Comment en sommes nous arrivés là et comment en sortir - Épisode 2 - Éric Ancelet et Thierry Casasnovas - « Apparition (tardive ?) et évolution (chaotique) de l'humain »
Ce deuxième épisode de la série en douze parties s’attaque à une question de fond : comment un animal biologiquement médiocre, sans griffes ni vitesse ni cuirasse, a-t-il pu coloniser l’ensemble des biomes terrestres et devenir l’espèce la plus invasive de la planète ? Éric Ancelet et Thierry Casasnovas posent d’emblée le cadre : l’humain de départ est un chasseur-cueilleur terrorisé, pas un conquérant, et c’est précisément cette terreur originelle qui expliquerait une grande partie de ses dérives ultérieures.
La discussion explore la néoténie humaine, c’est-à-dire le fait que notre espèce conserve des caractères juvéniles à l’âge adulte, aussi bien morphologiques que comportementaux. Éric Ancelet y ajoute le concept d’hypertélie cérébrale, une hypothèse selon laquelle le cerveau humain aurait dépassé un seuil fonctionnel utile, générant des comportements d’accumulation, de domination et de destruction que l’on ne retrouve pas chez les peuples non-accumulatifs. Ces populations, souvent qualifiées de « primitives », apparaissent ici sous un angle radicalement différent.
Les deux interlocuteurs s’appuient sur plusieurs références : la phrase d’Edgar Morin sur l’homo sapiens dément, la critique de Hobbes et de son postulat d’une nature humaine fondamentalement violente, ou encore la thèse journalistique selon laquelle l’humanité collective présenterait les traits cliniques d’un comportement psychopathe. Ces lectures sont discutées sans être adoptées telles quelles, ce qui donne à l’épisode une texture de débat plutôt que de cours magistral.
L’épisode se termine sur une note moins sombre : si l’humain est une espèce néoténique qui se reproduit à l’état larvaire, selon la formule d’Éric Ancelet, alors l’âge adulte de l’espèce reste peut-être devant nous. Sri Aurobindo et Teilhard de Chardin sont cités à ce sujet, et la question d’une évolution spirituelle encore à venir est posée comme hypothèse de travail pour la suite de la série.
📑 Au programme de la vidéo
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0:00Rappel de la série et bilan de civilisationThierry et Éric replacent cet épisode dans la série de douze, et dressent un constat sur l’état de la civilisation occidentale, de la consommation aux esclaves énergétiques.
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7:32La grande accélération et la dégénérescence des valeursLes deux interlocuteurs élargissent le bilan au-delà de l’environnement : psychotropes, mal-être généralisé, et une civilisation qui se détruit de l’intérieur.
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15:02L’humain, animal terrorisé parmi les microbesÉric Ancelet revient sur le rôle fondateur des microbes dans le vivant et introduit l’idée que l’humain de base est un animal vulnérable, bien plus que le super-prédateur du récit dominant.
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22:32Omnivore, charognard, ni herbivore ni carnivoreDiscussion sur la réalité anatomique et comportementale de l’alimentation humaine, entre mythes végétariens et réalité d’une évolution opportuniste et chaotique.
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30:02La terreur comme moteur de la prédationÉric et Thierry posent l’hypothèse que c’est la peur, et non une nature agressive innée, qui a transformé un chasseur-cueilleur vulnérable en prédateur dominant.
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37:34La peur du noir et la mémoire ontologiqueÀ partir d’une expérience personnelle autour d’un feu de camp, Éric explore comment la peur ancestrale de l’obscurité reste inscrite dans les comportements contemporains.
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45:04Néoténie et hypothèse d’une espèce inaboutieÉric Ancelet explique le concept de néoténie appliqué à l’humain et ouvre sur l’idée que notre espèce serait encore à un stade larvaire, avec des étapes spirituelles devant elle.
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1:00:05Migration hors d’Afrique et besoin de mouvementRetour sur la dispersion de l’humain à travers les continents et sur ce que la sédentarisation, abordée dans le prochain épisode, pourrait avoir cassé dans notre biologie.
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1:07:35L’homo sapiens dément selon Edgar MorinLecture et discussion d’un extrait d’Edgar Morin qui décrit l’humain comme un être irrationnel, mythomane et désordonné, et qui voit dans cette démesure la source de son succès paradoxal.
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1:22:38L’humanité collective est-elle psychopathe ?Éric présente la thèse selon laquelle l’humanité, capable d’empathie individuelle, présente collectivement les traits cliniques du psychopathe : ego surdimensionné, absence d’empathie, destructivité.
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