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Jour 1, l'essence de la permaculture, la cause des causes // Permaculture

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L'équipe RGNR
7 vues • Publiée le 12/04/2014

Cette vidéo est une conversation entre Thierry et Éric, filmée pendant un stage, autour d’une question simple : qu’est-ce que la permaculture ? La réponse tient en deux mots selon Éric : efficacité et éthique. Non pas comme deux objectifs contradictoires, mais comme deux propriétés d’un même système bien conçu. L’idée centrale est que nos systèmes agricoles actuels ne sont ni efficaces ni productifs, contrairement à ce qu’on nous enseigne.

Une large partie de la discussion porte sur les successions végétales : comment un sol dégradé revient progressivement à un état d’équilibre, en passant par des espèces pionnières comme la ronce, qui prépare le terrain pour les strates suivantes avant de disparaître. Le climat méditerranéen est abordé en détail, car l’absence de pluie en saison de végétation ralentit considérablement ce processus de régénération et impose des stratégies spécifiques.

Thierry et Éric reviennent ensuite sur le bilan énergétique de l’agriculture : investir 20 kilocalories pour en produire une seule est un scandale thermodynamique qui n’a pu fonctionner historiquement qu’avec de la coercition, des esclaves ou des énergies fossiles. La forêt comestible, à l’inverse, produit davantage qu’elle ne consomme, parce qu’elle s’appuie sur les processus naturels plutôt que de les combattre.

La conversation se termine sur un parallèle explicite avec le corps humain : de même qu’un organisme détoxifié consomme moins pour produire plus, un écosystème régénéré devient autonome et résilient sans intrants extérieurs. L’éthique, dans ce cadre, n’est pas un objectif moral ajouté après coup, mais une conséquence directe de l’efficacité réelle du système.


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Transcription de la vidéo

Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.

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Comment on fait pour définir la permaculture ? Eh bien oui, on va commencer comme ça. On a commencé à filmer. Salut Eric ! Salut ! On se demandait comment on allait commencer.

J'étais attrapé. On avait commencé à définir la permaculture la dernière fois, puis la vidéo a intéressé pas mal de monde. J'avais envie de... Puisque tu es là, tu es en stage, j'avais envie de continuer à développer ça, mais tous les deux, tranquillement, poser. Parce que c'est toujours la question qu'on pose, c'est quoi la permaculture, c'est quoi la permaculture ?

Ouais, alors définition en quoi ? Deux mots, deux phrases, deux jours, deux heures, deux heures, on a la bande. Bon alors, en deux mots, c'est quoi la permaculture ?

En deux mots, l'efficacité plus l'éthique. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que contrairement à ce qu'on essaie de nous faire croire ou ce qu'on croit culturellement, on n'a pas une incompatibilité, une contradiction entre productif, efficace, réaliste, ou écolo et juste socialement.

C'est souvent l'image qu'on véhicule, c'est-à-dire les écolos qui ne produisent rien puis les vrais gens qui travaillent et qui produisent de la valeur. La permaculture est née en constatant que justement les systèmes humains qui nous font vivre et sur lesquels fonctionne la société aujourd'hui, ne sont pas efficaces et ne sont pas productifs.

Et notamment l'agriculture est totalement improductive. C'est l'inverse plutôt qu'on nous apprend. Oui, mais on ne nous dit pas qu'on investit 10-20 calories dans la parcelle pour en sortir une. D'accord, donc il y a des choses qu'on ne voit pas directement.

Oui, et puis qu'on ne nous dit pas, simplement. D'accord. Disons que l'agriculture industrielle est plus efficace simplement par rapport au nombre de travailleurs. La production par tête de pipe qui travaille sur le terrain.

On a d'autres esclaves finalement dans notre service. Par contre, au mètre carré, par production à l'hectare ou par production à l'énergie, c'est-à-dire combien de calories on investit dans la parcelle, c'est catastrophique. 15-20 calories pour en sortir une, ça veut dire que si on n'a pas d'esclaves, on n'a pas d'agriculture.

Oui, parce que de toute façon ce n'est pas pérenne comme système. Ce n'est pas pérenne, c'est déficitaire, donc ce n'est pas soutenable. ça demande forcément des empreintes écologiques insoutenables aussi.

Voilà, donc le propos de la permaculture ce n'est pas de dire non, on va être plus écolo, plus juste, c'est de dire on va enfin pour la première fois depuis qu'on fait de l'agriculture notamment être réaliste, productif réellement, efficace, produire plus ce qu'on consomme, produire 10, sortir 10, 20 calories de système pour une investie.

Thierry Macron Donc inverser complètement le rapport. Olivier Roland Quasiment inverser, ce qui fait... Thierry Macron C'est possible ? Olivier Roland Oui. C'est un système mature après une certaine transition parce qu'on part de là, on part bien de là où on est.

Thierry Samitier-Leclerc On part d'un système déséquilibré, c'est un truc qui m'amuse beaucoup aussi parce que je fais souvent le parallèle avec la physiologie humaine, je dis voilà, avant que le corps prospère complètement et dans un régime qui est physiologique pour lui, il y a un temps de nettoyage, de détoxination, de mise en place dans lequel il y a des perturbations.

Là aussi c'est le temps de retour à une forme d'homéostasie, d'équilibre. et de l'efficacité de la physiologie de l'écosystème par rapport à l'efficacité du corps si tu veux. Et puis de multiplicité, de richesse de l'écosystème pour que lui-même se nourrisse lui-même.

Et ça à l'échelle de l'eau climat, ça demande du temps ? Ouh là, c'est quoi l'eau climat ? Le climat méditerranéen qu'a tout le monde en France. D'accord, justement à l'échelle de à peu près tous les climats sauf le climat méditerranéen, ça va assez vite.

Thierry Marchefort-Roland Si on s'y prend bien. Raphaël C'est vrai, en s'y prenant bien. Dans nos climats méditerranéens, surtout les climats méditerranéens secs, notre problème c'est qu'il ne pleut pas en saison de végétation.

En fait c'est qu'il n'y a pas de saison de végétation, ça veut dire qu'il n'y a jamais la conjonction de la chaleur et de l'humidité. Thierry Marchefort-Roland C'est la grosse difficulté. Raphaël Donc des étés sans pluie... Thierry Marchefort-Roland À part des années comme celle-ci, Là au printemps par exemple on a chaleur et humidité en permanence.

Thierry Leccerci au printemps, d'ailleurs si ça pousse maintenant, mais il peut ne plus pleuvoir jusqu'à septembre-octobre. Thierry Macron Tout à fait. Thierry Leccerci Et donc ça va mal pousser, juin ça va pousser encore parce qu'il reste de l'humidité dans le sol.

Si on a fait ce qu'il faut, bien sûr, mais juillet-août on manque d'eau. Et ça, ça fait une énorme différence et ce n'est pas linéaire. Thierry Macron D'accord. Thierry Leccerci C'est-à-dire qu'il suffirait d'un orage tous les par exemple une fois par semaine ou tous les dix jours, même un orage de quelques millimètres ou disons quelques centimètres comme on avait avant dans ma région, en région Paca notamment, pour que ça pousse peut-être 10, 20, 50 fois plus.

Thierry Marchetti c'est pas du tout en rapport à Koroky. Et ça, ça fait une grosse différence. Donc le climat méditerranéen sec est d'une certaine manière le climat le plus difficile de la planète, celui qui a la dynamique la plus faible.

Ça pousse quoi, ça pousse. Thierry Samitier-Richard. La dynamique, qu'est-ce que tu veux dire par la dynamique ? Thierry Samitier-Richard. Je veux dire ça, ça pousse quand ?

Ça va pousser un petit peu en avril-mai parce qu'il y a encore de l'humidité dans le sol, mais il y a déjà un petit peu de chaleur, et puis après ça s'arrête de pousser parce que c'est trop sec, et il y a trop de soleil aussi, trop de lumière, et puis ça se remet un peu à pousser si on a de la chance, s'il fait des pluies en septembre.

Bon, il y a des climats pires, il y a quelques déserts rarissimes sur la planète où il ne pleut jamais. Mais si tu compares avec le Sahel par exemple, où les tropiques ont des très longues saisons sèches, les tropiques qu'on qualifie de secs etc.

c'est beaucoup plus difficile ici, parce que là-bas même s'il pleut 10 cm dans l'année, quand il pleut il fait chaud, et à ce moment-là ça pousse, et ça pousse vraiment, on a une saison de végétation.

Thierry François Bon ici c'est particulier aussi par rapport à chez toi en PACA, nous en Catalogne on a les remontées maritimes quand on est au bord de la mer, L'été il y a quand même un peu d'humidité résiduelle, c'est un peu plus doux.

Tu sembles dire que finalement la dynamique est beaucoup plus forte, la dynamique de pousse, de forêt, en centre France par exemple. Carrément, les endroits où si tu veux ça va pousser le mieux en Europe, ça va être la France continentale, le Limousin, mais je veux dire la Sibérie ou le Canada, ont des étés chauds et humides bien plus longs.

Si tu veux, ici en Sibérie c'est l'hiver, puis c'est le printemps, c'est la débâcle, et puis tout de suite il se met à faire chaud, il y a de l'eau dans le sol, il pleut tout l'été, et si tu veux la fenêtre d'intersection entre le chaud et l'humide est bien plus grande à ici.

D'ailleurs c'est plus facile de pousser des tomates en Sibérie ou au Canada que de faire pousser les tomates ici ? Ben, que de faire pousser les tomates ici, oui. Et donc, la question initiale c'était, voilà, ça prend combien de temps ?

Où ? Chez les pauvres français qui n'ont pas la chance d'habiter en climat méditerranéen. Bon, alors, là ça peut aller vite. On estime qu'il y a une transition partant de là où on est, pour arriver à une écosystème...

Partant du déséquilibre. Oui, du déséquilibre et puis du manque de matière organique dans le sol, du manque de fertilité, il faut la recréer cette fertilité. Et ça, si la dynamique est rapide, dans le limousin ou je ne sais où, en France moyenne, il pleut l'été, ça va aller assez vite.

En déjà quelques années, 3 ans il y a déjà quelque chose, 5 ans, 7 ans il y a déjà quelque chose. D'accord, on peut arriver à des beaux systèmes. Oui, ça va plus vite que ce que je pensais. Oui, ça peut aller très vite.

En Méditerranée, sèche, il ne pleut pas l'été, ça peut prendre 10 ans, 15 ans, voire 20 ans avant d'arriver au résultat qu'on aurait dans 7 ans ailleurs. Thierry Samitier-Lecce. Mais là aussi, l'évolution n'est pas du tout linéaire parce qu'au tout début, tant qu'il n'y a aucune pousse, il n'y a rien pour ombrer, puis dès qu'il va y avoir des petits arbrisseaux, là ça va suffire pour installer quelque chose et la dynamique va être beaucoup plus rapide. Thierry Samitier-Lecce.

Tout à fait. Thierry Samitier-Lecce. C'est pour ça qu'en climat méditerranéen on privilégie tout ce qui est petits arbustes, des choses arborescents comme on dit, qui vont résister très fort à la sécheresse c'est qu'ils vont quand même créer un environnement un peu plus doux, un peu plus ombré, un peu plus humide.

Thierry Salamé Ici tu veux le truc, c'est maximiser la biomasse qu'on peut faire pousser de toutes les manières qu'on peut. Donc utiliser le plus possible les espèces dites pionnières qui sont capables de pousser en pleine lumière, en pleine chaleur, en pleine cesseresse, même si ce n'est pas ce qu'elles préfèrent, elles sont capables de le faire, le plus possible.

Thierry Massé Cette notion d'espèce pionnière, c'est ce que tu développes dans le cours de permaculture, c'est quelque chose qu'on ne connaît pas, c'est-à-dire on considère les plantes, on y voit il y a les plantes, et d'autres qui montrent bien qu'elles s'établissent, il y a une succession.

Thierry Macron. Il y a des successions. Thierry Macron. Quand on part d'un système qui est déséquilibré pour retourner à un système en équilibre, c'est comme avec le corps, il y a une succession de processus et qui passe par différents types de plantes par exemple.

Thierry Macron. Et différentes séries, succession de la dynamique qui contiennent des plantes différentes et qui se cèdent la place. Thierry Macron. D'accord, les unes après les autres. Et donc on les voit disparaître les unes après les autres, se remplacer ?

Si on ne fait rien c'est ça qui se passe, en permaculture on va faire mieux. En l'absence de perturbation. Voilà, nous notre propos c'est de faire mieux et plus vite mais en utilisant la même dynamique. C'est magnifique parce que je retrouve exactement ce que je dis au niveau du corps, c'est-à-dire on étudie comment ça fonctionne, au pire on essaye de simplement laisser faire, et puis nous on essaye de comprendre, d'accompagner, d'accélérer le processus sans l'entraver. Et on peut aller beaucoup plus vite, notamment dans des endroits

très difficiles comme ici, on peut aller beaucoup plus vite que si on laissait faire. Donc là il y a trois clés. Thierry Samitier-Lacroix Ça je l'ai vu, si on laisse un sol à lui-même nu par exemple, dans l'état sol nu en Méditerranée avant qu'il se restructure, alors qu'il suffit de mettre une bonne couche de mulch par exemple, et là tout de suite la dynamique va être beaucoup plus grande effectivement.

Thierry Samitier-Lacroix Ou de semer, ou de planter. Thierry Samitier-Lacroix Nous ce qu'on a fait c'est qu'on a semé sous mulch, on a semé, on a mulché, donc on a toutes les espèces qui poussent là-dedans.

Donc les premières à s'installer c'est ce que t'appelais les pionnières. Thierry. Oui c'est ça, et à s'installer ou qu'on va installer. Thierry. Alors ce qui est intéressant c'est que, là encore je fais toujours des parallèles avec le corps humain, si quand on voit s'installer ces pionnières, on lutte contre ces pionnières, on n'a rien compris.

Thierry. Surtout on va perdre des années de fertilité, de productivité. Thierry. Ces pionnières sont la solution. Thierry. Et alors parmi les pionnières, moi je pense toujours à la ronce par exemple qu'on n'aime pas.

Thierry. Par exemple. Thierry. La ronce c'est une pionnière. Donc si on arrache les ronces on ralentit le processus de guérison du système. Thierry:"Et puis dans un roncier, le roncier dans la nature c'est la nurserie de la forêt."

Thierry:"C'est là où les jeunes arbres vont pousser le mieux, se développer le mieux." Thierry:"Donc ils sont à l'abri, ils sont dans l'ombre, ils sont dans leur écosystème."

Thierry:"Et donc ça sert à ça un roncier, entre autres la ronce prépare la forêt et disparaît." Thierry, disparaît en forêt. Thierry, disparaît dès que ce qu'elle a préparé est plus grand qu'elle.

C'est un petit peu comme si les enfants tuaient leur mère. Thierry, d'accord, ok. Parallèle est fort mais... Thierry, c'est ça. Thierry, en fait toute strate ou toute série se suicide d'une certaine manière en favorisant la condition de la suivante, mais qui est défavorable à elle-même, elle disparaît. Donc tes ronces et tes pionnières lorsque la forêt est assez établie disparaissent. Il n'y a plus les conditions.

Quand je dis forêt, ça peut être forêt fruitière, forêt comestible, comme forêt de bois, de bois d'oeuvre, de chêne, de bois de feu, ce qu'on veut, ou tout à la fois, enfin on peut faire toutes les forêts.

Et alors si on coupe les ronces, si on bloque à ce niveau-là, qu'est-ce qui se passe ? Le système n'évolue plus. Alors, on perd en fertilité, nos arbres ne vont pas bien pousser, ils vont pousser beaucoup plus lentement, donc on perd de la fertilité.

Tu ne te gênerais pas pour mettre des arbres dans des ronces ? Je jette des noyaux, oui. D'accord, et tu reproduis la nurserie quoi. je vais reproduire la mercerie, mais pas que dans les ronciers, dans n'importe quel écosystème ou stade pionnier va faire pousser plus vite les espèces qu'on va planter dedans ou dessous.

Thierry Marceau D'accord, donc là on comprend vraiment comment tu... tu comprends la dynamique du vivant pour jouer avec finalement, au lieu de t'y opposer ou au lieu de finalement de voir une ronce et dire ça ne me plaît pas, je l'arrache et puis basta.

Là tu te dis bon, il y a des gens que ça peut gêner une ronce, sauf que si tu connais la finalité de la ronce, tu vas dire ok, je comprends pourquoi la ronce est là, je comprends ce qu'elle prépare et je vais l'utiliser au mieux.

Thierry Laforge. Et plus globalement on étudie la dynamique des peuplements végétaux, la dynamique des forêts, ce qu'on appelle les patterns, les motifs, les processus des systèmes naturels pour les comprendre, les non-linearités par exemple etc.

Tout ce qui fait une grande différence dans la façon dont fonctionne l'écosystème de manière à pouvoir le réinvestir lorsqu'on fait nos écosystèmes à nous qui doivent être donc extrêmement productifs, beaucoup plus productifs l'agriculture et avec beaucoup moins de travail.

C'est ça qui me plaît bien dans cette démarche, c'est que d'abord on commence par une démarche d'observation un peu humble, c'est-à-dire avant de tout vouloir chambouler déjà, on se pose et on essaie de comprendre. Et ce n'est pas parce que quelque chose échappe à notre compréhension que c'est quelque chose de négatif, c'est d'abord on se pose, on essaie de comprendre quel est le processus, quelle est la finalité naturelle, si tant est qu'on puisse parler de finalité, parce que ça renvoie à un concept d'intelligence naturelle, je ne sais pas

si on peut parler dans ces termes-là, mais en tout cas, quel est le processus à l'action ? On ne peut pas de l'intelligence, pourquoi pas, en tout cas d'efficacité. Quand on a un problème dans un corps humain ou dans un écosystème, c'est qu'il y a une fonction qui n'est pas remplie.

Et donc, dans la nature ça n'existe pas, dans la nature il y a toujours les éléments qui viennent remplir les fonctions demandées. Thierry Samitier-Leclerc Oui, un remplit la fonction pour l'autre et pour...

Olivier Roland Oui, voilà, donc nous dans nos écosystèmes, au début ils sont trop simples, on parle de système pauvre, agricole, etc. on peut avoir des problèmes, on déséquilibre, et donc la façon naturelle de rééquilibrer c'est de laisser la diversité et la densité de matière organique, de biomasse croître, remplir toutes les fonctions et on aura une productivité accrue, une fertilité accrue, on n'aura plus de maladies non plus, parce qu'on aura cette diversité

suffisante et cet équilibre dû à la qualité et la quantité des interactions. Thierry Samitier-Leclerc-M.D. Alors dis-moi une question qui me tire les pines depuis longtemps, C'est-à-dire que dans un modèle naturel, il n'y a pas de prairie ?

Il n'y a pas de prairie ? D'accord. C'est pas très connu, mais il n'y a quasiment pas de désert, ni de prairie, de savane primaire. Elles sont anthropogéniques, elles ont été fabriquées par l'homme.

Est-ce qu'on aurait pu imaginer, pour une raison ou pour une autre, mais de type naturel... Voilà, ma question serait plutôt même. Bon, tu disais, voilà, un système revient à son état d'équilibre de plein épanouissement au travers d'une série de successions végétales.

Est-ce qu'actuellement les déserts tels qu'ils sont, si on les laissait à eux-mêmes, voilà ma question vraiment, eh bien, ils reviendraient spontanément au travers d'un temps long ? Est-ce que tu crois ?

Ou est-ce que le déséquilibre a été tellement important que finalement, cette régulation naturelle, cette homéostasie naturelle ne peut plus se produire ? Thierry Castaner. Il y a les deux cas.

Thierry Macron. D'accord. Thierry Castaner. Il y a les deux cas. Il y a des déséquilibres quand même assez grands pour que ça ne revienne pas. Thierry Samitier-Lecqueller. Oui, et il y a des exemples d'ailleurs où on doit créer une légère perturbation pour redémarrer la soie humaine.

Thierry Samitier-Leckerer. Je fais les parallèles avec la physiologie humaine en permanence. Thierry Samitier-Leckerer. Mais on crée une légère perturbation et après ça part exponentiellement. Thierry Samitier-Leckerer. D'accord. Thierry Samitier-Leckerer.

Et très rapidement. Thierry Samitier-Leckerer. Mais il y a un moment où il faut quand même mettre quelque chose. Parfois ce n'est pas nécessaire, parfois il suffit de retirer le bétail ou de retirer l'agriculture pour que tout de suite un écosystème beaucoup plus fertile et beaucoup plus productif pousse.

Le problème c'est que nos sociétés, notre imaginaire, notre psychologie l'empêchent, tout simplement. Thierry Samitier-Leclerc Nous modèlent donc finalement. Thierry Samitier-Leclerc Nous modèlent, et on continue de cultiver des champs, ça ne marche pas avec des calories investies à gogo, ce n'est pas productif, c'est des pesticides, c'est des entrants, c'est des fertilisants, c'est de l'irrigation, donc c'est de la salinisation des sols,

etc. Ça ne marche pas. Thierry Qu'est-ce qui fait qu'on continue ? C'est parce qu'on a été conformé dans des modèles qu'on ne s'est pas pensé à côté ? Olivier Roland Une forme d'incompétence je dirais de l'agronomie qui n'étudie pas l'écologie, qui n'étudie pas la dynamique des peuples vegetaux, qui n'étudie pas la physiologie.

Quand tu imagines qu'un agrume est une espèce de sous-étage de forêts ombrophiles, de forêts sombres, toujours humides, de chine. Et qu'on cultive ça en plein cagnard alors que ça ne supporte pas la pleine lumière du soleil.

C'est des espèces d'ombres, des agrumes. Je ne comprends pas. Thierry Samitier-Leclerc Donc toi tu irais placer tes agrumes dans des zones où ils vont être ombrés naturellement. En sous-étage, tu peux avoir plusieurs étages de production d'arbres, fruitiers ou ce que tu veux, et tes agrumes dessous.

C'est vrai que ça ne viendrait pas à l'idée. Si, quand on connaît comment fonctionne un agrume, c'est l'idée qu'on aurait. Oui, mais moi, tout jeune, on me disait toujours de les mettre en pleine lumière pour qu'ils mûrissent plus vite.

Non, de toute façon, la lumière ne fait pas mûrir les fruits, elle fait de la photosynthèse sur les feuilles. Moi, je l'avais vu sur les tomates, quand on me disait qu'il fallait enlever les feuilles pour qu'elles mûrissent plus vite, c'est faux, tu appuies sur la plante, c'est tout. Alors, une chose, puisqu'on est là-dedans, les feuilles et donc la photosynthèse n'est pas faite pour fonctionner avec la lumière directe du soleil.

Donc c'est fait pour fonctionner en sous-bois ? Avec une ombre, alors selon les espèces plus ou moins pionnières, plus ou moins climatiques, elles vont fonctionner avec une espèce d'ombre. Thierry Marcet Climatique ça veut dire plutôt des arbres installés de l'ombre au final. Oui de l'ombre, mais aucune espèce ne préfère fonctionner en pleine lumière.

Il y en avait bien pourtant qui étaient en haut. Oui, elles sont capables d'eux, alors il y a deux choses. Quand tu pars d'un sol à nu, les pionnières sont capables de germer et croître en pleine lumière.

C'est ce qui les fait pionnières. mais c'est ça qui définit le fait qu'elle soit pionnière. Mais ce n'est pas ce qu'elle préfère, même un cactus, une agave, ce que tu veux poussera plus vite et mieux développer à l'ombre, pas forcément une ombre très dense, il y a des degrés d'accord, mais avec une ombre légère, ça c'est une chose.

Ensuite lorsque la forêt est établie et qu'on est arrivé au stade de climax, si tu regardes bien, quand tu penses que la surface totale foliaire d'un arbre banal c'est des centaines d'hectares, la surface cumulée de feuilles, des centaines d'hectares, et qu'on peut penser que la partie qui reçoit la lumière directe du soleil c'est quoi ?

Quelques centaines de mètres carrés. Thierry Samitier-Lacroix D'accord, le rapport... Ça veut dire que l'immense majorité à un dix millième près, l'immense majorité des feuilles reçoivent la lumière indirecte, elles ne reçoivent pas la lumière directe du soleil, c'est ça la photosynthèse.

Donc la canopée quand elle est développée, quand on est au stade climax, enfin quel que soit le stade d'ailleurs, il y a très peu de lumière qui touche les feuilles directement, le reste ça fonctionne en lumière indirecte.

Thierry Marchefort Donc l'humain finalement lui aussi a prospéré dans un environnement qui était en lumière indirecte. Olivier Roland Oui, alors après il y a des degrés. Je ne suis pas en train de dire que la permaculture ça veut dire aller au stade climax dans une forêt sombre et y rester, pas du tout.

On va utiliser tous les stades, on n'a aucun scrupule à couper, faire entrer la lumière, perturber, recréer de la dynamique en perturbant, etc. Ce n'est pas la question. Mais oui, aucune espèce vivante sur la planète n'a jamais vécu en pleine lumière avant que l'homme rase les forêts.

Thierry Vassolier-Roland On est dans des conditions qui sont complètement anormales actuellement. Thierry Vassolier-Roland Totalement anormales, mais une forêt tu n'en as jamais vu. Tu n'as jamais vu qu'un écosystème avec des arbres, des hommes, mais une forêt réelle, tu n'en as jamais vu.

Thierry Vassolier-Roland Tu sais que c'était un de mes rêves, il y a très longtemps quand j'étais jeune, je me disais mais qu'est-ce que je donnerais pour un jour me réveiller et pouvoir marcher pendant quelques minutes dans une forêt primaire, tu vois, avec des fougères géantes qui feraient 30 mètres de haut ou des choses comme ça quoi.

Thierry Salamé Chez nous par exemple, des chênes avec des troncons et des caravanes qui te tiennent un quart d'hectare, un tiers d'hectare avec leurs branches, Thierry Salamé Ça, il y aurait ça.

Thierry Salamé Tu en aurais un tous les 100 mètres ou 200 mètres, tous les 1 ou quelques hectares, peut-être plus. Thierry Salamé C'est magnifique. Peut-être plus, c'était ça. Thierry Samitier C'est ça notre biotope, c'est de l'Afrique.

Thierry Samitier Non, parce que nous on vient d'Afrique, ce n'était pas les forêts de chênes d'astérix, parce que là je te décris les forêts de chênes qu'il y avait en Europe avant que les romains les rasent en fait.

Thierry Samitier D'accord, donc c'est relativement récent finalement dans l'histoire humaine. Thierry Samitier Oui, à l'exception du pourtour méditerranéen, il y a trois stades.

Le porto méditerranéen a été rasé, déforesté il y a 5 à 7000 ans. Thierry Samitier-Lacroix D'accord, pour quelles raisons ? Thierry Samitier-Lacroix Four à chaud, four à brique, acier. Thierry Samitier-Lacroix D'accord.

Thierry Samitier-Lacroix Donc, une société de la guerre, basée sur la guerre parce que basée sur l'agriculture, parce que l'agriculture ne fonctionne pas, demande des calories énormes, demande de la traction animale, demande des esclaves, demande de l'incaréalisme.

Thierry Samitier-Lacroix Demande de l'accaparation de territoires. de l'accaparation des moyens de production, c'est-à-dire de la terre, mais des esclaves. Il fallait faire la guerre pour faire de l'agriculture, mais aujourd'hui aussi.

C'est un système esclavagiste l'agriculture, il faut juste regarder les choses en face parce que ça ne fonctionne pas, parce que 20 kcal investi pour une sortie ce n'est pas possible, si tu n'as pas d'esclaves tu ne le fais pas.

Thierry Marceau Oui, c'est logique. C'est des systèmes coercitifs depuis le début. Thierry Marceau L'agriculture portait en lui-même ce caractère coercitif, de toute façon parce qu'il avait un rendement qui était catastrophique.

C'est juste un scandale énergétique, un scandale, tout ce que tu veux. Thierry Samitier-Lecquerier. Mais pourquoi on l'a fait ? Thierry Samitier-Lecquerier. C'est une succession d'erreurs je pense.

Thierry Samitier-Lecquerier. D'accord. Thierry Samitier-Lecquerier. Succession d'erreurs et probablement récupération par une poignée qui ont compris qu'en s'accaparant les moyens de production ils pouvaient en fait faire travailler la majorité à leur propre profit.

Thierry Samitier-Lecquerier. D'accord. Thierry Samitier-Lecquerier. C'est-à-dire, je ne dis pas que ça a été intentionnellement pensé avant d'être fait, mais ça a évolué comme ça, et c'est des systèmes qui s'auto-entretiennent, des erreurs qui s'auto-entretiennent, et tu vois dans la médecine.

Thierry Laleux-Roland Quand on est malade, on prend un remède, on est encore plus malade. Thierry Laleux-Roland Tu crées un déséquilibre, qui crée un autre déséquilibre, et puis tu sais, c'est un peu comme quand tu commences à partir en avant en déséquilibre, et puis tu es de plus en plus entraîné, puis voilà, tu ne peux plus faire qu'accélérer parce que tu ne peux pas t'arrêter, tu es en déséquilibre et tu ne peux pas t'arrêter.

— Exactement. Donc l'agriculture et nos sociétés basées sur ça, c'est la création de la rareté, et après sa gestion par une minorité de la population en abusant du travail de la majorité de la population au profit de cette minorité-là. — D'ailleurs, c'est marrant ce que tu disais, parce que tu disais finalement que l'agriculture avait un rendement médiocre.

— Catastrophique. — Mais parce qu'on voit... — Pas médiocre, catastrophique. — Catastrophique, et je me rendais compte que finalement ce qu'on ne voit pas... Donc, au niveau énergétique, on ne voit pas qu'un litre d'essence, c'est une quantité d'énergie colossale qui a mis un temps fou pour se produire.

Donc, de toute façon, c'est là où ce n'est pas pérenne. Thierry Coulon-Rechercheur Sans esclaves pendant 24 heures, un litre d'essence. Thierry Coulon-Rechercheur En équivalent au travail. Thierry Coulon-Rechercheur À peu près. Thierry Coulon-Rechercheur D'accord, oui, et au niveau humain, ça veut dire qu'il y a énormément d'humains qui travaillent pour quelques-uns.

Parce que quelques-uns, même si c'est quelques millions, ce n'est pas grave, c'est énormément d'humains qui travaillent pour quelques millions. Thierry Samitier-Richard. C'est clair.

Thierry Samitier-Richard. D'accord. Thierry Samitier-Richard. C'est clair. Thierry Samitier-Richard. Et donc avec la permaculture on essaye d'imaginer, de mettre en place des systèmes qui proposent autre chose.

Thierry Samitier-Richard. Ah ben carrément. Un système qui va produire non pas une calorie pour 20 investis, mais qui va en sortir 10 ou 15 pour une investie, c'est vraiment 300 fois plus... Thierry Samitier-Richard. Conversion radicale.

Et puis à partir du moment où tu as des sociétés abondantes sur le plan de la matière d'énergie, des écosystèmes qui produisent beaucoup, c'est la base pour pouvoir avoir des sociétés heureuses. Je ne dis pas que c'est suffisant mais c'est nécessaire. Oui, parce que ça veut dire qu'il y a disparition de la guerre puisqu'il n'y a plus une nécessité.

S'il y a surabondance, s'il y a plus d'énergie récupérée que d'énergie investie, il n'y a plus nécessité de faire la guerre. Carrément, et puis on n'a plus besoin de quantité de flotte à gogo, on n'a plus besoin d'irriguer, on n'a plus besoin de surface énorme, on va produire de manière très densifiée et même multi-étagée et beaucoup plus sur le même endroit, donc on va laisser une plus grande part aux vivants sauvages, donc de la même manière on va

régénérer les écosystèmes, régénérer le sol, on refait couler les sources, on arrête complètement l'érosion, on peut reforester les pentes, reforester les déserts, c'est facile et rapide de reforester des déserts.

Donc on va produire plus, et puis ailleurs on va laisser les vivants sauvages reprendre sa place, la flore, la faune, etc. etc. C'est tout le programme de la permaculture. Donc, produire et prendre soin, soigner les populations humaines et puis du coup prendre soin de la terre, laisser la terre se réparer.

Parce qu'aujourd'hui la terre est en train de mourir, tout bêtement. Il faut bien comprendre, on est arrivé à un point où les principes vitaux, les processus vitaux, les fonctionnements vitaux de l'organisme en terre sont en train de s'effondrer.

L'océan est en train de mourir et la terre est en Oui, les océans s'acidifient, comme les corps s'acidifient, l'océan s'acidifie. Et puis ça ne vit plus, voilà, donc comparé à un corps on verrait le foie qui est malade, on verrait le cœur qui ne marche plus, les poumons qui ont je ne sais pas trop quoi, le pancréas qui a un cancer, et on voudrait croire que le corps va fonctionner, non, la terre est en train de mourir.

Donc si on ne fait rien, assez rapidement elle ne pourra plus porter la vie, et si elle ne porte plus la vie elle ne portera plus non plus l'humanité. Donc il y a une certaine urgence à sauver la planète et sauver l'humanité.

Et pour ça, il faut reforester massivement, refaire de la fertilité massivement, refaire de la biosphère massivement, et sortir 20 calories pour une investie, et pas le contraire, il n'y a pas photo quoi.

Thierry Samitier-Leclerc Il y a quelques temps, sous une vidéo, il y a quelqu'un qui m'a dit finalement avec votre modèle, on va arriver à une monoculture d'arbres fruitiers, ça va être l'horreur pour la planète.

Alors ça m'a amusé la vision d'une monoculture d'arbres fruitiers parce que moi ça me réjouissait plutôt, mais tu veux transformer le monde en forêt ? Thierry Laleux-Morin. Alors, est-ce qu'il met un S à arbre fruitier ou quoi ?

Parce que si c'est une monoculture de 200 espèces de fruitiers... Thierry Mac. Tu n'appelles pas ça une monoculture ? Thierry Laleux-Morin. Déjà ce n'est pas une monoculture. Ensuite, il est hors de question de ne faire que des fruitiers, d'abord il y a fruitier et fruitier, il y a des fruits à chair molle, il y a des fruits à chair dure, la noisette, l'amande, la noix, la pistache, le pignon, le xanthocérase, ça produit des graines comestibles,

c'est bien la graine d'un fruit, d'accord ? Et puis il y a des arbres à feuilles comestibles, beaucoup plus qu'on ne le croit, les feuilles contiennent des tours de protéines, des tours de chlorophylle absolument vitaux, plus des minéraux.

Thierry:" D'ailleurs si on se tourne vers les feuilles d'arbres, quelque part souvent la notion de potager actuel en faisant des salades et des choses comme ça, c'est beaucoup de labeur, beaucoup de travail, alors qu'un arbre c'est pérenne, tu as les feuilles tous les ans, et puis tu as quelques salades sauvages qui poussent aux pieds et puis on n'en parle plus." donc on pourrait maximiser, optimiser les rendements de protéines chlorophylliennes donc avec les feuilles d'arbres,

d'arbustes, de lianes pérennes, d'herbes acées pérennes, et minimiser les herbes acées domestiques saisonnières qu'on fait pousser au potager, c'est la première chose. Donc, minimiser le travail, et puis plus d'eau, plus d'arrosage etc.

Donc il y a tout ça, et puis encore une fois il n'est pas action de rester dans une forêt sombre éternellement, on a des gradients, on peut vouloir faire pousser des espèces plus pionnières avec plus de lumière, on va piloter l'énergie.

Et l'énergie c'est la photosynthèse, donc on va piloter la lumière dans les conditions... Thierry Samitier-Lacroix C'est ça l'accélérateur, on prend de l'ombre, on le ralentit, on accélère... Thierry Samitier-Lacroix C'est excellent !

C'est qu'à partir du moment où on pense énergie, on pense photosynthèse et donc lumière. Thierry Samitier-Lacroix On sait que c'est le levier sur lequel on va pouvoir agir et puis en fonction d'accélérer, ralentir, cultiver, arriver à telle finalité ou pas.

Thierry Samitier-Lacroix Absolument. Thierry, d'accord, et c'est un modèle qui existe déjà ? Thierry, bien sûr, alors en France on ne voit pas grand-chose, on est très en retard sur la permaculture, mais c'est parti d'Australie dans les années 70, donc là-bas c'est bien développé, ça s'est bien développé dans les pays anglophones à cause de la langue, puis dans des tas de pays pour des raisons culturelles ou administratives, enfin tout ce qu'on veut quoi.

Bon, la France est très en retard pour tout un tas de raisons, il y a beaucoup de blocages en France quand même. Thierry, mais ça pourrait marcher. Thierry, mais ça pourrait marcher et ça marche déjà, on voit déjà des bouts d'expérience.

Moi je suis allé voir chez Yvonne et Steve Page dans le limousin, on voit un écosystème multi étagé, diversifié, sur quelques milliers de mètres carrés on voit 300-400 espèces comestibles ou plus.

Alors, on ne voit pas de verger et on ne voit pas de champs et on ne voit pas de lignes de potagère, parce que tout ça c'est intégré dans l'écosystème mais elles y sont les plantes. Thierry Samitier-Leclerc Il faut avoir une vision systémique pour arriver à distinguer tout ça.

un peu parce qu'elles ne sont pas placées là où on les attendrait, un peu parce qu'il y a beaucoup d'espèces qu'on ne connaît pas mais qui sont productives et stratégiques. Il y a des exemples à voir un petit peu, mais il faut aller à l'étranger beaucoup pour voir des bons exemples.

Thierry Marchefort-Dominguez Ça nécessite quand même de repenser tout le système à la fois de production mais de mode de vie. Thierry Marchefort-Dominguez Oui, de mode de vie ça permettrait, c'est pas une nécessité, mais ça permettrait de relocaliser la production, la consommation, l'activité.

Ça permettrait que le groupe social, que ce soit à l'échelle d'une famille si on veut, d'un éco-village, d'un éco-hameau, d'un quartier, d'un village tout court, puisse réapproprier ses responsabilités fondamentales qui sont l'accès à l'eau douce, l'alimentation, l'énergie, les matériaux de construction, et puis si demain on n'a plus de pétrole, on n'aura plus de soins en plastique.

C'est marrant ce que tu dis, ça me touche beaucoup parce que tu ne dis pas les droits fondamentaux comme si c'était un dû, mais tu dis les responsabilités. Et souvent on dit, mon droit c'est d'avoir l'eau potable, mon droit c'est d'avoir à manger, non, non, c'est ma responsabilité, ça m'est donné et c'est ma responsabilité de le gérer, de le faire prospérer, d'en prendre soin quelque part.

Alors, depuis qu'on a rasé les forêts et détruit la planète, détruit les écosystèmes, c'est devenu notre responsabilité. On a transformé les forêts en désert, aujourd'hui on a le choix de faire le contraire, on sait le faire, c'est facile, ça marche, c'est rapide. Donc on a le choix et la responsabilité de le faire ou pas.

Par contre avant qu'on fasse ce massacre, on avait le droit gratuit de récolter la nourriture, l'eau et la santé, parce que la vie qui a poussé sur la terre elle est fondamentalement gratuite, spontanée et abondante.

On s'est coupé de ça. Thierry Samitier-Richard. On s'est coupé, mais c'est la fameuse coupure, qu'on retrouve partout dans tous les domaines de la société, il y a cette coupure et maintenant quelque chose qui était un droit spontané qui nous était accordé par grâce, ça devient une responsabilité et c'est là où notre libravite peut jouer.

Thierry Samitier-Richard. Mais c'était un droit parce qu'à l'époque on respectait les lois du vivant. Thierry Samitier-Richard. Exactement, on connaissait. Thierry Samitier-Richard. Pour avoir un droit dans le vivant on les respecte, les espèces animales et végétales respectent les lois du vivant.

Nous on en est sorti, donc on les a enfreint, on a détruit tout ça, ça ne fonctionne plus, ça ne vit plus, maintenant on a le choix, on continue de faire des déserts ou on se remet à faire des forêts.

Thierry Roland c'est le grand choix. Thierry Roland C'est le grand choix, on a fait le choix du feu, du minéral, il faut faire le choix de la matière organique, de la fertilité, parce que du coup, du carbone, Oui, du carbone sous forme organique, pas sous forme minérale.

Parce que du coup... Thierry Marceau Oui, pas du charbon, quand je pensais carbone je pensais... Thierry Marceau Et pas du diamant, qui ne sert à rien.

Un diamant ça ne sert à rien du tout. Thierry Marceau Non, objectivement non. Thierry Marceau Bon, c'est du carbone sous une forme inutile. Par contre si on reforeste, notamment les sommets, les pentes et les bords de rivières, tous les zones aquatiques en priorité et puis le plus possible, Reforester de manière productive pour nous, près de là où on est, et puis laisser aux vivants sauvages de manière naturaliste, le plus loin possible.

On va récupérer des climats, un climat qui fonctionne, récupérer des micro-climats qui fonctionnent, récupérer des sources qui se mettent à recouler très vite dans ces cas-là. On arrête l'érosion, on arrête la sédimentation.

Thierry Ferrand. On lance une dynamique tout à fait autre. En fait, c'est presque comme si on inversait la machine et on relance la roue. C'est une régénération complète. Alors ce qui est incroyable et merveilleux c'est qu'autant, en fait c'est évident quand on y pense, mais a priori ça peut paraître paradoxal, il nous a fallu 10 000 ans ou 200 000 ans depuis le feu pour détruire la planète à coût d'une énergie hallucinante investie, de souffrances hallucinantes payées par les populations, par les personnes de souffrance,

d'esclavage, etc. parce qu'on luttait contre la poussée du vivant naturel. Thierry Macron Oui, qui était là de toute façon. Alors maintenant qu'on a fait ça, si on fait le choix de contraire, on va aller beaucoup plus vite, beaucoup plus simplement parce qu'on va dans le sens du courant, on ne remonte pas le Niagara en ramant sur une brindille avec une petite cuillère.

Thierry Marceau C'est fabuleux, c'est ce que je dis souvent aux gens en termes de physiologie humaine, je dis voilà, vous avez creusé finalement pendant 30 ans en luttant contre les processus d'élimination et de nettoyage, ça a mis 30 ans pour s'établir cette pathologie, mais on peut quand même la rattraper en 2 ans parce que là d'un seul coup on va aller dans le sens de l'élimination.

Donc finalement c'est la même efficacité et on arrive au même résultat. C'est hallucinant l'efficacité, la puissance du vision quand on s'en sert. Et alors en plus, près de nous, on va favoriser, on va faire plus vite.

On fait encore mieux localement, encore mieux que les écosystèmes sauvages. Thierry Samitier-Leclerc. Donc c'est le but de la permaculture, c'est comprendre les écosystèmes sauvages et faire mieux.

Et faire mieux tout en gardant efficacité et éthique. Thierry Samitier-Leclerc. Je dirais que c'est plus le moyen que le but. Le but c'est de satisfaire nos besoins vitaux fondamentaux, c'est accès à l'air. Bon, pour l'instant c'est encore gratuit.

Accès à l'eau, pour l'instant c'est fini, la population mondiale n'a plus accès à l'eau douce. Nous on ne le voit pas parce qu'on est des privilégiés, on a nos esclaves, le robinet, tout ça, mais la plupart de la population mondiale n'a plus accès à l'eau propre et douce.

Ensuite c'est la nourriture, ensuite c'est les matériaux de protection d'œuvres et d'énergie, le bois énergie, demain plus de pétrole, il nous reste quoi comme énergie ?

Le bois, essentiellement le bois, la biomasse. Et puis les médicaments, on n'a plus de plastique, il va falloir vanner, tresser, faire des paniers, récupérer l'eau. Les médicaments étant les plantes sauvages.

Les médicaments c'est les plantes sauvages bien sûr, plantes sauvages ou pas sauvages d'ailleurs. Thierry Samitier-Leclerc Oui, des plantes en tout cas. Thierry Samitier-Leclerc Je prends l'exemple, c'est dans les tropiques, mais je prends l'exemple du palu.

Aujourd'hui le meilleur moyen efficace à 100 % à tous les coûts de soigner le palu, c'est une armoise annuelle. Des cultivars possibles à cultiver dans les tropiques, d'armoise annuelle, artémisia annua, ça marche à tous les coups.

Voilà, on n'a pas besoin de médicaments industriels. Donc c'est ça, le but de la permaculture c'est de satisfaire nos besoins, mais de manière soutenable, non destructrice, et du coup qui répare la planète au lieu de finir de bouffer le capital et qu'il n'y ait plus de vie possible sur cette terre.

C'est ça qui me plaît, c'est-à-dire satisfaire nos besoins, efficacité, mais en regard on pose éthique, voilà. Ce qui est incroyable c'est que l'éthique arrive comme une propriété émergente, spontanée, parce qu'on est très efficace.

La permaculture ne s'est pas dit bon ok, on n'est pas éthique, on va faire de l'éthique. Non, la permaculture a constaté que nos systèmes actuels, l'agriculture, l'industrie, les maisons qui sont des scandales écologiques, énergétiques, etc. ne fonctionnent pas, ça ne marche pas, esclavage, énergie, ça ne marche pas.

On va faire des systèmes efficaces et après on se rend compte que du coup on récupère de l'éthique parce que comme ils sont efficaces, ils sont régénératifs, ils sont socialement justes, on récupère de la gratuité, on peut s'occuper des personnes, etc. Donc c'est un sous-produit.

C'est un sous-produit réel, mais c'est d'une certaine manière... J'insiste sur ça, ce n'est pas où on est écologique, où on est réaliste, réel politique, non.

On est réaliste politique parce que réellement, efficace réellement pour la première fois, du coup, on est écologique et potentiellement... Thierry Samitier-Leclerc-Le système actuel essaie de toujours faire passer ce genre d'alternative, d'approche pour un truc en disant c'est bien joli, mais bon, qu'il va s'agir de nourrir la planète, comment vous allez vouloir nourrir la planète avec vos fourrures ?

Oui, au contraire, c'est comme ça, parce qu'actuellement on ne la nourrit pas, parce que sinon, il n'y aurait pas des gens qui crèvent la faim autour de nous.

Thierry Samitier-Leclerc On produit assez aujourd'hui, si on répartissait tout ça de manière équitable, on produit assez, mais à un coût hallucinant. Donc pourquoi ne pas produire efficacement partout ? En plus, ce n'est pas nourrir la planète, ce n'est pas nourrir les personnes, c'est que partout on a les moyens de se nourrir gratuitement, abondamment, avec qualité, diversité, densité, tout ce que tu veux, efficacité, en travaillant beaucoup moins, en produisant beaucoup plus.

On n'a pas à nourrir la planète, ça c'est encore une histoire de... Oui, c'est une folie, c'est encore une folie, c'est chacun qui se nourrit. Bien sûr, parce que l'écosystème il est efficace point barre, et la société qui vit dedans, elle est efficace aussi.

C'est le pari, c'est ça ou de toute façon ça ne va pas tenir ? Ben non, ça, ça ne va pas tenir. De toute façon on le voit déjà. Si on veut vous voir, on voit déjà que ça ne passe plus.

Oui, le système a une énorme capacité à amortir la chute, mais il n'empêche que ça craque par tous les bouts. Oui, et puis l'amortir, c'est le coup de la grenouille ou de la marmite.

L'amortir, du coup, quand ça va être trop tard, on aura perdu les semences, les espèces, les savoirs, quand on ne les pratique pas, on va se retrouver sans pétrole, on ne saura comment manger, on ne saura pas faire sans irriguer, on ne saura pas faire sans médicaments industriels, on ne saura pas faire sans technologie.

Tandis qu'on anticipe tout ça. Thierry – C'est ce que tu dis souvent, il faut utiliser les dernières gouttes de pétrole pour préparer l'après-pétrole. Thierry – Utiliser ce qu'on a encore aujourd'hui pour produire en fait, ou préparer les moyens de s'en passer en fait.

Thierry – D'accord, c'est puissant comme pensée. Thierry – Si on est là au pic du pétrole, au pic des énergies fossiles, on est au pic de la biomasse, on est au pic des métaux, il n'y a plus de métaux sur la planète, au pic de la fertilité, au pic des matières premières.

Ou on continue sans rien faire et on va se scratcher en bas, ou on anticipe, puisque là on a une belle vision, on est en haut là, on anticipe une descente harmonieuse et éthique, de manière à ce qu'il n'y ait pas de guerre civile, pas de violence.

Mais ça il faut s'y mettre maintenant, on est au pied du mur, enfin non, on est en haut de la falaise. Transformons-la en pente douce, cette falaise. — On avait dit en deux mots la définition de la permaculture, il y en a eu un peu plus.

— Ah ben oui, mais... — Non, mais c'est riche, c'est riche, c'est puissant, et c'est surtout, quelque part, c'est la seule solution d'une certaine manière.

Ça peut paraître arrogant, et c'est marrant parce que des fois, quand tu dis ça aux gens, ils te disent « Mais comment tu peux être aussi sûr de toi ? » C'est simplement parce que, quand on comprend la chose, on sait bien que c'est le seul chemin possible.

Comme pour le corps humain, il n'y a qu'un seul chemin possible, celui de la régénération en respectant les conditions. et bien là pareil, c'est arrêter de lutter contre et aller dans le sens pour permettre la restauration des écosystèmes et aller dans le sens d'efficacité.

Et d'ailleurs, ce que tu disais, ça me fait penser au corps humain, on se rend compte aussi que le mode de nutrition, le mode de vie actuel est extrêmement inefficace, c'est-à-dire qu'on consomme énormément de calories pour un résultat, une production, une performance physique au niveau de l'humain qui est piètre.

Et quand un organisme est détoxifié, il lui faut beaucoup moins d'aliments pour arriver à être beaucoup plus efficace. Donc, la finalité ce n'est pas d'être éthique mais on se rend compte qu'on est éthique parce que finalement comme on consomme moins et qu'on a un meilleur rendement, on a moins besoin de faire de la prédation.

Donc, c'est fabuleux de voir à quel point finalement il y a des allers-retours. C'est clair, les mêmes principes généraux donneront dans le cas de la santé ou de l'alimentation, la régénération, comme tu le dis, à l'écosystème, ça va donner la permaculture.

C'est un beau programme en tout cas. Ben écoute, c'est vrai. C'est un beau programme, je te remercie de le partager, et d'ailleurs on va le partager, Julie, est-ce que je peux te demander l'affiche qui est sur la table là-bas, ça ne te dérange pas ?

On va le partager parce qu'on va faire des conférences ensemble. C'est une grande joie, donc on peut les annoncer, on sera le 9 mai à Bordeaux, on va montrer l'affiche, je la mettrai en lien, ensuite on sera à Toulouse au début juin, je l'annoncerai aussi.

Toi tu as de l'actualité aussi, j'en profite un petit peu pour te faire un coup de pub parce qu'il faut que ça se connaisse, il faut que ça se sache. Thierry Lafontaine. Donc là, la prochaine formation, bon là on a une formation en ce moment, ici près de Perpignan, et donc la prochaine formation aura lieu en Haute-Loire dans un petit village qui s'appelle Goudé. pas loin des sources de la Loire, donc assez au sud.

Et donc ça sera du 15 au 26, si je ne me trompe pas, mai prochain. Thierry Samitier-Leclerc. C'est ça ? Thierry Samitier-Leclerc. Voilà. Thierry Samitier-Leclerc. Yes !

Thierry Samitier-Leclerc. Oui, et il suffit d'aller voir sur ton site permaculture sans frontières. Thierry Samitier-Leclerc. C'est ça. Thierry Samitier-Leclerc. Oui, mais je tiens à dire que je pousse et je vais continuer à pousser, et c'est de la pub volontaire, délibérée, reconnue totalement, parce que tous les personnes qui assistent à ces cours disent qu'on est retournés.

On est retournés par... Hein, c'est clair ? Ah bon, je le vois à la fin de chaque journée quand je me pointe, je vois... On passe à la machine à laver, à l'estoureuse. Là, il y a l'affiche, je la mettrai sous la vidéo, l'affiche pour la conférence en Bordeaux.

Il y aura une conférence à Toulouse un mois après. On essaiera peut-être d'en faire d'autres, Marseille, sur le poteau méditerranéen. Tu es partant ? Oui, avec toi, la conférence. Il y a de quoi s'amuser.

il y a de quoi s'amuser. Je te remercie mon frère. Thierry Coulon-Recherchier Merci à toi.

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