Éduquer par le plaisir et la motivation : le Tag Teach de Patrice Robert
Dans cette conversation, Thierry reçoit Patrice Robert, spécialiste du Tag Teach, pour parler de ce qui rend l’apprentissage efficace ou, au contraire, laborieux. Le point de départ est simple : on n’apprend pas de la même façon selon qu’on est motivé ou non, et cette motivation n’est pas une question de volonté mais de biologie. Tout comportement qui persiste est un comportement qui rapporte quelque chose, que ce soit du plaisir, de la reconnaissance ou un résultat concret.
Patrice développe ensuite la logique des renforcements positifs et leur rôle dans la répétition des comportements. Contrairement à la punition, qui cherche à stopper un comportement, le renforcement augmente les chances qu’un comportement se reproduise. Ce principe, issu du conditionnement classique, s’applique aussi bien à l’apprentissage scolaire qu’à l’éducation familiale, et il explique pourquoi pointer les erreurs d’un enfant est contre-productif : on renforce l’extinction, pas la progression.
La clé du Tag Teach, c’est de décomposer chaque apprentissage en petites étapes réussies, de façon à ce que la récompense soit immédiate et que la motivation se construise pas à pas. Patrice compare ça à une barre de saut en hauteur : si elle est trop haute, l’élève ne se lance même pas. Si elle est à sa portée, il saute, réussit, et on la relève d’un centimètre. La responsabilité de placer la barre au bon niveau appartient à l’enseignant, pas à l’élève.
La conversation se termine sur la question du conditionnement et de la liberté. Patrice et Thierry s’accordent sur le fait qu’on est tous conditionnés, que ce soit par la publicité, l’école ou les habitudes familiales, et que la vraie liberté commence quand on prend conscience de ces mécanismes. Appliquer le Tag Teach aux enfants, c’est aussi leur donner les outils pour comprendre comment fonctionne leur propre motivation.
📑 Au programme de la vidéo
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0:00Pourquoi apprend-on vite ou lentement ?Thierry introduit la série sur l’enfant et pose la question de fond : pourquoi l’apprentissage est-il parfois passionné et parfois laborieux ?
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2:26La biologie de la motivationPatrice explique que tout comportement qui persiste est biologiquement payant, et que la motivation n’est pas une option mais une condition de survie.
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4:52Les notes comme fausse motivationPatrice raconte son propre parcours scolaire et montre pourquoi les notes déplacent le plaisir de l’acte d’apprendre vers une récompense artificielle.
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7:21La récompense doit être immédiateLe cerveau ne fonctionne pas avec des récompenses différées : Patrice présente les deux systèmes neurologiques qui alternent entre recherche et satisfaction.
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9:47Renforcement positif contre punitionPatrice distingue renforcement et punition, et explique pourquoi un système centré sur les erreurs produit de l’extinction plutôt que de l’apprentissage.
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12:13Construire du succès en succèsConcrètement, le Tag Teach consiste à décomposer chaque tâche pour que l’apprenant réussisse chaque étape avant de passer à la suivante.
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14:40Le système scolaire en échecPatrice et Thierry analysent pourquoi les réformes scolaires ne changent pas les résultats tant que la philosophie d’enseignement reste centrée sur l’erreur.
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17:06La responsabilité de l’enseignantSi l’élève échoue, c’est que le cadre n’était pas adapté : Patrice renverse la charge de la responsabilité de l’élève vers l’enseignant.
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21:59Conditionnement et libertéLa conversation s’élargit : comprendre ses propres conditionnements est la seule façon de faire des choix réellement éclairés, pour les adultes comme pour les enfants.
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Transcription de la vidéo
Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.
Lire la transcription
— Patrice, bonjour. — Bonjour Thierry. — Je te remercie d'avoir accepté de réaliser cette vidéo dans le cadre de cette série de vidéos que je vais réaliser sur tout ce qui tourne autour de l'enfant, donc de la conception, du projet de conception de la mère jusqu'à bien sûr l'accouchement, et puis il y allait avoir une question essentielle, c'est l'apprentissage. — Oui, après. — Après, mais c'est quand même une part essentielle de notre vie d'enfant.
Et le point de départ que je voulais te proposer, c'est que je me suis toujours fait cette réflexion moi dans la vie, je me suis rendu compte qu'au cours de ma vie, il y a des moments où l'apprentissage a été particulièrement difficile, laborieux, contraignant, et en fait j'ai mis beaucoup de temps pour apprendre pas grand-chose, et qu'à l'inverse il y a des moments où j'ai appris très vite en me donnant à fond sans compter mes heures, en oubliant de dormir, de manger pour apprendre d'autres choses.
Et ça m'a toujours stupéfait, je me suis toujours demandé pourquoi est-ce qu'on n'apprend pas toujours comme ça, c'est-à-dire de façon passionnée. Oui. Tout relève de la motivation. D'accord. Si on a des motivations pour apprendre, tout va se faire beaucoup plus facilement, avec plus d'entrain.
On va avoir l'énergie à consacrer à la matière qui nous intéresse. Et si on n'a pas de motivation, ni intrinsèque, ni interne, ni externe, à ce moment-là, on va râler tout le long.
D'accord. Et on n'est pas intéressé. Donc, c'est la motivation, l'intérêt… L'intérêt qu'on y porte qui va faire la différence. Tu parles de moteur interne ou de moteur externe? Motivation. Motivation interne ou externe?
Est-ce que tu peux spécifier un petit peu ce qu'il en est? Une motivation interne, c'est des motivations qui nous plaisent à nous. On fait ça pour se faire plaisir à soi. Une passion. Une passion, c'est quelque chose dans lequel on se sent bien.
On n'a pas besoin de rien de l'extérieur qui va venir agrémenter la situation. Motivation externe, c'est des récompenses qu'on va obtenir. C'est l'attention des gens qu'on va aller chercher. C'est toutes les motivations externes qu'on doit aller chercher à l'extérieur pour se motiver.
Quand on travaille par la récompense, c'est des motivations externes. On va dire extrinsèques ou intrinsèques. La réflexion qui vient et que j'ai déjà entendu souvent dans le langage commun, c'est quand tu parles de motivation externe, de récompense, je veux te dire, on n'est pas des toutous.
Tu ramènes l'humain à marcher au sucre-sucre, c'est ça ? C'est assez universel, c'est un fait biologique. On va travailler, si on est dans la nature, on va chercher des choses qui nous récompensent, on va chercher de la nourriture, des choses qui vont nous satisfaire, et on va chercher à fuir ce qui nous fait mal, ce qui nous fait peur, ce qui va nous blesser.
C'est une simple question de survie. Toute la vie est orientée sur cet aspect-là. On ne vit pas sans motivation. Pour qu'un comportement existe, il faut qu'il soit payant, de manière intrinsèque ou de manière extrinsèque.
Pour qu'un comportement existe, il faut qu'il nous rapporte quelque chose. Si on fait des comportements qui ne nous rapportent rien, biologiquement parlant, on va mourir de faim, on va s'éteindre, on va dépenser plus que ce que ça nous rapporte.
Donc l'idée c'est toujours de rechercher des choses qui nous plaisent, qui nous rapportent quelque chose. C'est intéressant ce que tu dis parce que c'est vrai que je suis complètement d'accord avec toi, mais la première image qui nous vient quand on nous dit tu vas marcher à la récompense, on dit non, pas question, je ne marche pas à la récompense.
On ne marche qu'à la récompense. Biologiquement parlant, on ne marche qu'à la récompense. Si on regarde honnêtement dans sa vie, pourquoi est-ce qu'on va travailler pour avoir un salaire, pour plaire à son patron, pour avoir de l'image auprès de son épouse ou de son époux ?
– Pourquoi on s'est marié avec cette femme-là ou ce mari-là ? C'est parce qu'on se sent bien quand on est avec. À partir du moment où on ne se sent pas bien avec cette personne-là, on divorce et on s'en va.
Oui, on peut appeler ça de l'amour, on peut fabuler autour de ça, mais essentiellement, quand je suis en amour, c'est parce que je me sens bien. – Oui, donc il y a un « reward » comme ils disent en anglais.
Il y a un retour par rapport à ton mouvement. Il n'y a pas de comportement qui existe si ce n'est pas payant. Les enfants sont beaucoup plus près de leurs émotions. Les émotions sont beaucoup plus pures, beaucoup plus véritables.
Ils mentalisent moins leurs émotions. Leurs filtres sont beaucoup moins épais, ils ont moins de vécu. Donc, c'est plus facile d'aller travailler avec des motivations qui sont plus proches de leurs besoins primaires ou juste de leur bien-être. Ils vont rechercher des choses pour se sentir bien.
Donc si je présente quelque chose qui n'a pas d'intérêt pour un enfant, il ne va juste pas avoir de connexion. Il n'y aura pas de filtre qui va lui imposer. Quand on est plus vieux, on s'impose des choses parce qu'il faut qu'on gagne un salaire, il faut qu'on paye son loyer.
Tout ça, ça passe au-dessus des enfants. Et c'est pour ça d'ailleurs que je pensais à ça, parce que je disais, mais même à l'école, parce que l'école représente une bonne part de la vie de la majorité des enfants.
Oui. Je ne dirais pas malheureusement, mais je le pense fortement. Oui. L'école représente ça. Je dis à l'école, il y a quand même une motivation, c'est la bonne note, mais d'après ce que j'entends, c'est trop éloigné.
Oui, bien, ce n'est pas une motivation pour tous les enfants. Moi, au primaire, je ne faisais pas mes devoirs, je ne faisais pas mes leçons, je n'avais aucun intérêt.
Oui, parce que ça ne te parlait pas. Ça ne me parlait pas du tout, ça ne me disait rien. Et c'est au niveau suivant, au secondaire, au Québec, où là, j'ai vraiment eu de l'intérêt pour les matières qui m'étaient présentées.
on me parlait d'histoires anciennes, on me parlait d'écologie, on me parlait de biologie, et c'est là que j'ai développé de l'intérêt pour l'apprentissage, parce que c'est des choses qui, moi, m'intéressaient. Le français, ma thématique de base, l'anglais, ce ne sont pas des choses qui me parlaient à ce moment-là.
Mais quand j'ai découvert une motivation, puis à travers la motivation que j'ai eue pour ces matières-là, j'ai développé de la motivation pour les autres matières, et c'est là que je me suis mis à améliorer, à apprendre le français, puis à améliorer mon français.
Mais avant ça, je n'avais pas d'intérêt pour l'école, j'allais à l'école parce que c'était marqué sur l'horaire, il fallait que je sois là, mais ce n'était pas par intérêt.
Donc les notes, ce n'est pas toujours une motivation, ça peut être une motivation pour certains. Oui, je dirais même que, de ce que je commence à comprendre au travers de nos échanges, je dirais même que c'est quelque part un trait un peu perverti qu'on développe chez l'autre, c'est-à-dire à aller adhérer à la recherche d'un bonheur qui est relativement artificiel.
C'est-à-dire que moi, quand je réussissais un exercice, si le plaisir c'est la bonne note, ce n'est pas l'exercice en lui-même qui me rapporte du plaisir, ce n'est pas l'action en lui-même, c'est l'action consécutive à la bonne réalisation de cela.
Et quelque part, ça nous intellectualise la démarche encore plus. Oui, mais c'est une motivation extrinsèque. Ça devient une motivation extrinsèque. Mais pourquoi tu vas obtenir une bonne note ? pour qu'on te remarque, pour que les copains trouvent que tu es le meilleur, pour que tes parents te valorisent, pour avoir le droit de les sortir le mercredi après-midi ou quelque chose comme ça. Mais voilà, ça distanciifie. Oui, oui, mais comme tu disais tantôt,
le fait d'avoir une note qui est très éloignée aussi, ça peut jouer sur la motivation de l'enfant. C'est-à-dire que si j'ai ma note dans un trimestre, les efforts que je fais maintenant ne sont pas valorisés immédiatement non plus.
C'est pour ça que ça peut expliquer dans certains cas que ce n'est pas du tout c'est une motivation. Puis les contrôles qu'on peut avoir en cours de route aussi, des fois, d'abord, sont éloignés et sont beaucoup basés sur la punition.
On compte pas le nombre de mots que t'as écrit bien, on marque le nombre de mots que t'as fait, dans lequel t'as fait des erreurs. Dans nos contrôles, ce qu'on compte, c'est nos erreurs, jamais nos réussites.
Alors qu'en réalité, ça devrait être l'inverse, on devrait compter nos réussites. J'ai écrit un texte complet, j'ai 58 mots que j'ai bien écrits, j'en trois que j'ai mal écrits, ce qu'on me fait remarquer, c'est mes trois que j'ai mal écrits.
Alors qu'en réalité, on devrait compter le nombre de mots que j'ai bien écrits et chercher à augmenter ce nombre-là. Donc toi, finalement, ce que tu dis, c'est pour augmenter la motivation, allons de petits succès en petits succès.
Je précise, j'avais déjà fait une vidéo avec toi, tu enseignes une technique qu'on appelle le tag teach, tu pourras le décrire tout à l'heure, et donc le principe c'est allons de petits succès en petits succès.
Ben oui, c'est comme tous les jeux vidéo, les succès sont instantanés, donc je veux, quand je fais un effort, je veux être récompensé maintenant ou de façon assez rapprochée.
Je ne veux pas être récompensé dans une heure ou dans deux heures ou dans un mois parce que biologiquement parlant, encore une fois, ça n'a aucun sens. Je vais monter dans un arbre puis je vais récolter ma pomme dans un mois.
Je vais mourir de faim d'ici-là. Oui, tu ne vas pas monter dans l'arbre à ce moment-là. Non, si je monte dans l'arbre, c'est parce que je veux une pomme maintenant, c'est parce ce que je veux manger à ce moment-ci.
Donc, dans le cerveau, il n'y a pas de consensus encore maintenant, mais les neuroscientifiques commencent à penser qu'on a deux systèmes qui se relaient l'un à l'autre. En anglais, ils vont appeler ça le « seeking system » et le « liking system ».
Donc, le système qui parle à la recherche. Par la recherche, qui en soi doit être récompensable, qui est agréable. C'est le fun de faire faire une recherche. C'est le fun d'aller dans le bois chercher des plantes qui vont faire… Fun en québécois, ça veut dire amusant.
Amusant, oui. Donc, c'est agréable d'aller en forêt chercher et tout d'un coup découvrir. Mais si tu cherches pendant trois heures sans rien trouver, il y a un moment où ça s'émousse.
Il faut trouver. C'est quand on part aux champignons. Bon, la première heure sans champignons, c'est rigolo, on cherche. Mais si tu n'en trouves aucun, au bout d'une heure, une heure et demie, tu vas commencer à dire bon, c'est bien gentil mais il n'y en a pas.
Exact. Et à partir du moment où tu trouves, Oups! Tu peux relancer ton autre, relancer la recherche. Tu trouves le premier. Il faut que la récompense soit relativement proche de l'effort pour que ça ait une valeur.
Si la récompense est beaucoup trop tard, à ce moment-là, il n'y a pas d'intérêt. On perd la motivation, c'est automatique. Donc, plus les récompenses sont rapprochées de la situation et plus la motivation va être élevée. Et pour réussir ça, il faut être dans une grande mesure, je dirais au minimum 80 % sûr qu'il y a une réussite. Donc si la tâche...
Il faut placer la personne dans une situation où il y aura au moins 80 % de réussite. Pour apprendre, il faut réussir. On n'apprend pas par l'échec, on apprend par la réussite. Tu peux la redire parce qu'elle est bonne celle-là.
Pour apprendre, il faut réussir. On n'apprend pas par l'échec. On n'apprend pas par l'échec, on apprend par la réussite. Alors tous les systèmes que tu pointais du doigt qui ne font que pointer les erreurs C'est des systèmes d'apprentissage inefficaces. Si tu veux que j'apprenne que 5 x 5 ça fait 25, il faut d'abord que tu me donnes la réponse.
Je ne peux pas deviner que... Donc si je vais par l'erreur, que 5 x 5, 1, non ce n'est pas ça. 2, non ce n'est pas ça. 3, non ce n'est pas non plus.
Il y a un moment où tu vas dire stop, ça va. Oui, c'est ça. Donc je vais arrêter de donner des réponses parce que tout ce que j'ai, c'est des échecs et des erreurs. La punition, ça amène l'extinction.
Les renforcements, ça amène la répétition, les punitions... Renforcement, renforcement positif. Renforcement positif, renforcement négatif. D'accord. Les deux vont amener de la répétition. Ça renforce un comportement, ça augmente les chances qu'un comportement va se répéter.
La punition, le but c'est d'arrêter un comportement. Punition positive, punition négative, c'est le même principe. Donc, si on récompense un comportement, il y a plus de chances de se répéter et il faut que la récompense soit rapprochée de la situation.
D'accord. Et donc de tout cela, toi tu en tires une approche de l'apprentissage qui semble tout simple et pourtant qui est quand même radicalement en rupture avec ce qui se fait généralement. Ben oui, parce que, comme je disais, la punition, on arrête, le but d'une punition, c'est d'arrêter un comportement.
Donc, si tout ce qu'on fait à renoter aux enfants à l'école, c'est leurs erreurs, ils sont en situation d'échec, ils se font punir, c'est... En renforçant le comportement négatif.
Oui. Je ne dirais pas renforcer parce que là, ça va devenir mélangeant, mais on punit un comportement, celui d'apprendre, celui de faire l'effort d'apprendre, celui de chercher des solutions. On punit cet effort-là parce qu'on fait ressortir juste les échecs au lieu de récompenser cet effort-là, même s'il y a des erreurs.
Je ne veux pas dire échecs, mais même s'il y a des erreurs. En Tag Teach, dans la façon dont on travaille, ce n'est pas une faute de faire des erreurs. Les erreurs font partie de l'apprentissage.
Alors que dans le système conventionnel... Oui, l'erreur, c'est la grande peur. L'erreur, c'est la grande peur et c'est une faute de faire des erreurs. Il ne faut pas faire de faute. Donc, ça met beaucoup de pression.
C'est contraire d'ailleurs au processus naturel d'apprentissage. On ne peut apprendre qu'en faisant au début des approximations. Oui, et en réussissant. Et en réussissant, et en en finant, en s'entraînant. Si on donne un jeu à un enfant qui est trop difficile pour lui, il va se désintéresser et il va arrêter.
Il faut qu'il réussisse à mettre les blocs. Il faut qu'il voit un résultat. Il faut qu'il y ait du plaisir immédiat. Si je lui dis, viens, tu n'as jamais mangé de gâteau, mais je vais te montrer ce que c'est, puis ça me prend une heure à préparer le gâteau, je vais perdre son intérêt.
Alors je suis mieux de lui faire goûter le gâteau puis qu'il sache de quoi on parle, puis ensuite on va juste mettre du crémage, puis là il va bâtir sa motivation, puis là après je vais pouvoir lui faire faire les étapes qui sont longues, ardues, parce qu'il sait ce qu'il attend et il aura été renforcé tout au long des étapes. – Donc concrètement, parce que là il y a des gens qui vont nous regarder, je pense qu'il y en a beaucoup qui vont se dire mais oui, c'est vrai, ça paraît évident, comme moi la première fois que tu me l'as dit,
Effectivement, c'est l'évidence. Je le sentais intuitivement, mais voilà des mots qui le mettent. Comment est-ce qu'on peut vivre ça au quotidien dans les institutions scolaires, dans la famille ?
Où est-ce qu'on peut appliquer ça ? Comment ça se passe ? C'est une philosophie, c'est une approche, mais je pense que c'est plutôt à un moment donné une prise de conscience.
C'est qu'il faut mettre l'enfance sur les réussites, Il faut mettre l'emphase sur les renforcements plutôt que de mettre l'emphase sur les erreurs. Il faut travailler positivement avec l'enfant, avec la personne, avec tout le monde, dans tous les ensembles.
Oui, parce que ça s'applique à adultes, enfants. Nous, on parle d'enfants, mais ça s'applique à tout le monde. Oui. Alors, arrêter de faire ressortir les erreurs, mettre l'emphase sur les positifs, ça ne veut pas dire qu'on ignore les erreurs.
Ça veut juste dire qu'on ne les fait pas ressortir, qu'on ne met pas l'emphase dessus. Moi, en tant que parent ou en tant qu'enseignant, j'ai pris connaissance que cet enfant-là a commis une erreur. Je vais m'arranger pour qu'il puisse la réussir le prochain coup.
Mais je vais mettre l'enfance sur ce qui aura été réussi. Donc, si je fais faire une dictée à un enfant qui a réussi 25 mots, qui en a raté 10, je sais qu'il a raté les 10, mais je vais mettre l'enfance sur les 25 qu'il a réussi.
Il a quand même réussi 25 mots. Mais alors là, de ce que tu me dis là, ça veut dire qu'on doit avoir un intérêt véritable à la réussite de l'autre. Oui, mais c'est l'intérêt de l'enseignement.
Et je crois que tous les enseignants ont cet intérêt-là, c'est sûr. Mais les techniques utilisées ne vont pas dans ce sens-là. Elle contrecarrie complètement l'approche première. Oui, et ça c'est culturel.
On a appris comme ça, donc on transmet cette façon de faire-là. Mais c'est contre la biologie, contre la logique aussi. Puis on voit les résultats. Il y a les hauts taux de décrochage.
Il y a le désintérêt. Il y a le stress que les enfants vivent à l'école. Il y a toutes les crises. Tout ce qu'on peut voir qui est associé avec les échecs scolaires. Le système scolaire est en échec.
Ce n'est pas pour rien. Oui, parce que ça ne respecte pas les lois biologiques. Bien non. Puis on fait des réformes par-dessus réformes. Puis ça ne va pas mieux. Ce n'est pas le système qu'il faut réformer.
C'est l'approche. C'est la philosophie. c'est la façon de penser, la façon d'enseigner aux enfants. Et donc ça se traduirait par arriver à décomposer tout apprentissage de manière à conduire chaque enfant individuellement de succès en succès.
De succès en succès, faire ressortir le succès et ne pas mettre l'enfance sur les erreurs. Donc ça, ça peut être appliqué à l'école, ça peut être appliqué dans la famille, ça peut être appliqué dans l'entreprise?
Ça ne peut pas, ça doit. Ça doit être appliqué si on veut réussir. Ça doit être appliqué au quotidien, avec les parents, avec les enfants, avec les tuteurs et entre les personnes, entre adultes, comme exemple pour les enfants.
Les enfants vont prendre exemple sur ce qu'on fait aussi. Je dois apporter un témoignage parce que moi, étant jeune, ce que j'ai connu, c'est la pédagogie de la contrainte. C'est-à-dire, si tu ne fais pas ça, tu n'auras pas ça ou tu vas te prendre ça ou tu seras puni et ainsi et ainsi de suite.
Et la pédagogie de la contrainte, elle amène des résultats. Elle amène des résultats laborieux, mais elle amène des résultats. Oui, ça réussit. Le passage à une pédagogie de la motivation et du plaisir demande quand même un investissement personnel de la part de celui qui va être enseignant.
Dans la mesure où on a appris autre chose au préalable. Bien sûr. Mais elle demande, et c'est pour ça que je voulais apporter mon témoignage, elle demande d'abord d'être vraiment au clair avec sa motivation pour apporter un apprentissage à l'autre. c'est-à-dire que est-ce que ta motivation c'est vraiment de permettre à l'autre de s'élever ou simplement de mettre en valeur ton savoir et de l'écraser avec ton savoir que toi tu sais et que l'autre ne sait pas.
Et je me suis rendu compte que ce n'était pas toujours clair, en tout cas en moi, et je pense que je ne suis pas le seul à être pas au clair avec ça, mais qu'il y avait souvent dans les enseignements que je pouvais donner ou les transmissions à qui que ce soit, j'étais rapidement excédé si l'autre n'y arrivait pas.
Et quelque part, j'ai estimé que ma façon de faire était bonne et que je voulais simplement montrer à l'autre à quel point j'étais bon dans ma matièreté. Et pour moi, ce que tu apportes, le tac-tic au cours de nos conversations, c'est avant tout un changement de regard sur l'autre et une empathie grandissante sur l'autre. On aime l'autre, même dans ses difficultés surtout.
On essaie de comprendre là où il en est, quels sont ses efforts. Donc vraiment, ce n'est pas nous, c'est lui. Oui, et le cadre d'enseignement est la responsabilité de l'enseignant.
C'est-à-dire que c'est à moi de m'assurer que le cadre que je vais utiliser pour mon apprenant, pour mon élève, favorise la réussite. Donc, si l'élève rate, ce n'est pas la faute de l'élève, c'est ma responsabilité à moi.
Donc, ça nous responsabilise en tant qu'enseignant et ça nous amène à vouloir faire améliorer l'élève. Mais au lieu de mettre la faute sur la personne en disant « c'est un… » Il n'est pas responsable de ses échecs, tu es responsable de ses échecs.
Et ça nous empêche de dire « c'est un imbécile, c'est un idiot, il est paresseux, il ne fait pas ses affaires. Allez, fais des affaires, tu es capable.
» On a tendance souvent à rejeter la faute sur la personne alors que c'est ma responsabilité d'enseignant, de m'assurer que la personne va être en situation de réussite, mais si je mets la barre trop haute, si les motivations sont inadéquates, si l'enfant n'a pas de motivation interne, c'est à moi de trouver des motivations externes, c'est à moi de mettre la table pour assurer la réussite, c'est ma responsabilité et c'est moi l'expert dans la matière.
Si j'enseigne les mathématiques, c'est parce que j'ai un minimum de pédagogie. D'accord, donc c'est une inversion radicale des valeurs dans lesquelles on enseigne. Toi, tu enseignes ça sous forme de petits tâches, de séminaires, de deux jours, je crois. Deux jours, exact. En deux jours, on a le temps de transmettre beaucoup de choses.
Oui, au bout de deux jours, dès le lendemain, on est capable d'appliquer la technique. J'aime ça. J'aime les choses qui peuvent inverser complètement le cours d'une vie et s'enseigner comme ça.
Oui, parce que ce n'est pas compliqué. En fait, ce qu'on fait pendant le séminaire de deux jours, c'est qu'on enlève, je pense, plus des obstacles psychologiques qu'on a, parce qu'on s'imagine que ça ne va pas fonctionner si on ne le fait pas de la façon traditionnelle. Donc, c'est d'enlever tout ça et revenir à la base.
C'est toujours revenir à la base de la chose. Puis c'est simple. On renforce les bons comportements, on ignore les mauvais comportements. C'est juste ça. Oui, on attire l'attention sur les réussites et non pas sur les échecs.
Et tu as vu, toi, des améliorations, je crois, assez fantastiques sur des enfants. Oui, oui, pas juste moi, tous ceux qui l'ont pratiqué. Puis les gens qui le font dans notre séminaire voient les résultats.
Même pendant le séminaire, on voit la différence. Si ça s'apprend en deux jours, c'est parce qu'on utilise les bonnes techniques. Puis les gens voient, puis on réalise aussi.
Des fois, on réalise certaines choses qu'on a faites, pourquoi ça n'a pas fonctionné et tout. Et les résultats sont instantanés. On peut travailler avec des enfants qui ont des troubles d'apprentissage.
On peut travailler avec des personnes qui ont des troubles de langage. On peut travailler avec des personnes qui n'ont pas de troubles d'apprentissage. Ça s'applique à tout le monde. Et même des personnes qui, pendant des années, n'étaient pas capables d'exécuter une tâche, vont réussir à l'exécuter souvent en quelques minutes. Oui, simplement peut-être parce que la tâche qu'on leur demandait d'exécuter était trop éloignée d'eux.
Et là, on leur fait des petites marches qui sont à leur hauteur. C'est clair, tu me mets une barre à 3,50 m et tu me dis saute cette barre, je ne vais même pas me lancer. C'est hors de question.
Tu me mets une barre qui est à ma hauteur, qui est à 70 cm ou 80 cm, je vais la sauter. Et si effectivement chaque jour on la relève d'un centimètre, je ne sais pas si je vais arriver à 3,50 m mais en tout cas je vais arriver beaucoup plus haut.
Avec plus de motivation parce que tu as eu des succès. Puis si moi j'estime en étant l'expert dans la matière des sauts, que je suis capable de te faire sauter à 3,50 m, à un certain point, ça va être ma responsabilité de trouver qu'est-ce qui va faire en sorte que toi, tu vas être capable de sauter 3,50 m. Oui, c'est toi l'expert.
C'est moi l'expert. C'est toi le responsable. Donc c'est à moi de mettre en place les outils qui vont t'amener à sauter ton 3,50 m. Et pour te… En fait, moi je suis capable de sauter le 3,50 m, c'est moi l'expert.
Ce que je veux, c'est calquer cette capacité logique sur la personne à qui j'enseigne. Et moi, je viens te voir parce que toi, tu as la capacité et je veux que tu me l'apprennes. Et le Tactiche permet de calquer facilement et rapidement les capacités d'une personne sur une autre.
Donc, quelque part, tu n'attends pas de l'autre, finalement, qu'il mime spontanément ce que tu fais. Parce que moi, c'est un peu la réflexion que je m'étais fait.
je me souviens étant jeune, j'avais une hantise des cours de sport au collège, et l'idée que j'avais c'était de toute façon en sport, soit tu es déjà bon en sport et tu as une bonne note, soit tu es mauvais et de toute façon tu resteras toujours mauvais parce qu'il n'y avait pas d'apprentissage.
On ne faisait que sanctionner tes capacités propres. Si on va dans un lieu d'apprentissage, ce n'est pas pour qu'on sanctionne nos capacités propres, mais c'est pour qu'on nous en offre d'autres. Et c'est rarement ce que j'ai rencontré.
Je n'ai jamais rencontré ça moi dans ma vie d'élève, je l'ai rencontré dans ma vie d'après. Parce qu'on nous place en situation de compétition. On s'imagine que la compétition va être la principale motivation des élèves.
Mais c'est une erreur. Oui, ça l'est pour certains élèves. Ça ne l'est pas pour tous les élèves. Puis je dirais que ça ne l'est pas pour la majorité des élèves. Parce qu'en compétition, sur 30 élèves, il va y en avoir un qui va gagner.
Alors que là, finalement, tout le monde peut gagner. Oui, tout le monde doit gagner. Tout le monde est gagnant, forcément. Parce que tout le monde aura vu son capital de connaissances et de capacités augmenter. S'améliorer et sa motivation.
Alors, ce que présente Patrice, je peux en témoigner parce que depuis qu'on se connaît, ça a été mis en application au niveau familial, au niveau collectif, on va dire, et c'est d'une efficacité vraiment redoutable.
C'est juste un changement de regard. Un changement de regard, exact. C'est pour ça que c'est aussi facile à enseigner, c'est que c'est un changement de regard, un changement de regard sur l'autre, sur notre responsabilité et sur quelle est notre finalité réelle.
C'est-à-dire, est-ce qu'on veut enfoncer l'autre ou est-ce qu'on veut les lever ? C'est de mettre à la bonne place ce qu'est une motivation, et interne et externe. Parce qu'on a beaucoup peur des motivations externes, en se disant « Ben oui, si je le récompense, après je vais être toujours pris pour le récompenser ». Dans une certaine mesure, pourquoi pas. Parce que de toute façon, tout ce qu'on fait, c'est pour obtenir des choses externes.
Mais de toute façon, c'est pas vrai, parce qu'éventuellement, une motivation externe devient, par la force, par l'habitude, par répétition, devient une motivation interne.
D'accord. Donc quand on est jeune, ça prend des années à ce qu'on nous inculque à nous brosser les dents, à partir du moment où c'est inculqué. Oui, après on n'a plus besoin de motivation. On n'a plus besoin de motivation, on le fait parce qu'on se sent bien quand on le fait, puis si on ne le fait pas, on ne se sent pas bien.
Oui, et par exemple, avec l'histoire de brosser les dents pour les enfants, il y a deux situations à laquelle je peux passer. Il y avait l'ancienne situation dans laquelle si tu ne te brosses pas les dents, tu n'auras pas ça, ou je ne vais pas faire ça pour toi.
Et puis, deuxième proposition, allez vite, brosse-toi les dents parce que derrière il y a une histoire. Oui, vite, je vais me brosser les dents pour aller écouter l'histoire. Non, parce qu'attends, dans deux minutes je commence l'histoire.
Dépêche-toi de te brosser les dents parce qu'on ne jouerait pas ta temps. Et donc là quelque part c'est wow ! Et dans la phase de coucher par exemple, on a fait ça d'enchaînement de plaisir en plaisir en plaisir, et même aller dans le lit c'est un plaisir parce qu'il y a un petit rituel qui est associé à ça.
Oui. Et à ce moment-là, le phénomène, c'est que si un comportement amène une récompense, le comportement est rapidement associé à la récompense. Donc, de faire le comportement, c'est agréable parce que c'est ce comportement-là qui va amener la récompense.
Tu peux le refaire? Je le refais. C'est essentiellement du conditionnement classique, du conditionnement à la Pavlov, la cloche de Pavlov. On est tous soumis au conditionnement.
Oui, on ne veut pas l'entendre. Ça, c'est un truc où ça fait mal. Il faut vraiment que ce soit un Québécois qui l'amène au français. Je veux dire, ça passera mieux avec l'accent québécois, et puis ils se diront, bon, allez, c'est les Québécois.
Oui, mais on est tous soumis au conditionnement. Les publicités l'ont compris à la télévision. Ils nous répètent, ils nous répètent, ils nous répètent. Puis si je te demande de me nommer une marque de pâte à dents, tu as une marque qui va te venir spontanément.
C'est du conditionnement. Si je te dis une marque de nourriture, tu vas me sortir une marque. Bon, on est soumis au conditionnement, les centres de jeu l'ont compris. Bon, OK, c'est juste, on ne nous le dit pas parce qu'on nous tient.
Oui, qu'il y en a l'impression d'être libre, libre de tout bonissionnage. Oui, libre de nos décisions et de notre vie et tout et tout. C'est beau. Oui, voilà. Et donc, si j'associe un comportement, agréable ou non, à une conséquence agréable, Pour avoir un morceau de gâteau, il faut que je me brosse les dents.
Je déteste me brosser les dents, mais ça prend ça pour que je mange le gâteau. Donc, me brosser les dents devient quelque chose d'agréable au bout d'un moment. Oui, parce que c'est ce qui annonce que je vais avoir du gâteau.
D'accord. Donc, il y a un premier temps où on accepte de le faire parce qu'il y a le gâteau. Et il y a un moment, le gâteau ou le bel ananas bien mûr en glace, et chacun son plaisir. Et il y a un moment où le plaisir vient même coloniser le fait même de se laver les dents parce que tu es déjà dans l'instant suivant. Oui, parce que c'est ça qui t'amène la récompense.
Donc, c'est un conditionnement classique dans le sens où le fait de se brosser les dents devient agréable en soi parce qu'il m'annonce autre chose. Éventuellement, la récompense externe peut tomber parce que le comportement en soi est agréable.
Donc, je n'ai plus besoin d'avoir la récompense externe. Tu as découvert le plaisir dans le comportement lui-même. C'est le truc des grands-mères. Mange tes légumes si tu veux du dessert. C'est le conditionnement des grands-mères.
Les grands-mères l'avaient compris. Si tu ne manges pas tes légumes, tu n'as pas de dessert. Tu manges les légumes pour avoir ton dessert. Éventuellement, tu finis par manger tes légumes. C'est le fun de manger les légumes parce que c'est associé à un plaisir.
Ça devient associé, conditionnement associé. Dis comme ça, ça peut faire un peu peur. On dit quelque part, fais ça pour avoir ça. Mais de toute façon, c'est ça. C'est toujours ça.
Tout ce qu'on fait, c'est toujours ça. Il ne faut pas se cacher les yeux, il ne faut pas se mettre sur une couverture et dire « je suis libre de mes décisions ». Non, on ne l'est pas.
Plus on prend conscience de ces conditionnements-là, plus on se libère des conditionnements. Parce que là, je réalise que c'est des conditionnements. Oui, donc on les voit clairement. On les voit clairement.
Alors que si je ne suis pas conscient que c'est un conditionnement, je suis la marionnette des conditionnements. Donc oui aux conditionnements conscients et renforcement positif. Oui, et à ce moment-là, je peux faire des vrais choix éclairés.
Je peux choisir les conditionnements qui vont faire mon affaire. C'est ce que j'aime partager dans ces vidéos. C'est vraiment ce que j'aime, c'est arriver à montrer que finalement, là où on croit être libre, on ne l'est pas, et qu'il n'y a qu'en connaissant les règles du jeu qu'on peut approcher une forme de liberté.
Une forme de liberté dans un cadre précis, mais au moins là, on n'est plus soumis à l'arbitraire. Et plus on l'apprend jeune, et plus on vit une vie libre, éclairée, avec des choix conscients.
Et c'est pour ça que ce n'est pas une erreur de l'appliquer à des enfants, ou à des adultes, ou à qui que ce soit, mais c'est d'autant plus pas une erreur de l'appliquer aux enfants et d'expliquer aux enfants ce qu'on fait pour qu'éventuellement ils soient moins soumis à ce genre de conditionnement et qu'ils comprennent que quand ils écoutent une émission de télévision, ils se font bombarder de conditionnements et qu'ils ne sont pas obligés d'y répondre si ça ne répond pas à leurs valeurs.
Merci Patrice, je mettrai le lien tu assures des formations en France c'est à l'occasion je suis ravi parce que ça parait à la fois tout simple et je peux témoigner que c'est un changement radical de regard sur sa responsabilité sa place par rapport à l'autre, qu'est-ce que ça veut dire que prétendre enseigner quelque chose à l'autre, et ça nous arrive à tous, qu'on soit enseignant dans l'institution, qu'on soit parent ou qu'on soit avec des collègues ou quoi que ce soit, on est toujours en position d'apprendre ou d'enseigner.
Et donc c'est vraiment des choses de base, simples, et qu'on aurait dû nous donner dès le départ, comme toutes ces choses. Patrick Cohen Fallait le redécouvrir. Thierry Samitier Fallait le redécouvrir.
Je te remercie beaucoup Patrick, je mettrai le lien en dessous. Et écoute, bonne formation, parce que je crois que tu vas m'assurer une demain. Thierry Samitier-Leccerci Merci Patrice. Patrice Pochon Ça m'a fait plaisir.
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