Anxiété, pression et dépression vu par la médecine, épisode 5
Cet épisode est une conversation entre Thierry et Laurence, médecin exerçant en milieu hospitalier, sur les troubles psychologiques les plus répandus aujourd’hui : stress chronique, burn-out et dépression. Laurence commence par distinguer le stress aigu, réaction physiologique utile et nécessaire, du stress chronique, qui lui n’est pas prévu biologiquement et qui épuise progressivement les systèmes de régulation du corps.
Elle détaille la cascade hormonale impliquée : décharge d’adrénaline en phase d’alarme, relais par le cortisol pour une adaptation plus durable, puis épuisement des rétrocontrôles quand la pression persiste trop longtemps. C’est à ce stade que le corps ne peut plus s’adapter, que l’immunité chute et que des pathologies graves peuvent s’installer.
Un point central de l’échange porte sur la notion de stress perçu : ce qui compte n’est pas tant la pression objective que le rapport entre cette pression et les ressources que la personne s’estime avoir pour y faire face. Laurence s’appuie sur des études, notamment sur des mères d’enfants handicapés et sur des femmes atteintes de cancer du sein à un stade avancé, pour montrer que modifier sa représentation de la situation peut avoir un impact mesurable sur la survie.
La conversation aborde aussi la question de ce qui permet à certaines personnes de ne pas s’effondrer malgré une pression extrême, en prenant l’exemple du professeur Joyeux. Laurence évoque le rôle d’une espérance qui dépasse le contexte immédiat, qu’elle relie à la foi et à une forme d’ancrage intérieur, comme facteur de résilience face au désespoir. Elle présente enfin son activité de coaching santé à distance, à l’interface entre médecine conventionnelle et approches complémentaires.
📑 Au programme de la vidéo
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0:00Introduction : maladies psychologiques et burn-outThierry présente le sujet et Laurence replace le terme burn-out dans son contexte d’origine, loin de l’épuisement humain.
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2:12Stress aigu : la réaction lutte-fuite expliquéeLaurence décrit la physiologie du stress aigu, utile et nécessaire, et le système hormonal qui permet de réagir face au danger.
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4:24Adrénaline, cortisol et rétrocontrôlesLa cascade hormonale du stress est détaillée : adrénaline, relais par le cortisol, puis épuisement des systèmes de régulation si la pression dure.
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8:36Stress perçu et ressources intérieuresCe qui déclenche l’effondrement n’est pas la pression réelle mais le rapport entre cette pression et les ressources que la personne s’estime avoir.
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13:09Perte de contrôle et désespoir apprisLaurence explique comment la perception d’une impuissance totale face à une situation peut enclencher un état de désespoir et accélérer la maladie.
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15:15Cancer du sein : l’étude sur la réversibilitéUne étude sur des femmes atteintes de cancer à un stade avancé montre que modifier ses perspectives mentales peut avoir un impact sur l’espérance de vie.
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17:35Dépression comme deuil non accompliLaurence propose une lecture de la dépression comme incapacité à faire le deuil d’une situation ou d’un espoir déçu, avec le cortisol comme marqueur central.
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19:46Ce qui permet de tenir malgré la pressionL’exemple du professeur Joyeux illustre comment une espérance qui dépasse le contexte immédiat peut constituer un facteur de résilience durable.
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24:12Coaching santé à distance : présentationLaurence présente son activité de coaching santé en ligne, à l’interface entre médecine conventionnelle et approches complémentaires comme la phytothérapie.
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Transcription de la vidéo
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Lire la transcription
Bonjour Laurence. Bonjour. Quand on parle de maladie de civilisation, il y en a une qui est particulièrement prégnante actuellement et qui est d'autant plus difficile à traiter que ce n'est pas une maladie qui se voit vraiment.
C'est tous les troubles d'ordre psychologique et je parle en particulier au désespoir, à la dépression et à toutes ces formes d'effondrement de l'individu. Comme c'est un petit peu ton domaine de prédilection, tu as beaucoup travaillé sur ce domaine-là, j'avais envie que tu m'en parles, en plus moi je suis en train de réaliser toute une série de vidéos sur l'anxiété, le stress, et ça rentre dans ce cadre-là, j'avais envie d'avoir ton éclairage de médecin là-dessus. Christine – D'accord, alors c'est un vaste sujet qui peut inclure beaucoup de choses.
En fait, c'est un peu ce terme à la mode du burn-out, c'est-à-dire d'être consumé intérieurement. Thierry Samitier-Lecce J'ai fait d'ailleurs une vidéo sur le burn-out qui sera diffusée juste avant ou juste après dans laquelle je montre ce que c'est qu'un burn-out, parce que le burn-out historiquement c'est quelque chose qui n'a rien à voir avec l'épuisement humain. Le burn-out c'est une pratique dans les courses de voiture, dans lesquelles pour pouvoir, c'est des courses d'accélération de voiture aux Etats-Unis,
ils ont besoin de faire chauffer les gommes. Donc en fait ils bloquent les pneus avant, et ils font tourner les roues arrière à l'arrêt jusqu'à ce qu'elles commencent à brûler littéralement pour faire chauffer la gomme, c'est-à-dire qu'il y a une inhibition de l'action dans le burn-out de la voiture, la voiture n'avance pas, et on dépense une énergie colossale quelque part pour rien, parce que faire cramer des pneus c'est quand même limite au niveau de la cohérence.
Thierry Samitier-Leclerc Économiquement ce n'est pas intéressant en tout cas. Tu m'as donné en quelque sorte la définition du stress, puisque le mot stress était utilisé d'abord dans l'industrie pour parler de la pression qu'on exerce contre une résistance.
Ce qui est intéressant dans ce que tu décris, c'est que tu ajoutes la notion de burn, c'est-à-dire de brûler, puisque à force de résister à la pression, on dépense beaucoup d'énergie, c'est des pneus, ça chauffe, Sauf que c'est un corps humain, il épuise ses réserves.
Qu'est-ce qui fait qu'on va entrer en stress ? Puisque le stress, c'est une réaction physiologique nécessaire, vitale, normale, bonne, qui n'est pas à fuir. Parce qu'on est rentré aujourd'hui un petit peu dans une vision manichéenne.
Alors, on se moque beaucoup de nos amis américains qui font des films trop manichéens, infantiles, mais on est très manichéens aussi en France et partout. On aime bien qu'est-ce qui est blanc, qu'est-ce qui est noir.
Donc, le stress c'est la réaction lutte-fuite, c'est du masculin, c'est de la guerre, c'est très mal. Aujourd'hui, c'est la fibre féminine qui va sauver l'humanité.
Donc, sur le plan physiologique, ça se décrit... Tu te moques de moi, je sens ! Tu as vu, je me fais pousser les cheveux longs, je suis prêt là !
Ouais, je suis ready, il n'y a pas de problème !... qui se résumerait par le système oxytocine, en hormonologie, c'est-à-dire le système contact calme qui est l'idéal, qui va apaiser les mœurs, et qui va faire que tout va aller bien.
Non, tout ne va pas aller bien, parce que pendant que Maman, je ne sais pas quel animal, est en train d'allaiter son petit dans son terrier, il faut que le papa aille à la chasse et ramène à manger, sinon elle va mourir.
Il faut aussi qu'il la protège contre tous les prédateurs qui vont essayer de lui prendre ses petits et de les manger. Donc les deux systèmes sont utiles et nécessaires et si on est en danger, merci mon Dieu qu'on a un système lutte ou fuite pour sauver notre peau et sauver la peau de nos petits et de ceux qu'on aime.
Donc c'est un système qui en lui-même est bon, comme je l'ai dit dans une précédente interview qu'on a faite ensemble, les lois créationnelles, les lois biologiques ne sont ni morales ni immorales. Elles sont neutres, elles sont adaptées, elles ont du sens.
Ce qui les rend morales ou immorales, c'est ce qu'on va en faire, nous, êtres humains, avec notre petit cerveau un peu perverti. La boîte à poux. Voilà. Et donc, ce système en lui-même est utile, nécessaire. On le vit tous plusieurs fois, en général même par jour, sauf qu'on ne va pas forcément aller jusqu'à l'épuisement. On va avoir la première réaction qui est la réaction d'alarme, on décharge de l'adrénaline qui va nous permettre de fuir ou d'attaquer ou de
réagir d'une manière adaptée. Thierry Coulombe Typiquement, quand on est en voiture, on a un moment d'inattention, puis dès qu'on reprend notre attention, on est en train de dériver, on voit la rambarde de sécurité pas loin, on fait le coup instantanément, on sent le cœur qui est monté, On sent la décharge d'adrénaline d'ailleurs dans le corps, ça c'est un peu flageolant.
Thierry Samitier-Richard, le coeur s'est accéléré, les vasos se sont dilatés, voilà. Donc cette réaction est adaptée, si ça dure un petit peu on enclenche la sécrétion de cortisol qui est quand même un petit peu plus économique en termes de consommation d'énergie et qui va permettre de pouvoir continuer à s'adapter.
Et puis si ça dure encore un petit peu plus, il va falloir que le corps tolère le danger parce que sinon il va s'épuiser. Donc il y a des systèmes de rétro-contrôle qui inhibe ces sécrétions d'adrénaline et de cortisol pour ne pas s'épuiser et donc les taux de cortisol vont baisser et on ne va plus trop ressentir les effets physiques, en tout cas du stress.
Mais si ce stress, cette pression qui s'exerce sur nous persiste, on varie sans cesse, les systèmes de rétro-contrôle vont eux aussi s'épuiser. Il y a des histoires de récepteurs qui ne reçoivent plus les rétro-contrôles.
Et donc, ça repart à fond. La resécrétion de cortisol essentiellement et de quelques autres... D'adrénaline aussi. Un peu d'adrénaline, mais l'adrénaline c'est plus vraiment dans l'aigu. Donc, il y aura un peu d'adrénaline dans les phases aigües, mais ça va être quand même beaucoup cortisol et d'autres hormones comme ça d'adaptation, vasoprestine, etc. Mais ça, ça consomme énormément d'énergie.
Et comme il n'y a plus de rétro contrôle, on va s'épuiser parce qu'on va utiliser toutes nos réserves avec en plus plein d'effets secondaires du cortisol. Et ça peut aboutir au mieux à l'épuisement qui va nous obliger à nous arrêter, au pire à la mort, quand tout est consumé.
Mais qu'est-ce qui fait qu'on va rentrer dans ce stress chronique ? Puisque là, on n'est plus en train de parler d'une adaptation à un stress aigu qui est protecteur, mais c'est ta voiture là qu'on retient de démarrer, elle veut partir.
elle use sa gomme et c'est complètement, comme on l'a dit, débile quelque part. Là, ça a du sens dans une course mais... Je tiens vraiment à reposer la chose. Il y a une différence entre le stress aigu qui est donc une stimulation qui demande une réaction, et le stress chronique qui, la plupart du temps, est généré par notre mode de fonctionnement actuel et qui lui est totalement non prévu, non naturel. Non naturel,
voilà, parce que ce n'est pas justement juste le petit coup de volant ou l'animal qui m'attaque ou même voir la tribu voisine qui vient d'essayer de me prendre mon territoire. C'est des conditions qui ne sont pas naturelles et qui nous mettent en but à une pression.
Alors il y a beaucoup d'éléments, on ne peut pas parler de tout là maintenant je pense, mais qui vont générer ce stress chronique. Mais un des éléments externes à nous, c'est une demande inadéquate avec les moyens qu'on a pour y répondre.
Je te demande de me préparer une pizza et tu n'as pas de farine et pas de tomates, et j'insiste, et j'insiste, et si tu ne me la fais pas, je te mettrai à la porte. Alors déjà, tu es invité chez moi, donc tu vas avoir du mal à me mettre à la porte. Et en plus, tu ne fais pas de pizza.
Non, mais c'est un exemple basique. C'est ton patron qui te demande en 35 heures de faire un travail qui se fait normalement en 90 heures. Et ça rend fou. Et qui ne te donne pas les moyens de le faire en 35 heures.
C'est-à-dire que normalement, tu devrais être 3 dans le bureau pour le faire et tu es tout seul. Et voilà, je pense que ça, ça va parler à tout le monde. C'est une mère d'un enfant handicapé qui est constamment soumise en plus en tant que mère affectivement aussi à la pression d'un enfant qui n'est pas bien, qui ne peut pas sortir, qui a des besoins, etc. et qui est surchargé et qui ne peut pas répondre à tout.
Et même à la limite si elle a objectivement les moyens, psychologiquement elle se sent dépassée parce que c'est son enfant. Et il y a des études qui ont montré que sur des mères d'enfants handicapés, je ne sais plus le pourcentage mais c'est à peu près les deux tiers d'entre elles vont s'effondrer. Ce qui est intéressant dans cette étude, et je pense que c'est à ça qu'on veut venir maintenant, c'est que ce qui compte ce n'est pas tant le stress réel que le stress perçu. C'est-à-dire le rapport
entre la demande de l'extérieur et nos ressources propres. Non seulement nos ressources propres mais avec l'impression qu'on a d'avoir ou pas les ressources. C'est plus subtil. Notre représentation propre, parce que ce n'est pas un accès à nos ressources réelles, mais c'est ce que l'on se raconte de soi-même par rapport à notre capacité à le faire.
Un autre élément important du stress chronique, c'est la personnalité. On sait, mais je ne veux pas dire qu'il n'y a que ça parce que c'est réducteur, c'est pour ça que j'ai parlé d'abord des pressions extérieures, mais c'est aussi la pression intérieure qu'on se met soi-même, c'est-à-dire qu'on sait que c'est en général les gens idéalistes et perfectionnistes qui vont plus facilement tomber en burn-out parce qu'ils ont une exigence très élevée et qu'ils n'ont pas l'aptitude de dire « ça je ne peux pas, je ne peux pas,
pas grave. » Le perfectionnisme étant souvent déjà une réponse à l'anxiété, une volonté de contrôle absolu de son environnement qui est déjà liée à une anxiété, donc déjà à un stress. Quand il y a anxiété, il y a contrôle et il y a pression qui est déjà exercée.
Voilà, donc il y a une pression qu'on se met soi-même et il y a en plus une pression réelle de l'extérieur. Et on sait qu'il y a des gens qui travaillent comme des fous, qui ont vécu jusqu'à 90 ans en bonne santé, et on se dit comment ils ont fait ?
Ils font dix mille trucs à la fois, ils n'ont jamais l'air débordés. On prend un Louis Schweitzer dans l'histoire, on prend aujourd'hui un professeur joyeux que je l'aime bien, c'est mon ami, je vais en parler, parce qu'il rencontre beaucoup d'opposition avec ces histoires de vaccins.
Thierry Leclercq-Oui, il ne fait pas tout pour avoir une retraite heureuse, tranquille. Charline Vanhoenacker C'est un monsieur, moi je connais sa vie, je me dis comment il fait ? Et il est paisible, et il est joyeux, Et moi, ce qu'il m'a, il porte très bien son nom, je l'ai sollicité moi pour être notamment dans mon jury thèse, avant même que j'ai fini de poser la question, il m'a dit oui.
Alors qu'il ne me connaissait pas, il a dix mille trucs à faire, il s'occupe de plein d'associations et il répond. Et il ne dit pas juste oui, il le fait. Et qu'est-ce qui fait que lui ne va pas tomber dans le stress chronique et dans le burnout ? Alors que la pression est extrêmement importante. Alors que la pression est énorme sur un seul homme qui subit en plus un certain nombre d'attaques, du harcèlement totalement injuste, et qu'un autre qui aura peut-être la moitié ou le tiers de ce qu'il a à faire
va tomber en burn-out. Tu veux dire que c'est sa représentation par rapport à ses propres... donc il aurait plus confiance en lui et en ses capacités, il ne se voit pas comme faible ? Je pense qu'il a un secret que Louis Schweizer avait aussi, mais je me lance le réserve pour la conclusion.
On va peut-être continuer sur ce qu'on disait là. Tu sais bien mener ton truc, pour tenir les gens, c'est bien, la conclusion. À la fin, il y a la recette.
Enfin, ce n'est pas une recette, c'est un secret. Oui, ce qui est intéressant, c'est cette notion dont tu as parlé au début d'inhibition de l'action. Et c'est même plus que ça, c'est d'anticipation de l'inhibition de l'action.
C'est-à-dire les gens qui ont étudié le stress, ils ont mis un animal dans une cage, ils lui ont envoyé des décharges électriques et ils lui ont ôté tout moyen de fuir ou de combattre. Au début, il a une réaction de stress adaptée, il essaye de fuir, et puis à un moment, il a enregistré qu'il ne peut pas fuir.
Il a enregistré que ce n'est pas possible. Donc à un moment, il ne va même plus essayer de fuir. Mais il va quand même subir un stress. Et ce stress qu'il va subir va amener une dégénérescence de son corps.
Et à terme, peut amener la mort si on le maintient dans cette situation. pauvre bête. Voilà, et donc on s'est rendu compte que cet animal a fini par anticiper qu'il ne pourrait pas fuir.
Alors si on déplace ça à l'être humain qui a une capacité de mémorisation qui est plus que pavlovienne, instinctive, il y a un moment où on dit, alors c'est pas tout à fait calculé, conscient, formulé comme ça, sinon ça nous aiderait beaucoup d'ailleurs, mais on a cette perception que cette situation, non seulement on ne peut pas la fuir, mais qu'on ne peut plus rien contre, qu'on a une perte totale de contrôle sur elle, qu'on doit la subir quand même, qu'on ne peut plus lui échapper, donc non seulement on ne peut pas lutter,
mais on ne peut pas non plus s'échapper, et là ça peut entraîner une situation de désespoir. Alors souvent les patients ne l'expriment pas en termes de désespoir, sauf s'ils sont vraiment déprimés, mais quand on est juste dans une situation de stress chronique et peut-être des débuts de burn-out, ils vont dire je suis épuisé.
Mais l'épuisement n'est pas seulement physiologique, il est aussi psychologique, et donc ils disent je suis au bout du rouleau, et là s'enclenche un certain nombre de pathologies dues au cortisol entre autres, qui amènent à tout un tas d'effets, notamment aussi baisse de l'immunité, donc ça peut même amener le cancer.
Et il y a quelqu'un à qui je rends honneur, c'est Virginie Poncelet qui a fait une thèse de psychologie sur la question du stress et de la pathologie. Elle a fait un travail magnifique et elle a fait une recherche avec 25 femmes atteintes d'un cancer du sein.
En étudiant leur histoire de vie, chez toutes, on trouve des situations d'impuissance et d'espoir, pas ponctuelles, ça ne suffit pas, c'est réversible. C'est répété, répété, répété, répété, jusqu'à un moment où la personne se dit « j'ai plus de solution » et c'est l'effondrement et la maladie.
Et ce qui est intéressant dans son étude, qui est quand même magnifique, c'est que c'est réversible aussi ça. C'est-à-dire qu'il y a eu des études qui ont montré par exemple chez 25 femmes, c'est plus une cinquantaine de femmes, qui avaient un cancer aussi du sein à des stades avancés. Donc qui avaient une espérance de vie d'à peu près deux ans.
On leur a proposé de faire un suivi psychologique, mais ciblé, avec cette idée de comment modifier leur perspective sur leur vie pour qu'elle ne soit plus à se dire je suis impuissante et donc s'est désespérée. Donc le combat se situe au niveau des pensées.
Voilà, et donc toutes celles qui ont accepté et qui ont fait ce suivi 12 ans après, c'était la durée de l'étude, enfin au moment où l'étude a été écrite, étaient en vie toutes, ce qui est absolument assez exceptionnel en médecine, en science en général d'avoir du 100 % et toutes celles qui avaient le pronostic, Ceux qui n'avaient pas fait ce suivi sont morts dans les deux ans.
On peut se poser la question d'un petit biais dans cette histoire, c'est que déjà le fait d'avoir accepté d'être suivi c'est qu'il y a peut-être encore un petit peu d'espoir, c'est qu'il y a encore, peut-être que ça, ça peut m'aider.
Thierry Laleu Ces études c'est toujours très difficile, on n'est pas des tubes à essayer. Mais ça montre que ça a un impact quand même, parce que leur espérance de vie était la même. Et voilà, donc c'est quand même un beau message. Ce qui m'intéresse dans ce que tu dis, c'est que finalement le désespoir, il y a un épuisement psychique, et cet épuisement psychique serait aussi en lien avec la perception d'une situation dans laquelle il n'y a pas d'issue.
Est-ce qu'on pourrait considérer que c'est aussi un mécanisme adaptatif dans lequel le corps se met d'une certaine manière en sommeil, considérant que de toute façon, si dans cette situation il est paralysé, s'il développe de l'énergie, il va se faire plus de mal que de bien ?
Est-ce que ça serait une situation adaptative, le désespoir et la dépression ? On pourrait, on pourrait, on pourrait. Je sais que Freud a dit en tout cas pour la dépression que c'est un deuil qui n'a pas pu être fait.
Pas forcément un deuil de la disparition physique d'un proche, mais aussi d'une situation dans laquelle on avait mis beaucoup d'espoir qui n'a pas pu se réaliser et on n'a pas supporté qu'elle ne se réalise pas.
et donc il y a une espèce de repli, effectivement, et de fuite de la vie. C'est quand même une fuite. Mais le problème c'est que c'est quand même très délétère parce que le stress persiste, et la pression persiste.
Donc, c'est comme souvent dans ces cas-là, c'est un faux-fuyant. – Laurence, tu m'as dit que le docteur Joyeux avait un petit secret. Docteur Joyeux, Docteur Schweitzer, Toi aussi, allez avec tout ce que tu fais !
Quel est le complément alimentaire qui leur permet de tenir ? Ça vient d'où ? D'Alaska, du fin fond de l'Amazonie ? Ça vient de très très haut. Parce que cette notion de désespoir est intéressante.
Désespoir, il n'y a plus d'espoir. Il n'y a plus d'espoir, on dit stress aussi, on dit le mauvais stress. On s'est rendu compte qu'il y a le stress, le bon stress, qui d'ailleurs va entraîner surtout des sécrétions de catécholamines comme l'adrénaline et très peu de cortisol, alors que dans le distress, d'ailleurs le stress qui est perçu négativement, il y a le cortisol qui...
donc le cortisol serait vraiment l'hormone du mauvais stress et engendrerait tout un tas de pathologies puisque c'est plus chronique. Alors pour revenir à ce secret, il y a des personnalités déjà, on dit des personnalités heureuses, c'est-à-dire les gens qui ont tendance peut-être parce qu'ils ont eu la chance d'avoir un cadre très sécurisant, plus jeunes vont plutôt percevoir les choses justement comme des défis et non pas comme des attaques.
Donc pour eux le défi va être stimulant et ils vont pouvoir faire beaucoup de choses parce que c'est un défi et ça les excite. Et donc, ils vont être dans le E-stress, c'est-à-dire le bon stress, et ça marche.
Et ils tiennent, et ils peuvent tenir très très longtemps, voire toute leur vie. Mais le problème pour ces gens-là, c'est que si le défi s'effondre, tout s'effondre. Alors que notre ami, par exemple, le professeur Joyeux, qui a subi quand même des attaques assez perverses concernant les vaccins, je prends un peu des risques en disant ça moi aussi, il n'a jamais dit qu'il était contre les vaccins, il a juste dit bon, on connaît l'histoire,
qu'il voulait que ceux qui étaient obligatoires soient mis à disposition et si possible en appliquant le principe de précaution de ne pas mettre de métaux lourds dedans. On a déformé ses paroles et on l'a attaqué sur cette base-là d'une manière qui est vraiment presque simpliste, les journalistes qui ont osé écrire ça je les plains presque, je me demande comment on peut en arriver à dire des choses aussi bêtes, aussi basses. Thierry – Soit ils n'ont aucune compréhension intellectuelle, soit c'est de la perversion et du détournement.
Je préférais pour eux que ce soit la première option. Caroline – Oui, bon, je ne crains que pas, mais enfin bon, avoir eux et leur conscience, mais voilà, donc pour lui il y a quelque chose quand même, il y a un défi qui est attaqué, qui s'effondre, on détourne ce qu'ils ont dit de son but et malgré ça il ne s'effondre pas. C'est donc qu'il a une espérance qui n'est pas liée aux choses de ce monde.
Il a une espérance qui est au-delà, il ne se bat pas seulement pour ce monde. Il veut faire entrer dans ce monde, j'espère que je ne parle pas trop pour lui, si un jour il m'entend il ne m'en voudra pas, mais je pense qu'il sera d'accord, il veut faire entrer dans ce monde quelque chose que moi j'appelle de la grâce.
C'est-à-dire ? C'est quelqu'un qui a une espérance qui n'est pas une espérance de ce monde, mais qui est une espérance basée sur sa foi. qui est bon, qui veut le donner, qui veut le faire connaître de toutes sortes de manières différentes.
Parfois il parle directement de sa foi, parfois c'est indirect, mais il sait ce qui est bon et il veut le donner à l'humanité. Et il y a des gens que ça n'intéresse pas parce que ça ne rapporte pas.
C'est ce qu'on a dit dans une autre vidéo, c'est que notre but c'est d'abord de thésauriser et d'avoir... Notre but biologique. Notre but biologique et avec notre perversion humaine on l'a un peu détourné.
Mais voilà, et lui il est au-delà de ça, parce qu'il a une espérance, parce que sa vie c'est pas que cette terre. Et que lui il aura donné, il est là, il fait ce qu'il a à faire, il donne ce qu'il a à donner, il le fait avec joie parce qu'il a la conviction profonde que c'est bon, c'est reçu, tant mieux, c'est pas reçu, dommage. Mais lui, son espérance elle est ailleurs.
Et bon, il s'en cache pas, c'est un homme qui a la foi, et qui reçoit sa force de l'amour de Dieu. et il ne la puise pas seulement en lui-même, non pas pour fuir les réalités de cette terre, au contraire, on voit qu'on parlait du professeur Joyeux ou du docteur Schweitzer, c'est des gens qui se sont investis complètement, qui prônent la biologie, la nutrition saine...
La foi n'est pas un alibi pour se détacher du monde. Voilà, Schweitzer le respect de la vie, de la nature, etc. Donc ce n'est vraiment pas des gens qu'on peut qualifier de mystiques planants, Ils ne se sont pas désinvestis, parce qu'ils sont incarnés, et cette incarnation c'est aussi une création de Dieu qui est bonne et qui est belle, et qu'on est appelé à faire vivre.
Mais leur espérance va au-delà de ça. Et c'est un peu ce beau film qu'on a vu l'autre jour, avec nos amis les chariots de feu, où à un moment il y a ce coureur là, Lidl, qui est l'homme le plus rapide du Royaume-Uni, qui est chrétien, qui ne s'en cache pas, et il dit aux gens d'où vient la force de continuer à courir, pas seulement de continuer à courir ma course physique, mais aussi de continuer à courir sur cette terre qui est quand même difficile. Il dit qu'elle vient de l'intérieur, mais il ne s'arrête pas à ça.
Il dit que cet intérieur est nourri de quelque chose, d'une force, et cette force c'est l'amour de Dieu. Et si on ne cherche qu'à l'intérieur, c'est très déséquilibré. Il y a des gens qui sont forts et d'autres qui ne le sont pas.
Et je trouve que ce serait un message très inégalitaire. Or, on peut tous avoir cette force. Je te remercie Laurence, je te remercie d'avoir consacré du temps à nous présenter encore et encore.
Mais c'est nécessaire parce que c'est vraiment le mal de l'époque, cette espèce de spirale délirante dans lequel de l'épuisement on passe à la dépression, au désespoir, à l'épuisement total, au burn-out. Je reprécise aussi que tu es médecin et tu exerces en milieu hospitalier à l'étranger, et que parallèlement à ça, je suis très content de le dire, c'est de la pub délibérée, et je l'assume complètement, tu as décidé maintenant de donner des consultations à distance pour accompagner
des personnes, donc je mettrai le lien de ton site, donc voilà pour les personnes, surtout tu essaies de te placer dans une espèce de lien entre l'alternatif sauvage et le monde médical très normé, avec ta casquette de médecin et avec ta casquette aussi d'hygiéniste, de phytothérapie, utilisation des huiles essentielles, tu essaies de te passer à la frontière entre les deux et d'essayer de combiner les deux et de réconcilier un peu les deux, et ça j'aime bien comme démarche.
Voilà, ce que je fais en ligne c'est du coaching santé, ce n'est pas de la médecine, donc... Tu fais du coaching santé en t'appuyant aussi sur tes connaissances bioéthiques. Mais le fait que je sois médecin va me permettre d'aider les gens à gérer leur traitement et à ne pas forcément mettre à la poubelle tout ce que leur médecin leur dit. Et c'est plutôt une collaboration avec mes collègues dont j'ai besoin aussi dans ces cas-là pour faire des diagnostics et parfois même de traitements alternatifs, pas alternatifs, allopathiques, et on peut être
complémentaire ou selon le choix des gens, travailler autrement, mais en tout cas, ce n'est pas en opposition. Thierry Samitier-Leclerc – Tu me sers d'alibi parce que tous les gens qui disent que je n'aime pas les médecins, ce n'est pas vrai.
Laurence Fautré – Ah ouais, ça c'est vrai que ce n'est pas vrai. Thierry Samitier-Leclerc – J'attends de vivre des jours et des jours entiers avec deux médecins dans la maison, c'est quand même, j'aime la médecine et j'aime les médecins.
Merci Laurence, merci beaucoup....
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