Autisme : la victoire de l'amour - Son-Rise Program
Malika a rencontré Thierry lors d’un stage, accompagnée de sa fille Jeanne, aujourd’hui adulte de 43 ans. Dans cet entretien, elle revient sur les premières années : une enfant différente, des crises incomprises, des psychiatres qui parlaient d’internement, et une époque où le mot autisme n’existait quasiment pas dans le vocabulaire médical courant. Le diagnostic n’est jamais venu clairement, et Malika a avancé seule, de bric et de broc, pendant plus de quinze ans.
Le tournant arrive avec la découverte du livre Miracle de l’amour et du Son-Rise Program, méthode développée aux États-Unis par Barry et Samahria Kaufman après avoir accompagné leur propre fils autiste, Ron, qui en est aujourd’hui l’un des principaux enseignants. La méthode repose sur un principe central : rejoindre l’enfant dans son monde plutôt que de l’en extraire de force, en travaillant d’abord sur la posture et l’état intérieur des parents et de l’entourage.
Malika et trois autres mères ont fondé l’association Optim Autisme pour rendre cette approche accessible en France, où les formations n’existaient jusqu’ici qu’aux États-Unis, à des tarifs élevés. Ron Kaufman a effectué une tournée en France, à Paris, Montpellier et Nantes, et la demande s’est révélée très forte. L’objectif est de permettre aux familles d’acquérir les outils nécessaires pour travailler à la maison, avec la fratrie et l’entourage proche, sans dépendre uniquement de professionnels extérieurs.
L’entretien aborde aussi la question de la culpabilité parentale, très présente dans l’approche psychanalytique dominante en France, et la manière dont le Son-Rise Program propose au contraire de travailler sur soi pour ne pas « sauter dans le puits » avec l’enfant en crise. Thierry et Malika discutent également du rôle révélateur que jouent les personnes autistes vis-à-vis de leur environnement, et de ce que cela dit, plus largement, de la façon dont la société accueille la différence.
📑 Au programme de la vidéo
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0:00Présentation de Malika et de JeanneThierry revient sur sa rencontre avec Malika et sa fille Jeanne, adulte autiste de 43 ans, lors d’un stage qui l’a profondément marqué.
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3:30Les premières années sans diagnosticMalika décrit une enfance dans une bulle protégée, puis les difficultés croissantes à partir de 3 ans, dans une époque où l’autisme n’était pas nommé.
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7:02Le placard noir et le fil de confianceJeanne se réfugiait des heures dans un placard obscur, et Malika explique comment elle a tenu ce lien fragile sans jamais lâcher prise.
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10:33Psychiatres, culpabilité et crises incomprisesDes professionnels évoquent l’internement, la mère est rendue coupable, et Malika commence à observer ce qui se passe réellement pendant les crises.
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14:04La découverte du Son-Rise ProgramLa lecture du livre Miracle de l’amour et le premier voyage aux États-Unis marquent un tournant dans la compréhension de Malika et dans l’accompagnement de Jeanne.
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17:38Ron Kaufman : de l’autisme à l’enseignementMalika raconte comment les fondateurs de la méthode ont accompagné leur fils pendant plusieurs années jusqu’à ce qu’il dépasse son autisme et transmette la méthode à son tour.
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21:08Optim Autisme : rendre la méthode accessible en FranceQuatre mères fondent une association pour proposer des formations Son-Rise en France et invitent Ron Kaufman à faire une tournée dans plusieurs villes.
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24:23Travailler sur soi pour accompagner l’autreLa méthode insiste sur la posture intérieure des parents : ne pas sauter dans le puits avec l’enfant en crise, mais rester stable pour pouvoir l’aider vraiment.
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28:20L’autisme comme révélateur de l’environnementThierry et Malika discutent de la façon dont les personnes autistes signalent ce qui ne va pas dans leur entourage, à la manière d’un canari dans une mine.
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38:51Le bonheur comme choix et travail sur soiMalika revient sur ce qui lui manquait avant de découvrir la méthode : non pas l’amour, mais la technique et l’accompagnement pour transformer cet amour en actes concrets.
📎 Ressources mentionnées
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Livre : “Miracle de l’amour” (Son-Rise Program, Barry et Samahria Kaufman)
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Association Optim Autisme (formations Son-Rise en France)
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Transcription de la vidéo
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Lire la transcription
Malika, bonjour. Bonjour Thierry. Je suis ravi qu'on prenne ce temps, que tu sois venue jusqu'à moi. Je t'en remercie. On s'est rencontré Malika dans un stage, auquel tu as participé avec ta fille Jeanne.
C'est même elle qui m'a poussée à venir, parce qu'au départ je n'étais pas... D'accord. Non. Et je la remercie encore, vraiment. On va dire que j'ai été très marqué par votre rencontre. je n'ai pas été le seul d'ailleurs dans ce stage à être marqué par votre rencontre, Jeanne pour faire simple, elle a 43 ans maintenant, on a le même âge tous les deux, et Jeanne est on peut dire un adulte autiste.
Tout à fait, absolument. Et le fait qu'elle vienne à ce stage était une immense victoire, et vous m'avez parlé aussi un petit peu de ce que vous aviez vécu tous les deux, de là d'où elle venait.
C'est ça. Et qui elle était devenue là ? Parce qu'effectivement, dans ce stage, elle était présente avec nous dans un groupe quand même assez important, il y avait presque une centaine de personnes, ce n'est pas anodin.
Quand on parle d'autisme, d'habitude, on ne voit pas l'autisme avec 100 personnes, ça ne colle pas. Et donc j'ai eu vraiment à cœur que tu puisses nous parler de ton histoire parce que l'approche que tu as eue m'a vraiment bouleversé.
Quand on parle d'amour en acte, J'ai beaucoup parlé moi de l'autisme d'un point de vue physiologique, alimentaire, et ça ne nie en aucun cas cette approche-là. — Au combien ? Absolument. — Qui est primordiale, mais l'approche aussi que tu as eue, et l'approche dont tu vas nous parler aussi avec le programme Sunrise, le Sunrise programme, est tout aussi essentielle.
C'est deux essentiels qui se combinent. — Absolument. — Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu ton histoire avec Jeanne ? Écoute, oui, tout d'abord, merci. Merci d'avoir pensé à faire cette vidéo.
C'est vrai que je pense que c'est une bonne idée. Et puis, merci aussi pour ce stage. On démarre bien. Ça a été vraiment magnifique. Je ne suis pas allée d'une façon très spontanée, mais en tout cas, j'étais très heureuse d'être là.
J'ai découvert des choses magnifiques, des belles rencontres, la tienne notamment. Et c'est vrai que j'ai été vraiment très fière de Jeanne parce qu'en fait, elle voulait venir à ce stage et elle l'a fait magnifiquement. En observant, beaucoup de gens ont pu observer qu'elle s'intégrait, mais aussi en travaillant, parce qu'il y a eu des moments où elle avait besoin... C'était un peu plus difficile pour elle.
Des moments où elle avait besoin un peu... En fait, ce mot difficile, c'est intéressant parce qu'une personne autiste, à partir du moment où elle est respectée, ce n'est pas forcément difficile. D'accord. Alors, c'est son besoin de se retirer.
Voilà. Par moment, et ça a été très bien respecté par tout le groupe, et c'est ça que j'ai trouvé magnifique. Il y a eu beaucoup de bienveillance, Et c'est pour ça qu'elle est allée au bout de ce stage.
Et c'est pour ça aussi que, souviens-toi quand tout le monde s'est présenté au départ, c'est pas quelque chose qu'elle a pu faire puisque c'est moi qui l'ai fait pour elle. Par contre, à la fin du stage, toute cette bienveillance, elle a pu se lever, parler à toute l'assistance et ça s'est fait naturellement. Parce que toute la semaine, elle a été incluse, intégrée, écoutée. Elle a senti qu'elle existait en tant que personne et qu'elle était respectée en tant que
personne autiste. Et en fait, c'est déjà ça le Sunrise Programme. Pour faire un peu un retour sur image, sur histoire, en fait, quand elle est née, Jeanne, comme tous les parents, les mamans du monde, j'ai rapidement senti que ce petit bout était un peu différent.
Et puis j'avais... voilà. Mais en même temps, ça se passait pas mal en fait. et j'ai eu une deuxième petite-fille et en fait ce que j'ai constaté c'est que tant qu'on a été dans notre petite bulle il n'y avait pas de problème.
Pas beaucoup de problèmes, je sentais son regard qui fuyait, je jouais avec elle, je lui attrapais la tête comme ça en disant regarde maman, regarde maman et les choses se mettaient en place tout doucement parce que nous étions dans un environnement qui nous appartenait à nous, qui était je crois très protégée et quand elle a commencé à et puis que les interactions ont dû se mettre en place, j'ai bien senti que c'était de plus en plus compliqué. Elle était de plus en
plus paniquée, il y avait des moments où c'était vraiment très compliqué. Le mot autisme n'apparaissait pas, puisque dans les années 70, on n'en parlait pas. Je l'ai montré à des psychologues, des médecins, des psychiatres, Jusque vers ses 7-8 ans, elle est allée à l'école quand même avec beaucoup de difficultés.
Ça a été épouvantable parce qu'elle passait son temps toute seule dans un coin. Ça prenait des proportions très compliquées. La chance qu'on avait, c'est qu'on était à la campagne et que malgré tout, il y avait une espèce d'adaptation mais c'était vraiment très compliqué.
Et en fait, ce que je me suis rendu compte, c'est que quand je prenais le temps de m'adapter... De rentrer dans son temps à elle. Voilà, de rentrer dans son temps à elle, de son rythme, ça se passait mieux.
Et puis je me rendais compte aussi qu'il y a des moments où moi j'étais mal, où je paniquais, où je ne comprenais pas, où même je lui en voulais, je me disais mais elle le fait exprès, qu'est-ce qui se passe ?
Et donc, elle vivait au rythme de mes paniques. Elle avait ses propres paniques, mais elle prenait comme une éponge les miennes. Et puis ta réponse à ses propres paniques...... n'était pas adaptée. Voilà, induisait l'accélération suivante.
L'accélération suivante. Et donc, pourtant peu à peu, il y avait sa petite sœur qui au milieu de tout ça faisait comme elle pouvait. et c'était quelque chose d'assez compliqué. Ce que je me rendais compte, c'est que plus on devait sortir, plus on devait aller à l'école, c'était l'environnement qui la rendait ainsi.
Puisque chaque fois qu'on était entre nous, elle arrivait à s'apaiser. Pour me décrire les choses bien, Jeanne à cette époque-là, elle parlait, comment ça se passait ? Alors oui, à cette époque-là, la parole s'est mise en route.
Elle était souvent moins parlante peut-être à l'extérieur, mais elle parlait avec sa sœur, avec moi, ça allait bien. Et plus on est avancé en âge, plus elle avait des crises, des crises vraiment de panique, d'angoisse. Et il y a des moments où elle ne parlait plus du tout, où il y a même des moments, je me souviens, où elle n'était bien, ça m'a fait penser plus tard à Temple Grandin, cette femme qui avait construit un truc
où elle se mettait, et Jeanne se refermait dans un placard, dans un placard où c'était noir, où je pouvais rester assise des heures derrière ce placard pour chercher à la tirer dehors, Lui tendre la main, le cœur pour pouvoir faire en sorte qu'elle trouve le fil.
Et je lui disais parfois, tu sais, je ne lâcherai jamais ce fil. Et je pense, elle me l'a dit plus tard, c'est comme une lumière dans le tunnel, cette capacité de dire, je peux compter sur elle, j'y vais, je veux sortir de là.
Parce que ses paniques étaient beaucoup liées à sa non-communication avec l'extérieur. Moi, ça me faisait penser un peu, j'ai toujours des images un peu comme ça, quand on met un papillon ou une jolie mouche dans un bocal, quand tu vois la mouche qui se balade là où elle est bien dans son environnement, elle va bien, elle est heureuse.
Je pense que tous les autistes du monde ne sont pas malheureux dans leur autisme. et je l'ai compris plus tard avec le Sunrise Programme, en fait, c'est la communication avec l'extérieur qui pose problème.
Thierry Samitier C'est là où je me permets de te couper, c'est là où ça m'intéresse particulièrement parce que en fait quand on parle d'autisme, on parle de troubles du spectre autistique.
Et j'avoue que dans mon interaction avec toi, puis dans ce que tu m'as amené à lire, on va en parler ensuite, j'ai parfois eu des moments de stupeur parce que je me suis reconnu et je pense que des troubles du spectre autistique, il y a ceux qui sont déclarés autistes, qui sont autistes avérés, mais il y a toutes les nuances.
Et moi je sais que j'ai pu, puis au travers de mon histoire, j'ai interrogé mes parents suite à ça, qui m'ont parlé de certains de mes comportements étant jeune, j'ai compris aussi certains fonctionnements que j'avais actuellement, des sphères de ma vie dans lesquelles je suis en échec dans la relation particulièrement, et dans lequel je peux littéralement disjoncter à certains moments, et ça m'a beaucoup rassuré aussi.
de me dire que ce n'est pas ma mauvaise volonté. Non, c'est juste qu'il y a une caractéristique et c'est dans ma relation et dans l'environnement. Quand l'environnement n'est plus bainvillant, quand l'environnement n'a plus la qualité de vérité, parce que je suis quelqu'un qui réagit beaucoup à la notion de vérité, quand je sens du mensonge, de la fausseté, ça peut me faire...
Et je crois que ce dont tu témoignes, ça nous touche tous parce que tous plus ou moins on va avoir cette caractéristique. C'est ça, peut-être pas tous mais en tout cas beaucoup de gens peuvent avoir ces caractéristiques, ce qui ne veut pas dire qu'elles sont autistes, ce qui ne veut pas dire qu'elles sont...
parce qu'il y a une différence entre avoir des difficultés, comme tu l'as dit, mais tu arrives à fonctionner, tu arrives à t'insérer dans la vie, et c'est ça le but.
Une personne qui est plus loin sur le spectre, à un moment donné, si elle n'a pas l'aide de l'environnement bienveillant, si elle n'a pas l'aide d'une famille soudée de personnes qui sont vraiment à l'étend de la main et le cœur pour aller les aider à venir dans notre monde, là ça ne va pas le faire.
Toute seule elle ne le fera pas. Je ne pense pas, franchement. Thierry. On va reprendre le cours de notre histoire, parce que je t'avais interrompu. Tu me disais donc que Jeanne plus elle grandissait, plus au niveau de la parole, au niveau du comportement il y avait des crises de plus en plus fréquentes, c'était de plus en plus difficile.
Et c'est à ce moment-là que j'ai compris que je n'aurai pas d'aide extérieure parce que je l'avais montré à des psychiatres qui voulaient la mettre en milieu psychiatrique. Thierry Laleu Donc leur droguer. Oui, et puis dire oui, ces crises, elle est coléreuse, elle est dangereuse pour elle, pour les autres, Thierry Laleu Elle est coupable.
Elle est coupable, et puis la mère est coupable parce que de toute façon... Thierry Laleu Il y a l'empreinte psychanalytique qui est imprégnée partout dans notre société, donc c'est la mère.
C'était comme ça, Et à un moment donné, ce que j'ai pu comprendre, ce que j'ai pu observer, c'est que quand je me mettais à son diapason, à un moment de crise par exemple, il y a eu des moments où elle avait ce que j'ai compris plus tard qui s'appelait des isms, je ne savais pas, mais j'ai compris qu'à un moment donné elle avait comme des cris, des cris où elle avait besoin de crier sur un certain degré.
Et en fait, au départ ça me faisait peur, et puis à un moment donné j'ai compris que ça la soulageait. C'était une décharge, et au contraire c'était un bon signe.
Et que c'était un bon signe. Et à un moment donné, je me suis même dit, parce qu'elle me disait « Dis oui ! » Elle criait comme ça, et à un moment donné je me suis dit « Dis oui, ça veut dire quelque chose.
» Et je me suis mise à faire « Oui, oui ! » sur le même ton qu'elle. À ce moment-là, j'ai cherché comment faire. On était dans la cuisine, je m'en souviendrai toujours, je pense qu'elle aussi.
Et en fait, il y avait sa sœur plus jeune qui essayait de faire aussi. Enfin, c'était assez particulier et à un moment donné, quand j'ai eu le bon ton, j'ai commencé à faire oui, elle disait oui, je disais oui, on faisait sur le même ton.
Et presque magiquement, automatiquement, quasiment, elle s'est apaisée. Parce qu'elle a pu trouver là, comme si une porte s'ouvrait. que vous étiez à l'unisson, et vraiment ça c'est le tip-top pour arriver au jour d'aujourd'hui, parce que je ne vais pas faire un témoignage que le but n'est pas là vraiment, c'est juste pour dire que cette méthode que j'ai faite par instinct, cette chose-là que j'ai faite par instinct...
Thierry. D'aller la rejoindre, d'aller se mettre à l'unisson avec elle. Céline. Voilà, c'est quelque chose que j'ai pris ensuite l'habitude de faire et qui a marché avec ses limites. Thierry Samitier Ça a mené à rencontrer Jeanne à 43 ans dans un stage de 100 personnes avec tout le caractère épanoui qu'elle pouvait avoir dans ce stage.
Charline Vanhoenacker Un peu avant, ça l'a amené plutôt vers ses 20 ans où elle a été capable de vivre, même de se marier, d'avoir deux enfants, avec les fragilités de vie qu'on a tous dans une vie maritale et on n'est pas là pour ça, mais il se trouve que parfois la vie fait que c'est très compliqué.
Thierry Laleu Elle a été mise au challenge, au-delà de ce que certaines personnes normales auraient toléré, et elle a tenu le choc à travers des années de challenges très compliqués, de combats. Et on s'est rendu compte aussi avec Jeanne que ma capacité de l'aider, de l'accompagner et de faire tout ce que j'ai fait dont on est fière, dont je suis fière, et de tout ce qu'elle a fait, elle, parce qu'il a fallu que ce soit un travail comme ça, à un moment donné,
je ne veux pas dire que c'était un plafond de verre, mais ça ne suffisait pas, à un moment donné, il y avait un palier. Et c'est elle qui, par des recherches, par Internet, un jour est tombé sur ce sunrise programme et qui me dit maman c'est ça qu'il me faut.
Alors on touche le cœur aussi de ce dont je voulais parler puisque tu m'as parlé de cette méthode sunrise programme, j'ai donc acheté le livre et j'étais contacté après avoir pris connaissance du contenu de ce livre et avoir été bouleversé.
J'ai été bouleversé parce que vraiment ce que j'ai lu je me suis dit waouh c'est juste l'amour en acte, ce qui guérit c'est l'amour Et alors, sans te couper, quand tu dis l'amour en acte, moi quand je suis allée avec elle aux Etats-Unis pour ce premier start-up, c'était il y a déjà...
Donc la mise en place du programme. La mise en place du programme, mon anglais n'était pas au top, donc ce n'était pas encore très bien, mais il y avait des traducteurs, il y avait tout ce qu'on voulait, mais bon, ce n'était pas encore très bien.
J'ai pris les outils, Jeanne les a pris à bras le corps, vraiment ça a été quelque chose de, on peut dire, de superbe, J'ai lu le livre Miracle de l'amour, ce n'est pas pour rien ce bouquin.
J'ai réalisé à ce moment-là que quelque part aux Etats-Unis, et il y en a probablement beaucoup d'autres qui ont fait comme ça, c'est-à-dire que Bers et sa maria Kaufmann avaient exactement eu ce chemin-là de refuser qu'on condamne leur enfant, de ne pas céder ni au désespoir, ni au jugement, et à la décision des psys, des médecins de dire votre enfant c'est foutu, il faut oublier...
Ils ont entendu ces phrases-là, je les ai entendues aussi. Si, c'est placer dans une institution et oublier-le. Oubliez-le, faites d'autres enfants, oubliez-le, accompagnez-le le mieux possible, on va s'en occuper parce qu'ils ont cette croyance qu'ils font bien, c'est ça qui est aussi assez dangereux, parce qu'ils pensent bien faire.
Thierry. Contre les parents même des fois. Marie-Claude. Absolument, et donc ce couple-là a décidé que non. Et donc ils se sont accrochés à deux, ils ont eu cette chance aussi d'être amis. Thierry. Il y avait un enfant qui s'appelait Ron. Marie-Claude.
Qui s'appelait Ron. Thierry. Qui s'appelle Ron. Marie-Claude. Qui s'appelle Ron, bien entendu. Et donc ils l'ont accompagné. Thierry. Ron qui était autiste non-verbal. Oui, tout à fait.
Donc c'est vraiment la forme, on va dire, la plus classique de l'autisme. Quand on parle d'autisme, on parle de l'autisme non-verbal. Jeanne a commencé à parler, elle a perdu la parole après.
D'accord. Et parce que je pense qu'elle était confrontée à trop de choses, alors je sais bien qu'il y a des gens qui vont bondir en disant oui, l'autisme, on est autisme comme ça dans des cases, ce n'est pas comme ça.
Je crois que comme tout individu... Oui, selon l'environnement, selon le niveau de stress qui est adapté. Absolument, et ça moi je l'ai constaté souvent et même pour d'autres, c'est une évidence que selon l'environnement, mais on est tous comme ça, on va être en pleine forme, et puis on va avoir une dépression, et puis on va voir si, on va voir là, tous les individus ne sont pas des objets qui vont être immuables tout au long d'une vie. Thierry.
Donc les parents de Ron ont refusé ce qui était présenté comme inexorable, ils ont dit non, nous on croit que notre fils va pouvoir être changé. S'ils ont fait la même démarche que moi, je voyais dans les yeux de ma fille que non, elle n'était pas dangereuse et que non, elle avait quelque chose.
Il y avait quelque chose qui se passait que je ne comprenais pas, c'est vrai, mais ce petit bout-là, c'était un diamant. C'était quelque chose qui faisait que non, je ne l'emmènerai pas en psychiatrie et non, je ne l'abandonnerai pas.
Et je pense que j'ai compris plus tard que monsieur, enfin pas monsieur ou madame Kaufmann parce qu'il s'appelle Bers, et parce que c'est très français de dire monsieur et madame, et c'est vrai que Bers et Samaria c'est un couple absolument magnifique, puissant, ils n'ont rien lâché, ils ont accompagné leur enfant jour après jour, pas à pas, au point de se dire que ce qu'ils faisaient était tellement magique et magnifique qu'ils ont développé carrément une méthode.
Thierry Lecce Oui, pour pouvoir transmettre. Parce que leur fils Ron maintenant est devenu l'enseignant de cette méthode. C'est quelqu'un qui n'est plus autiste. Mais non seulement ça, parce que ça c'est le bout du bout.
C'est qu'ils l'ont aidé à sortir, à dépasser son autisme, et puis ils ont eu cette méthode tellement forte que ça n'a pas duré des années. Moi j'ai fait de briquet de broc avec ma fille, en plus comme j'étais toute seule, monoparentale, En France, c'est aussi différent, je ne me donne pas d'excuses, mais avec ma fille, on a mis 15 ans à avancer et eux, ils ont mis 4 ans.
Ils ont été, je veux dire, 3 ans, je ne sais pas exactement, donc je ne veux pas mettre des limites, mais en tout cas, ils ont été très vite.
Il a pu intégrer une école comme il faut, ce que ma fille a fait de brique et de broc, et l'école n'a pas été... En France, on refuse machin. Tandis que lui, il a été tellement bien, il y a eu une telle technique.
Au-delà de l'amour, ils ont développé une technique. Oui, il y avait l'intention, l'amour, le moteur. Moi j'ai eu tout ça, cet amour, cette intention.
Et après, ils ont mis une structure. Ils ont mis une structure. Qui leur a permis d'ailleurs de passer ça à d'autres. Exactement, ils ont mis une réelle structure dans tout cela. Et puis ensuite, c'était un tel succès que très vite, autour d'eux ils ont commencé à le faire avec d'autres. Et puis 30 ans plus tard, alors Ron a suivi des études magnifiques, je ne connais pas tout son cursus, mais il a passé beaucoup de diplômes, et puis ensuite jusqu'à devenir ce qu'il est aujourd'hui, il est directeur d'un des centres,
c'est quelqu'un de très posé, qui connaît bien son affaire parce que de là où il vient... Il s'est loué absolument. Et quand tu entendais, je me permets de te dire, mais quand on parlait avec Jeanne tout à l'heure, Tu vois avec quelle puissance elle parle de tout ça, c'est un cadeau du ciel.
C'est la capacité pour un nombre incalculable de gens de profiter de leur savoir, à ces personnes-là. Parce que ces personnes-là, quand elles ont leur potentiel qui vient à jour, c'est comme dans un magnifique jardin, on a juste à ramasser les fruits.
Parce que là vraiment, ce n'est que du bonheur. Pourquoi ? Thierry. Alors, j'ai été touché par le livre de Ron Kaufman, et tiens, je vais le prendre avec moi parce que vraiment ce livre m'a beaucoup touché.
Ce livre m'a d'autant plus touché, je te dis que j'avais axé toute ma compréhension, mes recherches sur l'autisme parce que j'ai été confronté pour des proches et ainsi de suite, sur le volet alimentaire, et en même temps je me rendais compte que même si ça a apporté des bienfaits notoires, évidents, incontournables, il manquait quelque chose. Et quand j'ai eu ce livre en main, j'ai dit ça, c'est la clé, c'est la clé qui manquait, il y a deux clés dans cette porte,
si tu n'en as qu'une, il faut les deux clés pour que ça fonctionne. Et ça, c'est la clé, donc je vous présente ce livre qui s'appelle Dépasser l'autisme avec le Sunrise Programme. Et si je t'ai demandé aussi de venir ici, c'est parce que suite à nos échanges, j'ai appris que pour la première fois en France, vous alliez organiser un séminaire du Sunrise Programme, parce que jusqu'à présent il faut aller aux Etats-Unis.
C'est coûteux et c'est compliqué. Il ne se trouve qu'il n'y a pas de hasard dans la vie, j'ai fait de très belles rencontres, on est quatre mamans avec des enfants autistes d'âge différent, et quatre mamans qui connaissaient le Sunrise Programme à des degrés différents, qui était allée aux Etats-Unis, qui avait fait des formations, qui avait chacune son parcours.
Et puis, on s'est bien rendu compte qu'aux Etats-Unis, il faut y aller, il y a les billets d'avion, c'est cher, les formations là-bas sont à des tarifs américains comme les écoles, comme le reste, comme les universités.
Aux Etats-Unis, ça a un coût. Et donc, nous, ce qu'on s'est dit, c'est on va créer quelque chose. Il y a déjà un an et demi, on a créé une association qui s'appelle Optimotisme.
Et à partir de là, on a proposé à Ron Kaufman, l'année dernière, de venir voir en France, qu'est-ce qui est possible de faire. Il est venu, il a fait le tour, il a fait trois jours à Paris, ou deux jours à Paris, il a fait deux jours à Montpellier, il a fait deux jours à Nantes, et puis il a fait le tour comme ça, et les salles ont été assez pleines, parce que c'était juste une petite introduction, de discuter, et on s'est rendu compte
qu'il y avait effectivement une grosse, grosse demande d'ouvrir les champs des possibles, d'ouvrir à d'autres méthodes. Il y a déjà des choses qui existent en France, et c'est très bien pour la plupart des gens, mais il y a des centaines et des centaines de personnes, d'enfants, d'adultes, autistes, et il y a des besoins immenses.
Et voilà une méthode qui a marché pour des centaines de gens à travers le monde. Peu encore en France, parce qu'il y a cette barrière de la langue, et comme nous le savons, les français ne sont pas très tournés vers l'anglais, donc ceux qui parlent anglais ont pu accéder à ça, et les autres non.
Et donc on s'est dit, ben là il y a quelque chose à faire, il y a un challenge à prendre, et il y a la capacité de vouloir apporter, la capacité à des centaines de gens en France, peut-être milliers, en tout cas je l'espère pour eux, de voilà. Et on a réussi depuis un an à faire traduire ce livre qui était en anglais, On en a fait traduire deux ou trois.
Ce livre est fantastique, la démarche qui est décrite dans ce livre, c'est-à-dire cet élan du cœur et surtout ce refus de se résigner. C'est-à-dire que tout te dit, ton enfant oublie-le, et toi tu dis, non, mon enfant je l'aime et...
Mais au-delà de ça, c'est vrai, mais plus loin encore, c'est non seulement, mais cet enfant-là, il est bien tel qu'il est. Cet enfant-là, il est autiste, comme toi tu es d'épériné.
Il est tel qu'il est, je l'aime tel qu'il est, et je l'accompagne là où il est. Parce que tel qu'il est, lui, il s'aime, il est bien avec lui-même.
Là où ça coince, c'est quand il y a l'interaction qui doit entrer. — Oui, je l'ai observé de multiples fois. — C'est quand l'interaction doit se faire, et plus l'interaction est de plus en plus compliquée, quand l'environnement n'est pas bienveillant, on revient à ce qu'on disait.
— Donc on reparle d'environnement. — On parle d'environnement. Donc l'idée c'est de pouvoir toucher la plupart des familles et surtout leur faire penser que non, ce n'est pas de leur faute.
Non, il n'y a ni à le culpabiliser, ni à se dire qu'il faut des professionnels. Je ne veux pas me mettre en exergue professionnel contre non professionnel. Non, je le ferai moins. Mais il y a des professionnels qui font très très bien leurs trucs.
Ce qu'on veut toucher là c'est la capacité de faire comprendre qu'il y a des méthodes qu'il suffit juste d'intégrer parce que tout peut se faire à la maison, la plupart des choses.
La plupart des outils puissants, quand les parents s'y mettent, quand la fratrie s'y met, eh bien déjà beaucoup de choses se font comme ça. Thierry Samitier-Lecce C'est ça qui m'a beaucoup touché aussi, c'est de se dire que c'est familialement, collectivement, communautairement, que l'on s'occupe de cette personne, on l'entoure et on rentre en communication avec elle. Au lieu de la stigmatiser, de la rejeter et de la cacher dans un coin, le contraire de dire...
Et puis, il me semble aussi de ce que j'ai compris, tu m'arrêteras si c'est faux, mais que ces personnes-là interrogent aussi leur environnement, quelque part c'est presque, on parle des canaris dans les mines qui révèlent le danger.
et ces personnes-là aussi révèlent quelque chose de leur environnement qui est complètement faux, dans lequel une personne normale va arriver à s'arranger à coups de petit stress, et ces personnes-là ne supportent pas, elles vont le révéler.
Et au lieu de les rejeter, je crois que vraiment la démarche qui est proposée c'est de sortir de la logique symptomatique dans laquelle on voit un symptôme, on lui tape dessus, on essaie de le supprimer, Et là de vraiment réfléchir en termes de terrain, de dire cette personne manifeste quelque chose, qu'est-ce qu'elle me dit sur moi-même, sur mon environnement, et comment en la rejoignant je vais pouvoir comprendre aussi, et c'est un chemin d'évolution à deux,
à trois communautairement. Thierry Samitier-Leclerc Et ce qu'on comprend à travers ce livre, ce que moi j'ai mis des années à comprendre parce que j'avais cet amour inconditionnel, j'avais cette manière d'aider ma fille, Mais il y a quelque chose que je ne comprenais pas, c'est qu'il faut non seulement aimer, mais il faut aussi aller chercher la personne avec une manière d'être où on a pu faire un travail sur soi.
Et ce travail sur soi, j'ai mis des années à le faire. Un travail sur soi qui dit quoi ? qui dit, je veux aider mon enfant, si je veux l'aider, je dois apprendre à être centré, parce que cet enfant-là, il a des radars, il sait tout, il a une capacité de télépathie, mais ce n'est pas explicable, mais n'empêche que tous les parents qui vont écouter ça vont dire, tous les parents le vivent,
le savent. Donc cet adulte-là, je dis, enfants, ce sont tous nos enfants, Sachant que c'est pour tous. Mais ils ont cette capacité de « brrrr ». Et ils vont toucher là où on va être fragile.
Ils vont toucher là où on n'est pas solide. Ils vont toucher les boutons, ils en parlent de ces boutons là-dedans. Et tant qu'on n'est pas capable, on va répondre automatiquement sur ce bouton. On va répondre par la colère, on va répondre par la peur, on va répondre par la panique, on va répondre en faisant peur.
Et donc la personne en face, soit elle va continuer d'appuyer sur ce bouton parce qu'elle, elle veut obtenir quelque chose et donc ce qu'elle veut obtenir en appuyant sur ce bouton, on va se dépêcher de lui donner parce qu'on a peur qu'elle rentre en crise et donc les crises peuvent risquer de continuer.
si on est capable de travailler sur soi et d'apporter de la bienveillance, d'apporter la capacité de montrer qu'on a bien compris et qu'on va aider. Mais ce n'est pas pour ça que rentrer dans la crise avec la personne autiste ne va pas l'aider.
C'est exactement comme la personne qui est dans un puits. Est-ce que d'aller tomber dans le puits, ça va aider ? Non. On va chercher les moyens de mettre la bonne corde, d'aider la personne.
on va rester centré, mais on ne lâche pas la corde. On va l'aider, on va aller la chercher, et la personne normale sait qu'on est là. Par contre, si on souffle dans le puits, on sera juste deux dans le truc, ça ne veut rien dire.
C'est comme dans un avion, beaucoup de gens ont pris l'avion. Qu'est-ce que nous disent les stewards et les hôtesses en cas de problème, de turbulence ? Vous commencez par prendre le masque, et ensuite... — Et après, vous vous occupez des autres.
— Vous pouvez vous occuper des autres, mais si vous perdez le souffle, si vous perdez la respiration et que vous n'avez plus d'air, vous ne pourrez pas aider l'autre. Donc commencez par travailler sur vous-même, commencez à être bien centré, et ce start-up est là pour ça.
C'est pour ça que ce start-up... Thierry Lecce Le start-up c'est un cycle de 5 jours, et je tiens à préciser, c'est moi qui t'ai demandé de venir ici parce que je voulais délibérément faire de la publicité sans aucun intérêt pour cette démarche, pour ce start-up qui est proposé de 5 jours, parce qu'après avoir découvert ce que j'ai découvert dans ce livre, je me suis dit ce truc-là, il faut qu'un maximum de familles puissent en avoir connaissance,
parce que c'est quelque chose d'extraordinaire. Donc vas-y, maintenant ceci étant dit, le start-up, qu'est-ce que c'est ? Parce que c'est maintenant, c'est fin mai que ça se passe à Paris. C'est dans 3 petites semaines à Paris, la mairie du 16ème nous a offert toute la place voulue, et il y a une équipe des Etats-Unis qui vient, dont Ron Kaufman bien entendu, et donc il y a des traducteurs, absolument, c'est une grosse organisation, on y travaille déjà depuis une petite année, donc là on arrive au bout de l'organisation,
ça se met bien en place, on est très content, on a déjà presque 90 personnes inscrites, donc le but ce n'est pas de faire de la publicité parce qu'on n'a personne, — Non, non, mais pour que les personnes qui pourraient être intéressées aient connaissance.
— L'idée, c'est plutôt d'ouvrir le champ des possibles à des personnes qui pourraient dire après « Oh mince, je ne l'ai pas su ! » — Oui, parce que c'est la première fois en France.
— Voilà, c'est la première fois en France. Et c'est vrai qu'on en parle sur les réseaux sociaux, c'est vrai qu'on en parle autour, mais peut-être que, effectivement, ta proposition de pouvoir le mettre là comme ça, vraiment, ça va peut-être permettre à des personnes qui n'en avaient pas eu connaissance de faire le choix, de se dire « Ah, ça m'intéresse, je vais aller voir.
» Parce que vraiment, ça s'adresse aux parents, ça s'adresse aux professionnels, ça s'adresse à l'environnement, ça s'adresse aux fratries, parce que ça commence par là.
Parce que c'est ces personnes-là, c'est l'environnement qui doit avoir ces outils-là pour pouvoir mieux aider la personne autiste, l'enfant autiste, l'adolescent autiste. Et même l'adulte. Et l'adulte, la vieille personne autiste.
Parce qu'il y a plein de gens qui sont autistes et qui ne sont restés encore. Pour le but de quoi ? De dépasser ces critères-là. De dépasser cet autisme qui fait qu'il y ait tout un tas de critères qui empêchent d'avancer. Que cette communication souvent différée empêche la personne de bien vivre.
Parce qu'il n'y a pas de doute, quand elle est toute seule la personne chez elle, quand elle est dans son petit monde, elle va bien. On peut rassurer les familles, c'est pas le grand désespoir et tout ça.
Il y a des crises quand l'environnement ne va pas. Et donc, la personne ne peut pas rester toute sa vie fermée dans sa bulle. Dans sa bulle, elle y est bien, mais le but n'est pas qu'elle reste dans sa bulle. C'est important qu'elle sorte de là.
Il faut lui offrir la possibilité de sortir, parce que de toute façon, un jour, on ne sera plus là parce qu'on pourrait protéger la bulle. On pourrait dire, il vient dans sa bulle, moi je protège la bulle.
Et puis, le petit il a ses Lego, il joue tout le temps, il fait son truc. Le plus grand, c'est Focus, c'est train, c'est machin... Voilà, chacun, ils ont tous leurs trucs, OK. Sauf que ce n'est pas le but de la vie.
La vie, il faut aller dans la vie, il faut aller dans le monde. — Avoir la liberté de le faire. — Avoir la liberté de le faire, parce que pouvoir rester chez soi quand on le choisit, quel bonheur !
Quand on est coincé dans ce truc parce qu'on sait que de l'autre côté c'est trop, ça panique et qu'on préfère rester là pour être plus calme et non stressé, ça ce n'est pas... — Non, c'est de l'esclavage.
— Voilà, ce n'est pas possible. Quand les familles arrivent à admettre, à comprendre tout comment ça fonctionne, et ce stage, ce n'est pas un stage, c'est vraiment une formation, pendant 5 jours avec des ateliers, avec une personne, Ron, qui était non verbale, qui a eu cette méthode avec des parents qui ont développé ça, avec des personnes qui sont là pour faire des ateliers avec, pour expliquer, pour accompagner,
et avec des familles entières qui vont, des personnes, toutes les familles qui vont pouvoir. Il y a des couples, des conjoints qui se sont inscrits, il y a des gens qui sont inscrits, il y en a même qui viennent d'Afrique, il y en a qui sont inscrits des pays de l'Est, il y en a qui viennent de partout, et on va créer quelque chose qui fait qu'il y a les Il y a des questions qui vont se poser, des ateliers qui vont se faire, des gens qui vont pouvoir témoigner, poser leurs problèmes sur la table,
les partager, trouver les bons outils et repartir avec les outils qui feront qu'on va pouvoir rentrer chez soi et être maître du jeu, maître du jeu dans le bon sens du terme. un jeu sain, un jeu d'amour, un jeu d'envie d'accompagner cet enfant, cet adulte, cette personne.
Et vraiment, moi quand j'ai compris ça, quand j'ai compris que j'avais des outils à disposition, quand j'ai compris que c'était possible, je me suis dit voilà, il faut y aller. Et cette capacité là, d'être là aujourd'hui, avec la première fois en France, cette formation qui se fait à travers le monde, qui se fait en Asie, qui se fait beaucoup aux Etats-Unis depuis plus de 30 ans, qui se fait dans tous les pays où on parle anglophone, dans beaucoup de pays en
tout cas où on parle anglophone, et qui a un succès vraiment phénoménal, donc ça veut dire des choses, et ça ne remet pas en cause d'autres méthodes, le but n'est pas du tout là, et c'est très rassurant de se dire, c'est juste ouvrir le champ des possibles, la capacité de voir qu'il y a encore une autre méthode qui existe et que c'est bien qu'en France, on puisse la connaître, qu'on puisse savoir et que les parents aient des choix.
Que les parents aient le choix de dire « Ah ben, ça, ça convient ! » — Sans aucune polémique, sans aucun parti pris de polémique, j'avais été très surpris l'an dernier, j'ai assisté à un congrès à Paris qui s'appelait « Sortir de l'autisme ».
Et j'avais été surpris dans ce congrès « Sortir de l'autisme » de l'absence totale d'une approche telle que celle-ci et de l'hyperfocus qui était mis sur l'alimentation, les vaccins et ainsi de suite. Donc autant de choses sur lesquelles on pouvait taper mais qu'il n'y avait pas de remise en cause aussi de la façon dont l'entourage allait accueillir la personne autiste.
— C'est ça, tout commence là en fait. — Et quand j'ai vu ça, j'ai dit enfin ! — Parce que, par exemple, quand on met en place, qu'on dit il y a des professionnels, Si les parents, et avec tout le respect que j'ai pour les parents, quand les parents, peut-être aussi parce qu'ils n'ont pas les outils pour le faire ou qu'ils sont fatigués, ça aussi ça joue.
Cette capacité de comprendre pourquoi on est fatigué et qu'il y a moyen de faire autrement, d'aborder toutes ces crises, ces problèmes, toutes ces choses-là qu'on vit parce qu'on est fatigué, comme avec un nouveau-né quand on est fatigué par exemple.
Tu le sais, on ne dort pas, on est fatigué, et à un moment donné, le bonheur est un choix. Un bonheur, à un moment donné...
Thierry Samitier Tu l'as là à côté de toi, mais je trouve que c'est symptomatique aussi, c'est un livre qui a été écrit par le père d'Oran Koffman qui s'appelle le bonheur est un choix. Marie Antoinette Mais ça aussi c'est une technique, parce que c'est facile de se dire le bonheur est un choix, oui, sauf que quand j'en ai ras le bol, quand ça fait des mois, des années que mon enfant est là et qu'il y a des crises, et que j'ai le regard à l'école, on me l'a mis dehors,
il est refusé, il ne peut pas s'intégrer, la fratrie ça ne va pas... Si on n'a pas cette technicité, si on n'est pas aidé, accompagné, si on n'a pas cette rassurance qu'il y a un chemin pour rester serein, pour pouvoir se poser, c'est difficile. Oui, c'est difficile. Il n'y a pas de honte à le dire. Par contre, quand à un moment donné, il y a des outils qui arrivent pour se dire que oui,
pour structurer les choses, Pour se dire que oui, là, je vis un truc, et qu'il y a les outils qu'on a vus, qu'on a lus, qu'on a appris, qu'on a faits, là, j'ai trois choix.
Je peux craquer, je peux hurler aussi, je peux fermer la porte et laisser tout seul, mais dans quelle manière, comment je fais, quel est le regard que je peux apporter et quelle est la force que je peux y mettre ?
et comment je peux, au milieu de tout ce chaos, rester centré. Moi être capable d'être serein ou sereine, moi être capable de... Et ça c'est possible, je l'ai vécu.
Ça c'est possible, c'est tout ce qui est transmis là-dedans. C'est ce que je ne savais pas faire quand j'étais plus jeune. J'apportais à ma fille beaucoup de choses, mais en même temps j'étais influencée par l'extérieur, je n'étais pas très centrée.
Quand, de temps en temps, à force d'entendre la famille, « Oui, mais elle est capricieuse, vraiment, tu exagères... » — Tu arrivais à croire ce qu'ils te disaient sur elle ?
— Alors, par moments, je me laissais influencer. Je me disais « Mais oui, finalement, ils ont raison. » Puis j'étais fatiguée, donc par moments, je me laissais influencer par ça.
Puis d'autres moments, je me disais « Mais non, ce n'est pas possible. Ce n'est pas ça, ce n'est pas ça. » Donc, je me remettais dans l'amour inconditionnel et dans l'aide et tout ça.
Et donc, cette petite passait beaucoup de temps là. Là, avec ça, quand j'ai rencontré les Kauffman, quand je suis allée aux États-Unis, je me suis dit bon sang, mais c'est bien sûr !
Parce que c'est là, c'est ça qui me manquait. Cette technique-là, cette manière-là d'être tranquille. Et quand on lit ces livres-là, quand on lit tout ça, alors c'est facile de dire que le bonheur est un choix.
Sauf que là aussi, ce sont des prises de conscience. C'est un choix radical et c'est un choix de courage absolu. Et puis c'est un travail sur soi. Il faut être accompagné aussi pour ça.
Il faut avoir la capacité de faire des dialogues avec des personnes de métier, de gens qui connaissent tout ça pour qu'on puisse se remettre sur rail avec sérénité, avec joie, avec enthousiasme. Et cet enthousiasme, cette joie et cette générosité, ça ne se prend pas de nulle part.
Ça se prend où ? Ça se prend là. Dans le cœur, directement. C'est même pas là. La technicité, oui, mais là, tout ça, on l'a là.
Le ferment, il est là. Mais le ferment, il faut le nourrir. C'est comme un talent. Il y a un talent qui nous est donné. Et puis, il y a une autre responsabilité de le travailler, de le cultiver.
Parce que si on se contente de son talent, rapidement, il ne peut pas donner grand-chose. Je connais des centaines de parents qui ont ce talent-là. moi j'en rencontre des mamans. On a créé un café Asperger, je fais un coucou à tout le monde en passant, à Vendargue qui prend de l'ampleur, maintenant à chaque fois on est une vingtaine et on voit bien, je rencontre ces mamans et ces papas qui sont fatigués, qui disent des choses comme ça et en même temps, rien que le fait de se nourrir entre nous,
d'y mettre de la joie, de la générosité et et de rire ensemble de ces choses qui parfois peuvent nous faire pleurer. Rien que ça déjà, cette nourriture-là, on voit bien nos ados qui nous regardent du coin de l'œil là-bas qui nous entendent éclater de rire, on voit bien que ça leur fait du bien, et qu'ils sont en train de partager des jeux, et qu'ils rient ensemble parce que tout vient de nous en fait.
Thierry Leclerc. Malika ? Oui. Thierry Leclerc. Le livre ? Oui, le livre. Thierry Leclerc. La formation ? La formation. Thierry Leclerc.
Je vais mettre toutes les informations en bas de cette vidéo. toutes les informations sont dans la description. La formation c'est le 24 mai à Paris. Le 24 mai à Paris, je vais monter à la capitale.
On est déjà à 90, il y a encore de la place, et puis on mettra des strapontins. Tu m'as promis que tu me mettais un strapontin si j'oubliais de m'inscrire. Si il y a de quoi faire de toute façon, et je suis sûre que ça peut apporter encore à des personnes.
Il y a des partages magnifiques à faire, On échange beaucoup avec des tas de familles de partout, et on voit bien que cette capacité d'être dans cet amour-là, dans ce miracle de l'amour vers l'autre, mais au-delà de ça, dans ces techniques qui sont vraiment puissantes, vraiment, c'est que du bonheur.
Je te remercie de m'avoir rejoint dans mes hautes terres catalanes, d'avoir bravé les routes et les pistes pour arriver jusqu'à chez moi. Thierry Marceau Je confirme, piste, mais vraiment, que du bonheur.
Merci pour ce témoignage. Thierry Marceau Vraiment, merci de nous avoir accueillis.
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