances, c'est très difficile de s'en départir, elles nous collent à la peau.
Et il faut vraiment rentrer dans le silence, dans la tranquillité, dans la quiétude, dans le fameux moment présent, pour arriver à percevoir cette beauté. Parce que si on n'arrive pas à se percevoir cette beauté, à ce moment-là, qu'est-ce qui se passe ?
C'est la souffrance. Longtemps, moi, j'ai cru que la souffrance rimait avec erreur, pour moi. Souffrance rimait avec erreur. Et de plus en plus, j'ai compris que ça allait bien au-delà de ça. Souffrance rime avec erreur, mais surtout avec séparation.
La souffrance, pour moi, c'est la séparation. L'erreur, ce n'est que la chose, mais l'erreur, c'est la séparation. C'est la séparation avec ce qui est. C'est la séparation, moi je dirais avec mes mots à moi, c'est la séparation avec Dieu, c'est la séparation avec la conscience suprême, vous l'appellerez comme vous voulez, c'est la séparation avec ce qui est, avec la création.
Et à partir du moment où on est séparé, à partir du moment où l'on refuse le réel, à partir du moment où on se braque contre lui, et bien on est coupé et on est dans la souffrance. La beauté en est une, quand on se coupe de la beauté finalement, et bien on ne perçoit plus, on ne perçoit plus ce monde tel qu'il est.
Et à ce moment-là, on n'est plus nourri. C'est valable aussi pour la situation présente. Quand il y a une situation présente et qu'on ne l'accepte pas, on souffre. Tant qu'il y a résistance, tant qu'il y a séparation, il y a souffrance.
Ce n'est pas très compliqué, mais c'est un véritable chemin de vie pour y arriver. C'est un vrai chemin de vie pour arriver à se remettre dans cet état-là. On y arrive doucement, au début par bribes, en se souvenant, Je l'avais dit, en revenant dans la respiration, en prenant aussi du temps, du temps pour la vacance.
La vacance, c'est... Les vacances, maintenant, c'est devenu un moment où on s'agite, on se fait des programmes, on part dans des voyages tout organisés, mais la vie, ce n'est pas un voyage organisé.
Et la vacance, ça devrait être tout, sauf l'organisation de la vie, ça devrait être l'absence, la... la vacance. C'est le terme propre du terme, c'est-à-dire l'espace, l'espace ouvert.
et je crois que c'est essentiel de s'ennuyer, de s'ennuyer à certains moments de sa vie, c'est vraiment très très important, même de ses journées, de s'ennuyer un petit peu, parce que c'est parce qu'on s'ennuie qu'on arrivera vraiment à rentrer dans le réel.
Quand on s'ennuie, on devient perceptible au réel, à l'infiniment petit qui se passe devant nous, et d'un seul coup on se rend compte que ça bruit ce devie, ça bruit ce de beauté tout autour de nous, et ça devient merveilleux, ça devient absolument merveilleux.
Donc souffrance, séparation. Souffrance, séparation, c'est le cas à peu près partout. C'est souffrance égale séparation quand on refuse une situation, souffrance égale séparation dans la relation aussi, quand on refuse l'évidence d'une relation avec une personne, quand on refuse l'évidence de l'amour parce qu'on ne croit pas, parce qu'on a nos souffrances, parce que... Et quand je dis refuser, on est rarement moteur là-dedans.
On est plus souvent victime qu'autre chose. Ce n'est pas une façon de se culpabiliser. Je suis persuadé que nous faisons toujours du mieux que nous pouvons avec les cartes que nous avons en main à ce moment-là. Sauf que nous avons un jeu de cartes qui est plus ou moins bon.
Mais au cours de la vie, nous avons aussi parfois la possibilité de poser des cartes, de retirer une pioche. Et ça, c'est uniquement dans le moment présent qu'on le peut.
Parce que si on n'est pas présent à ce moment, si on n'est pas présent dans la beauté, si on n'est pas présent dans la grâce de ce moment, si on est séparé, si on est séparé de ce qui se passe, alors à ce moment là on ne peut vraiment pas percevoir les opportunités.
Alors oui, voir de la beauté, voir du sacré dans un supermarché, c'est pas évident au premier abord. Voir de la beauté dans un rayon de poissonnerie par exemple, je vous y encourage, c'est un exercice que j'aime bien.
Mais rapidement on arrive à voir cette lumière sur le dos luisant des poissons, des poissons morts bien sûr, mais cette lumière sur le dos luisant des poissons, ces écailles, cette glace qui les entoure, je trouve ça absolument merveilleux.
Et les paquets dans les rayons, ces alignements de paquets, ces lumières qui jouent dessus, cette musique, cette douce musique derrière. Et puis il y a aussi de la beauté dans le vent, il y a aussi de la beauté, je marchais dehors sur le parking et je voyais une poche, une poche plastique en train de voler dans le vent. Ça a une grâce absolument extraordinaire pour moi, absolument extraordinaire, et de de la beauté dans tous ces visages, dans toutes ces figures,
dans ces gens qui passent. Je ne sais pas vous, mais moi je suis souvent très ému, j'arrive à pleurer souvent même. A quel point ce monde m'émeut, à quel point ce monde est beau.
Ce monde est extraordinairement beau. Et une fois qu'on arrive à quitter l'état de séparation, on se rend compte vraiment que ce monde est absolument beau. Et je ne sais pas s'il y en a autre chose à faire dans la vie que de rendre compte, que de contempler ce monde et son extraordinaire beauté. Je crois que ce serait vraiment la tâche la plus noble à accomplir dans cette vie.
Et se revendiquer comme observateur de la vie, je crois que c'est l'une des plus belles tâches, l'une des plus belles occupations qu'on puisse avoir dans cette vie. Tout le reste, c'est extérieur, c'est accessoire.
Ça ne veut pas dire que ça ne sert à rien, mais ça veut dire que ce n'est pas tout. Et que sans l'essentiel, ça n'aura strictement vraiment aucune valeur. Donc la beauté, la séparation, c'est un même tout.
C'est rentrer, regarder autour de soi. Percevoir les couleurs, percevoir les sons, percevoir les brissements de l'air, les odeurs, c'est déjà une grâce en soi, c'est pas pour vous, mais c'est une grâce pour moi en tout cas voilà, je pense que j'ai réussi à faire, je regarde mon compteur, j'ai réussi à faire 10 minutes vous voyez, là encore je ne suis pas séparé de mon horloge interne donc cette vidéo c'était aussi pour conclure un petit peu les 3 semaines d'expérience de détoxination on
n'a pas été aidé pour ceux qui l'ont fait, vous avez vu cette vague de froid qui s'est abattue ça n'aide pas. J'espère que vos expériences ont été bonnes. Dans les prochaines semaines, on va s'intéresser beaucoup plus à la reconstruction et on va aussi s'intéresser au rôle que nous pouvons avoir les uns pour les autres.
Vous allez comprendre un petit peu mais je vais essayer de vous démontrer s'il y avait nécessité que l'homme n'est pas un animal solitaire, que l'humain n'est pas un animal solitaire et que nous avons plus que jamais besoin des uns des autres pour nous soutenir et pour nous nourrir, pour nous nourrir simplement à tous les niveaux de l'être.
Nous avons besoin des uns des autres, ça va être un petit peu le programme pour les semaines à venir. Il va y avoir un tout petit peu moins de vidéos, parce que j'aurai moins accès à une ligne fixe pendant les 3 semaines qui viennent, mais toujours des vidéos très très denses.
Je vous remercie pour votre soutien, je vous remercie pour vos encouragements, je vous remercie de partager ces vidéos si vous le faites. Je vous remercie surtout d'être témoin de la beauté dans ce monde, d'en rendre compte, d'en parler, de vous laisser vous émouvoir, de vous laisser vous enthousiasmer, d'entraîner les autres dans cette spirale à contempler la beauté et de surtout arriver à se dégager de cette séparation, cette séparation de l'évidence, parce que finalement on se sépare,
on souffre parce qu'on refuse l'évidence, mais l'évidence elle est là, l'évidence elle est là, elle est maintenant. Je vous souhaite une très très belle journée, une très belle soirée, selon moi, on regarderait ces vidéos.
A très bientôt avec des vidéos de livre cru.
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