Du sol vivant aux jus vivants, les jardins du CEP
Bernard Lorber cultive depuis 2016 une trentaine d’espèces de légumes en Normandie, à Valorbiquet, sans labour profond, sans engrais de synthèse et sans pesticides. Il explique ici pourquoi le sol vivant, couvert en permanence et peuplé de mycorhizes, produit des légumes structurellement différents de ceux issus de l’agriculture conventionnelle, et pourquoi les sols industriels sont devenus incapables de faire pousser quoi que ce soit sans apport d’azote de synthèse.
La conversation aborde aussi la question des semences paysannes et de l’hybridation : Bernard détaille comment la sélection variétale d’après-guerre a été orientée vers le rendement, le calibrage et la durée de conservation, au détriment de la valeur nutritionnelle, et comment le choix de variétés-populations change concrètement la qualité de ce qui pousse.
La deuxième partie de l’entretien porte sur la fabrication des jus crus non pasteurisés : extraction à froid, conditionnement en bibe sans contact avec l’air, maîtrise du pH en dessous de 4,3 pour la stabilité, et rôle du citron comme antioxydant. Bernard explique pourquoi un jus pasteurisé peut afficher les mêmes minéraux à l’analyse qu’un jus cru, tout en étant très différent sur le plan de la biodisponibilité enzymatique.
Les combinaisons de légumes sont également discutées à partir des travaux de Norman Walker et d’un chercheur cité dans l’entretien, selon lesquels la cohérence chromatique des ingrédients influencerait la stimulation sensorielle et l’assimilation. Thierry et Bernard abordent enfin la question du prix, avec une transparence rare sur les coûts de matière première, pour situer les 12 euros le litre dans leur contexte réel.
📑 Au programme de la vidéo
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0:00Présentation de Bernard et du projetThierry introduit Bernard Lorber et pose le cadre de l’entretien : sol, légumes, puis jus, dans cet ordre.
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4:19Le cycle naturel de la fertilité du solBernard explique comment le modèle forestier inspire le maraîchage sur sol vivant et pourquoi le labour profond détruit l’habitat des micro-organismes.
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8:38Dépendance aux engrais azotésLes sols conventionnels ne peuvent plus rien produire sans apport extérieur d’azote, dont toute la production est localisée hors de France.
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12:53Pollution des nappes et cultures intermédiairesSeulement 30 % de l’azote apporté est assimilé par la plante, le reste lessive les nappes phréatiques, et les solutions actuelles restent incomplètes.
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17:10Semences paysannes contre hybridesL’hybridation a standardisé les légumes pour la distribution, au détriment de la diversité variétale et de la valeur nutritionnelle.
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21:27Naissance du projet de jusBernard raconte comment la surcharge de travail du maraîchage l’a conduit, paradoxalement, à ne plus consommer ses propres légumes sous forme de jus.
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25:46Extraction, conditionnement et logistiqueLe processus de pressage à froid, le remplissage en bibe sans oxydation et l’organisation des envois Colissimo sont décrits en détail.
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34:20pH, citron et stabilité du jus cruDescendre sous 4,3 de pH et utiliser le citron comme antioxydant sont les deux leviers qui permettent de stabiliser un jus cru sans pasteurisation.
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42:51Pasteurisation et biodisponibilité enzymatiqueUn jus pasteurisé conserve ses minéraux à l’analyse, mais la destruction des enzymes dès 35-42 degrés empêche leur assimilation réelle par l’organisme.
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47:06Prix, marges et transparence des coûtsBernard détaille pourquoi 12 euros le litre représente une marge très faible quand 2,5 kg de carottes de qualité coûtent déjà près de 9 euros.
Transcription de la vidéo
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Thierry, c'est un plaisir de te recevoir chez nous après que tu m'aies reçu chez toi. Tu m'avais invité pour un séminaire de maraîchage sol vivant. Oui, c'était précisément l'inauguration de notre nouvelle ferme en septembre 2022 avec effectivement un événement autour du sol vivant avec François Mullet.
Alors si on est là aujourd'hui tous les deux, c'est parce que j'avais envie que tu nous parles du sol, puisque tu es d'abord et avant tout agriculteur, tu cultives des légumes, des légumes sur sol vivant, que tu nous parles du sol, qu'ensuite tu nous parles des légumes qui poussent sur un sol et la qualité des sols qui va déterminer la qualité des légumes, et qu'ensuite tu nous arrives à ta troisième dimension, c'est-à-dire les jus, parce que tu es producteur de jus de légumes, avec une démarche,
moi, que je trouve très innovante et assez unique en France, dans laquelle tu assures vraiment des jus de très haute qualité nutritionnelle parce que tu pars du sol jusqu'au jus, et avec aussi des tips dans les élaborations des jus, dans les combinaisons entre les légumes qui est assez nouvatrice.
Donc est-ce que ça te va si on suit ce chemin-là depuis le sol jusqu'au jus ? A.C.C. C'est parti. T.G.R.C. C'est parti. Alors déjà Bernard, toi tu viens d'où ?
T'es agriculteur de naissance, t'es né dedans ? Alors, de fait je suis né dedans, c'est-à-dire que je suis né dans la plaine d'Alsace dans un milieu agricole, donc effectivement on a pas mal travaillé dans notre jeunesse dans ce milieu-là, mais à 18 ans j'ai fait un bac littéraire et j'ai quitté ce monde-là, philosophie, théologie, séminaire, j'étais assez longtemps là-dedans, un monde qui ne me convenait pas que j'y quittais pour arriver en Normandie par plus ou moins un concours de circonstances
et où j'ai fait, où j'ai eu plusieurs activités. Au début, c'était de la publication de musique sacrée, donc l'édition de disques, de CD. Je sortais une quarantaine de disques. Ensuite, je me suis pris d'amour pour le bâtiment.
J'ai suivi des formations dans ce domaine-là, j'ai monté une boîte qui faisait de l'application d'isolants biosourcés et puis on a eu un flash avec ma femme sur le jardinage donc le maraîchage et on s'est lancé là dedans en 2016 avec une formation plutôt livresque à ce niveau là dans un premier temps, la permaculture, le biointensif de Jean-Michel Fortier, de Jean-Martin Fortier et dès la première année en fait j'étais pas Je trouvais que ses connaissances relevaient plus des trucs-astuces plutôt que d'un fil rouge agronomique.
Il n'y avait pas de compréhension du fonctionnement du sol, de la plante, etc. En faisant quelques recherches, il s'est rapidement tombé sur le réseau maraîchage sur sol vivant.
De plus, il est parti de Normandie, le créateur d'enfants sangulaires, il habite à trois quarts d'heure de chez nous. Ce qui m'a donné la possibilité d'avoir à faire rapidement un stage chez lui sur sa ferme et de partir sur des itinéraires techniques en maraîchasse sur sol vivant.
J'étais assez actif au début dans l'association et puis ça m'a permis aussi de suivre pas mal de formations. Ça m'a permis de progresser techniquement très rapidement et de pouvoir envisager, à l'époque on n'avait pas de ferme, on avait des parcelles à droite à gauche.
En 2020 je me suis retrouvé avec 6 parcelles différentes. Et donc en 2020, on a enfin pu acheter un terrain de 5 hectares, établir la ferme, construire la ferme là-dessus, et intégrer ce projet jus de légumes à ce moment-là, qui nous avait travaillé les 2-3 années précédentes en fait, parce qu'on était vraiment parti d'un sol riche.
Il faut savoir que... Thierry Samitier-Lacroix Qu'est-ce que c'est ? Tu parles de maraîchage sur sol vivant, maraîchage on connaît, sol vivant, quoi ce c'est ? Ça repose sur quoi cette idée ?
l'idée de départ est relativement simple, on se rend compte qu'une forêt crée une biomasse extraordinaire sans que la main de l'homme n'y mette sa pâte. Donc pas de fertilisation, pas d'amendement, rien.
Pourquoi ? Parce que l'arbre a une fertilisation qui est autonome, il perd ses feuilles, ses petites branches, elles sont dégradées par les bactéries qui vont faire le boulot de stocker de l'humus et de nourrir les racines de l'arbre.
Et donc on est dans ce cycle naturel de la fertilité, et l'idée c'est de reproduire au champ ce qui se passe dans la forêt. Voilà, donc on remet en route le cycle naturel de la fertilité, là où l'agriculture post-guerre industrielle a considéré que le sol était un support neutre.
Thierry Le Même, souvent. Oui, on y met la plante et on la fertilise directement. D'accord, on nourrit, on les maintient, on les pique ou on les pique en permanence. C'est ça, exactement, et il faut savoir qu'en blé aujourd'hui il y a 3 passages d'azote sur un blé, minimum, voilà. Pareil pour les maïs, s'ils ne font pas ça, le blé reste à cette hauteur-là, il fait 30 centimètres, le maïs il fait 50, enfin il n'y a pas de production.
La plante est sous-développée. Et tout ça est dû en fait aux techniques agricoles de post-guerre. On a vu le tracteur qui est en soi un outil formidable, mais qui peut aussi être un outil de mort.
Et le tracteur qui a fait son apparition, qui s'est généralisé, et avec la puissance du tracteur, les socs de charrues, le travail du sol, qui avant se faisait à la surface, se fait en profondeur.
Et donc on renverse les couches, on renverse l'habitat des micro-organismes du sol, vers de terre, champignons, qui créent eux leur habitat. les champignons créent des rhizomes qui vont relier les plantes, qui vont permettre aux plantes de trouver les minéraux qui sont éloignés de leurs racines, et voilà, les vers de terre qui créent leurs galeries, tout ça est cassé en un passage, en un labour.
On estime qu'un labour représente jusqu'à 80 % de destruction des vers de terre. Thierry Lecce. D'accord, c'est vraiment les agents de fertilisation, c'est vrai qu'ils montent de haut en bas les vers de terre, ils montent la matière organique, ils la redescendent et ils transforment tout ça, et c'est vraiment eux qui assurent la fertilisation profonde.
Thierry Lecceux C'est eux qui transforment, en gros, ils transforment le carbone, les matières organiques qu'on peut laisser en surface, ils vont les transformer en humus, en azote. Et ce travail du sol a fini par laminer nos sols agricoles français.
Avant la guerre, on était entre 4 et 5 % de matière organique, de matière vivante dans les sols, ce qui était considéré en France un peu comme un optimum. C'est très bien, sol équilibré, plantes équilibrées, peu de maladies, il n'y a pas de phytosanitaire.
Thierry Marx-Machiaveli Matière organique, qu'est-ce que c'est exactement ? Dans un sol c'est la partie vivante du sol. Voilà, donc là-dedans on a surtout le monde bactériologique qui est énorme, et donc on a aussi les champignons, les vers de terre, tout ça est considéré dans un sol comme étant la matière vivante.
Après, la matière organique qu'on met sur un sol, en général ce sont des matières mortes qui vont être dégradées par le micro-organisme. Et donc, on arrive aujourd'hui, après 60 ans de dégradation des sols, à un niveau extrêmement bas de matière vivante, on est à 1,5 %, Thierry Leccet.
Ah oui, donc divisé quasiment par 5. Olivier Roland. Voilà, on sait qu'en dessous de 0,9 ou 1%, c'est le désert. Il n'y a plus rien qui pousse. Il n'y a plus rien qui pousse, effectivement. Et pour gagner 1 %, il faut environ 10 ans de travail à mettre des intercultures, à végétaliser le sol pour le nourrir en fait, à laisser ces cultures sur place, nourrir le sol, nourrir les micro-organismes, 10 ans pour gagner un point.
Alors quand tu dis, excuse-moi de revenir sur ce point, quand tu dis finalement en dessous de 0,9 % c'est le désert, qu'est-ce que ça veut dire ? ça veut dire que la dynamique végétale est coupée ?
A.B.L.E. Effectivement, le cycle est complètement cassé en fait, c'est sûr que la plante ne trouve plus rien à manger dans le sol, et donc on arrive à...
pour relancer la machine il va falloir apporter énormément de matières organiques exogènes, enfin par exemple du broyat, mais vraiment des couches importantes pour remettre de la vie là-dedans, remettre de la vie bactériologique.
Donc, sur des grandes surfaces, ce n'est juste pas envisageable. Thierry Marcet. D'accord, donc ça veut dire que là, on est quand même au bord d'une situation où finalement, les cycles naturels de pousse des plantes ne seront plus respectés, ne pourront plus être respectés.
Olivier Roland. Ne pourront plus, effectivement. Mais déjà là, si jamais il y a une tension forte sur l'engrais, on verra les conséquences l'année suivante en fait, enfin sur la récolte, Bon, pas cette année parce que, évidemment, les stocks ont été faits, mais si la tension continue, on risque de voir déjà une diminution, vraiment une chute brutale de la production.
Thierry Leccet. Ah oui, tu veux dire une tension liée au conflit géopolitique mondiaux, qui fait que le prix de l'engrais augmente, et donc finalement, comme ils ne peuvent plus fertiliser, il n'y a plus rien qui pousse.
Parce que les sols et les plantes n'ont plus cette capacité naturelle à pousser par elles-mêmes. Alexandre Asselineau. S'il n'y a plus la picouse, il ne se passe plus rien. D'accord, ok, donc une situation de dépendance totale aux engrais azotés.
Azotés, il faut savoir que les engrais azotés sont produits là où l'énergie n'est abondante et pas chère. Donc il n'y a aucune production d'engrais en France, d'engrais azotés. Alors, on peut avoir quelques productions éparses d'engrais végétaux naturels, mais c'est peanuts quoi.
Ok, donc quand on parle de souveraineté, là c'est 0.0. 0.0. C'est-à-dire que non seulement nous ne sommes plus capables de faire pousser les plantes naturellement, ils ne dépendent que des engrais, et des engrais qu'on ne produit même pas nous-mêmes.
A.C.C. C'est ça, oui. T.M.L. Oui, le constat est alarmant. A.C.C. Très alarmant effectivement.
Déjà, pour les fruits et légumes, on est à une souveraineté, une autonomie de 60 %, donc si demain les chaînes d'approvisionnement sont interrompues, tu as 40 % des français qui ne mangeront plus de légumes et de fruits.
D'accord, OK. Et donc le but du maréchal survivant, c'est de relancer une dynamique vertueuse et de permettre aux plantes de pousser sans apport exogène important ou sans quasiment d'apport exogène, comment ça se passe ?
C'est ça, le but c'est d'arriver à ça, c'est d'arriver à zéro fertilisation rapportée. Donc, la manière de nourrir le sol peut diverger suivant les situations. Quand on est sur des petites surfaces, on peut facilement importer des matières organiques de l'extérieur type paille, foin, bon nous par exemple on travaille avec du fumet de choix parce qu'on a des rats autour de nous, c'est une manière très abondante dont ils ne savent pas quoi faire.
Voilà, broyat de bois c'est vraiment très efficace, on est sur des matières carbonées avec beaucoup de carbone, c'est ce que en fait les micro-organismes du sol demandent, c'est une matière carbonée.
L'azote va nourrir la plante, le carbone va nourrir les micro-organismes du sol. Thierry Quelconque D'accord. Et donc soit on importe, mais sur des grandes surfaces ce n'est juste pas possible, donc là dans ces cas-là on travaille avec des intercultures.
Donc on va par exemple lancer une culture de céréales avec un peu légumineuses, et on va créer la biomasse et celle-ci va rester sur place, va nourrir les micro-organismes, et c'est la culture suivante qui va être une culture de rapport.
Tu as dit quelque chose de très intéressant, tu as dit finalement l'azote nourrit la plante, le carbone nourrit les micro-organismes. J'aimerais bien que tu nous fasses le distinguo un petit peu, parce que ce n'est pas parce que les légumes vont grossir qu'ils sont riches au niveau nutritionnel, c'est deux choses complètement différentes.
Et je pense qu'une partie de la différence repose dans cette façon de soit nourrir le sol, soit nourrir directement la plante en lui faisant la piqure. Parce que les légumes produits en maréchal survivant sont réputés pour avoir une densité nutritionnelle juste stratosphérique par rapport aux légumes.
Donc est-ce que tu pourrais l'illustrer ça ? Alors en fait l'azote permet le développement végétatif de la plante. Donc ça fait la feuille, ça fait une structure végétale. Ça fait grossir.
Ça fait grossir exactement, mais ça ne donne pas les minéraux. Les minéraux s'ils ne sont pas dans le sol, ils ne seront pas dans la plante. Oui, de toute façon l'azote ce n'est pas un minéral, donc de toute façon ce n'est pas ça qui va apporter des minéraux.
Et donc, certains engrais sont des engrais minéraux, donc le fameux NPK, on a l'azote, on a la potasse, on a le calcium. Donc, sur certaines cultures, les agriculteurs vont rajouter du calcium, par exemple sur la patate, sur tout ce qui est légumes racines, on rajoute du calcium, mais ça reste toujours qu'un seul élément.
Et l'assimilation, le potentiel d'assimilation d'un seul élément est très faible. On estime par exemple que même une fertilisation azotée, 30 % seulement est assimilée par la plante, les 70 % sont lessivées et descendent dans les nappes.
Thierry Samitier-Lacroix D'où le problème de la pollution des nappes phréatiques par les engrais azotés à outrance. Olivier Roland Entre temps, ils ont inventé les sipans, culture intermédiaire pompe à nitrate, qui font qu'après une culture, ils vont lancer une interculture dont le but est de pomper les nitrates.
A pour éviter de trop polluer les sols. Effectivement, alors en soi c'est une bonne idée sauf que ce n'est pas la finalité, il pourrait pousser le bouchon jusqu'au bout, à savoir on laisse ces cultures monter, vraiment à un terme pour créer la biomasse, nourrir les micro-organismes.
Sauf que le schéma intellectuel pour l'instant ne va pas jusque là dans la plupart des cas, malheureusement, et donc ces cultures sont souvent en fait broyées ou labourées, enfin bref, bien avant que ces plantes soient montées jusqu'à terre, mais ça ne nourrit pas beaucoup le sol malheureusement.
Thierry. Donc, le choix du maraîchage sur le sol vivant pour toi c'était une évidence par rapport à la dimension de la souveraineté et puis par rapport à la dimension aussi de la nutrition je pense. Qu'est-ce qui t'a interpellé toi le plus ?
Olivier Roland. En fait, ce que j'ai trouvé dans un premier temps dans le maraîchage sur le sol vivant c'était déjà une ligne rouge agronomique, comprendre le fonctionnement du sol, Et puis, la première chose qui nous interpelle, c'est cette capacité d'être autonome.
En fait, d'avoir un sol qui fonctionne naturellement, donc on est dans une autonomie. Et puis surtout, on est dans un confort de la plante. A savoir qu'en dessous de 3,5 % de matière organique, on est dans un déséquilibre du sol, ce qui induit un déséquilibre dans la plante, et ce qui va demander des traitements phytosanitaires.
Et c'est pour ça que le travail du sol a pour conséquence logique les traitements phytosanitaires. Les deux vont ensemble. Et inversement, tu supprimes le travail du sol, tu nourris ton sol, et bien tu vas créer un équilibre qui fait que la plante s'épanouit et tu vas te passer de ton armoire phytosanitaire.
C'est déjà un gros plus. C'est énorme en fait, déjà ça franchement c'est un confort maximum pour le maraîcher, pour l'agriculteur. Et puis après, c'est vrai qu'on aime avoir des sols riches parce qu'on sait, par expérience, nous on a été bluffés en fait, lors de nos premières années de culture, on est arrivé sur un terrain, la deuxième année en 2017, on est arrivé sur un terrain qui a 10 % de matière organique.
Donc c'est le double de l'optimum, ce qu'on considère d'optimum en France. Puisque bon, en Suisse, on a des optimums un petit peu différents, en Suisse on est plutôt à 7-8 %, bref. Et en fait, ça a été juste bluffant de voir le résultat de production, on met la plante et en fait le sol fait le boulot de A à Z.
Et donc belle production en termes de quantité, en termes de goût. Thierry Lecce Voilà, ça j'aimerais bien qu'on y vienne, parce que le goût est aussi le reflet du contenu micronutritionnel. Olivier Roland Et zéro produit phytosanitaire, zéro traitement. Oui, ça je pense que pour beaucoup d'agriculteurs c'est hallucinant.
A. C'est leur rêve. T. Oui, c'est hallucinant. Et donc tu parles du goût, et effectivement, moi j'ai toujours eu tendance, et je pense que c'est fondé, à considérer que la richesse organoleptique d'un aliment témoigne toujours de sa richesse en micronutriments, comme sa couleur et ainsi de suite.
C'est comme ça qu'on voit que des légumes de supermarché n'ont pas de goût, pas de sucre, pas de goût, rien, finalement tu les bouffes c'est du carton, et à l'inverse des légumes qui ont été poussés dans de bonnes conditions ils ont énormément de goût.
où le maraîchage sur le sol vivant se prévaut énormément de la qualité des légumes qui sont produits, c'est-à-dire que c'est des beaux légumes, mais des beaux légumes riches au niveau nutritionnel. A.C.L.
C'est ça. Alors en fait, il y a deux facteurs qui créent cette richesse, il y a la vie du sol et puis il y a la sélection variétale. Et sur ce sujet-là, il faut quand même savoir que tous les légumes et fruits que vous trouvez en grande distribution aujourd'hui sont issus de semences hybrides.
En fait, l'hybridation s'est généralisée dans toute l'agriculture et les semences paysannes, les variétés populations, bon c'est synonyme, sont devenues en fait une rareté.
Une rareté, seuls ceux qui maîtrisent la production de plants peuvent effectivement choisir, les semences peuvent choisir des variétés populations. Donc, si tu ne fais pas tes plans toi-même, tu es lié avec un horticulteur.
Alors, dans certains cas, on peut demander à l'horticulteur, on lui donne les semences, on lui dit fais-moi les plans à base de ces semences-là. Mais si tu laisses faire l'horticulteur, lui, il va toujours partir de semences hybrides.
Les variétés population ont été décrédibilisées pour des raisons de rendement. En fait, l'hybridation a pour but de répondre à des contraintes de production, donc surtout le rendement, les facilités de cueillette par exemple, d'avoir, je ne sais pas, je prends le haricot, de faire des haricots qui poussent tous en même temps, comme ça la plante est arrachée, elle est secouée et on fait une cueillette.
Et puis après, c'est les contraintes de commercialisation, donc c'est l'aspect, le calibrage, cette notion de calibrage qui a été introduite après la guerre. Donc, l'idée que tous les légumes devraient avoir le même calibre, parce qu'en fait c'est pour la standardisation de la distribution.
A. Exactement, et puis la durée de vie qui est vraiment un élément clé pour eux. Dès que tu rentres dans la filière longue, il faut que le légume puisse durer longtemps. T. C'est marrant ce que tu dis, parce qu'en fait on se rend compte que la sélection a été faite sur des critères de distribution de masse à de longues distances, absolument pas sur des critères de qualité, de santé, de localisation, enfin voilà, on a oublié tout ça dans l'équation.
Et le fait est que dans la sélection variétale, ils arrivent à gérer ces facteurs matériels, extérieurs, ils arrivent à agir, aujourd'hui même ils tapent des rhétoriques dans le génome, ce n'est plus simplement des croisements de deux variétés, ils prennent une variété, ils vont la triturer.
Mais par contre, l'aspect goût, ils ne savent pas où se trouve quel génome, enfin comment bricoler. Thierry Leccet. Oui, ils ne savent pas où le trouver, où le bricoler.
Olivier Roland. Et donc ça, ça leur échappe pour l'instant, et ça ne les gêne pas beaucoup d'ailleurs, parce qu'en fait le but est atteint, c'est d'avoir une belle production massive. Thierry Leccet. D'accord, et donc le goût, lui, il se situe dans la richesse micronutritionnelle des plantes.
Olivier Roland. C'est ça, oui. Thierry Leccet. Et en maraîchers au sol vivant, vous l'avez vraiment démontré. Olivier Roland. Voilà, je pense, oui, effectivement, alors on a fait pas mal de tests à l'aveugle, Donc, les animateurs du réseau ont organisé ça, ils ont eu plus de demi résultat de tests à l'aveugle, on en comprend, ils ont fait ça sur carottes et tomates, carottes de grandistrie,
tomates de grandistrie et puis les nôtres en face. Et dans plus de 90 % des cas, je crois que 195 % des cas, les tests ont été positifs en faveur des légumes MSV. D'accord, et est-ce que c'est objectivé par des tests au réfractomètre par exemple, ou des choses comme ça ?
Est-ce que, je sais qu'à un moment ils travaillaient dans le régime OMSV sur un système de scanners qui permettrait de justifier réellement du contenu micronutritionnel des légumes. Qu'est-ce qui a été fait dans ce sens-là ? Alors effectivement, oui, donc le scanner a été produit, est actuellement disponible.
Pour l'instant en fait, il se concentre sur les, comment dire, des produits à forte valeur ajoutée, donc c'est sur la vigne, sur des céréales. En fait pour l'instant les légumes n'ont pas encore été abordés, alors c'est au programme, ça va venir, mais pour l'instant on n'est pas encore en mesure avec ce scanner-là d'avoir un résultat immédiat sur les contenus micronutritionnels.
Ils travaillent surtout sur les minéraux et un petit peu sur l'une ou l'autre vitamine. D'accord, donc toi tu t'installes, vous vous installez avec ta femme Syrah, vous vous installez en 2017, vous commencez à avoir des parcelles, en 2020 vous trouvez la parcelle qui va vous permettre d'élaborer votre ferme, et tu me dis tout de suite on veut partir sur la transformation en jus, pourquoi ? Alors, de fait, on a commencé en 2016 et plus précisément en 2014, c'est là qu'on a vu tes premières vidéos,
enfin que nous avons vu tes vidéos sur YouTube, sur les jus, et ça nous a donc poussé à acheter un extracteur. Et donc on a, à partir de 2015, on a fait des jus.
Et puis avec le maraîchage, 60-70 heures semaine, les jus j'en faisais pas souvent en fait, très honnêtement. De temps en temps, quand j'avais un coup de pompe, j'étais j'ai dit bon allez, j'ai mis à taquer, je vais faire des jus, j'ai mes sous-vides, ça va me faire la semaine.
Thierry Leccet. C'est paradoxal, donc tu produisais d'énormes légumes mais tu n'avais pas le temps de te faire des jus. Olivier Roland. Effectivement, et on avait vraiment un légume à volonté, un légume de qualité, et puis on s'est dit en fait beaucoup de gens vont être dans une situation de ne pas avoir le temps de faire les jus, et puis il y a peu de gens qui ont accès à des légumes aussi riches.
Thierry Leccet. Oui, parce qu'il y a ces deux dimensions. Olivier Roland. Voilà, il y a les deux, effectivement. Et c'est là qu'on s'est dit que ce serait peut-être une bonne idée de lancer une production à plus grande échelle. Donc le projet a mûri, 2019, 2020, le Covid est arrivé, on l'a mis de côté.
Et puis avec la création de la ferme, on l'a remis dessus de la pile. et on s'est lancé finalement alors un petit peu en se disant en fait bon si ça marche pas très bien notre produit principal c'est le légume frais.
On vit du légume frais, ça c'est un atelier qui se rajoute tant mieux si ça marche, si ça marche pas très bien voilà tant pis. Et bon entre temps on a complété, on est encore en deuxième atelier de production de soupes et tartinables donc là on on est dans du pasteurisé, mais on fait aussi un petit peu de lactofermentation, des moutardes, des choux de roue, des kimchi, voilà.
Et donc on a lancé ça en juin 2022. Thierry Mac Latte Moi j'ai été, quand tu m'as invité, donc c'était en septembre je crois 2022, j'ai été bluffé par ton esthèse, je me suis dit, ce sont des grands malades.
Non mais il faut le dire, quand tu te lances dans un projet, tu te lances vraiment, Non, tu ne fais pas ça, tu ne bricoles pas ça avec ton extracteur Oméga dans un coin.
Il y a la qualité des sols qui donne la qualité des légumes, ça c'est très important, mais vous avez énormément travaillé aussi la qualité des jus. Le procédé d'extraction déjà, moi il me paraît important, il faut vraiment expliquer le procédé d'extraction parce que vous avez un procédé d'extraction qui pour moi est le plus abouti, pas accessible à l'échelle individuelle pour la plupart des gens, mais par contre quand on produit à grande échelle on peut avoir ces moyens,
Et puis surtout, vous avez beaucoup travaillé sur les assemblages des jus. Et ça, je voudrais que tu m'en parles parce que tu m'as appris beaucoup de choses. Moi qui croyais être le pape du jus, j'en ai beaucoup appris encore avec toi.
Oui, alors pour reprendre les éléments les uns après les autres, donc l'extraction, ça se fait à froid bien sûr, donc avec un broyeur qui va casser la fibre. Parce qu'un légume c'est quoi ?
C'est une bouteille en quelque sorte avec un contenant qui va contenir du jus. Et une carotte, c'est ça en fait, ça permet de déplacer dans le temps et l'espace le contenu nutritif qui est dans le jus. C'est des fibres qui contiennent du jus ?
Voilà, effectivement. Et au lieu d'avoir une bouteille en verre, on a des fibres, voilà. Et donc il faut casser ces fibres pour pouvoir extraire le jus. Donc le broyeur va casser les fibres et ensuite la presse, la presse à bandes, va presser la matière.
Donc on arrive à une matière type quinoa avec une carotte. La carotte donne du quinoa et les autres légumes donnent de la compote. et donc ça permet effectivement d'une extraction qui est entre 60 et 70 %.
Thierry Samitier Et tu me rappelais en me parlant de ça, le premier grand extracteur historique, il y a quelqu'un qui est une référence dans le jus qui s'appelle Norman Walker aux Etats-Unis, et il avait créé un extracteur qui s'appelait le Norwalk, et le Norwalk c'est exactement ce principe, c'est-à-dire c'est un triturateur qui broie la matière, et ensuite une presse dans laquelle on met des sacs, et cette presse a une qualité d'extraction et surtout il n'y a aucun échauffement du jus,
Donc au niveau qualitatif, le Norwalk reste un peu le graal des extractoires de jus. Or très gros, très compliqué à utiliser à l'échelle individuelle, donc il y a peu de gens qui l'ont cet extracteur, mais là c'est le même principe en encore plus optimisé parce que vous avez une bande, c'est-à-dire que vous n'avez pas obligé de faire des petits sacs, ça presse en continu.
A. C'est ça, c'est en continu, donc ça nous donne un débit qui est quand même très intéressant, on fait du 50 litres à l'heure. T. Oui, 50 litres à l'heure c'est énorme.
A. Ça commence à parler, oui. T. C'est énorme. A. Et encore pour la carotte, pour la pomme ça peut aller plus vite. D'accord, donc vous avez l'extraction, mais alors comment vous avez élaboré, comment on arrive, parce que là j'ai amené un bible quand même pour le montrer, je le dis ouvertement, j'ai invité Bernard parce que je suis fan aussi, tu sais que je rentre dans la même catégorie que toi, toi tu disais moi j'étais maraîcher,
et malgré tout je n'avais pas plein de légumes et je ne me faisais pas de jus. Moi je suis quand même connu pour ma promotion, j'apprécie énormément les jus de légumes, mais paradoxalement je me suis rendu compte que ces dernières années j'en consomme pas si souvent que ça parce que la charge de travail tout autour fait que...
alors j'en fais des fois pour mes proches mais je ne prends même pas le temps d'en faire pour moi. Et je l'avoue, depuis que tu m'as envoyé les bibes, je suis fan d'ailleurs, je t'ai dit, je veux m'abonner parce que pour moi c'est un moyen extraordinaire tous les matins d'avoir mon verre de jus quoi, directement, de haute qualité.
Et j'ai amené celui comme moi qui est mon petit chouchou, le carotte, betterave, pomme, citron, gingembre, mais tu as aussi un carotte, orange, citron, et tu as un céleri, épinard, pomme, citron qui est le jus vert.
Donc tu as un jus rouge, un jus orange et un jus vert. A.C.C. C'est ça, oui, effectivement. Donc ça c'est sur une grosse partie, l'essentiel de l'année je dirais, et puis la partie été à partir de juin, le jus vert est plus sur le concombre, concombre fenouil, épinard.
Les recettes, comme on a établi les recettes, on est donc parti de Norman Walker que tu as cité, qui est un peu le pape du jus de légumes, qui a créé un institut du jus de légumes aux Etats-Unis, il a étudié en long et en large en travers pendant toute sa vie d'ailleurs, il est mort à 99 ans en bonne santé, ce qui est quand même un signe.
D'ailleurs comme Preuss aussi, l'autrichien qui lui aussi a beaucoup étudié le jus de légumes, ils ont en commun d'être de la même génération, fin du 19ème, ils ont ils ont beaucoup bossé dans leur jeunesse, ils sont tombés malades dans la vingtaine et ils se sont rétablis les deux grâce au jus de légumes.
Voilà, on a eu tes prédécesseurs. Non, je suis un tout petit à côté. Et voilà, donc on a potassé Norman Walker avec, entre ce qu'il dit, il y a une petite édition française qui était faite d'un bout de ses œuvres, des jus des légumes frais, et dans laquelle il donne en fait les tables d'analyse, toutes les analyses qu'il a faites sur les légumes, les fruits, donc l'analyse sur les vitamines, les minéraux. Et en fait, à partir de ça, on a essayé de discriminer quels étaient
vraiment les légumes les plus intéressants avec lesquels on pouvait travailler, qui donnaient les meilleurs résultats et les combinaisons que lui préconisait. D'accord. Voilà. Donc ensuite, il y a eu toute la question de la stabilisation de la durée de vie du jus, parce que si on veut commercialiser, il faut quand même avoir plusieurs semaines de durée de vie.
Thierry Leccet. Oui, c'est ça qui est extraordinaire, vos jus ne sont pas pasteurisés, bien sûr, évidemment, ce serait incohérent total, donc ils ne sont pas chauffés à aucun moment, et ils ont une DLUO de 3 semaines.
Alexandre Coulon. Alors, on est entre 2 et 4 semaines. Thierry Leccet. 2 et 4 semaines. Alexandre Coulon. Voilà, suivant les recettes. En fait, le jus betterave est le plus court, on n'a que 2 semaines parce qu'il contient du sucre naturel, la betterave, et donc il y a la fermentation qui commence dès la fin de la deuxième semaine, il y a un début de fermentation.
Thierry Leccet. Moi j'en ai conservé 3 semaines au frigo sans aucune difficulté, je te le dis. Bon, c'est bien que tu prennes une marge de sécurité, et après de toute façon moi une fois j'en ai conservé plus de 5 semaines, il y avait un léger pétillement qui s'était mis en place, ce n'était pas désagréable, ça se boit très bien aussi.
Alors effectivement, la durée va être dépendante d'un certain nombre de facteurs, donc il y a l'oxydation, comment faire pour que ça ne s'oxyde pas ? Il ne faut pas qu'il y ait d'air, et c'est la raison pour laquelle j'ai abandonné la bouteille.
Parce que la bouteille, l'oxydation se fait dès le départ, parce que remplir complètement ce n'est pas évident déjà, et puis dès que tu ouvres, de toute façon l'oxydation est très rapide, au bout de 2-3 jours...
Thierry Samitier-Richard. Oui, alors que là avec ce système-là en fait les jus ne s'oxydent jamais. Voilà c'est ça, donc là on arrive à remplir jusqu'au goulet, donc ils sont remplis à l'envers, et puis on fait en sorte, on pousse l'air dehors pour que le produit arrive jusqu'au goulet, à ce moment-là la machine met la vin dessus.
Donc on commence, en fait on presse le lundi parce que ça permet d'envoyer dès le lundi, d'avoir le temps suffisant pour le client de les recevoir. — Le lundi, les dépôts chez Colissimo le lundi, c'est le jour où la pause est la plus efficace.
— D'accord. — C'est ce qu'on a constaté, ça arrive mercredi, même à l'autre bout de la France. — Oui, d'ailleurs, tu as un package qui est très intéressant, avec un isolant en fibre de...
c'est en fibre de bois, non ? Qu'est-ce que c'est ? — Oui, c'est ça, oui, effectivement, c'est du papier carton. — C'est du papier carton, mais c'est superbe comme emballage, et puis alors ça les protège, enfin moi j'ai des colis qui ont été visiblement malmenés de l'extérieur, et jamais les bibes n'ont été endommagées.
Olivier Roland Effectivement, et ils arrivent dans de bonnes conditions thermiques. C'était le grand challenge, c'était de trouver un packaging qui permette de préserver le froid. Donc, on presse le lundi matin, ils sont mis en bibe dès qu'ils sont sortis de presse, moi je fais les compositions, et c'est mis en bibe.
À 13 heures, les jus sont en bibe. Donc, il n'y a pas de durée d'oxydation possible parce que ça se fait assez rapidement, et on fait, c'est mis en chambre froide, ensuite après repas on fait les colis, et ça naît à 16 heures au centre Colissimo, de telle sorte que ça ne traîne nulle part et que la chaîne du froid jusque-là soit vraiment bien respectée.
Les emballages ont été dans le froid au préalable. Thierry Lecce Les cartons aussi ? Olivier Roland Les cartons aussi, on met tout au froid, et pour que ça parte vraiment dans les conditions optimales. Et si Colissimo respecte son délai de 48 heures, ça arrive dans de bonnes conditions, Donc là, actuellement, on a des clients du côté de Nice, en Alsace, ici aussi.
Thierry Samitier Et dans les piquets, il n'y en a pas. Olivier Roland Et ça, c'est vraiment à l'autre bout de la France. Thierry Samitier Et ça marche très bien. Olivier Roland Et ça marche bien.
Thierry Samitier Il n'y a jamais eu d'impair. Olivier Roland Effectivement, alors on va voir. L'été, ça va être un peu plus compliqué, je pense que l'été, on lèvera le pied sur les envois si on arrive dans des conditions un peu trop chaudes où le produit risque de souffrir.
Mais jusqu'au mois de juin, on a fait les tests, jusqu'au mois de juin, ça tient la route. Thierry Lecce Alors, tu parlais de la composition, tu parlais de l'oxydation, du goût aussi j'imagine, ça vous a guidé aussi certainement.
Alain Ducoste Alors, effectivement, l'aspect organoleptique est très important, parce que... Thierry Lecce Parce que le goût est très équilibré, tu vois, moi je m'attendais à avoir quelque chose... comme je sais que pour la conservation on met du citron, parce que c'est quand même un antioxydant majeur, je craignais d'avoir quelque chose qui soit emporté par le goût du citron, alors que ce n'est pas du tout le cas.
Au niveau gustatif c'est super, ça marche très bien. Thierry Samitier Quand tu fais un jus chez toi, tu prends ce que tu as sous la main, tu le bois et ça arrache. Thierry Samitier C'est du vécu !
Thierry Samitier Tu te dis bon allez on y va, c'est mon jus, c'est moi qui l'ai fait, ce n'est pas grave. Mais quand tu mets 11 euros sur la table pour un litre de jus de légumes, tu t'attends quand même à ce que ce soit un peu plus équilibré, plus relevé etc.
Donc effectivement, l'aspect organoélectrique, on a essayé de le travailler pour qu'il y ait un côté plaisir en plus du côté santé. Et d'ailleurs, le plus abordable, c'est le jus de carottes. Carottes orange-citron, c'est une recette assez universelle, assez connue, et qui passe bien pour les gens qui sont moins habitués aux légumes.
On les encourage en général à commencer avec cette recette-là, étant la plus abordable au niveau du palais. Après oui, la conservation se fait grâce aux antioxydants. alors le citron, on le presse toujours avec du gingembre et du curcuma. Thierry Lecce En toutes tes recettes, il y a gingembre et curcuma.
Olivier Roland Voilà, effectivement. Thierry Lecce Tu as regardé les vidéos du gourou, toi, un petit peu. Olivier Roland Après, il faut trouver l'équilibre, voilà. Et donc oui, l'oxydation, les antioxydants, En fait voilà donc c'est cette accumulation de facteurs, ah oui la stabilisation par en comment dire en regardant de près le ph c'est très important parce qu'au départ on allait travailler avec une entreprise qui
fait de l'assistance à l'agroalimentaire et avec comme mission c'était de nous aider à trouver des solutions pour augmenter la durée de vie d'un jus cru. Alors bon, ils n'ont pas été très imaginatifs, ce n'est pas dans leurs habitudes ce genre de demande, mais ils nous ont quand même aidé un petit peu, la fille qui travaillait au labo était quand même intéressante, on eut un échange très intéressant, donc elle était très claire sur le fait que si on veut arriver à un minimum de stabilité, il faut baisser le pH en dessous de 4.3.
D'accord. Voilà, et ensuite elle a été très claire aussi sur l'importance des antioxydants, donc du citron, et voilà, ça a été un petit peu le point clé qui nous permet à nous de savoir si ce jus va être stable ou pas.
D'accord. C'est vraiment la mesure du pH. La mesure du pH, d'accord. Donc, ça on le fait assez systématiquement, bon maintenant on a pas mal l'habitude des proportions, donc on le fait un petit peu moins, moi je fais de temps en temps pour vérifier, mais en respectant les proportions des différents composants, on arrive toujours à ce stade-là.
Thierry Marchefort Et alors hier, tu me partageais quelque chose qui m'a beaucoup surpris et beaucoup intéressé, c'est les travaux qui ont été faits par ce chercheur dont j'ai mangé le nom, mais tu sauras nous l'appeler, par rapport aux combinaisons de légumes et l'absorption spécifique des nutriments en fonction des combinaisons.
Olivier Roland C'est ça, oui. Donc c'est le docteur Mohamed Benhamed, d'origine algérienne, mais qui a passé l'essentiel de sa vie en France et qui a été chercheur l'INSERM. Donc on a échangé avec lui au début quand on faisait les recettes et sa première question ça m'a vraiment marqué, elle a été de me demander combien as-tu d'ingrédients dans tes jus.
Et donc j'ai dit ben voilà on est minimum 3 à 5 et il m'a dit ah c'est bien ok c'est c'est une bonne base. Et donc là il m'a expliqué que le problème de la bioassimilation des micronutriments se situait au niveau de la barrière intestinale. Alors j'ajoute juste que ce médecin chercheur, en fait une de ses thèses de recherche à l'INSERM a été la bioassimilation des micronutriments.
Thierry Macron D'accord, oui, donc c'est vraiment 100 domaines de prédilection. Olivier Roland Donc il a étudié ça pendant plusieurs années, il a fait des tests, pas mal de tests dans ce domaine-là, et qui donc l'ont conduit à constater que le problème c'est la barrière intestinale, et que les micro-nutriments, un micro-nutriment, une vitamine ou un minéral isolé n'arrivera pas à passer la barrière intestinale, il faut toujours que ce soit un package de différents minéraux, de différentes
vitamines et ils vont s'épauler pour passer. Thierry Marcet. Une synergie. Alain Roussel. Voilà. Thierry Marcet. Et un totome donc quelque part. Alain Roussel. Effectivement. Thierry Marcet. Alors tu me disais qu'il n'était pas vraiment fanat des compléments alimentaires relativement isolés parce que pour lui c'est de la M.E.R.D.E.
A.B. – Voilà, c'est ça, il était très clair sur le sujet, moi je n'en ai pas parlé, mais c'est de lui-même qui m'a dit écoute, les compétences alimentaires c'est de la M.E.R.D.E. tu peux les oublier, ça ne sert à rien.
T.K. – D'accord, parce que trop isolé, parce qu'il n'y a pas ces synergies qui permettent l'assimilation. A.B. – Effectivement, et donc les deux raisons c'était trop isolé et puis que le corps ne les reconnaît pas parce que ce n'est pas du vivant.
Donc il m'a dit tes jus de légumes c'est exactement ça, Et il le dit déjà, pour moi c'est le complément alimentaire par excellence. T. Bien, je suis heureux de l'entendre. Et donc, paradoxalement, quelque part, plus il y a de combinaisons, mieux ce serait.
A. C'est ça, exactement. T. Ce qui est paradoxal, là tu vois, pour le coup, parce que moi j'avais tendance, bon alors, après moi c'était pour des questions de goût et d'aspect, j'avais tendance à dire, vous mettez 2-3 ingrédients, pas plus, finalement si on peut en mettre 4-5 sans perdre, sans avoir un truc caca d'oie immonde et imbuvable, ce n'est pas plus mal.
A.C.L. Effectivement, à propos de ta dernière expression, donc l'aspect joue quand même, la couleur du jus est quand même déterminante aussi par rapport à la réception de l'organisme.
Donc si tu as une couleur un petit peu... T.C.C. Caca d'oie, dès que tu commences à mélanger du vert et du orange, c'est du caca d'oie, ça tombe caca d'oie et c'est foutu.
A.C.L. Et en fait, tu bois avec une certaine répulsion et en fait l'assimilation ne va pas être la même que quand tu es ouvert entièrement. Donc on a des couleurs qui sont naturellement en fait un jus carotte-orange-citron, c'est flashy quoi, c'est une couleur orange.
Thierry Marceau Pour les couleurs, elles sont fermes, voilà on va dire, elles sont claires et fermées, voilà. Olivier Roland Effectivement, et je pense que c'est bien aussi pour la réception du jus, pour la biosimilation.
Thierry Marceau D'accord, donc vous êtes parti d'un sol, un sol vivant qui se suffit à lui-même on va dire d'une certaine manière pour faire pousser des légumes le plus nutritionnel possible. Ces légumes, vous les transformez à froid dans d'excellentes conditions avec des combinaisons de légumes inspirées de Normal Walker, inspirées aussi des contraintes que vous avez au niveau conservation, et inspirées des travaux de ce chercheur pour avoir des combinaisons qui rendent les jus les plus assimilables possibles.
Et au final, ça donne ça. Ça, c'est quand même une sacrée réussite. Je crois que c'est assez unique en France quand même comme processus. En tout cas, sur maraîchage et en sol vivant, il n'y a personne.
Et je trouve que c'est important, parce qu'il y a quelques personnes qui vendent des jus à distance, mais nulle part on a de traçabilité par rapport à la qualité des légumes. Thierry Lecce C'est ça, l'origine des légumes en fait c'est toujours sélectionné avec soin.
Bon, ok, ça ne veut rien dire, c'est du marketing quoi. Thierry Lecce Approuvé par ma grand-mère. Thierry Lecce Donc, malheureusement, je dis malheureusement, on est la seule ferme en France à faire des jus de légumes.
Après, il y a eu différents transformateurs qui s'étaient lancés là-dedans, et malheureusement, le produit n'étant pas suffisamment connu, n'ayant pas assez de public, ils n'ont pas duré.
Aujourd'hui, je sais qu'il y a encore un industriel qui en fait, mais encore, ce sont des jus qui sont pasteurisés par haute pression. Thierry Lecce Ah oui, c'est la filtration à haute pression à froid qui détruit, qui casse les molécules d'eau, donc il y a quand même une altération qui est faite.
parce que quand tu mets 600 barres sur un produit... Thierry Samitier. Non, ce n'est pas anodin, ce n'est pas anodin. Ce n'est pas chauffé, mais mine de rien c'est altéré.
Et donc en fait en cru, avec zéro pasteurisation, malheureusement je n'en connais pas. J'aimerais bien qu'il y en ait plus, qu'il y en ait d'autres. Thierry Samitier. Parce que c'est un modèle que je trouve extrêmement vertueux pour valoriser les produits d'une ferme.
Olivier Roland. Oui, et puis pour faire connaître le produit, pour faire connaître le jus de légumes, si les gens le trouvaient plus facilement en fait, ils en consommeraient davantage, mais c'est la rareté qui fait que ce n'est pas assez consommé.
Thierry Lecce Pour l'instant le réseau de distribution c'est directement en commande, vous avez un site internet, on peut commander directement sur le site internet, il n'y a pas de distributeur pour l'instant ? Alexandre Non, pas de distributeur.
En fait, on a essayé de travailler avec des biocops, avec des épiceries, mais le problème est toujours le même, c'est la méconnaissance du public de ce produit qui fait qu'il passe devant sans se rendre compte de ce que c'est.
Tant qu'il n'y a pas de mise en avant, il n'y a pas assez d'intérêts qui sont suscités. Ce qui fait que même moi j'ai eu l'affaire de l'un ou l'autre gérant de Biocop qui était très intéressé par ce produit, j'ai fait des animations chez eux, alors ça dure 2-3 semaines et puis après ça retombe malheureusement.
Donc on les vend en direct. L'intérêt c'est que le client reçoit un jus qui est quand même relativement frais, Jérôme, et après c'est le lundi, le reçois le mercredi... Thierry Leccet. Je peux dire qu'au niveau du goût, j'en ai bu des jus dans ma vie, donc je sais déterminer quand un jus commence à s'altérer ou pas, et j'y suis impressionné parce que même souvent une semaine après l'avoir reçu, je le conserve au frais au réfrigérateur, je commence à taper dans le bible, et de jour en jour je ne vois pas
d'altération au niveau du goût, donc s'il n'y a pas d'altération au niveau du goût, je sais qu'il n'y a pas d'altération au niveau du jus. Le jus ne se défase pas, il reste nickel, le défasage aussi c'est très important, et au niveau de vos jus, ça ne se produit pas.
Donc là, je vois que la qualité d'extraction joue énormément. A. C'est ça, et puis dans le bible, en fait, le jus n'est pas accessible à la lumière, puisque les vitamines sont photosensibles.
T. Oui, beaucoup oui. A. Donc, elles peuvent s'altérer si le produit est exposé à la lumière. Mais bon, grâce au bible, il n'y a pas cet aspect-là, et donc il n'y a pas d'altération, parce que souvent on nous dit, et je pense que c'est un petit peu une légende urbaine, oui, mais les vitamines, les minéraux, il faut boire vite parce que ça ne dure pas longtemps.
Oui, non. Tant qu'il n'y a pas d'altération, je ne vois pas pourquoi... Oui, on ne voit pas où il pourrait partir. Voilà, ce n'est pas une baguette magique, hop, et il s'envole comme ça. Je suis content de l'entendre de ta bouche, parce que je suis en fait pas d'accord.
Il y a une sorte d'évaporation des bilirots, on ne sait pas où il part. C'est Chichi, la chenouille blanche. Oui. Après, on nous demande souvent est-ce que vous avez fait des analyses ? Alors, le problème des analyses est le suivant, c'est que vous pouvez avoir des analyses dans n'importe quel jus ou n'importe quel légume je dirais, et y avoir des résultats pas trop mauvais, mais ça ne dit rien quant à la biosémination du produit en fait.
Thierry Lecce Oui, l'analyse c'est toujours le produit brut, ce n'est pas non plus que toi tu en absentes. Olivier Roland Et je dirais même, tu peux prendre un jus pasteurisé, tu peux trouver dans les analyses les mêmes minéraux que dans un jus cru.
Pourquoi ? Parce que ce que la pasteurisation va tuer, c'est pas les minéraux directement, c'est la couche enzymatique qui catalyse le vivant, les minéraux dans le produit. Et la couche enzymatique, elle commence à souffrir à 35 degrés et elle est morte à 42 degrés.
42, 45 au plus tard et les Les minéraux restent dedans, mais ils ne sont pas assimilables, voilà. Thierry Leccet. En fait, ce n'est pas des minéraux dans le jus que tu veux, c'est des minéraux à l'intérieur de toi, et ça on l'oublie un peu trop.
Olivier Roland. Voilà, voilà, donc c'est gentil de faire des analyses mais ça ne dit rien en fait, au final. Donc ce qui fait que voilà, pour l'instant on ne s'est pas excité là-dessus, ce qu'il faudrait pouvoir réaliser, le projet qu'on a avec le docteur Mohamed Benhamed, c'est de faire des analyses de bioassimilation des jus.
Ça serait magnifique, si vous arrivez à le faire, ça pourrait donner une légitimité encore supérieure. Je pense que pour les gens qui regardent ces vidéos, la légitimité des jus, de la pratique des jus au quotidien, c'est quand même quelque chose de tester et d'assimiler. Et comme tu le disais, c'est un produit qui est peu connu, et je l'avoue honnêtement, moi si je fais cette vidéo aussi, c'est parce que j'ai envie que ça dure, parce que comme je suis consommateur,
je n'ai pas envie qu'ils mettent la clé sous la porte. Voilà, donc l'idée c'était vraiment de présenter ce produit, je renvoie les gens vers ton site internet pour découvrir un peu plus sur le produit, sur la ferme.
Je peux le dire, pour y avoir été invité aussi, c'est un projet que vous soutenez finalement en consommant ces légumes, c'est une filière courte, c'est un agriculteur très investi dans son environnement, très investi dans le maraîchage en sol vivant, donc c'est vraiment un projet pilote d'une certaine manière, Et comme tu le dis, je suis complètement d'accord avec toi, c'est un projet qui est symbolique pour moi, c'est-à-dire que sa réussite pourrait être vraiment inspirante pour qu'il y en
ait des tas d'autres qui se lancent là-dedans pour la valorisation de légumes de très haute qualité. Et là pour moi on réunit tout, la bioassimilation, la qualité des légumes, la qualité des sols, c'est-à-dire qu'on enrichit les sols, donc on recrée du sol là où il n'y en a plus, on produit des légumes de qualité, on permet aux gens de les assimiler, de transformer leur santé.
Pour moi c'est une filière qui est juste ultra vertueuse. C'est ça, une logique de bout en bout effectivement. Thierry Samitier Voilà, c'est pour ça que je suis content que tu sois là. On va illustrer cette vidéo Bernard avec des images que tu auras tournées un petit peu dans les champs ou auprès de l'extracteur de jus, comme ça, ça va donner aux gens une idée de ce que tu fais, et je les renvoie vraiment vers le site internet des Jardins du CEP puisque c'est le nom de votre ferme avec Chirac.
Bernard Collier C'est ça, les Jardins du CEP effectivement, donc le site c'est santédansvotreassiette.fr Thierry Samitier Oui, je mettrai tous les liens en dessous de la vidéo, et voilà, je te remercie vraiment d'avoir fait le chemin jusqu'ici.
Alors, juste un dernier petit mot concernant le prix, voilà. Voilà, parlons-en, c'est quand même un sujet, ce n'est pas anodin. En fait, dans le cas des charges au départ, on voulait rendre les jus abordables.
Voilà, moi je ne veux pas travailler que pour les gens qui ont des sous, je veux que ce produit-là puisse être accessible au plus grand nombre. Après, je sais bien qu'il y a un prix en dessous duquel on ne peut pas aller.
Alors, pour donner une idée, une comparaison, quand on a établi le prix à l'époque, les concurrents ou collègues, enfin peu importe comment on les appelle, ceux qui produisaient des jus crus, ils étaient entre 16 et 24 euros le litre suivant les recettes et les contenants rapportés au litre.
Nous, on a établi notre premier prix à 11 euros le litre. D'accord, avec des légumes de très haute qualité. Voilà, effectivement. Aujourd'hui on est à 12. D'accord. Voilà, en 4 ans il y a eu quand même de l'inflation.
Et très honnêtement à 12 euros le litre, on ne gagne pas grand-chose. Pour moi ça reste un produit santé qu'il faut diffuser, si j'augmente encore le prix ça ne le fera pas. Donc on reste à un prix qui est vraiment raisonnable par rapport aux charges qu'on a.
Il faut quand même savoir que faire un litre de jus de carottes, il faut deux et demi, voire parfois trois, en suivant les lots de carottes, mais il faut deux et demi kilos de carottes pour faire un litre de jus.
Thierry Macron On parle de kilos de carottes qui à l'achat sur des légumes de cette qualité sont à quel prix ? Ils sont autour de 3 euros ? Olivier Roland 3 euros, c'est ça. Thierry Macron C'est ça, j'allais dire. Donc tu as presque 9 euros de matière. Olivier Roland Oui, effectivement. Thierry Macron Tu as presque 9 euros de matière.
Donc après tu le vends 12 euros, enfin franchement oui, je vois que la marge est extrêmement faible. Et moi ce que je voulais dire aussi c'est qu'effectivement, bon, c'est un coup, c'est un investissement, c'est certain, par contre, plus tu vas aller vers des jus qui sont produits à partir de légumes nutritionnellement riches, moins tu as besoin de t'en avaler des litres pour que ça soit actif dans ton corps.
C'est-à-dire que si tu pars de carottes dégueulasses poussées dans des mauvaises conditions, effectivement avec un litre de jus tu auras finalement un apport micronutritionnel qui sera relativement faible ou modeste, alors qu'avec un verre de jus concentré comme celui-là, mais tu vas avoir un apport micronutritionnel, un apport phytonutriments, enfin voilà tout ce qu'on va pouvoir trouver dans les carottes et les légumes qui est conséquent.
Donc en fait c'est du qualitatif et pas obligatoirement du quantitatif. A.C.L. C'est ça, il faut bien voir cet aspect, je pense que c'est très important, tu fais bien le relevé, parce que le prix c'est une chose mais il faut voir ce qui est en face en fait.
T.S.L. Oui c'est ça, ce n'est pas tant le prix, c'est ce que tu obtiens pour ce prix-là, c'est ça la question en fait. Thierry Samitier "- Oui, exactement. Donc voilà, nous on est bien déterminé à continuer, même si pour l'instant c'est une production qui est relativement modeste, on fait une centaine de litres toutes les deux semaines. Thierry Samitier "- Oui, mais tu m'as dit que tu pouvais augmenter ta capacité. Thierry Samitier "- Oui,
effectivement. Mais voilà, moi j'adore ce produit et je suis vraiment déterminé à le continuer, à développer cette filière autant que possible. Thierry Samitier "- Et bien j'adore ce produit, et je suis vraiment déterminé à faire en sorte que tu puisses continuer à le développer.
Thierry Samitier "- Merci beaucoup Thierry. Autant, j'ai des extracteurs de jus à la maison, j'en fais très volontiers des jus, mais je me suis rendu compte que c'était un plus. Je continue à en faire à la maison, mais en plus j'ai vu qu'on peut très bien fonctionner sur deux modes, c'est-à-dire que j'ai l'extracteur de jus à la maison, mais il y a des matins ou des moments de la journée, je n'ai pas envie de salir l'extracteur, de devoir le nettoyer et ainsi de suite, et là je me dis, je me prends un verre de jus,
j'ouvre le frigo, je me fais mon verre de jus, et c'est parti, je repars dans mes activités, et j'avoue que c'est extrêmement confortable pour augmenter l'apport micronutritionnel.
Tu vois, je suis dans une période là actuellement où je cours beaucoup, et l'apport micronutritionnel après des entraînements pour moi est vraiment primordial, et voilà, pour moi c'est vraiment un joker extraordinaire, donc voilà, pour les gens qui n'ont pas le temps, pour les gens qui ont le temps de temps en temps mais qui n'ont pas le temps tout le temps, je trouve que c'est vraiment une option qualitative vraiment remarquable.
Donc c'est pour ça que je suis vraiment très content de te recevoir et de pouvoir parler de votre initiative, de votre projet, de cette réalisation. et je vous remercie vraiment pour l'investissement parce que je sais que vous vous affrontez aussi des difficultés, donc vous avez la foi et la motivation pour le poursuivre.
Thierry Zanotti. Merci Thierry. Thierry Zanotti. Merci Bernard.
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