10 bonnes raisons de ne pas faire de potager ! Mais... / Eric Escoffier n°6/7
Dans cet épisode, Éric Escoffier part d’une provocation : il existe de bonnes raisons de ne pas faire de potager. Non pas pour décourager, mais pour pointer l’inefficacité énergétique d’un système annuel, très exigeant en travail, comparé à ce que produisent naturellement les arbres, les arbustes et les herbacées sauvages sans intervention.
Le cœur de l’argument repose sur la productivité des espèces pérennes : un arbre fruitier planté une fois produit pendant des décennies, ses feuilles couvrent des surfaces foliaires considérables, et nombre d’entre elles sont comestibles. Éric cite les mûriers, les tilleuls, la vigne, les figuiers, et rappelle que la roquette sauvage ou la mâche offrent dix fois plus de nutriments que leurs équivalents domestiques.
Il détaille ensuite comment les plantes sauvages spontanées, souvent arrachées comme mauvaises herbes, sont en réalité comestibles pour la plupart et ne demandent aucun entretien. Crucifères, ombellifères, légumineuses, composées : chez lui, 90 à 95 % des plantes qui poussent librement sont mangeables, et leur diversité garantit la résilience du système sans traitement ni arrosage intensif.
Si malgré tout on choisit de faire un potager, Éric précise qu’il faut le concevoir comme une jungle cultivée : 70 % de plantes compagnes, couverture permanente du sol, densité élevée, diversité des racines et présence de micro-organismes. C’est à cette condition que le potager cesse d’être un gouffre d’énergie et devient un système fertile, peu gourmand en eau et résistant aux maladies.
📑 Au programme de la vidéo
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0:00La provocation : 10 raisons de ne pas jardinerÉric introduit son argument iconoclaste sur l’inefficacité du potager classique dans un contexte de permaculture et d’efficacité énergétique.
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1:00Les arbres, champions de la productivitéÉric explique pourquoi les arbres produisent plus que tout autre système, avec des surfaces foliaires comestibles et une longévité de plusieurs décennies.
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4:04Arbustes, vivaces et herbacées sauvagesPrésentation de la hiérarchie des espèces pérennes comestibles, des arbustes aux herbacées qui se ressèment seules sans aucun entretien.
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8:06Les mauvaises herbes sont votre nourritureÉric montre que 90 à 95 % des plantes spontanées sont comestibles et que les arracher pour faire des salades domestiques est une aberration nutritionnelle.
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10:06Apprendre à reconnaître les plantes sauvagesQuelques clés pratiques pour démarrer la reconnaissance botanique sans formation spécialisée, à partir de livres et de sorties terrain.
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12:06Si on fait un potager, le faire avec les neuf clésÉric rappelle que le potager reste possible à condition de respecter les principes de densité, diversité, couverture et plantes compagnes.
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14:07La jungle cultivée : ombre, densité, diversitéConcrètement, un potager efficace ressemble à une jungle avec 70 % de plantes compagnes, sans maladie et avec très peu d’arrosage.
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18:09Vers un système sans arrosage ni travail du solÉric décrit comment une butte bien conçue en climat méditerranéen peut fonctionner avec 1 à 2 litres d’eau par mètre carré par semaine.
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20:09Potager en ville et perspectives urbainesÉric évoque comment ce modèle de potager-jungle peut s’appliquer sur les toits, les trottoirs et dans les espaces urbains pour nourrir les villes demain.
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Transcription de la vidéo
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Eric, tu m'as dit je pourrais te citer environ dix bonnes raisons de ne pas faire de potager. Ah non, pas faire de potager, c'est le moment des semis. Qu'est-ce que tu nous sors là, icoloclaste ? Bon, c'était de la provocation.
Dix bonnes raisons, je ne pense pas les avoir les dix. Mais par contre, des bonnes raisons de ne pas faire un potager, oui, il y en a. Bien sûr, avec le contexte de la permaculture, des systèmes soutenables, de l'efficacité énergétique, des calories qu'on investit pour les calories qu'on sort du système, ça va se comprendre.
Si on n'a pas ces quelques clés-là et cette lucidité, ça peut paraître provocateur ou choquant. La première des choses, c'est que la plus grande productivité qu'on puisse trouver dans la nature, c'est celle des arbres.
A ce propos, du contraire, un potager, ce n'est pas des arbres. Vous allez me dire, oui, mais bon, moi je ne mange pas les feuilles des arbres.
Je vais vous répondre que c'est un grand tort que vous ayez. Les feuilles des arbres poussent gratuitement, les arbres sont super productifs. Quand je dis qu'on avait des centaines d'hectares de feuilles cumulées sur un arbre banal, pour peu que ces feuilles soient comestibles, le point va être là, ça en fait de la feuille à manger.
C'est autre chose que de l'étude domestique. Donc voilà, la première chose, ce qui produit, ce sont les arbres. Pareil, la tomate, c'est un fruit, on peut aimer des tomates, il n'y a pas de problème, mais on n'a pas besoin d'atomatories.
Par contre, il y a des tas de fruits qui poussent sur des arbres. Là, c'est pareil, on ne fait que récolter les fruits d'un capital qui est pérenne. En plus, un arbre qui est bien géré, bien conduit, si possible, s'il a été semé directement en place, il va durer des siècles, des décennies, entre un pêché de pépinière greffé, transplanté, qui va produire 15 ans, 20 ans, et un pêché semé directement en place, non greffé ou greffé sur franc,
idéalement, lui va produire plusieurs décennies. Un pommier, ça peut être plusieurs siècles. Un abricotier, ça va atteindre presque la centaine d'années. Rien à voir. Les arbres sont plus productifs, plus pérennes. Ils poussent gratuitement quand on a un bon design, quand on maîtrise les clés dont on a parlé.
Les arbres notamment qui produisent des fruits comestibles, des graines comestibles, des fleurs comestibles et puis des feuilles comestibles. Peut-être qu'on pourra détailler, mais c'est vrai que dans les formations, on a ces listes thématiques, listes d'espèces d'arbres à feuilles comestibles.
Arbres ou espèces pérennes. Par exemple, les arbres du genre morus, c'est la famille du figuier, du genre morus, donc les muriers, rien à voir avec les ronces, ils ne sont pas des arbres quand même, pour l'info. Les muriers ont des feuilles comestibles, les tilleuls, la vigne, qui n'est pas un arbre mais qui est une espèce pérenne, qui est une liane, donc qui est volubile, qui fait beaucoup de feuilles.
Il y a tout un tas d'espèces comme ça, il y en a plein d'autres. L'autre chose qui est la plus productive après les arbres, c'est les autres espèces pérennes, les arbustes pérennes.
La La roche à lime, que tu connais bien, est une feuille très bonne à manger, c'est un arbuste, ça peut monter à 3 à 3 mètres. Une fois qu'on l'a implantée, on récoltera toute sa vie sans rien faire, on n'a qu'à tirer sur les rameaux et on a une poignée de feuilles extrêmement nutritives.
On reconnaît leur caractère nutritif au fait qu'elles sont extrêmement salées au goût, donc beaucoup de sels minéraux. Il y a des minéraux, c'est vraiment... Aujourd'hui, on a à peu près l'idée que nos feuilles, nos légumes et nos fruits domestiques sont tellement dénutris qu'une salade sauvage aurait dix fois plus de nutriments qu'une laitue domestique.
Donc les arbres, les autres espèces pérennes, à feuilles, à fruits comestibles, etc. Et puis après il y a les herbacées pérennes, qu'elles soient vivaces, qu'elles se ressèment spontanément.
Là on a toutes les salades sauvages. Il y a des centaines d'espèces depuis que j'ai arrêté de faucher. Je n'ouvre pas la parenthèse mais j'explique pourquoi on peut surmultiplier la diversité d'espèces, de dicotylédone notamment, donc pas dégraminée, en arrêtant de faucher avant épiaison dégraminée notamment, bon, je ne vais pas inciter sur ça maintenant.
En tout cas, 95 ou 99 % des herbes sur lesquelles je marche chez moi sont comestibles. Ça va être des pimpresnels, du plantain, tout un tas de légumineuses, des astéracées, toutes les composées.
Du laiteron, du pissenlit, de laiteron, de la coustoline, etc. Qu'est-ce qu'on a comme très bon ? De la diplotaxe, des crucifères, des ombélifères, etc. Autant de plantes qui ne demandent aucun entretien, aucun soin, aucun semis. C'est pire que ça.
C'est qu'au motif de vouloir cultiver et entre autres faire du potager, on les considère comme des mauvaises herbes et on lutte contre alors qu'elles sont plus fortes de toute façon. Pourquoi elles sont là ?
C'est un des principes de la permaculture. Quand il y a un manque d'interaction dans le système, souvent c'est un manque d'éléments, il n'y a pas les interactions qu'il faut, la nature fait tout pour amener ces interactions et pour amener les éléments qui peuvent porter ces interactions.
Les mauvaises herbes sont juste en abondance parce que notre système est extrêmement et anormalement simplifié, artificiellement simplifié, on n'a pas assez d'espèces, il n'y a pas assez de diversité, donc il n'est pas résilient, la résilience apparaît spontanément dans les systèmes lorsque la diversité est suffisante, suffisamment élevée.
Le système fabrique de la résilience, il balance des espèces, il balance des éléments, il balance des interactions. Il fait pousser tout ça, donc c'est une force supérieure à nous, et nous on s'acharne à les enlever parce qu'on les considère comme des mauvaises herbes, alors qu'en fait elles ne sont pas concurrentielles.
Ce sont elles qui feront qu'on n'aura pas de peste, de ravageurs et de maladies au jardin, qui fabriquent la résistance. La résistance, on n'a plus de maladies dans un jardin bien foutu, on n'a plus besoin de traiter.
Et en plus, ces espèces-là sont comestibles pour la plupart, C'est une double aberration. Les arbres, les autres espèces plus basses pérennes, les herbacées pérennes vivaces qui se ressemblent seules, et les herbacées annuelles qui se ressemblent toutes seules chaque année.
Toute la famille du pissenlit par exemple. Mais les choux-fleurs, comment on va les produire ? Pareil, on a des équivalents sauvages, par exemple, il y a 2-3, donc on est dans les Brassicaceae ou les crucifères.
Moi j'adore la passerache drave, anciennement l'épidium draba, maintenant c'est cardaria draba. Où est-ce qu'on la voit ? Dans les champs labourés, c'est une mauvaise herbe, pionnière marqueur des sols dégradés, ça pousse partout ce truc-là.
Le Pastel des Tintoriers, une grande crucifère à fleur jaune, des grandes feuilles, à l'ombre en plus, même chez moi en plein canard. Déjà, elle donne des bonnes feuilles au printemps, début d'été, le long des routes, dans des talus.
Mais si elle est à l'ombre correcte, ça va faire la feuille, la feuille, la feuille. Des feuilles plus juteuses, plus sucrées, plus tendres, plus longtemps et plus grosses parce qu'on est à l'ombre.
Voyez les erreurs ! On se met dans un mauvais design en plein soleil, on ne mange pas des plantes qui poussent tout seuls, on se tue à les éradiquer pour faire pousser des salades qui poussent mal en plein soleil, qui n'ont pas de nutriments, qui dépendent de l'eau, qui sont fragiles...
Ça ne marche pas ! Alors que leur équivalent sauvage, ça me fait penser aux bisons qu'on a tués pour aller cultiver des vaches dans les prairies d'Amérique du Nord. Evidemment, ça veut dire se brancher, apprendre un peu les plantes, mais c'est à la portée de tout le monde.
Arrêtons de marcher sur notre bouffe, on marche en permanence sur les plantes qui devraient nous nourrir. Il faut apprendre un peu de plantes, apprendre à les déterminer, savoir lesquelles sont comestibles.
Le premier module des formations que je donne, c'est un jour et demi, je donne toutes les clés pour démarrer, il n'y a rien de compliqué, c'est simple, il y a des associations botaniques, il y a des bouquins, je donne les clés fondamentales pour les reconnaître et puis après c'est parti, j'ai appris comme ça, je n'ai pas une formation de botaniste, je suis mathématicien, j'ai appris, Sylvaine avec qui on a monté l'asso, on a fait toutes nos expériences ensemble depuis 10-15 ans,
elle a appris des plantes pareilles sur le tas, Thierry, il pas botanique de formation, il connaît des plantes aussi, et voilà, on n'a pas besoin de les connaître toutes, mais il y en a un grand nombre, enfin un petit nombre, en proportion de toutes les plantes qui existent, mais qui nous nourrirait amplement toute l'année.
Donc oui, simplement changer de regard. Changer de regard, les ressources, ce n'est pas que ce qui existe. S'il existe des choses mais qu'on n'a pas le savoir pour savoir que c'est des ressources, il n'y a pas de ressources.
Et les ressources se perdent parce qu'on perd le savoir sur les plantes. Donc on perd l'usage des plantes, on perd après la plante, on perd les semences, et c'est terminé.
C'est vrai pour les plantes médicinales. Le nombre de plantes médicinales que les africains connaissaient, culture orale, le sorcier ou le rebouteux, l'herbaliste, il meurt, et bien la plante est perdue.
Des plantes qui soignaient par exemple les accès de folie. Au Kenya, il y avait des plantes comme ça. La plante, on ne sait pas ce que c'est. Elle est perdue pour toujours, pour toute l'humanité.
Après, si on fait un potager, malgré tout, il faut juste savoir que c'est beaucoup d'énergie investie dans le système, pour peu d'énergie, peu de calories ou peu de nutriments tirés du système.
Ça veut dire le faire en conscience. Mais bonnes raisons de ne pas faire un potager, c'est plutôt des bonnes raisons de savoir en conscience que ça coûte beaucoup d'énergie, c'est pas très efficace, c'est pas très rentable.
Mais du coup, si on le fait, alors il faut le faire super bien, et notamment respecter les fameuses clés dont on a parlé dans une vidéo précédente parce que si on fait pas ça alors ça devient un gouffre énergétique on se casse le dos ça produit pas grand chose il y a nos recettes Et donc ça marche pas donc l'ombre encore plus lorsqu'on veut manger des feuilles, le persil tout ce qu'on mange en tant que feuilles.
Tu ferais un potager je joue les nigos parce que je me souviens avoir fait l'expérience de faire du potager sous sous filet de camouflage avec une efficacité extraordinaire, ça permet d'avoir des salades en été alors qu'il n'y en a jamais.
Alors là, il va falloir bien connaître son climat. Si vous êtes en Belgique et que vous avez une couverture nuageuse tout l'été et puis il pleut l'été, vous aurez besoin d'une ombre plus légère. Donc peut-être que les tomates, vous les ferez pousser avec une ombre très douce. Ça serait bien d'avoir quelques arbres parce que si on a des arbres, on a les racines profondes, on a toute la fertilité qui remonte.
Donc des espèces d'arbres non concurrentielles, fertilisantes, ça se cogne, il n'y a aucun problème. On donne des listes dans les formations, il n'y a aucun problème, donc ça marche très bien.
Chez nous, même pour les tomates, il y a une ombre un peu plus dense, au point que Jean-Pin faisait des tomates sous canisse quand même, en Provence, tout près de chez moi. D'ailleurs, c'est l'une des aberrations du potager qui consiste à enlever les feuilles des tomates, alors en soi-disant pour les faire pousser beaucoup plus grosses et beaucoup plus vite, ça fait surtout que le pied de tomate meurt beaucoup plus vite, donc ils donnent la production mais très rapidement et ils meurent aussi secs.
Moi j'avais comparé avec des voisins qui enlevaient les feuilles de leur tomate et leurs pieds de tomate, ils les plantaient en juin, début août, les pieds de tomate ils étaient oxy alors que nous on avait des pieds de tomate qui produisaient jusqu'en octobre voire début novembre quoi et donc avec une production qui était bien plus grande.
Si tu rajoutes l'ombre, le mush, les autres plantes, rappelez-vous une éclipse, la diversité des densités. Donc si on fait un potager, on va faire une jungle.
On cultive une jungle, 70 % de plantes compagnes si vous voulez, 30 % de plantes potagères Et une véritable jungle, de manière à ce que les racines de deux plants de la même espèce soient diluées dans un très grand nombre de racines différentes, donc de micro-organismes et que tout ça soit un véritable bouillon de culture là-dedans, couvert, et puis là vous avez une fertilité, vous n'avez pas de maladie.
Et si, pour accéder aux salades, vous ne devez pas écarter des feuilles de consou, tout ce que vous voulez, votre design n'est pas assez densifié, n'est pas assez diversifié. Et donc il va demander énormément de travail, énormément d'input, énormément d'énergie.
Non, si on fait ça, c'est beaucoup moins. Non, non, non, je veux dire... Ah oui, s'il n'y a pas la diversité. S'il n'y a pas la diversité, et d'ailleurs c'est le malheur du potager.
Le potager pour moi c'est un labeur, ça m'avait toujours choqué étant jeune, c'est un labeur renouvelé chaque année, chaque année, chaque année, c'est beaucoup de travail, alors c'est beaucoup de plaisir, mais c'est beaucoup de travail.
C'est là, tout peut jouer dans les deux sens. Alors c'est beaucoup de travail, oui, parce qu'on a dit c'est des plantes essentiellement annuelles, C'est quand même une aberration, un système où on va récolter 100 % du capital.
On met des choses dans la terre, on les fait pousser, et on récolte tout, on récolte le capital. Même le banquier le plus stupide ne ferait pas ça.
Regardons ce qu'on est en train de faire quand on fait du potager. Dans le potager, on va insister sur l'ombre, la densité, la diversité, les plantes compagnes, le mulch, le fer sur but, j'expliquerai peut-être pourquoi.
On pourra bien mulcher les buts, bien mulcher les chemins, avec des mulches différentes éventuellement on en parlera, on n'aura peut-être pas le temps là, mais on pourra voilà.
Et puis, on n'a plus besoin d'arroser, si tu savais les chiffres, dans des climats méditerranéens secs, une butte bien diversifiée, bien densifiée, bien mulchée, tu peux arriver à 1 litre ou 2 litres par mètre carré par semaine, c'est plus d'irrigation, c'est un tout petit arrosage.
Sur le mètre carré, on va avoir de tout, les tomates, les poivrons, les salades, un maïs, un tournesol, les haricots et tout ce que vous voulez, puis de la consoude et puis toutes les plantes compagnes.
C'est important d'avoir absolument des tanaisies, des tagettes, des soucis, des capucines, de la consoude minimum, et puis tout un tas de plantes compagnes. Tout ça, on le détaille bien dans l'information. Donc si on fait ça, ça peut devenir un plaisir parce que d'abord, ça va produire beaucoup plus, il n'y aura pas de maladie, il n'y a pas besoin d'arroser, parce qu'ailleurs j'en sais rien, mais en Provence, le leitmotiv de l'été, je ne peux pas partir en été parce que
tu comprends, j'ai l'arrosage, ou alors oui, j'ai la map, mais alors mon je le donne à la femme du ménage parce que tu comprends, moi je pars en vacances mais alors elle va venir arroser le potager parce qu'il faut arroser le potager tous les jours.
Ah non mais c'est un esclavage. Non, on n'arrose pas un potager tous les jours. C'est là où on passe du non-plaisir à du plaisir. S'il y a peu de boulot, pas d'arrosage, ça marche bien, pas de maladie, ça produit beaucoup.
On voit des fleurs, c'est bourré d'insectes, c'est bourré d'abeilles, il y a des batraciens, il y a des reptiles, on est à l'ombre.
En gros, on ne fait quasiment que ramasser et puis quand on on n'arrache jamais. Quand on coupe une salade, 4 feuilles de consoude, on bouche le trou, on en profite pour piquer 2-3 trucs, et toujours des racines, toujours une couverture, et puis c'est un cycle.
Bourré de micro-organismes, tout ça basé sur l'humus microbien, on n'a pas besoin d'attendre que l'humus résiduel se fasse, donc c'est tout de suite fertile, fertilité croissante. À ce moment-là, c'est efficace, on peut s'amuser, mais on n'est pas obligé.
Donc il ne s'agit pas tant d'arrêter de faire du potager que de penser déjà à planter des vergers, planter des arbres, mettre le focus là-dessus, et si on doit faire du potager, le faire à partir des neuf clés que tu as déterminées, qui sont les neuf clés qui nous permettent de passer d'un système épuisant, un système improductif, à un système qui est d'une productivité, d'une éthique et d'une résilience totale.
Et puis avoir un but comme ça, ça crache, ça crache de la production. Un petit Le seul truc que tu pourrais détailler, c'est tout ce dont on mange, les racines, patates, aupinambours, oignons, poireaux...
Et puis tout ce qui court beaucoup, qui est très gros, court, gemelons, pastèques... Quand on en fait beaucoup, on va faire un design un petit peu adapté plutôt que les buts dont je parle là.
Mais oui, ça crache la production. Ça crache énormément de production. D'ailleurs, l'exemple que je donne le plus souvent aux gens, Je ne suis pas un féru du potager, le côté laborieux tous les ans me fatigue énormément. Mes plus grandes productions alimentaires ne sont pas au potager, mais elles sont dans les haies où je lance mon compost et où les plantes se ressèment elles-mêmes. L'année dernière, on a récolté des courges, des tomates, des concombres dans des quantités incroyables, quelque chose qui
n'avait jamais été planté, simplement parce que c'était venu spontanément avec une très grande densité, il y avait des plantes aromatiques, il y avait tout qui se mélangeait, Je l'ai constaté.
La nature fait ça spontanément, on l'accompagne, on peut même l'accélérer localement sur une petite surface telle une butte. On fait plus que ce qu'elle ferait, plus vite et plus dense et plus productif.
Mais ce que tu dis, ça se fait spontanément partout. Et puis moi je préfère manger des feuilles de basile qui vont pousser toutes seules et qui sont extrêmement bonnes et comestibles tout ce que tu veux plutôt que de faire pousser des laitues.
On peut en faire, mais ça veut dire qu'on va en faire moins, on va faire plus d'arbres, d'arbustes, d'arbriceaux, d'herbes assez pérennes, plus de salades sauvages, plus de récoltes, donc plus de botanique, un petit peu...
Plus de nutrition, plus de nutrition... Voilà, et puis donc on remplace le travail par l'intelligence, on l'a déjà dit encore une fois, grâce au bon design et à la connaissance, et puis on peut faire un petit peu de potager, mais alors là, ça balance. Et d'ailleurs, ce potager qui balance, c'est le modèle de ce qu'on peut faire sur les toits, dans les cages d'escalier lorsqu'il y a des vitres, sur les trottoirs,
sur les parkings de supermarchés ou dans les supermarchés, parce que demain, tout ça de toute façon ça n'a pas d'avenir et c'est comme ça que Cuba ou Paris, la Havane ou Paris pourra être productif y compris en ville parce que on va avoir un gros problème donc oui on peut aussi cultiver intensément dans les milieux urbains.
Je te remercie. Sur les murs aussi. Je te remercie énormément. Avec plaisir. C'est le temps de se mettre au poussager là, ça commence. A ne pas faire à faire.
En tout cas à faire avec intelligence et en connaissant les espèces. Et les salades sauvages dans nos régions tout l'hiver et même un peu partout en France. Merci beaucoup Eric.
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