Retour aux contenus
Vidéos publiques

Comment en sommes nous arrivés là et comment en sortir - Épisode 5 - Éric Ancelet / Thierry Casasnovas. Le 19 ème siècle Pasteur & Béchamp

Author Photo
L'équipe RGNR
2.0K vues • Publiée le 19/04/2024

Cet épisode 5 s’inscrit dans la continuité des précédents en resserrant la focale sur le XIXe siècle, période charnière où les révolutions industrielles, le colonialisme et l’esclavage forment le contexte dans lequel deux visions du monde microbien vont s’affronter. Éric Ancelet rappelle des chiffres précis : près de 12 millions d’esclaves déportés entre 1650 et 1866, des famines coloniales qui ont tué des millions d’Indiens entre 1876 et 1879, autant de réalités que le récit du « progrès » et des Lumières tend à effacer.

La discussion place face à face Louis Pasteur et Antoine Béchamp, dont les travaux sur les microzymes constituent une alternative radicale à la théorie des germes. Béchamp postulait que des unités fondamentales du vivant, les microzymes, sont capables de s’auto-organiser et de se transformer selon l’état du terrain biologique, là où Pasteur défendait la stérilité du milieu intérieur et la responsabilité première du microbe pathogène. Thierry et Éric soulignent que ce dogme pasteurien reste dominant malgré ses contradictions internes, notamment face aux découvertes sur le microbiote.

Les deux interlocuteurs examinent les implications concrètes de ce choix paradigmatique : si 70 % des maladies actuelles ne sont pas d’origine microbienne, la question de leurs causes réelles, modes de vie, conflits psycho-émotionnels, déséquilibres du terrain, reste largement sans réponse dans le cadre pasteurien. La corrélation entre prise massive d’antibiotiques, destruction du microbiote et troubles du comportement, évoquée à travers les travaux de Luc Montagnier sur l’autisme, illustre les limites de ce modèle.

La fin de l’épisode s’ouvre sur des pistes plus spéculatives autour des microzymes de Béchamp, de leur possible parenté avec les exosomes, les somatides de Gaston Naessens ou les ribosomes, et sur la question de ce qui constitue la base fondamentale du vivant. Éric Ancelet évoque aussi la notion de disruption technologique théorisée par Bernard Stiegler et la « honte prométhéenne » de Günther Anders, pour interroger la trajectoire d’une civilisation qui accélère sans plan B visible.


📑 Au programme de la vidéo

39 commentaires