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AMAP, on se réapproprie l'essentiel !

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L'équipe RGNR
13 vues • Publiée le 06/06/2014

Dans cette vidéo, Thierry part à la rencontre d’Antoine, maraîcher bio sur trois hectares au sud de Perpignan, dont un hectare et demi en maraîchage et un hectare de kiwis. Antoine gère sa ferme de la semence à la récolte, en autonomie complète, et fournit entre 100 et 130 familles via une AMAP qu’il a lui-même mise en place il y a plusieurs années.

Le principe d’une AMAP repose sur un contrat de confiance entre producteurs et consommateurs : les familles s’engagent à l’avance sur une saison, paient avant la récolte et reçoivent chaque semaine une part de ce qui a été produit. Si la grêle ou une inondation réduit la récolte, tout le monde partage la perte, et si l’abondance est au rendez-vous, tout le monde en profite. Ce mécanisme de solidarité partagée remplace la logique de séduction et de prix bas qui caractérise la grande distribution.

Antoine détaille aussi les aspects pratiques : le prix d’une part est de 13,50 euros pour deux personnes, les légumes sont récoltés à maturité le jour même de la distribution, et aucun calibrage n’est imposé. La ferme propose plus de 65 variétés, dont beaucoup de variétés anciennes, et intègre progressivement d’autres producteurs locaux pour élargir l’offre, de la volaille au fromage de chèvre en passant par le miel et le vin.

La conversation aborde aussi la dimension politique du modèle : les AMAP ont été créées pour contrer la disparition de l’agriculture vivrière à petite surface, remplacée par de grandes exploitations sous pression économique. Antoine et Thierry évoquent la nécessité de reconstruire des ceintures vertes autour des villes avant qu’une crise alimentaire ne rende la chose urgente, et rappellent qu’il faut du temps pour mettre ces systèmes en place.


📑 Au programme de la vidéo


Transcription de la vidéo

Transcription automatique, elle peut contenir des erreurs.

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C'est ici ? Ouais. Parking, entrée. Allez je te suis. Vous avez une sacrée surface là. Il y a 3 hectares en tout et 1,5 hectare en maraîchage.

Et le reste c'est quoi ? J'ai 1 hectare de kiwi. Tout en bio ? Tout en bio. Alors on fait nous-mêmes nos plants. Donc on a la moteuse.

D'accord. Du coup comme ça on est autonome et on gère tout, de la semence jusqu'à la récolte. Ok, donc là c'est une amape. Christophe m'a dit, tu peux nous dire juste ce que c'est qu'une amape ?

Alors UNAMAP, c'est une association de consommateurs pour le maintien de l'agriculture paysanne. OK. Donc, ça veut dire qu'en gros, les consommateurs se réunissent en association, donc soit de fait, soit de loi 1901.

Ouais. Et vont chercher des producteurs et signent un contrat avec eux. Et voilà, et s'engagent sur une durée donnée en fonction de la production, en fonction du lieu, du climat, etc.

Et s'engagent à payer à l'avance des parts de récolte. D'accord, pour toi c'est une super sécurité quoi en fait, tu sais qui va te prendre quoi ? Je sais combien je dois planter, combien je dois récolter, jusqu'à la fin, donc pour tout ce qui est organisation du travail et des productions.

Ah ouais, c'est énorme, ça change tout. Ça change tout. Tu n'es plus en train de guetter le client, toi tu fais ton boulot tranquille et tu sais que... Exactement, voilà, c'est l'intérêt de la MAP, c'est justement de se dégager de notre casquette de commercial, et donc du coup de pouvoir faire notre travail encore plus tranquillement.

Thierry Lecce T'étais déjà agriculteur ou tu t'es installé pour l'association, comment ça se passe ça ? Est-ce que c'est des gens qui cherchent un agriculteur, comment ça se fait ? Normalement c'est comme ça que ça fonctionne, voilà, c'est des consommateurs qui se réunissent et qui prouvent voir des agriculteurs, en leur disant nous voilà, on veut manger comme ça, on veut manger ça, etc. Thierry Lecce Ils posent leurs critères aussi les consommateurs ?

Thierry Lecce Et oui, bien sûr. Thierry Lecce D'accord, c'est du donant-donant. C'est du donnant, ils offrent une sécurité mais ils demandent... C'est logique, donc alors il y a une charte des AMAP qui existe où tout est bien expliqué et relativement bien détaillé.

Je la montrerai derrière la vidéo. Donc ça, on se base là-dessus pour savoir ce qu'il faut faire, donc il y a tout ce qui est environnement, alors on n'est pas obligé d'être labellisé bio, par contre c'est important de respecter l'environnement, le côté social, le volet social aussi est important.

D'un mesure on s'adresse à des gens qui sont fidèles, finalement la labellisation n'est pas obligatoire, ça passe par la confiance, ils peuvent venir dans les champs. Exactement. Donc ça fait des coûts en moins.

Ça fait des coûts en moins. Oui, c'est bienvenu. C'est ça. Donc voilà, vous l'avez dit, c'est un partenariat, une relation de confiance entre le producteur et le consommateur.

D'accord, ok. Et ça représente beaucoup de familles, ici par exemple, là tu nourris combien de personnes ? Nous on est à 130 familles, et on est monté jusqu'à 140. D'accord, ok. Et avec ça, vous êtes quoi ?

Vous êtes en couple, vous avez une salariée ? Non, alors j'étais tout seul pendant 8 ans, Donc c'est moi en fait qui ai amené le système d'AMAP dans le département, qui n'existait pas avant.

C'est pour ça que ça s'est un peu passé à l'envers, c'est à dire que c'est moi qui suis allé voir les consommateurs... D'accord, pour leur dire, ouais, ça serait bien si vous aviez besoin de... Voilà, en leur expliquant bien le système, le projet, etc.

Donc il y en a qui m'ont suivi et très rapidement je suis monté en puissance et les gens se sont intéressés à ça. Ouais, parce que 130-140 c'est pas mal pour une AMAP, non ? C'est une belle AMAP, ouais. Et donc là ça fait combien de temps que ça existe pour toi ?

Eh bien, il coûte 2005. Thierry Leccet. Ah oui, quand même ? Olivier Roland. Oui, oui, oui. Thierry Leccet. Ah oui, 9 ans que tu tombes comme ça en amapes.

Effectivement, à l'époque ce n'était pas la mode des amapes encore. Olivier Roland. Pas du tout, et encore moins du bio, donc pour moi avec les banquiers ça a été une galène.

Thierry Leccet. Surtout dans le coin, je certifie. Et là, c'est des paniers pour une famille, comment ça se passe ? Olivier Roland. Alors, on n'appelle pas ça des paniers, on appelle ça des parts, parce que c'est vraiment une part de récolte, parce que moi je ramasse tout ce qu'il y a, je pèse la récolte le jour même, et je divise par le nombre de paniers que j'ai.

Thierry Laleu C'est trop bon, c'est trop bon. Thierry Laleu Donc, ça suit la production, donc je ne peux pas dire... Thierry Laleu Il y a des moments où il y a l'abondance et puis des moments où il y a un peu moins d'abondance, et tout le monde partage, en fait tout le monde supporte le risque et les avantages quoi.

Thierry Laleu Exactement, voilà. Donc si j'ai une grêle, de la neige, une inondation, je ne sais pas, le consommateur se dit moi je suis solidaire avec toi, donc je n'ai pas de panier où j'ai très peu de légumes dans le panier, tant pis, et ça se rattrapera dans l'année.

Thierry Laleu-Colombe. C'est un changement radical de mode de fonctionnement. On contourne complètement le système de commercialisation. Thierry Laleu-Colombe. Oui, puis de commercialisation, de séduction, je vais chercher chez celui qui fait le moins cher, tant mieux s'il exploite des gens ou des travailleurs sans papiers parce que de toute façon il va faire baisser le coût et je paierai moins cher.

Exactement. Thierry Laleu-Colombe. C'est très bon. On fait un petit tour dedans si tu veux ? On peut faire un petit tour, voir les cultures. Je te suis, je te suis.

Donc voilà, du coup, c'est la diversité qui prime. Ouais, d'accord, donc courgettes... Pour chaque production, on a différentes variétés, beaucoup de variétés anciennes.

Oui, il paraît que t'es... Au niveau des tomates, il paraît que ça... C'est assez incontournable. Alors là, les poivrons, il y a 15 variétés différentes.

D'accord. On ne le voit pas encore, mais ça viendra. Un peu de ciboule là-bas. qui reste. Donc là on est un peu en transition entre fin pétanque... Toujours pareil, il y a les vieilles fèves...

C'est ça, voilà. Celle-là, c'est fini. Là, il y a les tomates qui arrivent. Voilà, cette année, 34 variétés de tomates. 34 variétés, d'accord.

Et je suis monté jusqu'à 60 variétés une année. Ah, d'accord. Donc là, il doit être horrible les consommateurs. L'été, les paniers doivent être hallucinants. C'est monstrueux. Ils peuvent avoir jusqu'à des fois 8 kg pour une part de récolte qui représente un couple, c'est pour un couple une part.

Thierry Laleu D'accord, et dis-moi comment ça se passe ? Je veux dire, tous les ans vous avez une réunion pour fixer les orientations, comment ça fonctionne ?

Je veux dire, parce que tu me disais que tu étais à l'écoute des besoins, donc les gens s'étaient réunis, est-ce que ça peut être rectifié ? Est-ce que ça peut être orienté ?

Est-ce qu'ils peuvent te dire cette année on aimerait bien beaucoup plus de tomates par exemple ? Thierry Laleu C'est possible, oui bien sûr. Thierry Laleu D'accord, et toi tu t'adaptes ?

Thierry Laleu Moi je m'adapte à ce qu'ils me disent, Après bon, je fais quand même beaucoup de diversité, je fais soit plus de 65 légumes à l'année, sans parler des variétés anciennes dans chaque légume, donc c'est vrai que j'offre un panel le plus large possible et finalement j'ai peu d'orientation, enfin il y en a qui me disent on veut du haricots stané, alors je le fais, donc forcément je… Thierry Leclerc Mais c'est un dialogue, c'est un dialogue à deux.

Thierry Leclerc Moi je suis à l'écoute, alors c'est vrai qu'au début je mettais beaucoup plus de diversité dans les paniers, je mettais jusqu'à 10 produits différents mais en plus petite quantité. Thierry Leclerc D'accord.

Et là, à force d'écouter les gens, je fais moins de diversité, donc je suis à 6, entre 6 et 8 paniers de légumes différents, mais en plus grosse quantité. Thierry Leccet. D'accord, ok. Ouais, voilà, donc tu t'es adapté aux besoins.

Thierry Leccet. Je me suis adapté aux besoins. Thierry Leccet. Et si les mecs viennent te voir une année pour te dire voilà, nous on a un besoin spécifique, si tout le monde est d'accord, voilà ça. Thierry Leccet.

Voilà, moi je... Thierry Leccet. Oui, en fonction des contraintes aussi qui sont les tiens, en fonction du terrain et tout ça. Du coup voilà, on rentre dans les discussions parce que...

Thierry Laurent Oui, voilà, il ne faut pas faire n'importe quoi sur n'importe quel terrain. Thierry Laurent On est bien d'accord. Thierry Laurent Et là vous bossez à combien ici ?

Thierry Laurent On est deux. Thierry Laurent Deux, d'accord. Et donc vous payez normalement, c'est-à-dire que tu vis... Thierry Laurent En fait voilà, je m'étais installé en 2005, donc pendant 8 ans j'étais tout seul, et là depuis presque bientôt 2 ans je me suis associé avec Ludivine, et parce qu'au niveau du travail je n'en pouvais plus, j'explosais.

Donc voilà, l'association a été nécessaire, bénéfique, parce que c'est un gain de temps de travail, c'est un gain d'organisation, on se partage plus les tâches, ça fait du bien physiquement et même dans la tête.

Ouais, puis travailler à deux, c'est plus joyeux quoi. En plus, et puis bon, alors pour l'instant, on est encore en phase d'installation, on va dire.

D'accord. Là, on ne gagne pas encore finalement assez pour pouvoir... Là, on touche 1000 euros chacun. D'accord, ah ouais, ah ouais. Et j'imagine que ce n'est pas du 35 heures. Non, les heures on ne les compte pas, c'est vraiment un métier passion donc il n'y a pas de...

On va calculer nos heures et le machin, mais voilà, donc on est en train d'essayer de développer aussi des produits transformés, alors quand il y a vraiment de la surproduction ou avec certains produits, je fais spécialement, on va commencer à faire de la transformation et puis mettre des bocaux, valoriser différemment et dans d'autres circuits.

D'accord, et là vous êtes à votre maximum de production au niveau panier, comment ça se passe ? Oui, là on est à 130, je suis monté jusqu'à 140 mais c'est vraiment limite. Donc le moindre petit bug, ça se sent tout de suite dans le panier, trop à mon avis.

D'accord, ok. Donc on a préféré diminuer, augmenter un petit peu le prix du panier pour essayer de rester à l'équilibre. D'ailleurs on n'a pas parlé, c'est quoi le prix d'un panier ? Alors là à l'heure actuelle c'est 13,50€ la part, donc pour deux personnes par semaine.

D'accord, ça va, c'est tout à fait abordable. Et donc là actuellement tous tes paniers sont pris ou comment ça se passe ? Où tu cherches ? Thierry Laleu Voilà, là pour l'instant il me reste des parts à fournir, il nous reste à peu près 25 parts à fournir.

Thierry Laleu Ok, on en profite pour passer une annonce quoi. Allez au sud de Perpignan, à Palo del Vido, entre Palo et Argelès, et les distributions tu me disais, Christophe me disait ça ?

Thierry Laleu Le mardi soir ici sur l'exploitation, et le vendredi soir je me déplace sur Perpignan à Château Roussillon, d'un local loué par la mairie et bon voilà, c'est un côté pratique aussi. C'était aussi dans l'idée de me rapprocher de la masse de consommateurs qui est beaucoup plus importante en ville que dans les villages.

Et voilà, donc pour éviter que tout le monde se déplace ici. Ça ne fait quand même pas une grande distance, ça reste local quoi, c'est quoi 10-12 kilomètres ? C'est ça, voilà.

12 kilomètres, ça reste... Un quart d'heure, 20 minutes, grand maximum. Mais bon, dans un souci aussi d'écologie et de... moi je me déplace, c'est me rapproche d'eux qu'ils fassent des kilomètres pour rien.

Thierry Leccet. Oui, bien sûr, tout à fait. D'accord, je mettrai tes coordonnées pour te contacter s'il y a des gens du coin qui veulent adhérer, donc il manque une 25 paniers à peu près.

Et là, tu me disais au niveau surface, tout le reste c'est en kiwi, donc l'hiver tu mets du kiwi ou tu le vends ? Thierry Leccet. L'hiver je mets du kiwi. Alors au début j'ai commencé par le vendre en gros comme tout le monde on va dire, et c'est une arnaque.

Thierry Leccet. Total, il n'y a rien à faire. Donc j'ai arrêté, et voilà, je mets tout dans les paniers. Alors là, ça fait beaucoup de kiwis tout l'hiver, parce qu'ils en ont de début décembre jusqu'à fin mars.

Thierry Laurettierre Mais cueillis à maturité, ça change tout, parce qu'entre un kiwi vert c'est acide, ça arrache la bouche, un kiwi mature c'est super sucré. Thierry Laurettier C'est un autre intérêt de la map, c'est que nous on cueille à maturité tous les produits.

Thierry Laurettier Tu n'as pas la pression. Thierry Laurettier Voilà, je n'ai pas de pression, du coup il n'y a pas de calibrage à faire etc. il n'y a pas les contraintes de la grande distribution ou du marché de gros, et ça permet aussi d'avoir du goût.

Thierry Samitier-Leclerc On sort de la tyrannie du consommateur, le consommateur roi qui t'oblige à vivre comme un esclave finalement. Voilà, parce que finalement, malheureusement c'est toujours le producteur qui paye, c'est à lui qu'on demande de diminuer les coûts.

Oui, c'est celui qui est au bout de la chaîne finalement, à la limite la distribution elle se sucre pas mal, mais le producteur lui de toute façon c'est lui qui fait l'office de fusible. C'est ça, c'est excellent.

Il y en a beaucoup d'AMAP en France, ça se développe, c'est comment ? Thierry Laleux-Morin. Oui, il y a un peu plus de 6000 AMAP maintenant en France. Les premières ont commencé en 2001, donc en PACA avec monsieur et madame Vuillon, et puis voilà, ça fait son petit bonhomme de chemin tranquillement, et ça se développe bien.

Thierry Laleux-Morin. D'accord, et donc des consommateurs qui veulent se réunir pour lancer une AMAP, j'imagine qu'ils vont sur le site de les AMAP, il y a la charte. Il y a la charte à Miramap, donc là il y a un site où tout est expliqué, tout est détaillé, comment créer une Amap, comment... Thierry Samitier-Leclerc.

Oui d'accord, tout le protocole pour se lancer, Thierry Samitier-Leclerc. Et même en fonction de la région, une Amap doit aider à la création d'une nouvelle. Donc le consommateur qui est déjà dans une Amap va voir les nouveaux consommateurs ou le nouveau maraîcher avec son maraîcher ou d'autres producteurs.

Thierry Samitier-Leclerc. Ah, et il lui explique comment ça fonctionne. Thierry Samitier-Leclerc. Et voilà, et on partage des expériences, tu devrais faire comme si, tu devrais faire comme ça, et comment tu travailles, nous on préférait que tu mettes un peu moins de produits chimiques par exemple, ou un peu plus comme ça, et voilà. Thierry Samitier-Lecquierre.

Thierry Samitier-Lecquierre. On essaie d'orienter plus ou moins le travail du producteur, qui au bout d'un moment se rend bien compte que c'est juste magique ce système, et la plupart du temps ils gardaient leur marché ou leur système de vente classique, mais petit à petit ils restent, ils deviennent 100 % à main.

C'est tellement bien que c'est... voilà. Thierry Laleux Oui, franchement, je pensais moi surtout à les AMAP en termes de relocalisation, mais en fait il y a beaucoup plus que ça. Thierry Laleux Il y a beaucoup plus que ça.

Thierry Laleux Non, c'est vraiment une revalorisation du travail de l'agriculteur. Thierry Laleux Du travail de l'agriculteur, et maintenant on en est à un point où les AMAP se commencent à se poser la question comment on pourrait fournir des gens qui sont dans le besoin et qui n'ont pas les moyens de s'acheter forcément des produits bio. Thierry Laleux Oui, d'accord. Thierry Laleux Et donc en faisant peut-être payer un peu plus cher, D'ailleurs, il y a différents systèmes qui se sont testés,

un peu plus chers certains qui ont les moyens pour que les autres payent beaucoup moins cher leur panier. Et voilà, du coup, c'est un partage. Passer un système équitable et non pas égalitaire.

Exactement. Ça, c'est énorme. Ça, c'est du projet politique à fond les ballons. D'ailleurs, les politiques commencent à s'y intéresser parce qu'ils commencent à avoir un peu peur vu le développement et l'engouement qu'il y a autour de ça.

Ils commencent à s'y intéresser. Donc, ils veulent mettre des barrières au maximum. Ils essaient de trouver des moyens pour faire passer les fraudes et puis essayer de mettre des bâtons dans les roues aux amapes. Thierry Leclerc – T'as eu des difficultés toi ?

Paul – Pas encore ici, dans le département on n'en a que 5 encore, donc voilà, ça débute seulement. Thierry Leclerc – D'accord, c'est formidable comme projet, c'est vraiment excellent, tu en as aussi en plein champ non ?

C'est ça, là c'est la serre ? Paul – Oui, voilà, là j'ai 5000 m² de serre et j'ai un hectare de plein champ. Thierry Leclerc – D'accord, ok, et tu travailles ça comment ?

Tu travailles ça, j'ai l'impression que tu n'as pas beaucoup de machines là-dessus non ? Paul – J'ai très peu de machines oui. Très très peu de machines. Jusqu'ici, alors voilà, petit à petit, moi j'achète du matériel, mais en fonction de mes moyens.

Et du coup, c'est aussi la map qui m'évite de m'endetter trop à la banque et d'être un peu prisonnier de ça. Donc, petit à petit, j'achète du matériel et pour l'instant, c'est beaucoup à la main.

C'est beaucoup de travail physique, mais voilà, on arrive petit à petit à avoir le bon matériel bien adapté. Ça nous permet en prenant le temps aussi de trouver vraiment des matériels qui nous conviennent bien et qui nous sont vraiment utiles. Et voilà, du coup le but du jeu c'est quand même de diminuer notre temps de travail abîmé, touché, voilà. Thierry Leccet.

Et dis-moi, j'avais entendu parler d'AMAP, alors ça m'avait semblé assez irréaliste sur le coup, des AMAP où les gens venaient travailler directement pour filer un coup de main, c'est réaliste, ça marche, tu le fais ?

Thierry Leccet. Alors, nous on fait des ateliers pédagogiques, on appelle ça comme ça, où les gens veillent à nous aider, et par exemple la plantation de tomates, c'est nous et les amapiens qui avons fait tout ça ensemble.

Thierry Lalonde Ah d'accord, et ça va le travailler ? Thierry Lalonde Il y a une dizaine de personnes qui viennent pratiquement à chaque atelier. Thierry Lalonde D'accord, le rapport entre le temps passé et puis finalement le bénéfice pour toi ce n'est pas...

Thierry Lalonde Non, c'est très intéressant, puis ça permet de partager des choses, de discuter, on finit par un repas tous ensemble, collectif. Thierry Lalonde De ne pas être tout seul dans ton champ aussi.

Oui voilà, et puis même de faire se rendre compte aussi aux consommateurs de ce que c'est que le travail dans les champs. Thierry Samitier Oui, carrément, le prix de... Ils s'en souviennent souvent deux semaines après l'atelier. Aïe, aïe, aïe, aïe...

Thierry Samitier Oui, d'accord, ok, le poids des tomates. Thierry Samitier C'est ça. Thierry Samitier C'est excellent, c'est un super projet, tu vois, je n'en avais vraiment pas pris la dimension, et c'est vraiment énorme.

Donc je le rappelle, ce n'est pas parce que ça me plaît bien, donc il y a encore quelques paniers ici, il y a 25 paniers à peu près à fournir, mettez tes coordonnées en dessous, c'est au sud de Perpignan, et puis toute personne qui veut lancer ça dans son environnement, soit il y en a qui existe déjà et s'il y en a qui n'existe pas, il faut la créer.

Il faut la créer et offrir cette sécurité à nos agriculteurs. C'est vraiment l'offrir une sécurité. Thierry Lalonde Maintenant on partage d'autres productions aussi, du coup on fait venir d'autres producteurs qui sont un peu dans le même cas des petites structures, des petites surfaces qui sont plus ou moins en difficulté, parce qu'il y a beaucoup de monde sur le marché, donc les faire venir ici et donc proposer aussi un panel de production aux consommateurs.

Tu les intègres petit à petit quoi. Petit à petit, voilà, donc là maintenant nous on a les oeufs, la volaille, les fruits d'été, on a le miel, le vin, on a eu le pain, ça s'est arrêté, mais voilà, on fait le fromage de chèvre.

Donc voilà, alors après c'est un contrat par producteur ou par production et les gens choisissent ce qui les intéresse. Oui, on pourrait imaginer une grosse amape composée même de plusieurs maraîchers qui mixent leur production avec un tel qui a un terrain plus propice à tel produit.

Alors moi j'ai vu dans le Var un champ entier avec 40 producteurs différents, dont 3 ou 4 maraîchers et des centaines de personnes qui venaient et qu'allait chacun dans son stand, là où il avait signé son contrat, récupérer son panier.

Excellent. Voilà, donc ça nous permet nous aussi entre agriculteurs de communiquer, de se rencontrer. de vos difficultés, de vos réussites, etc. Et puis le fait de payer à l'avance, alors il y a une petite douloureuse au départ plus ou moins, même si nous on échelonne sur 12 mois, donc un chèque par mois, ça fait 54 euros par mois pour les légumes.

Et du coup, on échelonne un maximum pour faciliter le paiement. Mais après dans la distribution, comme il n'y a pas cet échange d'argent, Oui, c'est beaucoup plus cool. C'est cool, les gens parlent plus facilement, ils s'hypersent. Ils ne sont pas en train de guetter le meilleur prix, avec la peur de revendre, voilà. Même sur un marché si on connaît bien son maraîcher, à chaque fois il y a la douloureuse à la fin, même si on arrive à discuter avec lui, à être sympa.

Ce n'est pas du tout le même rapport. Voilà. Mais là ce qui me plaît bien c'est l'engagement, on s'engage avec quelqu'un, c'est un engagement mutuel et ça change radicalement les règles du commerce. Le constat pour la création des amables c'était de voir que l'agriculture vivrière ou en tout cas des petites surfaces comme ça, familiales, disparaissait complètement, il ne reste plus que les énormes parce que concurrence etc.

Donc pour lutter contre ça, les amapes, les gens se prennent en main et finalement gardent des ceintures vertes autour de leur village ou de leur ville, et du coup l'optimum ce serait que le village ou la ville soit autosuffisante.

On n'a pas besoin d'aller voir ailleurs dans le monde. On a intérêt à s'y mettre, parce qu'il y a un jour où ça deviendra peut-être une nécessité, et avant que ça nous pète à la gueule, autant se préparer, parce qu'il faut un petit peu de temps pour mettre en place les circuits et tout.

Là, si ça se passe à l'heure actuelle maintenant, on meurt de faim en France. Oui, mais on n'est pas autonome du tout. Du tout, on n'est plus. Crise alimentaire... Oui, tu dis on n'est plus, parce qu'avant c'était le cas, il y avait des ceintures vertes.

Mais bien sûr, bien sûr. Tout cela a disparu parce que remembrement, parce que politique économique, parce que politique agricole, parce que tout ça. Donc tous les pétriers et les moyens, ils ont disparu, ils n'étaient plus assez compétitifs.

Du coup, on leur a dit, allez hop, dégagez, puis à force de ne pas vendre, ils ont disparu. C'est rigolo de préparer le futur en revenant à des choses qu'on avait abandonnées.

Alors on utilise des techniques plus modernes, on n'est pas non plus régressiste du tout, mais c'est optimiser au maximum. optimiser les surfaces, et là on le voit rien que dans le département, le nombre de friches qui se développe c'est malheureux, mais c'est...

Thierry Samitier Oui, oui, nous on est un département de friches, c'est hallucinant, des terrains cultes de partout, et effectivement s'il y avait une crise majeure on mourrait de faim devant des friches quoi. Thierry Samitier C'est ça, exactement. Thierry Samitier Si ce n'était pas aussi sordide ce serait comique quoi. Thierry Samitier Mais...

Thierry Samitier On est d'accord. Thierry Samitier Ouais d'accord. Thierry Samitier On est d'accord. Thierry Samitier Super, super, J'espère que cette petite présentation permettra aussi que ce genre de mouvement se développe.

Ce serait parfait. Oui, c'est déjà bien lancé. Je te remercie Antoine, je te remercie, on va aller jeter un petit coup d'œil à la distribution, voir un peu à quoi ça ressemble.

D'accord. On va mettre les paniers en place. Donc là, ça défile en fonction des saisons. C'est ça, voilà. Et là, tu prépares une quarantaine de paniers comme ça alignés ? C'est ça, en fait ils sont tous derrière et il y a une personne de la MAP qui vient aider chaque semaine, ou deux, et qui remplit les paniers présents et une fois qu'il est vidé, il le re-remplit, et ainsi de suite.

Excellent. Voilà. Excellent, excellent. Et ça dure combien de temps les distributions à peu près ? Une heure et demie. Une heure et demie ? Une heure et demie de présence, une heure et demie de rigolade, et de nuit, et de... Voilà.

Ah ouais... Et après on fait des tas de choses autour de la distribution. on fait des amapéros, donc on propose à boire, à manger, les gens amènent eux-mêmes ce qu'ils ont préparé.

Ouais, donc c'est vraiment un moment de partage. Ouais, c'est ça. Ouais, d'accord, c'est assez. Le but du jeu c'est que tout le monde en profite et que ce soit vraiment de bon esprit quoi. Excellent, excellent. Écoute, je te remercie, bonne préparation de distribution.

Merci. Merci Antoine, et puis j'ai mis tes coordonnées, tous ceux qui veulent vous contacter ils vont sur le site. qui viennent, il nous reste 25 paniers à fournir. Super, merci Antoine.

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